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Cirque géopolitique impérialiste au Moyen-Orient: l’EI est Al Qaïda et son chef « Al-Baghdadi » un personnage fictif… (Tony Cartalucci)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, France et colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 29 janvier 2015 by Résistance 71

Le groupe combattant des Etats-Unis et ses chefs fictifs

 

Tony Cartalucci

 

29 Janvier 2015

 

url de l’article original:

http://landdestroyer.blogspot.fr/2015/01/us-fightingterror-group-with-fictional.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En 2007, le quotidien du New York Times a révélé que le leader diabolisé de longue de “l’État Islamique” Abdoullah Rachid al-Baghdadi n’existait pas et que le création de son personnage fictif était une ruse pour détourner du rôle joué par les étrangers dans la création et la perpétuation “d’Al Qaïda en Irak”.

Dans un article intitulé, « Leader of Al Qaeda group in Iraq was fictional, U.S. military says, » le NYT rapporte que:

Le Brigadier General Kevin Bergner, le porte-parole en chef de l’armée américaine a dit que l’élusif al-Baghdadi était en fait un personnage fictif dont les déclarations enregistrées se faisaient au moyen de la voix d’un acteur d’âge mûr appelé Abou Adoullah al-Naima.

Le NYT révélait aussi quel était le but de cette opération de déception psychologique: “La ruse, a dit Bergner, fut mise au point par Abou Ayoub al-Masri, le chef égyptien d’Al Qaïda Mésopotamie, qui essayait alors de masquer le rôle prépondérant joué par les étrangers dans l’organisation des insurgés.

Le plan était d’inventer Al-Bagdhadi, un personnage dont le nom établit l’origine irakienne, de l’installer à la tête d’une organisation appelée l’état Islamique d’Irak et du Levant et ensuite arranger pour que Masri lui prête allégeance. Aîman al-Zaouahiri, l’adjoint d’Oussama Ben Laden, chercha à renforcer ce mensonge en faisant référence à Bagdhadi dans ses vidéos et déclarations sur internet.

L’admission de ceci par les leaders de l’armée américaine, rapportée par le NYT (NdT: La voix de la CIA ne l’oublions pas depuis les débuts de l’opération Mockingbird…), révèle que ce qui est nommé l’EIIL n’a jamais été qu’un appendice, qu’une succursale d’Al Qaïda, Al Qaïda elle-même directement armée, financée et soutenue par l’équipée des alliés US, l’Arabie Saoudite et le Qatar. Malgré les admissions à la fois du NYT et du Pentagone, la ruse a continué seulement sur un rythme exponentiel.

Les Etats-Unis ont intentionnellement développé et lâché Al Qaïda sur l’Irak et la Syrie

La présence actuelle d’Al Qaïda en Irak et en Syrie et son rôle prépondérant dans le combat contre les gouvernements pro-iraniens de Bagdhad et de Damas, est la manifestion courante d’une conspiration criminelle occidentale exposé dès 2007, révélée par le journaliste deux fois récipiendaires du prix Pulitzer, Seymour Hersh dans son article:  « The Redirection: Is the Administration’s new policy benefiting our enemies in the war on terrorism? » où il fut explicitement dit que:

“Pour affaiblir l’Iran qui est de confession chiite de manière prédominante, l’administration Bush avait décidé de fait, de reconfigurer ses priorités au Moyen-Orient. Au Liban, le gouvernement a coopéré avec l’Arabie Saoudite qui est sunnite, dans des opérations clandestines qui avaient pour but d’affaiblir le Hezbollah, l’organisation de résistance liée à l’Iran. Les Etats-Unis ont aussi pris part dans des opérations clandestines visant l’Iran et son alliée la Syrie. Un produit annexe de ces activités fut la création de groupes extrémistes sunnites qui épousent une vision militante de l’islam et sont hostiles aux Etats-Unis et encouragent Al Qaïda.”

Hersh documenta sur 9 pages dans son rapport, l’occident et ses partenaires régionaux créant et dévastant de manière intentionnelle la région au moyen d’un bain de sang sur des bases sectaires.

Tandis que le NYT tenta de faire passer le blâme sur ses “sponsors” du Pakistan en 2007, le journal lui-même, ainsi que bon nombre à travers le vaste monopole des médias occidentaux, ont depuis admis que les alliés les plus intimes des Etats-Unis au Moyen-Orient sont derrière Al Qaïda en Syrie et en Irak et non pas le “Pakistan”.

Le “Daily Beast” rapportait dans un article intitulé « America’s Allies Are Funding ISIS, » que:

L’EIIL menaçant maintenant Baghdad était financé depuis des années par de riches donneurs du Koweït, du Qatar et de l’Arabie Saoudite, trois alliés des Etats-Unis qui ont un double agenda dans la guerre contre le terrorisme (NdT: tout comme l’empire lui-même du reste…).

Le groupe extrémiste qui menace l’existence de l’état irakien a été construit et incité à grandir depuis des années avec l’aide de doneurs d’élite des alliés américains dans la région du Golfe Persique. Là, la menace de l’iran, d’Assad et de la guerre sectaire sunnite-chiite, trompent le but américain de stabilité et de modération dans la région.

Malheureusement pour les Dr pirouette du Daily Beast, le fait que cette “menace de l’Iran, Assad et la guerre sectaire sunnite-chiite” a déjà été révélée comme étant une entreprise conjointe non seulement des autocrates du Golfe, mais qu’elle était menée en fait par les Etats-Unis eux-mêmes, ce qui veut dire que l’expansion d’al Qaïda en Syrie et en Irak est la réalisation point par point de la conspiration révélée par Hersh en 2007.

La ruse Baghdadi pas seulement pour masquer l’implication “étrangère”, mais aussi pour masquer le rôle tenu par le couple Etats-Unis-Arabie Saoudite

Aujourd’hui, un autre “al-Baghdadi” mène soi-disant l’”État Islamique”. Son existence et son rôle de chef sont aussi non confirmés et la probabilité que la ruse Baghdadi d’Al Qaïda soit simplement répétée parmi une ignorance feinte et complice du Pentagone, ne fait que se confirmer. Non seulement le chef de l’”État Islamique” apparaît être complètement fabriqué et fictionnel, mais l’EIIL l’est également. Ce n’est en fait qu’un reétiquetage d’Al Qaïda soi-même, travaillant parfaitement bien avec d’autres fronts militants soutenus par l’occident et les roitelets du Golfe, incluant Al Nosra et ce avec pour but explicite de renverser le gouvernement syrien et d’utiliser la nation en ruine comme base de terrain pour conduire une guerre par procuration similaire en Iran.

Les Etats-Unis, bombardant une organisation terroriste fictive menée par un chef tout aussi fictif et non-existant, est au cœur même de la ruse décrite par le NYT en 2007, une ruse qui continue jusqu’à aujourd’hui. Le but n’est pas d’éliminer l’EIIL, mais d’utiliser le front fictif comme prétexte pour plus d’intervention au profit de vrais militants extrémistes formant le cœur même de la légion proxy conjointe Etats-Unis/OTAN/Arabie Saoudite avec pour but de renverser le gouvernement de Damas.

Les tentatives de faire le portrait de l’EIIL/EI comme étant un mouvement “indigène” né des déserts irakien et syrien n’est qu’un leurre pour détourner du fait qu’Al Qaïda est en fait hébergée par l’OTAN dans la Turquie toute proche et que la somme de ses soutiens, combattants, armes et argent vient de territoire de l’OTAN et non pas des “champs pétroliers syriens saisis” ou des populations locales.

La réalité devient plus vite apparente en considérant des rapports récents disant que le soi-disant territoire de l’EI a en fait doublé depuis le début des raids aériens américains et non pas diminué. Fox News rapporte dans son article, « ISIS control of Syria reportedly expands since start of US-led airstrikes, » que:

“L’EI a augmenté la taille de son territoire qu’il contrôle en Syrie alors que la campagne de bombardement emmenée par les Etats-Unis approche de son 4ème mois.”

Citant le gouvernement US et des évaluations indépendantes, le Wall Street Journal dit que l’EI, connu sous le nom d’EIIL, contrôle de larges bandes de territoire du nord-est de la Syrie et fait son chemin vers des villes dans l’ouest du pays, incluant Alep, un centre du soulèvement contre le président syrien Bachar Al-Assad.

A première vue, il semblerait que si la politique des Etats-Unis ait échoué, si son but était vraiment en fait de neutralier l’EI. Mais avec l’EIIL/EI comme entité fictive emmené par des leaders non-existant et le but sous-jacent étant de renverser le gouvernement syrien, la multiplication par deux de la taille du territoire tenu par Al Qaïda et l’approche par celle-ci de villes comme Alep en phase d’être libérée par l’armée syrienne, il est clair que la présence américaine en Syrie, sans mentionner son voisin irakien, est pour soutenir et non pas stopper les forces terroristes.

Reconnaître le rôle de l’occident en Syrie comme du terrorisme d’état génocidaire, déplorable et sans précédent et traiter les front terroristes opérant en Syrie et le long des frontières syriennes en tant qu’incursion étrangère, pourrait permettre à la Syrie et à ses alliés de révéler les opérations militaires s’y déroulant comme étant un effort massif contre-terroriste et non pas une “guerre civile” et permettrait plus de soutien au gouvernement de Damas pour assurer que ses efforts soient couronnés de succès.

EI = Armée mercenaire de l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord, elle même le bras armé de la City de Londres et de Wall Street…

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Créé, armé, entraîné et financé par l’occident et les roitelets du Golfe l’EIIL ou l’EI se purge de ses cadres maghrébens et libyens pour passer sous commandement géorgien, tchétchenne et ouïghour. Le chaos total est planifié s’étendre aux monarchies du Golfe, puis à la Russie et à la Chine. L’Iran vient de proposer son aide pour combattre l’EI aux états occidentaux impliqués, instigateurs de toute la terreur mondiale de ces trente dernières années, ceux-ci ont bien sûr refusé tant il est clair que si les Pasdarans iraniens et le Hezbollah libanais entraient dans la danse, l’affaire EI serait règlé une bonne fois pour toute en 15 jours…

Les soi-disantes attaques aériennes des « coalisés contre l’EI » en Irak ne sont qu’un écran de fumée, qui donne le signal de la transformation plus avant de l’organisation mercenaire islamiste de l’OTAN. A ce titre, il est possible de qualifier « l’opération EI » comme étant une opération Gladio 2.0

Question: Étant les prochaines sur la liste de la propagation du chaos créateur du Nouvel Ordre Mondial, comment vont réagir la Russie et la Chine ?

— Résistance 71 —

 

Qui compose « l’Émirat Islamique » ?

 

Thierry Meyssan

 

22 Septembre 2014

 

url de l’article :

http://www.voltairenet.org/article185337.html

 

Alors que l’opinion publique occidentale est abreuvée d’informations sur la constitution d’une prétendue coalition internationale pour lutter contre l’« Émirat islamique », celui-ci change discrètement de forme. Ses principaux officiers ne sont déjà plus des arabes, mais des Géorgiens et des Chinois. Pour Thierry Meyssan, cette mutation montre qu’à terme l’Otan entend utiliser l’« Émirat islamique » en Russie et en Chine. Dès lors, ces deux pays doivent intervenir maintenant contre les jihadistes, avant qu’ils ne retournent semer le chaos dans leur pays d’origine.

L’« Émirat islamique » a d’abord affiché son origine arabe. Cette organisation est issue d’« Al-Qaïda en Irak » qui combattait non pas les envahisseurs états-uniens, mais les chiites irakiens. Elle est devenue « Émirat islamique en Irak », puis « Émirat islamique en Irak et au Levant ». En octobre 2007, l’armée de terre US saisit à Sinjar près 606 fiches des membres étrangers de cette organisation. Elles furent dépouillées et étudiées par des experts de l’Académie militaire de West Point.

Pourtant, quelques jours après cette saisie, l’émir al-Baghdadi déclara que son organisation ne comprenait que 200 combattants et qu’ils étaient tous Irakiens. Ce mensonge est comparable à celui des autres organisations terroristes en Syrie qui déclarent ne compter qu’incidemment des étrangers, alors que l’Armée arabe syrienne estime à au moins 250 000 le nombre de jihadistes étrangers ayant combattu en Syrie au cours des trois dernières années. Au demeurant, le calife Ibrahim (nouveau nom de l’émir al-Baghdadi) prétend désormais que son organisation est composée largement d’étrangers, que le territoire syrien n’est plus pour les Syriens et le territoire irakien n’est plus pour les Irakiens, mais ils sont pour ses djihadistes.

Selon les fiches saisies à Sinjar, 41 % des terroristes étrangers membres de l’« Émirat islamique en Irak » étaient de nationalité saoudienne, 18,8 % étaient Libyens, et 8,2 % seulement étaient Syriens. Si l’on rapporte ces chiffres à la population de chacun des pays concernés, la population libyenne a fourni proportionnellement 2 fois plus de combattants que celle d’Arabie saoudite et 5 fois plus que celle de Syrie.

Concernant les jihadistes syriens, leur origine était dispersée dans le pays, mais 34, 3 % venaient de la ville de Deir ez-Zor qui, depuis le retrait de l’« Émirat islamique » de Raqqa, est devenue la capitale du Califat.

En Syrie, Deir ez-Zor a la particularité d’être peuplée majoritairement d’arabes sunnites organisés en tribus, et de minorités kurde et arménienne. Or, jusqu’à présent, les États-Unis n’ont été capables de détruire les États qu’en Afghanistan, en Irak, et en Libye, c’est-à-dire des pays où la population est organisée en tribus. Ils ont par contre échoué partout ailleurs. De ce point de vue, Deir ez-Zor en particulier et le Nord-Est de la Syrie en général peuvent donc être potentiellement conquis, mais pas le reste du pays, comme on le voit depuis trois ans.

Depuis deux semaines, une purge affecte les officiers maghrébins. Ainsi, les Tunisiens qui ont pris l’aéroport militaire de Raqqa, le 25 août, ont-ils été arrêtés pour désobéissance, jugés et exécutés par leurs supérieurs. L’« Émirat islamique » entend remettre à leur place ses combattants arabes et promouvoir des officiers tchétchènes aimablement fournis par les services secrets géorgiens.

Une autre catégorie de jihadiste fait son apparition : les Chinois. Depuis juin, les États-Unis et la Turquie ont transporté des centaines de combattants chinois et leurs familles au Nord-Est de la Syrie. Certains d’entre eux deviennent immédiatement des officiers. Ce sont principalement des Ouïghours, des Chinois de Chine populaire, mais musulmans sunnites et turcophones.

Dès lors, il est évident que, à terme, l’« Émirat islamique » étendra ses activités en Russie et en Chine, que ces deux pays sont ses cibles finales.

Nous allons certainement assister à une nouvelle opération de communication de l’Otan : son aviation repoussera les jihadistes hors d’Irak et les laissera s’installer à Deir ez-Zor. La CIA fournira de l’argent, des armes, des munitions et des renseignements aux « révolutionnaires syriens modérés » (sic) de l’ASL, qui changeront alors de casquette et les utiliseront sous le drapeau de l’« Émirat islamique », comme c’est le cas depuis mai 2013.

À l’époque, le sénateur John McCain était venu illégalement en Syrie rencontrer l’état-major de l’ASL. Selon la photographie diffusée alors pour attester de la rencontre, cet état-major comprenait un certain Abou Youssef, officiellement recherché par le département d’État US sous le nom d’Abou Du’a, en réalité l’actuel calife Ibrahim. Ainsi, le même homme était —à la fois et en même temps— un chef modéré au sein de l’ASL et un chef extrémiste au sein de l’« Émirat islamique ».

Muni de cette information, on appréciera à sa juste valeur le document présenté au Conseil de sécurité, le 14 juillet, par l’ambassadeur syrien Bachar al-Jaafari. Il s’agit d’une lettre du commandant-en-chef de l’ASL, Salim Idriss, datée du 17 janvier 2014. On y lit : « Je vous informe par la présente que les munitions envoyées par l’état-major aux dirigeants des conseils militaires révolutionnaires de la région Est doivent être distribuées, conformément à ce qui a été convenu, pour deux tiers aux chefs de guerre du Front el-Nosra, le tiers restant devant être réparti entre les militaires et les éléments révolutionnaires pour la lutte contre les bandes de l’ÉIIL. Nous vous remercions de nous envoyer les justificatifs de livraison de l’ensemble des munitions, en précisant les quantités et qualités, dûment signés par les dirigeants et chefs de guerre en personne, afin que nous puissions les transmettre aux partenaires turcs et français ». En d’autres termes, deux puissances de l’Otan (la Turquie et la France) ont acheminé des munitions pour deux tiers au Front Al-Nosra (classé comme membre d’Al-Qaïda par le Conseil de sécurité) et pour un tiers à ASL afin qu’il lutte contre l’« Émirat islamique », dont le chef est un de ses officiers supérieurs. En réalité, l’ASL a disparue sur le terrain et les munitions étaient donc destinées pour deux tiers à Al-Qaïda et pour un tiers à l’« Émirat islamique ».

Grâce à ce dispositif à double casquette, l’Otan pourra continuer à lancer ses hordes de jihadistes contre la Syrie tout en prétendant les combattre.

Cependant, lorsque l’Otan aura installé le chaos partout dans le monde arabe, y compris chez son allié saoudien, il retournera l’« Émirat islamique » contre les deux grandes puissances en développement, la Russie et la Chine. C’est pourquoi ces deux puissances devraient intervenir dès à présent et tuer dans l’œuf l’armée privée que l’Otan est en train de constituer et d’entraîner dans le monde arabe. Faute de quoi, Moscou et Pékin devront l’affronter bientôt sur leur propre sol.

Guerres impérialistes: L’EIIL/EI et son « calife » agents de l’occident et du Nouvel Ordre Mondial…

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Résumons-nous: Le sénateur américain John McCain, patron de l’IRI (International Republican Institute), une ONG directement dépendante de la NED (USAID)/CIA depuis 1993 est un agent du renseignement américain dont la “crédibilité” a été construite sur sa soi-disant “opposition” aux “démocrates” et à Obama. Depuis plus de 20 ans, il est devenu le “monsieur révolution colorée” organisée régulièrement par la CIA et la NED dans des pays cibles. McCain est le chargé de mission sur la partition du Moyen-Orient et l’organisation de l’armée mercenaire djihadiste. Al Qaïda, Al Nosra, l’EIIL ou l’EI sont la même chose, dépendent des mêmes financements et sont formés dans des camps gérés par la CIA et les forces spéciales occidentales en Libye, en Syrie, en Jordanie et en Turquie. Toute la saga des “printemps arabes” depuis 2011, jusqu’à cette nouvelle attaque sur l’Irak visant à sa partition n’est qu’une mascarade, ourdie de longue date pour générer le chaos du “choc des civilisations” factices qui, espèrent les oligarques, mènera à terme le monde au contrôle absolu par le Nouvel Ordre Mondial qu’ils dirigeront.

Le soi-disant “calife” Ibrahim de l’EIIL/EI est un agent géré par les services américains, qui sera éliminé en temps et en heure lorsqu’il aura rempli ses fonctions:

Ibrahim al-Badri, alias Abu Du’a, alias Abou Bakr Al-Baghdadi, alias Calife Ibrahim, mercenaire du prince Abdul Rahman al-Faiçal, subventionné par l’Arabie saoudite, le Qatar et les États-Unis. Il peut commettre toutes les horreurs que les Conventions de Genève interdisent à des États de faire.”

Le véritable danger est que les peuples occidentaux croient ce tissu de fadaises où seuls les morts d’innocents sont bien réelles. La priorité devient celle-ci: Retirons notre soutien aux politiciens tout aussi mercenaires que les djihadistes qu’ils emploient et reprenons le pouvoir pour le diluer dans les peuples, c’est à dire le remettre là où il n’aurait jamais dû sortir ! Tout le reste n’est que pisser dans un violon !

~ Résistance 71 ~

 

John McCain le chef d’orchestre du “printemps arabe” et le calife

 

Thierry Meyssan

 

18 Août 2014

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article185073.html

 

Chacun a remarqué la contradiction de ceux qui qualifiaient récemment l’Émirat islamique de « combattants de la liberté » en Syrie et s’indignent aujourd’hui de ses exactions en Irak. Mais si ce discours est incohérent en soi, il est parfaitement logique au plan stratégique : les mêmes individus devaient être présentés comme des alliés hier et doivent l’être comme des ennemis aujourd’hui, même s’ils sont toujours aux ordres de Washington. Thierry Meyssan révèle les dessous de la politique US à travers le cas particulier du sénateur John McCain, chef d’orchestre du « printemps arabe » et interlocuteur de longue date du Calife Ibrahim.

John McCain est connu comme le chef de file des républicains, candidat malheureux à la présidence états-unienne, en 2008. Ce n’est, nous le verrons, que la partie de sa biographie réelle, celle qui lui sert de couverture pour conduire des actions secrètes au nom de son gouvernement.

Lorsque j’étais en Libye durant l’attaque « occidentale », j’ai pu consulter un rapport des services de renseignement extérieur. On pouvait y lire que l’Otan a organisé, le 4 février 2011 au Caire, une réunion pour lancer le « printemps arabe » en Libye et en Syrie. Selon ce document, elle était présidée par John McCain. Le rapport détaillait la liste des participants libyens, dont la délégation était conduite par le numéro 2 du gouvernement de l’époque, Mahmoud Jibril, ayant brusquement changé de bord à l’entrée de cette réunion pour devenir le chef de l’opposition en exil. Je me souviens que, parmi les délégués français présents, le rapport citait Bernard-Henry Lévy, bien qu’officiellement celui-ci n’ait jamais exercé de fonction au sein du gouvernement français. Bien d’autres personnalités participaient à ce symposium, dont une forte délégation de Syriens vivant à l’étranger.

Au sortir de cette réunion, le mystérieux compte Facebook Syrian Revolution 2011 appela à manifester devant le Conseil du Peuple (Assemblée nationale) à Damas, le 11 février. Bien que ce compte prétendait à l’époque avoir plus de 40 000 followers, seule une douzaine de personnes répondirent à son appel devant les flashs des photographes et des centaines de policiers. La manifestation se dispersa pacifiquement et les heurts ne débutèrent que plus d’un mois plus tard à Deraa [1]

Le 16 février 2011, une manifestation qui se déroulait à Benghazi à la mémoire des membres du Groupe islamique combattant en Libye [2] massacrés en 1996 à la prison d’Abou Selim dégénéra en fusillade. Le lendemain, une seconde manifestation, cette fois à la mémoire des personnes mortes en attaquant le consulat du Danemark à l’occasion des caricatures de Mahomet, dégénérait également en fusillade. Au même moment, des membres du Groupe islamique combattant en Libye venus d’Égypte encadrés par des individus cagoulés et non-identifiés attaquaient simultanément quatre bases militaires dans quatre villes différentes. À l’issue de trois jours de combats et d’atrocités, les émeutiers lancèrent le soulèvement de la Cyrénaïque contre la Tripolitaine [3] ; une attaque terroriste que la presse occidentale présenta mensongèrement comme une « révolution démocratique » contre « le régime » de Mouamar el-Kadhafi.

Le 22 février, John McCain était au Liban. Il y rencontra des membres du Courant du Futur (le parti de Saad Hariri) qu’il chargea de superviser les transferts d’armes en Syrie autour du député Okab Sakr [4]. Puis, quittant Beyrouth, il inspecta la frontière syrienne et choisi les villages, notamment Ersal, qui devaient servir de base-arrière aux mercenaires lors de la guerre à venir.

Les réunions présidées par John McCain ont été clairement le moment de déclenchement d’un plan prévu de longue date par Washington ; plan qui prévoyait de faire attaquer la Libye et la Syrie simultanément par le Royaume-uni et la France, conformément à la doctrine du « leadership par l’arrière » et à l’annexe du Traité de Lancaster House de novembre 2010 [5]

Le voyage illégal en Syrie, de mai 2013

En mai 2013, le sénateur John McCain se rendait illégalement près d’Idleb en Syrie, via la Turquie, pour y rencontrer des leaders de l’« opposition armée ». Son voyage n’était rendu public qu’à son retour à Washington [6].

Ce déplacement avait été organisé par la Syrian Emergency Task Force qui, contrairement à son intitulé, est une organisation sioniste dirigée par un employé palestinien de l’AIPAC [7]

Sur les photographies diffusées alors, on remarquait la présence de Mohammad Nour, porte-parole de la Brigade Tempête du Nord (du Front Al-Nosra, c’est-à-dire d’Al-Qaïda en Syrie), qui avait enlevé et détenait 11 pèlerins chiites libanais à Azaz [8]. Interrogé sur sa proximité avec des preneurs d’otages membres d’Al-Qaïda, le sénateur affirma ne pas connaître Mohammad Nour qui se serait invité de sa propre initiative sur cette photo.

L’affaire fit grand bruit et les familles des pèlerins enlevés portèrent plainte devant la justice libanaise contre le sénateur McCain pour complicité d’enlèvement. En définitive, un accord intervint et les pèlerins furent libérés.

Supposons que le sénateur McCain ait dit la vérité et qu’il ait été abusé par Mohammad Nour. L’objet de son voyage illégal en Syrie était de rencontrer l’état-major de l’Armée syrienne libre. Selon lui, cette organisation était composée « exclusivement de Syriens » combattant pour « leur liberté » face à la « dictature alouite (sic). Les organisateurs du voyage ont publié cette photographie pour attester de la rencontre.

Si l’on peut y voir le brigadier-général Salem Idriss, chef de l’Armée syrienne libre, on peut aussi y voir Ibrahim al-Badri (au premier plan, sur la gauche) avec lequel le sénateur est en train de discuter. De retour de ce voyage surprise, John McCain, affirma que tous les responsables de l’Armée syrienne libre sont des « modérés auxquels on peut faire confiance » (sic).

Or, depuis le 4 octobre 2011, Ibrahim al-Badri, alias Abu Du’a, figurait en sur la liste des cinq terroristes les plus recherchés par les États-Unis (Rewards for Justice). Une prime pouvant aller jusqu’à 10 millions de dollars était offerte à qui aiderait à sa capture [9]. Le lendemain, 5 octobre 2011, Ibrahim al-Badri était porté sur la liste du Comité des sanctions de l’Onu comme membre d’Al-Qaïda [10]

En outre, un mois avant de recevoir le sénateur McCain, Ibrahim al-Badri, sous le nom de guerre d’Abou Bakr Al-Baghdadi, créa l’État islamique en Irak et au Levant (ÉIIL) —tout en appartenant toujours à l’état-major de la très « modérée » Armée syrienne libre—. Il revendiqua l’attaque des prisons de Taj et d’Abou Graïb en Irak, dont il fit évader entre 500 et 1 000 jihadistes qui rejoignirent son organisation. Cette attaque était coordonnée avec d’autres opérations presque simultanées dans huit autres pays. Chaque fois, les jihadistes évadés rejoignirent des organisations combattantes en Syrie. Cette affaire est tellement étrange qu’Interpol émit une note et requit l’assistance des 190 pays membres [11].

Pour ma part, j’ai toujours affirmé qu’il n’y avait sur le terrain aucune différence entre l’Armée syrienne libre, le Front Al-Nosra, l’Émirat islamique etc… Toutes ces organisations sont composées des mêmes individus qui changent en permanence de drapeau. Lorsqu’ils se revendiquent de l’Armée syrienne libre, ils arborent le drapeau de la colonisation française et ne parlent que de renverser le « chien Bachar ». Quand ils déclarent appartenir au Front Al-Nosra, ils portent le drapeau d’Al-Qaïda et déclarent étendre leur islam dans le monde. Enfin quand ils se disent de l’Émirat islamique, ils brandissent désormais le drapeau du Califat et annoncent qu’ils nettoieront la région de tous les infidèles. Mais quelle que soit leur étiquette, ils procèdent aux mêmes exactions : viols, tortures, décapitations, crucifixions.

Pourtant, ni le sénateur McCain, ni ses accompagnateurs de la Syrian Emergency Task Force n’ont fourni au département d’État les informations en leur possession sur Ibrahim al-Badri et n’ont demandé à toucher cette prime. Ils n’ont pas non plus informé le Comité anti-terroriste de l’Onu.

Dans aucun pays au monde, quel que soit son régime politique, on n’accepterait que le leader de l’opposition soit en contact direct, amical et public, avec un très dangereux terroriste que l’on recherche.

Qui est donc le sénateur McCain ?

Masi John McCain n’est pas simplement le leader de l’opposition politique au président Obama, il est aussi un de ses hauts-fonctionnaires !

Il est en effet président de l’International Republican Institute (IRI), la branche républicaine de la NED/CIA [12], depuis janvier 1993. Cette prétendue « ONG » a été officiellement créée par le président Ronald Reagan pour étendre certaines activités de la CIA, en relation avec les services secrets britanniques, canadiens et australiens. Contrairement à ses allégations, il s’agit bien d’une agence inter-gouvernementale. Son budget est voté par le Congrès dans une ligne budgétaire dépendante du secrétariat d’État.

C’est d’ailleurs parce que c’est une agence conjointe des services secrets anglo-saxons que plusieurs États dans le monde lui interdisent toute activité sur leur territoire.

La liste des interventions de John McCain pour le compte du département d’État est impressionnante. Il a participé à toutes les révolutions colorées des vingt dernières années.

Pour ne prendre que quelques exemples, toujours au nom de la « démocratie », il a préparé le coup d’État manqué contre le président constitutionnel Hugo Chávez au Venezuela [13], le renversement du président constitutionnel Jean-Bertrand Aristide en Haïti [14], la tentative de renversement du président constitutionnel Mwai Kibaki au Kenya [15] et, plus récemment, celui du président constitutionnel ukrainien, Viktor Ianoukovytch.

Dans n’importe quel État au monde, lorsqu’un citoyen prend une initiative pour renverser le régime d’un autre État, il peut être félicité s’il y parvient et que le nouveau régime se montre un allié, mais il sera sévèrement condamné si ses initiatives ont des conséquences néfastes pour son propre pays. Or, jamais le sénateur McCain n’a été inquiété pour ses agissements anti-démocratiques dans les États où il a échoué et qui se sont retournés contre Washington. Au Venezuela par exemple. C’est que pour les États-Unis, John McCain n’est pas un traître, mais un agent.

Et un agent qui dispose de la meilleure couverture imaginable : il est l’opposant officiel de Barack Obama. À ce titre, il peut voyager n’importe où dans le monde (il est le sénateur états-unien qui voyage le plus) et rencontrer qui il veut sans crainte. Si ses interlocuteurs approuvent la politique de Washington, il leur promet de la continuer, s’ils la combattent, il en charge la responsabilité sur le président Obama.

John McCain est connu pour avoir été prisonnier de guerre au Vietnam, durant 5 ans et y avoir été torturé. Il fut victime d’un programme visant non pas à arracher des renseignements, mais à inculquer un discours. Il s’agissait de transformer sa personnalité pour qu’il fasse des déclarations contre son propre pays. Ce programme, étudié à partir de l’exemple coréen pour la Rand Corporation par le professeur Albert D. Biderman, a servi de base aux recherches conduites à Guantánamo et ailleurs par le docteur Martin Seligman [16]. Appliqué sous George W. Bush à plus de 80 000 prisonniers, il a permis de transformer plusieurs d’entre eux pour en faire de vrais combattants au service de Washington. John McCain, qui avait craqué au Vietnam, le comprend donc parfaitement. il sait comment manipuler sans état d’âme les jihadistes.

Quelle est la stratégie états-unienne avec les jihadistes au Levant ?

En 1990, les États-Unis ont décidé de détruire leur ancien allié irakien. Après avoir laissé entendre au président Saddam Hussein qu’ils considéreraient l’attaque du Koweït comme une affaire intérieure irakienne, ils ont prétexté de cette attaque pour mobiliser une vaste coalition contre l’Irak. Cependant, du fait de l’opposition de l’URSS, ils ne renversèrent pas le régime, mais se contentèrent d’administrer la zone de non-survol.

En 2003, l’opposition de la France ne fut pas suffisante pour contrebalancer l’influence du Comité pour la libération de l’Irak. Les États-Unis attaquèrent à nouveau le pays et renversèrent cette fois le président Hussein. Bien sûr, John McCain était un des principaux responsables du Comité. Après avoir confié pendant un an à une société privée le soin de piller le pays [17], ils tentèrent de partitionner le pays en trois États distincts, mais durent y renoncer devant la résistance de la population. Ils tentèrent une nouvelle fois en 2007, autour de la résolution Biden-Brownback, mais là encore échouérent [18]. D’où la stratégie actuelle qui tente d’y parvenir au moyen d’un acteur non-étatique : l’Émirat islamique.

Dans ce document, publié en septembre 2013, l’ambassadeur du Qatar à Tripoli informe son ministère qu’un groupe de 1800 Africains a été formé au jihad en Libye. Il propose de les acheminer par trois groupes en Turquie pour qu’ils rejoignent l’Émirat islamique en Syrie. (voir le document sur l’article original)

L’opération a été préparée de longue date, avant même la rencontre de John McCain avec Ibrahim al-Badri. Ainsi, des correspondances internes du ministère qatari des Affaires étrangères, publiées par mes amis James et Joanne Moriarty [19] montrent que 5 000 jihadistes ont été formés aux frais du Qatar, dans la Libye de l’Otan en 2012, et que 2,5 millions de dollars ont été versés à la même époque au futur Calife.

En janvier 2014, le Congrès des États-Unis a tenu une séance secrète au cours de laquelle il a voté, en violation du droit international, le financement jusqu’à septembre 2014 du Front Al-Nosra (Al-Qaïda) et de l’Émirat islamique en Irak et au Levant [20]. Bien que l’on ignore avec précision ce qui a été vraiment convenu lors de cette séance révélée par l’agence britannique Reuters [21], et qu’aucun média états-unien n’a osé passer outre la censure, il est hautement probable que la loi comporte un volet sur l’armement et la formation des jihadistes.

Fière de ce financement états-unien, l’Arabie saoudite a revendiqué sur sa chaîne de télévision publique, Al-Arabiya, que l’Émirat islamique était placé sous l’autorité du prince Abdul Rahman al-Faiçal, frère du prince Saoud al-Faiçal (ministre des Affaires étrangères) et du prince Turki al-Faiçal (ambassadeur d’Arabie saoudite aux États-Unis et au Royaume-Uni) [22].

L’Émirat islamique représente une nouvelle étape dans le mercenariat. À la différence des groupes jihadistes qui se battirent en Afghanistan, en Bosnie-Herzégovine et en Tchétchénie autour d’Oussama Ben Laden, il ne forme pas une force supplétive, mais bien une armée en soi. À la différence des groupes précédents en Irak, en Libye et en Syrie, autour du prince Bandar Ben Sultan, ils disposent de services intégrés de communication sophistiqués qui appellent à le rejoindre, et d’administrateurs civils, formé dans de grandes écoles occidentales, capables de prendre en main instantanément l’administration d’un territoire.

Des armes ukrainiennes flambant neuves ont été achetées par l’Arabie saoudite et convoyées par les services secrets turcs qui les a remises à l’Émirat islamique. Les derniers détails ont été coordonnés avec la famille Barzani lors d’une réunion des groupes jihadistes à Aman, le 1er juin 2014 [23]. L’attaque conjointe de l’Irak par l’Émirat islamique et le Gouvernement régional du Kurdistan a débuté quatre jours plus tard. L’Émirat islamique s’est emparé de la partie sunnite du pays, tandis que le Gouvernement régional du Kurdistan agrandissait son territoire de plus de 40 %. Fuyant les atrocités des jihadistes, les minorités religieuses quittaient la zone sunnite, préparant ainsi la voie à la partition du pays en trois.

Violant l’accord de défense irako-US, le Pentagone n’intervenait pas et laissait l’Émirat islamique poursuivre sa conquête et ses massacres. Un mois plus tard, alors que les peshmergas du Gouvernement régional kurde s’étaient repliés sans livrer bataille, et lorsque l’émotion de l’opinion publique mondiale devint trop forte, le président Obama donna l’ordre de bombarder des positions de l’Émirat islamique. Cependant, selon le général William Mayville, directeur des opérations à l’état-major, « Ces bombardements sont peu susceptibles d’affecter les capacités globales de l’Émirat islamique ou ses activités dans d’autres régions de l’Irak ou de la Syrie » [24]. À l’évidence, ils ne visent pas à détruire l’armée jihadiste, mais uniquement à veiller à ce que chaque acteur ne déborde pas du territoire qui lui a été assigné. Au demeurant, pour le moment, ils sont purement symboliques et n’ont détruit qu’une poignée de véhicules. C’est en définitive l’intervention des kurdes du PKK turc et syrien qui a stoppé la progression de l’Émirat islamique et ouvert un corridor permettant aux populations civiles d’échapper au massacre.

De nombreuses intox circulent à propos de l’Émirat islamique et de son calife. Le quotidien Gulf Daily News a prétendu qu’Edward Snowden avait fait des révélations à son sujet [25]. Or, vérification faite, l’ancien espion états-unien n’a rien publié à ce sujet. Gulf Daily News est édité au Bahrein, un État occupé par les troupes saoudiennes. L’article vise uniquement à dédouaner l’Arabie saoudite et le prince Abdul Rahman al-Faiçal de leurs responsabilités.

L’Émirat islamique est comparable aux armées mercenaires du XVIe siècle européen. Celles-ci menaient des guerres de religion pour le compte des seigneurs qui les payaient, parfois dans un camp, parfois dans un autre. Le Calife Ibrahim est un condottière moderne. Bien qu’il soit aux ordres du prince Abdul Rahman (membre du clan des Sudeiris), il ne serait pas étonnant qu’il poursuive son épopée en Arabie saoudite (après un bref détour au Liban, voire au Koweït) et tranche ainsi la succession royale en favorisant le clan des Sudeiris contre le prince Mithab (fils et non pas frère du roi Abdallah).

John McCain et le Calife

Dans la dernière livraison de son magazine, l’Émirat islamique a consacré deux pages à dénoncer le sénateur John McCain comme « l’ennemi » et « le croisé », rappelant son soutien à l’invasion états-unienne de l’Irak. De peur que cette accusation reste inconnue aux États-Unis, le sénateur a immédiatement publié un communiqué qualifiant l’Émirat de « plus dangereux groupe terroriste islamiste dans le monde » [26].

Cette polémique n’est là que pour distraire la galerie. On aimerait y croire… s’il n’y avait cette photographie de mai 2013.

Ibrahim al-Badri, alias Abu Du’a, alias Abou Bakr Al-Baghdadi, alias Calife Ibrahim, mercenaire du prince Abdul Rahman al-Faiçal, subventionné par l’Arabie saoudite, le Qatar et les États-Unis. Il peut commettre toutes les horreurs que les Conventions de Genève interdisent à des États de faire.

 

[1] Nous avons relayé les rapports de presse assurant que la manifestation de Deraa était une protestation après l’arrestation et la torture de lycéens ayant tagué des slogans hostiles à la République. Or, de nombreux collègues ont tenté d’établir l’identité de ces lycéens et de rencontrer leurs familles. Aucun n’y est parvenu, les seuls témoins qui se sont exprimés l’ont fait pour la presse britannique, mais de manière anonyme, donc invérifiable. Nous sommes aujourd’hui convaincus que cet événement n’a jamais existé. L’étude des documents syriens de l’époque montre que la manifestation portait en réalité sur une hausse des salaires des fonctionnaires et sur les retraites. Elle a obtenu satisfaction de la part du gouvernement. À ce moment là, aucun journal n’a parlé de ces lycéens, cette histoire n’étant inventée par Al-Jazeera que deux semaines plus tard.

[2] Les membres du Groupe islamique combattant en Libye, c’est-à-dire d’Al-Qaïda en Libye, avaient tenté d’assassiner Mouamar el-Kadhafi pour le compte du MI6 britannique. L’affaire fut révélée par un officier du contre-espionnage britannique, David Shyler. Cf « David Shayler : « J’ai quitté les services secrets britanniques lorsque le MI6 a décidé de financer des associés d’Oussama Ben Laden » », Réseau Voltaire, 18 novembre 2005.

[3] Rapport de la Mission d’enquête sur la crise actuelle en Libye, juin 2011.

[4] « Un député libanais dirige le trafic d’armes vers la Syrie », Réseau Voltaire, 5 décembre 2012.

[5] Sur ce plan, on se reportera à ma série de six émissions 10 ans de Résistance, sur la guerre des États-Unis contre la Syrie.

[6] « John McCain entre illégalement en Syrie », Réseau Voltaire, 30 mai 2013.

[7] « La Syrian Emergency Task Force, faux-nez sioniste », Réseau Voltaire, 7 juin 2013.

[8] « John McCain a rencontré des kidnappers en Syrie », Réseau Voltaire, 1er juin 2013.

[9] “Wanted for Terrorism”, Rewards for Justice Program, Department of State.

[10] Le Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1267 (1999) le 15 octobre 1999 est également connu sous le nom de « Comité des sanctions contre Al-Qaida ». Fiche d’inscription d’Ibrahim al-Badri (cette fois avec le nom de guerre d’al-Samarrai).

[11] « Évasions simultanées de jihadistes dans 9 pays », Réseau Voltaire, 6 août 2013.

[12] « La NED, vitrine légale de la CIA », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie), Réseau Voltaire, 6 octobre 2010.

[13] « Opération manquée au Venezuela », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 mai 2002.

[14] « La CIA déstabilise Haïti », « Coup d’État en Haïti », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 janvier et 1er mars 2004.

[15] « L’expérience politique africaine de Barack Obama », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 9 mars 2013.

[16] « Le secret de Guantánamo », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie), Réseau Voltaire, 28 octobre 2009.

[17] « Qui gouverne l’Irak ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 mai 2004.

[18] « La balkanisation de l’Irak », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie), Réseau Voltaire, 17 juin 2014.

[19] « Official Document Qatar Embassy Tripoli Confirms Sending 1800 Islamic Extremists Trained in Libya to Fight in Syria », Libyan War The Truth, 20 septembre 2013.

[20] « Les États-Unis, premiers financiers mondiaux du terrorisme », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 3 février 2014.

[21] “Congress secretly approves U.S. weapons flow to ’moderate’ Syrian rebels”, par Mark Hosenball, Reuters, 27 janvier 2014.

[22] « L’ÉIIL est commandé par le prince Abdul Rahman », Réseau Voltaire, 3 février 2014.

[23] « Révélations du PKK sur l’attaque de l’ÉIIL et la création du « Kurdistan » », Réseau Voltaire, 8 juillet 2014.

[24] “U.S. Air Strikes Are Having a Limited Effect on ISIL”, par Ben Watson, Defense One, 11 août 2014.

[25] « Baghdadi ’Mossad trained’ », Gulf Daily News, 15 juillet 2014.

[26] “Statement by senator John McCain on being targeted by terrorist group ISIL as « the ennemy » and « the crusader »”, Cabinet de John McCain, 28 juillet 2014.