Archive pour Marinaleda commune autogestionnaire andalouse

¡Tierra y Libertad! Terre et Liberté… C’est possible, un village andalou le prouve depuis 1979…

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A voir la vidéo reportage d’une chaîne wallonne à Marinalda, commune autogérée andalouse, nous mettons la vidéo en section commentaires.

Marinaleda est une expérience communiste au sens de « commune libre », alors bien sûr, la commune dépend toujours du système espagnol (sur le papier du moins, voyez en pratique dans le reportage…), rend certains comptes aux gouvernements andalous et central, mais que cette expérience s’étende aux communes voisines et qu’une confédération voit le jour, les communes libres fédérées n’auraient très vite plus de comptes à rendre qu’à elles-mêmes.

Comme le dit le maire sans pouvoir de Marinaleda Sanchez Gordillo (élu plus jeune maire d’Espagne en 1979 à l’âge de 27 ans…): « Qu’on ne vienne pas me dire que cette expérience n’est pas transférable, chaque ville ou village en est capable s’ils s’organisent. »

~ Résistance 71 ~

 

L’histoire de Marinaleda, village communiste contre le monde

 

5 avril 2015

 

Source:
http://www.critical-theory.com/story-marinaleda-communist-village-world/ (extraits)

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Vidéo:
http://www.youtube.com/watch?v=S5Wqtzjyvs8

 

Article connexe:
https://resistance71.wordpress.com/2013/05/29/resistance-politique-le-contre-pouvoir-autogestionnaire-existe-se-porte-bien-et-ne-demande-qua-se-propager-lexemple-de-marinaleda-en-andalousie/

 

En Andalousie, 2% des familles possédaient 50% des terres. La logique du maire de Marinaleda Sanchez Gordillo pour avoir ciblé les terres du duc local est celle-ci: “Il était celui qui en avait le plus.”

Les villageois marchaient 15km par jour pour occuper les terres du duc. Ils en étaient évincés routinièrement tous les jours par la police vers 18 ou 19 heures. Alors ils partaient paisiblement, pour y revenir le jour d’après. En 1985, les gens de Marinaleda firent ceci tous les jours pendant un mois complet, durant les plus grosses chaleurs de l’été et ils ne prenaient que le dimanche de repos. En tout, la terre du Duc fut occupée plus de 100 fois.

En 1991, les gens de Marinaleda gagnèrent. Le gouvernement andalous compensa le duc pour ses terre d’une somme non dévoilée et donna ces terres aux citoyens de Marinaleda. Ils cultivèrent les terres du duc, qui auparavant étaient semées de cultures ne demandant pour ainsi dire pas de main d’œuvre comme par exemple le tournesol, mais les villageois y plantèrent des cultures très demandantes en maintenance humaine comme les oliviers. La logique était très simple: plus il y avait besoin de travail et au plus de travail serait créé. Ainsi, une fois les oliviers adultes et productifs, ce qui demandait déjà beaucoup de main d’œuvre, alors il fallait faire l’huile. Ceci demande une raffinerie et toujours plus d’ouvriers. Pas de bénéfices car “tout surplus était réinvesti pour créer plus d’emploi”.

La grande ferme locale connue sous le nom d’El Humoso, vend ses produits internationalement. Des marques commercialement équitable et “socialement responsables” ont souvent mauvaise presse par leurs critiques. Mais la ferme el Humoso est un contre-point aux Starbucks et autres entreprises de même accabi: “Sachez que lorsque vous consommez n’importe quel produit de notre coopérative, vous aidez directement à créer de l’emploi et de le justice sociales”, dit toujours le maire Gordillo.

La logique est admirable: “Marinaleda existe dans un monde capitaliste, mais pour Sanchez Gordillo et ses administrés, prouver que nous pouvons fonctionner pour des raisons tout autres que l’argent, çà, c’est un acte de subversion au capitalisme lui-même.”

Et pour un homme “de pouvoir”, Gordillo, qui se dit communiste “mais n’ayant jamais apartenu au parti de la faucille et du marteau”, a ses méthodes anti-autoritaires. Marinaleda n’a pas de police. Les villageois n’ont pas aboli la police, simplement il y avait un gendarme dans le village et quand l’âge de la retraite vint pour celui-ci, ils ne demandèrent pas à le remplacer. Il n’y a pas de voleur à Marinaleda…

Aujourd’hui dans une Espagne au taux de chômage de 22 à 23%, Marinaleda a un taux de chômage d’à peine 5%. La commune compte environ 3000 habitants et fonctionne de manière autogérée depuis la fin de franquisme. Marinaleda se situe à 80km de Séville.

 

Résistance politique: Le contre-pouvoir autogestionnaire existe, se porte bien et ne demande qu’à se propager… L’exemple de Marinaleda en Andalousie

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société libertaire, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , on 29 mai 2013 by Résistance 71

Depuis plus de 30 ans, Marinaleda est un phare de l’autogestion en Europe. La commune constitue l’exemple parfait d’un compromis entre une démocratie directe autogestionnaire de tendance anarcho-communiste tout en maintenant en l’ayant considérablement amélioré, les tenants illusoires de la « démocratie représentative ». Ceci n’aura plus raison d’être plus tard, mais se doit sans doute d’exister pour être « reconnu » du système « social-démocrate libéral » obsolète.

En effet, si le portrait du Che pend au mur de la mairie de Marinaleda, il convient aussi de rappeler que l’anarchisme et les anarchistes eurent une grande part dans la révolution cubaine et que l’anarchiste Cienfuegos était chef d’état-major des rebelles cubains et que Castro mît un moment à déclarer la révolution « marxiste » comme le souligne cet article que nous avions publié…

Il est grand temps que des Marinaleda fleurissent partout. Le contre-pouvoir autogestionnaire est la solution à la crise systèmique, car il est évident  pour tous maintenant qu’il n’y a pas de solution au sein du système. Il faut en sortir et créer, ensemble, unis, au-delà des divisions factices entretenues par l’oligarchie à seuls fin de faire perdurer ce système capitaliste escroc et criminel.

Marinaleda sur Résistance 71

— Résistance 71 —

 

Acharnement politique et judiciaire contre Sanchez Gordillo et Marinaleda

La terre est aux chevaux et aux ânes qui y paissent…

 

Jean Ortiz

 

28 Mai 2013

 

url de l’article original:

http://www.legrandsoir.info/acharnement-politique-et-judiciaire-contre-sanchez-gordillo-et-marinaleda.html

 

Le secrétaire du Syndicat andalou des travailleurs et député (« Gauche Unie ») au parlement andalou est traîné une nouvelle fois devant les tribunaux espagnols, pour avoir, le 24 juillet 2012 et durant l’été 2012, occupé, avec 500 ouvriers agricoles, une grande propriété improductive appartenant à l’armée (« Las Turquillas », 1200 hectares). L’armée y élevait , blague à part, quelques ânes, en attendant d’acheter des drônes…

En Andalousie la terre appartient à ceux qui ne la travaillent pas, qui la possèdent par héritage familial ou vol (après la Guerre d’Espagne, les « vainqueurs » s’approprièrent de nombreux biens de familles « rouges »). L’oligarchie néo-franquiste possède des « cortijos » (propriétés) à perte de vue, pendant que des milliers d’ouvriers agricoles attendent sur la place du village que « el amo » (le maître) vienne les embaucher quelques jours à l’année.

Le syndicat andalou SAT pratique donc la « désobéissance » face à un ordre injuste, et des actions « illégales », mais ô combien légitimes, pour obtenir une authentique réforme agraire. Il occupe les terres oisives… pendant que l’armée espagnole occupe des pays lointains. Pour avoir campé pacifiquement sur un bien du ministère de la Défense , le SAT et Juan Manuel Sanchez Gordillo, son secrétaire général, ainsi que 52 militants , sont accusés « d’usurpation », de « désobéissance, de vol et autres « dégâts », par le Tribunal de Justice d’Andalousie. Le Tribunal évalue les « dégâts » à 794,14 euros… Colossal !! Le millième d’une chasse royale à l’éléphant. Et quel peut être « le prix » des près de 37% de chômeurs andalous ? Le prix des malversations dont se sont rendus coupables le gendre du roi et son infante d’épouse, un temps mise en examen, puis relaxée sur intervention royale dit-on ?

Selon le magistrat instructeur, les manifestants brisèrent une chaîne (quel beau symbole !) pour pénétrer sur cette riche terre où paissent, sur 1200 hectares, quelques ânes et chevaux… Les occupants voulaient y travailler, la faire prospérer… Insupportable « délit d’usurpation » et d’atteinte à la tranquillité des bourrins, leur signifia la garde civile, qui pacifia si bien l’Espagne après la guerre. Les gueux eurent même le culot de mettre un panneau proclamant « Egalité et Terre ». Le magistrat en est atterré. La garde civile filma le crime qui sera présenté à la prochaine mostra de Carabanchel (ex-prison franquiste madrilène). Les vandales, se croyant tout permis, installèrent un campement sauvage pour dormir sur place et travailler la terre occupée. Ils utilisèrent même des abreuvoirs comme douches et s’emparèrent d’outils de labour abandonnés par les militaires.

Le 26 juillet, ils firent flamber 18 fagots de paille avec risque d’incendie, sans doute pour fêter l’assaut de la caserne Moncada par Fidel Castro.

Le 7 août, le « tribunal d’instruction numéro un de Osuna » ordonna l’expulsion des intrus, qui refusèrent d’obtempérer pendant 48 heures.

Le capitaine de « l’Institut armé » qui se rendit sur le front, déclara , désarmé, « avoir eu un peu peur » en rencontrant les leaders des rebelles. A Bagdad, il aurait fait dans son froc…

Incorrigibles, le premier mai 2013, les sans terre andalous ont occupé à nouveau le terrain et refusent aujourd’hui de répondre aux questions de la justice ; ils ne se sont même pas rendus à sa convocation. Ne pas se rendre : un impardonnable délit ; un acte de courage qui mérite toute notre solidarité. Les insoumis risquent de lourdes peines… Marinaleda, une utopie concrète.

Jean Ortiz

Disponible : « Marinaleda, l’ardente impatience », vidéo-documentaire de Dominique Gautier et Jean Ortiz).

Vidéo “Marinaleda l’ardente impatience”:

http://www.youtube.com/watch?v=WEV5-KJv4LQ

durée: 11 min 35