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Génocide des nations autochtones au Canada: Le cas sanglant des écoles résidentielles pour Indiens de 1850 à 1996 mis au grand jour ~ 2ème partie ~

Posted in actualité, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 6 novembre 2013 by Résistance 71

Vidéo en français (VOSTF) du documentaire sur le génocide des écoles résidentielles du Canada:

1er épisode

2ème épisode

3ème épisode

4ème épisode

*  *  *

Une chronologie du crime: Génocide au Canada dans l’ère moderne

Kevin Annett

 

Première partie du livre (extraits): “Hidden No Longer: Genocide in Canada, Past and present” (3ème édition 2010)

“A découvert: Génocide passé et présent au Canada”

 

 ~ Larges extraits de la chronologie des évènements de 1850 à 2010 ~

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~ Novembre 2013 ~

 

1ère partie

 

Seconde partie

 

1969: Le ministre des affaires indiennes Jean Chrétien affirme une politique “assimilationniste” génocidaire d’extinction légale et culturelle des nations autochtones dans un “memo” fédéral au parlement.

1972: Anticipant la fin du programme des écoles résidentielles, le ministère des affaires indiennes (MAI) ordonne la destruction de tous les dossiers personnels des Indiens, incluant tous titres de propriétés ou assimilés originaux. En conséquence, la preuve écrite de titres de propriétés et de la généalogie d’un nombre incalculable de familles est détruite, ce qui aura pour effet de perturber toute demande de restauration territoriale indienne.

1975: Bon nombre d’écoles résidentielles ont été fermées ou rendues à la gérance des conseils de bandes. Quoi qu’il en soit, beaucoup des abus et des crimes contre les enfants continuent aux mains du personnel aborigène mandaté par l’état. La dernière de ces écoles fermera ses portes en 1996.

Été 1978: Le groupe activiste “Pouvoir Rouge”, affiliés à l’American Indian Movement (AIM), occupe le MAI de Vancouver et publie les archives sur la stérilisation dans les hôpitaux pour Indiens de la côte Ouest. Red Power demande une abolition de la loi sur les Indiens, des réserves et des marionnettes de l’état fédéral que sont les “conseils de bandes”.

1980: En réponse, le gouvernement fédéral établit ce qui est appelé l’Assemblée des Premières Nations (APN ou Assembly of First Nation, AFN) comme corps constitué fédéral collaborant avec l’état et consistant en une assemblée de “chefs” auto-nommés, non élus, veant de tout le Canada. L’APN refuse de soutenir les souverainetés indigènes ou toute demande d’enquête sur les décès et crimes ayant eu lieu dans les écoles résidentielles.

Octobre 1989: Nora Bernard, une survivante d’un pensionnat pour indien du Nouveau Brunswick commence les premières poursuites judiciares contre l’église catholique et le gouvernement du Canada pour la souffrance qu’elle a endurée dans l’école. Nora sera assassinée en Décembre 2007, juste avant les “excuses” du Canada au sujet de ses pensionnats.

1990: En réponse, le membre du parti libéral et partie prenante du gouvernement le “chef” Phil Fontaine de l’APN présente la première “pirouette” officielle sur les pensionnats indiens en référant aux “abus” des écoles tout en évitant soigneusement de mentionner les crimes bien plus sérieux qui s’y tinrent.

Printemps 1993 – Janvier 1995: Des témoins oculaires indiens de meurtres ayant eu lieu à l’école de l’église unifiée de Port Albeni (C.B), parlent publiquement des morts d’enfants dans l’école depuis la chaire du révérend Kevin Annett de l’élise St Andrew de Port Albeni. Lorsque Annett met à jour un accord foncier secret sur des terres natives volées entre son église unifiée, le gouvernement fédéral et le financier de l’église MacMillan-Bloedel Ltd, il perd son emploi sans qu’aucune raison ne lui soit donnée et sera plus tard (1997) expulsé et excommunié de l’église unifiée du canada sans autre forme de procès ou d’auditions.

18 Décembre 1995: Les meurtres d’enfants indiens à l’école résidentielle d’Albeni reçoivent une couverture de presse pour la première fois dans le Vancouver Sun au cours d’une manifestation organisée par le révérend Kevin Annett. Un témoin oculaire Harriett Nahanee, dit publiquement aux journalistes avoir été témoin de la mort de la petite Maisie Shaw, alors âgée de 14 ans (en 1946), qui fut battue et piétinée à mort par le révérend Alfred Caldwell.

20 Décembre 1995: D’autres témoins oculaires témoignent publiquement: Archie Frank d’Ahousaht décrit comment Alfred Caldwell a battu à mort un enfant du nom de Albert Gray. La GRC refuse d’ouvrir une enquête sur les deux incidents.

1er février 1996: La première poursuite en justice par les survivants de l’école résidentielle pour Indiens d’Albeni contre l’église unifiée et le gouvernement du canada est mise en action.

3 février 1996: L’église unifiée commence les procédures officielles internes pour l’expulsion définitive du révérend Kevin Annett en tant que prêtre et le priver de sa raison de vivre. Annett sera finalement expulsé en mars 1997 dans ce qui fut le seul défrocage public de l’histoire de l’église unifiée du canada et à un coût de 250 000 dollars.

1996-8: Kevin Annett commence à documenter et à rendre public des centaines de témoignages de crimes ayant eu lieu dans les écoles résidentielles, combinant des témoignages de première main avec des archives de l’université de Colombie Britannique (UBC). Il commence un doctorat à UBC, mais doit abandonner suite à de gros problèmes familiaux. Il perd la garde de ses enfants dans un divorce qui fut initié et financé contre lui par les avocats de l’église unifiée.

12-14 juin 1998: Kevin Annett organise le premier tribunal indépendant contre les écoles résidentielles indiennes canadiennes sous les auspices de l’IHRAAM, un affilié de l’ONU. Le 20 juin, le journal Globe and Mail est le seul organe de presse qui rapporte sur le tribunal de l’IHRAAM.

[…]

Septembre 1998: Le juge de la cour suprême de la province de C.B Brenner proclame dans un rendu que l’église unifiée du canada et le gouvernement canadien sont aussi légalement responsables des dommages causés par leurs employés dans l’école résidentielle d’Albeni. La décision de Brenner déclenche une marée de milliers d’actions en justice de la part des survivants contre le gouvernement et les églises catholique, anglicane et unifiée.

27 octobre 1998: Après la mort soudaine de deux autochtones parties civiles dans l’affaire contre l’église unifiée, des avocats de l’église admettent que cette dernière s’est engagée avec le gouvernement dans une opération conjointe de couverture des crimes ayant eu lieu à l’école résidentielle d’Albeni et ce depuis au moins 1960 et que les officiels de l’église et le personnel ont kidnappé des enfants de l’école (paru dans le journal du Vancouver Province)

Janvier 1999: Le tribunal IHRAAM et les meurtres des écoles résidentielles sont rapportés pour la première fois en dehors du Canada dans les pages du magazine britannique “The New Internationalist”. La couverture médiatique par ce magazine de ces crimes ainsi que Kevin Annett sont réduits au silence la même année par des menaces légales émanant des avocats de l’église unifiée. Un campagne de diffamation publique est lancée contre Annett sous la direction des officiels de l’église unifiée David Iverson et Brian Thorpe et des Sergent Paul Willms et de l’inspecteur Peter Montague de la division “E” de la GRC.

Mars 1999: En réponse aux actions judiciaires de plus en plus nombreuses émanant de l’IHRAAM et des survivants des écoles, le gouvernement canadien annonce la création d’un “Fond Aborigène pour la Cicatrisation”, FAC (Aboriginal Healing Fund ou AHF) de 350 millions de dollars. Le FAC n’aide en rien les survivants mais les chefs indiens financés par l’état et est utilisé comme un fond de corruption. Ceux qui en bénéficient doivent signer l’abandon de leurs droits de poursuivre le gouvernement et les églises en justice. Plus de la moitié des fonds sont consommés en “frais administratifs”.

26 avril 2000: Des officiels du ministère canadien de la santé admettent que leur département a fait des expériences médicales et dentaires forcées sur des enfants des écoles résidentielles indiennes pendant les années 1940 et 1950, incluant le refus des soins dentaires et l’induction de carences vitaminiques (Vancouver Sun).

Automne 2000: Devant faire face à plus de 10 000 actions en justice de la part des survivants des écoles résidentielles, les églises font pression avec succès sur le gouvernement afin d’obtenir une législation pour limiter la portée des actions en justice et que le gouvernement assume la responsabilité essentielle des dégâts faits par les écoles. Des tribunaux en Alberta et dans les provinces maritimes de l’Est (Nouveau Brunswick, Nouvelle-Ecosse) refusent aux survivants le droit d’attaquer en justice les églises pour la violation de leurs droits civiques et pour génocide.

Février 2001: Kevin Annett publie le premier livre sur les écoles résidentielles pour Indiens, intitulé: “Hidden from History: the Canadian Holocaust”, ouvrage qui contient des témoignages des survivants et la preuve documentée d’un génocide intentionnel dans les écoles et les hôpitaux pour Indiens concomittants. Les efforts de l’église unifiée pour arrêter la publication du livre échouent et plus de 1000 copies circulent dans le monde, au départ essentielleemnt entre les mains des survivants de ces écoles.

[…]

Avril 2004: Après avoir reçu une copie en espagnol du livre de Kevin Annett “Hidden from History”, 5 groupes autochtones Mayas du Guatémala émettent une “denuncia” ou demande publique au gouvernement canadien de répondre aux accusations de génocide. Le gouvernement refuse de discuter de génocide dans sa réponse et les Mayas commencent un lobbying aux Nations-Unies pour déclencher une enquête sur les crimes des écoles résidentielles indiennes au Canada.

Automne 2005: …. Kevin Annett, Lori O’Rorke et Louie Lawless commencent la production du documentaire “Unrepentant” avec les autochtones de Vancouver, Le documentaire est basé sur le travail de Kevin et ses livres et est le tout premier documentaire jamais réalisé documentant les meurtres et génocide ayant eu lieu dans les écoles / pensionnats pour Indiens du Canada.

Octobre 2006: “Unrepentant” sort au Canada et aux Etats-Unis dans des festivals du film et sur Internet. Des milliers de copies sont faites en DVD et le documentaire commence à circuler dans le monde parmi les autochtones, Le film gagne le prix pour le meilleur réalisateur de documentaire étranger au New York Independant Film Festival.

Janvier 2007: Le documentaire gagne la palme du meilleur documentaire au Los Angeles Independant Film Festival et est vu plus de 100 000 fois sur internet. Kevin et le réseau FRD commencent des occupations médiatisées de bureaux gouvernementaux et d’églises à Vancouver. Des occupations similaires se propagent à Toronto et Winnipeg. Les médias canadiens commencent à rapporter le travail de Kevin pour la première fois depuis des années d’omerta totale.

Septembre 2007: Le gouvernement canadien annonce la création de la “Truth and Reconciliation Commission” TRC pour enquêter sur l’histoire des écoles résidentielles pour autochtones, mais refuse toujours toutes compensations à plus de la moitié des survivants. Ceux qui y ont droit obtiennent des compensations minimales et en retour sont forcés d’indemniser les églises de toute poursuite judiciaire et de tout préjudice et sont forcés de se taire et d’arrêter toute plainte.

Janvier-Mars 2008: Kevin Annett et le FRD escaladent les manifestations et les occupations d’églises, demandant que des inculpations soient prononcées contre les églises responsables de la mort des enfants pensionnaires des écoles. Les anciens du FRD et le chef de la nation Squamish Kiapilano publient un arrêté formel d’éviction des églises catholique, anglicane et unifiée de leur territoire traditionnel, c’est à dire… Toute la ville de Vancouver.

Février 2008: Le gouvernement Harper déclare que “bien qu’un nombre énorme de morts” soient survenues dans les pensionnats pour Indiens, aucune inculpation ne sera placée contre les églises responsables de ces écoles.

11 Juin 2008: Sous une énorme pression, le premier ministre du Canada émet des “excuses” formelles du gouvernement au sujet des écoles résidentielles autochtones tout en minimisant l’extension du taux de mortalité dans les écoles en faisant état du fait que “quelques personnes décédèrent” ; mais les leaders de l’autre parti réfèrent aux fosses communes retrouvées près des écoles.

Janvier 2009: “Unrepentant” est vu par plus de 250 000 personnes sur internet et gagne une troisième récompense comme meilleur documentaire à la Creation Aboriginal Film Festival d’Edmonton….

Octobre 2009: Kevin Annett fait des conférences dans des douzaines de villes en Irlande, en Angleterre et en Italie et diffuse son documentaire “Unrepentant”, qui a alors été traduit en français, en italien et en allemand. Le 11 Octobre, Kevin fait un service religieux et un exorcisme symbolique juste en dehors du vatican à Rome en honneur de tous les enfants qui ont été massacrés dans les pensionnats catholiques. L’évènement reçoit une grosse couverture médiatique et le lendemain une tournade frappe le centre de Rome et le Vatican.

Février 2010: Une vaste divulgation d’abus d’enfants et de couverture des crimes par l’église catholique se fait dans la presse. Le pape Joseph Ratzinger se trouve impliqué pour avoir organisé et ordonné le camouflage de ces crimes et aidé et protégé des prêtres violeurs d’enfants reconnus, dans un document du Vatican appelé “Criminales Solicitations”. Des actions légales commencent pour permettre l’audition officielle et même l’arrestation de Ratzinger (pape Benoit XVI).

15 juin 2010: Le FRD annonce le lancement d’une coalition internationale d’unification des victimes des tortures de l’église: The International Tribunal into Crimes of Church and State (ITCCS). Huit organisations d’Irlande, des Etats-Unis, d’Australie, de Thaïlande et d’Angleterre s’y affilient. Depuis décembre 2010, six membres sont morts soudainement, incluant deux anciens qui participèrent à des occupations d’églises à Vancouver.

Août 2010: Le documentaire “Unrepentant” est diffusé à plus de 10 millions de téléspectateurs européens sur les réseaux TV allemand et suisse. Le nouveau livre d’Annett “Unrepentant: Disrobing the Emperor” sort à Londres. Mais le 9 août, le programme radio de Kevin “Hidden from History” est annulé après 9 ans d’antenne sans préavis ni procédure.

Génocide des nations autochtones au Canada: Le cas sanglant des écoles résidentielles pour Indiens de 1850 à 1996 mis au grand jour ~ 1ère partie ~

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, police politique et totalitarisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 4 novembre 2013 by Résistance 71

Nous avons ici traduit la chronologie des évènements génocidaires ainsi que des actions mises en œuvre pour les mettre au grand jour afin que les coupables de ce génocide: l’État canadien et les églises catholique, méthodiste, presbytérienne et unifée du canada soient enfin traduits devant un tribunal de Nüremberg-bis.

Nous avons traduit et documenté un certain nombre de faits ayant mené à cette ignominie, notamment les fondations même du colonialisme et de l’esclavagisme à grande échelle que l’occident mena à partir du XVème siècle, origines qu’il faut aller chercher dans les bulles pontificales Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493), que nous avons couvertes ici même.

Cette traduction de la chronologie qui constitue la première partie du livre de Kevin Annett « No Longer Hidden: Genocide in Canada Past and Present »,  a laissé des marques sur les traducteurs qui ont participé à ce travail. Il s’agit ici de la traduction la plus émotionnellement difficile qu’il nous ait été donnée d’effectuer de toute l’histoire de Résistance 71… Merci à ceux qui s’y sont frottés et qui y ont laissés une grande énergie émotionnelle.

Voici ci dessous la vidéo du documentaire de Kevin Annett « Unrepentant » sous-titrée en français. Il s’agit ici d’une version raccourcie à 1h15 en 4 épisodes. La version anglaise originale fait 1h48. Ce documentaire a gagné quatre récompenses dans des festivals de films/documentaires indépendants et est la version filmée, documentée de témoignages de son livre sur le génocide des écoles résidentielles pour Indiens du Canada. 

Regardez et évaluez l’occident à sa juste valeur criminelle, le but étant pour nous occidentaux d’accepter nos crimes, de les réparer, de les transcender pour prendre la main des peuples opprimés et œuvrer ensemble pour un véritable changement de paradigme politique en premier lieu, puis économico-social.

L’humanité est à l’orée d’un grand changement résultant d’une grande prise de conscience. Nous devons à ceux qui ont été impunément massacrés à travers les âges suite à des politiques oligarchiques et génocidaires, tout autant qu’aux générations qui ne sont pas encore nées, de redresser les torts et de s’engager dans une véritable réconciliation qui ne peut provenir que de l’acceptation des fautes et des efforts d’harmonisation des peuples pour la justice, l’égalité et le bien commun à tous dans un monde où règnera le pouvoir non-coercitif des peuples unifiés et confédérés.

— Résistance 71 —

Vidéo en français (VOSTF) du documentaire sur le génocide des écoles résidentielles du Canada:

1er épisode

2ème épisode

3ème épisode

4ème épisode

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Une chronologie du crime: Génocide au Canada dans l’ère moderne

Kevin Annett

 

Première partie du livre (extraits): “Hidden No Longer: Genocide in Canada, Past and present” (3ème édition 2010)

“A découvert: Génocide passé et présent au Canada”

 

 ~ Larges extraits de la chronologie des évènements de 1850 à 2010 ~

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~ Novembre 2013 ~

 

1ère partie

2ème partie

 

1850: Les nations autochtones de l’Est du Canada ont été décimées par la variole et autres maladies volontairement introduites par les Européens à environ 10% de leurs nombre pré-contact. Les tribus indiennes à l’Ouest des Grands Lacs demeurent principalement indemnes de ce fléau, sauf sur la côte Ouest où des Européens commencent à s’installer.

1857: La loi sur la “civilisation graduelle” est passée dans la législature de l’Upper Canada. Cette loi est faite pour éradiquer légalement toutes les nations autochtones par la “mise sous tutelle”, dans laquelle toute propriété et nationalité sont abolies.

1859: Des missions catholiques sont établies à Mission en Colombie Britannique (C.B) et dans l’Okanagan par l’évêque Paul Durieu, qui planifie avec l’aide des jésuites l’extermination des chefs indiens non chrétiens et de les remplacer par des leaders sous contriole catholique. Ce “plan Durieu” servira plus tard de modèle pour le programme des pensionnats pour Indiens.

1862-3: Une épidémie majeure de variole est déclenchée dans l’intérieur de la C.B au sein des tribus indiennes par le missionnaire anglican (protestant) et futur évêque de Norwich et membre de la chambre des Lords, le révérend John Sheepshanks, qui inocule des centaines d’Indiens avec la maladie. Sheepsshaks agit sous la direction du gouvernement provincial et de la compagnie de commerce de fourrures de l’Hudson Bay, qui promeut les premières missions protestantes parmi les Indiens. Plus de 90% des Indiens de l’intérieur Salish et Chilcotin, quelques 8000 + personnes, mourront à la suite de cette attaque bactériologique.

[…]

1870: La couronne d’Angleterre (NdT: comprendre la banque d’Angleterre et la City de londres qui sont de facto la “couronne”, “the Crown”…) établit la “réserve cléricale”, un système où les missionaires catholiques et anglicans reçoivent des centaines d’acres de terre volés aux nations indigènes, spécifiquement dans l’ouest du Canada. (NdT: Le Vatican est à l’origine de la “couronne”, il est donc logique et sans surprise que catholiques et protestants s’entendent comme larrons en foire lorsque les circonstances oligarchiques le demandent. La “réforme” de l’église ne fut qu’une autre vaste fumisterie afin de mieux diviser et contrôler les moutons imbéciles…)

1873: La Royal North West Mounted Police, précurseur de la Royal Canadian Mounted Police actuelle (NdT: la Gendarmerie Royale du Canada communément appelée la “police montée canadienne”), est établie en tant que force para-militaire nationale avec jurisdiction sur la totalité du territoire canadien. Son mandat inclut la déportation des nations autochtones dans les réserves pour ainsi créer une vase  étendue de “terres libres d’Indiens” 80km de part en d’autre de la nouvelle ligne de chemin de fer de la Canadian Pacific Railway (CPR)

1876: Sous l’influence de l’ancien premier ministre et avocat de la CPR, John A. MacDonald, le Canada établit l’Indian Act ou la loi sur les Indiens, qui réduit tout indien et métis au rang de non-citoyens et à charge de l’état canadien. Dès lors, les Indiens sont emprisonnés sur des “terres de réserve”, dépouillés de tout statut légal ou de droits civils, ils ne peuvent pas voter, ils ne peuvent pas poursuivre en justice, ne peuvent pas posséder de terres ou agir légalement pour eux-mêmes. Leur statut de pris en charge de l’état demeure inchangé jusqu’à aujourd’hui.

1886: La ligne CPR est terminée, elle relie les côtes Atlantique et Pacifique du Canada et ouvre la porte à une immigration massive européenne. La même année, toutes les cérémonies traditionnelles des Indiens de l’Ouest du Canada sont interdites, incluant le système de potlatch et les langues natives.

1889: Le ministère fédéral des affaires indiennes est établi. Des “écoles industrielles indiennes” sont reconnues par le gouvernement fédéral, qui, en partenariat avec les églises catholique et protestante, financent conjointement et créent les camps d’internement pour tous les enfants autochtones sur tout le territoire canadien.

1891: Le premier rapport médical faisant état de décès massifs dûs à la tuberculose non traitée est publié par le gouvernement fédéral et le Dr George Orton de la province d’Alberta. Le rapport d’Orton est complètement ignoré.

1905: Plus de cent pensionnats pour Indiens sont en activité à travers le Canada, les deux-tiers sont gérés par l’église catholique. Une immigration massive européenne et une guerre bactériologique ont réduit les populations autochtones de l’Ouest du Canada à environ 5% de ce qu’elles étaient avant les contacts avec l’homme blanc.

1907: Le Dr. Peter Bryce, médecin chef au ministère des affaires indiennes (MAI), visite les pensionnats à l’échelle nationale pour y étudier les conditions sanitaires. Le rapport de Bryce qui s’ensuit adressé au SuperIntendant du MAI Duncan Campbell Scott documente que plus de la moitié des enfants de ces écoles meurent parce que la tuberculose est volontairement introduite parmi eux par le personnel. Bryce affirme également que les églises qui gèrent les écoles suppriment délibérément les preuves et les statistiques de ces pratiques meurtrières.

15 Novembre 1907: La rapport de Bryce est cité dans la presse: dans l’Ottawa Citizen et la Montreal Gazette.

1908-9: Duncan Campbell Scott supprime le rapport Bryce et refuse de suivre ses recommandations, qui incluent de retirer aux églises la gérance des établissements. Bryce publie un rapport plus détaillé montrant l’énorme taux de mortalité dans les pensionnats, Scott commence alors une vaste campagne de diffamation contre Bryce qui le verra éventuellement banni des services publics.

Novembre 1910: Malgré les trouvailles de Bryce, Scott institutionalise le contrôle des pensionnats pour Indiens par les églises au travers d’un contrat liant le gouvernement fédéral et les églises catholique, anglicane, presbytérienne et méthodiste (les deux dernières mentionnées étant les précurseurs de ce qui deviendra l’église unifiée du canada). Ce contrat autorise les écoles et leur donne un financement gouvernemental ainsi qu’une protection, ceci incluant l’utilisation de la GRC comme bras policier des écoles.

Mars 1919: Malgré un taux de mortalité pulvérisant tous les records dans les pensionnats indiens (maintenant rebaptisés “écoles résidentielles”, et sous la pression de l’église, D.C Scott abolit l’inspection médicale fédérale de ces écoles simplement en supprimant le poste de chef inspecteur sanitaire.

Avril 1920: Une loi fédérale passe rendant légalement obligatoire pour tout enfant indien à travers le Canada âgé de 7 ans ou plus d’être incarcéré dans les pensionnats. Les parents autochtones non-coopératifs avec cette loi sont emprisonnés et mis à l’amende. Le nombre de mort par tuberculose parmi les peuples indigènes va tripler durant la décennie qui va suivre.

Printemps 1925: Etablissement de l’Église Unifiée du Canada par un décret fédéral émanent du parlement afin de “canadaiser et de christianiser ceux nés étrangers et les païens.” L’église est un bras financé de la couronne britannique et hérite de toutes les écoles résidentielles et des terres natives volées et détenues par les églises méthodiste et presbytérienne.

[…]

1928: La loi sur la stérilisation sexuelle est passée dans la législature de la province d’Alberta, permettant à ce que tout pensionnaire des écoles résidentielles pour Indiens soit stérilisé sur la décision du proviseur de l’école: un employé de l’église. Au moins 2800 hommes et femmes autochtones seront stérilisés de force en fonction de cette loi.

1929-30: Le gouvernement du Canada transfère le gardiennage légal des enfants indiens pensionnaires des écoles résidentielles au proviseur de chaque école appointé par l’église.

1933: Une loi similaire sur la stérilisation est passée dans la province de Colombie Britannique. Trois centres de stérilisation sont établis dans les zones abondamment peuplées d’autochtones, tous gérés par l’église unifée du canada: à Bella Bella et Nanaimo (C.B) et à Edmonton (Alberta). Des milliers d’Indiens y seront stérilisés contre leur gré, jusque dans les années 1980.

Février 1934: Une tentative par le gouvernement canadien d’abolir les écoles résidentielles est mise en échec suite aux pressions exercées publiquement par les officiels des églises catholique et protestante.

Janvier 1939: Des enfants de la nation Cowichan sont utilisés pour des expériences médicales faites par des médecins parlant allemand à l’école résidentielle catholique de Kuper Island sur l’île de Vancouver. Plusieurs enfants décèdent. La GRC supprime les enquêtes sur les décès et l’ordre ecclésiastique catholique allemand gérant l’école, les Montforts, est remplacé par les Oblates.

1947-8: Le diplomate canadien et futur premier ministre Lester Pearson aide à redéfinir la Convention des Nations-Unies sur le Génocide afin de la rendre inapplicable au système canadien des écoles résidentielles. Toute législation permettant son application sur le territoire canadien est bloquée par le parlement.

1946-52: Des centaines de nazis et de médecins SS reçoivent la nationalité canadienne et immigrent au Canada sous le coup du Project Paperclip (projet trombone) et travaillent dans les hôpitaux pour Indiens et autres endroits dans des programmes de la CIA et militaire, incluant des endroits comme le Allen Memorial Institute de Montréal. Leur recherche va des programmes de contrôle psychologique aux tests pharmaceutiques en passant par les techniques de stérilisation, sur des enfants indigènes, des orphelins et autres.

1956-8: Des survivants d’un de ces programmes ayant eu lieu au Lincoln Park royal Canadian Air Force base à Calgary dans la province d’Alberta, décrivent un médecin avec son numéro SS tatoué sur le bras, torturant à mort des enfants, incluant des enfants aborigènes amenés sur la base par la GRC en provenance de réserves locales et d’écoles résidentielles. Des crimes similaires sont décrits par des survivants de programmes sur les bases militaires de Suffield en Alberta, Nanaimo, C.B et le Lakehead Psychiatric Hospital de Thunder Bay en Ontario.

[…] A suivre…

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Vidéo en français (VOSTF) du documentaire sur le génocide des écoles résidentielles du Canada:

1er épisode

2ème épisode

3ème épisode

4ème épisode

Génocide des autochtones au Canada: L’hypocrisie institutionnalisée…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 31 octobre 2013 by Résistance 71

Pour plus d’information au sujet du génocide des enfants indiens au Canada entre 1893 et 1996, consultez notre dossier sur le sujet.

— Résistance 71 —

 

Cette drôle de chose appelée Canada

 

Kevin D. Annett


 

21 Octobre 2013

 

url de l’article original:

http://itccs.org/2013/10/21/this-odd-thing-called-canada/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Alors, qui dit que les Canadiens ne sont pas drôles ?

Cette semaine, la société de télédiffusion Canadienne (CBC) a solennellement réfléchi  pour la première fois : « Est-ce que le Canada devrait être conduit en justice pour Génocide devant les Nations Unies » de ses crimes dans les écoles et pensionnats Indiens.

C’est comique à dire, si l’on considère que le Canada a déjà été jugé et condamné pour tout ce Génocide : lors d’un procès retentissant au Tribunal de Droit Coutumier tenu à Bruxelles, et dont le verdict a été rendu le 25 février dernier, (voir le lien ci-dessous).

Comique aussi que la CBC ait manqué cela hein ?  Comme ils ont aussi laissé de côté le fait que le Tribunal de Bruxelles a aussi condamné les principales églises Canadiennes du même crime, du fait que les monstres en robe ont tué la plupart de ces enfants.

Bien sûr, les Canadiens le savaient dès le 15 Novembre 1907 alors que la moitié des enfants indiens de couleur  « en pensionnat scolaire » mouraient à cause de leur exposition délibérée à la tuberculose : un fait reporté le jour même sur la page de garde du Journal l’Ottawa Citizen par les propres médecins officiels du gouvernement. Et je suis sûr que l’enfer est essuyé au même fait sanglant, et complété par des preuves solides devant chacun de vous, depuis plus de quinze ans maintenant.

(www.hiddennolonger.com)

Je pense que rien de cela ne devrait nous surprendre, lorsque l’on regarde l’état désolant de ce qui s’appelle du journalisme au Canada. Ni même lorsque les chefs Mohawk à Brantford, en Ontario commencèrent à déterrer les restes des ossements des enfants et les boutons dans le plus ancien pensionnat du Canada à l‘automne 2011. Est ce qu’un seul média canadien s’est préoccupé ne serait-ce qu’une fois de reporter cette découverte historique ?

Aucun régime ne regarde jamais son propre merdier, sauf de manière controlée et aseptisée pour le mettre en scène de façon honteuse et au Canada on lave plus blanc dans « La Vérité et la Réconciliation ». Mais le refus des Canadiens d’accepter d’être tenus responsables de leur propre histoire sanglante est devenu tout à fait ridicule, maintenant que d’autres pays et leurs tribunaux se prononcent sur notre culpabilité d’avoir délibérément massacré des enfants indigènes.

Et donc la CBC après réflexion sur le « si » nous sommes coupables de Génocide,  sent exactement la même odeur que la déclaration officielle du Pape Paul VI en 1967 disant que Galilée n’avait peut être pas tort après tout, et que la terre tourne effectivement autour du soleil.

Oui, nous le savions déjà : de même nous savons que le Canada et ses églises ne sont pas seulement coupables de Génocide, mais que selon le Droit  international, elles sont reconnues coupables en tant qu’ organisations criminelles qui n’ont pas d’autorité juridique ou légitime. Et cela signifie que leurs lois, réglementations et taxes sont nulles et non avenues ; et celui ou celle qui les finance est coupable de crime.

La plupart des canadiens essaient d’ignorer que ce Mammouth est en réalité dans la Salle de Séjour, prétendant qu’ils vivent encore sous un gouvernement de Droit : mais pas mon nouvel ami Steve Finney, à Kitchener, en Ontario. Car Steve s’est conduit comme un homme libre selon le Droit Coutumier, et prend à cœur le système juridique de Bruxelles. Il ne cesse de dire aux policiers et aux juges à Kitchener qu’ils n’ont aucune autorité sur lui parce qu’ils ont fait un serment d’allégeance à une institution criminelle, incluant la Couronne d’Angleterre elle-même. Et  c’est exactement ainsi qu’il leur dit,

« Pourquoi devrais- je obéir à un gouvernement qui a délibérément tué  plus de 50 000 enfants, et continue à faire du trafic d’enfants à travers les Associations d’Aide à l’Enfance ? »

Steve Finney n’a pas émasculé ses connaissances de son comportement, comme la plupart des eunuques politiciens dans notre pays. Il a prété serment pour s’élever à une nouvelle allégeance en tant que citoyen de la République du Kanata, laquelle formation est aussi vivement ignorée de la CBC et du reste de la chose préfabriquée appelée Canada.

Nous vivons une époque éclatante d’illusions et de déception universelle, de mensonges officiels et de l’effondrement de la dissimulation : quelque chose que Charles Dickens appelait le Meilleur de l’histoire et le Pire de l’histoire. Dickens faisait référence à la France à l’aube de la révolution de 1789.

J’espère que l’allusion n’est pas perdue pour nous….

Le fléau du colonialisme passé et présent: La mascarade du concept de la « réconciliation »…

Posted in actualité, altermondialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 25 octobre 2013 by Résistance 71

On entend souvent parler du concept de « réconciliation » au sujet du colonialisme et de la « cicatrisation » des blessures passées et présentes. Le Canada, à l’instar de l’Afrique du Sud, a institué sa commission sur le « Vérité et la Réconciliation » au sujet de l’holocauste dont les nations autochtones furent victimes aux mains de l’état et des église (idem aux Etats-Unis et en Amérique latine du reste, mais ces écrits demeurent plus spécifiques aux crimes contre l’humanité perpétrés au Canada). Il est important de bien comprendre ce que veut dire le mot « réconciliation » dans ce contexte colonialiste, toujours sous le coups des bulles pontificales Romanus Pontifex de 1455 et Inter Caetera de 1493, comme nous l’avons vu précédemment.

Kevin Annett nous explique la véritable signification de ce qu’est la « réconciliation » aux yeux de l’État et de l’église. Édifiant !!…

— Résistance 71 —

 

A découvert: Génocide au Canada passé et présent (Appendix 4(b), 3ème édition 2010)

 

(“Hidden No Longer: Genocide in Canada Past and Present, appendix 4(b)”)

 

Kevin Annett

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Appendix 4(b): Note sur la “réconciliation” et sa véritable signification en tant que re-soumission

 

Comment les mots sont utilisés et ce qu’ils veulent véritablement dire sont deux choses très différentes. Le langage peut-être une arme brandit par ceux-là même qui ont des intérêts bien définis à défendre.

Les églises et les états qui ont massacrés des millions de personnes au nom de leur dieu ont légitimisé leurs devoirs, comme ils le font toujours, avec une vision du monde qui rend le meurtre permis.

Le livre biblique de la Génèse est le paradigme de base de l’euro-christianisme et ainsi de la culture mondiale. Le message essentiel de la Génèse est que l’Homme est mauvais et corrompu, qu’il l’est devenu et a ainsi condamné notre monde, par le truchement d’un acte de désobéissance contre un dirigeant tout-puissant, que nous appelons jehova-dieu. La rédemption de cette damnation n’est possible que par ce que la bible et la chrétienté appellent la “réconciliation” avec celui qui a été offensé.

Le terme “réconciliation” n’est pas ce qu’il semble être ; dans le langage courant cela veut dire que deux opposants enterrent la “hache de guerre” et retournent en terme équitable l’un envers l’autre. La véritable signification de ce mot est en fait l’opposé de ceci et se réfère au moment où une partie rebelle est vaincue et fait pénitence envers son ancien maître, se re-soumettant elle-même entièrement aux termes du dominant.

La définition littérale latine de “réconciliation” est “re-concilio” ce qui veut dire: “forcer de nouveau dans la réunion”, ceci est un acte coercitif d’une partie sur l’autre.

Remontons au Moyen-Age, lorsque l’église catholique lança sa première croisade majeure contre les “sarazins et les païens”, c’est à dire contre quiconque n’est pas un chrétien catholique. Comme nous l’avons vu auparavant, un système légal devait voir le jour afin de justifier les conquêtes et les meurtres de l’église envers “les autres”, incluant, plus tard les peuples indigènes de la planète entière. Ainsi les hommes de loi du Vatican concoctèrent ce que l’on appelle “l’Indulgence”, un outil brillant qui fit du pillage, du viol, du meurtre et de tout acte violent une vertu, s’ils étaient perpétrés au nom de l’église.

D’un seul coup, les chrétiens pouvaient massacrer en toute quiétude sans honte et sans être sujets aux reproches, comme cela est toujours le cas aujourd’hui quand il s’agit de crimes commis par l’église et ses agents. Donc, de cette manière, tous ces “incroyants” qui furent endommagés d’une manière ou d’une autre par l’église n’ont aucune base pour accuser et témoigner des crimes qui ont été commis à leur encontre, car les opposants à l’église étaient, comme les originaux Adam et Eve, la cause de leur propre chute. De plus, ces ennemis de l’église devaient faire une restitution spéciale à celle-ci pour avoir causé la violence qui leur a été infligée !

Cet acte de restitution par le conquis fut appelé la Réconciliation.

Pendant l’inquisition espagnole par exemple, les catholiques qui avaient pêchés en devenant luthériens (protestants) furent “réconciliés au travers de la perte de propriétés et furent obligés d’endurer des temps d’incarcération”. En 1612, cinq citoyens de Madrid furent “soumis à la réconciliation pour faits de judaïsme et furent envoyés aux galères en tant qu’esclaves” (Henry Charles Lea, “The Inquisition of the Spanish Dependencies”, New York, 1908, p.421).

Citons l’historien de l’époque médiévale Henry Charles Lea:

“La réconciliation avec l’église comprend la confiscation et était originellement accompagnée d’autres pénalités en rapport avec les antécédents du coupable et la promptitude avec laquelle il avait confessé et rejeté sa faute. Cela pouvait être des peines de prison, l’humiliation publique, la flagelation ou l’envoi aux galères.” (Ibid, p 421)

En effet, le rebelle indemnise le conquérant (cela semble t’il familier ?..) en reconnaissant que la violence et les injustices faites par celui-ci étaient justes et nécessaires, libérant ainsi le conquérant de tout blâme possible et de toute culpabilité, de honte ou de responsabilité de ses actes: ceci veut dire qu’il est publiquement établi qu’aucun crime n’a été commis, sauf par le conquis et le rebelle faisant acte de re-soumission.

Ceci est exactement ce que les survivants du programme des pensionnats pour Indiens ont été forcés de faire sous la loi canadienne en relation des institutions qui ont essayées de les tuer.

Cette notion et cette pratique de blâmer une victime pour sa souffrance aux mains du dirigeant et de s’attendre à ce que tout rebelle ou opposant fasse repentance selon les termes du dirigeant, est le cœur même du message de la version de l’église du texte de la Génèse et la philosophie opératoire de la “civilisation” moderne. C’est un thème qui est tellement basique à la croyance philosophique grecque et romaine que le puissant a toujours raison, que le pouvoir et la puissance sont la vertu et que les conquis n’ont aucun droit ni statut et doivent faire amende honorable et repentance au conquérant.

Les Romains avaient institutionalisé cette croyance au travers des rites de leur religion où les chefs des conquis ou autres ennemis de Rome demandaient pardon à genoux devant l’empereur avant d’être publiquement étranglés. En tant qu’héritière directe de l’empire romain, l’église catholique a incorporé cette pratique dans son traitement de tout ennemi qu’elle conquiert, ceci incluant les chrétiens dissidents, les juifs, les musulmans et les peuples autochtones des nations conquises.

L’essence de cette pratique, l’indemnisation publique du dirigeant par ses victimes et la condamnation et le meurtre de ces dernières, est simplement un acte, une représentation du paradigme de base de l’église: la supposée “chute” de l’humanité et le besoin de notre “réconciliation” avec “dieu” comme ses esclaves de nouveau soumis.

Tout ceci devint lumineux pour moi au printemps 2009 alors que je regardais le “chef” indien du gouvernement fédéral Phil Fontaine de l’Assemblée des Premières Nations canadiennes (AFN), rampant de soumission devant le pape Joseph Ratzinger de Rome (Benoit XVI), après que ce dernier ait énoncé un “regret” pour le non-holocauste et pour les “quelques dommages” infligés aux Indiens dans les pensionnats. Non seulement le pauvre Phil embrassa l’anneau papal (et sans aucun doute d’autres parties…), mais il “accepta” chaleureusement la déclaration du pape comme “preuve que finalement la cicatrisation s’est enfin produite”.

Ce que Fontaine faisait en fait n’était que rejouer un ancien rite de re-soumission. Comme tout chef conquis cherchant à se re-soumettre au groupe avant son exécution publique (Phil fut destitué de ses fonctions de “chef” de l’AFN un mois environ après son audience papale), Phil Fontaine s’engageait dans la “réconciliation”.

Malheureusement, chaque survivant des pensionnats est forcé d’endurer la même humiliation publique, en acceptant une pitance financière insultante et re-traumatisante, pour ensuite absoudre ses bourreaux de toute malversation et de tout crime, pour lesquels il peut obtenir une ré-acceptance en tant qu’esclave “réconcilié”, aussi celui qui est “cicatrisé, guéri”.

Quand le Canada, ses médias et ses églises parlent de la “réconciliation” avec ses victimes autochtones, de manière si extatique, leur joie n’est pas déplacée. Ils sont parfaitement au courant qu’être “réconcilié” avec les victimes des pensionnats pour Indiens veut dire, moralement et pratiquement, que ces Indiens fauteurs de trouble et gênants se sont de nouveau soumis aux termes de la société blanche : en abandonnant toute action légale, en libérant les blancs de toute responsabilité et en pardonnant publiquement le Canada chrétien pour ses crimes de sang, comme cela s’est produit de manière si pathétique au printemps 2010 à la présentation d’une “Charte du Pardon” formelle au Canada et à ses églises par les officiels aborigènes d’Ottawa, financés par l’état.

Pour les survivants d’un génocide chrétien, la “réconciliation” veut dire rendre les armes, l’humiliation et la défaite. Leurs conquérants chrétiens n’ont simplement jamais eu l’honnêteté de leur expliquer la signification réelle de ce terme.

Génocide d’enfants indiens au Canada… Quand la collusion criminelle de l’état et des églises génère la farce de la « réconciliation »…

Posted in actualité, documentaire, guerres hégémoniques, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 2 octobre 2013 by Résistance 71

Cet article est en rapport direct avec nos trois précédentes publications au sujet du génocide des enfants des nations autochtones au Canada perpétré sous un programme étatique qui fut géré sur le terrain par les églises catholique, anglicane et unifiée du Canada entre 1893 et 1996 avec la complicité des institutions et de la police montée canadienne (RCMP ou GRC). Non seulement la commission canadienne pour la « vérité et la réconciliation »  (TRC) est une véritable parodie, comme relaté dans l’article ci-dessous, mais nous verrons dans notre prochaine publication sur le sujet à quoi se réfère vraiment le terme de « réconciliation » en droit canon et en droit civil tous deux héritiers du droit romain, depuis l’empereur Constantin, qui créa l’église de Rome et le Vatican au IVème siècle.

 

A lire:

De l’origine du génocide

« A découvert: Génocide au Canada passé et présent », Introduction, 1ère partie

« A découvert: Génocide au Canada passé et présent », Introduction, 2ème partie

 

— Résistance 71 —

 

La farce de la commission canadienne sur la vérité et la réconciliation (TRC)

 

Bill Annett

 

24 Août 2013

 

url de l’article original:

http://dissidentvoice.org/2013/08/the-farce-of-canadas-truth-and-reconciliation-commission/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’an dernier, lorsqu’un comité des Nations-Unies donna une claque sur la main du Canada pour la façon dont il avait traité les personnes indigènes, une réponse du juge Murray Sinclair s’en suivit, Sinclair président de la Commission pour la Vérité et la Réconciliation du Canada (TRC) ; une réponse qui prît la forme d’une photo de propagande et un “rapport intérimaire” à l’université Simon Fraser de Vancouver. Le même jour, comme une contre-partie englobant l’atrocité de l’histoire canadienne, à L’Université de Colombie Britannique (UBC), de l’autre côté de la même ville de Vancouver, une déclaration intéressante prenant à contre-pied la propagande gouvernementale y était délivrée.

Elle figure ci-dessous avec mon commentaire intrusif. Ce qui est d’autant plus stupéfiant est que UBC devrait dans ce cas précis endorser le rôle du paragon de la liberté d’expression. Car c’est cette institution qui, ayant qualifié Kevin Annett (le fils de l’auteur, nous indique l’éditeur de l‘article) d’un B.A en anthropologie et d’un Masters en Histoire et un autre de son école de théologie, rejeta sa thèse de doctorat (Ph.D) parce que sa dissertation abordait les desseins criminels de l’Église Unifiée du Canada, qui l’avait excommunié et ruiné sa vie, ainsi que les acquisitions du géant forestier MacMillan Bloedel (enfant illégitime de l’entreprise Weyerhaeuser de Seattle), dont les deux organisations sont prominentes parmi les bâilleurs de fonds de l’université et également ayant une présence sans faille dans son comité directeur, et au bureau du chancelier.

La dissertation rejeté de Kevin Annett et les trois livres qu’il a publiés depuis sur son contenu ont tout donné et plus en infomation et ce, sans que cela coûte le moindre sou aux contribuables canadiens, à l’encontre de ce que la commission TRC devait sortir, diluer et compiler dans un verbiage creux politiquement correct vingt ans plus tard. Mais ces 115 pages anorexiques ont pourtant coûté aux contribuables canadiens la modique somme de 68 millions de dollars !

*****

Pour nos amis lecteurs qui se mettent à la page un peu tard, incluant les quelques 29,9 millions de Canadiens qui doivent se mettre franchement à la page, car étant trop occupés avec les aventures des stars du Rock et des scores et évènements du hockey canadien, commençons par le début:

Le 1er Octobre 2011, dans une petite ville de la province canadiene de l’Ontario appelée Brantford, des anciens de la nation Mohawk notoirement indépendante, ont tiré le bouchon de vidange de l’évier sur un gouvernement fédéral indifférent et indécis et commencèrent les excavations d’une des nombreuses fosses communes connues à des fins médico-légales et ce afin d’exposer enfin la fange horrible d’un siècle et demi de “pensionnats indiens” (Indian Residential Schools dans le texte) mis en place par les autorités fédérales et gérés par l’église et leur litanie reconnue de crimes contre l’humanité.

Travaillant étroitement avec la Nation Mohawk se tenaient les sept pays qui soutiennent le tribunal international pour les crimes de l’église et de l’état (Internatioal Tribunal into the Crimes of the Church and State, référé ci-après comme ITCCS), maintenant actif dans plus de 20 pays du monde, ainsi que son co-fondateur le révérend Kevin Annett, ancien prêtre de l’Église Unifiée du Canada, renvoyé en 1995 parce qu’il refusa de jouer le jeu de son église sortant du sentier étroit de la “voie de dieu” et essayant de cacher son agenda meurtrier et ses malversations immobilières impliquant les territoires indiens.

Une équipe médico-légale a déjà déterré la preuve claire et sans équivoque de l’existence de l’inhumation d’humains. De petits humains… Des enfants. Tout comme l’a documenté Kevin Annett depuis vingt ans.

L’enquête médico-légale a commencé sur les lieux du plus vieux “pensionnats pour Indiens” du Canada, le pseudonyme hilarant donné aux 141 maisons de pêchés gérées par les églises catholique, anglicane et unifiée du Canada pendant au moins 120 ans et ce à l’instigation du gouvernement colonial fédéral.

Toutes les “écoles” étaient les mêmes. Administrées et gérées comme des prisons pour enfants, par des crétins issus de la clique usuelle et dont l’histoire abominable est constamment ignorée par les officiels du Canada et leur populace endormie.

L’histoire de Kevin Annett est tellement connue que les médias canadiens si courageux et après lui avoir donné tout juste une petite attention dans les années 90, ont permis depuis longtemps qu’elle disparaisse du cycle des nouvelles et infos et mettent en valeur des problèmes bien plus intéressants comme les joutes d’élèves avec des parlementaires, la corruption furtive de sénateurs à la retraite et la question du doit-on ou pas exploiter le gaz de schiste…

Frustrée par le blanchiment continuel et le mensonge personnifiés par la Commission pour la Vérité et la Réconciliation, la Nation Mohawk souveraine de Grand River a commencé elle-même à déterrer les restes des enfants afin de “finalement leur donner une véritable sépulture et amener à la justice ceux qui les ont assassinés,” d’après l’ancien Mohawk et chef traditionnel Bill Squire.

Les indications initiales au premier jour des fouilles ont confirmé les rapports de témoins oculaires concernant les morts et enterrements de beaucoup d’enfants à l’école de Brantford et des tentatives de couvrir à la fois ces incidents et les dépouilles des victimes.

Ce qui nous amène à la plus récente déclaration faite à UBC. Tandis que le juge Murray Sinclair renforçait bec et ongles la vérité et la réconciliation, le professeur Neil Keating de l’université de l’état de New York, en tant que curateur et de concert avec l’artiste Mohawk R.G Miller, ont fait cette déclaration qui fut lue à la conférence d’UBC:

“Je suis R.G. Miller un artiste des Six Nations (Iroquoises) du territoire de Grand River et j’ai été placé au pensionnat du Mohawk Institute Indian Residential School (alias le trou à fange) à l’âge de 2 ans. On m’y a gardé durant les 11 années suivantes durant lesquelles j’ai fait l’expérience en première main, de ce qu’il se passait dans les pensionnats pour Indiens: les viols récurrents, la violence physique et psychologique, la mal-nutrition et la privation d’amour. Je suis devenu un artiste-peintre, mais je n’oublierai jamais ce qui m’est arrivé dans le Trou à Fange.

En 2008, j’ai finalement exprimé mes souvenirs dans mon art et avec la collaboration du professeur Neil Keating en tant que curateur, j’en ai fait une large exposition qui dit la vérité sur mon expérience et invite les autres survivants à dire la leur. Bien que l’exposition fut bien reçue par le public, l’État (incluant la commission TRC) l’a complètement ignoré ; quand nous avons tenté de voyager et d’exposer à travers le Canada, nous avons constaté que bien peu d’institutions ont manifesté le désir de l’héberger.

Quand nous avons envoyé une demande de soutien  à la TRC documentant l’exposition en tant qu’activité commémorative, cette demande fut mystérieusement égarée… Quand nous avons donné une présentation invitée de l’exposition et de sa signification à la Galerie Nationale d’Ottawa, on nous a demandé de quitter les lieux de manière impolie et nous avons été littéralement jeté dehors. Nous voyons en tout cela l’œuvre évasive du gouvernement.

Nous pensons que la Commission pour la Vérité et la Réconcilation (TRC) du Canada est une escroquerie et une honte nationale à la fois pour les peuples indigènes et pour les citoyens canadiens non-autochtones. Nous disons cela parce que nous ne voyons aucune preuve que la commission dit la vérité, ni même qu’elle pose la seule bonne et honnête  question qui compte de fait vraiment : Le programme des pensionnats Indiens au Canada était-il un programme de génocide ?

L’expérience et la recherche auxquelles nous avons accès soutiennent l’hypothèse du génocide et suggèrent une intention de détruire des groupes nationaux de personnes distinctes afin de saisir leurs terres, territoires, et leurs ressources. Nous suspectons que le résultat de cette TRC sera un compte-rendu tout aussi restreint qui ignorera la question honnête, tout comme elle a ignoré mon art.

Nous pensons que les résultats tronqués de la TRC sont symptomatiques d’un malaise national bien plus grand, qui perdure de manière non traité et empire. Nous n’en avons pas fini et nous sommes en train de chercher des voies alternatives afin d’amener tout ceci à l’attention nationale et internationale (NdT: La simple traduction de ceci est déjà une petite preuve de l’attention internationale que cela mérite…), Nous pensons que cette exhibition montre plus de vérité que la TRC est capable de soutenir. Nous invitons la commission à prouver que nous avons tort.”

Depuis la création de la TRC en 2009, moi-même et d’autres avons essayé de résumer et d’exposer cette farce chorégraphiée à l’échelle fédérale dans son financement et par ses distingués invités, et forçant les témoins des affaires de Winnipeg, Inuvik, Halifax, Port Albeni et Prince Albert de payer leurs propres dépenses inhérentes, aussi du comment les survivants sélectionnés sont entraînés à ce qu’ils doivent dire et comment, de ne pas nommer des gens particuliers des églises ou (que les cieux l’interdisent..), des figures gouvernementales ; comment la politesse forcée pour les témoins se passe tandis que les caméras des chaînes de TV nationales de la CBC tournent, comment la cruauté et la condescendence leurs sont montrées, répliquant ainsi le traumatisme chez les victimes plutôt que la “cicatrisation”. Au bout du compte:  des solutions ridiculement fades sont appliquées en cataplasmes sur notre histoire d’horreur nationale.

Le révérend Kevin Annett n’a que peu de temps à consacrer à ce non-sens total de la commission officielle du Canada. Il a vécu le sujet de son étude depuis 20 ans et il en a accumulé les cicatrices mentales, émotionnelles, financières et physiques pour le prouver. Il a fourni bien plus de documentation gratuitement aux contribuables canadiens dans ses trois livres et son documentaire primé à plusieurs reprises, que cette laborieuse compilation de 115 pages chétives de témoignages soigneusement censurés et produites pour la modique somme de 68 millions de dollars des impôts des citoyens canadiens, somme dépensée à cet effet par la TRC ces quatre dernières années.

Quant au témoignage artistique profond de R.G. Miller, il a été évoqué dans son excellente exposition (bien que supprimée), qui devrait être un point d’inflexion nationale pour nous tous, ensemble avec la voix du curateur, le professeur Neil Keating et leur déclaration phare concernant la véritable nature de cette farce jouée aux dépends du citoyen/contribuable canadien, nous ne pouvons que dire que les efforts de Kevin Annett ne peuvent pas être en meilleure compagnie.

Alors que j’écris ceci, Kevin Annett va retourner en Europe, dans l’extension continue d’une mission qui a dépassée le travail des neuf nations représentant la cour internationale de droit commun des citoyens, au Canada, en GB et à Rome, pour crimes contre l’humanité. Plus d’un pays européen a manifesté un intérêt, pays dont les cours de justice, avec une jurisprudence en Espagne, pourraient éventuellement faire écho des condamnations qui y ont eu lieu.

L’histoire nous enseigne qu’au travers de l’inertie et du manque de communication, les peuples sont lents à bouger. Mais tôt ou tard… Ils bougent toujours…

Colonialisme et génocide au Nouveau Monde: « A découvert: Génocide au Canada passé et présent » Introduction – 2ème partie –

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 23 septembre 2013 by Résistance 71

« Février 2008: Le gouvernement Harper déclare que, bien qu’ « un énorme nombre de morts » soit à déplorer dans les pensionnats pour Indiens, aucunes charges criminelles ne seront retenues contre les églises responsables de ces écoles.
11 Juin 2008: Sous une énorme pression, le premier ministre Steven Harper publie des ‘excuses’ officielles au sujet des pensionnats pour Indiens, tout en essayant de minimiser l’extension de la mortalité dans ces écoles en disant simplement que ‘certains y moururent’ ; mais d’autres leaders de partis réfèrent aux fosses communes retrouvées près des écoles. »

~ Kevin Annett ~ (« chronologie du crime: Génocide au Canada dans l’ère moderne)

 

A découvert: Génocide au Canada passé et présent (Introduction, 3ème édition 2010) ~ 2ème partie ~

(“Hidden No Longer: Genocide in Canada Past and Present”)

 

1ère partie

 

Kevin Annett

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

2ème Partie

 

Le génocide en tant qu’idéal religieux: La chrétienté en pratique

“Si le non-croyant ne se repent pas, c’est le devoir et la tâche de l’église de sauver la communauté en expulsant l’hérétique du monde par la mort” (St Thomas d’Aquin, 1267)

Il n’y a qu’une et une seule sainte église catholique en dehors de laquelle il n’y a aucun salut. Les épées spirituelle et matérielle sont dans les mains de l’église. Il est donc nécessaire pour le salut de toute créature de se soumettre au romain pontife.” (Pape Boniface VIII, 1302)

Envahir, rechercher, capturer, vaincre et soumettre tous les sarazins et païens quels qu’ils soient et les autres ennemis du Christ où qu’ils soient… et réduire leurs personnes à l’état d’esclavage perpétuel…” (Bulle papale Romanus Pontifex, 1455, autorisant la conquête du monde non-chrétien)

La “Chrétienté” est la théorie et la pratique de l’empire universel chrétien qui veut que toute l’humanité doit se trouver sous l’autorité de la papauté romaine ou périr. Comme toute “novlangue” tyrannique, le terme est une version raccourcie de sa signification pleine:

Note du traducteur: Nous devons ici indiquer l’anglais pour une meilleure compréhension sur les mots. Chrétienté en anglais se dit “christendom”, contraction de “christian domination” ~

La racine du “dom” dans le cas présent devient très importante, cela provient du terme “domanus” ou “celui qui subjugue”, le mot latin “dominium” était généralement appliqué à toute partie qui avait conquis une autre, incluant la notion romaine de déité, de propriété et de loi. Ainsi, “domini”, ou dirigeant sacré, s’applique à dieu en tant qu’être conquérant qui règne par la force, le “dominion” est le régime légal établi par un conquérant, etc…

Dans le monde romain dans lequel le christianisme est né, la conquête donnait au vainqueur le pouvoir et la propriété absolus sur les conquis et ce qui avait été conquis, qui perdaient ainsi leur statut, leurs droits, propriétés et terres et étaient réduits en esclavage perpétuel. Ainsi, lorsque l’église chrétienne parvint à obtenir le pouvoir politique et devint un état, elle s’arrogea la domination absolue sur les personnes, croyants ou non-croyants.

Cette suprématie était bien sûr fictive et fut renforcée par un document forgé connu sous le nom du “don de Constantin”, par lequel ce dernier avait été supposé avoir transféré les terres et l’autorité politique de l’empire romain à l’église catholique et son pape Sylvestre 1er au IVème siècle.

Le document fut en fait écrit au IXème siècle, mais sa forgerie n’empêcha pas la papauté de l’utiliser pour justifier sa prise de pouvoir sur tous les royaumes du monde: spécifiquement alors que la papauté cherchait à étendre son contrôle sur son adversaire principal, l’empire romain oriental et son église orthodoxe, juste avant la première croisade du XIème siècle.

Utilisant la “libération” de la terre sacrée de l’islam comme prétexte de cette invasion, la papauté lança sa première entreprise génocidaire avec la déclaration d’indulgence du pape Urbain pour tous ceux qui attaquaient les”sarazins et les païens”  ennemis de l’église en l’an 1095. Se reposant sur les mêmes lois et justifications qu’elle utilisera des siècles plus tard pour conquérir le nouveau monde, l’église stipula que tous les crimes commis durant les croisades seraient absous et les perpétrateurs spirituellement purifiés par leur conquête des non-croyants.

Les autorisations papales de conquêtes guerrières furent abondantes après le précédent de la 1ère croisade. Soixante ans plus tard, en 1155, le seul pape anglais, Adrien IV, émit une bulle connue sous le nom de Laudabiliter, qui autorisait l’invasion et la conquête de l’Irlande par le roi d’Angleterre Henri II.

Dans un scenario identique à celui que sera plus tard celui qui piègera les nations indigènes des Amériques, le roi Henri justifia de son invasion d’un peuple “libre et innofensif” en “découvrant” que les Irlandais avaient besoin des “bénéfices de la civilisation et de la réforme de leur religion”, pour laquelle ils perdraient volontairement leur indépendance. Comme toute terre chrétienne était dite propriété de la papauté, Henri devait avoir la permission du pape avant d’envahir “son” territoire.

Similairement, 50 ans après Laudabiliter, le pape Innocent III lança la croisade contre les Albigeois en 1209, croisade contre des dissidents de l’église, les Cathares du sud-ouest de la France. Plus de 10 000 personnes furent massacrées par les armées du pape.

Le génocide chrétien en Europe alla grandissant après l’holocauste des Cathares. Un an après la fin de la croisade anti-Albigeois en 1227, la pape Grégoire IX établit la première cour de justice inquisitoriale en Europe pour essayer d’éliminer les dissidents chrétiens. L’utilisation de la torture par ces cours fut autorisée par des lois papales en 1252. En 1326, la mission de l’inquisition fut élargie à la persécution des “sorcières” et le plus grand massacre de masse pré-colonialisme commença, au cours duquel des millions de personnes, la plupart des femmes, perdirent la vie entre les mains de l’église.

Au XVème siècle, l’église était à la recherche de nouvelles terres et de gens à conquérir et avec la découverte portugaise de l’Afrique commença l’effort génocidaire de la papauté le plus dévastateur. En 1455, dans sa bulle papale Romanus Pontifex, le pape Nicolas V autorisa que toutes les terres non chrétiennes et tout royaume de part le monde fussent conquis, leurs peuples mis en esclavage par les rois chrétiens.

La bulle suivante du pape Alexandre VI en 1493 Inter Catera, divisa le monde entier entre l’Espagne et le Portugal et nia l’autorité de tous les royaumes ou autres autorités sur ces terres, ces actions étaient fondées sur un principe fondamental: le pape possédait déjà ces terres par droit divin tout aussi bien que par Le “don de Constantin” et sa fiction légalisée et qu’il pouvait donc assigner ces terres à qui il le désirait dans la mesure où les non-chrétiens avaient de facto perdu leurs droits à leurs terres et à eux-mêmes par le simple fait que des chrétiens les avaient “découverts”.

Cette soi-disante “doctrine de la découverte” deviendra éventuellement la base de toute la conquête et de l’occupation du Nouveau Monde par l’Europe et est toujours aujourd’hui maintenue dans les cours de justice nord-américaines pour justifier le vol des terres autochtones. Un tel processus de négation des peuples non-chrétiens était fondé sur l’ancienne pratique légale romaine appelée “Res Nullius” ou “propriété de personne”.

Avant d’envahir une terre étrangère, les agents légaux de l’empereur romain déclaraient que la terre était “nullius” ou dénuée de propriétaire, afin de l’ouvrir à la conquête et au vol/pillage par Rome. Les ennemis de Rome étaient donc déclarés des non-entités politiques, légales, des “non-personnes”, dont la terre vacante pouvait être occupée comme bon semblait.

L’église chrérienne du XVème siècle a étendu cette notion de manière plus large à tout non-chrétien, de façon à ce que sous la doctrine légale établie par les hommes de loi de la papauté comme “Terra Nullius” ou “terre de personne”, “tout mécréant, païen, infidèle ou personnes non baptisées” étaient “nullifiés”, privés d’identité politique et légale et leurs terres mise sur le “marché de la découverte”, de la conquête et d’acquisition nouvelle pour les rois européens sous l’autorité du pape.

Ainsi furent exterminées des dizaines de millions de personnes indigènes à travers le monde, au cours du plus grand génocide de l’histoire de l’humanité, mené et légitimé par l’église de Rome et ses cousins protestants. Clairement, ce crime énorme était une excroissance directe des enseignements et des pratiques fondamentaux de la chrétienté (christendom), et pour cette raison, ce ne fut pas considéré comme criminel ni mal. En tant qu’ennemis nullifiés d’une guerre sainte, les peuples non-chrétiens acquérirent une humanité partielle seulement une fois qu’ils s’étaient soumis à leur destin de conquis et furent mis en esclavage: une réalité qui continue jusqu’à aujourd’hui.

Génocide chrétien dans le Nouveau Monde et au Canada

Ce fut la pratique courante et délibérée de nos moines que de prendre les bébés des sauvages, de les baptiser avant que leurs petites têtes et boîtes crâniennes ne fussent éclatées sur le sol, ainsi ils pouvaient aller au paradis et ne pas resombrer dans la mécréance” ~ (Bartolomeo de Las Casas dans “Une brève histoire de la dévastation des Indes occidendales”, 1542) ~

Il est important qu’il n’y ait pas de paix du tout entre nos frères Hurons et leurs voisins, car ceci est requis pour la foi et le commerce des fourrures.” ~ (Jean de Brebeuf, missionnaire jésuite en Nouvelle France, Canada, 1642) ~

L’Espagne était la super-puissance mondiale au XVIème siècle et sa domination du commerce mondial et la découverte récente du nouveau monde de l’hémisphère occidental, força les autres nations vers la périphérie de cet immense massacre et saisie de terres connus sous le nom de “l’âge de la découverte”. En réalité, ceci fut l’âge de l’impérialisme chrétien, se produisant de concert avec d’immenses guerres de religions entre catholiques et protestants en Europe qui débordèrent sur le Nouveau Monde.

Des nations émergentes comme l’Angleterre furent poussées vers le nord par l’Espagne et son hégémonie, dans ce que sont aujourd’hui le Canada et le nord-est des Etats-Unis, où les pêcheries et le commerce des fourrures devinrent aussi lucratifs que l’or d’Amérique du sud. Le roi Henri VII d’Angleterre donna à l’explorateur John Cabot une charte pour conquérir “mécréants et sauvages” de la même manière que les bulles papales, mais l’invason des territoires du nord fut considérablement ralentie à cause de la rivalité avec les Français.

Vers l’an 1600, quand les Espagnols eurent quasiment détruit la vaste majorité des peuples Maya et Aztèque et massacrèrent plus d’un million de natifs Caribs, Arawaks et autres indigènes des îles (des Caraïbes) qu’ils forcèrent en esclavage dans leurs mines d’or et d’argent, la France et l’Angleterre quant à elles, avaient juste commencé à prendre pied sur les côtes orientales et au nord du continent.

Ceci ne fut pas par manque d’essayer. Quand l’explorateur français Jacques Cartier rencontra en premier les pacifiques indigènes Miq’maq (NdT: qui existent toujours dans les provinces de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau Brunswick et du Québec) dans la province actuelle du Nouveau Brunswick en 1534, son équipage lui suggéra de faire tirer le canon avec des salves de soufre, de plomb, de verres brisés et de cailloux (mitraille improvisée). Puis les Français attaquèrent leurs villages et demandèrent aux survivants toute leur richesse et leurs femmes.

Une telle attitude “civilisée” n’empêcha pas Cartier de commenter:

Ces gens peuvent être appelés sauvages, car ils sont les plus pauvres de la terre: ensemble, ils n’ont pas la valeur de cinq sous entre eux. Et pourtant, ils partagent tout ce qu’ils ont avec les autres et vivent dans une véritable communauté de biens. Ils sont complètement étrangers à toute notion de propriété et tout ce qui appartient à l’un appartient tout aussi bien à l’autre… Ils sont sûrement de meilleurs chrétiens en ce sens que nous ne le sommes.” ~ (cité dans “Founding of Canada des débuts à 1815”, Stanley Ryerson, 1960) ~

Et de fait, ce fut précisément leur manière ressemblant à celles du Christ qui en fit la cible pour l’extermination par l’église chrétienne. Les Indiens étaient considérés comme des “hérétiques” refusant d’être chrétiens. Aussi tôt qu’en 1509, un éminent juriste européen du nom de Martin Fernandez de Encisco avait déclaré:

Le roi d’Espagne a tous les droits d’envoyer ses hommes dans les Indes occidentales pour demander à ces idolâtres de lui remettre leurs terres parce qu’il les a reçu du pape. Si les Indiens refusent, il peut en toute légalité les combattre, les tuer, les mettre en esclavage, car en tant qu’incroyants, il n’ont rien de plus que n’importe quel hérétique.” (”Suma de Geografia Que Trata de Todas Las Partidas del Mundo”, 1518)

Légalement et moralement, quiconque en dehors de l’église catholique et romaine était placé dans la même catégorie de nullius par l’église, dénué de droits, de nationalité ou d’existence, par le simple fait qu’il était dans un état de pêché mortel du fait de ses différentes croyances. Ainsi, tous les groupes de missionnaires de l’église qui étaient envoyés parmi les indigènes des Amériques (tout comme en Asie et en Afrique) étaient toujours accompagnés d’au moins un “saint inquisiteur” qui avait le pouvoir de traduire en justice et de condamner à la torture et à la mort tout non chrétien parmi les Indiens.

Sous les jougs espagnol et français, les cours de l’inquisition furent souvent de rigueur pour traduire des Indiens en “justice”. Il y eut plus de 900 procès pour hérésie contre des Indiens au Mexique au XVIème siècle. Dans un de ces “Auto da Fe” (ou “acte de foi”, le nom formel de l’inquisition), qui s’est tenu au Mexique en 1570, plus de 3 800 Indiens furent condamnés, pendus ou brûlés vifs pour “hérésie”.

Un tel terrorisme religieux n’était pas moins actif dans les terres saisies par l’Angleterre, la France ou la Hollande au nord de l’Amérique espagnole.

Par exemple, après l’arrivée des premiers jésuites en Nouvelle-France (maintenant le Québec) en 1611, cet ordre religieux déclara une guerre ouverte aux nations indiennes alliées avec le rival anglais et même aux nations autochtones neutres, comme les Algonquins. En tant qu’investisseurs majeurs dans le commerce de la fourrure, les jésuites protégèrent leurs profits en éliminant les nations indiennes qui dérivaient des fourrures dans les mains anglaises. Ainsi, dès 1640, les jésuites étaient d’accord avec un plan du gouverneur Montmagny de la Nouvelle-France pour chasser et exterminer tous les Algonquins non-chrétiens.

Les missionnaires jésuites “en robe noire” diffusèrent la variole, les armes à feu et l’alcool parmi les tribus algonquines de l’est du Canada de manière si efficace qu’environ les trois-quarts de celles-ci furent anéantis en moins d’une génération. La maladie se répandit aux tribus voisines, ce qui eut pour résultat que même les alliés des Français comme les Hurons, furent gravement atteints de dépopulation et furent virtuellement exterminés vers l’an 1700.

Les Anglais également utilisèrent la guerre bactériologique comme arme principale contre les nations indiennes hostiles, comme décrit par le général anglais Geoffrey Amherst en juillet 1763, dans une lettre à un des ses subordonnées au sujet des indiens locaux Miq’maqs:

Vous feriez bien d’essayer d’inoculer les Indiens (avec la variole) en utilisant des couvertures contaminées, ainsi que d’essayer toute autre méthode qui pourrait servir à extirper cette race exécrable. Je serai très heureux si votre plan pour les chasser et les traquer au moyen de chiens de chasse pouvait voir le jour… Je choisirai plutôt la liberté de tuer tout sauvage venant de votre côté, que d’être toujours dans le doute de savoir s’ils sont amis ou ennemis…” ~ (http://nativeweb.org/pages/legal/amherst/lordjeff.html )

Note du traducteur: Ce général anglais Amherst s’est vu octroyer des noms de rues… et de villes, nommées après lui au Nouveau Brunswick, en Ontario et en Nouvelle-Ecosse jusqu’à aujourd’hui !!…

En 1749, la législature de Nouvelle-Ecosse passa une série de “proclamations de scalpage”, qui récompensaient de la somme de 10 livres sterling quiconque délivrerait le scalp d’un homme Miq’maq à un magistrat local. 5 Livres Sterling étaient offertes pour le scalp d’une femme ou d’un enfant…

Note du traducteur: La suite de cette section donne de nombreux exemples jusqu’à l’établissement de la loi raciste et d’apartheid sur les Indiens (Indian Act) de 1876 au Canada.

En cloture de cette section du livre, Annett pose cette question vitale à laquelle il répondra dans la suite du livre:

~ Pourquoi ? Comment se fait-il que le Canada et ses églises (catholique et protestantes) ont-ils été capables de perpétrer un tel génocide légal sur des nations autochtones depuis si longtemps ? Et ce sans crainte d’être poursuivis dans des cours internationales de justice, spécifiquement après la seconde guerre mondiale et l’établissement de la convention de l’ONU sur le génocide et autres codes des droits de l’Homme ? ~

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Biographie du révérend Kevin Daniel Annett

Secrétaire de la Commission sur la Vérité sur le Génocide au Canada (établie le 3 Septembre 2000 à Vancouver, Colombie Britannique, d’un mandat provenant du tribunal IHRAAM, tribunal sur les pensionnats indiens du 12-14 Juin 1998 à Vancouver)

Auteur des ouvrages: “Hidden from History: the Canadian Holocaust” (Février 2001) et “Love and Death in the Valley” (Novembre 2002)

Né à Edmonton (Alberta) en 1956, a grandi à Winnipeg et à Vancouver

Education et expérience professionnelle :

– Bachelor of Arts (B.A) de l’université de Colombie Britannique UBC en 1983

– Masters of Arts (M.A) en Sciences Politiques UBC, 1986

– M.Div de l’école de théologie de Vancouver, 1990

– Consortium des ministères religieux natifs, 1993

– Conseiller et organisateur communautaire 1976-1990

– Ordonné prêtre de l’United Church of Canada (Église Unifiée du Canada), 1990 (NdT: Combinaison œucuménique de quatre églises protestantes: église méthodiste, église congrégationnelle, église presbytérienne et église évangélique, fondée en 1925, travaillant avec l’église catholique.)

– Prêtre rural Manitoba, 1990-91

A servi comme directeur du programme du ministère urbain et comme chapelain à la mission Fred Victor de Toronto, 1991-92

– Appointé comme prêtre de l’église unifiée de St Andrew’s à Port Albeni en Colombie Britannique en juillet 1992. Triple le volume de sa paroisse et sert jusqu’à son licenciement sans raison ni préavis le 23 Janvier 1995, après qu’il ait dénoncé et prouvé l’existence de meurtres multiples et de vols de terres autochtones par l’Eglise Unifiée du Canada. Il sera subséquemment excommunié sans aucun procès ni audition en Mars 1997.

– Ordonné prêtre de l’église de la communauté coopérative en décembre 1995

– Conseiller et archiviste, des cercles de la repentance sur les pensionnats aborigènes de Vancouver de 1996 à aujourd’hui.

– A organisée l’IHRAAM, tribunal pour les pensionnats canadiens sous les auspices des Nations-Unies les 12-14 juin 1998 à Vancouver, a servi comme conseiller, écrivit et publia le rapport final du Tribunal.

– Fonda le Commission pour la Vérité sur le Génocide au Canada en Septembre 2000

– Conférencier pour les études canadiennes au collège Langara de Vancouver depuis septembre 2000

– A créé et est l’hôte de l’émission de radio “Hidden from History”, un programme des droits de l’Homme et d’affaires publiques, diffusé sur la radio coopérative de Vancouver de février 2001 à aujourd’hui.

– Actuellement prêtre de l’église pour tous, communauté religieuse sans dénomination, unissant les populations natives indiennes et blanches de Vancouver.

Source:

http://canadiangenocide.nativeweb.org/kevin_bio.html

 

 

Colonialisme et génocide au Nouveau Monde: « A découvert: Génocide au Canada passé et présent » Introduction – 1ère partie –

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“La révolte métaphysique est le mouvement par lequel l’Homme se dresse contre sa condition et la création toute entière. Elle est métaphysique parce qu’elle conteste les fins de l’Homme et de la création. L’esclave proteste contre la condition qui lui est faite à l’intérieur de son état ; le révolté métaphysique contre la condition qui lui est faite en tant qu’Homme.” ~ Albert Camus ~

“L’idée de dieu implique l’abdication de la raison et de la justice humaines, elle est la négation la plus décisive de l’humaine liberté et aboutit nécessairement à l’esclavage des hommes, tant en théorie qu’en pratique… Toutes les religions sont cruelles, toutes sont fondées sur le sang, car toutes reposent principalement sur l’idée du sacrifice, c’est à dire de l’immolation perpétuelle de l’humanité à l’inextinguible vengeance de la divinité.” ~ Michel Bakounine ~

Présentation de la traduction du livre de Kevin Annett

 

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A découvert: Génocide au Canada passé et présent (Introduction, 3ème édition 2010) ~ 1ère partie ~

(“Hidden No Longer: Genocide in Canada Past and Present”)

 

2ème partie

 

Kevin Annett

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Introduction: Qu’est-ce qu’un génocide, quelle en est l’origine ?

Lorsque dieu vous mène dans cette terre que vous pénétrez pour la posséder et expulser de nombreuses nations… vous devez les détruire totalement.” (Deutéronome 7 : 1-2)

L’éradication des peuples étrangers est une bonne et juste chose, méritoire et divinement honorable.” (Sir Francis Bacon, chancelier de l’Angleterre 1561-1626)

“Génocide”, le terme provient du grec ancien et veut dire “tuer un peuple”. Le terme fut inventé par un réfugié polonais du nom de Raphaël Lemkin, qui perdit 50 membres de sa famille dans les camps de la mort nazis après s’être échappé aux Etats-Unis.

Lemkin était un juriste qui aida à parfaire la déclaration de Nüremberg et les conventions des droits de l’Homme post-seconde guerre mondiale, incluant la souvent citée mais rarement mise en application Convention des Nations-Unies sur le Crime et le Génocide de 1948. Il avait une vue très large du crime en question.

Dans son livre écrit en 1944, “La règle de l’axe dans l’Europe occupée”, Lemkin écrivait:

De manière générale, le génocide ne veut pas nécessairement dire la destruction immédiate d’une nation, sauf quand cela est fait par le meurtre de masse de tous les membres d’une nation. C’est plutôt une intention de signifier un plan coordonné d’actions différentes ayant pour but la destruction des fondations essentielles de la vie de groupes nationaux, le tout ayant pour but d’annihiler les groupes eux-mêmes.

Pour Lemkin, tout ce qu’un groupe de personnes conquérant fait aux personnes conquises et qui essaie de provoquer leur éventuelle éradication est génocide, incluant l’interdiction de pratiquer une langue, de déranger les schémas familiaux normaux, ou de placer les enfants des personnes conquises dans d’autres foyers afin qu’ils oublient qui ils sont.

De manière évidente, ce type de largesse dans le crime a causé un gros problème potentiel dans les nations conquises par les nazis, incluant le Canada et les Etats-Unis, qui pendant des siècles ont pratiqué ce type d’éradication culturelle contre les nations autochtones indiennes à travers le continent d’Amérique du Nord.

De manière prévisible, la compréhension au sens large du génocide par Lemkin ne survécut pas les réalités politiques de l’après-guerre. Grâce au zèle des diplomates canadiens et américains et la pression qu’ils mirent sur l’ONU, le génocide fut redéfini comme étant principalement le meurtre physique d’un peuple.

[…]

La vérité est que le crime de génocide a émergé de la fabrique religieuse et philosophique de la culture européenne et débuta avec la montée de l’empire chrétien ou Chrétienté, au IVème siècle.

La culture qui a rendu possible les camps de la mort nazis n’était pas seulement locale et occidentale, mais fut un résultat… de ses traditions religieuses fondamentales, qui insistent sur la division dichotomique de l’humanité entre les élus et les voués à la damnation” (Richard Rubenstein)

Les “traditions religieuses” auxquelles se réfère Rubenstein ont émergé de la culture gréco-judéo-chrétienne, qui mettait en équivalence la foi d’un individu et la vertu de la conquête et de la destruction des autres. Ses deux racines principales se trouvent dans la bible hébraïque et la philosophie grecque, qui furent toutes deux essentielles dans la fondation de l’établissement du christianisme et de ses églises.

Dans la bible de l’ancien testament le dieu Yaveh ne peut pas tolérer les autres dieux ou croyances ou les gens qui les professent et il instruit ses dévôts de détruire de telles personnes (Deuteronome 7). De fait, dans la tradition biblique, l’intégrité spirituelle et la pureté ne sont possibles que par la violence faite contre les autres croyances, puisque la co-existence avec d’autres religions constitue un acte apostat ou de trahison de sa propre foi. De plus, cette attitude a aussi pour origine une croyance plus basique au sein du judéo-christianisme qu’on ne peut être sacré ou sanctifié, qu’à travers l’offrande du sang d’un autre. Dans cette tradition, la sanctification est un acte violent, provenant d’une pratique tribale ancienne de “séparation et de purification” (qadash en hébreu) d’un animal ou d’une personne afin de le/la sacrifier aux dieux.

Bref, le sacré existe par le rituel du sacrifice des autres.

Sans compréhension de ce paradigme essentiel de la culture occidentale, nous ne pouvons pas saisir les bases religieuses et psychologiques du génocide dans notre histoire ainsi que l’emprise qu’il continue d’exercer sur nos esprits et nos pratiques. En fait, de ce concept fondamental est née toute pratique génocidaire.

Ce mélange de “sacré”, de rituel sacrificiel et de meurtre est profondément ancré dans la pensée occidentale. De fait, même le terme utilisé pour le soi-disant “peuple élu” de dieu dans l’ancien testament est “qadar”, ayant la même racine que le mot sacrifice: “car vous êtes un peuple sacré (qadar) pour dieu” (Deuteronome 7:6): en fait, un peuple entier est rendu sacré en le séparant et en le préparant pour le sacrifice.

De manière évidente, dans une culture qui fait du rituel de la purification et de la sanctification les compères inséparables du meurtre rituel et du sacrifice, le meurtre et l’action divine seront également indiscernables et quoi que ce soit qui est pur et innocent sera candidat à l’extermination.

La fait que le christianisme a créé un énorme substitut au sacrifice dans le symbole de Jesus Christ n’a pas diminué le pouvoir et mis en suspend ce concept de mettre sur le même pied d’égalité la purification spirituelle et le meurtre. Ainsi, de fait, avec la substitution plus avant de l’église catholique pour le Christ et de la mise en équation de l’un et l’autre, la pratique de se rendre soi-même ou son peuple “sacré” au travers le massacre des autres prend alors une toute autre dimension.

L’exemple le plus frappant de tout ceci fut exprimé par la doctrine papale de “l’indulgence”, qui vît le jour au soir de la première croisade de 1095. Le pape Urbain déclara que tout acte de violence, de meurtre ou de conquête commis par ceux qui étaient au service de dieu, c’est à dire de l’église, restaurait le perpétrateur dans un état de “grâce originelle” et le libérait de tous pêchés. Comme dans les croyances hébraïques, quelqu’un était sanctifié au travers du meurtre sacrificiel des autres.

Selon Williston Walker (historien américain de l’église chrétienne, qui publia “Une histoire de l’église chrétienne” en 1918):

“L’indulgence fut comprise de manière commune comme étant un moyen d’effacer les anciens pêchés et de restaurer la personne dans un état d’innocence spirituelle… longtemps avant qu’il n’acquiert sa fonction de financer la papauté. Dans son essence, cela fut vu comme un acte de purification.” (extrait de “A History of the Christian Church”, 1918)

Cette notion que partir en croisade était une forme de sanctification et de purification spirituelle fut transférée à toute conquête autorisée par l’église, ce incluant le colonialisme du XVIème siècle et au delà. La conquête de peuples non-chrétiens (étiquetés “Sarazins et païens”), qui fut sanctionnée et rendue légale par les bulles papales Romanus Pontifex (1455) et Inter Catera (1493- NdT: bulle du Pape Alexandre VI, dite de la “doctrine de la découverte”, qui a cautionnée l’appropriation des terres du nouveau monde par Colomb et autres…), tombe sous les lois légitimant les croisades et dès le départ fut conçue comme une sanctification massive de toute la chrétienté.

Le génocide, en bref, était une bonne chose pour les âmes des chrétiens d’Europe et pour tous ceux qu’ils conquéraient, en accord avec la compréhension papale des lois. Cette croyance fut renforcée non seulement par la soif de nouvelles terres, d’or et de puissance qui accompagnait chaque missionnaire, mais aussi par la base philosophique fondamentale de la culture européenne dans son entièreté, depuis les Grecs anciens et spécifiquement la philosophie aristotélicienne.

Aristote, qui fut un des pères philosophiques du christianisme et dont les croyances façonnèrent celles de St Augustin et Thomas D’Aquin, ainsi que de bon nombre de théologiens de l’église, enseignait que l’humanité était naturellement divisée en des classes inhérentes supérieure et inférieure de personnes et que le devoir et la nature profonde des forts étaient de régner et de subjuguer les faibles. De plus, cette domination était aussi morale dans la mesure où les forts étaient par nature plus vertueux que les faibles ; ces derniers n’étant pas en position de questionner ou de défier leur subordination.

Combinée avec une religion chrétienne qui met sur le même plan sa propre santé spirituelle avec la conquête et le massacre des autres, cette notion de supériorité naturelle et de vertu des plus forts ont produit un monstre que l’universitaire Cherokee Steven Newcomb a nommé “la souveraineté chrétienne supérieure”: la croyance et la mise en pratique que les chrétiens ont une suprématie inhérente sur les non-chrétiens, dont les droits sont diminués et annulés par le simple fait qu’ils ne sont pas des croyants en Jesus Christ !

Citons Steven Newcomb à ce sujet de son livre “Païens en terre promise”, 2008:

“Des mots mêmes du juge de la cour suprême Joseph Story, qui réaffirma ce que les siècles avaient expliqué sur la supériorité chrétienne en ces termes: ‘En tant qu’infidèles, païens et sauvages, les Indiens n’ont pas le droit de posséder les prérogatives et les droits qui appartiennent aux nations souveraines, absolues et indépendantes.

Si cette croyance de la primauté des chrétiens sur les “païens” a causé la dépossession et le génocide de millions d’autochtones dans le monde, ses racines sont profondes dans la culture chrétienne européenne et spécifiquement avec la chrétienté: cette synthèse fatale de l’église de Rome avec l’empire romain qui se produisit au IVème siècle.

Le christianisme tel que nous le connaissons, une religion promue et protégée par l’état ayant un statut légal et entrepreneurial, n’existait pas avant l’année 312 après J.C, lorsque l’empereur romain Constantin annula les lois prohibitives contre les chrétiens. En vérité la religion chrétienne n’est pas une création de Jesus Christ mais de Constantin, qui inventa cette entité appelée l’église romaine catholique lorsqu’il lui accorda une incorporation légale en l’an 317. Depuis lors, les évêques de l’église devinrent les conseillers impériaux et les fiduciaires, l’armée romaine marcha sur les champs de bataille sous le soi-disant emblème chrétien, symbolisant l’union de l’église et de l’empire.

De manière réaliste et factuelle, le christianisme est né au IVème siècle à Rome et non pas 300 ans auparavant en Palestine. Ce fait est aussi suggéré par l’absence de toute preuve archéologique ou littéraire de Jésus ou de son mouvement, de la référence continuelle des historiens qu’ils soient chrétiens ou “païens”, à la “naissance” de l’église sous Constantin et de l’émergence de la bible en latin vulgarisé seulement aprés l’établissement de l’église constantinienne, qui deviendra plus tard le Vatican.

Peut-être encore plus convainquant est le fait que l’église de Rome et toutes les églises chrétiennes depuis lors, ont répudié activement les enseignements vitaux de celui qu’on appelle Jesus de Nazareth, prônant la non-violence et l’amour de son ennemi, en faveur de l’éthique impériale de la “guerre juste”, mise au point par l’évêque Augustin dans les décennies juste après Constantin. Ce rejet du Christ par le catholicisme romain est symbolisé par l’adoption précoce par l’église d’une image officielle d’un Christ assassiné, cloué sur une croix et qui fut mis en évidence dans tous les endorsements papaux de guerres saintes de conquête et d’extermination qui s’ensuivirent.

Considérant son origine comme l’aile d’un empire, il n’est pas vraiment surprenant de constater que l’église catholique romaine devint cet empire alors que Rome déclinait au Vème siècle. De cette manière, l’église hérita non seulement des termes et des symboles de l’empire romain, mais aussi de la philosophie sus-mentionnée de la domination supérieure chrétienne et sa “sanctification par le massacre” des traditions gréco-hébraïques, armée maintenant de tous les moyens d’un empire.

Dès les années 401-417, le chef de l’église de Rome, le “pape” Innocent 1er, déclara que la papauté était le chef suprême de toute autorité mondiale et qu’à ce titre, pouvait établir et disposer de tout gouvernement, conquérir tout royaume et régner sur tous les humains de la terre, qu’ils soient chrétiens ou non.

Une force mortelle avait fait son apparition dans le monde: un empire imbu d’auto-justification divine, clâmant une autorité absolue et totale sur l’ensemble de l’humanité et croyant qu’elle était supérieure à toutes autres fois et était de la sorte sanctifiée par la conquête et la destruction de ces dernières. Ce fut cette force, connue sous le nom de chrétienté qui formula et mit en application ce fléau connu sous le vocable de génocide européen.

A suivre…

Société contre l’État: De l’origine du génocide (Introduction au livre de Kevin Annett « Hidden no Longer: Genocide in Canada past and present »)

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“La colonisation est la civilisation… Si nous, la race supérieure, prenons les terres des autres races, nous devons complètement détruire les habitants précédents” ~ Edward Bulwer-Lytton, co-fondateur de la province de Colombie Britannique au Canada et membre de l’assemblée législative, 1868 ~

“Je vais peut-être devoir employer la ‘solution du Colorado’ et ordonner à tout homme blanc de tuer tout Indien dans sa province.” ~ Frederick Seymour, premier ministre de la Colombie Britannique, 1868 ~

« A découvert: Génocide au Canada passé et présent », Introduction, 1ère partie

« A découvert: Génocide au Canada passé et présent », Introduction, 2ème partie

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Société contre l’État: L’origine du génocide ou la fonctionnalité du pacte originel entre le prêtre, le guerrier et le juge

 

Résistance 71

 

18 Septembre 2013

 

En 2008, le gouvernement Harper du Canada fut contraint d’annoncer à la fois des “excuses” aux survivants des pensionnats indiens et la création d’une “Commission sur la Vérité et la Réconciliation”. Ceci ne vint pas du plein gré d’un État repentant, mais fut le résultat toujours bien insuffisant, d’une longue campagne pour la vérité sur le génocide des Indiens du Canada depuis l’arrivée de l’homme blanc et de l’église sur le sol nord-américain.

A la pointe de cette lutte pour la vérité se trouve un ancien révérend de l’Église Unifiée du Canada, Kevin Annett, qui pour avoir remué la fange des turpitudes et des crimes contre les nations indigènes résultant du pacte entre l’église (catholique et protestante) et l’État, fut excommunié sans autre forme de procès en 1997. Prenant ses fonctions de prêtre dans la paroisse de Port Albeni en Colombie Britannique (Côte Ouest du Canada) en 1993, il reçut, alors qu’il essayait de rapprocher les communautés blanche et native l’une de l’autre, un certain nombre de témoignages au sujet d’exactions, de crimes et de disparitions ayant eu lieu dans le pensionnat pour Indiens de l’endroit. L’horreur qu’il découvrit fut amplifiée par le fait de la complicité évidente de sa propre hiérarchie cléricale, des autorités locales et fédérales. Annett allait mettre à jour au fil des années, les crimes d’un système qui ne furent pas isolés, mais programmés et contrôlés à l’échelle nationale.

Au début de 2007, Annett diffusa largement un documentaire qu’il avait réalisé sur le sujet des décès massifs des enfants, adolescents autochtones dans les pensionnats: “Unrepentant”. Ceci fut suivi par l’appel d’un parlementaire indien Gary Merasty pour la rapatriation des restes des enfants enterrés dans des tombes secrètes et dans les paroisses, dans leur nation d’origine.

Le taux de mortalité par exposition volontaire à des maladies contagieuses comme la tuberculose, ou résultant de violences physiques et sexuelles dans les pensionnats d’état ou religieux fut de l’ordre de 45-50% entre 1893 et 1996 (date de la fermeture du dernier de ces lieux d’horreur). L’estimation des décès dans cette même période est de 50 à 100 000 enfants, incluant les disparus qu’on ne revit jamais…

Kevin Annett écrivit un livre documentant ces atrocités: “Hidden no Longer: Genocide in Canada past en present” (2001, troisième édition: 2010).

Venant d’un prêtre, Annett dresse un effroyable portrait sans complaisance pour les églises chrétiennes et l’état provincial et fédéral. Nous avons traduit l’introduction de son livre que nous publierons en seconde partie, introduction qui nous révèle les origines greco-judéo-chrétienne du génocide, préconisé dans toute mission coloniale comme les bulles papales de 1455 et 1493 le démontreront.

Le contenu de ce que vous allez lire n’est pas seulement choquant, il est révélateur de la collusion oligarchique aux plus hauts niveaux de la société occidentale quelle soit religieuse ou séculière. Nous voyons en ce texte un puissant antidote contre la dissonnance cognitive, le refus souvent d’admettre la réalité des faits lorsque cela dérangent nos certitudes, nos concepts et notre bien-pensance souvent illusoire et hypocrite.

Laissons la parole à Kevin Annett qui en parle bien mieux:

La destinée et le choix personnel m’ont forcé non seulement à écouter ces témoignages, mais aussi à donner une plateforme d’expression à ces centaines, ces milliers de voix d’hommes et de femmes autochtones dont vous allez lire les histoires d’horreur dans ces pages. Le résultat de ceci fut que le visage du Canada changea à tout jamais.

Mais ceux que vous n’entendrez pas sont les plus de 50 000 enfants qui sont morts des coups, des famines induites, des viols, des tortures ou d’avoir été délibérément exposés à la tuberculose et qui ont été laissés à tousser et cracher leur vie dans la promiscuité et la terreur, tout cela aux mains d’hommes et de femmes, chrétiens, qui n’ont jamais été poursuivis pour leurs crimes.

Ces enfants assassinés gisent dans des tombes oubliées de tous partout au Canada ou leurs cendres ont été dispersées en mer ou sur terre après avoir été incinérés dans les chaudières des pensionnats pour cacher le crime qui leur a ôté la vie. Mais ils ne sont pas complètement disparus et leur jour viendra, grâce en partie au travail et aux campagnes associés à ce livre.

La vérité libèrera les peuples, à tout jamais !

 

Le salut de l’occident viendra des peuples qui briseront les chaînes du colonialisme, ensemble…

Nous sommes tous des colonisés… Luttons ensemble contre cette même oligarchie qui nous oppresse tous depuis bien trop longtemps !