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Occident et guerres impérialistes: Le marketing occidental de la guerre sans fin….

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, économie, colonialisme, crise mondiale, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 6 mai 2016 by Résistance 71

Les guerres sont vendues avec de la décoration comme on vend une bagnole

Michel Collon

3 Mai 2016

url de l’article:

http://www.investigaction.net/les-guerres-sont-vendues-avec-de-la-decoration-comme-on-vend-une-bagnole/

Les pays qui interviennent – que ce soient les USA, la France, la Grande-Bretagne, etc. – n’apporteront pas la solution des problèmes, car en général, ils en sont la cause principale (…) On peut constater quasiment chaque fois que, après leurs interventions, les problèmes sont bien pires encore.”

Q: Concernant les difficultés et conflits entre ce qu’on nomme l’Orient et l’Occident, on invoque différentes causes, dans les médias : désœuvrement des jeunes de milieux défavorisés, incompréhensions entre culture chrétienne et musulmane, conflit chiites-sunnites… On parle aussi un peu de géopolitique. Pensez-vous que l’une ou l’autre de ces causes (ou d’autres encore) seraient déterminantes ?

Concernant les guerres en tant que tel, leurs vraies causes sont systématiquement économiques ; il s’agit de guerres pour le fric, on peut l’observer depuis de nombreuses années :

Soit, leur but est directement qu’une multinationale puisse s’emparer d’une matière première (pétrole bien sûr, mais aussi gaz, minerais, eau,…)

Soit – et c’est une motivation très fréquente des USA –, il peut s’agir de contrôler l’approvisionnement des rivaux en ce qui concerne les matières premières (par exemple, la Chine n’a quasiment pas de matières premières). C’est important de comprendre ce deuxième point, car, par exemple, les USA n’ont pas besoin du pétrole du Moyen-Orient. S’ils cherchent sans cesse à contrôler cette région, c’est pour pouvoir exercer un chantage sur leurs rivaux.

Ou encore, il y a des guerres qui sont seulement indirectement pour l’argent ; en particulier, du fait que les USA sont financièrement en déclin, ils veulent rester la seule superpuissance. De tels objectifs sont dits explicitement dans les écrits de gens comme Brezinski et Kissinger.

Il y a aussi un motif plus discret : attaquer un pays pour empêcher certaines alliances potentielles. Brezinski l’a dit sans détour : il s’agit d’empêcher des vassaux de s’allier (il utilise exactement cette terminologie de la vassalité). Cette stratégie vise la Chine, l’Allemagne, la Russie,…

Voilà donc les vraies raisons de tous ces conflits. Et les guerres sont vendues avec de la décoration, comme on vend une bagnole. Cette décoration est le plus souvent la démocratie. Mais si c’était vraiment ça, le motif, pourquoi alors les USA et leurs collaborateurs protègent-ils bec et ongle leurs alliés saoudiens, dont le régime compte parmi les plus dictatoriaux du monde ? Pourquoi ont-ils soutenus – et, bien souvent, soutiennent-ils encore – l’ensemble des dictateurs africains ? Idem pour les dictatures d’Amérique latine, jusqu’aux changements de régime dans ces pays (suite à la seule pression des peuples) ?

On met aussi en avant les risques des armes de destructions massives, mais alors pourquoi avons-nous fourni la bombe atomique à Israël et à d’autres pays ? Il y a aussi l’argument qu’il s’agirait de contrer le terrorisme – argument spécialement efficace, surtout quand les médias le gonflent. Mais on oublie ici que les USA, en particulier, sont ceux qui ont le plus promu et instrumentalisé le terrorisme (que ce soit contre Cuba, le Nicaragua des sandinistes, en Afghanistan, etc.) D’autant qu’on ne combat pas le terrorisme avec des bombes et des drones ; de cette manière, on ne peut que le renforcer. Si on voulait agir sur ses causes réelles, il faudrait s’attaquer à son financement par l’Arabie Saoudite et le Qatar ; et bien sûr, éliminer la pauvreté, qui est un des premiers terreaux du terrorisme.

Concernant l’opposition chiites-sunnites, et son utilisation pour soi-disant expliquer de nombreux conflits : c’est une manière de se dédouaner, de tenter de faire passer des guerres économiques et stratégiques pour des guerres de religion ; c’est 100% bidon. Notamment car, en réalité, beaucoup des conflits locaux entre sunnites et chiites proviennent de la stratégie de diviser pour régner, qui a toujours été celle des puissances coloniales (Grande-Bretagne et autres). L’existence même de l’entité de l’Arabie Saoudite découle de cette stratégie. Si les Saoud ont été choisi comme allié par les anglo-saxons, c’est parce qu’ils étaient honnis et isolés, au Moyen-Orient, ce qui se prêtait bien à les mettre dans un rapport de dépendance à l’égard des puissances occidentales, dont la protection est donc la bienvenue (j’ai pu développer ça dans le livre « La Stratégie du chaos »).

Pourquoi étaient-ils honnis ? Ils ont développé une version délirante de l’islam, qui prêche la haine, et leur société présente à la base de fortes tendances au fanatisme et à l’inculture. Le pouvoir saoudien cherche à dominer le monde arabe, pour pouvoir garder ses privilèges ; pour atteindre ce but, il est indiqué que ce monde arabe reste dans la pauvreté, et non que le niveau de vie et donc de culture s’élèvent. On peut ainsi comparer le pouvoir saoudien (et d’autres pouvoirs arabes qui profitent de stratégies occidentales), on peut le comparer aux milieux qui possèdent le plus de pouvoir et de richesses en Amérique Latine – milieux sur lesquels les USA se sont constamment appuyés, là aussi, pour chercher à contrôler le plus possible ce continent.

Plus généralement, notons bien que, s’il y a des sunnites qui collaborent avec les USA et leurs alliés – comme les Saoudiens justement –, il y en a d’autres qui les combattent – comme par exemple les Palestiniens du Hamas.

Q: Concernant les interventions liées à ce qu’on a nommé les printemps arabes, les motifs humanitaires affichés pour justifier ces interventions ne correspondent pas non plus à la réalité ?

Il faut bien comprendre ceci : on ne peut plus aujourd’hui utiliser des arguments comme ceux de l’époque coloniale (apporter la civilisation à des « sauvages », etc.) Il faut donc trouver des alternatives, et la justification de l’intervention humanitaire en est une qui est très efficace. Et ce dont il faudrait prendre conscience, c’est que les pays qui interviennent – que ce soient les USA, la France, la Grande-Bretagne, etc. – n’apporteront pas la solution des problèmes, car en général ils en sont la cause principale, ou l’une des causes principales. Et car, de plus, on peut quasiment chaque fois constater qu’après leurs interventions, les problèmes sont bien pires encore (que ce soit pour l’Irak, la Lybie, la Syrie, etc.) Aucune des guerres des dernières décennies n’était motivée par les raisons humanitaires affichées. Les exactions des dictateurs sont de purs prétextes.

Q: N’y a-t-il pas, à ce propos, un manque important de nuances, et une tendance à mettre dans le même sac tous les gouvernements concernés ? (Sauf tant qu’on décide de continuer à collaborer avec eux). Ce, en ce qui concerne l’idée d’une concentration des richesses par une classe dirigeante au détriment du reste de la population, le rejet du pouvoir par la majeure partie de celle-ci, etc. Ce jugement négatif global est notamment ce qui justifie, bien souvent, une certaine absence de positionnement de la part d’une gauche se voulant critique, mais dont l’attitude ressemble finalement plus à une forme de neutralité.  

En effet, les situations présentent bien plus de diversité que l’image qu’en donnent les médias classique.

Si on prend la Tunisie et l’Egypte, les situation de départ étaient bien celle de la concentration des richesses par une classe favorisée, au détriment d’une majorité appauvrie, et l’ensemble des populations de ces pays s’étaient en effet révoltées contre leurs pouvoirs.

Par contre, en Libye et en Syrie, les situations étaient très différentes : si Kadhafi n’était pas un démocrate, il redistribuait les richesses d’une façon très avantageuse pour l’ensemble de la population (même si le résultat sur l’économie pouvait être critiqué, car cela ne l’a pas précisément dynamisée. Comme me l’avait fait remarquer un ministre libyen, que j’ai rencontré dans ce pays pendant le conflit : « En Libye, notre problème est que nous avons trop d’argent »). De cette manière, et par d’autres méthodes, qu’on peut discuter, le gouvernement s’était attiré un réel soutien populaire – celui d’une légère majorité, je pense, de la population.

Souhaiter un progrès démocratique du pays aurait été tout à fait justifié, mais il faut noter que les milieux qui ont mené la rébellion n’étaient absolument pas des progressistes et des humanistes démocrates : c’était la mafia de l’est du pays, enrichie par le trafic de migrants, et qui a été achetée par l’étranger pour faire tomber le régime (cette chute l’intéressait car elle devait lui permettre de mener ses trafics tranquillement).

Les groupements concernés avaient si mauvaise réputation que la CIA avait déclaré l’est de la Libye comme la région du monde présentant la plus grande concentration de terroristes. Un signe que le soutien populaire au gouvernement était réel a été que ce gouvernement a résisté durant 8 mois, malgré la force de frappe de l’OTAN, les forces de la mafia évoquée, ainsi que celle d’Al-Qaïda, utilisées elles aussi pour l’occasion par la coalition occidentale, une fois de plus. En disant ça, je suis bien conscient que beaucoup de choses auraient mérité d’être changées et améliorées, en Libye. Mais au lieu de contribuer à cela, l’action de l’OTAN et de la rébellion n’ont mené qu’à une situation bien plus négative qu’au départ, sur tous les plans.

Concernant la Syrie, là, il y a en effet eu un appauvrissement du peuple. Il est cependant intéressant de noter que ce phénomène a résulté de l’application par le gouvernement de directives issues du FMI, dans la seconde moitié des années 2010… (Ce qu’on s’est bien gardé de rappeler au cours du conflit dans ce pays, en général). Et là aussi, des revendications pour une démocratisation étaient tout à fait légitimes, et portées en effet par de nombreuses personnes. Néanmoins, si des changements étaient souhaités, une majorité de la population ne souhaitait pas, pour autant, un changement de gouvernement.

Un institut d’étude Qatari l’a montré fin 2012 (selon cet institut, 55% des Syriens soutenaient alors leur président – information relayée par le Guardian) ; puis, en juin 2013, une étude de l’OTAN a conclu que 70% des Syriens soutenaient alors Bachar El-Assad. Il faut aussi insister sur le fait que si, à la veille du conflit, les manifestations étaient animées par une véritable volonté de démocratisation, et étaient globalement pacifiques, elles ont été rapidement récupérées pour d’autres buts, instrumentalisées à partir de l’étranger, et qu’on y a trouvé alors le type d’extrémistes n’hésitant pas à tuer qu’on utilise dans ces circonstances.

On a fait les étonnés quand le pouvoir a mené des répressions, et on a parlé de paranoïa du régime. Mais on n’a pas relayé les déclarations de Roland Dumas, qui a affirmé que deux ans déjà avant ces événements, d’anciens collègues anglo-saxons lui avaient proposé de s’associer à une entreprise en préparation contre le gouvernement syrien. Idem pour les déclarations du général Wesley Clark (ancien commandant des forces armées de l’OTAN), qui affirmé qu’on lui a montré, au Pentagone, des plans suivant lesquels les USA prévoyaient de déstabiliser 7 pays (dont l’Irak, la Libye et la Syrie). Il a commencé à tenter de faire connaître ces faits dès le début des années 2000, et tout le monde peut voir ses conférences sur Internet. Mais aucun média classique n’en a parlé, à ma connaissance.

On peut aussi mentionner l’utilisation d’armes chimiques, attribuée tout de suite au gouvernement syrien, et suite à laquelle plusieurs pays de l’ouest voulaient intervenir encore plus directement. Le prestigieux MIT a montré que ces attaques avaient eu lieu à partir d’une zone contrôlée par les rebelles. Ça ne permettait pas encore d’identifier les responsables avec certitudes mais, pour le moins, montrait qu’on ne pouvait en aucun cas attribuer sans hésitation cette responsabilité au gouvernement (d’autant qu’il était alors dans une situation avantageuse, où un tel acte n’aurait eu aucun sens). Mais ce rapport a été superbement ignoré, chez les politiques européens, jusqu’à aujourd’hui – même si des journaux classiques en ont parlé, comme le Point.

Ces faits font suffisamment apparaître à quel point on nous livre des représentations tronquées des événements. Et il faudrait aussi qu’on comprenne qu’on peut relever de tels faits sans être pour autant partisan des gouvernements qui sont visés par ces manipulations.

Ceci dit, j’insiste sur ce point : pour moi, les ingérences sont à rejeter en tous les cas, que les pouvoirs qu’elles visent bénéficient ou non du soutien de leur population. Puisque, comme évoqué, les motifs des puissances interventionnistes sont systématiquement intéressés et non humanitaires, et que ce ne sont pas les responsables principaux des problèmes qui vont les arranger, je le dis encore une fois.

Au sujet de l’absence de positionnement d’une certaine gauche, je l’ai toujours critiquée : il s’agit de l’attitude du « ni, ni » (par exemple : « ni l’OTAN, ni le régime libyen »), du fait de renvoyer dos à dos l’agresseur et l’agressé (agressé qui inclut le gouvernement officiel d’un pays attaqué). Ma conviction est que cette attitude ne permet pas de s’opposer efficacement aux politiques concernées, à cette utilisation de la guerre comme instrument économique. Et il est évident qu’on peut parfaitement être très critique sur l’agressé tout en refusant catégoriquement l’agression.

Si un changement de gouvernement doit se faire par la force, cela ne peut avoir lieu qu’à travers le peuple concerné lui-même. Il s’agit d’un droit essentiel d’un peuple. Et en général, s’il n’y parvient pas, c’est que l’opposition au pouvoir en question ne rassemblait pas l’ensemble de ce peuple. En Tunisie, par exemple, l’opposition était assez large pour mener à un changement – malgré, d’ailleurs, le soutien de la France au président Ben Ali, soutien qui a eu lieu jusqu’au bout. Il s’agit cependant d’un cas complexe car, dans ce pays comme dans d’autre, les USA avaient anticipé la fin de ce président ; ainsi, ils ont acheté une série de bloggeurs (certes, pas tous), pour pouvoir avoir un contrôle sur le changement, de sorte à éviter le plus possible que celui-ci soit pas piloté par de vraies forces de transformation (Ahmed Ben Saada l’a démontré dans son livre « Arabesques »).

Q: Des outils médiatiques, des chercheurs, des ressources spécialement qualitatives, une meilleure compréhension mutuelle des cultures concernées – en particulier du côté des médias classiques (Ce, concernant les médias occidentaux comme des médias orientaux en vue, comme par exemple Al-Jazeera)… Est-ce sur leur base qu’on peut le mieux discuter avec des personnes peu averties ? 

Si on prend une chaîne comme Al-Jazeera, on peut constater que, au départ, il y a eu là des journalistes valables et courageux – Bush fils s’est arrangé pour que plusieurs d’entre eux soient assassinés – la situation en Irak se prêtait bien à tenter de masquer ça en « dégâts collatéraux ». Mais la plupart de ces journalistes ont fini par quitter Al-Jazeera, pour fonder Al-Mayadeen, un média bien plus intéressant. Le but premier d’Al-Jazeera était, pour le Qatar, de se donner une image moderne tout en disposant d’un média pouvant être mis au service de ses intérêts.

Pour mieux comprendre ces intérêts, il est très intéressant de revenir encore une fois à la Libye. Vers la fin du conflit, le Qatar a organisé, avec Al-Jazeera, une opération médiatique d’envergure en lien avec les événements dans ce pays. On a beaucoup parlé d’une place, à l’époque, censée avoir accueilli de grandes manifestations d’opposition, la place Verte. En réalité, c’était des manifestations de soutien au gouvernement, que cette place avait accueillie, et leur ampleur avait été très considérable (peut-être un million de personnes, au moins des centaines de milliers). Al-Jazeera a créé une fausse place Verte, avec de fausses manifestations, et tout le monde y a cru. On rejoint ici en partie la mise en scène de l’agence de communication payée par le gouvernement des USA pour faire croire que des soldats irakiens avaient tué volontairement des bébés koweïtiens (supercherie entretemps reconnue par des médias mainstream, mais trop tard, une fois de plus).

On trouve cependant des informations intéressantes dans les médias classiques, même sur des événements actuels. Concernant le conflit syrien, on constate une division de l’élite, actuellement. Au départ, elle était unanime. Maintenant, une partie d’entre elle se rend compte que les plans ne fonctionnent pas, et c’est ce qui explique que, dans des journaux comme le Figaro et le Point, on trouve depuis un certain temps des informations qui contredisent les versions du pouvoir. Concernant le Figaro, plus particulièrement, si ce n’est bien sûr pas un journal que j’apprécie spécialement, ce n’est pas du tout la première fois qu’on peut y lire des choses qui ne s’accordent pas avec les politiques officielles. Et notamment, c’est dans ce journal qu’un bon reporter, Renaud Girard, a publié des informations importantes à l’époque du conflit en ex-Yougoslavie, informations qui prouvaient qu’un massacre attribué aux Serbes était une pure invention (j’ai traité ce sujet dans le livre « Poker menteur et Monopoli »).

Q: Quelles recommandations, revendications, action ou plaidoyer mettriez-vous en avant ?

Une démarche qui me semblerait particulièrement valable : créer une commission d’enquête indépendante sur l’ensemble des guerres des dernières décennies, où nos pays ont été impliqués. Il s’agirait là d’entendre les journalistes pour tenter de voir pourquoi ils n’ont pas dit la vérité, de voir s’ils ont subi des pressions ; d’entendre également les responsables politiques, ainsi qu’un maximum de témoins importants. Et tout cela sans croire personne sur parole – y compris moi –, mais en établissant les faits avec toute la rigueur nécessaire. Et si des responsabilités étaient clairement établies, il y aurait alors lieu d’entamer des actions en justices contre les personnes impliquées. Ce serait d’autant plus faisable après les attentats en France, vu leurs liens directs avec les politiques irresponsables concernées.

Une telle démarche pourrait être portée par des individus comme par des réseaux d’associations ; et au plus nombreux seraient les citoyens qui y participeraient, au mieux ce serait. Je pense que de telles actions seraient nécessaires pour pouvoir mettre fin aux politiques criminelles que nous avons abordées ici.

Paris 13 Novembre 2015: L’hypocrisie totale de la posture « guerrière » de la France !…

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Article 35: “Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.”

~ Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (1793) ~

 

L’hypocrisie totale de la posture “guerrière” de la France

 

Résistance 71

 

17 Novembre 2015

 

Quatre jours après les horribles attaques perpétrées à Paris par des membres de la légion mercenaire islamiste de l’empire anglo-américain, alias l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), Etat Islamique (EI) ou “Daesh” pour son acronyme arabe, nous assistons à une incroyable mise en scène guerrière de la part du président d’une “république” bananière héritée de ses prédécesseurs, certes, mais dont il a contribué à ternir la respectabilité, la crédibilité déjà sérieusement dégradées et surtout à pousser plus avant la trahison sans nom du peuple de France par ses politiques.

Oser parler de “France en guerre” en pointant du doigt une entité terroriste créée, financée, armée, entraînée, protégée, soignée, chouchoutée par ceux-là même qui la stilipende maintenant relève au mieux du cliché de l’hôpital se foutant de la charité ou au pire, appelons un chat un chat: cela relève de la HAUTE TRAHISON de nos “élites” politiques auto-proclamées de droite comme de gauche.

Voir et entendre une marionnette essoufflée rouler des mécaniques et mener la France sur le sentier d’une guerre voulue par l’oligarchie banquière, pétrolière et industrielle transnationale, fait mal aux tripes, surtout lorsqu’on se rappelle des propos effarants et pourtant si incriminatoires et non condamnés du ministre des affaires étrangères de la république bananière française Laurent Fabius, qui déclarait en 2012 que “Al Nosra [c’est à dire la branche d’Al Qaïda en Syrie] faisait du bon boulot en Syrie…” Depuis 2007 et le régime Sarkozy, la France est ouvertement impliquée dans des ingérences massives à l’étranger, à des renversements de régimes politiques et à des actions de terrorisme d’état comme en Libye en 2011, au Mali après la chute de la Libye et en Syrie depuis au moins 2012.

Entendre un soi-disant “chef d’état” éructer une rhétorique guerrière pour venger une France meurtrie alors que des officiers de l’armée française, de la légion étrangère et des forces spéciales encadraient les forces d’Al Qaïda en Libye, ont encadré et entraîné les forces d’Al Nosra et de l’EI/Daesh dans les camps de celui-ci en Jordanie et en Turquie ; que des officiers de l’armée française furent fait prisonniers par l’Armée Arabe Syrienne lors de la chute du premier califat islamique de Baba Amr en Syrie, avec des officiers britanniques des forces spéciales, qui tous encadraient les forces islamistes et qui furent remis aux autorités françaises à la frontière libanaise après un accord secret entre la France, la GB et le gouvernement syrien.

Entendre ces élucubrations guerrières maladives d’un pseudo-leader en quête de se sortir de la mauvaise passe où il s’est lui-même mis par ses alliances et actions criminelles est ahurissant et qui continue la pathétique rhétorique affirmant que Bachar al Assad doit quitter la direction de son peuple qui l’a massivement réélu et qui dans le même temps omet bien évidement de mentionner le fait que Daesh est protégé par les forces alliées, que l’EI a d’abord été créé en Irak par le général américain et futur ex-patron de la CIA David Petraeus dans la pure logique yankee de la terreur organisée par des escadrons de la mort pilotés par les forces spéciales américaines comme ce le fut de manière si tristement célèbre au Nicaragua, au Salvador, puis en Irak, technique enseignée à la non moins tristement célèbre “Schools of the Americas” par les tortionnaires français du Général Aussarès dans les années 1960.

Ce même pathétique président fantoche et ridicule d’une république française bafouée et passée au camp néo-conservateur va t’en guerre par l’action interne des totskistes lambertistes pilotés par leurs maîtres yankees, continue d’ignorer les évidences manifestes et documentées du financement et de la logistique fournis à la légion mercenaire islamiste de l’empire (EIIL/EI/Daesh) par les états du Golfe tels que l’Arabie Saoudite et le Qatar, si “grands amis” de la France et anciennes provinces de l’empire Ottoman (turc) ; un royaume moyen-âgeux qui a fait décapiter en place publique au sabre plus de 100 condamnés depuis le début de l’année 2015, qui se livre à une guerre de nettoyage ethnique sans discrimination des populations civiles au Yémen avec une assistance des autres roitelets locaux et d’Israël et un petit état richissime, ancien protectorat britannique de 1916 à 1971, devenu “indépendant” en 1971 pour devenir de fait un état acheté par Exxon-Mobil (famille Rockefeller) qui exploite son gaz naturel.

Les deux royaumes archaïques saoudien et qatari sont les financiers principaux de l’EI/Daesh, bras armé de leur fanatisme religieux wahabite et non pas les ventes de “pétrole volé” et de drogues contribuant pour peu au fleuve de fric nécessaire pour entretenir une entité comme l’EI/Daesh.

Fatigués d’entendre un pleutre éructer alors que les camps d’entrainement de Daesh sont en Jordanie et en Turquie (membre de l’OTAN au passage…) et que les convois de ravitaillement passent sans cesse et sous protection militaire, de la Turquie et de la Jordanie aux terroristes mercenaires de l’OTAN daeshistes en Syrie ; que les blessés de l’EI sont transportés et soignés en Turquie dans des hôpitaux sous contrôle de la propre fille du president turc Erdogan et en Israël (Golan) où ils sont soignés avant d’être escortés de nouveau vers la Syrie et infiltrés pour continuer le combat anti-Assad pour leurs payeurs impérialistes occidentaux.

La guerre en Syrie n’est en aucun cas une guerre civile. C’est une GUERRE D’INVASION PAR PROCURATION, à laquelle la France participe activement depuis le départ, soumise qu’ell est à des intérêts particuliers hégémoniques et criminels.

Fatigués d’entendre les rodomondades d’un politicard privilégié voulant devenir le « chef de guerre » de la France dans un conflit plus que douteux, alors que les Etats-Unis, la GB, le Canada et la France ont parachuté vivre et munitions aux terroristes pendant plus d’un an en Syrie.

Tout cela pour dire que si Mr Hollande, le traître et sa clique de politiciens corrompus à la sauce émirate, président d’une république bananière officielle: la France (pas son peuple, mais ses institutions), désire vraiment porter la guerre au cœur du problème et attaquer Daesh, nous allons lui dire ce qu’il faut faire dans la pratique de terrain, ce dans l’hypothèse où la rétaliation armée serait la solution, ce qui est douteux mais soit ; juste pour la forme, jouons le jeu.

Hollande, s’il te plaît, écoute bien, parce qu’il ne faut pas être sorti de St Cyr (c’est le cas de le dire…) pour mettre ceci en pratique, ce sera simple direct et efficace.

Recette pour mettre fin à Desh en une semaine

1- Tu envoies de ta plus belle plume, un ultimatum à tous les pays qui soutiennent Daesh (y compris toi-même pour la France…), disant en substance que le peuple français vous donne une semaine pour arrêter tout financement, tout apport logistique, militaire et sanitaire aux terroristes en Syrie et en Irak, faute de quoi la France vous attaquera. Envoie la lettre aux pays suivants, tous complices et protecteurs de l’EI/Daesh:

– La France (OTAN)

– Les Etats-Unis (OTAN)

– La Grande-Bretagne (OTAN)

– Le Canada (OTAN)

– La Turquie (OTAN)

– L’Arabie Saoudite (CCG)

– Le Qatar (CCG)

– Israël

– La Jordanie

2- De là deux solutions:

a) L’ultimatum fonctionne: la France agitant ses petits bras musclés fait peur au croquemitaine qui abandonne la partie. L’EI est coupé et privé de soutien et se fait cueillir comme un fruit mûr dans les enclaves syriennes et irakiennes… fin du boulot.

b) La coalition croquemitaine ne plie pas à la gesticulation de la France meurtrie et là mon bon Françouet, faudra sévir et commencer à bombarder les pays ci-dessus indiqués en plus bien sûr non pas de Daesh soi-même mais des convois de ravitaillement franchissant les frontières turco-syrienne d’un côté et jordano-syrienne de l’autre. Là encore, fin du boulot.

Maintenant, comment expliquer à la France profonde très énervée et à juste titre par les attentats du 13 Novembre ayant tué tant d’innocents, que toi Françouet, président fantoche, a aidé au développement et au fonctionnement de l’entité mercenaire terroriste de Daesh en Syrie par le truchement des institutions militaires de la république, dont les membres sont payés par les deniers publics, en succession d’exactions de même type perpétrées par ton prédécesseur, le non moins vil et abject Sarkozy ? çà not’ Françouet, çà va pas être facile tu le penses bien…

Peuple de France !

Ne te laisse pas subjuguer une fois de plus par la perfidie, la traîtrise et l’abjection des paroles politicardes. Ne te laisse pas embarquer dans une guerre voulue depuis longtemps par l’oligarchie en place répondant, au garde-à-vous, à l’autre supra-oligarchie, celle des décideurs criminels des cartels financiers et industriels siégeant à la City de Londres, à Wall Street et à la Banque des Recouvrements Internationaux (BRI) de Bâle.

Ne te laisse pas manipuler à soutenir une “intervention” en Syrie dont le seul but sera non pas d’éradiquer L’EI/Daesh même s’ils prendront bien quelques bombinettes sur la tronche pour la forme, mais bien de continuer de l’intérieur les travaux de démolition de la Syrie comme ceux entrepris en Libye et de renverser le gouvernement obsolète (comme tout État..) mais néanmoins légitime aux yeux du “droit international” de Bachar al Assad, seul pouvant lutter efficacement contre le terrorisme que nous l’occident avons créé de toute pièce.

Peuple de France ! Ne te laisse pas aveugler par les émotions Ô combien compréhensibles de ces derniers jours résultant de l’ignominie de ces attentats ayant frappé Paris.

L’heure est à l’analyse et à la réflexion, ce que ne peuvent pas faire nos dirigeants qui ne savent œuvrer que dans le carcan de la réaction, chose somme toute logique puisque l’État, par essence, ne peut-être que réactionnaire et coercitif à commencer contre son propre peuple. La prolongation de l’état d’urgence et les futures lois liberticides qui passeront dans le sillage du tsunami émotionnel des attentats de Paris ne sont aucunement dirigées à protéger le peuple, mais bien au contraire à le museler, à le contrôler et à le forcer toujours plus avant dans un totalitarisme de moins en moins larvé et de plus en plus avéré. La France, détournée toujours plus avant par les intérêts particuliers est dans une logique et sur un chemin colonial, de recolonisation de ce qu’elle pense lui appartenir.

“Ceux qui sont prêts à sacrifier leur liberté pour plus de sécurité ne méritent ni n’auront ni l’une ni l’autre”, disait déjà Benjamin Franklin. Peuple de France ! Soutiens la fourberie en cours et tu en savoureras les néfastes effets très, très bientôt sous le joug de ton gouvernement oligarchique.

Nous terminerons cette harangue par une citation venant fort à propos de Henri David Thoreau, qui écrivit en 1849 dans son petit opuscule à lire et diffuser sans modération “La désobéissance civile”, Editions de Minuit, 1996, p.15: “Tous les hommes admettent le droit à la révolution, c’est à dire au droit de refuser l’allégeance au gouvernement et celui de lui résister, quand sa tyrannie ou son inefficacité sont grandes et insupportables…” Ceci fait donc écho à notre citation d’exergue de l’article 35 de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1793.

La boucle est bouclée n’est-il pas ?

A lire:

Communiqué très sensé du Syndicat de la Magistrature concernant l’abus de « l’état d’urgence »

Sarkozy et Hollande ont déclenché la guerre sans nous prévenir 

Carnage de Paris… Bienvenus dans le monde de Gladio 2.0

Paris 13 Novembre 2015: L’envers du miroir…

Paris 13 Novembre 2015: Un hélico yankee escorte un convoi de Daesh en Syrie

Paris 13 Novembre 2015: L’armée française aux côtés d’Al Qaïda en Libye et encadre Daesh en Syrie

Et surtout… Recherchez par vous-mêmes toute l’information utile, ne faites confiance à AUCUN MEDIA DE MASSE !

Paris 13 Novembre 2015: La « république » punie pour son revirement dans la barbouzerie moyen-orientale… L’armée française aux côtés d’Al Qaïda en Libye encadre Daesh en Syrie…

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La république française prise en otage

 

Thierry Meyssan

 

16 Novembre 2015

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article189275.html

 

La guerre qui s’étend à Paris est incompréhensible pour les Français qui ignorent presque tout des activités secrètes de leur gouvernement dans le monde arabe, de ses alliances contre nature avec les dictatures du Golfe, et de sa participation active au terrorisme international. Jamais cette politique n’a été discutée au Parlement et les grands médias ont rarement osé s’y intéresser.

Depuis cinq ans ans, les Français entendent parler de guerres lointaines, sans comprendre ce dont il s’agit. La presse les a informés de l’engagement de leur armée en Libye, mais jamais de la présence de soldats français en mission au Levant. Mes articles à ce sujet sont largement lus, mais perçus comme des bizarreries orientales. Malgré mon histoire personnelle, il est de bon ton de me qualifier d’« extrémiste » ou de « complotiste » et de relever que mes articles sont reproduits par des sites internet de toutes obédiences, y compris par d’authentiques extrémistes ou complotistes. Pourtant personne ne trouve rien à redire à ce je j’écris. Mais personne non plus n’écoute mes alertes à propos des alliances que la France a conclues.

Soudain, la vérité ignorée fait surface.

La France a été attaqué dans la nuit du vendredi 13 novembre 2015 par plusieurs commandos qui ont assassiné au moins 130 personnes dans cinq lieux différents de Paris. L’état d’urgence a été décrété pour 12 jours sur l’ensemble du territoire et pourrait être reconduit par le Parlement.

Pas de lien direct avec l’affaire Charlie Hebdo

La presse française interprète cet acte de guerre en le liant à l’attentat survenu à Charlie Hebdo, bien que les modes opératoires soient totalement différents. En janvier, il s’agissait de tuer des personnes précises, tandis qu’ici il s’agit d’une attaque coordonnée contre un grand nombre de personnes au hasard.

On sait aujourd’hui que le rédacteur en chef de Charlie Hebdo venait de recevoir un « don » de 200 000 euros du Proche-Orient pour poursuivre sa campagne anti-musulmane [1] ; que les tueurs étaient liés aux services de renseignement français [2] ; que l’origine de leurs armes est couverte par le Secret-Défense [3]. J’ai déjà montré que cet attentat n’était pas une opération islamiste [4], qu’il avait fait l’objet d’une récupération étatique immédiate [5], et que cette récupération avait rencontré un écho dans la population hostile à la République [6] —une idée qui a été brillamment développée quelques mois plus tard par le démographe Emmanuel Todd [7]—.

Si nous revenons à la guerre qui vient de s’étendre à Paris, elle surprend en Europe occidentale. On ne peut la comparer aux attentats de Madrid de 2004. En Espagne, il n’y avait ni tireur, ni kamikaze, mais 10 bombes placées en 4 lieux distincts [8]. Le type de scène qui vient d’avoir lieu en France est le lot quotidien de nombreuses populations du « Moyen-Orient élargi » depuis 2001. Et l’on trouve des événements comparables au-delà, comme les trois jours d’attaques en six lieux distincts, à Bombay en 2008 [9].

Même si les assaillants étaient des musulmans et si certains d’entre eux ont crié « Allah Akbar ! » en tuant des passants, il n’y a aucun lien entre ces attaques, l’islam et une éventuelle « guerre des civilisations ». Ainsi, ces commandos avaient instruction de tuer au hasard, sans s’enquérir préalablement de la religion de leurs victimes.

Identiquement, il est absurde de prendre au premier degré le mobile évoqué par Daesh contre la France —même s’il n’y a pas de doute sur son implication dans cette attaque—. En effet, si l’organisation terroriste devait se « venger », c’est à Moscou qu’elle aurait frappé.

La France est un État terroriste depuis au moins 2011

La lecture de ces événements est brouillée parce que derrière des groupes non-étatiques se cachent toujours des États qui les sponsorisent. Dans les années 70, le Vénézuélien Ilich Ramírez Sánchez dit « Carlos » ou « Le Chacal » s’était mis par conviction au service de la cause palestinienne et de la Révolution avec le discret soutient de l’Urss. Dans les années 80, l’exemple de Carlos a été repris par des mercenaires, travaillant pour le plus offrant, tel Sabri al Banna dit « Abou Nidal », qui effectua des attentats aussi bien pour le compte de la Libye et de la Syrie que d’Israël. Aujourd’hui, il existe une nébuleuse du terrorisme et de l’action secrète impliquant quantité d’États.

En principe, les États dénient toujours leur participation à des groupes terroristes. Toutefois, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré en décembre 2012, lors de la conférence des « Amis de la Syrie » à Marrakech, qu’Al-Nosa, la branche syrienne d’Al-Qaïda, « fait du bon boulot » [10].

Compte tenu de ses fonctions, M. Fabius savait qu’il ne serait pas traduit en justice pour son soutien à une organisation classée comme terroriste par le Conseil de sécurité des Nations unies, mais il prenait un risque grave pour son pays qu’il plongeait ainsi dans le chaudron du terrorisme.

En réalité, la France était impliquée depuis au moins le début 2011 aux côtés d’Al-Qaïda. À l’époque, le Royaume-Uni et la France s’étaient joints au projet US de « Printemps arabe ». Il s’agissait de renverser tous les régimes arabes laïques et de les remplacer par des dictatures des Frères musulmans. Alors que Londres et Paris avaient découvert cette opération en cours de réalisation en Tunisie et en Égypte, ils avaient été préalablement sollicités pour la Libye et la Syrie [11]. En Libye, ils organisèrent avec l’aide des Forces spéciales italiennes les massacres de Benghazi, puis avec l’aide d’Al-Qaïda la prise des arsenaux. Je peux attester qu’en août 2011, alors que j’étais protégé par Khamis el-Kadhafi lorsque l’Otan donnait l’assaut de la capitale, l’hôtel Rixos où nous nous trouvions fut assiégé par une unité d’Al-Qaïda, la Brigade de Tripoli, commandée par Mahdi al-Harati au cri d’« Allah Akbar ! » et encadrée par des officiers français en mission. Le même Mahdi al-Harati fut avec son chef, Abdelhakim Belhaj, le fondateur de la prétendue Armée syrienne libre, en réalité un groupe d’Al-Qaïda portant le drapeau de la colonisation française.

En Syrie, la présence d’officiers français encadrant des groupes armés lorsqu’ils perpétraient des crimes contre l’humanité est largement attestée.

La France a par la suite joué un jeu extrêmement complexe et dangereux. Ainsi, en janvier 2013, c’est-à-dire un mois après le soutien public de Laurent Fabius à Al-Qaïda en Syrie, elle se lançait dans une opération au Mali contre le même Al-Qaïda, provoquant un premier retour de bâton contre ses agents infiltrés en Syrie.

De tout cela, vous n’avez jamais entendu parler. Parce que, bien que la France ait des institutions démocratiques, sa politique actuelle dans le monde arabe n’a jamais été discutée publiquement. Tout au plus s’est-on contenté —en violation de l’article 35 de la Constitution— d’entrer en guerre contre la Libye et contre la Syrie après quelques heures de débats parlementaires superficiels, sans vote. Les parlementaires français ont renoncé à exercer leur mandat de contrôle de l’Exécutif en matière de politique étrangère, pensant qu’il s’agit d’un domaine réservé du président, sans conséquence dans la vie quotidienne. Chacun peut constater au contraire aujourd’hui que la paix et la sécurité, un des quatre « Droits de l’homme et du citoyen » de 1789 (article 2), en dépendent directement. Le pire est à venir.

Au début 2014, lorsque les faucons libéraux US mettaient au point leur plan de transformation de l’Émirat islamique en Irak et au Cham en ce qui allait devenir Daesh, la France et la Turquie acheminèrent des munitions à Al-Qaïda pour qu’il combatte l’ÉI —ce point est attesté par un document présenté au Conseil de sécurité le 14 juillet 2014 [12]—. Pourtant, la France se joignit ultérieurement à cette opération secrète et participa à la Coalition internationale anti-Daesh, dont chacun sait maintenant que contrairement à son nom elle ne bombarda pas Daesh, mais lui largua des armes durant un an [13]. Les choses évoluèrent encore après la signature de l’accord 5+1 avec l’Iran. Les États-Unis se retournèrent subitement sur le terrain contre l’organisation terroriste et la repoussa à Hassaké (Syrie) [14]. Mais ce n’est qu’à la mi-octobre 2015, il y a un mois, que la France recommença à combattre Daesh. Non pas pour stopper ses massacres, mais pour conquérir une partie du territoire qu’il occupe en Syrie et en Irak et y installer un nouvel État colonial qui serait appelé « Kurdistan » même si sa population kurde y sera au départ largement minoritaire [15].

Dans cette perspective, la France a envoyé son porte-avions —qui n’est pas encore sur zone— pour soutenir les Marxistes-Léninistes du parti kurde YPG —mais que signifie cette référence politique lorsque l’on projette de créer un État colonial ?— contre son ancien allié Daesh.

Nous assistons désormais au second retour de bâton. Non pas de la part d’al-Qaïda en Syrie, mais de la part de Daesh en France, sur instructions des alliés inavouables de la France.

Qui dirige Daesh

Daesh est une création artificielle. Ce n’est que l’instrument de la politique de plusieurs États et multinationales.

Ses principales ressources financières sont le pétrole, les drogues afghanes —dont les Français n’ont toujours pas saisi les implications sur leur sol—, et les antiquités levantines. Tout le monde s’accorde à noter que le pétrole volé transite librement par la Turquie avant d’être vendu en Europe occidentale. Compte tenu des quantités, il n’y a pas de doute possible sur le soutien de l’État turc à Daesh [16].

Il y a trois semaines, le porte-parole de l’Armée arabe syrienne révélait que 3 avions, respectivement affrétés par la Turquie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis venaient d’exfiltrer des combattants de Daesh hors de Syrie et de les transporter au Yémen. Là encore, il n’y a donc pas doute possible sur les liens de ces trois États avec Daesh en violation des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

J’ai longuement expliqué, depuis la première conférence de Genève en juin 2012, qu’une faction au sein de l’appareil d’État US menait sa propre politique contre celle de la Maison-Blanche. Au départ, ce complot était dirigé par le directeur de la CIA et co-fondateur de Daesh en 2007 (« The Surge ») [17], le général David Petraeus, jusqu’à son arrestation menottes au poignet le lendemain de la réélection de Barack Obama. Puis, ce fut au tour de la secrétaire d’État Hillary Clinton, empêchée de terminer son mandat durant la période de transition présidentielle par un fâcheux « accident ». Enfin, ce combat fut poursuivi par l’ambassadeur Jeffrey Feltman depuis les bureaux de l’Onu et par le général John Allen à la tête de la prétendue Coalition anti-Desh. Ce groupe, partie de l’« État profond » US, qui n’a cessé de s’opposer à l’accord 5+1 avec l’Iran et de combattre la République arabe syrienne, conserve des membres au sein de l’administration Obama. Surtout, il peut compter sur l’aide de sociétés multinationales, dont les budgets sont plus importants que ceux des États, et qui peuvent financer leurs opérations secrètes. C’est le cas notamment du pétrolier Exxon-Mobil (le véritable propriétaire du Qatar), du fonds de placement KKR, et de l’armée privée Academi (ex-Blackwater).

C’est pour le compte de ces États et de ces multinationales que la France est devenue un pays mercenaire.

La France objet de chantage

Le 11 novembre 2015, le Premier ministre, Manuel Valls, assurait que la France était engagée contre le terrorisme [18].

Le 12 novembre, l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales —rattaché au ministère de l’Intérieur— publiait un rapport selon lequel le terrorisme était devenu la seconde préoccupation des Français après le chômage [19].

Le matin même du 13 novembre, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, présentait à Nanterre un plan en vingt mesures pour lutter contre le trafic d’armes [20].

À l’évidence, le gouvernement s’attendait au pire, ce qui implique qu’il était en négociation avec ceux qui l’ont attaqué. La France a pris des engagements qu’elle n’a pas tenus et est certainement victime d’un chantage de la part des maîtres qu’elle vient de trahir.

Un exercice simulant des attentats a été conduit le matin même de l’attaque par les services d’urgence hospitaliers [21]. Une coïncidence que l’on avait déjà relevé lors des attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington, de ceux du 11 mars 2004 à Madrid, ou encore de ceux du 7 juillet 2005 à Londres.

Conclusion provisoire

Les gouvernements français successifs ont noué des alliances avec des États dont les valeurs sont à l’opposé de celles de la République. Ils se sont progressivement engagés à livrer des guerres secrètes pour eux, avant de se rétracter. Le président Hollande, son chef d’état-major particulier le général Benoit Puga, son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et son prédécesseur Alain Juppé font aujourd’hui l’objet d’un chantage dont ils ne pourront sortir qu’en révélant dans quoi ils ont fourvoyé le pays, même si cela les expose à la Haute Cour de Justice.

Le 28 septembre, à la tribune des Nations unies, le président Poutine s’adressant aux États-Unis et à la France s’exclamait : « J’aimerais demander aux responsables de cette situation : « Avez-vous au moins conscience de ce que vous avez fait ? » Mais je crains que cette question ne reste en suspens, parce que ces gens n’ont pas renoncé à leur politique basée sur une confiance exagérée en soi et la conviction de son exceptionnalité et de son impunité » [22]. Ni les États-uniens, ni les Français ne l’ont écouté. Il est maintenant trop tard.

À retenir

  • Le gouvernement français s’est progressivement éloigné de la légalité internationale. Il perpètre des assassinats politiques et encadre des actions terroristes depuis au moins 2011.
  • Le gouvernement français a noué des alliances contre nature avec les dictatures pétrolières du Golfe persique. Il travaille avec un groupe de personnalités états-uniennes et de compagnies multinationales pour saboter la politique d’apaisement des présidents Obama et Poutine.
  • Le gouvernement français est entré en conflit avec ces alliés peu recommandables. L’un d’entre eux a sponsorisé les attaques de Paris.

 

[1] « Charlie Hebdo : les révélations de la dernière compagne de Charb », Thibault Raisse, Le Parisien, 18 octobre 2015.

[2] « Selon McClatchy, Mohammed Mehra et les frères Kouachi seraient liés aux services secrets français », Réseau Voltaire, 9 janvier 2015.

[3] « Les armes de Charlie-Hebdo couvertes par le Secret-Défense », Réseau Voltaire, 17 septembre 2015.

[4] « Qui a commandité l’attentat contre Charlie Hebdo ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 janvier 2015.

[5] « Charlie Hebdo a bon dos », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 janvier 2015.

[6] « De quoi ont peur les politiques et les journalistes français ? », par Réseau Voltaire, 25 janvier 2015.

[7] Qui est Charlie ? : Sociologie d’une crise religieuse, Emmanuel Todd, Seuil,‎ 5 mai 2015, 252 p.

[8] « 11 mars 2004 à Madrid : était-ce vraiment un attentat islamiste ? », « Attentats de Madrid : l’hypothèse atlantiste », par Mathieu Miquel, Réseau Voltaire, 11 octobre et 6 novembre 2009.

[9] The Siege, Adrian Levy & Cathy Scott-Clark, Penguin, 2013.

[10] « Pression militaire et succès diplomatique pour les rebelles syriens », par Isabelle Maudraud, Le Monde, 13 décembre 2012.

[11] Voir le témoignage de l’ancien président du Conseil constitutionnel Roland Dumas sur LCP.

[12] Lire l’intervention du représentant syrien « Résolution 2165 et débats (aide humanitaire en Syrie) », Réseau Voltaire, 14 juillet 2014.

[13] Ce point est ignoré de la presse occidentale, mais a été largement discuté un an durant par la presse arabe et perse. La vérité a éclaté au grand jour lorsque cinquante analystes du CentCom ont dénoncé les mensonges des rapports sur la Coalition, qu’une enquête interne a été déclenchée et que, finalement, le général John Allen a été contraint à la démission. Voir notamment : « Stewart, Brennan et Cardillo dénoncent les manipulations du Renseignement au Pentagone » et « Le général Allen présente sa démission (Bloomberg) », Réseau Voltaire, 12 et 23 septembre 2015.

[14] « La France tente d’entraver le déploiement militaire russe en Syrie », Réseau Voltaire, 6 septembre 2015.

[15] « Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie », Réseau Voltaire, 1er novembre 2015.

[16] Pour en savoir plus : « Le rôle de la famille Erdoğan au sein de Daesh », Réseau Voltaire, 26 juillet 2015.

[17] Daesh a été initialement constitué en Irak dans le cadre d’un plan visant à mettre fin à la Résistance à l’occupation états-unienne. Pour ce faire, les USA ont créé des milices anti-chiites —dont l’Émirat islamique en Irak, futur « Daesh »—, puis des milices anti-sunnites. En définitive, les deux groupes de population ont oublié l’armée d’occupation et se sont battus entre eux.

[18] « Valls : la France engagée contre le terrorisme », AFP et Le Figaro, 11 novembre 2015.

[19] « La grande peur du terrorisme », Timothée Boutry, Le Parisien-Aujourd’hui en France, 13 novembre 2015.

[20] « Bernard Cazeneuve présente un plan contre le trafic d’armes », AFP, 13 novembre 2015.

[21] Cf. Intervention du Dr Patrice Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France, sur France Info à 10h26 et au journal du soir de France2, le 14 novembre 2015.

[22] « Discours de Vladimir Poutine à la 70ème Assemblée générale de l’Onu », par Vladimir Poutine, Réseau Voltaire, 28 septembre 2015.

 

 

Paris 13 Novembre 2013… L’envers du miroir: commentaires dans la presse moyen-orientale…

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“Le hasard a fait que le matin [du 13 Novembre], au SAMU de Paris, avait été organisé un exercice sur des attentats multi-sites, donc on était préparé..”

(déclaration de Patrick Peilloux, médecin urgentiste sur France Info)

Flashback: Le matin du 11 Septembre 2001, de vastes exercices du NORAD se tenaient impliquant… le scenarion d’une attaque terroriste de grande envergure.

Le jour de l’attentat de Londres le 7 Juillet 2005, se tenait simulanément aux attentats, des exercices couvrant le même scenario des attaques en cours.

Lors de “l’attentat” du marathon de Boston le 15 Avril 2013, un exercice de sécurité impliquant des chiens détecteurs d’explosif se tenait sur la ligne d’arrivée peu avant les explosions.

Des exercices de sécurité de grande envergure se tenant le jour même des attentats sont devenus une sorte de “signature” des attentats faux-drapeau depuis 2001. Peut-on en déduire la même chose pour Paris en ce 13 Novembre 2015 ? Sans doute pas à l’heure actuelle, mais cette information émergente est pour le moins “troublante”… Que dire de plus du passeport retrouvé sur un des terroristes après qu’il se soit fait exploser ?…

~ Résistance 71 ~

« Carnage de Paris… Bienvenus sur Gladio 2.0 »

 

Commentaires au gré des flots des médias moyen-orientaux

 

15 Novembre 2015

 

Traduction Résistance 71

 

“Des occidentaux blancs ont été assassinés alors le monde occidental est outragé, mais les bombardements dans des mariages irakiens ne sont même pas mentionnés dans le monde occidental, les attaques terroristes en Iran et aucun média occidental ne le rapporte, Israël exécute des Palestiniens et les brûle dans leurs maisons, vole leurs terres… aucune couverture de cela dans les médias occidentaux.”

“Ce qu’il s’est passé à Paris est horrible, mais la même chose se passe partout dans le monde mais ce n’est pas de l’information ou de si peu d’importance, jusqu’à ce que des occidentaux blancs se fassent tuer dans un pays occidental.”

“Ce qu’il y a à propos de l’EIIL ou Daesh n’est pas que quelqu’un les a laissé venir en existence mais que la CIA, le Mossad ont intentionnellement créé l’organisation et son nom et ont entrainé ses membres pour tuer des chiites, des alaouites, des chrétiens, des parisiens… tout le monde sauf des hébreus !”

“En premier lieu, toutes mes condoléances aux familles des victimes d’une telle horrible attaque, mais je voudrais aussi bien savoir ou du moins que tout le monde recherche combien le gouvernement français a t’il contribué à la création de l’EI ou de ces soi-disants “terroristes modérés’ !”

“Où sont les condoléances pour toutes les familles libyennes assassinées par l’armée de l’air française ?”

“Quelle logique simiesque utilisent-ils pour de telles déclarations ? Ils trouvent toujours des passeports de terroristes sur les scènes de crime, sûrement au cas où la police les arrête avec leurs explosifs, au moins ils auront leurs papiers sur eux !…”

“Les mêmes personnes qui ont armé les terroristes “modérés” au Moyen-Orient ont armé les attaquants de Paris, mais je doute que la vérité ne fasse surface car les médias sont contrôlés par les mêmes sionistes qui contrôlent l’EI/Daesh.”

“Les récentes attaques terroristes sur Paris sont définitivement des attaques sous faux-drapeau quelque soit les perpétrateurs, l’EIIL ou non. On doit d’abord se rappeler qui est derrière l’EI pour éviter toute confusion ici. L’EU a récemment décidé d’étiqueter les produits en provenance d’Israël fait en Cisjordanie et dans les territoires occupées et ceci pourrait bien être relié à Israël pour se venger et justifier son agression contre les pays du Moyen-Orient.”

“Ouais, ils ont créé Daesh pour détruire les musulmans et renforcer Israël sans aucun doute, comme ils ont créé les Talibans pour détruire l’URSS et le wahabisme pour détruire l’Islam.”

“Un attentat faux-drapeau pour tuer encore plus de Syriens innocents.”

Source: Journaux en ligne du Liban, Iran, Syrie, Algérie

= = =

 

Impérialisme occidental… Rothschilds et crise des réfugiés… Le déni de réalité se paie cher !

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L’impérialisme des Rothschild, pressetituée et réfugiés

 

Dean Henderson

 

15 Septembre 2015

 

url de l’article original:

http://hendersonlefthook.wordpress.com/2015/09/15/imperialism-presstitutes-refugees/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Alors que les réfugiés continuent d’inonder l’Europe, la couverture de l’évènement par les médias corporatistes occidentaux a été bien prévisible. Plutôt que de poser les questions qui s’imposent comme par exemple “pourquoi” tant de milliers de gens désespérés en provenance de Syrie, d’Irak, de Libye et d’Afghanistan laissent leur vie, leurs maisons, leurs possessions derrière eux pour s’embarquer dans un périlleux voyage vers le nord, la pressetituée occidentale se focalise sur la tragédie humanitaire et le traitement de ces réfugiés par les différentes nations européennes.

Cliniquement, ceci est un cas classique de désassociation et de déni de réalité. Ces conditions sont chroniques à l’occident, où, malgré la protestation occasionnelle, la machine de guerre impérialiste est en marche et continue son chemin.

Ce qui nous mène à la réponse encore plus douloureuse à cette question vitale du “pourquoi”. Pour le dire simplement, les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN, qui sont comme d’habitude au service entier des banksters de la City de Londres/Rothschild, ont soit bombardé, soit occupé, soit envahi ou attaqué ces pays en utilisant leurs unités terroristes musulmanes bidons d’Al Qaïda/EIIL/EI dans chacun de ces pays.

Il n’y aurait pas de crise de réfugiés en Europe si ces pays n’avaient pas été systématiquemennt et méthodiquement détruits ainsi que leurs infrastructures et leurs peuples qui, ce qui n’est pas coïncidentel, ont une tendance à pencher “à gauche”.

De manière plus importante encore, l’Irak possède la seconde réserve de pétrole au monde, l’Afghanistant est l’épicentre mondial de la culture et de la production du pavot, contrôlée par la Couronne (City de Londres) depuis bien longtemps, la Syrie possède des dépôts majeurs de gaz naturel et se tient sur la route de l’eau israélienne, alors que la Libye est la nation la plus riche d’Afrique et se tient bien stratégiquement sur la Mer Méditerranée.

La notion qu’une “élite” globaliste psychopathe pondrait un plan de dépopulation de cette zone entière de ses peuples bronzés en utilisant des escadrons bidons de l’EI/Mossad afin d’installer des marionnettes et commencer l’extraction des ressources, n’est certainement pas une exagération ni une vue de l’esprit.

Et comme bonus, les banksters peuvent enflammer l’extrême droite européenne et lui faire mouiller le pantalon au sujet des vagues “d’immigrants illégaux”. Le choc des cultures est le pain béni des oligarques. S’ils peuvent nous faire haïr quelques pauvres hères, ils pourront continuer à voler en dessous du radar et on ne s’occupera pas de leurs crimes…

Diviser pour mieux régner

Que ce grand vide perpétré au Levant et en Afrique du Nord soit partie intégrante d’un plan pour le “Grand Israël” ou l’expansion d’un “califat saoudien” (tous deux quoi qu’il en soit, des outils des Rothschild), une chose est certaine: Cette vague de réfugiés n’est que la première.

Lors de voyages très récents au Guatémala et au Népal, pays que j’avais déjà visité il y a plusieurs années, j’ai été le témoin de la transformation de ces nations de pays du tiers monde en pays du quart monde. Des choses aussi basiques et fondamentales comme l’eau potable, n’existent plus dans ces pays. La dévastation environnementale y est extrême.

Les banksters ont utilisé leurs tentacules entrepreneuriales pour voler quasiment toutes les ressources naturelles de bien des pays ces dernières décennies, laissant les peuples avec rien d’autre qu’une dette odieuse, un environnement délabré et une pauvreté extrême. L’impérialisme a fait son œuvre.

Ainsi, alors que maintenant l’économie mondiale se contracte irrémédiablement, attendez-vous à toujours plus de réfugiés. Lorsque vous en rencontrerez un, donnez-lui quelque chose à manger ou une couverture. C’est la moindre des choses que vous puissiez faire pour lui et les siens après toutes ces années d’essence, de café et de fringues pas chers, que votre gouvernement, que vous soyez d’accord ou pas, a pillé, volé en votre nom.

Nous sommes le peuple. Nous devons coopérer ensemble et devons lancer un assaut frontal sur ces va t’en guerre psychopathes et nous devons reconnaître, admettre, que cette crise des réfugiés a été causée par une politique étrangère imnpérialiste de l’occident qui doit être changée.

Crise induite de la migration… Un point de vue des nations originelles d’Amérique du Nord… (Mohawk Nation News)

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“L’homme blanc cherche à conquérir la Nature, à la faire plier à sa volonté et à l’utiliser par le gaspillage jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien, puis il continue son chemin laissant derrière lui détritus et dévastation tout en regardant de nouveaux endroits à s’approprier. L’homme blanc est un monstre qui a toujours faim et ce qu’il mange est la terre.”
~ Chilksilka, nation Shawnee ~

 

Encore un problème de réfugiés !

 

Mohawk Nation News

 

9 Septembre 2015

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2015/09/09/refugee-problem-again/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Et oui, nous Ongwe’hon:weh, peuples originels de ce continent, avons un problème de réfugiés vieux de plus de 500 ans, problème qui s’appelle “Canadiens” et “Etats-Uniens”. Nous et notre terre-mère vivons une vie périlleuse depuis que ces gens sont arrivés sur nos rivages. La plus grande partie d’entre nous fut massacrée. Nos ancêtres nous avaient averti à leur propos. La corporation entrepreneuriale du Canada va accepter sélectivement ceux des associés qui vont l’aider à violer et piller toujours plus avant nos terres et nos possessions et essayer de terminer le génocide commencé il y a des siècles. Nous n’avons strictement aucune obligation de les aider. Nous devons objecter à tout ceci. Nous sommes Ono’ware:geh ou l’Île de la Grande Tortue.

L’establishment anglo-américain a organisé le chaos que nous voyons aujourd’hui au Moyen-Orient. Les banquiers ont créé un système de classe autosuffisant qui doit maintenant être retiré de l’endroit et envoyé dans leurs colonies entrepreneuriales comme le Canada entre autres, pour continuer à les servir eux et leurs intérêts. Ceux de la classe supérieure qui ne sont plus les bienvenus dans leur patrie ont été maternés pour être intégrés dans la matrix monétaire des banquiers. Ils ont des familles et des comptes en banques pour corrompre qui se doit. Les pauvres marcheurs entrant en Hongrie qui ont vu leurs maisons et leurs villes pulvérisées par les Européens sont indésirables aux yeux des gardiens des portails de la matrice corporatiste. De bien tristes histoires sont pirouettées chaque jour afin de nous faire sentir coupables de ne pas vouloir partager encore plus de nos terres, de nos ressources, de nos vies.

Nous avons laissé entrer des réfugiés et leur avons donné une sécurité future. Bientôt, ils commencèrent à nous exterminer et à saisir toutes nos possessions. Parce que ce n’est pas leur terre, ils détruisent notre mère en toute impunité. Le Canada a passé la loi liberticide C-51 qui vise à terminer notre extermination pour l’an 2024. Ces réfugiés (de la première heure) devraient retourner chez eux et arranger le chaos qui ravage leurs propres pays, chaos causé par les entreprises multinationales occidentales. Nous avons assez souffert comme cela !…

Ils viennent ici pour tout monétariser afin d’erradiquer la Grande Loi de la Paix, Kaiane’reko:wa. Nos femmes décident de la citoyenneté, de qui devient notre représentant, des noms, des désignations de clans et de la procédure d’adoption. Eh la COURONNE (NdT: City de Londres et sa Banque d’Angleterre/Vatican), reprends tes enfants à la maison ! On ne dit pas à ces immigrants que nous n’avons JAMAIS abandonné quelque terre ou possession que ce soit, que la matrix de la COURONNE contrôle ce système esclavagiste de manière illégale. La COURONNE est 100% coupable de l’holocauste génocidaire qui s’est tenu dans les pensionnats pour Indiens. Le monde doit aider à mettre en accusation et à traduire en justice la COURONNE afin de punir ces criminels coupables de crimes contre l’humanité. Des terroristes sont maintenant importés afin de continuer le génocide des peuples naturels de cette terre. Les réfugiés ne peuvent communiquer avec la terre qu’au travers de leurs femmes et de leurs propres territoires.

Le groupe Nirvana nous le dit: “Stay away. Stay away. Stay away. Give an inch, take a mile”.

Résistance à l’empire: Les véritables raisons derrière les mensonges de Washington sur le programme nucléaire iranien (Paul Craig Roberts)

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L’accord nucléaire avec l’Iran

 

Paul Craig Roberts

 

7 Juillet 2015

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2015/07/07/nuclear-agreement-iran-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le problème de Washington avec l’Iran n’a jamais été le programme d’énergie nucléaire iranien. La notion, poussée par les néo-conservateurs, que l’Iran n’avait un programme nucléaire énergétique (à 5% d’enrichissement de l’uranium) que pour cacher un programme nucléaire militaire (à 95% d’enrichissement de l’uranium), a toujours été une couverture pour Washington afin de masquer son véritable agenda et son opposition à l’Iran.

Du point de vue de la doctrine hégémonique américaine, le problème de l’Iran est son indépendance. Comme l’Irak, la Syrie, la Libye, le Vénézuéla, l’Équateur, la Bolivie, le Brésil, l’Argentine, Cuba, la Corée du Nord, la Russie et la Chine, l’Iran n’est pas un vassal de Washington.

Washington est simplement incapable d’admettre la vérité et de dire que l’Iran est sur sa liste de pays ciblés, parce que l’Iran n’a pas voulu se plier à sa volonté. Ainsi, Washington a décidé de créer une peur, une diabolisation de l’Iran chez les Américains et les Européens. Pour ce faire, l’iran fut accusé de développer des armes nucléaires que l’Iran donnerait ensuite aux terroristes pour utilisation contre Israël, l’Europe et les Etats-Unis. Quand Washington a positionné des missiles anti-balistiques à la frontière avec la Russie, il lui a menti et disant que le but était l’interception des missiles inter-continentaux nucléaires iraniens (non-existants).

La propagande de Washington au sujet de la menace des armes nucléaires iraniennes est maintenant vieille de plusieurs années et ce, malgré un rapport du renseignement national publié conjointement par les 16 agences de renseignement des Etats-Unis, disant que l’Iran avait abandonné son intérêt pour l’armement nucléaire il y a plus de dix ans. La progagande washingtonnienne a aussi été aidée par les médias occidentaux et ce malgré le fait que les inspecteurs de terrain de l’AIEA aient régulièrement rapporté qu’il n’y avait aucune preuve d’une quelconque déviation du programme nucléaire civil iranien vers le militaire. En d’autres termes, les inspecteurs de l’AIEA peuvent savoir et comptabiliser tout l’uranium enrichi dans ce programme nucléaire énergétique parfaitement légal.

Mais quoi qu’il en soit, Washington affirme que l’Iran fabrique ou est sur le point de pouvoir fabriquer des armes nucléaires.

La fabrication d’armes nucléaires a toujours été un prétexte de couverture des intentions réelles de Washington, qui est en fait de parvenir à un changement de régime à Téhéran, que ce soit de l’extérieur ou de l’intérieur, afin de faire retourner l’Iran à son statut précédent de vassal des nations occidentales. Les impérialistes occidentaux n’oublient jamais ceux qui s’échappent du système ou ceux qui jettent leurs béquilles de tutelle.

Washington a orchestré la “menace nucléaire” iranienne afin de préparer les opinions publiques américaines et européennes à une attaque militaire sur l’Iran.

En masquant ses vraies intentions dans des problèmes fabriqués de toutes pièces, Washington a ouvert la porte à la Russie pour qu’elle résolve la crise par moyen diplomatique. Coincé dans sa propre fabrication, Washington est confronté à la Russie résolvant l’affaire au moyen d’accords qui pourront être mis en application et qui garantissent aucun enrichissement d’uranium dans la catégorie d’armement nucléaire.

Frustrés, les néo-conservateurs enragés agissant par des politiciens de bas-étage de Washington, ont essayé de bloquer l’accord. Le parti républicain, maintenant totalement contrôlé par Israël, a même demandé au chef dément d’Israël de s’adresser au congrès des Etats-Unis afin de bloquer l’accord d’Obama sur le nucléaire iranien.

Bloquer l’accord à ce stade est un aveu évident que l’affaire du nucléaire iranien n’était rien d’autre qu’une couverture à l’objection de Washington sur l’indépendance iranienne.

Qu’Obama soit sincère, coincé par la diplomatie russe, ou se reposant sur un attentat/évènement faux-drapeau pour discréditer l’Iran et ainsi souffler l’accord, je n’en sais rien. Israël bien sûr, veut que Washington enlève tous les obstacles à son expansion impérialiste au Moyen-Orient. Ayant volé la Palestine, Israël veut le sud-Liban comme prochaine annexion/acquisition (NdT: Sud-Liban qu’ils occupaient en partie avant de s’être fait virer par le Hezbollah en 2000)

Ce que je sais est que l’accord sur le nucléaire iranien n’est en rien le fond de l’affaire, que cela soit couronné de succès ou échoue n’aura aucun impact, parce que l’objection de Washington à l’Iran est son indépendance vis à vis de l’empire. L’Iran est un obstacle pour Washington. La fumisterie de la menace nucléaire que Washington a créé de toute pièce ne fut qu’un moyen de propagande pour amener les peuples américains et européens insouciants à accepter une attaque sur l’Iran.

L’Iran demeure en grand danger que l’accord sur son nucléaire soit un succès ou un échec.

Je suis toujours stupéfait de constater que les gouvernements qui sont directement menacés par Washington échouent toujours de voir la véritable affaire de derrière le rideau et acceptent toujours la définition, l’énoncé du problème faits par Washington. L’affaire inventée du nucléaire iranien ne sert qu’à masquer l’intention de Washington de renverser l’indépendance de l’Iran ; et pourtant le gouvernement iranien et les médias suivent Washington et sa pressetituée en acceptant la fabrication comme étant le véritable problème.

Si l’Iran survit, ce sera un véritable miracle.

Financement des partis politiques en république bananière… Sarkozy-Kadhafi, les frères en pétard…

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Le pitre sarko, bon élève de la CIA, n’a plus de compte à rendre à Kadhafi, mais un paquet au peuple français…

— Résistance 71 —

 

Kadhafi sur France 3: “Je lui ai donné l’argent avant qu’il ne devienne président”

Sarkozy et Kadhafi

 

Françoise Petitdemange

 

8 Avril 2015

 

url de l’article original:

http://www.france-irak-actualite.com/2015/04/kadhafi-sur-france-3-je-lui-ai-donne-l-argent-avant-qu-il-ne-devienne-president.html

 

Ce documentaire d’Antoine Vitkine diffusé sur France 3, le 9 avril 2015, est particulièrement intéressant. Les différents témoignages permettent de saisir la trame des événements franco- libyens de 2011. Une ombre, cependant, s’étend sur le tableau …

Le documentaire dure 1 heure 17 minutes ; le mot « dictateur » est répété 57 fois dans le commentaire en voix off (vidéo à la fin de l’article). 

6 octobre 2005. Voix off : « Toute cette histoire a commencé deux ans avant que le futur président n’entre à l’Élysée lorsqu’il est allé faire la connaissance du dictateur un jour d’octobre 2005. » Revenant sur cette visite, Zohra Mansour, qui était chargée des relations diplomatiques entre la France et la Libye, se souvient : « Le Guide m’a dit : « Zohra, nous honorons quelqu’un qui sera candidat à des élections importantes. S’il arrivait au pouvoir, nous pourrions entretenir de bonnes relations avec son pays. Ça vaut le coup, non ? ». »

À propos du candidat Nicolas Sarkozy, en 2007, Rama Yade a son avis : « C’est l’époque où une certaine gauche intellectuelle s’insurgeait de ses propos et, à un moment donné, on a senti chez lui le besoin aussi de s’adresser à ces intellectuels-là, heu, parce que même s’ils ne sont pas majoritaires dans le pays, ils ont une certaine influence. Nicolas Sarkozy était sensible, très sensible à ce que pouvaient penser les Bernard-Henri Lévy, les Glucksmann, les Bruckner… »La politique étrangère de la France, serait-elle dictée par des personnes qui « ne sont pas majoritaires dans le pays » ?

Monsieur le Guide…

Voix off « Le 28 mai 2007, l’un des tout premiers dirigeants du monde à qui le président français, tout juste élu, téléphonait longuement était le chef d’un petit pays d’Afrique du Nord. »Muammar Gaddhafi : « Monsieur Sarkozy, je vous félicite pour votre élection. Vous méritez la confiance du peuple français. » Sans doute, Nicolas Sarkozy, sait-il s’il doit quelque chose à la Libye. En tout cas, il n’est pas question de « dictateur » : « Monsieur Kadhafi, je suis enchanté de vous parler. Je n’ai pas oublié notre rencontre. Je garde un excellent souvenir de la qualité de vos analyses. Vous méritez amplement votre titre de Guide. » Nicolas Sarkozy dit : « votre titre de Guide » Mais encore… « Oui, monsieur le Guide. J’espère vous recevoir en France ou me rendre en Libye. » Et, pour finir… « Je vous exprime mes respects et mon amitié, monsieur le Guide. » 

25 juillet 2007, Tripoli. Voix off : « L’heure est à l’idylle. Surtout lorsque vient la signature d’une dizaine d’accords de coopération. » Les contrats sur l’armement ? Henri Guaino a la réponse : « Quand vous faites des contrats de ventes d’armes, vous imaginez bien que le gouvernement peut effectivement les utiliser d’une autre manière que pour préserver l’indépendance, l’indépendance nationale. Bon ! Voilà. Mais faut-il donc ne plus vendre d’armes à quiconque ? » Trois ans plus tard, le président Nicolas Sarkozy fera voter une résolution à l’ONU qui interdira à tout avion libyen de décoller; il sera ainsi plus facile de détruire les avions au sol et tout le dispositif de défense, empêchant ainsi le peuple libyen de préserver l’« indépendance nationale » si chère à monsieur Guaino.

Un comportement inadmissible

Paris. Décembre 2007. Problème de dernière minute… Voix off : « Alors, à l’heure du laitier, ce lundi matin, la jeune secrétaire d’État frappe un grand coup. À un journal, elle lance : « La France n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant peut venir s’essuyer les pieds de ses forfaits », avant de rééditer à la radio… » Voix de Rama Yade : « Personnellement, je me retrouve avec une journée des droits de l’homme sur les bras et Kadhafi sur le tarmac d’Orly. Donc, pour moi, c’est un problème. » Appelée à l’Élysée pour rendre des comptes, Rama Yade racontera plus tard : « Au retour de la radio, […] arrivent les deux conseillers, là, Lévitte, messieurs Lévitte et Guéant, qui donc me sermonnent lourdement : « Vous vous rendez compte, son avion est dans le ciel français. Il veut pas atterrir. » Heu, bon, je lui dis : « Écoutez, ben, qu’il rentre chez lui. » […]. » Le député Arnaud Montebourg, lui, apostrophait, à l’Assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, qui lui répondait : « Vous avez cité un certain nombre des prises de position de monsieur Kadhafi, sachez que je les réprouve. Lorsqu’il a parlé des droits de l’homme, ici, c’est-à-dire des droits de l’homme dans notre pays, en Europe, c’était assez pitoyable. » Zohra Mansour dira plus tard au sujet de ces étranges comportements d’alors : « C’était une attitude contraire à toute diplomatie. Pour nous, musulmans et diplomates, c’était un comportement inadmissible. » Henri Guaino paraît, lui, tout étonné du résultat d’une diplomatie française à coups de phrases intempestives : « On aurait vendu beaucoup de Rafale, hein, si toutes les promesses et tous les précontrats signés, tous les engagements signés avaient été tenus, hein. » Le mot de Ziad Takieddine (intermédiaire en armements)est sans aucun doute plus pertinent : « Les affaires ne peuvent pas se faire sans qu’il y ait une politique extérieure cohérente et rassurante. C’est ça quand je vous dis : « des amateurs ». » 

Un donneur de leçons du Café de Flore

Début 2011, la Tunisie, l’Égypte, la Libye sont la proie de bandes armées. Depuis la Turquie, le président Nicolas Sarkozy déclare catégoriquement : « Notre position est claire. Monsieur Kadhafi doit partir. » Déjà, il était clair que l’accusation, disant que Muammar Gaddhafi faisait tirer sur sa population, était inexacte. Mais de quel droit Nicolas Sarkozy, pouvait-il exiger le départ du Guide ? Voix off : « Et voilà que le 5 mars, le président reçoit l’appel providentiel d’un donneur de leçons du Café de Flore qu’il vitupérait en 2007. » Jean-David Lévitte (conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy) rapporte les propos de Bernard-Henri Lévy, tenus de Benghazi, lors d’une conversation téléphonique avec le président Sarkozy : « Je suis avec les nouveaux dirigeants du Conseil National de Transition qui vient de se créer. » Le président va s’empresser de les recevoir.

La rébellion était presque éteinte. Mais le président français, Nicolas Sarkozy, allait mettre les autres chefs d’États devant le fait accompli. Le jour même du “Sommet de Paris pour le soutien au peuple libyen – Samedi 19 mars 2011”... Voix off : « […] à l’instant même où ses alliés se réunissent à l’Élysée, le président leur apprend que deux Rafale viennent de tirer leurs premiers missiles sur les troupes du dictateur. C’est le début de huit mois de guerre. » Bruno Jeudy (journaliste au Figaro) « Je crois qu’Hillary Clinton, elle, parle d’une guerre obsessionnelle : « la guerre de Sarkozy » ; je crois qu’elle dit même, elle emploie ce mot-là, et c’est vrai qu’il y a ce côté-là, il est complètement habité par ça : il fait installer une carte dans son bureau. » Jean- David Lévitte dit ce qu’il a vu : « Lui intervenait ; il commentait les cartes et, en effet, le président Sarkozy trouvait toujours des petits points de progrès puisque les couleurs étaient différentes. Il connaissait absolument par cœur chaque petit village, heu, tenu par les uns ou par les autres». Cette guerre ne visait pas seulement des points stratégiques mais le peuple libyen lui-même jusque dans les villages.

Je lui ai donné l’argent avant qu’il ne devienne président

Voix off « Retranché dans sa capitale, le dictateur résiste mieux que prévu à la guerre du président. De son arsenal, il dégaine même une arme nouvelle. » Dans sa tente, Muammar Gaddhafi parle à un homme – un journaliste ? – qui prend des notes : « Je suis vraiment en colère. C’est moi qui ai aidé Sarkozy à prendre le pouvoir. Je lui ai donné l’argent avant qu’il ne devienne président. Il est venu ici, il m’a rendu visite sous ma tente quand il était ministre de l’intérieur et m’a demandé de l’aide. Selon moi, il a un problème mental. » 

Muammar Gaddhafi, arrêté le 20 octobre, serait lynché : frappé, traîné à terre, écorché vif, assassiné. Ce documentaire s’achève sur deux phrases instructives. À propos d’un financement de sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy déclarait sur Télé Matin en 2012 : « Vous croyez vraiment qu’avec ce que j’ai fait à monsieur Kadhafi, il m’a fait un virement ? Pourquoi pas un chèque endossé ? » Comme il est possible de le constater, Nicolas Sarkozy inverse la succession des événements : si la Libye a financé sa campagne présidentielle de 2007, elle ne l’a pas financée… après les huit mois de guerre de 2011 et la mort du Guide révolutionnaire ! Coup de théâtre : « ce que j’ai fait à monsieur Kadhafi » est un aveu…

Quant au mot « dictateur », répété 57 fois dans le commentaire, doit-il vraiment s’appliquer au Guide révolutionnaire ou…

Françoise Petitdemange

 

Photo : Muammar Kadhafi et Nicolas Sarkozy au Sommet Afrique-Union européenne (Lisbonne – 8 décembre 2007)…

Françoise Petitdemange écrivaine indépendante et professionnelle depuis 1981. Elle a notamment publié, en 2014: ”La Libye révolutionnaire dans le monde (1969-2011)” aux Editions Paroles Vives.

(Plus d’informations et contact : http://www.francoisepetitdemange.sitew.fr )

(1) Vidéo (1:17): France Tv Info

Françafrique + mafia sarkoziste (soutenue par la gôche) = haute trahison + chaos organisé…

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L’État doit partir… C’est une certitude avérée… Il n’y a pas de solution au sein du système et il n’y en aura jamais !

— Résistance 71 —

 

Comment Sarkozy a armé Boko Haram

 

Mondafrique

 

13 Mars 2015

 

url de l’article:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-18106.html

 

Il réplique qu’une grande partie de l’armement de la secte islamiste a été prélevée à l’armée nigériane, l’autre provenant « de trafics illégaux dans la région » sans toutefois nier l’étiquetage made in France.

Tous les experts militaires de bonne foi admettent aujourd’hui que la France, quatrième exportateur d’armes dans le monde, un rang qu’elle maintient alors qu’elle a chuté à la sixième place des puissances économiques, s’est montrée bien imprudente en parachutant à l’aveugle dans le désert libyen, en juin 2011, des dizaines de tonnes d’armes à destination des rebelles combattants Kadhafi. Nicolas Sarkozy, qui est un homme impatient, était alors pressé d’en finir avec son nouvel ennemi, le Guide Libyen.

Une pluie d’armes tricolores

Jusqu’à ces largages, les conteneurs d’armement étaient livrés par le Qatar (tiens, le revoilà) et les Emirats Arabes Unis (où l’ancien président exerce ses talents de conférencier) par avion à Benghazi, puis par bateau jusqu’à Misrata, ville tenue par les insurgés. Les parachutages français furent effectués dans le djebel Nefoussa, non loin de la frontière tunisienne. On largua en masse des lance-roquettes, des fusils d’assaut, des mitrailleuses et surtout des missiles antichars Milan. En utilisant un système très sophistiqué, avec un petit parachute qui s’ouvrait à 200 mètres du sol, se vantaient alors les militaires français.

Dans cette région réputée pour être un fief islamiste, ces colis tombés du ciel furent accueillis comme une bénédiction, notamment par Mounir el-Haidara, l’un des émirs les plus célèbres du djihadisme tunisien. Grâce au téléphone arabe, une grande partie des armes furent détournées de leur véritable destination et recyclées, comme le dit si bien l’ambassadeur de France au Cameroun, dans le « trafic illégal », à destination d’Aqmi, Boko Haram et consorts. Voilà comment l’armée française au Mali et l’armée tchadienne au Cameroun se sont retrouvées face à des mitrailleuses tricolores.

Le tragique aveuglement des gouvernants français ne s’arrête pas là. Il faut en effet rappeler que le colonel Muammar Kadhafi fut toujours un excellent client (hors les périodes d’embargo) des industries françaises d’armement. Quelques mois après son arrivée au pouvoir en 1969, il avait fait un gros chèque pour acquérir 82 Mirage à Dassault. Dans les années 80, de luxuriants contrats aboutirent à la livraison de missiles sol-air Crotale II et de vedettes lance-missiles. Kadhafi redevenu fréquentable en 2004, les commandes reprirent de plus belle.

Grâce à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, qui débarqua à Tripoli en novembre 2005 en se parant de l’auréole de futur présidentiable. Il était venu « pour nous vendre des armes et du matériel de surveillance », a affirmé le cousin du Guide, Ahmed Kadhaf al-Dam, dans une interview publiée par l’Express en septembre 2014. « Quand il est reparti à l’aéroport, j’ai rejoint Muammar. Nous sommes sortis nous promener dans le jardin et il m’a parlé de Nicolas Sarkozy, raconte toujours le cousin. Il était enchanté du dialogue avec votre futur président.

Il admirait son enthousiasme, son ambition. La Libye, à l’époque, se battait depuis longtemps pour construire une nouvelle entité politique : les « Etats-Unis d’Afrique ». Muammar m’expliquait que nous ne pourrions jamais construire une puissance africaine autonome si nous n’instaurions pas d’excellentes relations avec la France.

Il me disait ceci : « Nous devons aider Sarkozy à devenir président. Il nous faut un ami à l’Elysée. » La lune de miel, ponctuée par le débarquement de Kadhafi et de sa tente de bédouin à Paris, va durer quelques années. Michèle Alliot-Marie ministre de la Défense, met les bouchées doubles et propose quantités d’armes au colonel.

On réussit notamment à lui fourguer des missiles antichars Milan pour 168 millions d’euros et un réseau de communication sécurisé Tetra pour sa police à 128 millions d’euros. Mais, il ne veut pas acheter le Rafale, volontairement sous-équipé en armement, et on lui refuse des équipements de vision nocturne de dernière génération qu’il voulait acquérir pour, disait-il, lutter contre l’immigration clandestine.

Pas de levée d’embargo sur les armes

Au moment de sa chute, plus de deux milliards d’euros de contrats étaient en discussion, portant sur la vente d’hélicoptères, d’un système de radars de surveillance aérienne, de chars de combat T-72, de vedettes… La plupart de ces armes ont été détruites par les bombardements franco-anglais de 2011, mais aucune troupe au sol ayant été déployée, on est loin d’avoir la certitude que quelques unes de ces armes, notamment les missiles Milan, ne soient pas tombés entre des mains islamistes.

Aujourd’hui, la Libye est plongée dans un effroyable chaos, avec d’un côté le gouvernement du Premier ministre Abdallah al Thinni, seul reconnu par la communauté internationale, et de l’autre un invraisemblable fatras de milices claniques de diverses obédiences, et des groupes liés à l’Etat Islamique qui étend son emprise sur le pays.

Ce gouvernement réclame à l’ONU la levée de l’embargo sur les armes, et la livraison de 150 chars, d’une vingtaine d’avions de chasse, de sept hélicoptères d’attaque, de dizaines de milliers de fusils d’assaut et de lance-roquettes et de millions de munitions en provenance d’Ukraine, de Serbie et de République tchèque.

Le 9 mars, le Conseil de sécurité des Nations Unies, à l’initiative de la France, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, a mis en suspens sa réponse à cette demande formulée pour lutter contre le groupe Etat islamique.

Il n’est pas exclu, que ces grandes puissances, instruites par l’expérience syrienne où les armes promises aux rebelles dits modérés sont tombées aux mains des djihadistes de l’EI, y réfléchissent désormais à deux fois avant de livrer des armes dans un pays qui compte au moins un million d’armes légères sans compter d’autres joyeusetés comme des missiles sol-air ou des entrepôts d’armes chimiques.

Et cela, aux frontières immédiates de l’Europe. On espère que Nicolas Sarkozy, qui piaffe d’impatience de revenir aux affaires, saura proposer des solutions pour sortir de ce bourbier libyen.

Philippe Duval

Rétrospective sur la guerre en Libye… Les services canadiens et l’OTAN à la manœuvre d’intoxication…

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Les services secrets militaires canadiens et l’OTAN savaient que l’intervention en Libye créerait le chaos et profiterait aux extrémistes d’Al Qaïda

 

Stephen Gowans

 

5 Mars 2015

 

url de l’article en français:

http://ilfattoquotidiano.fr/les-services-secrets-militaires-canadiens-et-lotan-savaient-que-lintervention-en-libye-creerait-le-chaos-et-profiterait-aux-extemistes-islamistes-alignes-sur-al-qaida/#more-2864

D’après David Pugliese (ci-dessous), un reporter du Ottawa Citizen qui a eu accès à certains documents des services des services secrets militaires canadiens, ces derniers savaient que l’intervention de l’OTAN en Libye en mars 2011 profiterait aux militants islamistes alignés sur al-Qaïda et plongerait pour longtemps le pays dans le chaos.

A l’époque, l’amiral américain James Stavridis, chef militaire de l’OTAN, niait que l’opposition au dirigeant gauchiste Mouammar Kadhafi était menée par des théocrates islamistes de droite, et se plaisait à dire des forces d’opposition qu’il s’agissait « d’hommes et de femmes responsables. » …

En réalité, les services secrets canadiens savaient parfaitement à quoi s’en tenir au sujet de l’opposition libyenne.

David Pugliese écrit qu’ « un rapport des services secrets canadiens publié fin 2009 décrivait la place forte de l’Est libyen « d’où est partie la contestation contre Kadhafi » comme « l’épicentre de l’extrémisme islamique. » »

De même, les pilotes canadiens plaisantaient volontiers entre eux, disant qu’ils étaient la force aérienne d’al-Qaïda, étant donné que leurs bombardements « aidaient à paver la route des rebelles affiliés au groupe terroriste. »

Dans son article David Pugliese explique que quelques jours avant l’intervention de l’OTAN en Libye :

Des spécialistes canadiens du renseignement avaient envoyé un mémo à l’adresse de hauts responsables des services secrets : « Il y a de fortes probabilités pour que la situation en Libye dégénère en une longue guerre civile ou entre différentes tribus, » écrivaient-ils en mars 2011.  « Cela a toutes les chances de se produire si les forces d’opposition bénéficient de l’aide militaire d’autres pays. »

Le Premier ministre canadien Stephen Harper a par la suite refusé d’admettre que l’intervention en Libye avait engendré le chaos qui a paralysé le pays, même si ses propres chefs militaires l’avaient averti que cela avait toutes les chances de se produire.

Tout cela constitue une tentative malhonnête de manipuler l’opinion publique au travers d’un mensonge éhonté, et est comparable aux appels du premier ministre Benjamin Netanyahou à soutenir une intervention militaire contre l’Iran en 2002, arguant que Téhéran n’était plus qu’à un an de la mise au point de la bombe nucléaire, alors que ses propres services de renseignement avaient conclu que l’Iran « ne poursuivait pas d’activités visant à produire des armes [nucléaires]. »

Le rapport de Pugliese est accessible ici.

Stephen Gowans

sur GlobalResearch, 5 mars 2015

Traduction : Christophe pour ilfattoquotidiano.fr