Archive pour le pape de Washington François 1er

Filouterie de haut vol… Vatican Inc. dans la marche de l’empire…

Posted in actualité, politique et lobbyisme, politique et social with tags , , , , , on 21 mars 2013 by Résistance 71

Excellent texte de Robert Bibeau sur la saga vaticane, truculent à souhait et bien ciselé,  qu’on ne peut pas accuser d’anti-cléricalisme primaire…

— Résistance 71 —

 

Nouveau PDG à la tête d’une multinationale de la foi

 

Robert Bibeau

 

Le 20 Mars 2013

 

url de l’article original:

http://les7duquebec.org/7-au-front/nouveau-pdg-a-la-tete-dune-multinationale-de-la-foi/

 

La semaine dernière, une multinationale de la foi et du capital financier a choisi son nouveau PDG. Le directoire de l’Institut des œuvres religieuses (IOR) – nom de code pour identifier la banque du Vatican et ses 44 000 comptes secrets classés «toxiques» – était vacant depuis 9 mois suite au limogeage de son dernier directeur, remercié par l’ex-Pape Benoît XVI, en disgrâce pour incompétence. L’institution, épinglée sur la liste noire des paradis fiscaux mafieux, n’avait plus de tête pour gérer ses 6 milliards d’euros pas davantage traçables qu’un bifteck chevalin. La nomination du nouveau Directeur, monsieur Von Freyberg, un allemand de souche, marchand de canons de sa profession, devrait rassurer le nouveau locataire de la petite Cité vaticane multimilliardaire, fiduciaire des aumônes de millions de pauvres fidèles filoutés (1).
Pendant ce temps, les tractations au Sacré Collège emmuré dans la Chapelle Sixtine ont abouti à l’élection du 267e successeur de Pierre le pescadore (pêcheur & pécheur) et le cérémonial médiéval entourant la décision du Conseil d’administration a été l’objet d’une couverture médiatique sans précédent. Seuls les Jeux Olympiques et les sorties de Lady Gaga attirent davantage de curieux, de scribouilleurs et de vipères de la télé que ce sommet de plénipotentiaires septuagénaires.
Pendant ce raout les gardes suisses rocambolesques prenaient place sur le parvis munis de leurs hallebardes ubuesques. Ne manquaient que les zouaves pontificaux, ces descendants des «Contras avant l’heure», venus défendre la mainmise vaticane sur les terres italiennes que les chemises rouges de Garibaldi chassèrent du pays (2). Dans l’air évanescent devant le Vatican quelques réminiscences de la simonie des Borgia prolégomènes à ce consistoire sous scellé.

Si vous le voulez bien, laissons sous le boisseau ces allégations mal à propos, ces milliers de poursuites sans suites et ces dizaines de procès circonstanciés pour pédophilie avérée dont cette multinationale de la foi est aujourd’hui entachée (3).  Qu’elle entreprise saurait répondre à ses clients de tout un chacun de ses représentants ?
Début mars 2013, plus d’une centaine de vieillards crosse au poing, accoutrés d’un surplis couvrant leur soutane – espèce de robe au port masculin idoine –  coiffés de la calotte dissimulant la tonsure sous la barrette de sang pourpre, se sont cloîtrés pendant deux journées afin d’accoucher de la nouvelle papauté. Leur choix s’est porté sur un richissime prince de l’église des pauvres. L’élu, porté aux nues, tout de blanc vêtu parcourait peu avant les favelas éventrées et les taudis délabrés, juchés à flanc de colline, principautés miséreuses de la cocaïne, vitrines de la malnutrition et de l’insalubrité, baronnies des exécutions sommaires des sans-papiers et des «sans-terres» par les mercenaires des latifundiaires.
Dans ce cortège pontifical pas même une tunique féminine – pour donner bonne mine. Dans ce défilé d’un autre âge – triste à pleurer – lugubre et misogyne,  même les cerbères étaient des convers. Vous savez pourquoi les femmes sont chassées systématiquement de ces lieux de « sacrements » ? Parce que selon la mythologie religieuse archaïque la femme porte en elle les suites du « péché originel » dont la manifestation se révèle chaque mois par une souffrance sanglante. Et oui, ces seigneurs écarlates renient leur mère courageuse qui a accouché de ces impétrants.
Après deux jours enfumés la « Fumata bianca ! » s’éleva telle une offrande destinée à tous les catéchumènes des terres de misère sud-américaines, balayant d’un revers de  main papale les espoirs des punaises de sacristie de tous les autres pays de l’eucharistie. Ne survécut à cette foire d’empoigne séquestrée que la liesse des riches blancs du sous-continent latino-américain, descendant des Conquistadores conquérants, longtemps chasse gardée de l’impérialisme étatsunien.
Les larbins à la plume futée rassemblés devant la loggia romaine oublièrent dans leur exaltation du papabile près de deux cent millions d’amérindiens, de noirs ex-africains, de mulâtres et de métis, les enfants d’Evo Morales et d’Hugo Chavez.
« Certains spécialistes de l’histoire de l’Argentine estiment que ce Jorge Mario Bergoglio a eu une attitude contestable sous la dictature militaire argentine entre 1976 et 1983. Fortunato Mallimaci, ancien doyen de l’Université de Buenos Aires, explique que l’ex-cardinal a été très indulgent envers les militaires tortionnaires. Le directeur de l’Université, Christian Terass, interrogé par France Inter, va plus loin : il précise que le pape François Premier a dénoncé à la junte militaire nombre de prêtres progressistes »; ces prêtres, partisans de la théologie de la libération, que les amis militaires fascistes du souverain pontife ont occis. « Jorge Mario Bergoglio est considéré comme un conservateur dit-on en haut lieu ». « Mgr Bergoglio soutient une doctrine de la foi conservatrice, particulièrement en ce qui concerne l’avortement et l’euthanasie, le contrôle des naissances, l’homosexualité et l’ordination des femmes prêtres. » (4). Rien pour enflammer l’enthousiasme des damnés de la Terre-mère ni celui des ouvriers des mégalopoles sud-américaines.
Dès son intronisation, le nouveau président du conseil d’administration de la multinationale de la foi chrétienne a annoncé ses couleurs : « Donnant une première idée du ton qui sera le sien, le prédicateur a demandé aux fidèles d’entreprendre un chemin de fraternité, d’amour et d’évangélisation » (…) « le choix d’un pape d’abord concerné par la «nouvelle évangélisation» sur le continent qui compte 40 % de la clientèle catholique du monde entier mais où la position de l’Église Catholique est fortement contestée par… » des groupuscules évangélistes qui grugent les marchés de la première multinationale de l’évangélisation (5).
Ce qui signifie que ce Pape entend mener une guerre de marché et ravir des clients à ses concurrents évangélistes, orthodoxes et musulmans, et qui sait, peut-être, lancer une OPA-hostile* contre d’autres multinationales de l’évangélisation concurrentes. Ce ne sont pas de bonnes nouvelles pour les annales de la paix mondiale.

(OPA) Offre publique d’achat. Elle est hostile quand l’entreprise qui en est l’objet s’y oppose.

(1)   http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20130217.OBS9179/banque-du-vatican-un-dernier-scandale-pour-benoit-xvi.html

(2)   http://fr.wikipedia.org/wiki/Giuseppe_Garibaldi http://fr.wikipedia.org/wiki/Cardinal_(religion)

(3)   http://fr.euronews.com/2013/03/13/affaires-de-pedophilie-l-eglise-soutient-le-cardinal-mahony-qui-a-participe-au-conclave/

(4)   http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-francois-le-pape-116173239.html  http://www.radio-canada.ca/sujet/pape

(5)   http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/373236/francois-premier-pape-des-ameriques?utm_source=infolettre-2013-0314&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

 

Pape François Jorge Mario Bergoglio… El condor pasa ?

Posted in actualité, média et propagande, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 20 mars 2013 by Résistance 71

Tout cela est bien sûr déjà sorti des écrans radar de la pressetituée. Un démenti catégorique du Vatican: Non le pape n’a pas participé à l’épuration de la junte, ce sont des propos complotistes gôooochistes ! et hop ! Ah bon OK… tout va bien, affaire classée… Si le Vatican le dit, hein ?.. C’est parole d’évangiles bien entendu. Rien n’est moins sûr. Le vatican n’a fait, à cette époque, que de la délégation de pouvoirs inquisitoriaux contre les hérétiques au néolibéralisme des « Chicago boys »… Quoi de plus normal ? Ce qui serait intéressant de savoir par contre est le pourquoi ce revirement du Vaticain en deux ans et demi, puisque lors du putsch chilien de Septembre 1973, l’église avait condamné le coup d’état militaire et l’archevêque de Santiago avait été trés vocal contre la junte. Pourquoi cette subordination deux ans et demi plus tard ?… Une piste à suivre ?… Les relations de la banque du Vatican et de Wall Street… Un beau panier de crabes !

Voir également le documentaire de Marie Monique Robin: « Les escadrons de la mort, l’école française »

— Résistance 71 —

 

Condor, auriez-vous dit condor cher pape François ?

TV5 Monde

 

Le 15 Mars 2013

 

url de l’article original:

http://blogs.tv5.org/caravane/2013/03/condor-auriez-vous-dit-condor-cher-pape-françois.html

 

Passé la stupéfaction délicieuse qui succéda à l’habemus papam de ce pape argentin – le silence interloqué des commentateurs français était presque hilarant -, il fallut bien s’arrêter à ce saisissant hasard historique : le pape François, ex cardinal Jorge Mario Bergoglio de Buenos Aires, fut élu le 12 mars 2013, quelques heures après la condamnation à la perpétuité du dernier militaire à avoir présidé l’Argentine (1982-1983), Reynaldo Bignone, pour crimes contre l’humanité commis dans un centre clandestin de détention d’opposants politiques. Sept femmes enceintes et leurs maris avaient disparu après avoir été détenus au Camp de Mai, près de Buenos Aires. Le Camp de Mai fut l’un des principaux centres d’emprisonnement et de torture pendant la dictature militaire qui sévit sous la houlette du général Videla, de 1976-1983.

Reynaldo Bignone est à peine plus âgé que le pape François. Le vieux général comparaît dans ce nouveauprocès (il a déjà été condamné plusieurs fois pour des actes similaires) en compagnie d’une vingtaine de « camarades » aussi sinistres que lui, parmi lesquels l’ex-président Jorge Videla, commanditaire des horreurs ou encore le général Luciano Menendez, 85 ans, surnommé « la hyène » parce qu’il riait pendant les séances de torture… Tous comparaissent pour leur participation au plan Condor, une multinationale fasciste et meurtrière dont on a bien tort de penser qu’elle ne sévissait qu’en Amérique latine, avec la bénédiction américaine. 

Le Condor est l’un des plus beaux rapaces des Andes. Les Argentins le respectent, tout en le pourchassant dans les pampas où il fait des carnages parmi les troupeaux. L’opération Condor a pris racine au Chili, après l’assassinat du président Allende, avant de se répandre chez les dictatures voisines, en Argentine, au Brésil, en Uruguay, en Bolivie, au Pérou ou au Paraguay. Il ne s’agissait pas seulement d’échanger des renseignements pour poursuivre les communistes ou autres résistants aux dictatures. Il s’agissait de comparer les méthodes de torture afin de les rendre plus efficaces. Les militaires d’Amérique latine firent appel à des conseillers, les meilleurs alors sur le marché : dix ans après la fin de la guerre d’Algérie, les anciens mercenaires de l’OAS ou des commandos Delta, membres des services secrets français ou de la garde rapprochée de Valéry Giscard d’Estaing, champions de la « guerre contre révolutionnaire » avaient acquis une réputation hors pair en ce domaine. Ils enseignèrent aux apprentis tortureurs, avec la bénédiction de l’Etat français, les rudiments de la Gégéne (électrocutions), les crevettes Bigard (militants jetés d’hélicoptères) et autres corvées de bois (exécutions sommaires collectives). 

Les disciples argentins (1976 – 1983) se distinguèrent par leur excellence : 15 000 fusillés, 10 000 prisonniers politiques, plus de 500 bébés confisqués à leurs parents « mal pensants » pour être donnés à des familles proches du pouvoir en mal d’enfants, plus de 30 000 disparus. 

En 1976, Jorge Mario Bergoglio n’était encore pas archevêque, et encore moins pape, mais déjà un ecclésiastique puissant : il présidait alors aux destinées de la compagnie de Jésus, les jésuites d’Argentine. Il fit tout pour les maintenir loin des prêtres qui prônaient la théologie de la Libération pour s’élever contre les dictateurs et leurs soutiens de la CIA. 

Horacio Verbitsky, dont la voix d’éditorialiste porte très loin en Argentine, fait part dans Pagina 12, (quotidien argentin de gauche qui titrait le 15 mars 2013 « Pagadios » – « Dieu te le rendra » en quelque sorte …), de la colère qui l’anime au lendemain de l’avènement du pape François. Il publie tous les messages outrés qu’il a reçus en une nuit, en particulier ceux de parents de prêtres disparus pendant la dictature, qui avaient sollicité Jorge Mario Bergoglio pour obtenir alaires son aide. En vain…

Les procès des Condor se poursuivent, et les lourdes peines tombent les unes après les autres. L’Argentine est le seul pays hanté par ce passé à avoir refusé de passer l’éponge par une loi d’amnistie. Au lendemain de l’élection du pape François, le jeudi 14 mars 2013, les co accusés de Bignone et Videla sont entrés dans le tribunal, arborant des cocardes du Vatican et portant des insignes du Saint Siège au revers de leur veste.

L’hommage des militaires de la dictature au pape François, lors de leur procès

Et en petit cadeau bien senti, je vous offre le dessin de Kroll pour le Soir. Le quotidien francophone de Belgique, qui lui aussi, sous la plume de son éditorialiste Jurek Kuczkiewicz s’interroge : « On n’ose croire que les cardinaux ont élu ce pape sans avoir la certitude qu’il est blanc de tout soupçon de collaboration avec une dictature militaire. Mais on ne peut oublier que la hiérarchie de l’Eglise a montré, ces dernières années encore avec les scandales pédophiles, combien elle sait occulter ses propres turpitudes. »

(Note de Résistance 71: voir le dessin sur l’article original)

L’affaire François 1er… Les Borgias ont-ils migré à Washington ?

Posted in actualité, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 15 mars 2013 by Résistance 71

Cette excellente analyse de Michel Chossudovsky met en perspective l’élection de ce nouveau pape à l’origine sulfureuse. Passer d’un pape ex-Hitlerjugend a un autre suppôt de la junte militaire fasciste argentine, ne semble gêner personne au sein du pinacle de la gérontologie dégénérée d’une hiérarchie éclésiastique en déconfiture.

A la lecture de cette analyse de Chossudovsky et de l’éclairage qu’il apporte sur cette affaire, il n’y a qu’un pas pour dire que l’Amérique Latine est sans doute aujourd’hui, de par l’avènement de ce pape fasciste, certainement gravement menacée d’un retour d’une « opération condor » bis repetita. En effet, quoi de mieux avant de déchaîner de nouveau l’inquisition et les escadrons de la mort en Amérique Latine, que de mettre au Vatican un afficionado de la machine répressive, garantissant ainsi une manipulation des masses en faveur des bourreaux, le silence de l’église (comme d’habitude) sur les exactions qui seront commises et dans le même temps, le musèlement des tentatives légales actuelles de faire la lumière sur le sombre passé des juntes (procès en cour en Argentine sur les ramifications de « l’opération condor »…) et du nouveau pape, impliqué jusqu’au cou dans les horreurs de la dictature militaire argentine, sponsorisé et pilotée à l’instar de son homologue chilienne, par la CIA, bras armé de Wall Street et véritable maître de la Maison Blanche…

Nous souhaitons avoir tort… Mais l’élection de ce pape inquisiteur n’annonce rien de bon pour l’Amérique Latine, qui d’un point de vue de l’empire, doit être ramenée dans le rang. A cet égard, les forces de la réaction aux différentes formes de progressisme latino-américaines et indigènes se préparent sans doute à rouvrir les donjons de l’horreur.

Pueblos de América Latina, desconfiemos!

— Résistance 71 —

 

“Le Pape de Washington” ? Qui est le Pape François: Le cardinal Jorge Mario Bergoglio et la “sale guerre” d’Argentine

 

Dr. Michel Chossudovsky

 

Le 14 Mars 2013

 

url de l’article original:

http://www.globalresearch.ca/washingtons-pope-who-is-francis-i-cardinal-jorge-mario-bergoglio-and-argentinas-dirty-war/5326675

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le conclave du Vatican a élu le cardinal Jorge Mario Bergoglio comme Pape François 1er.

Qui est Jorge Mario Bergoglio? 

En 1973, il a été nommé “provincial” d’Argentine pour la société de l’ordre de Jésus (ordre des Jésuites).

En cette capacité, Bergoglio était le jésuite de plus haut rang en Argentine durant la dictature militaire menée par le général Jorge Videla (1976-1983).

Il est devenu plus tard évêque puis archevêque de Buenos Aires. La pape Jean Paul II l’a élevé au rang de cardinal en 2001.

Lorsque la junte militaire abandonna le pouvoir en 1983, le nouveau président élu, Raul Alfonsin, organisa une commission de la vérité au sujet des crimes de la “sale guerre” (guerra sucia) argentine.

La junte militaire argentine fut soutenue de derrière le rideau par Washington.

Le ministre des affaires étrangères américain d’alors, Henry Kissinger, joua un rôle de derrière le rideau dans le coup d’état militaire de 1976.

L’adjoint en chef de Kissinger en Amérique Latine, William Rogers, lui avait dit deux jours après le coup d’état: “Nous devons nous attendre à une bonne dose de répression, probablement pas mal de sang va couler en Argentine avant longtemps” ( “we’ve got to expect a fair amount of repression, probably a good deal of blood, in Argentina before too long.” … (National Security Archive, March 23, 2006)

“Opération Condor”

De manière ironique, un procès majeur s’est ouvert à Buenos Aires le 5 Mars 2013, une semaine avant que le cardinal Bergoglio ne devienne le nouveau pape. Le procès en court est au sujet:

“de considérer la totalité des crimes commis sous l’opération Condor, une campagne de grande envergure coordonnée par des dictatures latino-américaines soutenues par les Etats-Unis dans les années 1970 et 1980, opération qui visait à traquer, arrêter, torturer et assassiner des dizaines de milliers d’opposants à ces régimes.”

Pour plus de détails, consulter: Operation Condor: Trial On Latin American Rendition And Assassination Program By Carlos Osorio and Peter Kornbluh, March 10, 2013

La junte militaire emmenée par le général Jorge Videla, fut responsable d’un nombre incalculable d’assassinats, incluant des prêtres et des nonnes qui s’opposaient à la règle militaire qui suivit le coup d’état sponsorisé par la CIA du 24 Mars 1976, coup qui renversa le gouvernement d’Isabel Peron:

“Videla fut parmi les généraux condamnés pour crimes contre l’humanité, incluant des “disparitions”, tortures, meurtres et enlèvements. En 1985, Videla fut condamné à la réclusion criminelle à perpétuité à la prison militaire de Magdalena.”

Wall Street et l’agenda économique

Une des nominations clef de la junte militaire fut le ministre de l’économie, Jose Alfredo Martinez de Hoz, un membre du monde des affaires argentin et un ami proche de David Rockefeller.

La package de la politique de macro-économie néolibérale adopté sous Martinez de Hoz était la copie conforme de celui imposé en Octobre 1973 au Chili par la dictature du général Pinochet, sous la tutelle et l’expertise des “Chicago Boys” (NdT: la clique néolibérale de l’économiste Milton Friedman), après le coup d’état du 11 Septembre 1973 et l’assassinat du président élu Salvadore Allende.

Les salaires furent immédiatement gelés par décret. Le véritable pouvoir d’achat s’effondra de plus de 30% en moins de trois mois en Argentine, suivant le coup d’état du 24 Mars 1976 (estimation de l’auteur à Cordoba, Argentine en Juillet 1976). La population argentine se retrouva appauvrie.

Sous la conduite du ministre de l’économie de Hoz, la politique monnétaire de la banque centrale argentine était largement déterminée par Wall Street et le FMI. La marché des changes était manipulé. Le Peso argentin fut délibéré ment sur-évalué, menant à une dette exterieure insurmontable. L’économie nationale dans sa totalité fut précipitée dans la banqueroute.

Wall Street et la hiérarchie de l’église catholique

Wall Street était fermement derrière la junte militaire qui menait la “sale guerre” pour elle. A son tour, la hiérarchie de l’église catholique joua un rôle central en soutenant la légitimité de la junte militaire.

L’ordre de Jésus (jésuite), qui représentait la faction conservatrice et la plus influente faction au sein de l’église catholique, était étroitement associée avec les élites économiques argentines, elle fut fermement derrière la junte militaire, contre les soi-disants “gauchistes” du mouvement péroniste.

 “La sale guerre”: Des allégations directes contre le cardinal Jorge Marion Bergoglio

En 2005, l’avocat des droits de l’Homme Myriam Bregman enregistra une plainte et une action en justice contre le cardinal Jorge Marion Bergoglio, l’accusant de conspiration avec la junte militaire dans l’enlèvement de deux prêtres jésuites en 1976.

Bergoglio, qui était à cette époque le “provincial” pour la société de l’ordre de Jésus, avait ordonné à deux prêtres jésuites étiquetés “gauchistes”, de “quitter leur fonction éclésiastique” (ils étaient donc virés) suivant des divisions au sein de la société de l’ordre de Jésus en regard du rôle de l’église catholique et de ses relations avec la junte militaire.

Condamner la dictature militaire (et les violations des droits de l’Homme inhérentes) était tabou au sein de l’église catholique. Alors que les échelons supérieurs de la hiérarchie de l’église soutenaient la junte militaire, la base de l’église était fermement opposée à l’imposition de la règle militaire.

En 2010, les survivants de la “sale guerre” ont accusé le cardinal Jorge Marion Bergoglio de complicité dans l’enlèvement de deux membres de la société de l’ordre de Jésus les pères Francisco Jalics et Orlando Yorio  (El Mundo, 8 November 2010)

“Durant le procès initié en 2005, Bergoglio invoqua par deux fois son droit de par la loi argentine de refuser d’apparaître devant la cour et quand il témoigna éventuellement en 2010, ses réponses furent très évasives:

“Au moins deux cas impliquaient directement Bergoglio. L’un examinait la torture de deux de ses prêtres jésuites, Orlando Yorio et Francisco Jalics, qui furent enlevés en 1976 des bidonvilles où ils professaient la théologie de la libération. Yorio accusa Bergoglio de les avoir remis aux escadrons de la mort… en refusant de dire au régime qu’il endorsait leur travail. Jalics refusa de discuter tout ceci après s’être reclus dans un monastère en Allemagne.” (Los Angeles Times, April 1, 2005)

Les accusations dirigées contre Bergoglio en ce qui concerne deux prêtres jésuites enlevés ne sont que le sommet de l’iceberg. La totalité de la hiérarchie de l’église soutenait la junte militaire. D’après l’avocate Myriam Bregman: “Les propres déclarations de Bergoglio prouvent que les officiels de l’église savaient depuis très tôt que la junte torturait et tuait ses citoyens et elle endorsa publiquement les dictateurs. La dictature n’aurait pas pu opérer de cette façon sans ce soutien clé.” (Los Angeles Times, April 1, 2005 emphasis added)

La hiérarchie catholique était tacitement complice de torture et de meurtres de masse, on estime que 22 000 personne furent tuées ou disparurent entre 1976 et 1978. Des milliers d’autres victimes additionnelles furent tuées entre 1978 et 1983, lorsque l’armée fut forcée à se retirer du pouvoir.” (National Security Archive, March 23, 2006)

L’église catholique: Le Chili contre l’Argentine

Il convient ici de noter que lors du coup d’état militaire au Chili le 11 Septembre 1973, le cardinal de Santiago du Chili, Raul Silva Henriquez, condamna ouvertement la junte militaire emmenée par le général Augusto Pinochet. En contraste avec l’Argentine, cette prise de position ferme de l’église catholique au Chili fut instrumentale à restreindre la marée d’assassinats politiques et de violations des droits de l’Homme dirigés contre les supporteurs de Salvador Allende et des opposants au régime militaire.

Si Jorge Mario Bergoglio avait pris une position similaire de celle du cardinal Raul Silva Henriquez au Chili, des milliers de vie auraient sans doute pu être sauvées.

L’Opération Condor et l’église catholique

L’élection du cardinal Bergoglio par le conclave du Vatican pour servir l’église comme pape François 1er va avoir des répercussions immédiates sur le procès en cours à Buenos Aires au sujet de l’opération Condor.

L’église fut impliquée à soutenir la junte militaire. Ceci est quelque chose qui va émerger au cours des auditions du procès. Il ne fait aucun doute qu’il y aura des tentatives pour masquer le rôle de l’église catholique et de sa hiérarchie ainsi que le rôle du nouveau pape François 1er, qui servait à l’époque comme chef de l’ordre jésuite en Argentine pendant la dictature militaire.

Jorge Mario Bergoglio:  “Le pape de Washington au Vatican”? 

L’élection du pape François 1er a de vastes implications géopolitiques pour la région de l’Amérique Latine.

Dans les années 1970, Jorge Mario Bergoglio soutenait une dictature militaire financée et appuyée par les Etats-Unis.

La hiérarchie catholique en Argentine soutenait le gouvernement militaire.

Les intérêts de Wall Street étaient garantis par José Alfredo Martinez de Hoz au ministère de l’économie et des finances.

L’église catholique en Amérique Latine a une grande influence politique. Elle a aussi un pouvoir sur l’opinion publique. Ceci est connu et bien compris des architectes de la politique étrangère états-unienne.

En Amérique Latine, où un nombre conséquent de gouvernements défient maintenant l’hégémonie américaine, on pourrait s’attendre, au vu des antécédents de Bergoglio, que le nouveau pontif François 1er, leader de l’église catholique, joue un rôle politique de facto discret pour Washington.

Avec Jorge Marion Bergoglio, pape François 1er, au Vatican (qui servit fidèlement les intérêts américains à l’époque du général Jorge Videla), la hiérarchie de l’église catholique en amérique Latine peut une nouvelle fois être manipulée efficacement afin de diminuer les impacts “progressistes” des gouvernement de gauche, non seulement en Argentine (en relation avec le gouvernement de Cristina Kirchner), mais à travers la région entière, incluant le Vénézuéla, l’Equateur et la Bolivie.

L’installation d’un pape “pro Etats-Unis” s’est passée une semaine après la mort du président Hugo Chavez.

Alors, le pape de Washington et de Wall Street est-il au Vatican?

Le ministère des affaires étrangères américain met de manière routinière sous pression des membres du conseil de sécurité des nations unies avec pour but d’influencer le vote en ce qui concerne les résolutions du conseil.

Des opérations secrètes américaines et des campagnes de propagande sont appliquées régulièrement afin d’influencer des élections nationales dans différents pays à travers le monde.

Le gouvernement américain a t’il essayé d’influencer l’élection du nouveau pontif ? Jorge Mario Bergaglio était le candidat favori de Washington.

Y a t’il eu des pressions sous-jacentes exercées par Washington au sein de l’église catholique, directement ou indirectement, sur les 115 cardinaux qui sont membres du conclave du Vatican, menant ainsi à l’élection d’un pape qui servirait fidèlement les intérêts de la politique étrangère de Washington en Amérique Latine ?

Note de l’auteur:

Lors du régime militaire de 1976, j’étais un professeur invité au Social Policy Institute de l’université Nationale de Cordoba en Argentine. Mon sujet de recherche principal était à ce moment là, d’enquêter sur les impacts des réformes macroéconomiques léthales adoptées par la junte militaire.

J’enseignais à l’université de Cordoba pendant la vague initiale d’assassinats, qui ciblait aussi les membres “progressistes” du clergé catholique.

La ville industrielle de Cordoba était le centre du mouvement de résistance. Je fus le témoin du comment la hiérarchie catholique soutenait régulièrement et activement la junte militaire, créant ainsi une atmosphère d’intimidation et de peur à travers le pays. Le sentiment général à cette époque était que les Argentins avaient été trahis par les échelons supérieurs de l’église catholique.

Trois ans plus tôt, au moment du coup d’état militaire au Chili le 11 Septembre 1973, menant au renversement du gouvernement d’unité populaire de Salvador Allende, j’étais un professeur en visite à l’Institut d’économie, de l’université catholique du Chili à Santiago.

Immédiatement après le coup au Chili, j’ai été le témoin du comment le cardinal de Santiago, Raul Silva Henriquez, agissant au nom de l’église catholique, confronta la dictature militaire.