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France et colonialisme: Quand une boutade entre Obama et Hollande remet la doctrine chrétienne de la « découverte » sur la table…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 12 mars 2014 by Résistance 71

C’est la clef contre l’empire… Le retour à la terre. Priver l’empire de son territoire usurpé au gré de la loi canonique raciste et destructrice, c’est le rendre impuissant. Retirer le territoire à un empire, c’est l’effondrer sans espoir de retour.

Les Amérindiens ont ce pouvoir légal et nous devons les soutenir. Là est la clef du succès, nous l’avons dit et le répèterons sans cesse. A cet effet, la résurgence indigène est en train de prendre actuellement une autre dimension…

— Résistance 71 —

 

Le rachat de la Louisiane et la Doctrine de la Découverte

 

Steven Newcomb

 

25 février 2014

 

url de l’article:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/02/25/louisiana-purchase-and-doctrine-discovery

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Tandis que le président Obama accueuillait il y a peu le président français Hollande, ils ont fait la visite de Monticello, la plantation à esclaves du président américain Thomas Jefferson. Après la visite, le président Hollande a dit à un  moment donné: “Et ensuite le président Jefferson a racheté la Louisianne à Napoléon et aujourd’hui, nous ne demandons rien.” (les gens présents rigolent…)

Le président Obama a répondu: “C’était une bonne affaire en tous les cas.”

Qu’est-ce donc que le président Obama qualifait-il donc ainsi “de bonne affaire” ? De quel point de vue était-ce une “bonne affaire” ? En 1803, Le gouvernement américain acheta la prétention de la France à la “colonie et province”, appelée “Louisianne”, nommée du nom de Louis XIV, roi de France de 1643 à 1715. La grande zone s’étend sur 1 400 000 km2. Ceci représente 560 millions d’acres de territoires des nations indiennes, qui furent clâmés par la France (et l’Espagne), sur la seule base de la doctrine chrétienne de la découverte.

Le droit de découverte de la France fut fondé sur la base d’une simple idée: Lorsque les explorateurs représentant d’un “souverain” chrétien parvenait à “découvrir” l’embouchure d’un fleuve comme le Mississippi, la famille des souverains chrétiens regardaient cette “découverte souveraine” comme un droit de domination, de colonisation sur toutes les terres émergées de cette région autour de ce fleuve particulier et ce jusqu’à sa source. Ce que le président Jefferson a racheté à Napoléon était en fait la revendication par la France de sa “découverte” de tous les territoires des nations indiennes au sein de ces 1 million 400 000 km2.

Le premier explorateur français qui naviga d’amont en aval du fleuve Mississippi en 1682, des Grands Lacs jusqu’au Golfe du Mexique, fut René-Robert de La Salle. Dans “The Louisiana Purchase and Our Title West of the Rocky Mountains (U.S. Government Printing Office, 1900), Binger Hermann, alors commissaire aux territoires des Etats-Unis, écrivit: “La Salle, se tenant sur les berges du canal le plus occidental du Mississippi avec Tonty, Dautray et d’autres personnes, à environ 3 lieues de l’embouchure du fleuve, le 9 Avril 1682, prit possession des terres au nom de Louis XIV, roi de France et érigeant une colonne, ou comme insista le Dr Kohl, “une croix avec les armes du roi”, il y enfouit une assiette, y déploya le drapeau français, chanta le Te Deum et nomma le territoire “Louisianne” d’une forte voix…”

Hermann a dit que La Salle avait proclamé la possession s’étendre “de l’embouchure du grand fleuve St Louis sur le côté Est, autrement appelé Ohio, Alighin, Sipore ou Chiskagona” et ceci fut fait “avec le consentement des Chaonanons, Chikachas et autres peuples se trouvant alentour, avec qui nous avons passé alliance, ainsi que le long du fleuve Colbert ou Mississippi  et des rivières qui viennent s’y jeter…” [page 12]

L’explication continue en se référant à un endroit “au-delà des Kious ou des Nadonessiens et ceci avec leur consentement, et le consentement des Motanties, Illinois, Mesigameus, Natches, Koroas, qui sont les nations principales se trouvant dans ces territoires, avec lesquelles nous avons aussi fait alliance… jusqu’à l’embouchure vers la mer ou Golfe du Mexique.” Les envahisseurs français ont pris possession, dit le compte-rendu “avec l’assurance que nous avons reçue de toutes ces nations Indiennes, que nous sommes les premiers européens qui ont descendu ou remonté le dit fleuve Colbert (Mississippi).” [Ibid]

Dans un effort de rendre ses actions légitimes, La Salle a affirmé que les nations originelles ont consenti à l’assujettissement de leurs territoires en tant que possession française. Il n’y a bien entendu, aucun moyen de vérifier les dires de La Salle ; ni non plus un moyen de vérifier ce que les Français ont vraiment dit à l’époque aux nations indiennes ou ce que ces nations ont compris, ou ce qu’elles n’ont pas compris. Je suppose que nous sommes simplement supposés accepter l’idée que ce qu’ont dit les Français est juste. De manière évidente, un grand nombre d’information historique, comme par exemple ce que les nations indiennes ont vraiment pensé de ces appropriations des envahisseurs, ne fut jamais vraiment bien enregistré par les Français.

Ce que nous savons est que dans le verdict de la cour suprême de justice américaine de l’affaire Johnson contre MacIntosh en 1823, verdict qui fut rendu juste deux petites décennies après le traité du rachat de la Louisianne de 1803, le juge suprême, Chief Justice Marshall, qui écrivit le rendu, référait aux nations indiennes dans cette vaste étendue comme “étant de fait indépendantes”. Ceci constitue la preuve de la nationalité indépendante et originale de nos nations et des peuples qui les constitutaient, ce dont j’ai pris l’habitude obsessive de faire remarquer.

Pour en revenir aux présidents Obama et Hollande, qui aurait pu imaginer qu’une histoire connectée à la doctrine chrétienne de la découverte aurait été mentionnée dans quelques palabres anodins entre ces deux chefs d’état ? Et du fait de l’allusion à cette histoire, c’est le bon moment pour le leadership indien de saisir cette opportunité pour défier sur la scène internationale la destruction qui a été faite de nos nations et de nos peuples en conséquence directe de la doctrine chrétienne de la découverte.

Steven Newcomb (Shawnee-Lenape)  est le co-fondateur de l’Institut Légal Indigène et auteur de l’ouvrage: “Pagans in the Promised Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery (Fulcrum, 2008).  Il a publié plusieurs articles légaux et a étudié la loi fédérale américaine sur les Indiens depuis le début des années 1980.

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A lire absolument pour plus d’information sur la doctrine chrétienne de la découverte:

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/09/lorigine-profonde-du-colonialisme-occidental-les-bulles-pontificales-romanus-pontifex-1455-et-inter-caetera-1493/

Ainsi qu’un résumé de la décision de la cour suprême des Etats-Unis datant de 1823 dans l’affaire Johnson contre McIntosh au sujet de la propriété des terres autochtones:

https://resistance71.wordpress.com/2014/03/12/resistance-au-colonialisme-le-vol-des-terres-amerindiennes-enterine-par-une-decision-de-la-cour-supreme-de-1823/ 

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