Archive pour la republique des lakotas

Résistance politique… et spirituelle: La sagesse Sioux au secours de l’occident…

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Ils luttent contre le terrorisme depuis 1492 et ils ont beaucoup à nous apprendre ! Il est grand temps d’écouter leurs voix…

— Résistance 71 —

 

Mitakuye Oyasin (Nous sommes tous inter-reliés)

 

Trois chapitres du livre: If You’ve Forgotten the Names of the Clouds, You’ve Lost Your Way : An Introduction to American Indian Thought & Philosophy

 

par Russell Means

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les ancêtres

“Chaque partie de ce monde est sacrée pour mon peuple. Chaque colline, chaque vallée, chaque plaine, chaque bosquet… La poussière sur laquelle vous vous tenez debout maintenant répond plus gentiment à nos pas qu’aux votres, parce qu’elle est riche du sang de nos ancêtres…”

Seattle, Suquamish, mid 1800s

Venez avec nous maintenant, voyagez dans un autre monde… la façon dont c’était sur Terre, quand les gens à travers ce monde vivaient dans un paradis. Aujourd’hui, ce paradis demeure dans seulement quelques endroits disséminés, dans de petites poches qui rétrécissent et des îles isolées oublièes de tous, ou dans des montagnes ou des jungles difficiles d’accès.

Pour comprendre les Indiens d’Amérique, ou du reste tout peuple indigène, il est essentiel de commencer avec les ancêtres. Nos ancêtres sont vitaux à la façon dont les Indiens regardent le monde et ils sont maintenus en très haute estime comme s’ils étaient toujours en vie aujourd’hui et étaient toujours parmi nous.

Nos ancêtres sont nos témoins et compagnons permanents. Ils savent tout. Ils sont des parties de nous-mêmes, tout comme nous sommes parties d’eux. De cette façon, un amérindien n’est jamais seul ou un individu plongé dans la solitude. L’angoisse existentielle nous est inconnue. Nous savons qui nous sommes et ne sommes jamais seuls. Nous sommes parties de quelque chose de bien plus grand que nous.

Ceci nous rend responsables. Une famille entière ou un clan est responsable pour tout acte de violence d’un de ses membres, non seulement dans le présent, le passé, mais aussi dans le futur. L’honneur n’est pas purement individuel, il existe parmi les individus bien sûr, mais il incorpore également nos familles immédiates, nos clans, les Ancêtres et s’étend pour inclure tout l’univers.

Un Améridien est conscient que si la disgrâce ou le déshonneur viennent sur lui, alors notre grand-mère la Terre a aussi été insultée. Ces croyances et principes sont réels. Ils sont fondés sur la claire connexion entre nous-mêmes et la Nature, le monde naturel qui nous nourrit et nous chérit, qui nous soutient dans tous les moments de notre existence. Notre connexion avec les Ancêtres guide nos actions dans chaque situation.

La triste réalité du Patriarche

 “Vendre un pays ! Pourquoi pas vendre l’air, le grand océan aussi bien que la Terre elle-même ? Comment pouvouns-nous faire confiance à l’homme blanc ? Quand Jesus Christ est venu sur Terre, vous l’avez cloué sur une croix… Où sont les Péquots ajourd’hui ? Où sont les Narrangansetts, les Mohicans, les Pocanets et les autres puissantes tribus de nos peuples ? Ils ont disparu devant la veulerie et l’oppression de l’homme blanc, comme la neige au soleil. Les os de nos morts seront labourés et leurs tombes transformées en champs de cultures…”

Tecumseh, Shawnee, 1811

Le patriarcat est l’impérialisme, l’oppression et l’exploitation de “l’autre” qui a commencée dès que le patriarcat a levé sa sale tête il y a environ 6000 ans. Les patriarches sont les maîtres à justifier toute et chaque mauvaise action, on nous a élevé dans les écoles avec les histoires des méchants puritains et comment ils extorquaient de fausses confessions par la torture à des suspectées “sorcières”, et maintenant, d’un seul coup d’un seul l’application du suplice de la baignoire ou autres tortures à de soi-disants “terroristes” est une bonne idée, alors même que toutes évidences ont démontré ces techniques comme inefficaces (sans parler d’immorales..) Vous pouvez dire ceci du patriarche: il est certainement consistant dans son inconsistance irrationnelle.

La science est la religion du patriarche. Ceci ne doit pas être confondu avec la science indienne, qui est fondée sur la collecte de vérités par l’observation du monde naturel en action. Il n’y a rien de naturel au sujet d’une science qui soutient les monumentales mauvaises actions et injustices du système patriarcal. Comme toute religion, la version patriarcale de la “science” est emplie de rituels, de dogmes, de sacro-saints textes, d’articles de foi. Ceci sont les outils qui sont utilisés pour renforcer le patriarcat. Des scientifiques dissèquent des chiens et des singes pour la recherche. Comment ceci peut-il être acceptable à quelqu’un qui possède un gramme “d’humanité” ?

La science est utilisée comme une arme par le patriarche, entre ses mains, la science devient une machine à tuer. Les nazis se vantaient d’être très scientifiques et à quel prix pour l’humanité ? La recherche scientifique est rampante et pour quel résultat ? L’espérance de vie de l’Homme augmente mais reste bien en deçà des sociétés indigènes, les cultures célèbres dans le monde entier pour leur longévité ne sont pas des sociétés scientifiques, mais sont des endroits où les gens vivent naturellement. Dans les sociétés scientifiques, les anciens sont mis en cage dans des mourroirs, la maladie d’Alzeihmer et la démence sont en augmentation constante. La maladie de Parkinson n’existait pas avant le massacre généré par la révolution industrielle.

Aujourd’hui, ceux qui protestent contre la recherche scientifique débordante sont appelés terroristes et amalgamés avec ceux qui voudraient détruire la fabrique même de la société et pourtant, ce sont les scientifiques eux-mêmes qui sont le seul groupe qui menace de vraiment détruire l’équilibre de la vie sur Terre. Les peuples indigènes ont vécu d’innombrables siècles sans déséquilibre ou destruction et en seulement 6000 ans de patriarcat la Terre a été amenée au bord de la destruction totale. Dans le patriarcat, le meurtre de masse et la destrution de toute sorte de vie sont justifiés par les bénéfices d’un petit groupe de privilégiés perchés au sommet de la pyramide. Wall Street n’est pas différent de toutes les tyrannies et les royautés de l’histoire.

La prière matinale Lakotah de remerciement:

O grand mystère sacré, merci de ce jour.

Je te remercie pour l’univers, qui est notre tabernacle, notre maison de culte.

Merci pour les gens des étoiles, qui veillent sur notre eau et toutes les vies, nous donnent une direction et un endroit pour vivre.

Merci pour la lune, qui veille aussi sur notre eau et purifie naturellement les femmes.

Merci pour l’eau.

Merci pour notre grand-mère sacrée, la Terre, mère de tous les êtres vivants, car ils sont notre famille.

Merci pour le vent d’Est, qui nous amène l’étoile du matin, qui nous donne l’aube d’un nouveau jour, pour que nous ne répétions pas les erreurs commises hier. Le vent d’Est amène un renouveau dans nos cœurs, nos corps et nos esprits, renouvelant les forces spirituelles de notre grand-mère sacrée, la Terre et tous les membres de notre famille des vivants.

Merci pour les gens daims à queue noire, qui vivent à l’Est et nous protègent.

Merci pour le vent du Sud qui amène la chaleur et la générosité dans nos cœurs, nos esprits et nos corps, ainsi qu’à notre grandmère la Terre et notre famille du vivant.

Et merci aux gens hiboux qui vivent au Sud et nous protègent.

Merci pour le vent d’Ouest, qui nous donne les esprits du tonnerre et des éclairs, qui amènent le vent de fraîcheur purificateur et la pluie rafraîchissante à notre grand-mère la Terre et à toute notre famille du vivant.

Merci aux gens bisons qui vivent à l’Ouest et nous protègent.

Merci pour le vent du Nord, qui amène des vents forts et endurants qui donnent force et endurance à notre grand-mère la Terre et à toute notre famille du vivant et qui nous donne la force et l’endurance dans nos cœeurs, corps et esprits.

Merci aux gens daims rouges qui vivent au Nord et nous protègent.

Merci à tous les êtres ailés pour leurs enseignements, leur générosité et leur sacrifice. Spécialement merci à l’aigle, qui vole le plus haut, voit le plus loin et est fidèle à son compagnon.

Merci aux animaux à quatre pattes qui nous donnent tant et nous enseignent tant, pour leur sacrifice et leur bonté dans le partage.

Spécialement merci au bison, car là où va le bison, va notre peuple.

Merci à tous les membres de notre famille rampant, nageant et vivant sous la terre pour leur sacrifice et leur générosité. Merci pour leur enseignement et tout ce qu’ils nous donnent.

Merci aussi à toute la verdure qui poussent sur terre. Elle nous donnent et enseigne tant. Merci de son sacrifice et de son partage.

Spécialement merci à l’ arbre à feuilles chuchottantes pour sa force, son indépendance et son enseignement. Et merci à l’arbre sacré de la vie, qui doit être nourri et dont on doit prendre soin pour qu’il fleurisse encore et qu’il permette aux gens de vivre comme ils l’ont voulu.

Merci au saumon et aux autres poissons, qui nous enseigne que c’est notre droit de naissance que de retourner à la maison.

Merci à l’araignée, qui nous enseigne les fables de la vie sous la forme d’Iktomi l’espiègle.

Merci à chaque cérémonie sacrée qui nous a été amenée par la femme bison albino.

Merci pour les maisons de purification, qui nous illuminent de la compréhension de la purification et de la propreté.

Merci pour la Danse du Soleil (Sundance), qui donne une opportunité aux hommes de comprendre le miracle de la nouvelle vie en partageant, de modeste façon, l’expérience de mettre au monde.

Merci pour la lamentation et la cérémonie de la vision, qui nous permet de reconnaître une voie positive et indépendante à suivre durant notre vie.

Merci pour la cérémonie familiale, qui nous permet d’amener de nouveaux citoyens dans notre nation, notre famille, notre clan.

Merci pour la cérémonie de maintenance de l’esprit, qui nous permet de montrer notre respect aux ancêtres et qui amène la communauté ensemble pour partager et célébrer les bienfaits de ceux qui nous ont quittés.

Merci pour la cérémonie du lancer de balle, qui amène un cœur, un esprit et un corps à notre communauté

Merci pour la cérémonie de la femme qui permet aux filles et aux jeunes femmes d’aspirer à être méritantes de l’univers.

Merci pour les cérémonies de soins et de médecines douces produites par les membres verts de notre famille qui poussent. Ensemble ils soignent les infirmes, les handicappés et les malades.

Merci pour la terre, les nuages, pour le manteau blanc qui recouvre notre grandmère les mois d’hiver.

Merci pour les couleurs sacrées, qui rerésentent ensemble ce qui est important dans la vie et qui nous enseignent tant individuellement.

Merci pour le vent tourbillonnant, car il nous enseigne le respect, l’émerveillement et la stupeur.

Je remercie tout ce qui est sacré et bon.

Mitakuye Oyasin ~ Nous sommes tous inter-reliés ~

Prière matinale Lakotah

Dans la société traditionnelle Lakotah, le mari se réveille aux premières lueurs avant l’aube. Il ne dit rien, il ne réveille pas sa femme qui dort près de lui. Il sort, seul et récite la prière de remerciement matinale Lakotah avec l’étoile du matin, lorsqu’elle est la dernière étoile dans le ciel à l’aube. Réciter cette prière libère l’esprit de tous les soucis et de l’angoisse et fait prendre conscience à la personne de sa place dans la mosaïque de la vie. Cela vous rend humble.

Près à commencer la nouvelle journée, le mari retourne dans le tipi et va brosser les cheveux de sa femme. Aucun des deux ne dit un mot. La première interaction du mari dans sa journée et avec sa femme est un échange sacré. Les cheveux sont très importants car ils poussent sur la tête, là où se situe le cerveau. Les cheveux contiennent la mémoire. Ils ne sont coupés seulement qu’en cas de deuil. Le premier échange entre le mari et sa femme est une caresse sur une partie sacrée du corps.

L’auteur:

Russell Means est un Sioux Oglala, en tant que jeune leader du Mouvement Indien Américain (AIM), qui a aidé à réscuciter les nations indiennes depuis les années 1970, il a eu le privilège d’apprendre les enseignements traditonnels Lakotah à la source de la connaissance des anciens qui étaient très versés dans les anciennes traditions.

Russell est décédé le 22 Octobre 2012 à l’âge de 72 ans. Sa femme Pearl, a la responsabilité de passer cet héritage intemporel et tant d’actualité de sagesse dans un monde affamé d’équilibre et de vérité.

 

Source:

http://somosenescrito.blogspot.jp/2013/04/we-are-all-related.html

Résistance politique: lutter contre l’empire de l’intérieur

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , on 17 juin 2011 by Résistance 71

Voici une des raisons essentielles pour laquelle il est impossible de traiter ou de faire confiance aux gouvernements des Etats-Unis d’Amérique. Ils n’ont jamais respecté leurs engagements, et ont bafoué tous les traités auxquels ils étaient liés s’il en allait de l’intérêt de l’oligarchie en place.

Les Etats-Unis sont basés sur le leurre de la « démocratie » et ont été fondés « par une bande d’esclavagistes qui voulaient être libres », comme l’avait très bien résumé le grand humoriste anarchiste américain Georges Carlin.

Le pays est fondé sur le pillage, le mensonge, le génocide, le vol et le seul respect de la loi du plus fort. L’antinomie même de la civilisation et le pourquoi nous vivons des moments historiques actuels dramatiques. L’empire est l’ennemi des peuples, il a créé une mouvance globaliste par et pour l’oligarchie transnationale. Il n’y a pas d’unité aux Etats-Unis concernant la velléité hégémonique de son oligarchie. Il y a une résistance interne farouche, les natifs en font partie. Une certaine frange du haut commandement de l’armée américaine n’est pas d’accord avec ce qui se passe et fuite de plus en plus d’ information. L’empire est miné de l’intérieur comme tous ceux avant lui et la question de sa débâcle n’est pas conditionnelle mais temporelle. La question demeure: quelle sera l’étendue du chaos et de la destruction dans son sillage ?

Notre solidarité et coopération transnationale sera plus forte que les intérêts particuliers du petit nombre.

Confiance zéro et à juste titre !… Les Sioux et l’ensemble des natifs le savent et c’est pourquoi ils luttent pour leur indépendance. Russel Means (72 ans) et la nation Sioux nous donne ici un exemple à suivre. La Republique des Lakotas a été fondée en Décembre 2007 sur la base d’un retrait formel de ses traités de 1851 et 1868 (comme explicité dans l’article traduit ci-dessous). Ceci ne fut pas une « sécession » des Etats-Unis, mais un retrait légal unilatéral de tous les traités comme cela est permis sous la convention de Vienne de 1969 concernant la loi des traités et de laquelle les Etats-Unis d’amérique sont signataires.

« Nous œuvrons pour une totale liberté de manière légale, non violente et non agressive. »
— Russel Means — 

Mitakuye Oyasin (Nous sommes tous inter-reliés)

 

— Résistance 71 —

= = = = –

 

“La force, même dissimulée, porte en elle la résistance”

— Proverbe Lakota (Sioux) —

 

 

Le prochain chapitre

Par Russel Means

 

Le 04 Juin 2011

 

Reproduit depuis Indian Country Today

 

 

Url de l’article original:

http://www.republicoflakotah.com/2011/the-next-chapter/

 

 

~ Traduit de l’anglais par Résistsance 71 ~

 

 

Il y a deux semaines, j’étais à New York avec une délégation de la République des Lakotas afin de saisir l’opportunité de la réunion annuelle du Forum Permanent des Nations Unies sur les Questions Indigènes (UNPFII, du 16 au 27 Mai 2011). Le but principal de cette visite était d’utiliser des alliés passés et présents dans la lutte des nations natives afin de nous aider à visiter un petit groupe sélectionné d’autres nations et leurs ambassadeurs aux Nations-Unies et de discuter du caractère international des traités liant mon peuple des Lakota et les Etats-Unis d’Amérique.

En 1851 et 1868, les nations Lakota, Nakota, Dakota (NdT: Sioux), Cheyenne et Arapaho ont battu militairement les Etats-Uniset ceux-ci ont fait la requête de la paix. Nos nations respectives se sont mis d’accord sur la paix suite aux négociations d’un traité à Fort Laramie. Les traités étaient des instruments internationaux entre deux nations indépendantes, sans ambiguités ni équivoques définissant les territoires des nations natives impliquées, ces territoires couvraient une surface de la taille actuelle du Guatemala.

Depuis le temps de la signature de ce traité, les Lakotas ont insisté pour que les Etats-Unis respectent leurs obligations quant à celui-ci. Notre insistance nous a même conduit jusqu’à la cour suprême des Etats-Unis. Quel n’est pas le ridicule de la situation pour nous, que d’aller vers le violeur de ces traités et de demander à ces mêmes violeurs de se forcer eux-mêmes à respecter leurs propres lois. Comment peut-on laisser règler la dispute d’un contrat international par le violeur du contrat ?

Ce dernier siècle, une chose est devenue très claire, les Etats-Unis voulurent prendre leurs bénéfices de ces traités, mais ils n’ont jamais eu l’intention de respecter les autres provisions des traités. OK, nous avons compris. Les Etats-Unis ne vont sûrement pas commencer à respecter les traités aujourd’hui.

Il y en a quelques uns qui disent: “De toute façon, si nous n’avons pas ce traité, nous n’avons rien.” A ceux-là je dis: “Regardez autour de vous ! Vous n’avez déjà rien ! Vous expérimentez la pire des pauvretés (NdT: les Sioux Lakota sont parmi les nations les plus pauvres du monde avec un revenu moyen de moins de 2 000 Euros par an ou 166 Euros environ par mois. 97% de la population Lakota vit sous le seuil de pauvreté), la pire des santés (NdT: l’espérance de vie d’un homme Lakota dans les réserves et de 36 ans en moyenne), les pires problèmes d’environnement, le pire de tout; de plus ils ont volé votre territoire, votre liberté et votre amour-propre. Réveillez-vous ! Ce que vous agitez autour de vous au nom de la “souveraineté” n’est plus un traité, mais un contrat brisé !”

Soyons clairs, si les Etats-Unis décident qu’ils ne vont pas respecter les traités (ainsi qu’ils l’ont déjà fait à maintes reprises), alors il doit y avoir des conséquences pour cette décision, de la même manière que si vous me vendez votre automobile, mais je ne vous donne pas l’argent, je ne vais pas pouvoir garder la voiture sous le prétexte “que j’ai maintenant l’habitude de la conduire”. De la même manière, les Etats-Unis ne doivent pas garder notre territoire simplement parce qu’ils ont autorisé leurs citoyens à nous envahir et à occuper notre terre mère, à bâtir des maisons et des affaires et à voler les richesses et ressources de notre patrie. L’article 37 de la déclaration des Nations-Unies sur les Droits des Populations Natives adresse ce point directement:

Les peuples autochtones ont le droit à la reconnaissance, l’observation et l’application des traités, accords et autres arrangements constructifs conclus avec les États ou leurs successeurs et d’avoir les États honorer et respecter les dits traités, accords ou autres arrangements constructifs. Rien dans cette déclaration ne peut-être interprêté comme diminuant ou éliminant les droits des peuples indigènes contenus dans les traités, accords ou tous autres arrangements constructifs.

Nos traités sont des instruments et documents internationaux et demandent à être appliqués. Si les Etats-Unis n’honorent pas ses obligations, la loi internationale est claire à propos d’un remède équitable pour le non respect des clauses. Sous le principe établi du droit international du inadimplanti non est adimplendum (“une partie n’a pas à respecter ses obligations si l’autre ne respecte pas les siennes”), si une des parties d’un traité refuse de manière persistante de respecter les clauses du traité, alors les parties doivent retourner à leurs positions originelles avant que le traité ne fut signé.

Quand je suis venu à New York pour la première fois en 1975 pour aider à établir le bureau du Conseil International des Traités Indiens aux Nations-Unies, nous étions alors au milieu d’une révolution native. Deux années auparavant, nous avions libéré notre communauté à Wounded Knee et les peuples natifs étaient actifs et revendicateurs. En 1977, nous avions enfoncé les portes des Nations-Unies (NdT: il s’agit ici d’une image évoqué par Russel Means et non pas un acte violent) et demandé nos sièges à la table des nations. Lors donc de ma récente visite aux Nations-Unies, je fus interloqué et attristé de voir ce qu’il s’est passé depuis tout ce temps.

Dans les années qui suivirent 1977, cette révolution que nous avions commencée s’est engluée dans la bureaucatie et le procédurier qui divertissent et mettent au rencart notre droit d’être libre. Des pays comme les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, sortent leurs “natifs” vendus au système comme des marionnettes pour soutenir la politique génocidaire permanente de ces pays. Les révolutionnaires indigènes originels ont été remplacés par des “techniciens” qui acceptent les miettes de leurs envahisseurs, qui continuent à chercher à nous détruire. Les gens expérimentant le génocide ont droit à cinq minutes de parole, sans possibilité d’allongement, puis c’est le tour du blablateur suivant. Il est grand temps de se rappeler les enseignements de nos ancêtres.

Nous avons besoin de renouveler la révolution internationale des natifs, une de celles qui ne demande pas de permission aux envahisseurs de notre terre mère, une révolution qui rappelle le message original de nos ancêtres de ne jamais nous rendre, de ne jamais abandonner, une qui fera avancer nos droits naturels à être libres et un peuple indépendant, avec une personalité internationale, une dignité et un respect. La République des Lakota n’attend pas. Nous avons renouvelé nos stratégies avec d’autres peuples natifs amoureux de liberté, avec des pays comme la Bolivie qui comprennent et soutiennent nos aspirations et avec la société civile internationale. Nous encourageons dès maintenant une nouvelle génération de jeunes natifs de se débarasser de leur cynisme, de mettre leurs talents à l’ouvrage et de prendre leur place dans l’histoire en écrivant  avec nous, le prochain chapitre dans la révolution internationale des peuples indigènes.

 

Russell Means, Oglala/Iynktowan, est chef facilitateur de la République des Lakotah (republicoflakotah.com), et auteur de la biographie Where White Men Fear to Tread (“Là où les hommes blancs ont peur de s’aventurer”)