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Mars 2011 ~ mars 2021… 10 ans de destruction de la Libye par l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 21 mars 2021 by Résistance 71

 

 


ou OTAN en emporte le sang…
Démantelons cette ignominie qui n’a aucune raison d’être !

 

En plus de ce qui est dit dans l’article de Dinucci, quelques autres indices du pourquoi Kadhafi et la Libye devaient être anéantis, extraits utiles:

« La démocratie véritable ne peut s’établir que par la participation du peuple lui-même et non au travers de l’activité de ses substituts… Il est du droit des peuples de proclamer un nouveau principe : ‘Pas de substitut au pouvoir du peuple’… Il apparaît clairement ainsi que la représentation est une imposture. »

« Les plus tyranniques dictatures que le peuple ait connues se sont établies à l’ombre des assemblées parlementaires. Le parti [politique] est la dictature contemporaine. »

« La solution ultime au problème social] consiste à abolir le salariat, par la libération de l’Homme de l’asservissement par lequel celui-ci le maintient. Il faut retourner à la loi naturelle qui a organisé les rapports humains bien avant l’apparition des classes, des gouvernements et des législations positivistes… L’équité dictée par la loi naturelle veut que chaque composant qui participe à la production en ait sa part, car si on élimine l’un d’entre eux, il n’y a pas de production. »

« La maison de l’individu étant un de ses besoins fondamentaux, nul ne peut construire dans le but de louer… Il n’y a pas de salariés dans la société socialiste, il y a des associés… Le revenu appartient à l’individu, ce n’est pas un salaire versé en contrepartie d’une production faite au profit d’un tiers… La terre n’est la propriété de personne. »

« L’étape finale sera atteinte lorsque a société socialiste nouvelle parviendra au stade de la disparition du profit et de la monnaie. Cela se fera par la transformation de la société en une société entièrement productive et lorsque la production atteindra le stade de la pleine satisfaction des besoins matériels des membres de la société. A cette étape finale, le profit disparaîtra de lui-même et on se passera de monnaie. »

~ Mouammar Kadhafi, « Le livre vert », 1975 ~

NdR71 : « Le livre vert » peut-être téléchargé gratuitement sur scribd, il existe une très belle édition papier petit format très bon marché aux éditions Hades, réédité en 2016

 

Pourquoi l’OTAN a détruit la Libye il y a dix ans

 

Manlio Dinucci

 

18 mars 2021

 

source de l’article en français:
https://www.mondialisation.ca/pourquoi-lotan-a-detruit-la-libye-il-y-a-dix-ans/5654519

 

ll y a dix ans, le 19 mars 2011, les forces USA/OTAN initiaient le bombardement aéronaval de la Libye. La guerre fut dirigée par les États-Unis, d’abord via le Commandement Africa, puis par l’OTAN sous commandement USA. En sept mois, l’aviation USA/OTAN effectue 30 mille missions, dont 10 mille d’attaque, avec plus de 40 mille bombes et missiles. L’Italie -avec le consensus multi-partisan du Parlement (Partito democratico au premier rang)- participe à la guerre avec 7 bases aériennes (Trapani, Gioia deL Colle, Sigonella, Decimomannu, Aviano, Amendola et Pantelleria) ; avec des chasseurs bombardiers Tornado, Eurofighter et d’autres, avec le porte-avions Garibaldi et d’autres navires de guerre. Avant même l’offensive aéro-navale, avaient été financés et armés en Libye des secteurs tribaux et groupes islamistes hostiles au gouvernement, et infiltrées des forces spéciales notamment qataris, pour propager les affrontements armés à l’intérieur du pays.

Ainsi est démoli cet État africain qui, comme documentait la  Banque Mondiale en 2010, maintenait “de hauts niveaux de croissance économique”, avec une augmentation annuelle du PIB de 7,5%, et enregistrait “de hauts indicateurs de développement humain” parmi lesquels l’accès universel à l’instruction primaire et secondaire et, pour plus de 40% aux universités. Malgré les disparités, le niveau de vie moyen était en Libye plus haut que dans les autres pays africains. Environ deux millions d’immigrés, en majorité africains, y trouvaient du travail. L’État libyen, qui possédait les plus grandes réserves pétrolifères de l’Afrique plus d’autres en gaz naturel, laissait des marges de profit limitées aux compagnies étrangères. Grâce à l’exportation énergétique, le balance commerciale libyenne avait un excédent de 27 milliards de dollars annuels. Avec de telles ressources l’État libyen avait investi à l’étranger environ 150 milliards de dollars. Les investissements libyens en Afrique étaient déterminants pour le projet de l’Union Africaine de créer trois organismes financiers : le Fonds monétaire africain, avec siège à Yaoundé (Cameroun) ; la Banque centrale africaine, avec siège à Abuja (Nigeria) ; la Banque africaine d’investissement, avec siège à Tripoli. Ces organismes auraient servi à créer un marché commun et une monnaie unique de l’Afrique.

Ce n’est pas un hasard si la guerre OTAN pour démolir l’État libyen commence moins de deux mois après le sommet de l’Union Africaine qui, le 31 janvier 2011, avait donné son feu vert pour la création dans l’année du Fonds monétaire africain. Le prouvent les e-mails de la secrétaire d’État de l’Administration Obama, Hillary Clinton, mis en lumière ensuite par WikiLeaks : États-Unis et France voulaient éliminer Kadhafi avant qu’il n’utilise les réserves en or de la Libye pour créer une monnaie pan-africaine alternative au dollar et au franc CFA (la monnaie imposée par la France à 14 de ses ex-colonies). Ceci est prouvé par le fait que, avant qu’en 2011 n’entrent en action les bombardiers, ce sont les banques qui entrent en action : elles séquestrent les 150 milliards de dollars investis à l’étranger par l’État libyen, dont la plus grande partie disparaît. Dans la grande rapine se distingue Goldman Sachs, la plus puissante banque d’affaires étasunienne, dont Mario Draghi (NdR71: aujourd’hui premier ministre italien, ben voyons…) a été vice-président.

Aujourd’hui en Libye les entrées de l’export énergétique se trouvent accaparées par des groupes de pouvoir et des multinationales, dans une situation chaotique d’affrontements armés. Le niveau de vie moyen de la majorité de la population s’est effondré. Les immigrés africains, accusés d’être “des mercenaires de Kadhafi”, ont été emprisonnés jusque dans des cages de zoo, torturés et assassinés. La Libye est devenue la principale voie de transit, aux mains de trafiquants d’êtres humains, d’un chaotique flux migratoire vers l’Europe qui a provoqué beaucoup plus de victimes que la guerre de 2011. À Tawerga les milices islamistes de Misrata soutenues par l’OTAN (celles qui ont assassiné Kadhafi en octobre 2011) ont accompli un véritable nettoyage ethnique, contraignant presque 50 mille citoyens libyens à fuir sans pouvoir y revenir. De tout cela est responsable aussi le Parlement italien qui, le 18 mars 2011, engageait le Gouvernement à “adopter toute initiative (c’est-à-dire l’entrée en guerre de l’Italie contre la Libye) pour assurer la protection des populations de la région”.

 


Kadhafi en savait beaucoup trop sur Gladio et devenait dangereux,
tout en tenant Sarkozy financièrement via sa campagne électorale…

Guerre impérialiste en Libye: un motif important de la guerre est l’arrêt du développement africain par l’occident oppresseur…

Posted in actualité, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, néo-libéralisme et paupérisation, politique française, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 4 juillet 2011 by Résistance 71

ENTRETIEN AVEC LE MINISTRE LIBYEN DE LA COOPÉRATION

La guerre contre la Libye est une

catastrophe économique pour

l’Afrique et l’Europe

 

par Thierry Meyssan

 

Url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/La-guerre-contre-la-Libye

 

 

L’un des mobiles de la guerre contre la Libye est de stopper le développement du continent noir, de permettre l’installation de la base militaire de l’US Africom en Cyrénaique, et de débuter l’exploitation coloniale de l’Afrique au profit des États-Unis. Pour comprendre ces enjeux cachés, le Réseau Voltaire à interrogé Mohammed Siala, ministre de la Coopération et administrateur du fonds souverain libyen.

 

RÉSEAU VOLTAIRE | TRIPOLI (LIBYE) | 3 JUILLET 2011

 

Réseau Voltaire : Votre pays est riche en gaz et en pétrole. Vous avez capitalisé 70 milliards de dollars au sein de l’Autorité libyenne d’investissement. Comment utilisez- vous cette manne ?

Mohammed Siala : Nous disposons d’importantes ressources, mais elles ne sont pas renouvelables. Nous avons donc créé l’Autorité libyenne d’investissement pour protéger la richesse des générations futures, comme l’ont fait les Norvégiens par exemple. Cependant, nous consacrons une partie de ces fonds au développement de l’Afrique. Cela signifie que nous avons placé plus de 6 milliards de dollars dans des actions de développement du continent, en matière d’agriculture, de tourisme, de commerce, de mines, etc.

Nous avons placé le reste des fonds dans des secteurs différents, des pays différents, des monnaies différentes. Partout, y compris aux USA et en Allemagne, ce qui leur a malheureusement permis de geler certains de nos avoirs.

Réseau Voltaire : Techniquement, comment ce gel est-il mis en œuvre ?

Mohammed Siala : Le gel des avoirs est régi par les lois bancaires du pays où ils sont placés. La règle est qu’ils bloquent nos comptes, mais que nous pouvons en obtenir parfois la libération si nous portons le litige devant un Comité des réclamations et si nous prouvons qu’ils étaient destinés à certains usages. Par exemple, je viens à l’instant de plaider le dégel de fonds destinés à verser des bourses aux 1 200 étudiants que nous avons envoyés en Malaisie. Nous essayons de faire de même pour tout ce qui touche aux allocations sociales ou aux frais d’hospitalisation de nos ressortissants à l’étranger.

Il arrive que certains pays nous autorisent à utiliser des fonds pour l’achat de nourriture ou de médicaments. En principe, c’est notre droit, mais beaucoup refusent de dégeler les sommes nécessaires ou font traîner les choses. Par exemple, en Italie, l’État refuse tout usage de nos avoirs. En Allemagne, l’État autorise les usages humanitaires, mais ce sont certaines banques qui refusent de dégeler les fonds nécessaires. Les interprétations de la résolution sont complètement différentes selon les États. Nous réclamons une règle claire : ce qui est permis est autorisé et ce qui ne l’est pas est interdit. Pour le moment, l’interprétation est politique et la force prévaut sur le droit.

Réseau Voltaire : Est-ce le seul problème que vous rencontrez pour vos approvisionnements ?

Mohammed Siala : Nous devons aussi faire face au blocus maritime que l’OTAN a mis en place sans base légale. Ils interdisent notre approvisionnement, ou le retardent, y compris pour des cargaisons alimentaires. Ils s’appliquent surtout à empêcher notre livraison en essence, même si cela n’est pas prévu par les résolutions pertinentes de l’ONU. Nous avons ainsi un pétrolier qui patiente depuis un mois à Malte. Pour chaque bateau, ils discutent le double usage de ce qu’il transporte. L’essence est destinée aux véhicules civils. Mais ils disent qu’elle peut l’être aussi par des voitures de l’armée. Nous répondons qu’ils ne peuvent nous interdire de l’utiliser pour les ambulances, etc. Quoi qu’il en soit, depuis le début du conflit, ils empêchent toute livraison d’essence. Or, nous sommes dépendants des raffineries étrangères pour environ un tiers de notre approvisionnement. D’où la pénurie actuelle. En théorie, ils ont uniquement le droit d’inspecter les navires pour s’assurer qu’ils ne transportent pas d’armes. Mais en pratique, ils déploient illégalement un blocus maritime.

Ils ont ordonné à des bateaux russes et chinois de faire demi- tour. Leurs États doivent alors déposer une plainte devant le Comité des sanctions de l’ONU pour discuter de l’interprétation des résolutions. C’est une procédure interminable et dissuasive. Aucune base légale ne les autorise à agir ainsi, mais ils le font de force, sûrs de leur impunité.

Nous parvenons toutefois à nous approvisionner par voie terrestre, mais cela est dérisoire : nous avons besoin d’un mois pour transporter par camion ce que nous pouvons décharger en une journée dans nos ports.

Réseau Voltaire : Votre pays a multiplié les constructions d’infrastructures, notamment les gigantesques travaux d’irrigation de la Man Made River. Quels sont vos projets en cours ?

Mohammed Siala : Il existe un chemin de fer qui parcourt l’Afrique du Nord, sauf la Libye. Nous voulons le compléter pour nous intégrer dans l’économie régionale et la dynamiser. Les Chinois construisent le tronçon Tunisie-Syrte. Les Russes sont chargés de Syrte-Benghazi. Une négociation était en cours avec l’Italie pour le tronçon Benghazi-Égypte ainsi que pour les locomotives. Nous avons aussi commencé la construction d’une ligne transcontinentale nord-sud, avec le tronçon Libye- N’Djamena. Ce sont des investissements considérables d’intérêt international et nous avions cru que le G8 nous aiderait. Il l’avait promis, mais nous n’avons rien vu venir.

Nous sommes âpres en affaires et nous avons utilisé les appels d’offre pour obliger nos prestataires à baisser leurs prix. Lors de sa visite ici, Vladimir Poutine a convenu d’aligner les tarifs des entreprises russes sur ceux de ses compétiteurs chinois. Nous avons pu ainsi diversifier nos partenaires.

Réseau Voltaire : Avec la guerre, que vont devenir ces projets ?

Mohammed Siala : Tous ces chantiers sont interrompus avec le gel des avoirs. Mais nous poursuivons les appels d’offre pour les tronçons à réaliser parce que nous sommes certains que la guerre est momentanée et que les travaux reprendront. Nous nous préparons à poursuivre les contrats provisoirement interrompus pour raison de « force majeure ».

La guerre a désespéré nos partenaires. Les Chinois ont ici 20 milliards de dollars de contrats, les Turcs 12 milliards. Viennent ensuite les Italiens, les Russes, puis les Français. Ce n’était pas leur intérêt de laisser faire cette agression, encore moins d’y participer. Probablement certains ont–ils reçu des compensations en dessous de table, mais nous n’avons aucune information précise à ce sujet. D’autres espèrent avoir plus en conquérant notre pays et en s’attribuant eux-mêmes les contrats de reconstruction.

Réseau Voltaire : Quelles sont les conséquences du gel de vos avoirs pour l’Afrique ?

Mohammed Siala : En bloquant nos avoirs, ils ont aussi bloqué nos actions de développement en Afrique. Le continent ne parvient qu’à exporter des produits bruts. Nous investissons pour qu’ils soient transformés en Afrique et commercialisés par les Africains. Il s’agit de créer des emplois et de conserver la plus- value en Afrique. D’un côté les Européens nous encouragent car cette politique assèche les flux migratoires, d’un autre, ils s’y opposent parce qu’ils doivent renoncer à l’exploitation coloniale.

Les Occidentaux veulent maintenir l’Afrique dans une situation où elle n’exporte que des produits bruts, des commodités.

Par exemple, lorsque le café produit en Ouganda est exporté en Allemagne d’où il est commercialisé, la plus-value reste en Allemagne. Nous avons financé des installations pour la torréfaction, la mouture, le packaging etc. La part de rémunération des Ougandais est passée de 20% à 80%. Évidemment, notre politique entre en conflit avec celle des Européens. C’est un euphémisme.

Nous finançons des rizières au Mozambique et au Libéria, à hauteur de 32 millions de dollars par projet et créons chaque fois 100 000 emplois. Nous visons d’abord l’autosuffisance alimentaire de chaque État africain, et seulement après les marchés d’exportation. Sans aucun doute, nous entrons en conflit avec ceux qui produisent et exportent du riz, surtout s’ils spéculent avec.

Nous construisons aussi des routes. Par exemple depuis la Libye à travers le Niger. Nous avons déjà relié le Soudan à l’Érythrée ce qui bouleverse l’économie régionale et ouvre des perspectives de développement. Il désormais possible de faire circuler des marchandises par route et par mer.

Réseau Voltaire : Peut-on dire que la Libye a peu d’alliances diplomatiques, mais que vous avez élaboré des alliances économiques qui vous protègent. Peut-on parler de diplomatie des investissements ?

Mohammed Siala : Oui.

Par exemple, nous finançons pour 50 millions de dollars la construction par des entreprises chinoises d’un canal de 32 kilomètres au Mali pour l’irrigation des zones agricoles. Le gel de nos avoirs interrompt d’importants projets agricoles dans ce pays. S’il se poursuit, un problème alimentaire se posera rapidement et les populations reprendront et accélèreront leur migration vers l’Europe. En définitive, les Européens ne peuvent pas se permettre de stopper notre effort de développement du continent. Ils n’ont pas d’alternative à notre politique.

Réseau Voltaire : Disposez-vous d’un dispositif qui vous permette de payer vos commandes sur le marché international malgré le gel de vos avoirs. Votre pays est attaqué, je pense bien sûr à l’achat d’armes et munitions.

Mohammed Siala : Nous résistons depuis quatre mois et demi. Nous avons tiré les leçons de l’embargo et étions prêts au premier jour. Beaucoup d’États nous observent et veulent prendre des mesures similaires pour se protéger eux aussi de l’impérialisme.

 

Thierry Meyssan

 

Source : « La guerre contre la Libye est une catastrophe économique pour l’Afrique et l’Europe », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 juillet 2011, http://www.voltairenet.org/a170670

guerre impérialiste en Libye: pourquoi Kadhafi est-il l’homme à abattre, au sens littéral du terme, pour l’occident…

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Excellente analyse de Jean Paul Pougala, professeur de sociologie à l’Université de la Diplomatie de Genève, que nous relayons avec grand intérêt.

–Résistance 71 —

 

Les vraies raisons de la guerre en Lybie : Voici pourquoi l’Occident veut tuer Kadhafi

 

 

Jean-Paul POUGALA

 

 

Jeudi 23 Juin 2011

 

Url de l’article:

http://www.alterinfo.net/Les-vraies-raisons-de-la-guerre-en-Lybie-Voici-pourquoi-l-Occident-veut-tuer-Kadhafi_a60277.html

 

 

 

Note : La victimisation de Kadhafi se lit dans cet article, mais celui-ci contient des informations très intéressantes ainsi qu’un autre point de vue qui nous vient du Bénin, nous avons donc fait le choix de le relayer, grâce à GMA , un grand merci à lui. Il va de soi que nous savons à quoi nous en tenir concernant les chefs d’état, installés puis  fustigés -comme Kadhafi- par une élite mondialiste criminelle.

 

Voir aussi :

Maghreb, la patte mondialiste se confirme

Comment la CIA prépare les « révolutions colorées »

Guerres impérialistes en Libye et autres: l’OTAN ou la satellisation des pays européens aux diktats de l’empire anglo-américain traduit le 01/05/2011 –sourcé Global research– par resistance 71. 
avril 2011 
Par La tribune de la capitale

 

-Premier satellite Africain RASCOM 1 
C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes : assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance ; pour la première fois, une connexion à bas coût devient  disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio WMAX.

L’histoire démarre en 1992 lorsque 45 pays africains créent la société RASCOM pour disposer d’un satellite africain et faire chuter les coûts de communication sur le continent. Téléphoner de et vers l’Afrique est alors le tarif le plus cher au monde, parce qu’il y avait un impôt de 500 millions de dollars que l’Europe encaissait par an sur les conversations téléphoniques même à l’intérieur du même pays africain, pour le transit des voix sur les satellites européens comme Intelsat. Un satellite africain coûtait juste 400 millions de dollars payable une seule fois et ne plus payer les 500 millions de location par an. Quel banquier ne financerait pas un tel projet ? Mais l’équation la plus difficile à résoudre était : comment l’esclave peut-il s’affranchir de l’exploitation servile de son maître en sollicitant l’aide de ce dernier pour y parvenir ?

Ainsi, la Banque Mondiale , le FMI, les USA, l’Union Européenne ont fait miroiter inutilement ces pays pendant 14 ans. 
C’est en 2006 que Kadhafi met fin au supplice de l’inutile mendicité aux prétendus bienfaiteurs occidentaux pratiquant des prêts à un taux usuraire; le guide Libyen a ainsi mis sur la table 300 millions de dollars, La Banque Africaine de Développement a mis 50 millions, la Banque Ouest Africaine de Développement, 27 millions et c’est ainsi que l’Afrique a depuis le 26 décembre 2007 le tout premier satellite de communication de son histoire.

Dans la foulée, la Chine et la Russie s’y sont mises, cette fois en cédant leur technologie et ont permis le lancement de nouveaux satellites, Sud-Africain, Nigérian, Angolais, Algérien et même un deuxième satellite africain est lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020, le tout premier satellite technologiquement 100% africain et construit sur le sol africain, notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du monde, mais à un coût 10 fois inférieur, un vrai défi.

Voilà comment un simple geste symbolique de 300 petits millions peut changer la vie de tout un continent. La Libye de Kadhafi a fait perdre à l’Occident, pas seulement 500 millions de dollars par an mais les milliards de dollars de dettes et d’intérêts que cette même dette permettait de générer à l’infini et de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système occulte pour dépouiller l’Afrique. 


Fonds Monétaire Africain, Banque Centrale Africaine, Banque Africaine des Investissements

Les 30 milliards de dollars saisis par M. Obama appartiennent à la Banque Centrale Libyenne et prévu pour la contribution libyenne à la finalisation de la fédération africaine à travers 3 projets phare :

– la Banque Africaine d’Investissement à Syrte en Libye

– la création dès ce 2011 du Fonds Monétaire Africain avec un capital de 42 milliards de dollars avec Yaoundé pour siège

– la Banque Centrale Africaine avec le siège à Abuja au Nigeria dont la première émission de la monnaie africaine signera la fin du Franc CFA grâce auquel Paris a la main mise sur certains pays africains depuis 50 ans.

On comprend dès lors et encore une fois la rage de Paris contre Kadhafi. Le Fonds Monétaire Africain doit remplacer en tout et pour tout les activités sur le sol africain du Fonds Monétaire International qui avec seulement 25 milliards de dollars de capital a pu mettre à genoux tout un continent avec des privatisations discutables, comme le fait d’obliger les pays africains à passer d’un monopole publique vers un monopole privé. Ce sont les mêmes pays occidentaux qui ont frappés à la porte pour être eux aussi membres du Fonds Monétaire africain et c’est à l’unanimité que le 16-17 décembre 2010 à Yaoundé les Africains ont repoussé cette convoitise, instituant que seuls les pays africains seront membres de ce FMA.

Il est donc évident qu’après la Libye la coalition occidentale déclarera sa prochaine guerre à l’Algérie, parce qu’en plus des ses ressources énergétiques énormes, ce pays a une réserve monétaire de 150 milliards d’Euros. Ce qui devient la convoitise de tous les pays qui bombardent la Libye et qui ont tous quelque chose en commun, ils sont tous financièrement en quasi faillite, les USA à eux seuls ont 14.000 Milliards de dollars de dettes, La France , la Grande Bretagne et l’Italie ont chacun environ 2.000 milliards de dettes publiques alors que les 46 pays d’Afrique Noire ont au total moins de 400 milliards de dollars de dettes publiques.

Créer des fausses guerres en Afrique dans l’espoir de trouver de l’oxygène pour continuer leur apnée économique qui ne fait que s’empirer ne fera qu’enfoncer les Occidentaux dans leur déclin qui a pris son envol en 1884, lors de la fameuse Conférence de Berlin. Car comme l’avait prédit l’économiste américain Adams Smith en 1865, dans son soutient à Abraham Lincoln pour l’abolition de l’esclavage, «l’économie de tout pays qui pratique l’esclavage des noirs est en train d’amorcer une descente vers l’enfer qui sera rude le jour où les autres nations vont se réveiller ». 


Unions régionales comme frein à la création des Etats Unis d’Afrique

Pour déstabiliser et détruire l’union Africaine qui va dangereusement (pour l’Occident) vers les Etats-Unis d’Afrique avec la main de maître de Kadhafi, l’Union Européenne a d’abord tenté sans y parvenir la carte de la création de l’UPM (Union Pour la Méditerranée ) Il fallait à tout prix couper l’Afrique du Nord du reste de l’Afrique en mettant en avant les mêmes thèses racistes du 18-19ème siècle selon lesquelles les populations africaines d’origine Arabes seraient plus évoluées, plus civilisées que le reste du continent.

Cela a échoué parce que Kadhafi a refusé d’y aller. Il a compris très vite le jeu à partir du moment où on parlait de la Méditerranée en associant quelques pays africains sans en informer l’Union Africaine, mais en y invitant tous les 27 pays de l’Union Européenne. 
L’UPM sans le principal moteur de la fédération africaine était foirée avant même de commencer, un mort-né avec Sarkozy comme Président et Mubarack, le vice-président. Ce que Alain Juppé tente de relancer, tout en misant sur la chute de Kadhafi, bien sur.

Ce que les dirigeants Africains ne comprennent pas est que tant que ce sera l’Union Européennes à financer l’Union Africaine, on sera toujours au point de départ, car dans ces conditions, il n’y aura pas d’effective indépendance. C’est dans le même sens que l’Union Européenne a encouragé et financé les regroupements régionaux en Afrique. Il était évident que la CEDEAO qui a une Ambassade à Bruxelles et qui tire l’essentiel de son financement de l’UE, est un obstacle majeur contre la fédération africaine.

C’est ce que Lincoln avait combattu dans la guerre de sécession aux Etats-Unis, parce qu’à partir du moment où un groupe de pays se retrouvent autour d’une organisation politique régionale, cela ne peut que fragiliser l’organe central. C’est ce que l’Europe voulait et c’est ce que les Africains n’ont pas compris en créant coup sur coup, la COMESA , l’UDEAC, la SADC et le Grand Maghreb qui n’a jamais fonctionné encore une fois grâce à Kadhafi qui lui l’avait très bien compris.

Kadhafi, l’Africain qui a permis de laver l’humiliation de l’Apartheid

Kadhafi est dans le coeur de presque tous les Africains comme un homme très généreux et humaniste pour son soutien désintéressé a la bataille contre le régime raciste d’Afrique du Sud. Si Kadhafi avait été un homme égoïste, rien ne l’obligeait à attirer sur lui les foudres des occidentaux pour soutenir financièrement et militairement l’ANC dans sa bataille contre l’apartheid. 
C’est pour cela que à peine libéré de ses 27 ans de prisons, Mandela décide d’aller rompre l’embargo des Nations Unis contre la Libye le 23 Octobre 1997. A cause de cet embargo même aérien, depuis 5 longues années aucun avion ne pouvait atterrir en Libye. Pour y arriver, Il fallait prendre un avion pour la Tunisie ; 
arriver à Djerba et continuer en voiture pendant 5 heures pour Ben Gardane, passer la frontière et remonter en 3 heures de route par le désert jusqu’à Tripoli. Ou alors, passer par Malte et faire la traversée de nuit, sur des bateaux mal entretenus jusqu’à la côte libyenne. 
Un calvaire pour tout un peuple, juste pour punir un seul homme.

Mandela décida de rompre cette injustice et répondant a l’ex Président Américain Bill Clinton, qui avait jugé cette visite «malvenue», il s’insurgea : «Aucun Etat ne peut s’arroger le rôle de gendarme du monde, et aucun Etat ne peut dicter aux autres 
ce qu’ils doivent faire ». il ajouta : « ceux-là qui hier étaient les amis de nos ennemis, ont aujourd’hui le toupet de me proposer de ne pas visiter mon frère Kadhafi, ils nous conseillent d’être ingrats et d’oublier nos amis d’hier.”

En effet, pour l’Occident, les racistes d’Afrique du Sud étaient leurs frères qu’il fallait protéger. C’est pour cela que tous les membres de l’Anc étaient considérés des dangereux terroristes, y compris Nelson Mandela. Il faudra attendre le 2 Juillet 2008, pour que le Congrès Américain vote une loi pour rayer le nom de Nelson Mandela et de ses camarades de l’ANC de cette liste noire, pas parce qu’ils ont compris la bêtise d’une telle liste, mais parce qu’on voulait faire un geste pour les 90 ans de Nelson Mandela. Si les Occidentaux sont aujourd’hui repentis de leur soutient d’hier aux ennemis de Mandela et sont vraiment sincères lorsqu’on lui donnent des noms de rue et de places, comment continuer à faire la guerre à celui qui a permis la victoire de Mandela et son peuple, Kadhafi ? 


Ceux qui veulent exporter la démocratie sont ils des démocrates ?

Et si la Libye de Kadhafi était plus démocratique que les USA, la France , la Grande Bretagne et tous ceux qui font la guerre pour exporter la démocratie en Libye ?

Le 19 Mars 2003, le Président Georges Bush lance les bombes sur la tête des Iraquiens avec le prétexte d’y exporter la démocratie. Le 19 Mars 2011, c’est-à-dire 8 ans plus tard et jour pour jour, c’est le Président Français qui lance ses bombes sur la tête des Libyens avec le même prétexte de leur offrir la démocratie.

Monsieur Obama , Prix Nobel de la Paix 2009 et président des Etat Unis d’Amérique, pour justifier qu’il procède à un déferlement de missiles Cruise de ses sous-marins sur la tête des Libyens a dit que c’était pour chasser le dictateur Kadhafi du pouvoir et y instaurer la démocratie. 
La question que tout être humain doté de la moindre capacité intellectuelle de jugement et d’appréciation ne peut s’empêcher de se poser est : ces pays comme la France , l’Angleterre, les USA, l’Italie, la Norvège , le Danemark, la Pologne dont la légitimité pour aller bombarder les Libyens se base sur le seul fait de s’être autoproclamés « pays démocratiques » sont-ils réellement démocratiques ? Si oui, sont-ils plus démocratiques que la Libye de Kadhafi ?

La réponse, sans équivoque est NON, pour la simple et bonne raison que la démocratie n’existe pas. Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais celui-là même dont la ville natale, Genève abrite l’essentiel du commandement des Nations Unies. Il s’agit bien entendu de Jean-Jacques Rousseau né à Genève en 1712 qui affirme dans le chapitre IV du Livre III de son très célèbre «Contrat Social » que : « il n’a jamais existé de véritable démocratie, et il n’en existera jamais». Pour qu’un état soit véritablement démocratique Rousseau pose 4 conditions selon lesquelles la Libye de Kadhafi est même de loin plus démocratique que les Etats-Unis d’Amérique, la France et tous les autres qui 
prétendent lui exporter la démocratie à savoir :

1-Dimension de l’Etat : plus un état est grand, moins il peut être démocratique, pour Rousseau l’Etat doit être très petit pour que le peuple soit facile à rassembler et que chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres. 
Avant donc de faire voter les gens, il faut s’assurer que chacun connaisse tous les autres sans quoi voter pour voter est un acte dénué de tout fondement démocratique, c’est un simulacre de démocratie pour élire un dictateur. La structure de l’organisation de l’Etat Libyen se fonde sur une base tribale qui regroupe par définition le peuple en de petites entités.

Le sentiment démocratique est plus présent dans une tribu, dans un village que dans une grande Nation, parce que le fait que tout le monde se connaisse et que la vie tourne autour des mêmes points communs apporte une sorte d’autorégulation, d’autocensure même pour peser à chaque instant, la réaction ou la contre-réaction des autres membres pour ou contre les opinions qu’on peut avoir. 
Sous cet angle, c’est la Lybie qui répond le mieux aux exigences de Rousseau, ce qu’on ne peut pas dire de même pour les Etats-Unis d’Amérique, la France ou la Grande Bretagne , des sociétés fortement urbanisées où la majorité des voisins ne se disent même pas bonjour et donc ne se connaissent pas, même vivant cote-à-cote pendant 20 ans. 
Dans ces pays, on est passé directement à l’étape suivante : « le vote » qu’on a malignement sanctifié afin de faire oublier que ce vote est inutile à partir du moment où je m’exprime sur l’avenir d’une nation sans en connaitre ses membres. 
On est ainsi arrivé jusqu’à la bêtise du vote des citoyens vivant à l’étranger. 
Se connaitre et se parler est la condition essentielle de la communication pour le débat démocratique qui précède toute élection.

2- Il faut la simplicité des mœurs et des comportements pour éviter que l’on passe l’essentiel du temps à parler de justice, de tribunal pour trouver des solutions aux multitudes querelles d’intérêts divers qu’une société trop complexe fait naitre naturellement. Les Occidentaux se définissent comme des pays civilisés, donc aux mœurs complexes et la Libye comme pays dit primitif, c’est-à-dire aux meurs simples. Sous cet angle, encore une fois, c’est la Libye qui répondrait mieux aux critères démocratiques de Rousseau que tous ceux qui prétendent lui donner des leçons de démocratie. Dans une société complexe, les 
trop nombreux conflits sont résolus par la loi du plus fort, puisque celui qui est riche évite la prison parce qu’il peut se permettre un meilleur avocat et surtout, orienter l’appareil répressif de l’état contre celui qui vole une banane dans un supermarché, plutôt que le délinquant financier qui fait crouler une banque. Dans une ville comme New York où 75% de la population est blanche, 80% des postes de cadres sont occupés par des Blancs et ils ne sont que 20% des personnes en prison.

3- L’égalité dans les rangs et dans les fortunes. Il suffit de voir le classement FORBES 2010 pour voir quels sont les noms des personnes les plus riches de chacun des pays qui jette la bombe sur la tête des Libyens et voir la différence avec le salaire le plus bas dans chacun des pays et faire de même pour la Libye pour comprendre qu’en matière de redistribution de la richesse du pays, c’est à la Libye d’exporter son savoir faire à ceux qui la combattent et non le contraire. Même sous cet angle, selon Rousseau, la Libye serait plus démocratique que ceux qui veulent pompeusement lui exporter la prétendue démocratie. Aux Etats-Unis 5% de la population possèdent 60% de la richesse nationale. C’est le pays le plus déséquilibré, le plus inégal du monde.

4- PAS DE LUXE. Pour Rousseau pour qu’il y ait la démocratie dans un pays, il ne faut pas qu’il y ait de luxe parce que selon lui, le luxe rend nécessaire la richesse et cette dernière devient la vertu, l’objectif à atteindre à tout prix et non le bonheur du peuple, « le luxe corrompt à la fois le riche et le pauvre, l’un par la possession, l’autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l’Etat tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l’opinion ».

Y-a-t-il plus de luxe en France ou en Libye ? Ce rapport d’asservissement des employés qui sont poussés jusqu’au suicide les employés mêmes des entreprises publiques ou semi-publique, pour des raisons de rentabilité et donc de possession de luxe d’une des parties est-il plus criant en Libye ou en Occident ?

Le sociologue Américain C. Wright Mills a décrit en 1956 la démocratie américaine comme « la dictature des élites ». Selon Mills, les Etats-Unis d’Amérique ne sont pas une démocratie parce qu’en définitive, c’est l’argent qui y parle dans les élections et non le peuple. Le résultat de chaque élection y est l’expression de la voix de l’argent et non la voix du peuple. Après Bush-père et Bush-fils, pour les primaires républicaines de 2012, on parle déjà de Bush-benjamin. En plus, si le pouvoir politique se base sur la bureaucratie, Max Weber fait remarquer qu’il y a 43 millions de fonctionnaires et militaires aux Etats-Unis qui commandent effectivement le pays, mais qui n’ont été votés par personne et qui ne répondent pas directement au peuple de leurs activités. 
Une seule personne (un riche) est donc votée mais le vrai pouvoir sur le terrain est tenue par une seule caste de riches qui ne résulte purement et simplement que de nominations comme les ambassadeurs, les généraux de l’armée etc.

Combien de personnes dans les pays autoproclamés « démocratiques » savent qu’au Pérou la constitution interdit un deuxième mandat consécutif au président de la république sortant ? Combien de personnes savent qu’au Guatemala, non seulement le président sortant ne doit plus jamais se présenter comme candidat à cette fonction, mais qu’en plus à aucun degré de parenté, aucun membre de sa famille ne pourra plus prétendre à cette fonction ? Combien savent que le Rwanda est le pays qui intègre politiquement le mieux les femmes au monde avec 49% de parlementaires femmes ? Combien savent que dans le classement de la CIA 200, sur 10 pays les mieux gérés au monde, 4 sont Africains ? Avec la palme d’or à la Guinée équatoriale dont la dette publique ne représente que 1,14% de son PIB. 
La guerre civile, les révoltes, les rebellions sont les ingrédients d’un début de démocratie soutient Rousseau.

Parce que la démocratie n’est pas une fin, mais un processus permanent pour réaffirmer les droits naturels des humains que dans tous les pays du monde (sans exception) une poignée d’hommes et de femmes, confisquant le pouvoir du peuple, l’oriente pour se maintenir aux affaires.

On trouve ici et là des formes de castes qui usurpent le mot « démocratie » qui doit être cet idéal vers lequel tendre et non un label à s’approprier ou un refrain à vanter parce qu’on est juste capable de crier plus fort que les autres. Si un pays est calme comme la France ou les États-Unis, c’est-à-dire sans aucune révolte, pour Rousseau cela veut tout simplement dire que le système dictatorial est suffisamment répressif pour empêcher toute tentative de rébellion.

Si les Libyens se révoltent, ce n’est pas une mauvaise chose. C’est prétendre que les peuples acceptent stoïquement le système qui les opprime partout dans le monde sans réagir qui est très mauvais. Et Rousseau de conclure : « Malo periculosam libertatem quam quietum servitium -traduction : S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes ». Dire qu’on tue les Libyens pour leur bien est un leurre.

Quelles leçons pour l’Afrique?

Après 500 ans de relations de dominateur et de dominé avec l’Occident, il est dès lors prouvé que nous n’avons pas les mêmes critères pour définir le bon et le méchant. Nous avons des intérêts profondément divergents. Comment ne pas déplorer le Oui de 3 pays africains au sud du Sahara, Nigeria, Afrique du Sud et Gabon pour la résolution 1973 inaugurant la nouvelle forme de colonisation baptisée « protection des peuples », validant la théorie raciste que les Européens véhiculent depuis le 18ème siècle selon laquelle l’Afrique du Nord n’a rien à partager avec l’Afrique Subsaharienne, l’Afrique du nord serait ainsi plus évoluée, plus cultivée et plus civilisée que le reste de l’Afrique. Tout se passe comme si la Tunisie , l’Egypte, la Libye , l’Algérie ne faisaient pas partie de l’Afrique.

Même les Nations Unies semblent ignorer la légitimité de l’Union Africaine sur ses états membres. L’objectif est d’isoler les pays d’Afrique subsaharienne afin de mieux les fragiliser et les tenir sous contrôle. 
En effet, dans le capital du nouveau Fonds Monétaire Africain (FMA), l’Algérie avec 16 milliards de dollars et la Libye avec 10 milliards de dollars contribuent à eux tous seuls pour près de 62% du capital qui est de 42 milliards de Dollars. Le premier pays d’Afrique subsaharienne et les plus peuplés, le Nigeria suivi de l’Afrique du Sud arrivent très loin derrière avec 3 milliards de dollars chacun. 
C’est très inquiétant de constater que pour la première fois de l’histoire des Nations Unies, on a déclaré la guerre à un peuple sans avoir exploré au préalable la moindre piste pacifique pour solutionner le problème.

L’Afrique a-t-elle encore sa place dans une telle organisation ? Le Nigeria et l’Afrique du Sud sont disposés à voter OUI à tout ce que l’Occident demande, parce qu’ils croient naïvement aux promesses des uns et des autres de leur donner une place de membre permanent au Conseil de Sécurité avec le même droit de veto. Ils oublient tous les deux que la France n’a aucun pouvoir de leur attribuer le moindre poste. Si elle l’avait, il y a belle lurette que Mitterrand l’aurait faite pour l’Allemagne de Helmut Kohl. La reforme des Nations Unies n’est pas à l’ordre du jour.

La seule manière de compter, et la méthode chinoise : tous les 50 pays africains doivent quitter les Nations Unies. Et s’ils doivent y retourner un jour, ne le faire que s’ils ont obtenu ce qu’ils demandent depuis longtemps, un poste pour toute la fédération africaine, sinon rien. 
Cette méthode de la non-violence est la seule arme de justice dont disposent les pauvres et les faibles que nous sommes. Nous devons tout simplement quitter les Nations Unies, car cette organisation de par sa configuration, de par sa hiérarchie est aux services des plus forts.

Nous devons quitter les Nations Unies afin de marquer notre réprobation de cette conception du monde basée uniquement sur l’écrasement du plus faible. Tout au moins ils seront libres de continuer de le faire, mais pas avec notre signature, pas en rappelant que nous sommes d’accord alors qu’ils savent très bien qu’ils ne nous ont jamais interrogés. Et même quand nous avons donné notre propre point de vue, comme la rencontre de samedi 19/3 à Nouakchott avec la déclaration sur la contrariété à l’action militaire, ceci a été passé tout simplement sous silence pour aller accomplir le forfait de bombarder le peuple africain.

Ce qui arrive aujourd’hui est le scénario déjà vu auparavant avec la Chine aujourd’hui, on reconnaît le gouvernement Ouattara, on reconnaît le gouvernement des insurgés en Libye. C’est ce qui s’est passé à la fin de la deuxième guerre mondiale avec la Chine. La soit disante communauté internationale avait choisi Taiwan comme unique représentant du peuple Chinois en lieu de place de la Chine de Mao. Il faudra attendre 26 ans, c’est-à-dire le 25 octobre 1971 avec la résolution 2758 que tous les Africains devraient lire, pour mettre fin à la bêtise humaine.

La Chine est admise, sauf qu’elle a prétendu et obtenue d’être membre permanent avec droit de veto, si non elle n’entre pas. Cette exigence satisfaite et la résolution d’admission entrée en vigueur, il faudra attendre un an pour que le 29 septembre 1972, le Ministre Chinois des Affaires Étrangères donne sa réponse avec une lettre au Secrétaire Général des Nations Unies pas pour dire Oui ou Merci, mais pour faire des mises au point, en garantie de sa dignité et de sa respectabilité.

Qu’est-ce que l’Afrique espère obtenir des Nations Unies sans poser un acte fort pour se faire respecter ? On a vu en Cote d’Ivoire un fonctionnaire des Nations Unies se considérer au dessus d’une institution constitutionnelle de ce pays. 
Nous sommes entrés dans cette organisation en acceptant d’être des serfs et croire que nous serons invités à table pour manger avec les autres dans les plats que nous avons lavés est tout simplement crédule, pire, stupide. Quand l’UA reconnaît la victoire de Ouattara sans même tenir compte des conclusions contraires de ses propres observateurs envoyés sur le terrain, juste pour faire plaisir à nos anciens maîtres, comment peut-on nous respecter ? Lorsque le président Sud-Africain Zuma déclare que Ouattara n’a pas gagné les élections et change à 180° après un tour à Paris, on peut se demander ce que valent ces dirigeants qui représentent et parlent au nom de 1 milliard d’Africains. 
La force et la vraie liberté de l’Afrique viendront de sa capacité à poser des actes réfléchis et en assumer les conséquences. La dignité et la respectabilité ont un prix. Sommes-nous disposés à le payer ? Si non, notre place reste à la cuisine, aux toilettes pour garantir le confort des autres.

Genève le 28/03/2011

 

Jean-Paul POUGALA(*) Jean-Paul Pougala est un écrivain d’origine camerounaise, directeur del’Institut d’Etudes Géostratégiques et professeur de sociologie à l’Universitéde la Diplomatie de Genève en Suisse.

Résistance politique: supercherie de l’ONU et abus de pouvoir… Sarko continue son entreprise de démolition de la France

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, politique française, résistance politique with tags , , on 19 mars 2011 by Résistance 71

Non à l’agression impérialiste en Libye !

 

Url de l’article original: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1278

par le Comité Valmy

 

A la majorité de 10 voix contre 5 abstentions, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté le 17 mars, une résolution sur la Libye prévoyant notamment la création d’une zone d’exclusion aérienne sur ce pays, afin de mettre fin aux bombardements des sites tenus par les opposants armés, au colonel Kadhafi. Les cinq abstentions à cette résolution belliciste qui ouvre la voie à des frappes aériennes sur le sol libyen, sont celles de la Russie, de la République populaire de Chine, de l’Allemagne, de l’Inde et du Brésil.

Cette résolution a été initiée par la France officielle, les Etats-Unis, la Grande Bretagne et le Liban. Dans notre pays, elle est approuvée par les partis vassalisés dogmatiquement favorables à l’Europe atlantiste de l’UMPS aux verts en passant par le Parti de Gauche du social démocrate formaté par le trotskisme, Jean Luc Mélenchon qui revendique d’être le candidat du Front de Gauche, lors de la prochaine élection présidentielle.

Le Comité Valmy estime que les Français dans leur grande majorité sont hostiles à cette nouvelle aventure guerrière dont le caractère impérialiste ne peut être masqué par l’alibi de la guerre à objectif humanitaire. Nous dénonçons ce nouvel exemple du caractère aventureusement belliciste, atlantiste et pro sioniste du gouvernement compradore de notre pays. Nous soulignons que les forces authentiquement populaires engagées dans la lutte contre Kadhafi ont, à plusieurs reprises exprimé leur opposition à toute intervention extérieure.

Nous déplorons de constater que le président de la République aie cru pouvoir engager la France dans cette funeste croisade contre le même Kadhafi à qui, à peine élu, il s’empressait de proposer des avions Rafale et une centrale nucléaire EPR (productrice de déchet de plutonium recyclable à des fins militaires). Comment se seraient déroulées la « révolutions arabes » qu’il prétend maintenant soutenir si les USA n’avait pas interdit la vente des Rafales et l’AIEA la vente de la centrale EPR ?

En affirmant qu’il est urgent de désarmer Kadhafi à qui il était prêt à livrer les fleurons des technologies militaires et nucléaires, Nicolas Sarkozy fait accessoirement la démonstration de sa dangereuse incompétence. Dont acte.

Nous remarquons que cette soudaine précipitation à vouloir bombarder un pays à qui l’Union européenne et la France voulaient encore, il y a quelques semaines, fournir du matériel et une assistance pour réprimer les mouvements de foules, coïncide avec de troublantes révélations sur le financement de la campagne électorale de 2007.

Le Comité Valmy exprime son étonnement face à l’attitude passive de pays comme la République populaire de Chine ou la Russie qui une fois de plus ont cédé aux pressions impérialistes en n’utilisant pas leur droit de veto lors du vote au Conseil de sécurité ainsi qu’ils l’avaient semble t-il envisagé dans un premier temps. Cette attitude hésitante et conciliatrice face à l’agressivité impérialiste porte à terme, contre ces même pays, la probabilité qu’ils seront à plus ou moins longue échéance, les victimes de la politique d’agression et de guerre des dirigeants états-uniens et de leurs vassaux de l’OTAN.

L’intérêt des peuples est de ne pas se laisser leurrer par les manipulations politico médiatiques relatives au prétendu droit d’ingérence « humanitaire » qui n’a pour objectif que de supprimer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. A Bahreïn les troupes saoudiennes massacrent les insurgés sans que cela préoccupe le moins du monde nos grands humanistes. C’est que le royaume de Bahreïn, cet archipel du golfe Persique est d’une importance stratégique pour Washington, qui y a basé le quartier général de sa Ve flotte, chargée de surveiller les routes maritimes empruntées par les pétroliers, de soutenir les opérations en Afghanistan.

Outre qu’il ambitionne de mettre la main sur les richesses en pétrole de la Libye, Obama qui a repris à son compte la stratégie de son sinistre prédécesseur G W Bush, est décidé à développer la stratégie de grand Moyen-Orient et de recomposer l’hégémonie américaine de puis l’Afrique jusqu’en Afghanistan, ans oublier des pays comme l’Indonésie.

La solidarité avec le peuple libyen ne passe pas par l’intervention militaire de l’impérialisme ou l’établissement d’une nouvelle base américaine en Libye.

Le Bureau national du Comité Valmy

Paris le 18 mars 2011