Archive pour modèle société sans état

Résistance politique: Société traditionnelle, société sans état… La mentalité kabyle (Mohamed Saïl)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 28 septembre 2016 by Résistance 71

« Le pouvoir politique comme coercition (ou comme relation de commandement-obéissance) n’est pas LE modèle du pouvoir vrai, mais simplement un cas particulier, une réalisation concrète du pouvoir politique en certaines cultures, telle l’occidentale (mais elle n’est pas la seule, naturellement). Il n’y a donc aucune raison scientifique de privilégier cette modalité là du pouvoir pour en faire le point de référence et le principe d’explication d’autres modalités différentes. »

« L’espace de la chefferie n’est pas le lieu du pouvoir. »

~ Pierre Clastres ~

A lire notre dossier « Anthropologie politique »

 

La mentalité kabyle

 

Mohamed Saïl

 

Le Monde Libertaire, février 1951

 

Source:

https://www.kabyle.com/articles/mentalite-kabyle-mohamed-sail-libertaire-ndeg-257-16-fevrier-1951-21377-18012013

 

A maintes occasions, j’ai parlé dans ces colonnes du tempérament libertaire et individualiste caractérisé de mes compatriotes berbères d’Algérie . Mais aujourd’hui, alors que la caverne d’Ali Baba d’outre-mer craque et croule, je crois utile d’affirmer, contre tous les pessimistes professionnels ou les rêveurs en rupture de places lucratives que l’Algérie libérée du joug colonialiste serait ingouvernable au sens religieux, politique et bourgeois du mot. Et je mets au défi toutes les canailles prétendant à la couronne d’apporter la moindre raison valable et honnête à leurs aspirations malsaines, car je leur oppose des précisions palpables et contrôlables, sans nier cependant que leur politique a quelque succès quand il s’agit d’action contre le tyran colonialiste.

Il faut voir l’indigène algérien, le Kabyle surtout, dans son milieu, dans son village natal et non le juger sur son comportement dans un meeting, manifestant contre son ennemi mortel : le colonialisme.

Pour l’indigène algérien, la discipline est une soumission dégradante si elle n’est pas librement consentie. Cependant, le Berbère est très sensible à l’organisation, à l’entraide, à la camaraderie mais, fédéraliste, il n’acceptera d’ordre que s’il est l’expression des désirs du commun, de la base. Lorsqu’un délégué de village est désigné par l’Administration, l’Algérie le considère comme un ennemi.

La religion qui, jadis, le pliait au bon vouloir du marabout, est en décadence, au point qu’il est commun de voir le représentant d’Allah rejoindre l’infidèle dans la même abjection. Tout le monde parle encore de Dieu, par habitude, mais. en réalité plus personne n’y croit. Allah est en déroute grâce au contact permanent du travailleur algérien avec son frère de misère de la métropole, et quelques camarades algériens sont aussi pour beaucoup dans cette lutte contre l’obscurantisme.

Quand au nationalisme que j’entends souvent reprocher aux AIgériens, il ne faut pas oublier qu’il est le triste fruit de l’occupation française. Un rapprochement des peuples le fera disparaître, comme il fera disparaître les religions. Et, plus que tout autre, le peuple algérien est accessible à l’internationalisme, parce qu’il en a le goût ou que sa vie errante lui ouvre inévitablement les yeux.

On trouve des Kabyles aux quatre coins du monde ; ils se plaisent partout, fraternisent avec tout le monde, et leur rêve est toujours le savoir, le bien-être et la liberté.

Aussi, je me refuse à croire que des guignols nationalistes puissent devenir un jour ministres ou sultans dans le dessein de soumet­tre ce peuple, rebelle par tempérament.

Jusqu’à l’arrivée des Français, jamais les Kabyles n’ont accepté de payer des impôts à un gouvernement, y compris celui des Arabes et des Turcs dont ils n’avaient embrassé la religion que par la force des armes.

J’insiste particulièrement sur le Kabyle, non pas parce que je suis moi-même Kabyle, mais parce qu’il est réellement l’élément dominant à tout point de vue et parce qu’il est capable d’entraîner le reste du peuple algérien dans la révolte contre toute forme de centralisme autoritaire.

Le plus amusant de l’histoire, c’est que la bande des quarante voleurs ou charlatans politiciens nous représente le nationalisme d’outre-mer sous la forme d’une union arabe avec l’emblème mu­sulman et avec des chefs politiques, militaires et spirituels à l’image des pays du Levant. J’avoue que le dieu arabe de nos sinistres pantiris d’Algérie a bien fait les choses, puisque la guerre judéo-arabe nous révéla que les chefs de l’islamisme intégral ne sont rien d’autre que de vulgaires vendus aux Américains, aux Anglais, et aux Juifs eux-mêmes, leurs prétendus ennemis. Un coup en traître pour nos derviches algériens, mais salutaire pour le peuple qui commence à voir clair.

Pensez donc, un bon petit gouvernement algérien dont ils seraient les caids, gouvernement bien plus arrogant que celui des roumis, pour la simple raison qu’un arriviste est toujours plus dur et impitoyable qu’un « arrivé » !

Rien à faire, les Algériens ne veulent ni de la peste, ni du choléra, ni d’un gouvernement de roumi, ni de celui d’un caid. D’ailleurs, la grande masse des travailleurs kabyles sait qu’un gouvernement musulman, à la fois religieux et politique, ne peut revêtir qu’un caractère féodal, donc primitif. Tous les gouvernements musulmans l’ont jusqu’ici prouvé.



Les Algériens se gouverneront eux-mêmes à la mode du Village, du douar, sans députés ni ministres qui s’engraissent à leurs dépens, car le peuple algérien libéré d’un joug ne voudra jamais s’en donner un autre, et son tempérament fédéraliste et libertaire en est le sûr garant. C’est dans la masse des travailleurs manuels que l’on trouve l’intelligence robuste et la noblesse d’esprit, alors que la horde des « intellectuels » est, dans son immense majorité, dénuée de tout sentiment généreux.

Quant aux staliniens, ils ne représentent pas de force, leurs membres se recrutent uniquement parmi les crétins ou déchet du peuple. Car l’indigène n’a guère d’enthousiasme pour se coller une étiquette, qu’elle soit mensongère ou superfasciste.

Pour les collaborateurs, policiers, magistrats, caids et autres négriers du fromage algérien, leur sort est réglé d’avance : la corde, qu’ils valent à peine.

Pour toutes ces raisons, mes compatriotes doivent-ils être considérés comme d’authentiques révolutionnaires frisant l’anarchie ? Non, car s’ils ont le tempérament indiscutablement fédéraliste et libertaire, l’éducation et la culture leur manquent, et notre propagande, qui est cependant indispensable à ces esprits rebelles, leur fait défaut

.

C’est ce pourquoi oeuvrent nos compagnons anarchistes de la fédération nord-africaine.

=*=*=

A lire sur Mohamed Saïl:

http://www.tamazgha.fr/Un-Kabyle-militant-anarchiste-des-annees-20-50,466.html

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Résistance politique: émergence d’un nouveau paradigme… « L’État communal » vénézuélien…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , on 18 septembre 2014 by Résistance 71

Cela a toujours représenté notre « critique » du chavisme: Ne pas avoir rendu le pouvoir au peuple et avoir fait disparaître l’état au profit des assemblées populaires et de l’autogestion. Nicolas Maduro n’est pas Chavez, mais il surprend positivement et agit en véritable héritier de la vision de Chavez. Il vient de faire les premiers pas vers un « état communal » ce qui verra, à terme, la disparition de l’État pour remettre les clefs de la nation au peuple autogéré et confédéré en communes libres, volontairement associées.

C’est beau ! C’est la voie à suivre et à adapter à chaque environnement politico-social.

Vive la révolution bolivarienne ! Que fleurissent les Communes !

— Résistance 71 —

 

La commune, coprésidente du Vénézuéla !

 

Thierry Deronne

 

17 Septembre 2014

 

url de l’article original:

 

http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/09/17/la-commune-copresidente-du-venezuela/

 

Ce conseil s’est réuni deux fois pour élaborer un cahier de propositions (4). “Ce ne sont ni des conseillers ni des experts qui les ont rédigées, a insisté Maduro, c’est l’intellectuel collectif, le peuple qui pense”. Cette instance de gouvernement populaire, dotée du rang présidentiel, comptera 120 délégués (à raison de 5 délégués communaux par état régional). Elle siègera tous les deux mois, renouvelée par une rotation annuelle de ses membres. Le président a demandé au ministre des télécommunications de mettre en place un système de vidéo-conférence pour que les délégué(e)s puissent organiser des réunions de travail en temps réel avec les 874 communes fondées à ce jour sur l’ensemble du territoire.

Lors de cet échange télévisé avec les délégués nationaux du mouvement communal, le délégué Jesús Marcano dela commune « Guarico Sur » de l’État agricole du même nom a rappelé au président la revendication principale : la concrétisation rapide du transfert du pouvoir aux communes.

Lui répondant en direct, Maduro a signé le transfert de compétences à travers la création d’entreprises communales de propriété sociale directe couvrant les secteurs de la santé, de l’éducation, du sport, de la culture, des programmes sociaux, de la construction et des travaux publics; et a approuvé d’autres revendications communardes comme la fusion des diverses banques créées jusqu’ici pour lutter contre la pauvreté (Banque de la Femme, Banque du Peuple ou Fonds de Développement des Micro-crédits) en une banque unique, plus ambitieuse : la Banque de Développement Social des Communes. Également approuvée par le président, la refonte du Fonds de financement des conseils communaux (Safonac) en fonds de financement des communes.

Le chef de l’État, qui s’est défini comme “président communal, récepteur des projets portés par les mouvements sociaux”, a demandé au ministre compétent de concrétiser un accord immédiat pour faciliter aux communes la vente et la distribution de leur production par les organismes de l’État et l’accès aux devises pour importer les matériels nécessaires à la réalisation de leurs projets. « Si les entreprises privées qui veulent importer des marchandises ont accès aux dollars de l’État, comment les communes- qui ne représentent pas des élites mais des millions de personnes -, ne jouiraient-elles pas du même droit ? » a expliqué Maduro, qui a aussi approuvé la proposition que des délégués communaux soient dorénavant présents au sein des instances régionales chargées de planifier les puissantes Grande Mission Logement Venezuela (5) et Quartier nouveau, quartier tricolore (6), ajoutant qu' »il faut renforcer le tissu urbain des communes« .

Ce conseil présidence-commune sera suivi le 23 septembre par l’installation du Conseil des mouvements de femmes, le 30 septembre par celui des mouvements de jeunesse, le 7 octobre par celui des organisations de travailleurs, le 12 octobre par celui des peuples indigènes, le 14 octobre par celui des coordinations de paysans et de pêcheurs et le 21 octobre par celui des travailleurs de la culture. Chaque conseil a pour tâche centrale la formulation de critiques et de propositions pour démonter les structures de l’État bourgeois.

Ce dialogue, rythmé par les exclamations émues des communard(e)s, était transmis par une chaîne publique depuis le cinéma Cipreses, une des salles tombées en ruines ou aux mains de sectes religieuses – ce qui a longtemps obligé le public à se replier sur les films diffusés dans les centres commerciaux. Remis à neuf comme une quinzaine d’autres salles de la capitale, il accueille aujourd’hui le premier festival international de cinéma de Caracas, au contenu essentiellement latino-américain et non-commercial. Le président y a par ailleurs annoncé la construction prochaine de 1500 nouvelles écoles intégrales, dont les espaces seront repensés en fonction du saut qualitatif défini par le pédagogue Prieto Figueroa : “notre école ne doit pas ressembler à la société actuelle mais à celle du futur”.

Nicolas Maduro a écouté l’acteur Pedro Lander dresser le bilan du mouvement de formation théâtrale César Rengifo, créé il y a un an pour permettre aux écolier(e)s de s’initier aux techniques d’écriture et d’interprétation dramatiques, et conçu sur le modèle de la formation musicale offerte par le système des orchestres symphoniques, devenu célèbre dans le monde entier, dont l’objectif est d’ouvrir les portes de l’apprentissage musical à un million de jeunes vénézuélien(ne)s de milieu populaire. Le président a annoncé la création de l’École nationale de Théâtre, qui permettra à la nouvelle génération de donner “un nouvel essor à notre dramaturgie”, invitant au passage les créateurs de l’Amérique Latine et d’ailleurs à appuyer cet effort mené sous l’égide de Rodolfo Santana, Ignacio Cabrujas, César Rengifo, Dario Fo et Bertold Brecht.

Thierry Deronne, Caracas, le 17 septembre 2014

Notes :

(1)  “Le président Chávez exige d’avancer vers une communication plus profonde et plus populaire « avec les travailleurs, depuis les usines », et critique l’incapacité du gouvernement à mettre en place l’état communal”, http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/10/21/le-president-chavez-exige-davancer-vers-une-communication-plus-profonde-et-plus-populaire-avec-les-travailleurs-depuis-les-usines/

(2)     “Le Venezuela accélère sa ¨transformation du pouvoir citoyen en gouvernement¨, http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/07/24/le-venezuela-accelere-sa-%c2%a8transformation-du-pouvoir-citoyen-en-gouvernement%c2%a8/

(3)     “Nicolas Maduro refonde l’État pour “donner plus de pouvoir au peuple”, http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/09/06/nicolas-maduro-refonde-letat-pour-donner-plus-de-pouvoir-au-peuple/

(4)     “Le Venezuela accélère sa ¨transformation du pouvoir citoyen en gouvernement¨, http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/07/24/le-venezuela-accelere-sa-%c2%a8transformation-du-pouvoir-citoyen-en-gouvernement%c2%a8/

(5)     “Le gouvernement Maduro accélère la révolution citoyenne du logement”, http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/06/14/le-gouvernement-maduro-accelere-la-revolution-citoyenne-du-logement/

(6)   “Dans mon quartier, la vie a changé”, http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/07/27/dans-notre-quartier-la-vie-a-change/

État et société: Un exemple de société non-étatique fonctionnelle… La confédération iroquoise !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 25 juin 2013 by Résistance 71

“Les premiers Américains, les Indiens, sont le groupe le plus brimé de notre nation. Sur virtuellement toute l’échelle de mesure possible, l’emploi, les revenus, l’éducation, la santé, les conditions de vie des peuples Indiens sont tout en bas de l’échelle. Cette condition est l’héritage de siècles d’injustices… Les Améridiens ont été opprimés et brutalisés, privés de leurs terres ancestrales et on leur a refusé l’opportunité de contrôler leur propre destinée.”

-President Richard M. Nixon (dans un discours au congrès des Etats-Unis le 8 Juillet 1970)-

 

La ceinture de traité wampum à deux rangées

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Juin 2013

 

Dans notre canoë nous avons toutes nos lois, notre culture et nos croyances et dans votre navire vous devez avoir toutes vos lois, votre culture et vos croyances; voyageons, navigons côte à côte à travers la vie en tant qu’égaux sans jamais forcer ou interférer avec les affaires de l’autre et aussi longtemps que le soleil brillera, que l’herbe poussera et que les rivières couleront, ceci sera immuable.

Les traités internationaux:

Très souvent nous entendons parler de Guswentah ou de Tekeni Teiohate, le plus souvent réferré comme étant le traité Wampum à deux rangées. Ce traité qui fut fait entre la nation hollandaise et les cinq nations de la confédération iroquoise a dû être le tout premier traité entre Onkwehonwe (nations autochtones) et une nation européenne, mais ce ne fut certainement pas le premier traité impliquant Onkwehonwe, en fait les nations natives ont été engagées dans le processus de la création de traités entre elles depuis des siècles.

La formation de Kaianerekowa (La Grande Loi de la Paix ou constitution de la confédération iroquoise) est un excellent exemple de ce qui est sûrement un des meilleurs et plus avancés traités de paix jamais négocié par des nations souveraines. Les accords atteints entre chacune des cinq nations iroquoises afin de mettre fin à toute possibilité de conflit qui les minait, tout en permettant à chaque nation de maintenir sa souveraineté et sa jurisdiction est quelque chose de jamais vu dans l’histoire de l’humanité. Les 12 premiers wampum de Kaianerekowa mettent à plat les procédures et les protocoles à suivre pour chaque nation afin de résoudre tous problèmes qui pourraient menacer une ou plusieurs des cinq nations. Ces 12 articles garantissent également la jurisdiction et la souveraineté de chaque nation individuelle de façon à ce que chaque nation ait un forum pour toujours faire valoir sa position.

Les gouvernements étrangers et leurs lois:

 L’Haudenosaunee (La confédération iroquoise) regardait toutes les Onkwehonwe (nations autochtones) qui ne vivaient pas sous l’ombrelle de Kaianerekowa (La constitution de la confédération iroquoise) comme des nations étrangères et s’y réferrait en tant que Tihotinakeraserateh (ou “ceux qui vivent dans des endroits différents”), ceci fut étendu à l’homme blanc lors de son apparition au début du XVIème siècle. Les nations indiennes qui ne suivaient pas Kaianerekowa étaient toujours reconnues comme des nations indépendantes et de la sorte, le Wampum 73, qui proclame que “des personnes différentes vivent dans des terres différentes et parlent des langues différentes” fut induite de façon à reconnaître et à respecter l’existence de ces autres nations. Le wampum 71 explique comment “émigrer dans des régions différentes et lointaines”, ce qui disait que si un individu ou des individus membres des cinq nations émigrai(en)t dans des régions différentes et éloignées des territoires des cinq nations, il est possible qu’on lui (leur) demande de revenir; s’il(s) refusai(en)t de le faire, alors le wampum 58 s’appliquerait, wampum qui établit que “quiconque se soumet aux lois d’une nation étrangère est aliéné et répudie de ce fait tous droits dans sa nation”. Ce principe de respect des lois des nations étrangères ainsi que celui du concept de citoyenneté existaient bien avant l’arrivée de l’homme blanc. Les Wampums 58, 71 et 73 n’étaient juste que trois lois adoptées dans la formation du traité du wampum à deux rangées.

De Nation à Nation:

Dans une tentative de rendre le traité du Wampum à deux rangées plus facile à comprendre pour les Européens et dans l’idée du respect entre les nations, notre peuple a utilisé les symboles du vaisseau de l’homme blanc et du canoë de notre peuple pour expliquer les diversités distinctes qui existaient entre les Européens et les Onkwehonwe, expliquant en cela que nous avions nos lois, notre culture et nos croyances dans notre canoë et que les Européens avaient les leurs de la même manière dans leur vaisseau et que ces deux embarcations navigaient côte à côte dans la vie de manière égale sans jamais forcer ou interférer l’une avec l’autre et que ceci demeurera immuable tant que le soleil brillera, que l’herbe poussera et les rivières couleront.

L’objectif majeur des traités wampums à deux rangées est de créer un dialogue de nation à nation, ce qui dans le processus développait le concept légal que seules des nations à part entière peuvent faire et honorer des traités.

 

Source:

http://www.ganienkeh.net/2row.html

 

A quoi ressemble une ceinture de traité Wampum à deux rangées:

http://basicsnews.ca/2013/03/introducing-the-two-row-wampum/two-row/

 

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Il y a une autre part très importante de l’histoire, le système de clan: Le faiseur de paix nous a amené le système de clans, où tous les loups et les ours et les tortues étaient de la même famille. Les ours des Mohawks étaient les frères des ours des Oneidas, des Onondaga, des Senecas et des Cayugas, il y avait un lien de famille non sanguin. C’est ce qui a vaincu l’hostilité à terme et a découragé les guerres, car vous devriez avoir à guerroyer contre vos frères et sœurs. Une fois tous les membres de mêmes clans frères et sœurs à travers les nations, il devint très difficule de faire la guerre l’un contre l’autre. Les gens oublient que cela est une des raisons, et non des moindres, du système de clan. Je pense que le système de clan casse le nationalisme, c’est le nationalisme qui cause les conflits, les Mohawks contre les Oneidas ou contre les Onondagas. Si nous nous asseyons tous dans nos clans et discutons des problèmes, nous nous éloignons du nationalisme qui nous divise. La paix serait parfaitement atteignable et le leadership se focaliserait sur d’autres choses. Il faut parler des problèmes au lieu de prendre position en tant que nation.”

~ Atsenhaienton, ancien porte-parole de la nation Mohawk à l’ONU ~

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Les clans et le territoire dans la confédération iroquoise

(extraits de la constitution de la confédération, plus vieille constitution de l’humanité remontant au XIIème siècle)

La constitution de la confédération des 5 nations iroquoises (6 nations depuis 1714 lorsque la nation Tuscaroa réintégra la confédération après l’avoir quitté) se compose de 117 articles sous formes de ceintures wampum en nacre de coquillage colorée.

Ci-dessous sont traduits en français les trois wampums (articles) de la constitution iroquoise concernant la relation entre les clans, les nations et la lignée matriarcale :

 

WAMPUM #42

TITRES DE CLANS

Parmi les cinq nations et leurs descendants il y aura les clans suivants:

ours, anguille, bécasse, castor, faucon, tortue, daim, héron et loup

Ces clans répartis dans leurs nations respectives, seront les seuls détenteurs et gardiens des territoires de la nation qui les héberge et ce comme droit de naissance.

WAMPUM #43

MEMBRES DU MEME CLAN AU SEIN DE NATIONS DIFFERENTES

Les personnes des cinq nations qui sont membres d’un certain  clan doivent reconnaître tous les membres du clan quelque soit la nation, comme des membres de leur famille. Les hommes et les femmes membres d’un même clan de ce fait, ne peuvent pas se marier entre eux.

WAMPUM #44

LA LIGNE DE DESCENDANCE DES PERSONNES SE FAIT PAR LA LIGNE DES FEMMES (MATRILIGNAGE)

La lignée de descendance des personnes membres des cinq nations iroquoises se fait par la lignée de la femme. Les femmes sont donc considérées comme les progénitrices de la Nation. Elles sont en possession et sont les gardiennes de la terre et du sol. Les hommes et les femmes doivent suivre le statut de leurs mères.