Archive pour Nakba résistance palestinienne

Accords Sykes-Picot, déclaration de Balfour, colonialisme et Nakba moyen-orientale: origine et continuation…

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Excellent article de Ramzy Baroud auquel nous apporterons une précision quand même nécessaire: comme bien des analystes, Baroud pense que la guerre qui sévit en Syrie est une guerre “civile”. Il n’en n’est rien. La guerre en Syrie est une guerre (du gaz) par procuration, une guerre d’invasion coloniale par proxy de l’occident qui utilise sa légion mecenaire pseudo-djihadiste de l’EIIL ex-AQIL, créé par les Américains en Irak dans le sillage de son leur ambassadeur John “Mr Escadron de la Mort” Negroponte et son toutou à la botte le général David Petraeus, pour faire le sale boulot du changement de régime. Ce plan s’est heurté à un problème majeur: devant l’enjeu énorme de l’affaire, trois des protagoniistes et décideurs politiques dans la région ne se sont pas couchés et n’ont pas avandonné la Syrie: la Russie, l’Iran et son allié du Hezbollah libanais. Le reste de l’analyse de Ramzy Baroud est pile poil, le nœud de l’affaire remontant à la conjugaison des accords Sykes-Picot et à la déclaration de Balfour.

~ Résistance 71 ~

 

La place de la Nakba dans la catastrophe générale du monde arabe

Ramzy Baroud

18 juin 2016

url de l’article original:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article16080

Le 15 mai de chaque année, toutes ces 68 dernières années, les Palestiniens ont commémoré leur exil collectif de la Palestine. Le nettoyage ethnique de la Palestine pour faire place à une « patrie juive » s’est fait au prix d’une violence implacable et d’une souffrance perpétuelle. Les Palestiniens se réfèrent à cette tragédie comme à la « Nakba », ou « Catastrophe ».

Cependant, la « Nakba » n’est pas uniquement une expérience palestinienne… C’est également dans le monde arabe, une plaie qui ne cesse de saigner.

La Nakba est nommément l’accord Sykes-Picot de 1916 qui a divisé une grande partie du monde arabe entre les puissances occidentales qui se faisaient concurrence. Un an plus tard, la Palestine était retirée de la question arabe et « promise » au mouvement sioniste européen, provoquant ainsi l’un des conflits les plus longs de l’histoire moderne.

Malgré toutes les tentatives de séparer le conflit actuel en Palestine de son environnement arabe, les deux réalités ne peuvent être découplées puisque les deux remontent aux mêmes racines historiques.

Comment est-ce arrivé ?

Lorsque le diplomate britannique Mark Sykes, a succombé à une pandémie de grippe espagnole à l’âge de 39 ans en 1919, un autre diplomate, Harold Nicolson, a décrit comme suit ce qu’avait été son influence sur la région du Moyen-Orient :
« C’est grâce à son énergie et à sa persévérance sans limite, à son enthousiasme et à sa foi, que le nationalisme arabe et le sionisme sont devenus deux des plus grands succès de nos causes de guerre. »

Rétrospectivement, nous savons que Nicolson a parlé trop vite. La nature du « nationalisme arabe » auquel il faisait référence en 1919 était fondamentalement différente de celle des mouvements nationalistes qu’ont connus plusieurs pays arabes dans les années 1950 et 60. Le cri de ralliement pour le nationalisme arabe dans ces années-là était la libération et la souveraineté face au colonialisme occidental et à ses alliés locaux.

La contribution de Sykes à la montée du sionisme ne risquait pas de favoriser la moindre stabilité… Depuis 1948, le sionisme et le nationalisme arabe ont été en conflit permanent, entraînant des guerres et des bains de sang apparemment inépuisables.

Cependant, la dernière contribution de Sykes à la région arabe a été son rôle majeur dans la signature il y a un siècle de l’accord Sykes-Picot, également connu comme l’Accord d’Asie Mineure. Ce fameux traité entre la Grande-Bretagne et la France, qui a été négocié avec le consentement de la Russie, a façonné la géopolitique du Moyen-Orient pour tout le siècle qui allait suivre.

Au fil des années, les défis au statu quo imposé par cet accord Sykes-Picot, ont échoué à modifier fondamentalement les frontières arbitrairement dessinées qui divisaient les Arabes en « sphères d’influence, » administrées et contrôlées par les puissances occidentales.

Pourtant, avec l’apparition récente de « Daesh » et la mise en place à partir de 2014 de sa propre version de frontières tout aussi arbitraires, englobant de larges pans de la Syrie et de l’Irak, le tout combiné aux actuelles discussions sur la division de la Syrie en une fédération, l’héritage de l’accord Sykes-Picot pourrait bien voler en éclat sous la pression de nouvelles et violentes circonstances.

Pourquoi Sykes-Picot ?

L’accord Sykes-Picot a été signé dans le contexte de la violence qui a ravagé une grande partie de l’Europe, de l’Asie, de l’Afrique et du Moyen-Orient à l’époque.

Tout a commencé après que la Première Guerre mondiale ait éclaté en juillet 1914. L’Empire ottoman rejoignit bientôt la guerre aux côtés de l’Allemagne, en partie parce qu’il était conscient que les Alliés – principalement la Grande-Bretagne, la France et la Russie – avaient l’ambition de contrôler tous les territoires ottomans dont les régions arabes de la Syrie, la Mésopotamie, l’Arabie, l’Égypte et l’Afrique du Nord.

En novembre 1915, la Grande-Bretagne et la France ont commencé sérieusement leurs négociations, dans le but de diviser l’héritage territorial de l’Empire ottoman après que la guerre se soit terminée en leur faveur.

Ainsi, une carte faite de lignes droites dessinées avec un crayon gras a largement déterminé le sort des Arabes, en les divisant selon différentes hypothèses aléatoires de lignes tribales et sectaires.

Partage du butin

Le négociateur pour la Grande-Bretagne était Mark Sykes, et le représentant de la France était François Georges-Picot. Ces deux diplomates décidèrent – une fois les Ottomans vaincus – que la France recevrait les zones marquées de la lettre a et qui comprenaient la région du sud-est de la Turquie, le nord de l’Irak, et l’essentiel de la Syrie et du Liban.

Les territoires marqués d’un b étaient quant à eux sous contrôle britannique, ce qui incluait la Jordanie, le sud de l’Irak, Haïfa et Acre en Palestine, et la bande côtière entre la mer Méditerranée et le Jourdain.

La Russie de son côté, devait prendre Istanbul, l’Arménie et le détroit stratégique turc.

La carte improvisée est faite non seulement de lignes mais aussi de couleurs, avec un langage qui prouve que les deux pays considéraient la région arabe sur un plan purement matériel, sans prêter la moindre attention aux répercussions possibles de ce saucissonnage de civilisations entières.

L’histoire d’une trahison

La Première Guerre mondiale s’est conclue le 11 novembre 1918, après quoi la division de l’Empire ottoman a sérieusement commencé.

Les mandats britannique et français ont été étendus sur des entités arabes divisés, alors que la Palestine – sur laquelle un État juif a été créé trois décennies plus tard. – était livrée au mouvement sioniste.

L’accord, soigneusement conçu pour répondre aux intérêts coloniaux occidentaux, n’a produit que de la division, des crises et des guerres.

Alors que le statu quo imposé a garanti l’hégémonie des pays occidentaux sur le Moyen-Orient, il n’a pas réussi à fournir un minimum de stabilité politique ou d’égalité économique.

L’accord Sykes-Picot a été conçu en secret, pour une raison particulière : il était en désaccord complet avec les promesses faites aux Arabes pendant la Grande Guerre. Les dirigeants arabes, sous le commandement de Sharif Hussein, s’étaient vus promettre l’indépendance complète après la guerre en échange de leur soutien aux Alliés contre les Ottomans.

Il a fallu de nombreuses années et des rébellions successives pour que les pays arabes accèdent à l’indépendance. Les conflits entre les Arabes et les puissances coloniales ont engendré le nationalisme arabe, né dans des environnements extrêmement violents et hostiles, ou plus exactement après les avoir surmontés.

Le nationalisme arabe a peut-être réussi à maintenir un semblant d’identité arabe mais il n’a pas réussi à développer une riposte solide et unifiée au colonialisme occidental.

Lorsque la Palestine – promise par la Grande-Bretagne comme foyer national pour les Juifs dès novembre 1917 – est devenue Israël, accueillant principalement des colons européens, le sort de la région arabe à l’est de la Méditerranée a été scellé comme siège de conflits et d’antagonismes perpétuels.

C’est en cela, en particulier, que le terrible héritage de l’accord Sykes-Picot se fait surtout sentir, dans toute sa violence, son imprévoyance et son complet manque de scrupules politiques.

Cent ans après que deux diplomates britanniques et français aient divisé les peuples arabes en sphères d’influence, l’accord Sykes-Picot reste une réalité dominante du Moyen-Orient, bien que contestée.

Cinq ans après que la Syrie ait sombré dans une violente guerre civile, la marque de l’accord Sykes-Picot se fait une fois de plus sentir alors que la France, la Grande-Bretagne, la Russie – et maintenant les États-Unis – envisagent ce que le secrétaire d’État américain John Kerry, a récemment appelé le « plan B, » qui consisterait à diviser la Syrie sur la base de lignes sectaires, probablement en conformité avec une nouvelle interprétation occidentale des « sphères d’influence ».

La carte Sykes-Picot a pu être une vision brute élaborée à la hâte durant d’une guerre mondiale, mais, depuis lors, elle est devenue le principal cadre de référence que l’Occident utilise pour redessiner le monde arabe et pour « le contrôler comme ils le désirent et comme ils veulent le voir. »

La « Nakba » palestinienne, par conséquent, doit être comprise comme faisant partie intégrante des plus larges conceptions occidentales du Moyen-Orient, datant d’un siècle, alors que les Arabes étaient (et restent) divisés et la Palestine était (et reste) conquise.

 

* Dr Ramzy Baroud écrit sur le Moyen-Orient depuis plus de 20 ans. Il est chroniqueur international, consultant en médias, auteur de plusieurs livres et le fondateur de PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Résistant en Palestine – Une histoire vraie de Gaza (version française), peut être commandé à Demi-Lune. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Scribest.fr. Son site personnel : http://www.ramzybaroud.net

Palestine, Nakba… 68 ans de résistance au colonialisme génocidaire

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“Après 70 ans d’excavations et de fouilles extensives sur la terre d’Israël, les archéologues ont trouvé que les actions du patriarque sont des histoires de légende ; nous n’avons pas séjourné en Egypte, ni fait un exode, nous n’avons pas conquis la terre. Il n’y a pas non plus de mention de l’empire de David et de Salomon. Ceux qui s’y intéressent savent tout cela depuis des années, mais Israël est un peuple têtu et ne veut pas en entendre parler.”
~ Professeur Ze’ev Herzog
, chef du département d’archéologie et d’études de l’ancien Proche-Orient à l’université de Tel-Aviv, dans un entretien avec le magazine Ha’aretz le 29 octobre 1999

“La conclusion acceptée par la majorité des archéologues et des érudits de la bible fut qu’il n’y eut jamais de grande monarchie et que le roi Salomon n’a jamais eu de grand palais dans lequel il hébergeait ses 700 épouses et 300 concubines. Ce furent des écrivains postérieurs qui inventèrent et glorifièrent un puissant royaume uni, établi par la grâce d’une seule déité. Leur riche et distinctive imagination a aussi produit les histoires de la création du monde, du terrible déluge, de l’errance des anciens, de la lutte de Jacob avec l’ange, l’exode d’Egypte et le passage de la Mer Rouge, la conquête des Cananéens et l’arrêt miraculeux du soleil à Gibeon.

Les mythes centraux au sujet de l’origine pure de cette merveilleuse nation qui émergea du désert, conquît une grande terre et construisit un glorieux royaume furent un bonus pour la montée du nationalisme juif et la colonisation sioniste. Pendant un siècle, ils fournirent le carburant textuel de qualité canonique qui donna grande énergie à une politique d’expansion identitaire et territoriale demandant une auto-justification et un sacrifice considérable.

Des archéologues et des érudits de la bible empêcheurs de tourner en rond, en Israël et ailleurs, mirent à mal ces mythes, qui à la fin du XXème siècle semblaient avoir été relégués aux statut de fiction ayant un fossé infranchissable entre eux et la réalité archéologique.”
~ Professeur Schlomo Sand
, universités de Tel-Aviv, Berkeley Californie et à l’École des Hautes Études de Sciences Sociales, EHESS, Paris, de son livre “The Invention of the Jewish People”, 2009 ~

 

Les 68 ans de la Nakba ou la résistance historique d’un peuple déterminé !

Ziad Medoukh

15 Mai 2016

url de l’article original:

http://www.mondialisation.ca/les-68-ans-de-la-nakba-la-resistance-historique-dun-peuple-determine/5525417

15 mai 1948 -15 mai 2016, soixante-huit ans déjà, soixante-huit ans depuis le début du drame des Palestiniens, soixante-huit ans de souffrance, de malheurs et de massacres pour un peuple digne, soixante-huit ans depuis le début de cette injustice imposée à un peuple sur sa terre, soixante-huit ans de déportation d’un peuple pour le remplacer par un autre peuple.

Mais, soixante-huit ans de résistance, de patience, de détermination, de courage, et de persévérance pour un peuple toujours debout, un peuple toujours attaché à sa terre et à sa Palestine en dépit de toutes les mesures de cette occupation illégale, une occupation aveugle, une occupation qui dure, qui dure !

Les Palestiniens commémorent les soixante-huit ans de la catastrophe dans un contexte national et régional particulier marqué notamment par la poursuite de l’occupation et de la colonisation dans les territoires palestiniens, par un soulèvement populaire spontané en Cisjordanie, par les agressions israéliennes permanentes dans la bande de Gaza qui subit un blocus inhumain, et l’absence de perspectives pour l’avenir.

Soixante-huit ans et les forces de l’occupation violent les droits les plus fondamentaux d’un peuple, soixante-huit ans de politique d’apartheid, de discrimination et du terrorisme d’un état hors la loi.

En 68 ans, Israël a appliqué toutes les mesures inhumaines illégales à l’encontre des Palestiniens, il en a emprisonné plus d’un million, il en a massacré et assassiné des milliers, il a occupé tous leurs territoires.

L’état d’occupation a créé le problème des réfugiés palestiniens qui vivent dans des conditions humanitaires épouvantables dans les pays voisins et à l’étranger, et qui souffrent en permanence.

Cet état d’apartheid est le seul Etat qui, encouragé par les grandes puissances internationales, n’a jamais appliqué aucune résolution des Nations-Unies, pas plus que les accords de paix signés.

En 68 ans, Israël a toujours été un état illégal, un état hors la loi, un état d’apartheid, un état colonial, un état qui considère les citoyens arabes des  territoires de 1948 comme des citoyens de seconde zone, un état qui a construit le mur de la honte en Cisjordanie, un état qui impose un blocus inhumain à la population civile de Gaza, un état qui érige tous les jours de nouvelles colonies dans les Territoires, un état qui vole tous les jours les ressources naturelles appartenant aux Palestiniens.

Un état qui n’a toujours pas de frontières, un état qui refuse toutes les initiatives de paix régionales et internationales.

On peut citer maints exemples de l’histoire noire de cette occupation contre les Palestiniens : agressions quotidiennes, mesures atroces, massacres, déportations, crimes contre l’humanité, crimes de guerre, la liste est longue, très longue, trop longue.

Le dernier crime israélien massif contre les Palestiniens, est la dernière offensive militaire contre la population civile de la bande de Gaza en été 2014, avec de milliers de morts et de blessés palestiniens, en majorité des enfants.

68 ans de résistance remarquable de toute une population qui poursuit son combat pour retrouver la liberté et vivre dignement sur sa terre.

Soixante-huit ans après, les Palestiniens s’interrogent : 68 ans de violation de nos droits ne suffisent-ils pas ? Le temps n’est-il pas venu de réagir et d’imposer à cet état d’apartheid l’application du droit international ? Le temps n’est-il pas venu d’instaurer la justice en Palestine ? Les Palestiniens n’ont-ils pas le droit de vivre, après tant d’années de souffrance, dans un état libre et indépendant ?

68 ans après cette catastrophe, nous, Palestiniens, et quelles que soient les mesures d’apartheid et de terrorisme d’état pratiquées, poursuivons le combat et les sacrifices pour notre liberté. Nous sommes plus que jamais déterminés et avons un message à délivrer au monde entier, un message clair et précis. Nous sommes toujours attachés aux principes suivants :

– Non, nous n’oublierons jamais l’histoire noire de cette occupation illégale et ses différents crimes contre notre population civile.

– Non, nous ne partirons pas d’ici, nous resterons attachés à notre terre. Nous ne partirons pas. Ici, notre terre, ici notre vie et ici notre Palestine !

– Oui, le droit au retour est sacré et tous les réfugiés palestiniens doivent pouvoir retrouver leurs villes et leurs villages d’origine.

– Oui, nous poursuivrons notre résistance sous toutes ses formes afin de vivre en liberté sur notre terre, cette terre appelée Palestine, et qui s’appellera toujours Palestine.

– Oui, nous avons le droit de créer notre Etat libre et indépendant, avec Jérusalem comme capitale.

– Oui, nous sommes prêts à vivre en paix, une paix durable, mais une paix qui passera avant tout par la justice, par l’application du droit international, par la fin de l’occupation illégale, et par la réalisation de toutes les revendications légitimes du peuple palestinien.

La lutte continue ! Et le combat se poursuit ! Pour une Palestine libre et pour une Palestine indépendante ! Nous sommes tous convaincus que notre liberté s’approche…

Histoire, deux poids deux mesures…. Le négationnisme d’Israël…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 29 mai 2014 by Résistance 71

A lire impérativement sur le sujet:

« Le nettoyage ethnique de la Palestine », Ilan Pappe, Fayard, 2008

— Résistance 71 —

 

Comment Israël veut falsifier le récit de la Nakba

 

Dimi Reider

 

23 Mai 2014

 

Url de l’article:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article14567

 

Des contre-manifestants israéliens distribuent des tracts censés prouver que l’expulsion de la moitié des habitants arabes de la Palestine en 1948, était une fiction.

La réplique israélienne aux évènements de la Journée de la Nakba de cette année, comprenait la répression des manifestants en Cisjordanie, avec un caractère plus meurtrier dans Betunia où deux adolescents palestiniens – Muhammad Abu Daher et Nadim Siam – ont été froidement abattus. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est fendu d’un commentaire un peu vexé sur la façon dont l’Autorité Palestinienne a fait retentir les sirènes « pour pleurer la création de l’État d’Israël », et l’ancien ministre Lieberman a lancé un appel pour que soit retiré le financement de l’Université de Tel-Aviv dans le cadre de « la loi de la Nakba ».

Cette loi permet à l’État de refuser le financement des institutions publiques qui marquent la création de l’État d’Israël comme une occasion de deuil, et l’ex-ministre a fait valoir que l’université violait cette loi en envoyant des employés d’une société privée de sécurité protéger une cérémonie de commémoration de la Nakba d’une contre-manifestation d’extrême-droite. Mais son appel est resté lettre morte, et la contre-manifestation elle-même était relativement calme.

Nakba est le mot arabe pour « catastrophe ». En 1947-8, les milices sionistes ont expulsé 750 000 Palestiniens de leur patrie et construit l’État d’Israël sur des ruines. Chaque année, le 15 mai, les Palestiniens commémorent cet événement, le lendemain du jour de « l’indépendance » d’Israël.

Les contre-manifestants israéliens brandissaient des pancartes sur lesquelles on lisait : « Nakba = connerie », et ils ont distribué des tracts tendant à démontrer que l’expulsion de la moitié des résidents arabes de la Palestine en 1948 était une fiction. Quelques jours plus tôt, une « Marche du retour » au village vidé de ses habitants de Lubya était accompagnée par une autre contre-manifestation, cette fois-ci avec des bagarres occasionnelles entre les deux camps. Mais dans l’ensemble, les Israéliens semblent avoir pris l’habitude de la présence de ce mot autrefois tabou dans le discours public.

Même le quotidien pro-Netanyahu, Yisrael Hayom – qui il y a encore trois ans faisait des titres scandalisés sur les étudiants palestiniens qui osaient tenir des cérémonies de commémoration pour les événements de 1948 – s’est contenté cette année de reportages impartiaux, allant jusqu’à utiliser le mot de « déracinés » pour parler des réfugiés, un terme évocateur traditionnellement utilisé par la droite pour qualifier les Israéliens expulsés des colonies de Gaza en 2005. Les guillemets qui autrefois encadraient le mot « Nakba » comme une paire de gants isolants n’étaient plus visibles plus nulle part.

« Comme chaque année, la semaine entre le Jour de l’Indépendance d’Israël et la Journée de la Nakba palestinienne a été une semaine très intense », dit Liat Rosenberg, la directrice de l’organisation israélienne Zochrot qui vise à instruire les Israéliens sur la Nakba et encourage à penser de façon pratique au retour des réfugiés palestiniens en Israël même. « Je pense que chaque année, nous voyons une intensification du discours public sur la Nakba, et plus d’intérêt de la part des médias. Mais je peux dire que cette année 2014, le débat a été plus précis et moins polémique ; il y avait moins de volonté de nous faire passer pour des extrémistes, moins de volonté de nous utiliser comme contrepoids aux organisations d’extrême-droite. C’était moins antagoniste, même si c’était loin d’être amical. »

La semaine dernière, Rosenberg était l’invitée de l’une des principales émissions de télévision de la chaine 10 israélienne pour mettre la lumière sur cette tendance. Sur le plateau de London & Kirschenbaum, elle a parlé de iNakba, la nouvelle application lancée par Zochrot. L’application, actuellement disponible pour iOS [Apple] seulement, permet aux utilisateurs de visualiser sur une carte guidée par GPS, les villages Palestiniens dépeuplés depuis 1948, tout en permettant aux utilisateurs d’effectuer une promenade en temps réel à travers un paysage dévasté et transformé.

Les villages, dont la plupart ont été remplacés par des communautés juives, après avoir été rayés de la carte ou transformés en forêts par le Fonds National Juif, sont représentés par des épingles sur la carte. En pointant sur l’une des épingles, l’histoire d’un endroit ou d’un site s’affiche, ainsi que le jour et les circonstances qui ont conduit à l’expulsion, des témoignages des survivants et des photos archives du village tel qu’il était avant la guerre. Les utilisateurs peuvent également s’abonner à un village donné pour recevoir des notifications lorsque de nouvelles photos ou images sont ajoutées, ce qui permettra aux communautés dispersées de rétablir le contact et de renouer avec ces endroits, espère Zochrot.

Si Rosenberg avait fait cette apparition à la télévision il y a deux ou trois ans, son passage aura été « pondéré » par une voix de la droite, ses arguments auraient été contestés ou ridiculisés et son travail présenté comme une folie extrémiste. Cette année, le présentateur vétéran Yaron London a interrogé Rosenberg avec une curiosité de grand-père en faisant tout son possible pour présenter l’application comme apolitique et ne soulevant pas de controverses. Toutefois, la reconnaissance de la large véracité historique de la Nakba semble presque s’accompagner du rejet de la nécessité de faire quelque chose ou de changer quoi que ce soit pour pouvoir aujourd’hui procéder à des réparations et des dédommagements.

London évoque le passage dans l’émission d’un ancien secrétaire du cabinet qui a réveillé le spectre des « Arabes » qui effectuent le pèlerinage auprès des anciens tombeaux. « Je me suis dit : et alors ? Les Juifs vont en Espagne, » poursuit-il, ignorant apparemment que l’Espagne a récemment offert la citoyenneté aux descendants des Juifs expulsés au lendemain de la conquête chrétienne de la péninsule. « C’est toujours bon de savoir, non ? La question ne m’effraie pas, vous savez ? Vous venez, mais cela ne veut pas dire que vous retournez chez moi à Tel Aviv, mais je veux juste savoir ce qui était là avant. »

Rosenberg réagit en amenant la conversation sur la mise en œuvre du droit au retour des réfugiés Palestiniens. Et là, le ton du présentateur devient visiblement moins amical. C’est une « illusion », a-t-il protesté. « Je veux connaitre l’ histoire, tout comme l’histoire mamelouke et l’histoire ottomane du pays. L’histoire de mes ancêtres. Ça ne me dérange pas. Mais votre organisation soutient le retour réel. »

L’échange, moitié approbateur, moitié incrédule, est emblématique à la fois du début de la reconnaissance israélienne de la Nakba en tant que fait historique (avec réserves), et le revers de la médaille : la relégation de l’expulsion de 1948, dont la plupart de ses survivants sont toujours de ce monde, dans un livre d’histoire aussi lointain et irréparable que la conquête Mamelouke (de 1260 à 1517) ; ou, plus effroyablement encore, sa justification.

L’an dernier, le commentateur de centre-droite israélien Ari Shavit a été honoré dans les médias américains pour avoir abordé la question de l’expulsion de la population palestinienne de la ville de Lydda. Toutefois, il a poursuivi en exprimant sa gratitude envers les auteurs de l’expulsion (y compris le massacre qui s’en est suivi), pour avoir perpétré le sale travail du sionisme qui a permis la création de l’État juif. Ce type d’acceptation est exactement le défi que relève Zochrot, en élargissant davantage son objectif, allant de l’éducation sur le passé à la discussion projetée sur l’avenir, et particulièrement l’application du droit au retour.

La conférence annuelle de Zochrot tenue le mois d’octobre dernier a été consacrée presque exclusivement au Droit au Retour ; non pas à ses aspects moraux ou même humanitaires, mais plutôt aux défis majeurs et pratiques de sa mise en œuvre sur le terrain. Ces défis sont ardus. Dans un sondage réalisé récemment par l’Institut Israélien de Démocratie, seulement 16% des personnes interrogées ont soutenu l’idée de permettre à un nombre de réfugiés Palestiniens, aussi réduit soit-il, d’entrer en Israël, tandis que 80.5% ont immédiatement rejeté l’idée, le retour illimité tel que préconisé par Zochrot leur étant inimaginable et c’est à peine si la question est posée dans des sondages, sans oublier que toutes les institutions d’Israël, à commencer par sa loi sur l’immigration, sont préparées pour qu’un tel scénario n’ait jamais lieu.

A présent, Zochrot tente d’aller au-delà de savoir comment rendre la notion de retour populaire chez les Israéliens, une tâche presque impossible, et se concentre plus sur la démystification du concept. La conférence d’octobre a présenté des plans cadres en architecture pour la reconstruction des villages spécifiques dépeuplés, sans le déplacement catégorique des communautés juives installées sur les terres de ces villages. Zochrot a présenté également des documents sur les aspects juridiques du droit au retour en mettant un accent tout particulier sur le droit des biens et d’héritage, ainsi que les aspects éducatifs, culturels et de justice de transition pour la mise en œuvre de ce droit.

L’appel est lancé pour la réalisation de films, long métrage et documentaires, traitant du sujet du retour. L’application iNakba qui superpose les villages détruits sur la carte moderne d’Israël et des évènements rétrospectifs des auditions informelles de la « Commission de la Vérité » devant commencer ses travaux cet été, semblent transformer le discours sur la Nakba en un fait quotidien, contrairement au passé. Rosenberg conclue : « Dans un sens, il servira au gouvernement qui limite les activités liées à la Nakba à seulement dix jours dans l’année. Notre objectif est que le récit sur Nakba soit évoqué pendant les autres jours. »

Résistance politique: 65 ans de résistance palestinienne…

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 15 mai 2013 by Résistance 71

Palestine 65 ans de résistance contre le colonialisme

 

14 mai 2013 – Comité Action Palestine

 

url de l’article:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article13527

 

« Jour après jour, le choix de la résistance apparaît comme étant le seul qui préserve notre cause et nos droits légitimes, qui protège l’unité et les constantes de notre peuple, et en premier lieu le droit à la libération et au retour… La résistance connaît parfaitement la nature de cette entité spoliatrice, qui ne comprend que le langage de la force  »

Le 14 mai 1948 est le jour de la création de l’Etat israélien, mais cette date est commémorée par les Palestiniens comme la Nakba, la catastrophe. L’idée initiale selon laquelle la Palestine était « une terre sans peuple pour un peuple sans terre » a constitué l’un des plus grands mensonges de l’histoire et a servi de justification à la politique sioniste de colonisation.

Cette catastrophe prend d’abord la forme d’une prétendue légitimité internationale lorsque l’Onu adopte, le 29 novembre 1947, la Résolution 181, recommandant la partition de la Palestine, partition refusée par les Palestiniens. Non seulement ils étaient spoliés de leur terre, mais en outre 56 % du territoire palestinien étaient attribués aux Juifs, qui constituaient moins du tiers de la population et possédaient jusque-là à peine 7 % des terres. Cette catastrophe, c’est aussi la destruction, entre 1947 et 1949, de plus de 500 villages palestiniens, dont le plus connu est Deir Yassine, avec ses 250 habitants massacrés par les forces militaires juives.

Cette catastrophe enfin, c’est 800 000 Palestiniens expulsés de leurs terres sans que leur droit au retour ne soit encore reconnu dans les faits. Chassés de leurs terres et niés de tous, les réfugiés palestiniens, qui sont aujourd’hui 7,2 millions, attendent toujours de retourner chez eux.

Depuis son implantation en Palestine, le sionisme n’a jamais eu d’autres buts que le nettoyage ethnique. Terre conquise et non terre promise, telle est la réalité de cette colonisation de la pire espèce.

Face à ce colonialisme, les Palestiniens n’ont jamais eu d’autres options que la résistance : des révoltes menées dans la Palestine historique en 1936-1939 par Ezzedine al Qassam aux organisations de libération de la Palestine établies dans les camps de réfugiés de Jordanie, de Syrie ou du Liban ; des Intifadas de 1987 et de 2000 à la victoire de la résistance armée à Gaza en 2009 et en 2012, en passant par la libération de cette partie de la Palestine en 2005, les Palestiniens ont toujours fait preuve d’une détermination sans faille. Leur combat rejoint celui de tous les peuples de la région. Car Israël est l’instrument du mouvement sioniste mondial et la base géographique de l’impérialisme, stratégiquement placé au cœur du monde arabe et musulman.

Ainsi, le combat pour l’émancipation des peuples arabes est directement lié à la libération de la Palestine. Parce que l’Occident, avec l’aide de son bastion sioniste a voulu maintenir toute la région sous son emprise, il a soutenu les pires dictatures, du Maroc à l’Egypte jusqu’aux pétromonarchies du Golfe ; il a partout veillé à emprisonner les peuples par des régimes autoritaires aux ordres et à confisquer leurs ressources. Récemment, l’Afghanistan et l’Irak furent envahis pour réduire à néant toute volonté d’indépendance. L’Iran est la prochaine cible. La guerre contre la Libye en 2011 et aujourd’hui contre la Syrie obéissent à la même logique : interventionnisme des forces de l’Otan ou de l’entité sioniste avec la collaboration active de la Turquie, de l’Arabie Saoudite et du Qatar. En Syrie, la stratégie est claire. Il s’agit d’affaiblir l’axe de la résistance au sionisme en s’attaquant à son maillon faible. Il s’agirait également de contrôler tous les Etats situés sur les nouvelles voies d’acheminement des hydrocarbures entre le Moyen Orient et l’Europe, afin de garantir la « sécurité » de l’approvisionnement à partir du Qatar et d’Israël.

Mais malgré toutes ses tentatives depuis 2 ans, l’impérialisme n’a pas réussi à faire tomber le régime syrien. La récente attaque israélienne sur Damas avait principalement comme objectif d’apporter un peu d’air aux mercenaires qui combattent l’armée syrienne, alors que cette dernière était en passe de reprendre toutes les villes tombées aux mains de ses adversaires.

Dans ce combat contre le sionisme et l’impérialisme, la lutte pour la libération de la Palestine constitue depuis près d’un siècle, et surtout depuis 1948, un enjeu central. Aujourd’hui les Palestiniens d’al-Quds, qui se battent au quotidien contre la judaïsation galopante de la ville et l’épuration ethnique, symbolisent cette résistance. Les prisonniers palestiniens en grève de la faim depuis des mois témoignent, quant à eux, de la détermination de cette résistance. Enfin les groupes armés ripostant à chaque attaque sioniste sur Gaza annoncent la victoire à venir. Comme le déclare le représentant du Mouvement du Jihad islamique au Liban, Hajj Abou Imad Rifa’i :

« Jour après jour, le choix de la résistance apparaît comme étant le seul qui préserve notre cause et nos droits légitimes, qui protège l’unité et les constantes de notre peuple, et en premier lieu le droit à la libération et au retour… La résistance connaît parfaitement la nature de cette entité spoliatrice, qui ne comprend que le langage de la force  »

Dans cette perspective, le combat pour le droit au retour des 7,2 millions de réfugiés palestiniens (75 % de la population palestinienne) se poursuit, et ce malgré les tentatives de liquidation de ce droit. Il signe l’illégitimité d’Israël et démontre, qu’après avoir surmonté de multiples attaques, le peuple palestinien, comme les peuples de la région, n’abdiquera pas. Le cours de l’histoire ne s’est pas arrêté aux portes d’Israël. Bien au contraire, les jours de l’entité sioniste sont comptés.

Le Comité Action Palestine œuvre pour la réalisation des droits nationaux du peuple palestinien, c’est-à-dire la libération de la terre arabe de Palestine.

Il réaffirme les quatre principes suivants :

o La condamnation du sionisme comme mouvement politique colonialiste et raciste.

o Le soutien inconditionnel à la résistance du peuple palestinien et à son combat pour son auto-détermination et son indépendance nationale.

o La reconnaissance du droit inaliénable au retour de tous les réfugiés chez eux.

o La libération de tous les résistants emprisonnés.