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Ingérence impérialiste en Egypte: L’axe Washington-Ryad-Aman-Tel Aviv se dessine sur fond de guerre civile…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 26 août 2013 by Résistance 71

Salut, je suis votre nouvel axe du mal

 

Pepe Escobar

 

22 Août 2013

 

url de l’article:

http://www.informationclearinghouse.info/article35937.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

J’ai argumenté que ce qui vient juste de se passer en Egypte est un bain de sang qui n’en est pas un, perpétré par une junte militaire responsable d’un coup d’état qui n’en est pas un et ce sous le déguisement d’une “guerre contre le terrorisme” à la sauce égyptienne. Pourtant ce blablatage osé de journaleux, qui aurait pu être écrit par la Maison Blanche, fait partie du jeu. Parmi un brouillard épais et un pirouettage servant  des agendas concurrents, un fait étonnant se démarque. Un sondage il y a seulement 10 jours émanant du Egyptian Center for Media Studies and Public Opinion nous a déjà dit que 69% des gens interrogés étaient contre le coup d’état militaire du 3 juillet orchestré par le pinochesque Abdel Fattah Al-Sisi. Ainsi ce bain de sang qui n’en est pas un ne peut pas être considéré comme légitime, sauf pour une petite clique de moubarakistes (aussi appelés fulool), un ramassis d’oligarques corrompus et “l’état profond” égyptien contrôlé par l’armée.

Le gouvernement des Frères Musulmans mené par Mohamed Morsi a peut-être été franchement incompétent en essayant de réécrire la constitution égyptienne, en incitant les fondamentalistes enragés et en courbant l’échine devant le FMI. Mais on ne doit pas oublier non plus que cela a été couplé avec un sabotage en règle provenant de cet “état profond”. Il est vrai que l’Egypte était et demeure, au bord d’un effondrement économique total et le bain de sang qui n’en est pas un n’a suivi que le changement de signature sur les chèques, du Qatar à l’Arabie Saoudite (et des Emirats Arabes Unis). Comme Spengler l’a bien démontré sur ce site (Asia Times du 8 juillet 2013), l’Egypte demeurera une république bananière sans les bananes et toujours dépendante des étrangers pour en manger. Le désastre économique ne disparaîtra pas, sans parler du ressentiment cosmique pour les Frères Musulmans. En l’état actuel des chose, les gagnants sont ceux de l’axe Maison des Saoud/Israël/Pentagone. Comment ont-ils fait ?

Dans le doute.. Appelez Bandar

En théorie, Washington a été relativement en contrôle à la fois des Frères Musulmans et de l’armée de Sisi. Ainsi vu de la surface, ceci est une situation gagnant-gagnant. Les faucons américains sont pro-Sisi, tandis que les impérialisrtes libéraux sont plus pour les Frères Musulmans (FM), la couverture parfaite parce que les FM est un groupe indigène, religieux, populiste, économiquement néo-libéral, désirant travailler avec le FMI et qui n’a pas menacé Israël. Les FM n’étaient pas un problème pour Washington ni pour Tel Aviv, après tout, leur allié ambitieux du Qatar était leur intermédiaire. La politique étrangère du Qatar comme chacun sait se résume à être les pom-pom girls des Frères Musulmans où que ce soit.

Donc Morsi a dû franchir une ligne rouge assez sérieuse. Peut-être son appel aux Egyptiens sunnites de rejoindre le djihad contre Bachar al-Assad (bien que ceci soit en accord avec la politique du “Assad doit partir” d’Obama…). Sans doute fut-ce sa poussée pour installer une sorte de paradis djihadiste/Califat dans le Sinaï en route vers Gaza. Ceci pointe vers un feu vert du Pentagone et de Tel Aviv pour le coup d’état. Le Sinaï à tout but utile, est géré par Israël. Tel Aviv n’a aucun problème avec l’armée de Sisi et le groupe de soutien saoudien de la junte militaire. La seule chose qui importe à Israël est que l’armée de Sisi maintienne les accords de Camp David. Les FM a contrario, pourrait bien avoir d’autres idées en tête pour le futur. Pour la maison des Saoud, ce ne fut jamais une situation gagnant-gagnant. Les FM au pouvoir en Egypte était un anathème. Dans ce triangle amoureux il reste à déterminer qui a été le plus malin pour remuer le chien (NdT: de l’expression anglophone “the tail which wag the dog”, ou la “queue qui remue le chien”… çà sonne mieux en anglais…)

C’est ici que s’inscrit l’incroyable acte du Qatar qui disparaît. La montée et la chute (soudaine) du Qatar des feux de la rampe de la politique étrangère est strictment lié au vide actuel de leadership au cœur même du Pentagone et de son “arc d’instabilité”. Le Qatar était au mieux une nouvelle bombe du box office, considérant les mouvements de yo-yo du gouvernement Obama et la position attentiste de la Chine. Le Sheikh Hamad al-Thani, l’émir qui finit par se virer lui-même avait clairement dépassé ses limites non seulement en Syrie mais aussi en Irak. Il finançait non seulement des entités des FM mais aussi des djihadistes extrémistes dans le désert. Il n’y a pas de preuves conclusives, parce que personne à Doha ou à Washington ne veut parler, mais l’émir a très certainement été “invité” à se virer lui-même et ce n’est pas par accident que le racket des “rebelles” syriens a été repris par la Maison des Saoud, avec le retour spectaculaire de Bandar Bush, alias le prince Bandar bin Sultan.

Donc une fois de plus les vainqueurs furent les Saoudiens, comme le gouvernement Obama calculait qu’à la fois les FM et la nébuleuse al-Qaïda tomberaient dans les oubliettes de l’histoire en Syrie. Ceci doit encore être vu, il est très possible que l’Egypte maintenant attire les djihadistes de Syrie. Ils demeureront néanmoins partie du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Quant à Sisi, il fut assez malin de saisir l’opportunité du thème du “terrorisme” et d’assimiler de manière préventive les FM avec Al-Qaïda Egypte, préparant ainsi un bain de sang qui n’est pas un bain de sang. Le fait est qu’on peut faire un cas spécial du gouvernement Obama faisant sous-traiter sa politique étrangère moyenne-orientale par la Maison des Saoud.

Choisissez votre axe

Deux jours avant le début du bain de sang qui n’en est pas un, le chef d’état major des armées américain le général Dempsey se trouvait en Israël se familiarisant avec le général Benny Gantz et Bibi Netanyahou, discutant les proverbiales “menaces pouvant émaner de la région” de manìère globale ou localement et “comment pouvons-nous travailler ensemble efficacement pour renforcer la sécurité de nos pays”. Il est impensable qu’ils n’aient pas discuté comment ils pourraient tous profiter de cet éminent bain de sang qui n’en est pas un. Dans le même temps, le ministre israélien de la défense Ya’alon Moshé annonçait de manière détonante un “nouvel axe du mal” entre l’Iran, la Syrie et le Liban. Ce qui implique Téhéran, Damas, et de manière signifiante Beyrouth dans son entièreté (et non pas la banlieue sud à prédominance chiite). Ya’alon a expliqué à Dempsey qu’il leur était interdit de gagner la guerre civile en Syrie.

Considérant que la CIA a étiqueté la guerre civile en Syrie comme une menace très importante pour les Etats-Unis et sa sécurité au cas où des entités d’Al Qaïda prendraient l’avantage de la situation, et dans le même temps Washington est très reluctant d’arrêter de “mener par derrière”, on pourrait dire qu’Israêl envisagerait une autre invasion du Liban. Un sheikh Nasrallah toujours en alerte en tant que secrétaire général du Hezbollah, a déjà parlé d’une telle éventualité.

Ensuite Dempsey alla en Jordanie, où se tiennent déjà environ 1000 soldats américains, des avions F-16 avec leurs équipages et des batteries de missiles de défense Patriotes et leur personnel servant. La pirouette qui dit que le Pentagone aide Aman aux “techniques de contrôle de ses frontières”, comme dans un des acronymes les plus usités du Pentagone ISR pour Intelligence Surveillance and Reconnaissance, n’est juste que cela… une pirouette. Dempsey y est allé surtout pour aller contrôler les progrès de livraison récentes des missiles anti-chars achetés aux américians par… l’Arabie Saoudite, suppléés à la CIA pour armer les rebelles/mercenaires en Syrie, sélectionnant soi-disant les “bons rebelles” dans le sud de la Syrie. Ces “rebelles” furent entrainés par la CIA et les forces spéciales américaines en Jordanie. Il est évident que Damas va préparer une contre-offensive à ce plan fomenté par l’axe Etats-Unis/Jordanie/Arabie Saoudite.

Choisissez votre diable

Il n’y a pour ainsi dire plus aucune crédibilité américaine au Moyen-Orient, à part des entités marionnettes comme la Jordanie et les élites sélectionnées du Golfe féodal, ce microcosme “démocratique” de corruption, de mercenaires et de prolétariat traité comme du bétail. Cela n’aide pas non plus que John Kerry air recommandé Robert Ford comme nouvel ambassadeur en Egypte, cet ancien ambassadeur en Syrie. La perception est tout. Une opinion informée à travers le Moyen-Orient a de suite indentifié Ford comme une ordure facilitateur des escadrons de la mort. Son CV avant même la Syrie où il officialisa les soi-disant “rebelles” est sans égal. Âme damnée de John Negroponte qui promût la “solution salvadorienne” en Irak dès 2004, la “solution salvadorienne” est le nom de code pour les opérations d’escadrons de la mort sponsorisés par les Etats-Unis, une tactique contre-insurectionnelle appliquée au Salvador par Negroponte dans les années 1980 et qui causa plus de 75 000 morts, mais qui avait des racines profondes en Amérique latine dans les années 1960-70. (NdT: méthode inventée par les Français en Algérie et mise en place lors de la bataille d’Alger en 1957… Méthode qui fut enseignée par les services français à la tristement célèbre École des Amériques au Panama, depuis rappatrié à Fort Bragg en Georgie, USA)

Sisi va continuer à jouer son jeu en accord avec son plan, mettant en avant le mythe du narratif que l’armée égyptienne défend la nation et ses institutions alors qu’en fait elle ne fait que défendre ses immenses privilèges socio-économiques. Oubliez la protection des civils. Oubliez des partis politiques indépendants ou même un mouvement indépendant en Egypte. Pour Washington, FM ou “état profond”, voire même une guerre civile en Egypte, des Arabes tuant des Arabes, diviser et régner à l’infini, c’est très bien, dans la mesure où il n’y a aucune menace sur Israël. Avec Israël fomentant de manière possible une nouvelle invasion du Liban, le “processus de paix” à la Kerry n’étant qu’une excuse à toujours plus de colonies en Palestine, Bandar Bush de retour aux manettes de l’art obscur, l’empêchement de toute solution possible sur le dossier nucléaire iranien, l’Egypte en guerre civile, l’Irak et la Syrie saignant à mort, ce qu’il nous reste est la prolifération de toutes sortes d’axes et de toutes sortes de maux.

Egypte: la junte militaire a pris ses ordres du secrétaire a la défense US Robert Gates

Posted in actualité, ingérence et etats-unis, politique et social with tags , on 14 février 2011 by Résistance 71

Le golpe blanc du Pentagone

Par Manlio Dinucci, manliodinucci@tin.it Une « transition pacifique et ordonnée », pour Washington

url de l’article original:

http://www.ism-france.org/analyses/Le-golpe-blanc-du-Pentagone-article-15082

Le fait que ce soit le directeur de la CIA, Leon Panetta, qui ait annoncé jeudi (10 février 2011) « la forte probabilité que Moubarak puisse s’en aller dès ce soir » indique que la décision a été prise à Washington avant le Caire.

Et la déclaration de ce même directeur de la CIA d’ « espérer en une transition ordonnée en Egypte » confirme que le feu vert a été donné pour le plan annoncé par le président Obama : la « transition ordonnée et pacifique » qui, mettant de côté le désormais insoutenable Moubarak emporté par la rébellion populaire, laisse intacts les piliers de la domination états-unienne sur le pays, et avant tout la structure portante des forces armées égyptiennes que les Etats-Unis ont financées, équipées et entraînées.

C’est donc le général Sami Anan, chef d’Etat-major, qui a annoncé place Tahir que ce seront les forces armées qui « sauvegarderont les requêtes du peuple et sa sécurité ». Celui-là même que le secrétaire de la défense, Robert Gates, avait convoqué au Pentagone au début de la crise et à qui il avait donné des instructions au jour le jour sur les mouvements que l’armée égyptienne devait accomplir. Cette armée que le président Obama avait félicitée pour son « patriotisme et professionnalisme », en la désignant comme garante de la « transition pacifique et ordonnée ». Cette armée qui, par l’intermédiaire du général Hassan al-Rouini, commandant de la place du Caire, a annoncé aux manifestants de place Tahir : « Toutes vos requêtes seront exaucées aujourd’hui ».

Le pouvoir passe au Conseil militaire suprême qui, réuni sans le « commandant en chef » Moubarak, annonce « des mesures pour sauvegarder les conquêtes et les ambitions de notre grand peuple ».

En réalité, ce sont d’autres conquêtes et ambitions que l’armée égyptienne est appelée à sauvegarder : celles des Etats-Unis qui ont fourni à l’Egypte des aides militaires d’un montant de 60 milliards de dollars environ, selon des chiffres officiels, auxquels s’ajoutent d’autres financements, secrets ; qui ont fourni aux forces armées égyptiennes les armements les plus modernes, comme les chasseurs bombardiers F-16 et les chars M1A1 Abrams fabriqués en Egypte sur la base d’un accord de co-production, plus d’énormes quantités d’armes que le Pentagone a en excédent ou qui sont remplacées par d’autres de nouvelle génération ; qui ont entraîné des officiers et des soldats égyptiens, surtout dans les forces spéciales, en organisant l’opération « Bright Star », cette grande manœuvre biennale qui se déroule en Egypte avec la participation de 25mille militaires états-uniens.

On se souviendra aussi que, dans les commandements établis par le Pentagone à l’échelle mondiale, l’Egypte n’entre pas dans le Commandement Africa mais a été détachée du continent pour être annexée au Commandement Central (CentCom), dont la zone de responsabilité comprend le Moyen-Orient. L’Egypte, explique le CentCom, « joue un rôle clé dans l’exercice d’une influence stabilisante au Moyen-Orient », en particulier pour « affronter l’instabilité croissante à Gaza ». Le CentCom continue ainsi à opérer en contact étroit avec les forces égyptiennes pour « bloquer les envois illicites d’armes aux extrémistes de Gaza et pour empêcher que l’instabilité de Gaza ne se répande en Egypte et au-delà ».

Le gouvernement égyptien, en fait, « doit faire face à une menace extrémiste intérieure ». L’aide extérieure états-unienne, surtout militaire, est donc, « fondamentale pour renforcer le gouvernement égyptien ».

C’est cette armée qui, durant le régime Moubarak, a été le vrai détenteur du pouvoir, qui l’exerce à présent ouvertement. Washington, qui pendant ces dernières années a élevé une nouvelle classe dirigeante égyptienne -en finançant des dizaines d’organisations non-gouvernementales formées de jeunes intellectuels et de professions libérales- entend en tous cas donner un visage « démocratique » à un pays où le pouvoir puisse continuer à prendre appui sur les forces armées et où, surtout, l’influence états-unienne puisse rester dominante.

Il manifesto, 11 février 2011