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« Nuit Debout » et promotion médiatique… Taranis News, Empire et Soros…

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La phagocytose de Nuit Debout par les requins de l’impérialisme devient de plus en plus évidente de jour en jour… Pour que « Nuit Debout » ne devienne pas la Foire aux Dupes…

— Résistance 71 —

 

Article connexe: « Quelques réflexions sur l’actualité Nuit Debout »

 

Nuit Debout et Taranis News

 

Réseau Voltaire

 

25 Avril 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article191470.html

 

La promotion de « Nuit debout » est assurée par une agence de presse alternative, Taranis News. Celle-ci est liée à un réseau soutenant la politique étrangère états-unienne et Israël.

Deux médias en particulier ont couvert le mouvement de contestation du projet de loi El Khomri sur la réforme du Code du Travail français (« Nuit debout »), dès son origine et au plus près de l’action : Russia Today et la petite agence de presse alternative Taranis News.

Pendant un temps, à la suite de menaces, le correspondant de RT a été contraint de suspendre sa couverture des événements, laissant un quasi-monopole à Taranis News.

Pratiquant un journalisme très engagé Taranis News (ex-Rennes TV) s’inscrit clairement dans la mouvance anti-fasciste et de l’extrême gauche.

Son fondateur et gérant Gaspar Glanz, 29 ans, a travaillé pour des organes d’information aussi divers qu’Antenne 2, Rue 89, Canal+, l’AFP et l’agence de presse russe Ruptly. Gérard Glanz a couvert en particulier les affrontements autour du sommet de l’Otan à Strasbourg et du camp de réfugiés de Calais ainsi que ceux de Notre-Dame des Landes et de Sivens.

Il est à noter que Gaspard Glanz rédige régulièrement des articles pour la très atlantiste agence de presse Vice France spécialisée dans la production de contenus à destination des jeunes.

Vice France est une émanation de Vice News, chaîne d’information mondiale produisant des articles et des documentaires. Cette chaîne s’est notamment distinguée pour sa couverture de la contestation des régimes vénézuélien et ukrainien où elle épouse les orientations de la politique extérieure états-unienne.

Cette ligne éditoriale n’a rien de surprenant : Vice News appartient à Vice Media dont les propriétaires sont notamment The Walt Disney Company, Time Warner et 21st Century (Robert Murdoch).

Gaspar Glanz est propulsé « journaliste préféré de la génération Nuit debout » par le site français d’information en ligne StreetPress qui lui consacre un portrait hagiographique. Il est à noter que comme ses confrères de Vice News, StreetPress épouse les orientations de la politique étrangère US avec une très nette inclination pro-israélienne.

Le directeur de la rédaction de StreetPress n’est autre que Johann Weisz, ancien journaliste dans les très sionistes Proche-orient.info (site aujourd’hui disparu qui était financé par l’État d’Israël) et Radio Shalom. À ses débuts StreetPress, partageait en outre les locaux de l’ONG Bibliothèques sans frontières, financée en partie par Alexander Soros, fils de l’omniprésent George Soros, et par la Ford Foundation. À l’initiative de l’ambassade d’Israël à Paris, Proche-orient.info et StreetPress ont participé par le passé avec beaucoup de mauvaise foi à une campagne de presse contre le Réseau Voltaire.

Ainsi il apparaît que l’une des figures de proue du journalisme alternatif français est indirectement financée par Mickey, tandis que la famille Soros lui tresse des louanges. Décidément le logo de Taranis News — la face noire d’un requin — n’est pas usurpé.

Résistance politique: Les dessous de « Nuit Debout » sont-ils propres ?…

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Plus loin que notre réflexion sur « Nuit Debout » du 8 Avril, Meyssan explique ce qu’on ne voulait pas qu’il arrive chez nous… Il passe de la récupération à la création par l’habituelle machine à fabriquer les « révolutions colorées ». Inquiétant…

— Résistance 71 —

 

“Nuit debout”, un mouvement à dormir debout

 

Thierry Meyssan

 

10 Avril 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article191181.html

 

Le mouvement « Nuit debout » qui vient de se créer en France, mais aussi en Espagne et en Allemagne, ambitionne de faire barrage au projet de loi El-Khomri sur la réforme du Code du travail et, plus généralement, de lutter contre le néolibéralisme. Thierry Meyssan dénonce des discussions creuses et incohérentes. Il relève les références explicites des organisateurs aux manipulations de l’équipe de Gene Sharp, qui a organisé pour le compte de la CIA les révolutions colorées et le printemps arabe.

La presse parisienne se pâme devant la naissance d’un mouvement politique, « Nuit debout ». Des centaines de personnes se rassemblent sur les grandes places des principales villes françaises pour discuter et refaire le monde.

Ce mouvement « spontané » s’est organisé en quelques jours. Il dispose désormais de deux sites internet, d’une radio et d’une télévision web. À Paris, place de la République, 21 commissions ont été constituées comme dans un inventaire à la Prévert : animation artistique, climat, cantine, création d’un manifeste, dessin debout, jardin des savoirs, manifestations, campement, démocratie, science debout, gréve générale, éducation, économie, féminisme, LGTBI+, TV debout, vote blanc, transparence, Françafrique, infirmerie, communication. C’est dans ce bavardage que se jouerait l’avenir du pays.

« Nuit debout » aurait surgi de la projection d’un film militant «  Merci patron  » de François Ruffin, le 23 février. Les spectateurs auraient constitué un collectif « Convergence des luttes », avec l’idée de rassembler les préoccupations des salariés, des migrants, etc. [1]

Cependant, la lecture de l’appel rédigé par « Convergence des luttes » ne manque pas surprendre. On peut y lire : 
« Ce mouvement n’est pas né et ne mourra pas à Paris. Du printemps arabe au mouvement du 15M, de la place Tahrir au parc de Gezi, la place de la République et les nombreux autres lieux occupés ce soir en France sont l’illustration des mêmes colères, des mêmes espoirs et de la même conviction : la nécessité d’une société nouvelle, où démocratie dignité et liberté ne sont pas des déclarations vides » [2].

Si ce mouvement n’est pas né à Paris, comme l’affirment ses initiateurs, qui en a eu l’idée ?

Les références au « printemps arabe », au « mouvement du 15M », à la « place Tahrir » et au « parc de Gezi » renvoient toutes quatre à des mouvements clairement soutenus, sinon initiés par la CIA. Le « printemps arabe », c’est le projet du département d’État de renverser les régimes laïques arabes et de les remplacer par les Frères musulmans. Le « mouvement du 15M », en Espagne, c’est la contestation de la politique économique des grands partis tout en affirmant l’attachement aux institutions européenne. La « place Tahrir » en Égypte est habituellement considérée comme un des lieux du printemps arabe, et l’en distinguer ne peut faire référence qu’à son occupation par les Frères musulmans de Mohamed Morsi. Quant au parc Gezi, ce fut le seul mouvement laïque des quatre, mais il était instrumenté par la CIA pour mettre en garde Recep Tayyip Erdoğan, qui n’en a pas tenu compte.

Derrière ces quatre références et bien d’autres, on trouve un même organisateur : l’équipe de Gene Sharp, jadis baptisée Albert Einstein Institute [3] et aujourd’hui Centre for Applied Nonviolent Action and Strategies (Canvas), exclusivement financée par les États-Unis [4]. Des gens très organisés, directement liés à l’Otan et ayant une sainte horreur du spontanéisme de Rosa Luxembourg.

La non intervention de la préfecture de police, le discret soutien de l’Union européenne à Radio Debout, et la présence parmi les organisateurs de personnalités jadis soutiens d’Action directe [5] ne semblent pas poser de problème aux participants.

Bien évidemment, le lecteur se demande si je ne force pas la dose en voyant ici aussi la main de Washington. Mais les manipulations de l’équipe de Gene Sharp dans une vingtaine de pays sont aujourd’hui largement attestées et étudiées par les historiens. Et ce n’est pas moi, mais les organisateurs de « Nuit debout » qui font référence à ses actions.

L’équipe de Gene Sharp intervient avec des recettes toujours identiques. Selon les cas, les manifestations manipulées visent soit à changer le régime, soit au contraire à stériliser l’opposition, comme c’est le cas ici. Depuis 2000, cette équipe utilise un logo emprunté aux communistes pour mieux les combattre : le poing levé. C’est évidemment le symbole qu’à choisi « Convergence des luttes ».

Le slogan de « Nuit debout », « On ne rentre pas chez nous », est nouveau dans la longue succession des opérations de Gene Sharp, mais il est tout à fait typique de sa manière d’intervenir : ce slogan ne comprend aucune revendication positive, ne propose rien. Il s’agit juste d’occuper la rue et de distraire les médias pendant que les choses sérieuses se déroulent ailleurs.

Le principe même de « Nuit debout » exclut toute participation des travailleurs. Il faut être bien noctambule pour pouvoir passer ses nuits à discuter. Les « salariés et les précaires » que l’on est censé défendre travaillent, eux, le matin et ne peuvent pas se permettre de nuits blanches.

Ce ne sont pas les commissions de « Nuit debout » —où l’on s’intéresse à tout sauf aux ravages de l’exploitation et de l’impérialisme— qui mettront fin à la domination de la France par une coterie de nantis, qui l’ont vendue aux Anglo-Saxons et viennent d’autoriser le Pentagone à y installer des bases militaires. Imaginer le contraire serait croire une histoire à dormir debout.

[1] « Nuit debout : genèse d’un mouvement pas si spontané », Eugénie Bastié, Le Figaro, 7 avril 2016.

[2] « Appel de la Nuit Debout », place de la République le 8 avril 2016, Paris.

[3] « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2007.

[4] La présence de l’équipe de Gene Sharp est attestée au moins dans : la chute des Caucescu (1989), la place Tian’anmen (1989), la Lituanie (1991), le Kosovo (1995), la « révolution des Bulldozers » en Serbie (2000), l’Irak (2002), la « révolution des roses » en Géorgie (2003), l’« insurrection de Maafushi » aux Maldives (2003), la « révolution orange » en Ukraine (2004), la « révolution du cèdre » au Liban (2005), la « révolution des tulipes » au Kirghizistan (2005), la « marche du désaccord » en Russie (2006-7), les « manifestations pour la liberté d’expression » au Venezuela (2007), la « révolution verte » en Iran (2009), « Poutine doit partir » (2010), la « révolution de jasmin » en Tunisie (2010), la « journée de la colère » en Égypte (2011), « occupy Wall Street » aux États-Unis (2011), le « mouvement du 15M » en Espagne (2011), le « sit-in » de Mexico (2012), « le départ » à nouveau au Venezuela (1014), la « place Maidan » à nouveau en Ukraine (en 2014), etc.

[5] Action directe fut un groupe d’extrême gauche, qui organisa 80 attentats et assassinats dans les années 80, et fut en définitive manipulé par le Gladio, c’est-à-dire les services secrets de l’Otan.