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Mai 2000-mai 2020 : 20 ans de fin d’occupation du sud-Liban par Israël (Al Manar)

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Hassan Nasrallah : “Israël ne pourra pas perdurer, plier bagages et partir est l’un des scénarios réalistes”

 

Al Manar & Al Ahed

 

27 mai 2020

 

url de l’article original: https://french.almanar.com.lb/1765304

 

Le secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, a réitéré sa confiance envers la résistance et son environnement, assurant que « l’esprit qui a vaincu l’ennemi israélien est toujours vif, malgré toutes les tentatives de dissocier la Résistance de son environnement».

« En dépit de tous les exploits militaires, le côté spirituel restera le facteur essentiel dans cette résistance qu’il faut préserver », a affirmé Sayed Nasrallah, lors d’une interview accordée, dans la soirée de mardi 26 mai, à la radio Al-Nour et retransmise par la chaîne Al-Manar, à l’occasion du 20ème anniversaire de la fête de la Résistance et de la Libération du Sud Liban de l’occupation.

L’expérience de la défaite au sud Liban

Sayed Nasrallah a rappelé que « c’est le ministre israélien de la guerre, Benny Gantz, qui a fermé la porte frontalière le 24 mai 2000, lors de lors débâcle du sud Liban. Les principaux dirigeants actuels de l’entité sioniste ont vécu l’expérience (de la défaite) au sud Liban ».

La toile d’araignée

L’expression « Israël est plus faible que la toile d’araignée »- que j’avais lancée pour décrire la défaite de leur armée- s’est ancrée dans l’inconscient des dirigeants de l’entité sioniste. Ils ont tout fait lors de la guerre (israélienne contre le Liban) en 2006 pour entrer dans la ville de Bint Jbeil (sud), d’où j’ai lancé cette expression, pour prouver le contraire mais ils n’ont pas réussi.

Les Israéliens parlent d’une résistance largement différente que celle du passé. Celle-ci possède une force de dissuasion qui provient d’un long et sérieux travail. Depuis toujours, le Liban était envahi par l’ennemi, mais aujourd’hui, cet ennemi est conscient du développement de la force de la résistance.

Clairvoyance de la Résistance

La résistance avait une clairvoyance depuis sa genèse. Sayed Abbas et cheikh Ragheb avaient la vision claire et étaient certains de la victoire définitive sur l’ennemi. L’ancien Premier ministre israélien, Ehud Barak, a avoué que l’objectif de faire du Liban un pays allié d’«Israël» a échoué. Selon lui, le projet d’Ariel Sharon consistait à aider la famille Gemayel de prendre les rênes du pouvoir au Liban, de faire de la Jordanie un pays alternatif aux réfugiés palestiniens et de mettre la main sur la totalité de la Palestine.

Il faut toujours souligner le grand rôle de toutes les factions et mouvements de résistance qui ont avorté le projet sioniste.

Bombardement des colonies

L’ennemi qui avait tant protégé la ceinture de sécurité (villages frontalières occupées) dans le but d’épargner son territoire, a été surpris de voir la résistance procéder à des tirs de Katioucha contre les colonies frontalières. Cette politique a fait beaucoup de mal.

Alors, la résistance a instauré une nouvelle équation selon laquelle le bombardement des colonies sera le résultat du bombardement sioniste du Sud Liban.

La Résistance a épargné au Liban une guerre civile

Nous avons donc avorté l’objectif de garder la ceinture de sécurité. Ainsi, l’ennemi a dû se retirer de ce territoire qui n’a pas pu le protéger et son objectif a échoué.

Evidemment, l’ennemi a projeté de se retirer de la ceinture de sécurité et de mettre en face de la résistance l’armée collaboratrice de Lahd. Et dans ce cas, l’ennemi allait provoquer une guerre civile au Liban.

Heureusement, les frappes de la résistance contre les positions des collaborateurs de Lahd étaient douloureuses. Ce qui a accéléré leur retrait du Liban. La résistance a épargné au Liban une guerre civile planifiée par l’ennemi.

Lorsque les résistants et la population sont entrés dans les territoires libérés au Sud Liban, tout le monde a constaté qu’aucune gifle n’a été enregistrée, et que les collaborateurs avaient la pleine liberté de se remettre aux autorités libanaises ou encore de fuir vers les territoires palestiniens occupés.

‘Israël’ ne pourra pas perdurer

Nous sommes convaincus que cette Entité factice, raciste et intruse dans notre région sera vaincue et chassée. Les peuples de la région ont la foi et la confiance que l’ennemi israélien ne pourra pas perdurer.

Les USA vont droit vers la catastrophe et l’ennemi qui compte sur un facteur extérieur connaitra le même sort que les USA.

Nous voyons clairement qu’il n’existe aucun espoir pour la survie d’«Israël». Voir les Israéliens plier bagage et partir est l’un des scénarios réalistes. Il s’agit d’une question de temps.

Équilibre de force entre la résistance et l’ennemi

Lorsque les USA trouvent qu’«Israël» ne peut plus assurer sa protection, lorsque les USA réalisent que les pays alliés ne sont plus en mesure de protéger leurs intérêts, ils dépêchent alors leurs navires et arsenaux militaires pour soutenir ces derniers. Il s’agit là, d’un facteur positif qui démontre la montée en puissance de l’axe de la résistance.

En Palestine, on misait sur les négociations avec l’ennemi. Aujourd’hui, les Palestiniens ne croient plus en ce processus, et ceci représente un changement stratégique pour le peuple palestinien.

Les changements en cours ans la région montrent que nous possédons des points de force en notre intérêt. Il existe un équilibre de force entre la résistance et l’ennemi. Les deux parties ont le pouvoir d’initiative.

Force de dissuasion

L’ennemi a adopté la politique de ‘la bataille entre les guerres’ dans tous les pays comme le Liban, la Palestine et la Syrie. Au Liban, cette option n’a mené nulle part et s’est avérée vaine.

Nous avons riposté à l’attaque sioniste à Janta dans l’Anti-Liban en bombardant dans le Golan occupé. Nous avons montré à l’ennemi que toutes les zones frontalières sont dans la ligne de mire de la résistance. Pour cette raison, on n’assiste plus à des bombardements israéliens. Cette politique fait partie des règles d’engagements, instaurés depuis 2006.

Quand l’ennemi a envoyé des drones dans la Banlieue, il a voulu faire une opération sécuritaire sans aucune empreinte. Mais il a échoué.

Autre exemple de la force de dissuasion, quand les Israéliens ont annoncé la découverte des tunnels du Hezbollah à la frontière, l’ennemi a veillé à transférer des messages rassurants au gouvernement libanais, via des médiateurs, comme quoi il ne mènera aucune frappe et qu’il se contentera de les découvrir.

L’objectif de l’intervention israélienne en Syrie

En Syrie, l’ennemi misait sur la défaite du régime au début et du retrait du Hezbollah et de l’Iran. Quand il a réalisé que ses calculs étaient faux, il a adopté la bataille entre les guerres, et ceci montre que la Syrie a gagné, et que l’ennemi ne peut plus compter sur les groupes terroristes et certaines factions de l’opposition syrienne qu’il soutenait.

Un dirigeant sioniste avoue que cette décision a été prise puisque l’axe de la résistance a multiplié les victoires sur le champ de bataille.

L’ennemi est dans une situation de faiblesse extrême. Il a vu que la Syrie devient plus forte, et que les groupes terroristes ne sont plus en mesure de la détruire, il a alors passé à l’acte : il a commencé à mener des frappes, mais là aussi sous des contraintes bien claires.

Concernant la dernière frappe israélienne à la frontière syrienne, l’ennemi pouvait tuer les combattants du Hezbollah mais il ne l’a pas fait, parce que l’équation est claire: si vous tuez nos combattants, nous riposterons fermement. Donc, l’ennemi est dissuadé et respecte les règles d’engagement. A ce jour, l’ennemi mène des frappes bien calculées.

L’ennemi a échoué dans sa tentative de mener une opération sécuritaire dans la Banlieue Sud et il a suspendu cette politique. La résistance peut à n’importe quel moment prendre la décision de riposter au survol des drones en abattants quelques-uns.

Force de dissuasion en Syrie ?

La question qui se pose est la suivante : pourquoi on n’instaure pas une équation d’équilibre de force et de dissuasion en Syrie ? Ceci dépend de la volonté de la direction syrienne.

La bataille bat son plein contre les groupes terroristes, et les Israéliens interviennent dans le but d’entrainer la Syrie dans une guerre régionale.

Donc, ceci ne s’inscrit pas dans l’intérêt de la Syrie au moment où elle lutte contre les groupes terroristes.

Sachant que les frappes israéliennes ne réalisent pas grand-chose. Elles n’ont pas stoppé l’acheminement des armes à la résistance, mais l’ennemi doit savoir que notre patience et celle des dirigeants syriens a des limites. Mais, l’ennemi pourra commettre une bêtise qui poussera le Syrien à perdre sa patience et mènera à une guerre régionale.

Les armes de précision

Depuis des mois, les Américains n’ont pas évoqué la question des armes de haute précision du Hezbollah avec les dirigeants libanais. Ils sont occupés par le coronavirus, et au Liban nous sommes occupés par notre crise économique.

En effet, la résistance doit œuvrer pour transformer toutes ses armes en armes de haute précision.

Mission de la Finul

En raison des pressions israéliennes, les Américains font pression sur l’ONU pour modifier la mission de la FINUL comme par exemple donner le feu vert à ces forces multinationales de mener des perquisitions dans des propriétés privées. Sachez que le maintien ou le retrait des forces de la FINUL est une demande israélienne. Les USA ont tort de croire que c’est une carte de pression sur le Liban. Donc, nous ne sentons aucune pression quand on menace de diminuer le nombre d’effectifs, mais le fait de modifier la mission de la FINUL nous pousse à prendre des mesures similaires.

Le Hezbollah n’est pas contre la force onusienne, mais un changement dans sa mission violerait la souveraineté libanaise. Israël ne pourra pas imposer de conditions au Liban, même sous un masque américain.

Lutte contre la corruption sans tomber dans le piège

Certaines parties considèrent que le Hezbollah a la phobie de la guerre fratricide. L’imam Moussa Sadr disait que les armes servent à lutter et à repousser l’ennemi, mais on ne peut les utiliser pour changer la donne sur la scène interne.

Le problème au Liban est que personne ne peut isoler ni exclure qui que ce soit.

Si les Libanais sont unanimes à donner au Hezbollah l’opportunité de gouverner le pays, nous refuserons. Nous ne voulons pas nous accaparer du pouvoir. Le Liban doit être gouverné par toutes les parties. C’est vrai que ceci peut entraver le processus de direction, mais les outils du changement du pays doivent prendre en compte les calculs internes.

Il faut être réaliste, nous ne voulons pas entendre les propos sur le partage du pays selon le projet du fédéralisme.

Notre plafond est clair : ne pas aller à la guerre civile, ne pas diviser le pays confessionnellement, ne pas fournir l’occasion à l’ennemi pour diviser et détruire le Liban.

L’ennemi organise des colloques pour étudier comment vaincre le Hezbollah. Il conclut que le seul moyen disponible est d’entrainer le Hezbollah dans une guerre civile et dans un conflit armé interne. C’est ce que nous refusons tout le temps. L’ennemi cherche alors à inciter la population à rejeter le Hezbollah.

C’est vrai qu’il existe encore un environnement qui couve la résistance mais l’ennemi projette d’infiltrer notre public par la porte économique.

Sachez que nous sommes les premiers au monde à subir les menaces et nous figurons en tête de la liste des parties visées. Que faire alors ? Aller droit vers le piège tendu par l’ennemi ? Nous avons donc un plafond à respecter : nous avons tissé des alliances et préparé un projet pour la lutte contre la corruption. Mais le Hezbollah ne peut pas prendre la place de l’Etat. Il ne peut pas juger et poursuivre les corrompus. Ce n’est pas envisageable.

Permettez-nous alors de lutter contre la corruption à notre manière.

Dans la lutte contre la corruption, nous avons peut-être besoin de nombreuses années, mais résoudre la situation économique ne peut pas attendre de nombreuses années, et la crise économique doit être traitée de manière urgente et exceptionnelle aux côtés de la lutte contre la corruption.

Rétablir les relations avec Damas

Le Hezbollah a élaboré un plan économique qu’il n’a pas annoncé car il sera combattu dès le premier jour, sans même être lu. Nous avons donc décidé de travailler pour amener le pays à notre plan sans déclarer que c’est notre plan pour qu’il ne soit pas condamné à mort.

Il est possible de sortir de la situation actuelle et ne pas aboutir à un effondrement, mais la question nécessite une volonté politique.

Le gouvernement actuel devra rétablir les relations avec Damas afin d’assurer le passage des produits libanais vers l’Irak, et par conséquent renforcer le secteur agricole et industriel.

Mais, il y a ceux qui refusent cela pour se rendre au Fonds monétaire international afin que les Américains dictent leurs conditions pour humilier le Liban. Les USA veulent humilier le Liban et lui imposer ses conditions.

Nous ne nous opposons pas au Fonds monétaire international, malgré notre connaissance préalable de la mentalité et des conditions de l’organisation, qui doivent être discutées. Mais ce serait une erreur de s’adresser au FMI en pensant qu’il n’y a pas d’autres options car cela affaiblit la position du gouvernement dans les négociations.

Cap vers l’Est

La solution de la crise économique au Liban est de se débarrasser de l’emprise d’obtenir la satisfaction des USA et de se diriger vers l’Est.

Il y a ceux qui empêchent le Liban de traiter avec la Chine dans les dossiers économiques.

Le gouvernement a besoin de temps pour aller vers l’Est et cela nécessite une décision politique encouragée par l’opinion publique et loin des pressions extérieures.

Confrontation globale avec les USA

La confrontation avec les USA après l’assassinat du commandant martyr Hajj Qassem Soleimani est une confrontation globale, et pas seulement militaire.

La présence d’une volonté populaire en Irak pour expulser les Américains est décisive.

Il en est de même pour les forces américaines en Syrie qui sont considérées comme des troupes d’occupation. Les forces de résistance et la population œuvrent pour les expulser de la Syrie.

L’échec de la guerre au Yémen est un échec américain. Idem pour le deal du siècle qui est né mort et rejeté par tous les Palestiniens. Il s’agit des simples mesures prises unilatéralement.

Une guerre entre les USA et l’Iran ou sur plusieurs fronts est exclue.

Disparition d’Israël

Il n’y a pas d’indices sur une intention d’Israël de lancer une guerre contre le Liban.

Mais toute confrontation majeure qui sera déclenchée par l’ennemi israélien impliquera plusieurs fronts de l’axe de la résistance. Cette confrontation majeure entrainera la disparition d’Israël. La préparation de l’axe de la résistance à cette guerre est une forme de dissuasion.

Israël disparaitrait avec le changement des conditions sur lesquelles il a été fondé, sans avoir même besoin de recourir à la guerre. Ce n’est pas un rêve, c’est l’un des scénarios réalistes.

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Lecture complémentaire:

« Hezbollah, son histoire de l’intérieur », Naïm Qassem (PDF)