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Pas de guerre majeure en vue malgré le vent brassé… La Russie réalise un véritable coup de maître !

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Si ce qui est dit ci-dessous et la source du Pepe (Escobar) est juste, ce qu’ont réalisé Poutine et son équipe est tout simplement époustoufflant et digne de la plus haute stratégie, le tout en blousant les « affiliés nouveaux cons » de son propre camp, à savoir la Banque Centrale de Russie inféodée par essence même à la City de Londres et Wall Street !… Du grand art, si cela se confirme à terme. Poutine a t’il mis le Nouvel Ordre Mondial anglo-américain échec et mat ??…

~ Résistance 71 ~

 

Notre analyse sur la probabilité de guerre du 18 octobre 2016

A suivre…

 

La Russie a désamorcé le bluff du parti de la guerre

Une guerre ouverte n’éclatera pas après les élections américaines du 8 novembre et ce grâce à une fine et remarquable préparation de la part de Moscou

 

Pepe Escobar

 

27 octobre 2016

 

url de l’article:

http://www.informationclearinghouse.info/article45746.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La guerre froide 2.0 a atteint des niveaux d’hystérie sans précédent et pourtant une guerre totale ne va pas éclater avant ou après le 8 novembre, date des élections présidentielles américaines.

Depuis la machine (à fric) Clinton, soutenue par le complexe des médias et think tanks nouveaux cons(ervateurs) et nouveaux cons libéraux (soi-disant de gôche), à l’establishment britannique en passant par ses grandes gueules des merdias corporatistes, les Anglo-américains, auto-proclamés “leaders du monde libre” montent de plusieurs crans la diabolisation de la Russie et de son “poutinisme” à un niveau de pure incandescence.

Et pourtant, une guerre chaude et déclarée ne vas pas éclater avant ou après le 8 novembre, date des élections présicentielles américaines. Tant de couches de peur et de dégoût ne font en fait que voiler un bluff. Commençons avec la force navale spéciale russe en Syrie, emmenée par l’officiellement désigné “croiseur lourd porte-avions” Amiral Kousnetzov, qui sera stationné dans la Méditerranée orientale au moins jusqu’en février 2017, pour soutenir les opérations militaires contre toutes les branches de djihadisme salafiste.

L’Amiral Koustnetzov est complètement équipée avec des systèmes de défense anti-naval, anti-aérien, de l’artillerie lourde et un système anti-sous-marins ; il peut se défendre contre un très vaste rayon d’attaques les plus variées imaginables, ce qui n’est pas du tout le cas des navires de l’OTAN.

De manière prévisible, l’OTAN pirouette avec cris d’orfraie que “toute le flotte russe septentrionnale”, avec la flotte de la Mer Baltique, est en route pour la Méditerranée. Faux ; ce n’est qu’une partie de la flotte nord et les navires de la Mer Baltique… ne vont nulle part. Le cœur de l’affaire est que lorsque les capacités de cette flotte russe sont couplées avec les systèmes de missiles S300/S-400 déjà déployés en Syrie, la Russie rivalise d’ores et déjà avec la puissance de feu de la 6ème flotte yankee.

Pour parachever le tout, comme cette analyse militaire compréhensive le rend plus clair, la Russie a “techniquement déjà établi sa propre zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie” ; et une zone d’exclusion aérienne américaine, telle qu’elle est viscéralement promue par Hillary Clinton “est maintenant impossible à réaliser”.

Ceci devrait être plus qu’assez pour mettre en perspective l’incapacité transformée en colère exhibée par le Pentagone et ses vassaux nouveaux cons / nouveaux cons libéraux.

Ajoutez à cela la guerre déclarée entre le Pentagone et la CIA sur le théâtre de la guerre en Syrie, où le Pentagone soutient les Kurdes syriens du YPG/YPJ, qui ne sont pas nécessairement en faveur d’un changement de régime à Damas, tandis que la CIA, elle, soutient toujours plus avant les “rebelles modérés”, comme les rebelles infiltrés liés à Al-Qaïda. Renforçant la marque de fabrique de l’école de politique étrangère des Trois Corniauds de l’administration Obama, les menaces américaines ont volé plus librement que la trique pulvérisatrice sanglante de crâne de Negan dans la nouvelle saison de “the Walking Dead”.

Le boss du Pentagone Ash Carter, un nouveau con certifié conforme, a menacé de “conséquences”, comme des frappes “potentielles” contre l’Armée Arabe Syrienne (AAS) pour “punir le régime” après que le Pentagone eût lui-même violé le cessez-le-feu Kerry-Lavrov. Puis finalement, s’est rétracté.

Donc, ce sera le boulot de la virtuellement élue par l’establishement yankee, Hillary Clinton de prendre la décision fatale. Elle ne pourra pas faire établir une zone d’exclusion aérienne parce que la Russie le fait déjà. Et si elle décide de punir le régime, Moscou a déjà télégraphié, au travers de son porte-parole du ministère de la défense, le Major-General Igor Konachenkov, qu’il y aura définitivement des “conséquences” pour imposer une guerre active “de l’ombre”.

Sun Tzu ne frappe pas en premier

Wahsington bien entendu, se réserve le droit à une capacité de “première frappe nucléaire”, que Clinton soutient totlament (Trump non et pour cela il est diabolisé). Si nous permettons l’hystérie actuelle de passer littéralement nucléaire, alors nous devons considérer le système anti-missile russe S-500, qui scelle efficacement l’espace aérien russe ; Moscou ne l’admettra pas officiellement parce que cela déclencherait une course effrennée à l’armement sans répis.

Une source américaine au sein du renseignement qui a de très proches connexions avec les Maîtres de l’Univers, mais en même temps qui est opposé à la guerre froide 2.0 comme étant “contre-productive”, ajoute cette nuance nécessaire: “Les Etats-Unis ont perdu la course à l’armement, dépensant inconsidérément des milliers de milliards de dollars dans des guerres sans fin et absolument inutiles en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie, ne sont plus maintenant une super-puissance globale et ils ne peuvent même plus se défendre eux-mêmes avec leurs obsolètes missiles THAAD, Patriot et Aegis Land Based Balistic Defense System, contre les missiles intercontinentaux russes, alors même que les Russes ont scellé leur espace aérien. Les Russes sont très probablement quatre générations d’armement en avance sur les Etats-Unis.”

De plus, dans les profondes places fortes secrètes de la planification de la guerre de l’ombre, le Pentagone sait pertinemment ainsi que le ministère russe de la défense, que dans l’éventualité où un quelconque Dr Folamour déclenchait une attaque préventive contre la Russie, la population russe serait protégée par leur massif système de défense anti-aérien, ainsi que par un grand nombre d’abris nucléaires dans toutes les grandes villes. Les avertissement à la télévision russe n’ont pas été étouffés, la population saurait exactement quoi faire, où aller dans l’éventualité épouvantable où une guerre nucléaire éclaterait.

Pas la peine d’ajouter, l’horrible possibilité d’une attaque nucléaire primordale américaine tourne tous ces jeux de guerre, planification de l’OTAN de style seconde guerre mondiale en Europe de l’Est en un monceau de conneries propagandistes totalement inutiles.

Comment Moscou a t’elle pu planifier pour tout cela ? D’après une source du renseignement américain, “Ils ont retiré pratiquement tout leur budget militaire de la déclaration de leur budget fédéral, leurrant l’occident à penser que la Russie ne pouvait plus se permettre financièrement une construction militaire massive et que donc il n’y avait plus rien à craindre de la Russie car elle était finie en tant que grosse puissance mondiale.
Le budget militaire (déclaré) était réduit à une peau de chagrin, il n’y avait donc plus rien à se soucier aussi loin que la CIA était concernée. Si Poutine montrait en public, son énorme construction militaire, l’occident aurait pu immédiatement remédier et agir comme en 2014 lorsqu’il a fait baisser drastiquement le prix du pétrole.”

Le point important alors révèlerait le Pentagone comme étant totalement pris au dépourvu pour une guerre directe, alors même qu’il menace la Russie quotidiennement et bluffe son monde ; “Comme Brzezinski l’a fait remarquer, si c’est le cas, cela veut dire que les Etats-Unis ont cessé d’être une puissance mondiale. Les Etats-Unis peuvent continuer à bluffer, mais ceux qui s’allient avec eux n’auront nulle part où aller si ce bluff est démasqué, comme cela se produit maintenant en Syrie.”

La source du renseignement US est formelle pour dire qu’ une des plus grosses constructions militaires de l’histoire s’est passée au nez et à la barbe du chef de la banque centrale de Russie Elvira Nabioulina et du ministère russe des finances tandis que la CIA attend elle, ce qu’elle pense qui sera l’inévitable effondrement de la Russie.
La CIA va devoir attendre toute l’éternité pour voir la Russie s’effondrer. Cette gigantesque manœuvre d’enfumage est d’une facture de pur génie et démontre bien que la CIA, qui est totalement noyée dans les données collectées de partout et qui est absolument incapable de relier les points entre eux, a besoin d’être complètement réorganisée (NdT: Abolie est le mot plus juste !… La CIA étant le bras armé de Wall Street et ne rendant de comptes qu’à ses maîtres de la haute-finance, l’ensemble du système doit être aboli !). De plus le système américain de fourniture d’armement doit aussi être complètement réorganisé ; il ne pourra jamais continuer si des programmes d’armement nouveaux comme celui du tristement célèbre F-35, prennent 20 ans à développer et sont obsolètes à leur mise en service. Les Russes ont un plan quinquénal de développement pour chaque système d’armement et ils sont bien en avance sur nous dans tous les domaines clef.

Si cette analyse est correcte, cela va contre même les estimations les plus précises russes, disant que leur potentiel militaire est peut-être fort, asymétriquement, mais toujours bien inférieur à la puissance militaire américaine.

Les analystes occidentaux bien informés savent que Moscou ne crâne jamais au sujet de ses développements militaires et a maîtrisé l’élément de surprise. Bien plus que d’exposer le bluff, c’est la tactique de Moscou à la Sun Tzu qui fait vraiment bafouiller la grande gueule de Washington.

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Résistance politique: « Il n’y a aucun mal que Washington ne soit pas capable de faire ou d’infliger » (Paul Craig Roberts)

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Il est important aujourd’hui d’être du bon côté de l’histoire…

— Résistance 71 —

 

Poutine parle espérons que Washington écoute

 

Paul Craig Roberts (Press TV)

 

17 Octobre 2014

 

url de l’article :

http://www.presstv.ir/detail/2014/10/17/382580/putin-speaks-hope-that-washington-hears/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans un entretien cette semaine avec le journal serbe Politika, le président russe Vladimir Poutine a dit qu’il était futile et dangereux pour les Etats-Unis et ses marionnettes européennes d’essayer de faire chanter la Russie et que la “nation exceptionnelle” et ses vassaux devraient condidérer les risques qui sont inhérents aux disputes agressives entre des pays lourdement armés nucléairement parlant.

Poutine a fait remarquer qu’Obama avait adopté une attitude hostile envers la Russie dans son discours à l’assemblée générale de l’ONU le 24 Septembre dernier lorsqu’obama avait déclaré que la Russie était une des trois menaces auxquelles le monde devait faire face avec l’État Islamique et Ébola. Le président Poutine a dit que des actions punitives et unilatérales prises contre la Russie pourraient provoquer une crise et que si le but de Washington était “d’isoler notre pays, alors ceci est un but illusoire et absurde.”

Voici quelques citations du président Poutine:

“Comment pouvons-nous parler de désescalade en Ukraine tandis que des décisions sur de nouvelles sanctions sont introduites presque simultanément avec les accords sur le processus de paix ?”

“Avec des sanctions contre des segments entiers de notre économie, cette approche ne peut être qualifiée de rien d’autre que d’hostile.”

“Nous espérons que nos partenaires vont réaliser la futilité des tentatives de faire chanter la Russie et se rappeler quelles conséquences des désaccords entre des super-puissances nucléaires peuvent apporter à la stabilité stratégique.”

Si nous ne mourrons pas tous de détonations nucléaires, de radiations et de l’hiver nucléaire inévitable qui s’ensuivra, ce sera grâce à l’humanité et au bon sens commun, qui manquent tous deux à Washington, du président de la Russie.

Regardez autour de vous. Les économies et les marchés boursiers de la civilisation occidentale sont en totale retraite. Des autorités publiques stupides et incompétentes ont amené Ébola en Amérique et que fait Washington ? Les énergies du gouvernement exceptionnel sont focalisées à combattre un État Islamique, créature créée de toute pièce par Washington et à diaboliser la Russie.

Y a t’il une seule nation, où que ce soit sur Terre, à quelque période que ce soit de l’histoire qui a été si mal dirigée que les Etats-Unis ?

Les Américains ont besoin de comprendre que leur gouvernement n’est pas juste incompétent et immoral, mais qu’il est diabolique, qu’il est le mal absolu. Washington se cache derrière un langage moral mais est lui-même totalement dénué de morale et de conscience. Il n’y a aucun mal que Washington ne soit pas capable de faire ou d’infliger. Ceux qui soutiennent Washington, soutiennent le Mal.

Poussée néo-colonialiste en Afrique et Moyen-Orient…

Posted in actualité, France et colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme with tags , , , , on 25 février 2013 by Résistance 71

Obama et Poutine vont-ils se partager le Proche-Orient ?

 

Par Thierry Meyssan

 

Le 23 Février 2013

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article177546.html

 

Dans un article publié le 26 janvier dernier en Russie, Thierry Meyssan expose le nouveau plan de partage du Proche-Orient sur lequel travaillent la Maison-Blanche et le Kremlin. L’auteur y révèle les principales données de la négociation en cours sans préjuger d’un accord définitif, ni de sa mise en œuvre. L’intérêt de l’article est qu’il permet de comprendre les positions ambigües de Washington qui pousse ses alliés dans une impasse de manière à pouvoir leur imposer prochainement une nouvelle donne dont ils seront exclus.

Le président Obama s’apprête à changer complètement de stratégie internationale, malgré l’opposition que son projet a suscité dans sa propre administration.

Le constat est simple. Les États-Unis sont en passe de devenir indépendants au plan énergétique grâce à l’exploitation rapide des gaz de schistes et du pétrole des sables bitumineux. Par conséquent la doctrine Carter (1980) selon laquelle la sécurisation de l’accès au pétrole du Golfe est un impératif de sécurité nationale est morte. De même d’ailleurs que l’Accord du Quincy (1945) selon lequel Washington s’engage à protéger la dynastie des Séoud si ceux-ci leur garantissent l’accès au pétrole de la péninsule arabique. Le temps est venu d’un retrait massif qui permettra de transférer les GI’s vers l’Extrême-Orient afin de contenir l’influence chinoise.

D’autre part, tout doit être fait pour empêcher une alliance militaire sino-russe. Il convient donc d’offrir des débouchés à la Russie qui la détournent de l’Extrême-Orient.

Enfin, Washington étouffe de sa relation trop étroite avec Israël. Celle-ci est extrêmement onéreuse, injustifiable au plan international, et dresse contre les États-Unis l’ensemble des populations musulmanes. En outre, il convient de sanctionner clairement Tel-Aviv qui s’est ingéré de manière ahurissante dans la campagne électorale présidentielle US, qui plus est en misant contre le candidat qui a gagné.

C’est trois éléments ont conduit Barack Obama et ses conseillers à proposer un pacte à Vladimir Poutine : Washington, qui reconnaît implicitement avoir échoué en Syrie, est prêt à laisser la Russie s’installer au Proche-Orient sans contrepartie, et à partager avec elle le contrôle de cette région.

C’est dans cet état d’esprit qu’a été rédigé par Kofi Annan le Communiqué de Genève du 30 juin 2012. À l’époque, il s’agissait juste de trouver une issue à la question syrienne. Mais cet accord a été immédiatement saboté par des éléments internes de l’administration Obama. Ils ont laissé fuiter à la presse européenne divers éléments sur la guerre secrète en Syrie, y compris l’existence d’un Presidential Executive Order enjoignant la CIA de déployer ses hommes et des mercenaires sur le terrain. Pris en tenaille, Kofi Annan avait démissionné de ses fonctions de médiateur. De son côté, la Maison-Blanche avait fait profil bas pour ne pas exposer ses divisions en pleine campagne pour la réélection de Barack Obama.

Dans l’ombre trois groupes s’opposaient au communiqué de Genève : 
• Les agents impliqués dans la guerre secrète ; 
• Les unités militaires chargées de contrer la Russie 
• Les relais d’Israël.

Au lendemain de son élection, Barack Obama a débuté la grande purge. La première victime fut le général David Petraeus, concepteur de la guerre secrète en Syrie. Tombé dans un piège sexuel tendu par une agente du Renseignement militaire, le directeur de la CIA fut contraint à la démission. Puis, une douzaine de hauts gradés furent mis sous enquête pour corruption. Parmi eux, le suprême commandeur de l’OTAN (amiral James G. Stravidis) et son successeur désigné (le général John R. Allen), ainsi que le commandant de la Missile Défense Agency —c’est-à-dire du « Bouclier anti-missiles »— ¬(général Patrick J. O’Reilly). Enfin, Susan Rice et Hillary Clinton faisaient l’objet de vives attaques pour avoir caché au Congrès des éléments sur la mort de l’ambassadeur Chris Stevens, assassiné à Benghazi par un groupe islamiste probablement commandité par le Mossad.

Ses différentes oppositions internes étant pulvérisées ou paralysées, Barack Obama a annoncé un renouvellement en profondeur de son équipe. D’abord, John Kerry au département d’État. L’homme est partisan déclaré d’une collaboration avec Moscou sur les sujets d’intérêt commun. Il est aussi un ami personnel de Bachar el-Assad. Puis, Chuck Hagel au département de la Défense. C’est un des piliers de l’OTAN, mais un réaliste. Il a toujours dénoncé la mégalomanie des néo-conservateurs et leur rêve d’impérialisme global. C’est un nostalgique de la Guerre froide, ce temps béni où Washington et Moscou se partageaient le monde à moindres frais. Avec son ami Kerry, Hagel avait organisé en 2008 une tentative de négociation pour la restitution par Israël du plateau du Golan à la Syrie. Enfin John Brennan à la CIA. Ce tueur de sang-froid est convaincu que la première faiblesse des États-Unis, c’est d’avoir créé et développé le jihadisme international. Son obsession est d’éliminer le salafisme et l’Arabie saoudite, ce qui en définitive soulagerait la Russie au Nord-Caucasse.

Simultanément, la Maison-Blanche a poursuivi ses tractations avec le Kremlin. Ce qui devait être une simple solution pour la Syrie est devenu un projet bien plus vaste de réorganisation et de partage du Proche-Orient.

On se souvient qu’en 1916, à l’issue de 8 mois de négociations, le Royaume-Uni et la France se partagèrent en secret le Proche-Orient (Accords Sykes-Picot). Le contenu de ces accords avait été révélé au monde par les Bolcheviks dès leur arrivée au pouvoir. Il s’est poursuivi durant près d’un siècle. Ce que l’administration Obama envisage, c’est un remodelage du Proche-Orient pour le XXIe siècle, sous l’égide des USA et de la Russie.

Aux États-Unis, bien qu’Obama se succède à lui-même, il ne peut dans la période actuelle qu’expédier les affaires courantes. Il ne reprendra ses attributions complètes que lors de sa prestation de serment, le 21 janvier. Dans les jours qui suivront, le Sénat auditionnera Hillary Clinton sur le mystère de l’assassinat de l’ambassadeur en Libye (23 janvier), puis il auditionnera John Kerry pour confirmer sa nomination (24 janvier). Immédiatement après, les 5 membres permanents du Conseil de sécurité se réuniront à New York pour examiner les propositions Lavrov-Burns sur la Syrie.

Celles-ci prévoient la condamnation de toute ingérence extérieure, le déploiement d’observateurs et d’une force de paix des Nations Unies, un appel aux différents protagonistes pour qu’ils forment un gouvernement d’union nationale et planifient des élections. La France devrait s’y opposer sans pour autant menacer d’utiliser son veto contre son suzerain US.

L’originalité du plan, c’est que la force des Nations Unies serait principalement composée par des soldats de l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC). Le président Bachar el-Assad resterait au pouvoir. Il négocierait rapidement une Charte nationale avec des leaders de l’opposition non-armée sélectionnés avec l’approbation de Moscou et Washington, et ferait valider cette charte par référendum sous contrôle des observateurs.

Ce coup de théâtre a été préparé de longue date par les généraux Hassan Tourekmani (assassiné le 18 juillet 2012) et Nikolay Bordyuzha. Une position commune des ministres des Affaires étrangères de l’OTSC a été conclue le 28 septembre et un Protocole a été signé entre le département onusien de maintien de la paix et l’OTSC. Celle-ci dispose maintenant des mêmes prérogatives que l’OTAN. Des manœuvres communes ONU/OTSC de simulation ont été organisées au Kazakhstan sous le titre « Fraternité inviolable » (8 au 17 octobre). Enfin, un plan de déploiement de « chapkas bleues » a été discuté au sein du Comité militaire de l’ONU (8 décembre).

Une fois la Syrie stabilisée, une conférence internationale devrait se tenir à Moscou pour une paix globale entre Israël et ses voisins. Les États-Unis considèrent qu’il n’est pas possible de négocier une paix séparée entre Israël et la Syrie, car les Syriens exigent d’abord une solution pour la Palestine au nom de l’arabisme. Mais il n’est pas possible non plus de négocier une paix avec les Palestiniens, car ceux-ci sont extrêmement divisés, à moins que la Syrie ne soit chargée de les contraindre à respecter un accord majoritaire. Par conséquent, toute négociation doit être globale sur le modèle de la conférence de Madrid (1991). Dans cette hypothèse, Israël se retirerait autant que faire se peut sur ses frontières de 1967. Les Territoires palestiniens et la Jordanie fusionneraient pour former l’État palestinien définitif. Son gouvernement serait confié aux Frères musulmans ce qui rendrait la solution acceptable aux yeux des gouvernements arabes actuels. Puis, le plateau du Golan serait restitué aux Syriens en échange de l’abandon du lac de Tibériade, selon le schéma envisagé jadis aux négociations de Shepherdstown (1999). La Syrie deviendrait garante du respect des traités par la partie jordano-palestinienne.

Comme dans un jeu de domino, on en viendrait alors à la question kurde. L’Irak serait démantelé pour donner naissance à un Kurdistan indépendant et la Turquie serait appelée à devenir un État fédéral accordant une autonomie à sa région kurde.

Côté US, on souhaiterait prolonger le remodelage jusqu’à sacrifier l’Arabie saoudite devenue inutile. Le pays serait divisé en trois, tandis que certaines provinces seraient rattachées soit à la fédération jordano-palestinienne, soit à l’Irak chiite, conformément à un vieux plan du Pentagone (« Taking Saudi out of Arabia », 10 juillet 2002). Cette option permettrait à Washington de laisser un vaste champ d’influence à Moscou sans avoir à sacrifier une partie de sa propre influence. Le même comportement avait été observé au FMI lorsque Washington a accepté d’augmenter le droit de vote des BRICS. Les États-Unis n’ont rien cédé de leur pouvoir et ont contraint les Européens à renoncer à une partie de leurs votes pour faire de la place aux BRICS.

Cet accord politico-militaire se double d’un accord économico-énergétique, le véritable enjeu de la guerre contre la Syrie étant pour la plupart des protagonistes la conquête de ses réserves de gaz. De vastes gisements ont en effet été découverts au Sud de la Méditerranée et en Syrie. En positionnant ses troupes dans le pays, Moscou s’assurerait un plus large contrôle sur le marché du gaz dans les années à venir.

Le cadeau de la nouvelle administration Obama à Vladimir Poutine se double de plusieurs calculs. Non seulement détourner la Russie de l’Extrême-Orient, mais aussi l’utiliser pour neutraliser Israël. Si un million d’Israéliens ont la double nationalité états-unienne, un autre million est russophone. Installées en Syrie, les troupes russes dissuaderaient les Israéliens d’attaquer les Arabes et les Arabes d’attaquer Israël. Par conséquent, les États-Unis ne seraient plus obligés de dépenser des sommes phénoménales pour la sécurité de la colonie juive.

La nouvelle donne obligerait les États-Unis à reconnaître enfin le rôle régional de l’Iran. Cependant Washington souhaiterait obtenir des garanties que Téhéran se retire d’Amérique latine où il a tissé de nombreux liens, notamment avec le Venezuela. On ignore la réaction iranienne à cet aspect du dispositif, mais Mahmoud Ahmadinejad s’est d’ores et déjà empressé de faire savoir à Barack Obama qu’il ferait tout ce qui est en son possible pour l’aider à prendre ses distances avec Tel-Aviv.

Ce projet a des perdants. D’abord la France et le Royaume-Uni dont l’influence s’efface. Puis Israël, privé de son influence aux États-Unis et ramené à sa juste proportion de petit État. Enfin L’Irak, démantelé. Et peut-être l’Arabie saoudite qui se débat depuis quelques semaines pour se réconcilier avec les uns et les autres afin d’échapper au sort qui lui est promis. Il a aussi ses gagnants. D’abord Bachar el-Assad, hier traité de criminel contre l’humanité par les Occidentaux, et demain glorifié comme vainqueur des islamistes. Et surtout Vladimir Poutine qui, par sa ténacité tout au long du conflit, parvient à faire sortir la Russie de son « containment », à lui rouvrir la Méditerranée et le Proche-Orient et à faire reconnaître sa prééminence sur le marché du gaz.

Thierry Meyssan

Source 
Odnako (Fédération de Russie)
Hebdomadaire d’information générale. Rédacteur en chef : Mikhail Léontieff.