Archive pour la restitution solution colonialisme canada

Résistance au colonialisme: Canada ou Kanata ?…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 22 novembre 2013 by Résistance 71

La société traditionnelle indienne est « anarchiste » par essence puisque non-étatique, non centralisée et à pouvoir non-coercitif. Les seules « institutions » sont les conseils des femmes et des chef (clans, nations, confédération) qui ne prennent des décisions qu’à l’unanimité, après débat populaire à la base. Les représentants sont de véritables représentants de la nation, des nations, qui ne rendent directement de comptes qu’à leurs peuples qui est véritablement souverain et décide de tout. Des sociétés où la chefferie est tout sauf le pouvoir (cf. Pierre Clastres).

C’est l’avenir de nos sociétés, nous avons beaucoup à apprendre car nous ne savons rien…

— Résistance 71 —

 

“Toronto” “Ontario” “Canada”

 

Mohawk Nation News

 

19 Novembre 2013

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2013/11/19/toronto-ontario-canada/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La grosse bagarre actuelle à la mairie de Toronto est au sujet de savoir qui a la jurisdiction pour gérer l’entreprise commerciale “Toronto”, qui est sise sur des terres Mohawk qui n’ont pas été abandonnées ou cédées.

Toronto est le mot Mohawk pour dire “l’endroit où il y a des arbres poussant dans l’eau”, Ontario (O’nia’ta:rio) est le mot Mohawk qui veut dire: “grande étendue d’eau” et le mot “Canada” (Ka’na:ta) est le mot Mohawk qui veut dire “communauté”. D’après le Wampum 44 de Kaianerekowa / La Grande Loi de la Paix, la terre et ses ressources sont la responsabilité du seul Kahonti’tiokwa:nio ou le Conseil des Femmes.

En 1701, nous avons invité les colons blancs à venir vivre en paix perpétuellement avec nous sur nos terres en accord avec Guswentha ou Wampum à Deux Rangées. Ils furent d’accord. Ensuite ils essayèrent de nous tuer et de nous “assimiler” et de voler nos possessions. La loi d’Onowarageh, de l’Île de la Grande Tortue fut totalement ignorée. Lorsque cet accord fut rompu, ils devinrent alors des envahisseurs illégaux.

Les banquiers ont mis illégalement en place la corporation, l’entreprise Canada sous les auspices de la loi de l’Amirauté des mers britannique afin de conserver ce qui nous avait été volé. Le système complet de gouvernance entrepreneuriale est artificiel. Ils sont coupables de vol, de meurtre, de génocide en ce qui nous concerne et aussi sur leur propre peuple.

Les banquiers ont établi ce système hiérarchique qui donne le pouvoir au-dessus des autres. A Toronto, la lutte est pour savoir qui est au sommet de la pyramide et contrôle nos fonds et nos ressources. Dans ce système, les banquiers n’ont besoin que de payer une personne au sommet et Rob Ford lutte pour rester en haut de la pyramide.

Les banquiers ont mis ce système en place dans tous les pays incorporés en tant qu’entreprise et qui font partie de l’ONU afin de prétendre être en démocratie et de savoir qui corrompre.

Le Conseil des Femmes a le devoir de notifier tous les colons que comme sa proclamation est au-dessus de toutes règles et tous statuts, toutes leurs colonies, développments et réglementations violent la Proclamation et le Guswentha.

Le retour à la terre est le seul moyen de mettre un terme à la confusion. Le Conseil des Femmes dans chaque communauté doit interagir avec les autres. Le niveau communal est le plus important car c’est là que sont élevés les enfants.

Le sénat doit être donné au Conseil des Femmes et la Chambre Commune (parlement, assemblée nationale), au Conseil des Hommes, sans hiérarchie, sans premier ministre, sans président. Les conseils locaux citoyens délibèrent et passent leurs décisions aux conseils des femmes et des hommes. Chaque voix est entendue. Tout le monde est égal. Les décisions ne sont pas basées sur la règle des 51% de la majorité, qui est une règle corporatiste, entrepreneuriale et non pas démocratique (NdT: Dans le système politique indien, les décisions sont prises à l’unanimité...). Rob Ford est en train de se faire virer d’un système électoral à 51% qui est fondé sur les pots-de-vin et la corruption ouverte.

Pink Floyd chante à propos de la malfaisance de l’argent. “I’m all right Jack keep your hands off my stack. Money it’s a hit.” Pink Floyd. “Money”.

Publicités

La solution au colonialisme occidental en Amérique du nord passe par la restitution (Taiaiake Alfred)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 23 octobre 2013 by Résistance 71

La restitution est le véritable chemin de la justice pour les peuples indigènes

 

Taiaiake Alfred

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Je pense que la réconciliation doit être intellectuellement et politiquement déconstruite de façon à devenir le but des peuples indigènes dans leurs luttes politique et sociale. Je considère la réconciliation comme étant un concept émasculateur, faible et acceptant trop facilement des demies-mesures d’une notion de justice qui n’aident en rien les peuples indigènes à regagner leur dignité et leur force. Une de mes préoccupations dans toute discussion impliquant la réconciliation est de trouver des moyens pour briser son emprise sur notre conscience de façon à ce que nous puissions aller vers une véritable fondation de justice durable, qui résultera en de véritables changements dans les vies des peuples indigènes et le retour à leurs territoires.

Sans une restitution territoriale massive effectuée aux peuples natifs, collectivement et individuellement, incluant les terres, les transferts de fonds fédéraux et provinciaux et toutes autres formes de compensation pour les maux passés et les injustices continuelles toujours commises contre la terre et les nations indigènes, la réconciliation absoudra de manière permanente les injustices coloniales et ceci en soi n’est qu’une autre injustice de plus. Ceci est au moins clair dans notre compréhension des choses du passé et du présent dans un cadre indigène et de nos histoires communes et ce même si les leaders natifs ont trop peur des répercussions politiques et sont peu enclins de faire les sacrifices nécessaires pour faire avancer un tel agenda.

La compréhension des autres de la nature des problèmes auxquels nous avons à faire face est bien plus complexe. L’ignorance totale de la société canadienne au sujet des faits de leur relation avec les peuples indigènes et le déni volontaire et orchestré de la réalité historique par les Canadiens empêchent toute discussion cohérente au sujet d’une véritable réconciliation. Se limitant à une discussion historique n’englobant que les cinq ou dix dernières années, les médias et le public focalisent sur l’inefficacité des milliards de dollars dépensés par an et donnés par la voie du système des affaires indiennes (Department of Indian and Northern Affairs ou DINA). L’histoire complexe de ce qu’il s’est passé et des complexités entremêlées du passé impactent sur les relations présentes et futures et sont réduites à des questions de titres de propriété, de droit et de bon gouvernement le tout au sein d’institutions déjà établies par l’état. Considérons l’effet d’élargir nos visions et celles de la société. Quand on considère 200 ou 300 ans d’interactions, cela deviendrait très clair et ce même pour les blancs, que le véritable problème auquel leur pays doit faire face est que les nations se disputent sur les questions de conquête et de survie, d’empire et de génocide et sur les requis moraux pour être une société juste.

En considérant une longue vision des choses et les faits réels, le problème indien devient une question de bien et de mal pour la justice dans sa forme la plus fondamentale.

Quelque chose a été volé, des mensonges ont été dits et rien n’a jamais été corrigé. Ceci est le cœur même du problème. Si nous ne nous écartons pas du discours pacificateur de réconciliation et si nous ne commençons pas à recadrer la vision des gens sur ce problème, afin de concevoir que la question n’est pas de savoir comment se réconcilier avec le colonialisme qui nous oppose, mais au lieu de cela, comment utiliser la restitution comme étant le premier pas vers la justice et un retour vers une société morale, alors nous ne ferons que faire avancer la colonisation et non pas la décolonisation.

Ce qui a été volé doit être rendu et des excuses doivent être faites pour les crimes qui ont été commis, crimes qui sont la base de la vie de tout Canadiens non-indigènes, vieilles familles tout comme immigrants récents, car tous ont profité de la terre pour être citoyen de ce pays.

Quand je dis à un “colon”: “rendez-le”, suis-je en train de lui dire de tout rendre et de quitter le pays ? Bien sûr que non. L’irrédentisme n’a jamais fait parti de la vision de nos peuples. Quand je dis: “rendez-le”, je parle de ce que les colons montrent du respect pour ce que nous partageons, la terre et ses ressources et de faire une bonne et juste chose en nous offrant la dignité et la liberté qui nous sont dûes en nous retournant suffisamment de terres pour que nous soyons de nouveau libres, indépendants et auto-suffisants.

La restitution n’est pas un jeu sur la culpabilité blanche, c’est ce que les processus de réconciliation sont devenus de fait. La culpabilité est un concept monothéiste totalement étranger à la culture indigène, cela ne se rumine pas sous la menace d’une punition pour des méfaits passés au point d’une paralysie morale et politique. La restitution est une purification. C’est un rituel de reconnaissance et de confession dans lequel il y a une reconnaissance et une acceptance des mauvaises actions et une véritable démonstration de tristesse et de regrets, continués dans la réalité d’une promesse de ne plus jamais causer de tort et de rediriger ses actions vers ceux à qui le tort a été commis. Rien que de considérer ce type de discussion serait un changement et un défi radicaux envers les négociations de réconciliation, qui sont plus au sujet de nous faire tenir dans le cadre colonialiste, plutôt que de confronter et de vaincre ce même cadre. Quand je parle de restitution, je parle de nous restaurer nous-mêmes en tant que peuples, notre pouvoir spirituel, notre dignité ainsi que les bases économiques pour notre auto-suffisance. Les Canadiens comprennent de manière implicite que le processus de réconciliation ne va pas les forcer à remettre en question ce qu’ils ont fait, mais cela va les réconforter dans leur idée de persévérance et de comprendre une fois que les peuples indigènes, pardon aborigènes, sont réconciliés avec l’impérialisme. La réconciliation sera alors peut-être capable de bouger en dehors de la puanteur du racisme ouvertement prôné dans les relations sociales et publiques. Ceci représente une solution facile au problème du colonialisme pour les blancs et il ne fait aucun doute que beaucoup se satisferaient de cet escamotage de la réalité coloniale. Mais logiquement et moralement, on ne peut pas échapper au fait que les problèmes réels et profonds du colonialisme sont un résultat direct du vol de nos terres, ce qui ne peut pas être solutionné autrement qu’en nous rendant ces territoires.

Il y a au moins deux aspects de ce vaste problème. Le premier est la compréhension de la dimension économique; l’effet continue sur nos communautés d’être illégalement dépossédées de nos terres. Le second est la dimension sociale, les dénis politiques et légaux des existences collectives indigènes. Recibler la lutte d’Onkwehonwe (peuples originels) comme cherchant la restitution comme étant la précondition de la réconciliation n’est ni extrémiste ni irrationnel, comme le diraient sans aucun doute les intellectuels et leaders politiques indigènes et certainement les blancs. La restitution de manière générale, implique le retour de ce qui a été volé, accepter des réparations (soit par terres, matérielles ou monnétaires) pour ce qui ne peut pas être rendu et forger une nouvelle relation socio-politique basée sur “l’admission canadienne des fautes et malveillances passées et l’acceptation de la responsabilité et l’obligation  de s’engager dans un processus de reconstruction avec les peuples indigènes fondé sur la restitution-réconciliation-paix”.

L’autre aspect du problème est méthodologique; les leçons apprises des luttes des peuples indigènes pour leur auto-détermination depuis le milieu du XIXème siècle sont que la restitution et la réconcilation ne peuvent être achevées qu’au travers d’un conflit constructif de contentieux avec l’état et avec la société canadienne par la résurgence et la la démonstration du pouvoir indigène dans les sphères sociales et politiques. Du Mouvement de la Force Rouge (Red Power Movement) à la crise d’Oka en passant par la nouvelle génération des sociétés de guerriers, l’histoire a démontré qu’il était impossible de transformer la société coloniale de l’intérieur de ses institutions, ni de parvenir à la justice et à une coexistence pacifique sans d’abord transformer les institutions de la société coloniale elles-mêmes. Pour le dire simplement, l’entreprise économique “Canada”, qui fonctionne sous le déguisement d’un état “démocratique libéral » est, par sa création même et sa culture, simplement incapable de relations de coexistence pacifique avec les nations indigènes. L’échec constant des solutions négociées pour changer des choses conséquentes dans la vie des indigènes ou d’un accord du retour de la terre le prouve (être d’accord de gouverner et d’utiliser la terre comme le ferait l’homme blanc en échange de la reconnaissance de son corps de gouvernement n’est pas une libération du colonialisme). Le véritable changement interviendra lorsque les colons seront forcés de reconnaître ce qu’ils sont, ce qu’ils ont fait, et ce dont ils ont hérité, dès lors. Ils seront incapables de fonctionner comme entité coloniale et commenceront à voir et à envisager des relations de respect avec les autres personnes, les considérant comme d’autres êtres humains.

Il y a de gros obstacles à la reconnaissance des droits indigènes dans ce pays parce que l’impératif d’assimiler toute différence est, en fait, une caractéristique inhérente de la démocratie libérale. Les tentatives de sortir du paternalisme raciste si typique de tous les pays coloniaux, sont handicappées par le cadrage de tout le projet de décolonisation dans le contexte légal et politique de l’état démocratique libéral. Détachées de la mythologie coloniale de la société des colons au travers de l’application d’une logique disciplinée de justes principes, les relations entre les indigènes et les colons ne peuvent pas être réconciliées sans déconstruire les institutions qui furent construites sur le racisme et l’exploitation coloniale. Pour qu’il y ait finalement justice au sortir de cette situation coloniale, une réhabilitation radicale de l’état est requise. Sans changements radicaux de l’état lui-même, toutes propositions de changement sont ultimement des propositions assimilatrices.

Il y a des différences fondamentales entre les modèles d’organisation de la société et de gouvernance indigène et canadien. Les cultures indigènes et les structures gouvernementales qui ont émergées en leur sein sont fondées sur des relations de rapports et d’obligatons d’humains à humains et sur la vision économique que la durabilité des relations et de la reproduction perpétuelle de la vie matérielle sont des objectifs premiers, sur la croyance que les organisations doivent être fondées sur les unités familiales liées à la terre, et sur la conception d’une liberté politique qui équilibre l’autonomie d’une personne avec la responsabilité de la famille. Mettez ceci en contraste avec l’état démocratique libéral dans lequel la relation première est entre des citoyens de droit et la fonction principale du gouvernement est d’intégrer des diversités politiques et sociales pré-existantes au sein de la singularité d’un état, assimilant toutes les cultures en une identité unique patriotique et dans lequel la liberté politique est régulée par des structures distantes et supposément représentatives dans un système inaccessible de responsabilité publique, qui a depuis longtemps été corrompu par l’influence des grosses entreprises commerciales.

Comment quelqu’un peut-il s’attendre à ce que ces deux cultures politiques totalement différentes et opposées puissent être réconciliables ? Elles ne le sont pas. Les institutions coloniales et les sous-cultures disfonctionnelles qu’elles ont pondues dans les communautés indigènes sont le résultat des tentatives échouées de forcer les nations indigènes dans leur moule de démocratie libérale. Etant donnés les différents conflits de forme et d’objectifs entre la gouvernance indigène et la gouvernance libérale, l’une ou l’autre doit être radicalement transformée si on veut parvenir à une forme de réconciliation. En tant que tyrannies majoritaires dans les situations coloniales, les sociétés démocratiques libérales opèrent toujours sur la conviction que les peuples indigènes vont succomber et se soumettre à la plus grande force culturelle et numérique de la société coloniale. Cela coûte très cher financièrement et socialement de faire l’effort d’assimiler les individus indigènes dans la démocratie libérale et les valeurs culturelles judéo-chrétiennes et ce sans autre justification que ces faibles arguments formés sur un préjudice idéologique et culturel envers la supposée supériorité de l’héritage intellectuel et culturel européen. Voici pourquoi la réconciliation, comme elle est couramment comprise, est injuste; tout compromis à la démocratie libéral est une capitulation de l’essence même de toute forme d’existence indigène.

Des logiques sans préjudices de la décolonisation pointent vers le besoin de créer une coexistence parmi des communautés politiques autonomes. Une coexistence éventuelle pacifique demande un processus de décolonisation dans lequel Onkwehonwe sera émancipé et non pas coincé dans les valeurs, cultures et pratiques de la démocratie libérale. Si les buts de la décolonisation sont la justice et la paix, alors le processus pour y parvenir doit refléter une clause basique à respecter de la part des indigènes et des colons afin de reconnaître l’existence de l’un l’autre. Ceci ne peut pas se produire lorsqu’un des partenaires dans la relation est forcé de sacrifier son héritage et son identité en échange de la paix. Voilà donc pourquoi la seule possibilité d’une relation juste entre les peuples indigènes et la société coloniale est le concept d’une relation de nation à nation entre les peuples, le type de relations qui fut reflétée dans les traités originels de paix et d’amitié qui furent consacrés entre les natifs et les nouveaux arrivants qui commencèrent à arriver dans nos territoires. Le seul moyen de sortir de l’injustice de la relation courante est de commencer à pratiquer un processus de résurgence-excuses-restitution et de chercher à restaurer les relations pré-coloniales qui étaient fondées sur le partage et la coopération entre des peuples différents.

Le Canada refuse les tentatives de raisonner logiquement sur ce problème de cette façon. Les arguments communs au sujet de la restitution et de la réconciliation se terminent toujours par des prises de position défensives et conservatrices concernant les injustices évidentes et ce à l’encontre des arguments les plus justes et les plus raisonnables formulés en faveur de la restitution. Cela devrait être l’évidence même que légitimer les injustices ne fait qu’en promouvoir d’autres.

Tolérer les crimes encouragent la criminalité. Mais cet argument actuel canadien présume que comme les injustices sont historiques et que le passage du temps a certainement mené à un certain changement de circonstances pour à la fois les perpétrateurs et les victimes, le crime a été effacé et il n’y a pas d’obligation d’en payer le tribut.

Ceci est la version sophistiquée du sentiment le plus commun du colon: “Les Indiens l’ont eu dur, mais ce n’est pas de ma faute parce que je n’étais pas ici il y a cent ans”, ou bien: “J’ai acheté mon ranch au gouvernement de manière honnête”. Dans le sillage des excuses faites pour les pensionnats indiens et l’accord de compensation, nous devons dire ici que des excuses à moitié sincères et légalement restreintes du gouvernement plus quelques paiements de menues monnaies à ceux qui ont survécus les abus durant leur séjour dans ces pensionnats, sont loin d’une véritable reconnaissance, encore moins d’une absolution morale, légale ou politique pour le plus grand crime de la dépossession des peuples de la totalité de leur masse territoriale.

Le premier argument, pro-restitution, est puissant en lui-même. C’est précisément la reluctance des colons d’enquêter sur et d’inculper ses propres actions et celles de ses ancêtres, qui permet à l’injustice de s’accumuler continuellement et de se renfermer dans la culture dominante. En considérant les faits et la réalité qui définissent les relations entre les colons et les indigènes, le contre-argument de l’histoire pointe vers la restitution. Placer le contre-argument dans un contexte socio-politique actuel annule tout pouvoir qu’il pourrait avoir dans un autre contexte historique, théorique ou mythique. La clé de tout cela est d’assumer que le passage du temps mène au changement de circonstances. Ceci est faux, surtout considérant la relation entre les nations indigènes et la société canadienne et l’injustice d’une relation coloniale. Entre le début de ce siècle et le début du siècle dernier, les vêtements ont peut-être changés et leurs noms sont peut-être différents, mais leur rôle est toujours le même. Sans un changement substantiel dans les circonstances de la colonisation, il n’y a aucun fondement à considérer l’injustice historique. Le crime du colonialisme est présent aujourd’hui, tout comme le sont ses perpétrateurs et il n’y a toujours pas de raison morale et logique pour les peuples indigènes de chercher une réconciliation avec le Canada.

Cet essai est adapté de la discussion de l’auteur sur la réconciliation dans son livre: “Wasáse: Indigenous Pathways of Action and Freedom” (Peterborough, ON: UTP/Broadview Press, 2005).

Source:

http://speakingmytruth.ca/downloads/AHFvol2/17_Alfred.pdf