Archive pour kropotkine entr’aide mutuelle

Changer de paradigme commence avec l’abandon des fraudes « scientifiques » comme le darwinisme-social…

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, presse et média, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 29 novembre 2014 by Résistance 71

Le meilleur antidote contre cette pure fadaise inventée de toute pièce qu’est le darwinisme social (inventé par Thomas Huxley et perpétué par les Herbert Spencer et consorts) est « L’entr’aide mutuelle, un facteur de l’évolution » de Pierre Kropotkine, qu’il écrivit en réponse aux inepties et au détournement fait des recherches de Darwin lui-même par l’eugéniste Thomas Huxley.

L’article de Dean Henderson ci-dessous poursuit dans cette ligne.

— Résistance 71 —

 

La fraude du darwinisme-social

 

Dean Henderson

 

24 novembre 2014

 

url de l’article original:

http://hendersonlefthook.wordpress.com/2014/11/24/the-social-darwinism-fraud/#more-990

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il est important de comprendre la transition méthodologique historique employée par l’élite globaliste dans sa quête sans fin du contrôle des personnes et des ressources de cette planète. Le plus important est le glissement d’une confrontation ouverte avec les mouvements de libération et leur suppression violente, vers des formes plus subtiles de guerre psychologique menées par le contrôle et le déformation de l’information au travers des médias de masse (alias les merdias).

Cette bataille pour gagner nos esprits prend plusieurs formes, mais commence par l’insertion de bases philosophiques dans le consensus public. Une des plus insidieuses de celles-ci est le darwinisme-social, qui prêche la “survie du plus apte”, la “survie du plus fort” et renforce le paradigme de la domination. Cette vision du monde totalement frauduleuse est renforcée par une recherche “scientifique” financée par les grandes entreprises et a besoin d’être déconstruite et discréditée si nous voulons évoluer de manière progressiste en tant qu’espèce.

L’expédition de Charles Darwin a été financée par la noblesse. Il était lui-même franc-maçon. Malgré son haut degré élitiste, la recherche de Darwin le mena à des conclusions très importantes qui n’étaient pas “la survie du plus apte”, ce mantra que l’élite globaliste a employé depuis lors pour justifier toute turpitude, du colonialisme et de l’esclavage à la finance des banques centrales privées en passant par le capitalisme monopoliste. La thèse centrale de Darwin était plutôt que la survie d’une espèce était infiniment dépendante d’un haut degré de coopération au sein de cette espèce. (NdT: Ce qui est corroboré par les recherches de Pierre Kropotkine, grand penseur anarchiste et “père” de la biologie-sociale…)

J’ai grandi dans un ranch occupant 810 ha de terre et j’ai vécu en milieu rural la plus grande partie de ma vie, j’ai chassé, posé des pièges, pêché, élevé du bétail et eu des animaux familiers. J’ai marché des centaines de kilomètres dans l’arrière pays du Montana et ses chemins montagneux, j’ai rencontré des Grizzlies, des bouquetins, des orignaux et des loups.

J’ai récemment été visité avec mon épouse le parc national Kruger en Afrique du Sud. Au travers de toutes ces expériences, je n’ai JAMAIS vu deux animaux sauvages s’engager dans un combat mortel. Ce que j’ai vu, c’est la coopération animalière à bien des niveaux, pas seulement au sein des mêmes esèces animales mais aussi entre des espèces différentes.

Allez marcher dans la forêt et vous entendrez des oiseaux prévenir le renard que vous vous dirigez vers lui. Observez une horde de chevreuils et vous verrez celui qui est le plus afuté, regarder et attendre les plus jeunes, les membres de la horde blessés ou malades. Visitez le parc Kruger et vous y verrez des phacochères rester très près des zèbres, pourquoi ? Parce que le zèbre peut voir au dessus le l’herbe haute de la savane et voit les lions venir, tandis que le phacochère plus petit mais avec des petites défenses très aiguisées peut donner suffisamment de fil à retordre à une lionne pour permettre à un zèbre d’échapper à une embuscade. (NdT: ceci s’appelle la “relation symbiotique” naturelle, qui est une coopération fondée sur l’entr’aide mutuelle directe, elle est absolument partout dans la nature, sur terre, dans les airs et sous l’eau…)

J’ai eu deux chiens pendant près de 15 ans. Buck le chien le plus grand, se soumettait à Milo, plus petit mais plus vieux, ceci durant toute sa vie. Ils n’ont jamais eu une seule confrontation physique de leur vie. Bien que Buck était le plus fort des deux sans aucun doute, il ne voyait aucun intérêt à jouer “le caïd”. Buck savait que la coopération était le chemin le plus facile. En retour, Milo n’a jamais abusé de sa situation “d’ancienneté”.

Il est bien évident que des confrontations se produisent dans le règne animal, la plupart du temps durant les période de rut, de reproduction et quand la nourriture devient rare. Les garçons resteront des garçons et tout être vivant doit manger. Mais pourquoi les merdias se focalisent-ils tellement sur ces rares incidents et si peu sur la coopération prévalente dans la communauté naturelle ? Parce que le faire taillerait en pièces le mythe qui pousse l’idée que le capitalisme monopolistique est le système économique naturel.

L’élite globaliste a utilisé cette même fausse version du néo-darwinisme dans son portrait des peuples indigènes. On nous dit, souvent pour justifier une quelconque guerre du pétrole d’Exxon-Mobil et de la Citibank (NdT: intérêt Rockefeller), que “les Indiens étaient aussi toujours en guerre les uns contre les autres blablablabla…” Et pourtant, n’importe quel anthropologue sérieux vous dira que les peuples natifs des Amériques s’engageaient très rarement dans des guerres inter-tribales pendant les plus de 100 000 ans qu’ils ont passé sur ce continent sans contact avec les Européens. (NdT: Les “guerres” entre nations indiennes étaient le plus souvent des escarmouches et les raids des représailles, qui souvent se résolvaient en conseil avec les familles intéressées. Une chose est également sûre: Les nations premières des Amériques ne connaissaient pas les guerres d’extermination propres aux Européens et à l’expansion capitalisto-coloniale…)

Les nations et tribus pré-colombiennes, n’avaient pas de chef “alpha”. Ils avaient des conseils de clans, de tribus, de nations, consistant en des hommes et femmes les plus âgés et dont l’expérience de la vie avait une grande valeur. Les jeunes chasseurs, plus forts et vigoureux devaient toujours montrer une respectueuse déférence aux anciens (le respect est ici une notion importante..). Parmi les Lakota par exemple, le chasseur qui avait tué un animal mangeait toujours le dernier, renforçant ainsi la valeur de l’humilité et décourageant l’arrogance. La puissance (et l’arrogance qui va avec) ne sont pas juste dans les sociétés des premières nations du continent. (NdT: A ce sujet consultez notre dossier sur les travaux de l’anthropologue politique Pierre Clastres sur ce blog, ses recherches corroborent tout a fait ce que nous dit ici Dean Henderson)

La noblesse européenne a vu cela et jugea ce modèle socialiste tribal comme étant une menace à la croissance de l’empire industrio-capitaliste. Ils ont donc loué les services de porte-flingues emmenés par la clique de sbires comme Albert Pike, fondateur à la fois de la franc-maçonnerie du rite écossais et du Ku Klux Klan et ont lancé les guerres d’extermination contre les Indiens. Ces mercenaires génocidaires ont appris aux Indiens à prendre des scalps (NdT: Les Indiens “scalpant” leurs ennemis est un mythe. La pratique fut introduite par les colons blancs qui récompensaient les chassseurs de primes “à la tête”, comme les têtes étaient lourdes en encombrantes, le scalp devint une pratique courante pour les colons/chasseurs de prime pour se faire payer…), leur payant des récompenses avant que ces scalps ne fussent envoyés aux dégénérés européens qui faisaient dieu sait quoi avec ceux-ci.

Les troupes de Pike choisissaient les “chefs” tribaux, toujours ceux suffisamment veules et fourbes et facilement corruptibles. Ces “chefs” remplacèrent les conseils traditionnels de tribus et de nations, signèrent des traités vendant ou donnant des terres ancestrales aux colons et furent corrompus afin qu’ils attaquent d’autres tribus et nations indiennes pour créer le désordre et la désunion nécessaires pour que l’élite globaliste puisse détruire le modèle socialiste natif. (NdT: Dans l’ère moderne, ces “chefs” corrompus ne sont plus choisis par les colons mais plus pernicieusement, sont élus sous le coup des lois coloniales pour “représenter” leurs peuples. Ce sont les “conseils de bande” au Canada sous la loi indienne de 1867 et 1923 et les “conseils de tribus” aux Etats-Unis sous le coup de la loi fédérale sur les Indiens. Ces “conseils” par essence corrompus ne représentent pas la société traditionnelle native.)

Le néo-darwinisme (social) est une façon diabolique, emplie de peur, de penser le monde. C’est une réalité totalement en porte-à-faux avec la Nature. Le paradigme de domination qu’il justifie est une construction, une fiction du monde industriel occidental, essayant de justifier et de forcer une logique pour les actions passées, présentes et à venir de ces gens, de cette ligne (con)sanguine de la pseudo-élite globale.

Une dernière pensée: Si le contrôle de l’économie mondiale est vraiment aussi simple que la théorie de la “survie du plus apte ou du plus fort” et que prévaut la “domination du mâle alpha”, alors quelqu’un comme Evander Holyfield (NdT: boxeur poids-lourd de renom) ne devrait-il pas être le proprio de la Bank of America, au lieu du chétif PDG de Goldman Sachs Lloyd Blankfein et que celui-ci en soit réduit à louer une baraque infestée de cafards dans le bas-Harlem ?