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Guerre impérialiste au Moyen-Orient: La Turquie (OTAN) armée de l’air de l’EIIL contre les communes libres kurdes autogérées…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 3 août 2015 by Résistance 71

Comme le fut également l’aviation israélienne côté Golan syrien, l’aviation turque, pays membre de l’OTAN et qui ne peut pas agir sans consentement des « instances », est devenue à son tout l’armée de l’air de la légion mercenaire de l’OTAN connue sous le nom d’EIIL/EI ou Daesh. La révolution sociale kurde de la confédération de communes libres est une plus que sérieuse épine dans le pied de l’empire. Le danger de voir des régions et peuples entiers s’affranchir des tutelles des états obsolètes et criminels devient une fois de plus, et à juste titre, au goût du jour. Les États vont devoir (essayer) d’écraser la liberté. C’est la seule chose qu’ils savent bien faire !… Soutien aux peuples émancipés, que leur exemple gagne le reste du monde occidental !

Il n’y a pas de solutions au sein du système ! La ou les seules solutions viables au marasme de l’agonie de la société étatique résident en nous, les peuples, unis et coopérant entre nous, sans intermédiaires, sans institutions étatiques, en confédération des communes libres comme le font avec succès les communes zapatistes du Chiapas au Mexique et depuis quelques années, la zone nord du Kurdistan syrien de la région de Kobané.

La Turquie est membre de l’OTAN et agit en tant que tel. N’oublions jamais que OTAN = Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord…

— Résistance 71 —

 

Communiqué du Congrès National du Kurdistan suite aux raids aériens menés par l’armée turque contre la guérilla kurde

 

Anarsist Faaliyet, KNK

 

31 Juillet 2015

 

url de l’article en français:

http://www.lavoiedujaguar.net/Communique-du-Congres-national-du

 

L’aviation turque bombarde intensivement des positions de la guérilla kurde et des zones d’habitation civile au Sud-Kurdistan (Irak).

La nuit dernière, 24 juillet 2015, des avions de chasse appartenant à l’armée turque ont massivement bombardé des zones où se trouvent des positions de la guérilla kurde ainsi que d’importantes habitations civiles, dans les régions de Qandil, Xakurke, Behdinan, Zap, Gare, Haftanin, Basya, Metina et Avaşin.

Selon des sources locales, ces bombardements auraient fait des morts parmi la population civile ainsi que des dégâts matériels importants.

Cette offensive de grande envergure menée par le gouvernement AKP marque la rupture unilatérale du cessez-le-feu qui avait été maintenu jusque-là grâce aux efforts répétés du peuple kurde et de son leader Abdullah Öcalan. Alors qu’il fait preuve d’une persévérance inouïe pour faire avancer les pourparlers de paix avec l’État turc, Abdullah Öcalan subit un isolement carcéral total depuis le 5 avril. Depuis 2013, l’armée turque a mené plusieurs opérations contre les forces de défense kurdes (HPG) alors même que celles-ci étaient en position de cessez-le-feu. Cependant, le HPG n’a pas répondu aux provocations. Avec ces derniers bombardements, l’État turc a de nouveau déclaré la guerre aux Kurdes et rompu le cessez-le feu.

La Turquie a ajouté un nouvel échelon à sa coopération avec l’organisation terroriste Daech en Syrie. Soutenant déjà cette organisation dans le but de briser la révolution du Rojava, l’État turc frappe aujourd’hui lourdement la guérilla kurde qui résiste contre les gangs de Daech, et procède par ailleurs à de grandes vagues d’arrestations dans les milieux kurdes en Turquie.

Le Congrès national du Kurdistan (KNK) appelle le gouvernement régional du Kurdistan d’Irak, les partis politiques, les organisations de la société civile et la population du Sud-Kurdistan à s’opposer à l’intervention armée de la Turquie sur leur territoire.

Il appelle également la communauté internationale, l’ONU en particulier, à juger les crimes contre l’humanité commis par Daech avec la complicité de la Turquie, à Suruç, à Kobané et dans le reste du Rojava.

Conseil exécutif du KNK
l e 25 juillet 2015

Traduction : Ne var ne yok ?

Communiqué de l’Action révolutionnaire anarchiste suite au massacre de Suruç

Notre tristesse sera notre colère, Kobané sera reconstruite

Hier, près de trois cents personnes étaient parties de différentes villes [de Turquie], à l’appel de la Fédération des associations de jeunes socialistes afin de reconstruire Kobané que Daech a essayé de réduire en cendres. Aujourd’hui, en arrivant à Suruç (Pîrsus), juste avant de partir pour Kobané, ces jeunes réalisaient une conférence de presse en face du centre culturel Amara de la ville de Suruç (Pîrsus). À la fin de la lecture du communiqué de presse, une bombe a explosé au milieu de la foule, faisant taire de nombreux cœurs qui avaient battu avec l’espoir de la reconstruction.

Selon les informations disponibles pour l’instant, trente et une personnes sont mortes et des centaines ont été blessées dans l’explosion.

Après cette explosion aujourd’hui, nous entendons, depuis les hôpitaux de Suruç (Pîrsus), les noms de ceux qui sont tombés. Ceux qui sont venus de nombreuses villes différentes, ceux qui avaient de grands espoirs dans leurs cœurs sont maintenant ceux qui sont tombés, comme les cibles des assassins. Les gens qui sortent dans les rues afin de demander des comptes pour ceux qui sont tombés, ceux qui attendant devant les hôpitaux, sont menacés par les TOMA [véhicule avec canon à eau] et la police qui sont arrivés du centre culturel Amara avant les ambulances. À Mersin, à Sert, à Istanbul… Les gens qui descendent dans les rues sont pourchassés pour être massacrés par l’État meurtrier, par les collaborateurs des assassins.

Ceux qui ont massacré de nombreuses vies, depuis le premier jour de la résistance de Kobané, essaient maintenant de nous décourager en assassinant nos frères et sœurs.

Nous essayons de reconstruire une nouvelle vie contre Daech, contre l’État qui collabore avec Daech, contre la politique de guerre sans fin de l’État. Quoi qu’il en coûte, nous allons convertir notre douleur en rage, nous allons reconstruire Kobané et recréer une vie sur cette géographie dévastée !

(Aujourd’hui, Alper Sapan de l’Initiative anarchiste Eskişehir a été assassiné au cours de l’attaque. Et un ami appelé Evrim Deniz Erol a été grièvement blessé.)

Biji Berxwedana Kobanê ! Vive la résistance de Kobané !
Biji Şoreşa Rojava ! Vive la révolution du Rovaja !

Action révolutionnaire anarchiste
 Devrimci Anarşist Faaliyet (DAF)
 le 20 juillet 2015

Traduction : OCLibertaire

 

Rojava, Kobané… Le confédéralisme démocratique dont (quasiment) personne ne parle

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Anarchistes contre l’EIIL: La révolution en Syrie dont personne ne parle

 

Gareth Watkins

 

Février 2015

 

url de l’article original:

http://www.cvltnation.com/anarchists-vs-isis-the-revolution-in-syria-nobodys-talking-about/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le Moyen-Orient aujourd’hui est sans doute le dernier endroit où la bien-pensance occidentale chercherait une pensée politique progressiste et encore moins d’y voir ces pensées prendre une tournure pratique de terrain. Notre image de la région est celle de dictateurs, de juntes militaires et de théocraties construites sur les ruines de l’ancien empire Ottoman, ou alors des états creux comme l’Afghanistan et le Pakistan de manière croissante et où tout ce qui réside en dehors du capitole ressemble au monde de Mad Max. L’idée qu’une partie de la région pourrait-être non pas juste libre, mais bien avancée sur le chemin de l’utopie, n’est pas le genre d’opinion que vous trouverez dans les médias de masse.

Mais vous n’êtes pas branchés sur les médias de masse en ce moment n’est-ce pas ?

Le long de la frontière de la Syrie avec la Turquie et le nord de l’Irak, se tient une zone essentiellement kurde ayant une population de l’ordre de 4,6 millions de personnes et où une énorme expérience sociale a pris place au centre d’un feu croisé entre la dictature syrienne (sic), l’insanité collective de l’EIIL et l’hostilité permanente de la Turquie envers l’idée d’une autonomie kurde le tout avec les Etats-Unis et l’OTAN en toile de fond. Le Parti d’Union Démocratique (PYD) et le Conseil National Kurde (CNK) ont établi dans la province du Rojava une société qui mélange une féroce pratique libertaire (il y a des flingues partout = NdT: c’est une guerre civile et ils sont en lutte contre l’EIIL, normal non ?… = et il n’y a absolument aucun impôt, aucun !…) et une pensée anarchiste amicale à la façon du mouvement Occupy ayant une saine dose de féminisme. Tandis que des groupes kurdes, spécifiquement ceux qui sont alliés des Etats-Unis, voudraient établir un jour un état kurde, au Rojava, ils ont court-circuité l’idée d’un état-nation pour aller vers un système plus avancé qu’ils appellent le Confédéralisme Démocratique.

 

Dans les cantons du Rojava, il y a un tout petit gouvernement “central” ayant un minimum absolu de 40% de femmes comme déléguées, mais la très grande partie de la journée de travail au quotidien se déroule au niveau local, village par village et rue par rue, où les décisions sont prises. L’architecte principal de ce Confédéralisme Démocratique, Abdullah Ocalan, dit que “l’écologie et le féminisme sont les deux piliers centraux” du système qu’il a aidé à mettre en place, quelque chose de très très éloigné de tout ce que pourraient dire les politiciens occidentaux.
[…] Au Rojava, les hommes qui battent leur femme font face à un ostracisme sans précédent de la part de la communauté, rendant leur vie sociale dans une société hautement connectée et impliquée, virtuellement impossible. En lieu et place d’une police et d’un système carcéral, des “comités de paix” dans chaque communauté travaillent pour désamorcer les cycles de vengeances inter-familiaux en travaillant sur des arrangements consensuels entre les parties impliquées et cela marche parfaitement. (NdT: Cela marche ancestralement de la même façon dans les sociétés sans organe de pouvoir séparé des sociétés amérindiennes, mélanésiennes et africaines…)

La seule partie de l’expérience sociale du Rojava qui a reçue une attention internationale a été le YPJ ou les forces para-militaires exclusivement féminines qui ont combattues, combattent encore et ont vaincu contre les groupes terroristes de l’EIIL et parfois contre l’armée syrienne. (NdT: ce que l’auteur ne dit pas est que depuis plusieurs années, le gouvernement syrien a obtenu un accord avec le PKK, parti ouvrier kurde d’Ocalan anciennement marxiste, mais maintenant anarchiste communaliste et confédéraliste, où il fut conclu que l’état syrien laissait les Kurdes faire pourvu que ceux-ci ne se rebellent pas contre le gouvernement d’Assad. Cet accord tient et s’est consolidé par convergence d’intérêt commun contre l’armée mercenaire djihadiste de l’OTAN qu’est l’EIIL…). Des médias de la presse écrite et audio-visuelle occidentaux ont couvert la bravoure au combat des forces de l’YPJ, toutefois sans expliquer ni montrer de quelles idées elles se revendiquaient ni le sytème qui avait rendu tout cela possible.

Ce fut le YPJ avec sa contre-partie masculine du YPG qui sauvèrent des milliers de Yazidis qui étaient encerclés par les terroristes de l’EIIL sur le Mont Sinjar dans le nord de l’Irak. La communauté Yazidi a la mauvaise fortune d’être presqu’entièrement dans une zone clâmée par l’EI/EIIL et ils ont été une minorité haïe dans le monde musulman depuis un millier d’années, accusés de “culte du diable”. Tandis que les Etats-Unis larguaient des vivres du ciel, les groupes kurdes syriens brisèrent les lignes de l’EIIL et sauvèrent ainsi des dizaines de milliers de vies. Ils ont aussi défendu avec succès la ville de Kobané lorsque l’EIIL lança un assaut total sur la ville de 45 000 habitants avec des chars, des missiles et mêmes des drones (NdT: qui fournit se matos sophistiqué à l’EIIL ?…). Malgré de lourdes pertes, la ville a échappé au contrôle de l’EIIL, même si les villages alentours sont toujours contestés. Les groupes YPJ/G et le mouvement démocratique pour lequel ils combattent sont loin d’être parfaits: ils ont été accusés d’utiliser des soldats enfants et des jeunes filles de 12 ans servent de cuisinières ou de personnel d’entretien pour les membres de l’YPJ et s’entrainent militairement bien qu’elles ne soient pas déployées en zones de combat ; ces groupes sont aussi impliqués avec le parti ouvrier marxiste d’Ocala le PKK, toujours classé parmi les organisations terroristes par certaines nations. L’ancien parti rebelle marxiste-léniniste a aussi eu un passé trouble dans le trafic de drogue et ses connexions avec les services de renseignement turcs.

Malgré tous les obstacles auxquels il doivent faire face, le peuple du Rojava est, aujourd’hui, le seul mouvement de la planète ayant implémenté à grande échelle, une véritable alternative qui marche au système étatique et au capitalisme. Comme les fédérations anarchistes espagnoles et le mouvement zapatiste mexicain du Chiapas avant eux, le peuple du Rojava a choisi l’impossible: créer une nouvelle société tout en combattant en tant que plus petites forces de combat dans une guerre régionale, un numéro de funambule au dessus d’un précipice. Le temps dira s’ils pourront y parvenir.

Ingérence occidentale en Syrie: L’attaque de l’armée mercenaires de l’OTAN (EIIL) sur les communes libres kurdes de Rojava est-elle une éradication politique ?

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L’Histoire a prouvé que toute forme d’émancipation politique et sociale libertaire mettant l’État au placard se voir réprimer dans le sang… Rojava, Kobané sont politiquement dangereuses. Les populations y vivent une expérience sociales révolutionnaires, qui fait peur aux oligarques et ce à juste titre.

Divulguons sans relâche ce qu’il se passe, soutiens aux populations Kurdes de Kobané et Rojava.

— Résistance 71 —

 

Les mensonges de Mr Erdogan et la honte non assumée de la communauté internationale

 

Tom Nisse

 

6 Novembre 2014

 

url de l’article original:

http://www.monde-libertaire.fr/international/17324-les-mensonges-de-m-erdogan-et-la-honte-non-assumee-de-la-communaute-internationale

 

Depuis que l’offensive de l’État islamique (Daesh), déclenchée début septembre contre le canton kurde syrien autonome et enclavé Kobanê, a atteint la ville du même nom, les mensonges que profère le leader de la « puissance régionale » de la partie du globe concernée, M. Erdogan, président de la Turquie, sont pour le moins représentatifs. Significatif aussi que parmi les commentateurs occidentaux de la situation en question l’on se contente de les citer, mais que nulle part apparemment l’on se soucie de les identifier pour ce qu’ils sont.

Samedi 4 octobre, M. Erdogan, tête du parti islamo-conservateur turc, déclare : « Pour nous le PKK c’est la même chose que Daesh. Il ne faut pas les considérer différents l’un de l’autre. » Vérité peut-être de son point de vue, mais mensonge. Daesh (alias État islamique autoproclamé, alias Califat autoproclamé) est fanatiquement raciste, prétend fonder son idéologie et la mise en œuvre de celle-ci sur des doctrines religieuses primitives et exhumées d’une longue agonie historique, et pratique donc de manière rigoureuse le nettoyage ethnique, un lavage des cerveaux primaire, la réduction des femmes à l’esclavage, les exécutions de masse, le viol collectif, les crucifixions et les décapitations publiques (avec exhibition des trophées), la torture et la mutilation, et dans ses rangs se trouve tel père qui jubile en participant à la lapidation de sa propre fille jugée adultère. Faut-il le rappeler ? Non. Le PKK, et par extension les YPG auxquels M. Erdogan faisait sans doute référence aussi, et qui défendent leur ville Kobanê depuis plus d’un mois, sont au départ, en ce qui concerne les premiers, certes une guérilla d’inspiration marxiste impliquée dans des hostilités contre l’État turc qui ont fait beaucoup de victimes. Actuellement cependant, comme leurs descendants les YPG du Kurdistan syrien, ils prônent et s’efforcent de mettre en pratique, et ce depuis environ une dizaine d’années, un projet social et politique novateur : un collectivisme municipal qui se fondesur des valeurs appliquées telles que la laïcité et/ou le respect des différentes croyances, l’émancipation et l’égalité des femmes, la multiethnicité, l’éducation et la défense des spécificités culturelles, la démocratie directe assembléaire mixte, l’économie coopérative, ainsi que l’écologie. Et ils ont pris le parti de renoncer aux actions violentes quand on ne les y oblige pas. Faut-il le rappeler ? Oui. Absolument. Un autre aspect de ce mensonge de M. Erdogan est que, c’est de notoriété publique, Daesh a pendant plusieurs années bénéficié d’une permissivité extrême, voire d’un soutien direct et multiple de la part de l’État turc, tandis que le PKK et les YPG sont, sans le soutien de personne, en août, allés contrer une offensive de Daesh dans l’Irak voisin et ont ainsi préservé des dizaines de milliers de Yézidis et chrétiens kurdes de leur extermination pure et simple. Pas vraiment « la même chose » donc.

Mensonge suivant. Prophétique. Le mardi 7 octobre, M. Erdogan déclare que « Kobanê est sur le point de tomber ». Presque un mois plus tard les combattants et combattantes des YPG résistent toujours et tout semblerait indiquer que l’avancée de Daesh s’embourbe de plus en plus. D’aucuns s’en rongeraient les ongles ?

Émue par les images de l’exode des habitants de la région de Kobanê et impressionnée par la détermination des défenseurs de la ville, la communauté internationale (proclamée telle par qui ?) commence, au fur et à mesure des événements, à se sentir agacée par la position du gouvernement de M. Erdogan vis-à-vis du conflit qui se déroule à quelques centaines de mètres de son territoire national. Position qui consiste en une attitude de non-intervention ainsi qu’en la fermeture par l’armée turque de la frontière aux volontaires kurdes non syriens qui voudraient passer de l’autre côté pour combattre Daesh. En d’autres termes, attendre que Kobanê soit exsangue et s’écroule. Mais, face à cet agacement croissant à son égard, le président turc se voit finalement obligé d’annoncer que son pays laisserait des peshmergas, combattants kurdes d’Irak, fréquentables à ses yeux, passer sur son territoire afin de venir en aide à Kobanê. Quelques jours plus tard, le dimanche 26 octobre, il déclare : « Le YPG ne tient pas à ce que les peshmergas arrivent à Kobanê et dominent. » Mensonge supplémentaire. Imperturbable. Remontons brièvement le fil de la réalité. Le mercredi 15 octobre, Massoud Barzani, peut-être poussé par un sentiment d’exaspération humaine, ou par un sentiment de fraternité humaine, ou les deux, et avec lui le Parlement de l’administration régionale du Kurdistan irakien qu’il préside, reconnaissent officiellement les trois cantons autonomes kurdes de Syrie. Ce qu’auparavant aucun État de la communauté internationale n’a jamais daigné faire. Et non seulement les reconnaissent mais promettent d’aider Kobanê en y acheminant armes et munitions, et ce si nécessaire, c’est-à-dire si la Turquie s’oppose au passage sur son territoire par voie aérienne. Et, de fait, le lundi 20 octobre, des avions américains parachutent des armes provenant du Kurdistan irakien au-dessus de Kobanê. Les défenseurs de la ville s’en disent soulagés. Et le mercredi 29 octobre des contingents de peshmergas arrivent sur le territoire turc pour se diriger vers Kobanê. Et jamais les YPG n’ont fait mine de rechigner quant à l’arrivée de ces renforts, tout comme d’ailleurs, en août, les peshmergas étaient reconnaissants et soulagés quand des combattants des YPG et du PKK sont arrivés au nord-ouest du Kurdistan irakien pour repousser l’offensive de Daesh, et ils s’y trouvent d’ailleurs toujours, aux prises avec de nouvelles poussées militaires de la part des supporters frénétiques du Califat. Il n’était jamais non plus question que les peshmergas « dominent » à Kobanê, premièrement, leur gouvernement a reconnu les trois cantons autonomes kurdes syriens, et deuxièmement, ils ont annoncé avant même leur départ qu’ils resteraient jusqu’à ce que leur présence ne soit plus nécessaire. Et Falah Mustafa, ministre des Affaires étrangères du gouvernement régional du Kurdistan irakien, d’éclaircir le jeudi 30 octobre : « L’obstacle principal de cette opération fut géographique. Nous devions négocier avec la Turquie. Sinon, nous serions intervenus à Kobanê plus tôt et avec davantage de combattants. »

Dans le même élan, qui a comme seul objectif de voir disparaître (ou mieux, de pouvoir annexer), de quelque manière que ce soit, les cantons autonomes kurdes syriens dont Kobanê est devenu le symbole meurtri, M. Erdogan annonce, le vendredi 24 octobre que 1 300 combattants de l’Armée syrienne libre (ASL), également fréquentables à ses yeux, se dirigeaient vers Kobanê, en précisant que des responsables de son gouvernement et des commandants de l’ASL « sont en pourparlers pour définir le chemin par où ils passeront ». Mensonge encore. Un porte-parole des YPG répond immédiatement : « Nous avons déjà établi le contact avec l’ASL, mais aucun accord du genre de celui mentionné par M. Erdogan n’a encore été conclu. » En effet, le 10 septembre déjà, les YPG et l’ASL ont créé un centre d’opérations conjoint, une vidéo diffusée par les YPG en témoigne depuis cette date. Et le mercredi 29 octobre, une cinquantaine de combattants de l’ASL arrivent effectivement à proximité de Kobanê, vraisemblablement pas, n’en déplaise à M. Erdogan, pour dominer les territoires terroristes kurdes mais pour lutter aux côtés des YPG et du PKK contre un Frankenstein épouvantable dont le président turc et ses rêves de domination sont l’un des concepteurs.

Rêves de domination. Citons dans ce contexte le Premier ministre turc M. Davutoglu, qui déclare le vendredi 24 octobre : « Si la Turquie, actuellement une puissance régionale, veut s’affirmer comme une puissance mondiale, alors elle doit montrer sa compassion », faisant allusion à l’accueil des réfugiés syriens sur le sol turc. Compassion toute relative ; concernant l’accueil des réfugiés, c’est effectivement une bonne chose, comme a pu l’affirmer un journaliste, mais c’est surtout la seule attitude imaginable. Compassion réellement douteuse par contre quand on sait la répression létale qu’ont subi des manifestants kurdes mécontents du gouvernement Erdogan qui attend perfidement l’élimination de Kobanê et de sa complicité stratégique avec Daesh censée parachever cette élimination – manifestants kurdes qui de surcroît ne sont plus à brandir des revendications séparatistes depuis un bout de temps pour la plupart, mais qui demandent simplement davantage d’autonomie politique régionale et surtout davantage de reconnaissance culturelle. Mais, évidemment, un État turc qui voit son avenir en tant que « puissance mondiale » ne peut que vouloir de toutes ses forces la disparition d’un modèle de société différent, tel celui mis en œuvre dans les cantons autonomes kurdes syriens, et il ne peut qu’estampiller les sympathisants d’un tel modèle de terroristes ou de vandales minoritaires.

Mais, sans même tenir compte des visées impérialistes plus vastes à plus long terme de M. Erdogan, il est évident que, comme nous l’avons vu, concernant la bataille de Kobanê, le président turc s’est révélé être un menteur harcelé par très peu de scrupules et sans vrai souci de finesse (que c’en est à se demander d’où il tient ses informations), motivé par une volonté hystérique de voir Kobanê et ce que Kobanê symbolise s’effondrer. Malgré cela, la communauté internationale n’éprouve aucune honte à continuer à considérer l’État turc comme un allié militaire et économique convenable. À l’hystérie de l’un répond l’hypocrisie des autres.

La honte refoulée n’est-elle pas la plus disgracieuse ? La plus honteuse ?

Rojava, l’ensemble des cantons kurdes syriens, et Kobanê en particulier, de par sa résistance médiatisée, médiatisée à son insu, sont parmi les plus belles chances pour l’humanité. Peut-être parmi les dernières, tellement dans l’histoire de notre espèce ce type de volonté d’autonomie permettant un véritable autre vivre ensemble est rare, et par cela même incomparablement précieux. L’avenir du Rojava est incertain, et demeurera incertain même si Kobanê ne tombe pas, ce qui fort heureusement semble se profiler. Mais l’avenir de Rojava est bel et bien fragile, et si jamais cette expérience était détruite dans le jeu économique et géopolitique des puissances mondiales et autres puissances régionales, la honte qui devrait s’abattre sur la communauté internationale serait asphyxiante, une fois de plus. Dans ce cas, le poète devrait-il envisager le suicide ou une rage sans bornes, ou, une fois de plus, un discernement qui exige la respiration ? Narin Afrin, une commandante des YPG à Kobanê dit, dans un communiqué de presse rendu public dimanche 26 octobre : « Pour exister, nous combattons contre cette mentalité obscurantiste. » On serait tenté d’ajouter : contre toutes les mentalités obscurantistes, et certainement aussi celles qui se prétendent éclairées.

Ingérence occidentale en « Syrak »: Kobané ou la guerre contre le Confédéralisme Démocratique kurde… (Pepe Escobar)

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“Le droit d’auto-détermination des peuples inclut le droit à un état pour eux-mêmes. Quoi qu’il en soit, la fondation d’un État n’augmente en rien la liberté du peuple. Le système des Nations-Unies qui est fondé sur celui des États-Nations est demeuré inefficace. Dans le même temps, les états-nations sont devenus de sérieux obstacles au développement social. Le Confédéralisme Démocratique est le paradigme politique constrastant des peuples opprimés. Le Confédéralisme Démocratique est un paradigme social non-étatique. Il n’est pas contrôlé par un état. Dans le même temps, le Confédéralisme Démocratique est le modèle culturo-organisationnel d’une nation démocratique. Le Confédéralisme Démocratique est fondé sur la participation de la base. Son processus de prise de décision repose sur les communautés. Les plus hauts niveaux ne servent que la coordination et la mise en place de la volonté des communautés qui envoient leurs délégués dans les assemblées générales. Pour un temps très limité dans un espace donné, ils sont à la fois des portes-paroles et une institution exécutive. Mais le pouvoir de décision ultime demeure avec les mouvements de la base des communautés.”

~ Abdulah Ocalan, leader du Parti Ouvrier Kurde, PKK: “Le Confédéralisme Démocratique”, 2011~

 

La démocratie directe, l’énigme de Kobané

 

Pepe Escobar

 

24 Octobre 2014

 

url de l’article:

http://www.informationclearinghouse.info/article40053.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les femmes courageuses de Kobané, où les Kurdes syriens combattent désespérément l’EIIL/EI sont en train d’être trahies par la “communauté internationale”. Ces femmes guerrières se battent contre les sbires du calife Ibrahim, mais aussi contre les agendas traitres des Etats-Unis et de la Turquie et de l’administration irakienne du Kurdistan. Alors, que se passe t’il vraiment à Kobané ? Commençons d’abord par parler de Rojava. La véritable signification de Rojava, les trois provinces les plus kurdes du nord de la Syrie, est narrée dans cet éditorial en turc de l’activiste emprisonné Kenan Kirkaya. Il argumente que Rojava est la place d’un “modèle révolutionnaire” qui est ni plus ni moins qu’un défi à “l’hégémonie capitaliste et son système des états-nations” et cela au-delà de “sa signification régionale pour les Kurdes, les Syriens ou le Kurdistan”.

Kobané, région agricole, est à l’épicentre de cette expérience démocratique non-violente, rendue possible grâce à un arrangement pendant la tragédie syrienne entre Damas et Rojava (vous ne poussez pas pour un changement de régime contre nous et nous vous laissons tranquilles). Il est argumenté que “même si seulement un seul aspect du vrai socialisme était permis de survivre là-bas, des millions de personnes mécontentes seraient attirées par Kobani.

A Rojava, le processus de prise de décisions se fait au gré d’assemblées populaires qui sont multi-culturelles et multi-religieuses. Les trois personnes officiant dans chaque municipalité sont un Kurde, un Arabe et un Assyrien ou Assyrien chrétien et au moins l’un d’entr’eux doit être une femme. Les minorités non-kurdes ont leurs propres institutions et parlent leurs propres langues.

Parmi la myriades de conseils de femmes et de la jeunesse, il y a aussi une croissance de l’armée féministe devenue célèbre, La YJA milice de l’étoile (”Union des Femmes Libres” avec l’”étoile” symbolisant la déesse mésopotamienne Ishtar). Le symbolisme ne pouvait être plus graphique, pensez aux forces d’Ishtar (Mésopotamie) combattant les forces d’ISIS (NdT: le sigle anglophone de l’EIIL), à l’origine déesse égyptienne, maintenant mutées en un califat intolérant. Dans notre jeune XXIème siècle, ce sont les barricades des femmes de Kobani qui sont à l’avant-garde du combat contre le fascisme.

Inévitablement, il devait y avoir quelques intersections entre les Brigades Internationales combattant le fascisme en Espagne en 1936 et ce qu’il se passe à Rojava, comme l’a consaté un des trop rares articles à ce sujet dans la presse occidentale (David Graeber dans The Guardian: http://www.theguardian.com/commentisfree/2014/oct/08/why-world-ignoring-revolutionary-kurds-syria-isis ). Si ces composants ne suffisaient pas pour rendre fous les profondément intolérants sbire Wahabbites et Takfiristes et leurs puissants soutiens des pays à pétrodollars du Golfe, il y a alors l’environnement politique lui-même.

Le combat à Rojava est essentiellement mené par le PYD, qui est la branche syrienne du PKK turc, le groupe de guerilla marxiste en guerre contre Ankara depuis les années 1970. Washington, L’UE et l’OTAN, sous la pression turque, ont toujours étiqueté le PKK comme “terroriste”. Un examen attentif du livre que tout le monde devrait lire, d’Abdullah Ocalan:: Democratic Confederalism (en français: http://www.freedom-for-ocalan.com/francais/Abdullah-Ocalan-Confederalisme-democratique.pdf) révèle au grand jour que cette équation PKK= staliniste = terroriste est totalement fausse (Ocalan est emprisonné depuis 1999 dans l’île prison d’Imrali). Le modèle politique du PKK et du PYD est le “municipalisme libertaire” (NdT: Inspiré des idées et de la pratique de Pierre Kropotkine et plus récemment de Murray Bookchin et de la pratique zapatiste de l’EZLN au Chiapas). En fait c’est exactement ce que Rojava a mis en place: des communautés auto-gérées mettant en application les principes de la démocratie directe en utilisant les piliers que sont les conseils populaires, assemblées populaires, coopératives entièrement gérées par les travailleurs et défendu par des milices populaires. Ainsi, cela positionne Rojava à l’avant-garde d’un mouvement mondial de démocratie et d’économie coopératif dont le but ultime serait de contourner le concept d’état-nation…

Non seulement cette expérience politique se déroule dans tout le nord de la Syrie, mais en terme militaire, c’est le PKK et le PYD qui parviennent a effectivement sauver ces dizaines de milliers de Yazidis assiégés par l’EIIL sur le Mont Sinjar et non pas les bombes américaines comme veulent le faire croire les pirouettes médiatiiques de l’occident. Maintenant, comme le détaille le co-président du PYD Asya Abdullah, ce qui serait utile est un couloir humanitaire pour briser l’encerclement de Kobané par les porte-flingues du calife Ibrahim. Le jeu de pouvoir du sultan Erdogan d’Ankara pendant ce temps, semble vouloir prolonger la politique du “beaucoup de problèmes avec nos voisins”.

Pour le ministre de la défense turc Ismet Yilmaz, “la cause principale de l’EIIL est le régime syrien” et le premier ministre Ahmet Davutoglu, qui a inventé le défunt “pas de problème avec nos voisins” a constamment insisté sur le fait qu’Ankara n’interviendrait pour sauver Kobané que si les Américains sortaient un plan politique de “l’après Assad”. Puis il y a le personnage haut en couleur d’Erdogan, alias sultan Erdogan. Les édits du sultan Erdogan sont bien connus: les Kurdes syriens devraient combattre contre Al-Assad sous le commandement de cette faction de pieds nickelés qu’est l’Armée Syrienne Libre, reconstituée et qui devra être entraînée en Arabie Saoudite, qu’ils doivent oublier toute forme d’autonomie, qu’ils devraient accepter la requête turque à Washington pour une zone d’exclusion aérienne au dessus de la Syrie et aussi une frontière “sécurisé” avec la Syrie. Pas étonnant qu’à la fois le PYD et Washington aient refusé ces demandes.

Le sultan Erdogan a ses yeux rivés sur le redémarage du processus de paix avec le PKK et il veut mener les débats en position de force. Jusqu’ici sa seule concession a été de permettre aux Kurdes irakiens Peshmergas d’entrer dans la Syrie du Nord pour contre-balancer les milices du PKK-PYD et ainsi empêcher le renforcement d’un axe anti-turc kurde. Dans le même temps, le sultan Erdogan sait que l’EIIL/EI a déjà recruté plus de 1000 citoyens turcs et plus à venir. Son cauchemar additionnel est que cette mixture toxique débordant en “Syrak” va tôt ou tard déborder aussi puissamment dans les frontières turques.

Attention aux ennemis à la porte

Les sbires du calife Ibrahim ont déjà télégraphié leur intention de massacrer ou de réduire en esclavage la population civile entière de Kobané. Et pourtant Kobané en tant que telle n’a aucune valeur stratégique pour l’EIIL/EI (c’est ce qu’a dit le ministre des affaires étrangères américain lui-même la semaine dernière, mais de manière prévisible, s’est rétracté…). Ce commandant très persuasif du PYD est parfaitement au courant de la menace représentée par l’EIIL/EI. Kobani n’est pas essentielle comparée à Deir Ez-Zor (qui a un aéroport alimentant l’armée arabe syrienne) ou Hasakah (qui a des puis de pétrole contrôlés par les Kurdes aidés par l’armée syrienne). Kobané n’a ni aéroport, ni champs pétroliers. D’un autre côté, la chute de Kobané générerait une forte publicité positive pour la déjà très bien promue entreprise du calife, augmentant la perception d’une armée gagnante surtout pour le moral des jeunes recrues actuelles et potentielles aux passeports européens, ainsi que d’établir une base solide tout près de la frontière turque.

Ce que fait essentiellemet le sultan Erdogan est de lutter à la fois contre Damas (sur le long terme) et les Kurdes (sur le moyen terme), tout en donnant un passage libre (de court terme) à l’EIIL/EI et pourtant à terme, le journaliste turc Fehim Tastekin a raison: entraîner des militants modérés inexistants dans cette si démocratique Arabie Saoudite ne mènera qu’à la “Pakistanisation” de la Turquie. Un remix de ce qui s’est passé dans les années 80 en Afghanistan et son djihad. Comme si cela n’était pas suffisamment trouble comme changement de jeu et renversant son dogme “terroriste”, Washington a maintenant façonné une entente cordiale (NdT: en français dans le texte original) avec le PYD. Cela donne un mal de tête supplémentaire au sultan Erdogan. Cet accord entre Washington et le PYD est toujours à prendre. Pourtant des faits de terrain disent la vérité, toujours plus de bombardements américains, toujours plus de parachutages (incluant de grosses “boulettes” dans les largages qui virent des armements et munitions fraîchement échoir aux portes-flingues du calife). Un élément clef ne devrait pas être occulté. Dès que le PYD a été plus ou moins “reconnu” par Washington, son chef Saleh Muslim s’en alla rencontrer le leader rusé du Kurdistan Regional Governement (KRG) Masoud Barzani. C’est alors que le PYD a promis un “partage du pouvoir” avec les Peshmergas de Barzani sur Rojava.

Les Kurdes syriens qui furent forcés d’abandonner Kobané et de s’exiler en Turquie et qui soutiennent le PYD, ne peuvent pas retourner en Syrie, mais les Kurdes irakiens peuvent aller et venir. Cet accord foireux est l’œuvre du chef du renseignement du KRG Lahur Talabani, Le KRG a de bonnes relations avec Ankara. Ceci met plus en lumière le jeu d’Erdogan. Il veut que les Peshmergas, qui sont de féroces opposants du PKK, deviennent l’avant-garde de la lutte contre l’EIIL/EI et ainsi minent l’alliance entre le PYD et le PKK. Une fois de plus la Turquie joue les Kurdes contre les Kurdes. Pour sa part, Washington manipule Kobani pour complètement légitimiser sa campagne anti-EIIL/EI dans la veine du “R2P humanitaire”. Il est toujours bon de rappeler que tout ceci a commencé avec un véritable barrage de mensonges et de pirouettes de Washington au sujet du groupe terroriste tout autant fantôme que bidon de Khorasan qui soi-disant préparait un nouveau 11 Septembre. Ce groupe a de manière prévisible, complètement disparu de la circualtion depuis. Sur le long terme, le jeu des Américains est une sérieuse menace pour l’expérience de démocratie directe entreprise à Rojava, que Washington ne peut qu’interprèter que comme, dieu nous protège ! Un retour au communisme !

Donc Kobané est donc devenu maintenant une pièce maîtresse dans un jeu sans merci manipulé par Washington, Ankara et Irbil. Aucun de ces acteurs ne veut la floraison et le succès d’une expérience de démocratie directe à Kobané et Rojava, que celle-ci fasse tâche d’huile et qu’elle commence à être remarquée dans le sud globalement. Les femmes de Kobané sont en danger mortel d’être si pas mises en esclavage du moins d’être amèrement trahies.

Cela devient même encore plus évident lorsque le jeu de l’EIIL/EI sur Kobané est vu pour ce qu’il est essentiellement: une tactique de diversion, un piège pour le gouvernement Obama. Ce que visent les sbires du calife est la province Anbar d’Irak, qu’ils contrôlent déjà largement ainsi que la ceinture si cruciale de Baghdad. Les barbares sont non seulement aux portes de Kobané mais aussi aux portes de Bahgdad.