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Résistance au colonialisme: Palestine vers une histoire plausible…

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Ô toi, historien, qui d’encre non menteuse
Écris de notre temps l’histoire monstrueuse,
Raconte à nos enfants tout ce malheur fatal,
Afin qu’en te lisant ils pleurent notre mal,
Et qu’ils prennent exemple aux pêchés de leurs pères,
De peur de ne tomber en pareilles misères.
~ Ronsard, extrait du Discours des misères de ce temps, 1562 ~

 

 

La plus plausible et raisonnable histoire de la Palestine et d’Israël

 

Rima Najjar

 

29 juin 2018

 

Source: http://www.chroniquepalestine.com/plus-plausible-et-raisonnable-histoire-palestine-et-israel/

 

L’histoire derrière la Palestine et Israël est une histoire de colonialisme de peuplement juif européen – c’est-à-dire le sionisme. Et puisque le racisme est à la fois un symptôme et un outil du colonialisme de peuplement, le sionisme est aussi considéré comme de l’antisémitisme, et comme de l’ethno-suprématie ou suprématie juive, de l’arabophobie et de l’islamophobie.

La relation triangulaire de l’antisémitisme, de l’islamophobie et de l’arabo phobie dans l’histoire de la Palestine et d’Israël est partie intégrante du mouvement colonisateur de peuplement du sionisme et n’est pas une « nouvelle histoire » au sens de l’expression introduite par l’historien israélien Benny Morris en 1980 pour humaniser, dans le discours universitaire israélien, les victimes du sionisme. Elle reflète simplement la terminologie moderne et englobe les événements historiques auxquels l’esprit sioniste est encore largement fermé.

Ces événements historiques sont simples dans leurs grandes lignes. Les Juifs sionistes (athées auto-proclamés) ont décidé de construire un État juif en Palestine et ont fini par s’approprier par la force une grande partie de la terre, expulser la plupart de la population palestinienne arabe non juive, et empêcher son retour.

Aujourd’hui, Israël occupe le reste du territoire que l’Organisation Sioniste Mondiale n’a pas réussi à prendre et continue à le « coloniser ».

Dans ‘The Ends of Zionism: Racism and the Palestinian Struggle’(Les buts du sionisme : Racisme et la lutte palestinienne), Joseph Massad écrit:

 » Ce qui façonne l’idéologie du sionisme en tant que mouvement colonial et préside à ses pratiques c’est une épistémologie religio-raciale à travers laquelle il s’appréhende lui-même et le monde qui l’entoure… Il n’est plus contesté, même parmi de nombreux Israéliens, que parmi les effets du sionisme sur le peuple palestinien au cours des cent dernières années figurent : l’expulsion de la majorité des Palestiniens de leur terre et de leur foyer, la proscription de leur retour et la confiscation de leurs biens à l’usage exclusif des Juifs qui en résulta; l’imposition d’un système d’apartheid militaire aux Palestiniens restés en Israël de 1948 à 1966, qui depuis lors a été assoupli en un système civil de discrimination via la suprématie juive ; et l’occupation militaire et le système d’apartheid imposé à la Cisjordanie et à la Bande de Gaza et à leur population depuis trente-cinq ans[maintenant cinquante et un], ainsi que la poursuite de la colonisation de ces territoires occupés.”

En ce sens, l’histoire du colonialisme de peuplement juif européen – c’est-à-dire le sionisme – derrière la Palestine et Israël (par opposition à l’histoire en tant que  » récit  » ou mythe sioniste) a de son côté la voix de la raison, parce qu’elle révèle une atrocité qui doit être réparée.

Reconnaître les crimes historiques et en cours d’Israël contre les Arabes palestiniens et en assumer la responsabilité est la première étape du règlement de la Nakba. Les détails historiques concernant le pourquoi et le comment de ces événements tragiques ont rempli de nombreux livres, mais là n’est pas la question.

Les grandes lignes ont en soi la voix de la raison si l’on considère aussi la justice comme raisonnable et l’injustice comme déraisonnable.

Qu’est-ce qui est raisonnable ou plausible, par exemple, dans le fait qu’Ivanka Trump, fille du président américain Donald Trump et épouse de Jared Kushner, puisse maintenant acheter une maison à Jérusalem et « retourner » en Israël grâce à sa conversion au judaïsme et à la judéité de son mari américain, alors que Ghada Karmi, Arabe palestinienne musulmane se voit refuser le retour dans son pays d’origine et n’est même pas autorisée à racheter la maison volée de son propre père ?

Dans “Humanizing the Text: Israeli ‘New History’ and the Trajectory of the 1948 Historiography” (Humaniser le texte : la nouvelle Histoire d’Israël et la Trajectoire de l’historiographie de 1948), Ilan Pappe, célèbre pour son ‘Le nettoyage ethnique de la Palestine’ écrit:

« Une chose est claire lorsqu’on analyse le sort de la nouvelle histoire israélienne depuis sa création à la fin des années 1980 jusqu’à sa disparition brève ou temporaire en 2000 : la reconstruction historique est étroitement liée à l’évolution politique générale et à ses bouleversements. Dans les sociétés déchirées par des clivages et des conflits internes et externes, le travail des historiens est constamment imprégné par les évènements politiques autour d’eux. Dans ces lieux géopolitiques, la prétention d’objectivité est particulièrement déplacée, sinon totalement infondée. »

Les historiens dissidents juifs radicaux comme Ilan Pappe en Israël sont vitaux pour une histoire qui a la voix de la raison de son côté. Ils constituent un pont vers une opinion publique plus large en Israël.

Les Palestiniens se demandent souvent ce qu’il faut pour sensibiliser l’opinion publique occidentale à l’histoire tragique de la Palestine de ces 70 dernières années.

Je crois que la meilleure façon de faire basculer l’opinion publique occidentale du soutien à Israël vers un soutien à la cause palestinienne est de continuer à souligner ce qui s’est déjà produit et dû à la mort du soi-disant  » processus de paix  » et de la  » solution à deux États « , à savoir la prise de conscience, si longtemps occultée, que le problème d’Israël réside dans sa nature de projet colonial de peuplement sioniste en Palestine, plutôt que comme  » occupant  » militaire.

Dans Pourquoi le terme ‘ occupation israélienne ‘ doit être rejeté, Ramzy Baroud écrit,

« On dit souvent qu’Israël est un occupant qui a violé les règles de l’occupation telles qu’elles sont énoncées dans le droit international. Cela eut été le cas un, deux ou cinq ans après l’occupation initiale, mais pas 51 ans plus tard. Depuis, l’occupation s’est transformée en colonisation à long terme. »

Beaucoup de gens croient que la Grande Marche du retour a eu tant de réactions journalistiques positives dans les médias occidentaux parce que la protestation est essentiellement non-violente – c’est-à-dire qu’on ne peut pas dire qu’elle menace la sécurité d’Israël et donc que la force meurtrière qu’Israël utilise est « disproportionnée » et criminelle.

Voilà toute la portée de l’action non-violente palestinienne. Elle ne change en rien la perception qu’ont les populations occidentales d’Israël en tant qu’État de type occidental légitime protégeant ses « frontières » (bien qu’avec une force disproportionnée) contre une mer d’Arabes ou leur perception des Palestiniens en tant qu’ »émeutiers » et « barbares » dont le seul désir maléfique est de tuer les Juifs.

La résistance non violente a son utilité, certes, mais, à mon avis, elle ne doit jamais être imposée comme degré moral supérieur de résistance à un peuple opprimé et brutalisé.

En outre, l’accent mis sur la tactique de la résistance non violente délégitime implicitement d’autres formes de résistance, en élevant au statut de saint certains martyrs palestiniens et prisonniers grévistes de la faim en détention administrative (c’est-à-dire ceux qui sont emprisonnés sans inculpation) et en acceptant la justification d’Israël pour l’exécution et l’emprisonnement de milliers d’autres Palestiniens.

Ce qui est différent avec la Grande Marche du Retour, c’est que son exigence de retour relie « l’occupation » et le siège avec la Nakba, théâtralisant pour un public occidental, par la protestation et la résistance, la colonisation de toute la Palestine.

Cette exigence, entendue pour la première fois dans l’histoire récente de la résistance palestinienne, modifie la perception des publics occidentaux.

Les militants pour la justice en Palestine utilisent depuis longtemps sur les réseaux sociaux différentes tactiques (principalement exposer et faire connaître les violations du droit international et de la dignité humaine par Israël) pour atteindre les publics occidentaux (briser le silence des médias grand public en Occident). Les plus efficaces sont les campagnes de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS – PACBI) qui persuadent les grands noms du monde universitaire et les célébrités culturelles et sportives de se rallier à la cause palestinienne.

Les populations occidentales sont également de plus en plus conscientes de la réaction hostile sioniste contre les campagnes du BDS, en particulier parce qu’elle empiète sur la liberté d’expression.

En général, s’adresser à des auditoires occidentaux, en particulier ceux de gauche, fonctionne en se référant aux valeurs progressistes applicables aux injustices contre tous les groupes marginalisés de la société occidentale, car cela fait ressortir l’incongruité de faire de la cause palestinienne une exception.

Les auditoires occidentaux sont supposés faire partie de la tradition judéo-chrétienne, expression forgée par George Orwell à la fin des années 1930 pour combattre l’antisémitisme. Malheureusement, cette tradition humaniste est entachée, car l’antisémitisme et l’antisionisme y sont désormais inexorablement liés, ainsi combattre l’un signifie combattre l’autre.

La civilisation occidentale a longtemps été définie par la conquête coloniale (accompagnée au Moyen-Orient d’islamophobie et d’arabophobie) et le pouvoir impérial ; c’est ce qui a donné naissance au sionisme. En outre,

« …. une fois établie dans sa position de supériorité militaire, la culture coloniale produit, par le biais de toute une gamme de supports, une ‘série inépuisable de propositions qui, lentement et subtilement – grâce à des livres, journaux, écoles et leurs textes, publicités, films, radio – s’insinuent dans l’esprit et façonnent la vision du monde du groupe auquel on appartient…. Une colonisation réussie conduit l’opprimé à s’identifier à la vision du monde de l’oppresseur. ».

L’Autorité palestinienne s’identifie maintenant si totalement à son oppresseur qu’elle n’a pas hésité, sur ordre d’Israël, à sévir violemment contre les Palestiniens de Cisjordanie qui se mobilisaient contre les mesures économiques punitives de Mahmoud Abbas à Gaza.

Ce qui changera en fin de compte la perception de l’opinion publique occidentale, ce sont les Palestiniens eux-mêmes, quelle que soit la manière qu’ils choisiront de résister. Ils doivent exiger leur libération – la décolonisation et non pas simplement la « fin de l’occupation ».

Note de R71: Il en va de même pour les peuples autochtones originaux des continents d’Amérique et d’Océanie

* Rima Najjar est une Palestinienne dont la famille du côté paternel vient du village de Lifta dans la banlieue ouest de Jérusalem, dont les habitants ont été expulsés. C’est une militante, chercheuse et professeure retraitée de littérature anglaise, Université Al-Quds, en Cisjordanie occupée. Ses articles sont publiés ici.

 

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Revue du dernier livre de l’historien israélien Ilan Pappé « Ten Myths about Israel »

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« Au moment où le ministre des affaires étrangères britannique, Lord Balfour, donna sa promesse au mouvement sioniste en 1917 d’établir une patrie pour les juifs en Palestine, il ouvrit la porte à un conflit sans fin qui engouffrerait bientôt le pays et son peuple. »

« Les villageois palestiniens furent déshumanisés afin d’en faire des ‘cibles légitimes’ pour la destruction et l’expulsion… »

« De fait, si vous étiez un juif sioniste en 1948, ceci ne voulait dire qu’une seule chose: implication totale dans la des-arabisation de la Palestine. »

~ Ilan Pappe, 2006 ~

-[]- Voici ce que nous écrivions en préambule de la traduction d’une analyse de Gilad Atzmon sur Ilan Pappe en mai 2013, l’auteur de l’article ci-dessous nous rejoint pour faire remarquer l’interchangeabilité de la situation entre les Palestiniens et avant eux, les Amérindiens (du nord et du sud), Les Aborigènes d’Australie, la Maoris de Nouvelle-Zélande, les peuples et nations originels d’Afrique du Sud, malheureusement toujours d’actualité:

« Excellente analyse de G. Atzmon. Stupéfiant de constater également que les ressorts du colonialisme sont identiques partout. Remplaçons les mots « Palestine » et « Palestiniens » par « indigènes », « natifs », « indiens, « amérindiens » ou tout autre peuple colonisé, et nous nous apercevons avec effroi que les fondements racistes et suprémacistes sont identiques. Les sionistes pratiquent en Palestine les vieilles recettes coloniales de contrôle et de construction hégémonique que les autres nations coloniales ont appliquées à partir de 1492 avec l’effet génocidaire que nous connaissons…

Plus au sujet de la colonisation bientôt sur ce blog… »

— Résistance 71 —

 

A lire aussi: « L’Egypte antique n’a connu ni pharaons ni Israélites »

 

Dix mythes au sujet d’Israël: Génocide et racisme démasqués

Revue du dernier livre de l’historien israélien Ilan Pappe

 

Irwin Jerome

 

21 mai 2017

 

url de l’article original:

http://www.globalresearch.ca/ten-myths-about-israel-genocide-and-racism-unmasked/5591225

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Est-ce qu’Israël et son tristement célèbre mur de la séparation (NdT: mur de l’apartheid) est représentatif d’un état démocratique moderne évoluant, fondé sur des principes et des enseignements bibliques, comme appliqués envers le peuple palestinien, originel de l’endroit appelé Palestine, ou n’est-ce qu’un exemple de plus d’un de ces états d’apartheid, de nettoyage ethnique possédant les mêmes tendances racistes et génocidaires des puissances coloniales impérialistes du XIXème siècle, comme les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et l’Afrique du Sud, qui envahirent jadis également des terres où vivaient ancestralement des peuples et nations indigènes et commirent une destruction sans nom à leur égard, détruisant leurs modes de vie, déportant leurs survivants dans des “réserves” ou des états de styles du Bantoustan afin d’y être éventuellement ignorés puis oubliés?

Le professeur d’histoire Ilan Pappe, un des historiens les plus radicaux d’Israël, qui enseigne et écrit maintenant depuis son exil [en Grande-Bretagne], répond amplement à ces question dans son dernier livre “Ten Myths about Israel”. Ouvrage ne faisant que quelques 148 pages, mais un chef-d’œuvre historique qui se lit comme une épopée volumineuse, offrant des réflexions et des témoignages d’archives éloquents, clairs, concis, sans faille, au sujet de la véritable histoire indigène de la Palestine, des Palestiniens et du nettoyage ethnique dont ils sont les victimes aux mains des juifs depuis la Nakba (NdT: la “catastrophe” en arabe) de 1948.

La Nakba, un temps où: 700 000 arabes palestiniens furent violemment expulsés de leur terre ; 400 à 600 villages furent pillés et/ou détruits et 11 des 12 villes majeures détruites, ce qui annihila de fait toute vie urbaine en Palestine. Pour les Israéliens, ceci correspond à leur “déclaration d’indépendance” ; mais pour les Palestiniens arabes, ceci est simplement connu sous le triste vocable du “temps de la catastrophe” (Nakba), qui quelques 60 ans plus tard, en 2008, mena à la guerre de Gaza et à l’opération “Plomb Durci” d’Israêl, qui tua plus de 1400 Palestiniens, dont 107 d’innocentes victimes civiles, suivie plus tard par l’Opération “Protective Edge”, qui tua plus de 2300 Gazaouis dont 1492 civils non combattants dont 551 enfants et 209 femmes, laissant plus de 10 000 Palestiniens blessés dont 3371 enfants ; opération qui détruisit quelques17 000 maisons et en détruisit partiellement plus de 30 000 autres.

De tels faits et statistiques sont tirés des écrits de Pappe et ce qui les causa, donne au monde une plateforme importante pour le XXIème siècle de laquelle nous pouvons à la fois regarder en arrière et vers le futur, vers les véritables origines historiques et l’identité de non seulement Israêl et le sionisme, mais aussi des peuples arabes indigènes du moderne Eretz Israel, ainsi que des états contemporains similaires de biens des puissances coloniales et impérialistes de longue date et de leur propre traitement des peuples indigènes vivant sur leurs terrres {NdT: usurpées) et dont les territoires et ressources naturelles continuent aujourd’hui d’être convoités et exploités par ces puissances mondiales le tout dans le but de l’expansion et de la construction perpétuelle de leur empire.

Avi Shlaïm du journal britannique du “Guardian” déclare Ilan Pappe être “un des rares élèves israéliens du conflit de Palestine qui écrit au sujet de la version palestinienne de l’histoire et ce avec une véritable connaissance des faits et une certaine et véritable empathie.” Le magazine du New Statesman reconnaît Pappe être “Avec Edward Saïd, l’écrivain le plus éloquent sur l’histoire palestinienne”. John Pilger, célèbre journaliste d’enquête australien nomme Pappe “l’historien le plus brave, honnête et incisif d’Israël”, tandis que l’auteur de ces lignes voit Pappe plus comme le I.F. Stone ou le Howard Zinn israélien, osant exposer et élucider du côté obscur d’Israël l’histoire sordide que très peu d’autres ont osé même toucher.

En cela, quoi qu’on en pense, “Ten Myths about Israel” va très loin dans le démembrement de la fausse information et de la désinformation ainsi que de la mythologie qui est quotidiennement propagée par les Dr La Pirouette de la pressetituée occidentale, qui essaient de continuer à faire croire cette mythologie telle que: “La Palestine était une terre vide d’habitants”, que “les juifs étaient un peuple sans terre”, que le “sionisme est le judaïsme”, que le “sionisme n’est pas un colonialisme”, que “les Palestiniens ont volontairement quitté leur terre/patrie en 1948”, que “ la guerre de 1967 était une guerre sans choix”, qu’”Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient”, que “les accords d’Oslo de 1993 furent un véritable processus de paix”, que “de la seconde Intifada des années 1980 commença un mouvement terroriste contre Israël” et que finalement “La victoire du Hamas dans les élections de 2006 commença un mouvemet terroriste à l’encontre d’Israël.”

Les étudiants en civilisation occidentale, ayant connaissance de politiques génocidaires similaires et de mythologies perpétrées dans des pays commes les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud, contre leurs propres peuples indigènes, qui ont supporté l’impact de l’impérialisme et du colonialisme occidental et soufferts la même perte d’auto-détermination, d’indépendance nationale et du “droit de retour et de réclâmer leur héritage ancestral”, reconnaîtront instantanément dans les écrits de Pappe les mêmes schémas culturels qui se répètent dans l’Israël moderne.

Longtemps après le fait du quand les peuples indigènes ont finalement été conquis (NdT: tous ne l’ont pas été, notemment en Amérique du nord où la notion de “conquête” est une vue de l’esprit et un narratif exclusivement colonial…) et privés de la plupart sinon de tous leurs territoires ancestraux et de leurs ressources naturelles, qui que soit l’envahisseur / agresseur , celui-ci s’en sort toujours en faisant peu ou prou les mêmes réponses aux questions posées. Peu importe l’étendue de la destruction, du viol, du meurtre, des assassinats et des massacres qui furent commis contre les peuples et nations indigènes en question, une fois le chaos perpétré se dissipant et que l’affaire devient un point réthorique, les envahisseurs et bourreaux en arrivent toujours à engager un débat pour enclancher des “actes de réconciliation”, des déclarations publiques “d’excuses” et des appels pour des “réparations”. Mais malgré parfois les bonnes intentions, tout ceci ne sonne que trop souvent bien creux. Mais même là, par les très nombreux problèmes que soulèvent Pappe au sujet de l’attitude des plus racistes des gouvernements successifs israéliens envers les Palestiniens et les Arabes et le déni de toute faute et de tout acte malveillant concernant leurs actes abominables, des mots d’excuses israéliens sont encore bien loin d’être prononcés.

Mais, comme le fait remarquer Pappe, le bon côté réside dans le fait que dans la société civile existante, à la fois du côté israélien que du côté palestinien, les gens parlent de ce que leur leadership politique refuse, ignore ou néglige de placer au centre de leur agenda national. Ils savent aussi, que malgré les réticences qui existent parmi les gens les dissuadant d’en parler, la majorité des juifs et des palestiniens savent exactement ce qu’il s’est passé sur le terrain pendant bien des décennies depuis 1948. Ils ne sont pas, comme le déclare à juste titre Pappe, “sourds à tous ces cris, cette douleur et dévastation de ceux qui ont été tués, violés ou blessés depuis 1948, arrêtés, mis en prison dans les années 1950… massacrés dans le village de Kafir Qassim en 1956… ou lorsque des citoyens de l’état furent assassinés par l’armée simplement parce qu’ils étaient Palestiniens…

Ils savent au sujet des crimes de guerre commis durant la guerre de 1967 et les bombardements des camps de réfugiés en 1982… Ils n’ont pas oublié les abus physiques infligés à la jeunesse palestinienne dans les territoires occupées dans les années 1980… Les juifs israéliens ne sont pas sourds et peuvent toujours aujourd’hui entendre les voix des officiers ordonnant l’exécution de gens innocents et les rires des soldats présents et témoins de la scène… Ils ne sont pas non plus aveugles.. Ils ont vu les restes des 531 villages palestiniens détruits et des voisinages en ruines…

Ils voient ce que tout Israélien peut voir mais que la plupart, choisit de ne pas voir… Les restes de villages sous les maisons construites des kiboutzim et sous les sapins des forêts du Fond de la Jeunesse Juive. Ils n’ont pas oublié ce qu’il s’est passé même si le reste de leur société l’a… Peut-être à cause de tout cela comprenent ils pleinement la connexion entre le nettoyage ethnique de 1948 et les évènements qui s’ensuivirent jusqu’à aujourd’hui… Ils refusent aussi d’ignorer la connexion évidente entre la construction du mur et de la politique plus large du nettoyage ethnique…

Les expulsions de 1948 et l’emprisonnement du peuple derrière les murs aujourd’hui sont les conséquences inévitables de la même idéologie ethnique raciste… Dans et hors d’israël, des ONG palestiniennes comme BADIC, ADRID et Al-Awada coordonnent leurs luttes afin de préserver la mémoire de 1948 et d’expliquer pourquoi il est crucial d’engager les évènements de cette année là au nom du futur.

Le petit livre d’Ilan Pappe qui parle de ces “Ten Myths about Israel” est de la dynamite qui devrait être lu par chaque être humain de cette planète qui se considère être membre de sa propre société civile. Plus que cela, il est encore plus important de le lire pour ceux qui ne se sentent pas (encore) membres de la société civile.

Et pendant ce temps là… Le nettoyage ethnique continue en Palestine occupée

Posted in actualité, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 26 avril 2017 by Résistance 71

« Les Israéliens refusent catégoriquement de reconnaître la ‘Nakba’ ni d’être tenus pour responsables, moralement et légalement, pour le nettoyage ethnique qu’ils ont commis en Palestine en 1948. »
~ Illan Pappe ~

« Le peuple natif de Palestine, à l’instar de tous les peuples natifs d’autres pays du monde arabe, d’Asie, d’Afrique, d’Amérique et d’Europe, refusèrent de partager la terre avec des membres d’une communauté coloniale. »
~ Walid Khalidi ~

« L’occupation sioniste de la Pelestine est devenue undroit affirmee international, tandis que la revendication palestinienne d’être réinstaurés sur leur terre de droit a été perçue comme une agression inacceptable. Le Conseil de Sécurité de l’ONU n’a agi qu’en soutien de cette vision déformée, falsifiée de la réalité. […]
La création d’une entité sioniste sur la terre de Palestine représente une agression manifeste du peuple palestinien pacifique et remplace une population par une autre, dispersant les véritables propriétaires de la terre à travers les territoires du monde. Ceci n’est pas un conflit frontalier entre deux pays voisins. Il s’agit du déracinement d’une nation et d’un peuple et leur substitution par un autre. »
~ Naïm Qassem ~

 

Des voix concordantes pour confronter l’histoire d’Israël

 

Ramzy Baroud

 

25 avril 2017

 

url de l’article en français:

http://chroniquepalestine.com/voix-concordantes-confronter-histoire-coloniale-israel/

 

Israël a eu recours à trois principales stratégies pour contrecarrer les appels palestiniens à la justice et aux droits de l’homme, dont le droit de retour pour les réfugiés.

L’une est consacrée à la réécriture de l’histoire, une autre consiste à écarter l’attention des réalités actuelles, et une troisième vise à récupérer le récit palestinien pour en faire un récit israélien.

La réécriture de l’histoire a été mise en branle beaucoup plus tôt que certains historiens ne l’imaginent. La machine de la hasbara [propagande] israélienne a été mise en mouvement presque simultanément avec le Plan Dalet (Plan D) qui a vu la conquête militaire de la Palestine et le nettoyage ethnique de ses habitants.

Mais le discours actuel concernant la « Nakba » – ou la « Catastrophe » – qui a frappé le peuple palestinien en 1947 et 1948 a été élaboré dans les années 1950 et 60.

Dans un article intitulé « Pensée catastrophique : Ben Gurion a-t-il réussi à réécrire l’histoire? » Shay Hazkani a révélé la manière impressionnante dont le premier Premier ministre d’Israël, Ben Gurion, a travaillé en étroite collaboration avec un groupe d’érudits juifs israéliens pour développer une version d’événements pour ce qui s’est passé en 1947-1948 : la fondation d’Israël et la destruction de la Palestine.

Ben Gurion voulait propager une version de l’histoire qui soit compatible avec la position politique d’Israël. Il avait besoin de « preuves » pour appuyer cet objectif.

Les « preuves » sont finalement devenues « l’histoire », et aucun autre récit n’a été autorisé à contester le discours d’Israël sur la Nakba.

« Ben Gurion n’a probablement jamais entendu le mot ‘Nakba’, mais au début des années 1950, le premier ministre israélien a saisi l’importance du récit historique », a écrit Hazkani.

Le leader israélien a donné pour mission à des chercheurs payés par l’État de façonner une histoire alternative qui continue d’imprégner la pensée israélienne à ce jour.

S’écarter des réalités historiques – ou de la réalité actuelle de l’horrible occupation de la Palestine – est une volonté qui remonte à près de 70 ans.

Des premiers mythes de la Palestine d’une « terre sans peuple pour un peuple sans terre » selon la revendication d’aujourd’hui, à celui d’Israël icône de la civilisation, de la technologie et de la démocratie entourée de sauvages arabes et musulmans… les mensonges israéliens sont implacables.

Par conséquent, alors que les Palestiniens se préparent à commémorer la guerre du 5 juin 1967 qui a conduit à une occupation militaire qui date maintenant de 50 ans, Israël prévoit une grande fête, une « célébration » majeure de son occupation militaire des terres des Palestiniens.

L’absurdité échappe à tous les Israéliens, bien sûr.

« Un Etat qui célèbre 50 ans d’occupation est un Etat dont le sens de l’orientation a été perdu, comme sa capacité à distinguer le bien du mal », a écrit le commentateur israélien Gideon Levy dans le journal Haaretz.

« Qu’est-ce que les Israéliens ont à célébrer? Cinquante ans de sang, d’abus, de vols et de sadisme? Seules les sociétés qui n’ont pas de conscience célèbrent ces anniversaires. »

Levy soutient qu’Israël a gagné la guerre de 1967 mais a « perdu presque tout le reste ».

Depuis lors, l’arrogance d’Israël, lsa haine du droit international, « le mépris permanent pour le monde, la vantardise et l’intimidation », ont tous atteint des sommets sans précédent.

L’article de Levy est intitulé: « Notre Nakba ».

Levy n’essaie pas de reprendre le récit palestinien, mais il rappelle de façon résumée que les succèss militaires d’Israël sont une affliction, d’autant plus qu’ils ne sont jamais suivis de la moindre réflexion nationale ni d’aucune tentative de corriger les injustices du passé et du présent.

Mais le processus de revendication du terme « Nakba » a été mené par des écrivains israéliens durant de nombreuses années.

Pour ces penseurs, « la Nakba juive » se réfère aux Juifs arabes qui sont arrivés dans l’Israël nouvellement indépendant, fondé en grande partie sur l’incitation des dirigeants sionistes à l’égard des Juifs du monde entier à « retourner » dans la patrie biblique.

Un éditorial dans The Jerusalem Post s’est plaint que « la propagande palestinien a persuadé l’opinion publique mondiale que le terme ‘réfugié’ est synonyme de ‘Palestinien’ ».

Ce faisant, les Israéliens qui tente de dénaturer le récit palestinien espèrent créer un équilibre dans le discours, ce qui, bien sûr, est incompatible avec la réalité.

Cette construction place le nombre de « réfugiés juifs » de la « Nakba juive » à 850 000, légèrement au-dessus du nombre de réfugiés palestiniens qui ont été expulsés par les milices sionistes lors de la fondation d’Israël.

Heureusement, des affirmations aussi mensongères sont de plus en plus contestées par des voix juives.

Quelques voix, mais significatives, parmi les intellectuels israéliens et juifs à travers le monde ont franchi le pas réexaminer le passé d’Israël.

Ils se confrontent à juste titre à une version de l’histoire qui a été acceptée en Israël et en Occident comme la vérité incontestée à l’origine de la naissance d’Israël en 1948, l’occupation militaire de ce qui restait de la Palestine en 1967 et d’autres périodes historiques.

Ces intellectuels imprègnent la façon d’aborder la question de la Palestine et d’Israël partout où ils vont. Leurs voix sont particulièrement significatives dans le défi des poncifs officiels israéliens et des mythes historiques.

Écrivant dans le Forward, Donna Nevel refuse d’accepter que la discussion sur le conflit en Palestine commence par la guerre et l’occupation de 1967.

Nevel est critique à l’égard des soi-disant sionistes progressistes qui prétendent devoir limiter le débat à la question de l’occupation, restreignant ainsi toute possibilité de résolution à la « solution à deux États ».

Non seulement une telle « solution » est défunte et pratiquement impossible, mais la discussion même évacue la Nakba, ou la Catastrophe, de 1948.

La « Nakba n’entre pas dans ces discussions parce que c’est l’héritage et la manifestation la plus claire du sionisme », écrit Nevel.

« Ceux qui ignorent la ‘Nakba’ – ce que les institutions sionistes et israéliennes ont constamment fait – refusent de reconnaître le sionisme comme illégitime dès le début de sa mise en œuvre ».

C’est précisément la raison pour laquelle la police israélienne a récemment bloqué la « Marche du retour » organisée chaque année par des Palestiniens en Israël.

Pendant des années, Israël s’est méfié du fait qu’un mouvement croissant parmi les Palestiniens, les Israéliens et d’autres à travers le monde, a poussé pour un changement de paradigme afin de comprendre les racines du conflit en Palestine.

Cette nouvelle pensée a été le résultat logique de la fin du dit « processus de paix » et de la disparition de la perspective d’une solution à deux États.

Incapable de sauvegarder ses mythes fondateurs, mais incapable également d’offrir une alternative, le gouvernement israélien utilise maintenant des mesures coercitives pour répondre au mouvement en essor : punir ceux qui veulent commémorer la Nakba, frapper d’amendes les organisations qui participent à de tels événements, et même traiter comme parias les individus et les groupes juifs qui s’écartent de sa pensée officielle.

Dans ces cas, la coercition ne donne guère de résultats.

« La marche (du retour) a rapidement augmenté en taille au cours des dernières années, au mépris des mesures de plus en plus répressives des autorités israéliennes », a écrit Jonathan Cook sur le site d’Al-Jazeera.

Il semble que 70 ans après la fondation d’Israël, le passé est de plus en plus présent.

Heureusement, les voix palestiniennes qui ont depuis toujours contesté le récit officiel israélien sont maintenant associées à un nombre croissant de voix juives.

C’est grâce à un nouveau récit commun qu’une vraie compréhension du passé peut être saisie, avec l’espoir qu’une vision pacifique de l’avenir puisse remplacer l’actuelle, faite de domination militaire, de ségrégation et de pure propagande.

Colonialisme en Palestine: la politique du flinguer pour tuer de l’état sioniste

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Tuez-les tous !

 

Jonas Alexis

 

4 janvier 2017

 

url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2017/01/04/kill-them-all/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Bien avant que Netanyahou s’en vint sur la scène politique, le premier ministre israélien Yitzhak Shamir avait comparé les Palestiniens à une “nuée de sauterelles”.

HRW vient juste de condamner la politique d’Israël du “tirer pour tuer”. Politique simple: si la force de défense israélienne et les policiers perçoivent ou pensent qu’un Palestien va commettre un crime, alors ces personnels encouragent la force de défense à abattre immédiatememt et sans hésitation le Palestinien en question.

Tout membre des force de défense devrait être capable de “tirer pour tuer” le Palestinien “sans y penser à deux fois… aucun attaquant, homme ou femme, ne devrait sortir de quelque attaque que ce soit vivant.”[1]

La preuve n’est en rien importante. Ce qui est le plus important est que si la police ou l’armée veut tuer un Palestinien, alors ils peuvent le faire. La FDI et la police sont en elles-mêmes la preuve du bienfondé de l’action. Tout ce qu’elles ont alors à faire pour défendre leur cas est de simplement dire que le Palestinien allait faire quelque chose de mal. Sari Bashi, le directeur de la branche israélienne à HRW, a déclaré que ceci est clairement une violation du droit international. [2]

Les question est simplement celle-ci: Le régime israélien a t’il abattu dans le passé des Palestiniens en se basant sur cette politique ridicule ?
La question est OUI.
Ceci ne devrait pas être une surprise du tout. Nous savons et pouvons tenir pour fait établi que la politicienne et ministre de la justice israélien Ayelet Shaket a sans équivoque et ontologiquement déclaré que les Palestiniens étaient les ennemis d’Israël.

“Qui est l’ennemi ?” a t’elle demandé. “Le peuple palestinien. Pourquoi ? Demandez-leur, ils ont commencé…” L’idéologie politique de Shaked en regard des Palestiniens vaut la peine d’être citée entièrement:

“Le peuple palestinien nous a déclaré la guerre et nous devons répondre par la guerre. Pas une opération, lente et de basse-intensité, pas une escalade contrôlée, pas de destruction d’infrastructure terroriste, pas d’assassinats ciblés. Assez de toutes ces biaiseries. C’est une guerre. Les mots ont un sens. C’est une guerre.

Ce n’est pas une guerre contre le terrorisme, pas une guerre contre l’extrémisme, pas même une guerre contre l’Autorité Palestinienne. Tout ceci est également une forme d’ignorance de la réalité. Ceci est une guerre entre deux peuples. Qui est l’ennemi ? Le peuple palestinien. Pourquoi ? Demandez-leur, ils ont commencé…

Derrière chaque terroriste se tiennent des douzaines d’hommes et de femmes sans qui ils ne pourraient pas s’engager dans le terrorisme. Les acteurs de la guerre sont ceux qui incitent dans les mosquées, qui écrivent des curricula assassins pour les écoles, qui protègent, qui fournissent des véhicules et tous ceux qui les honorent et leur donnent un confort moral.

“Ils sont tous des ennemis combattants et leur sang sera leur responsabilité. Maintenant ceci inclut aussi les mères des martyrs, qui les envoient en enfer avec des fleurs et des baisers. Elles devraient suivre leurs fils, rien ne serait plus juste. Elles devraient dégager, tout comme les maisons, foyers physiques où elles ont élevé leurs serpents. Autrement, d’autres petits serpents y seront élevés.” [3]

Shaked déclare qu’elle a l’intention de “promouvoir des processus avancés” de démocratisation en Israël”, mais comment cela peut-il être compatible avec l’idée que les Palestiniens sont l’ennemi ? Shaked peut-elle vraiment penser que la démocratie pourrait ne serait-ce qu’exister sans ce que Kant qppellerait l’impératif catégorique ou la raison pratique ? Les lois d’Israël en regard des Palestiniens peuvent-elles vraiment être unversalisées ?…

L’idéologie de Shaked n’est pas du tout la démocratie. C’est en fait une perversion de démocratie. Et si vous pensez que c’est exagéré, peut-être devrions-nous amener dans la discussion le rabbin Yitzhak Ginsburg qui a dit de manière non équivoque:

Tout procès en justice qui se base sur la supposition que les juifs et les goyim sont égaux est un total travesti de justice.”[4]

La question à un million de dollars est celle-ci: Shaked a t’elle été jamais mise en doute par la mafia sioniste et les marionnettes nouveaux cons pour avoir de telles saloperies au sujet des Palestiniens ? Y a t’il eu un quelconque politicien américain la réprimandant pour ce qui est essentiellement un plan diabolique ?

Bien sûr que non !

Le fait est que Benjamin Netanyahou et autres officiels israéliens (passés et présents) ont dit des choses tout à fait similaires sur les Palestiniens. “Dans notre voisinage”, a dit le roi bibi “nous devons nous protéger des animaux sauvages… Si un soldat israélien est condamné pour meurtre, il devrait être immédiatement libéré.” dit Natanyahou.

Bien avant que Netanyahou ne vont sur la scène politique, le premier ministre israélien Ytzhak Shamir avait comparé les Palestiniens à une nuée de sauterelles [5] L’ancien chef de la FDI Raphael Eitan avait déclaré dans les années 1980:

“Nous déclarons ouvertement que les Arabes n’ont aucun droit de s’établir ne serait-ce que d’un centimètre sur Eretz Israel… La force est tout ce qu’ils ont et n’est que ce qu’ils comprendront toujours. Nous devrons utiliser la force ultime jusqu’à ce que les Palestiniens viennent à nous à quatre pattes.”

Rabbin Yaacov Perrin: “Un million d’Arabes ne valent pas un ongle juif” [6]

Le rabbin MK Eli Ben-Dahan lui-même a déclaré que les Palestiniens étaient “des animaux, ce ne sont pas des humains.” Puis il a ajouté: “Un juif a toujours un bien plus grande âme qu’un gentil, même s’il est homosexuel.

Les homosexuels d’Amérique et d’occident ne devraient-ils pas être en colère de la dégradation faite ici par Ben-Dahan ? L’organisation juive aux Etats-Unis ne nous vante t’elle pas ad nauseam que l’homosexualité est une grande chose ? Pourquoi cette organisation ne réprimande t’elle pas le rabbin Ben-Dahan pour ses vues discriminatoires ?..

[1] “‘Israeli shoot-to-kill policy belongs to western movie laws’ – HRW official to RT,” Russia Today, January 4, 2017.

[2] Harriet Agerholm, “Israeli officials back shoot-to-kill policy of Palestinian suspects, says Human Rights Watch,” Independent, January 3, 2017.

[3] Ishaan Tharoor, “Israel’s new justice minister considers all Palestinians to be ‘the enemy,’” Washington Post, May 7, 2015.

[4] Quoted in Alan Cowell, “An Israeli Mayor Is Under Scrutiny,” NY Times, June 6, 1989.

[5] Ron Kampeas, “Andrew Sullivan owes Yitzhak Shamir an apology,” Jewish Telegraphic Agency, May 6, 2015.

[6] Quoted in Clyde Haberman, “West Bank Massacre; Israel Orders Tough Measures Against Militant Settlers,” NY Times, February 28, 1994.

Résistance au colonialisme: Pression sur Israël à l’ONU

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 1 juillet 2016 by Résistance 71

Le Groupe Africain se lâche sur l’occupation israélienne de la Palestine

Press TV

28 juin 2016

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/Detail/2016/06/28/472541/African-Group-Israel-UNHCR-Palestinian

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le Groupe Africain de 54 membres a envoyé une déclaration enflammée au corps des droits de l’Homme de l’ONU, critiquant sévèrement Israël pour ses graves violations des droits des Palestiniens.

Lundi a vu le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU débattre de l’observation par Israël des droits de l’Homme sous son agenda section 7 comme le corps constitué le fait durant chacune de ses sessions.

Le Groupe Africain est le groupe régional le plus important et le seul dont le territoire correspond aux frontières du continent.

Le groupement régional “appelle à mettre un terme immédiat à l’occupation d’Israël en Palestine, à ses colonies et à son blocus de plus de 2 millions de personnes dans la bande de Gaza, la détention et l’emprisonnment de milliers de Palestiniens et toutes les autres formes de punition collective ciblant le peuple palestinien opprimé”, peut-on lire dans la déclaration.

Les Palestiniens ont le droit à “l’auto-détermination et à un état sur la base des frontières du 4 juin 1967”, précise la déclaration. Un tel état, disent les pays concernés, devrait avoir Al-Quds (Jérusalem) comme capitale.

Plus d’un demi-million d’Israéliens vivent dans plus de 230 colonies illégales construites depuis 1967 et l’occupation par Israël de la Cisjordnaie, incluant Jérusalem-Est. Ces colonies sont considérées comme illégales par la communauté inernationale.

Gaza est sous des conditions de blocus depuis 2007, une situation qui a provoqué le déclin dramatique des standards de vie pour tous les Gazaouis, des niveaus de chômage sans précédent et une pauvreté croissante et permanente.

Les chiffres continuent de montrer que plus de 7000 Palestiniens sont actuellement retenus dans quelques 17 prisons israéliennes, quelques douzaines d’individus servant des peines de prison à perpétuité.

La déclaration ajoute: “La communauté internationale doit élever sa responsabilité et prendre une action urgente afin de remédier à cette situation, alors qu’elle pousse à la promotion de la protection des droits de l’Homme et des libertés fondamentales à travers le monde, ils nous incombent donc de porter une attention toute particulière à la plaidoirie du peuple vivant dans les territoires palestiniens occupés et qui souffre une situation dramatique concernant leurs droits fondamentaux en raison de cette occupation.

Les Etats-Unis refusent toujours de participer à des débats du conseil sur l’article 7 de la charte qu’ils dénoncent comme étant biaisé contre Israël.

Colonialisme en Palestine: Quand l’état sioniste veut faire de Gaza une colonie pénitentiaire…

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Israël veut faire du ghetto de gaza sa colonie pénitientiaire

 

Gideon Levy

 

18 Mars 2016

 

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15952

 

À une heure de route de Tel Aviv : un ghetto. Peut-être le plus grand ghetto au monde, avec une population d’environ deux millions de personnes. Selon les derniers chiffres de Gisha, centre juridique pour la liberté de circulation (une ONG israélienne), le chômage à Gaza atteint 43 % ; 70 % des habitants de Gaza ont besoin d’aide humanitaire ; 57 % vivent dans l’ombre de l’insécurité alimentaire.

Et puis il y a le rapport inquiétant de l’ONU datant d’août 2015 et intitulé « Gaza en 2020 : un lieu vivable ? ». D’ici là, les dommages causés aux infrastructures hydrauliques seront irréversibles et, déjà aujourd’hui, l’eau est imbuvable.

PNB par habitant : 1 161 euros, inférieur à celui d’il y a 25 ans, et peut-être le seul PNB au monde qui ne cesse de baisser. Il faudra 1 000 médecins et 2 000 infirmiers supplémentaires dans le système de santé qui est assiégé et qui s’effondre : d’où viendront-ils ?

De la faculté de santé al-Nuseirat ? Des élèves qui partent à l’étranger pour étudier à Harvard ? L’Égypte a resserré les restrictions de sortie et d’entrée à Rafah ; le monde ignore ses obligations envers Gaza, et Israël exploite les deux – l’intransigeance de l’Égypte et l’indifférence du monde – afin de poursuivre son siège de Gaza, en tandem avec le siège égyptien de Gaza dont Israël retire un encouragement et une légitimité.

Trois heures d’électricité par jour. Parfois six. Sous la pluie et dans le froid, ou sous la chaleur : hiver comme été. Ensuite, douze heures ou plus sans électricité, jusqu’au trois (ou six) prochaines heures. Tous les jours. Près de deux millions de personnes. Dont un million de réfugiés ou d’enfants de réfugiés, en conséquence directe ou indirecte des actions d’Israël.

Près d’un million d’enfants. Peu de gens peuvent imaginer cela. Peu d’Israéliens en ressentent une quelconque culpabilité. Peu d’Israéliens semblent s’en soucier le moins du monde. Le Hamas, vous savez.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a aujourd’hui une idée originale : dans cet endroit maudit, il veut bannir les familles des auteurs d’attaques au couteau ou à la voiture-bélier des derniers mois.

Désormais, toute fille ou tout garçon avec un couteau ou une paire de ciseaux ne sera plus seulement exécuté sur place, comme cela est arrivé dernièrement, que cela ait été nécessaire ou non ; à partir de maintenant, leurs familles seront punies elles-aussi. Elles payeront.

Netanyahou a déjà consulté son nouveau procureur général, Avichai Mandelblit, pour un avis officiel : si ce dernier le permet, c’est très bien du point de vue de Netanyahou. S’il refuse, Netanyahou peut toujours accuser encore une fois le système judiciaire israélien de l’empêcher de défendre les citoyens de la nation contre le terrorisme. Il gagne sur toute la ligne.

L’opinion publique israélienne soutient largement les idées folles de Netanyahou : la plupart des Israéliens soutiennent toutes les sanctions draconiennes qu’il invente contre les « terroristes » et leurs familles. La sanction collective est contraire au droit international ? Israël obtient un passe-droit. Israël n’accorde aucune considération au droit international, un instrument important et juste, mais, pour Israël, hors de propos.

En principe, une question revêt beaucoup plus d’importance que la démagogie de Netanyahou, alors qu’il a tenté par tous les moyens et à tout prix ces derniers mois de satisfaire l’extrême droite dans un climat d’intense ultranationalisme. Netanyahou sait que les services de sécurité d’Israël n’ont aucun moyen de contrer les attaques perpétrées par des loups solitaires dans cette dernière manifestation de la rébellion contre l’occupation.

Tsahal et le Shin Bet lui disent qu’en matière d’assaillants isolés, qui sont pour la plupart très jeunes, qu’aucune infrastructure logistique ou militaire ne soutient, et en l’absence d’implication d’un quelconque mouvement politique ou d’une quelconque organisation dans leurs attaques principalement spontanées et non planifiées, la grande et forte armée d’Israël n’a aucun moyen de réagir. Aucun moyen de renseignement pour prévenir ou contrecarrer ces attaques. Et les armes technologiques sophistiquées d’Israël n’aideront pas, ni son armée d’informateurs palestiniens, ni l’avion furtif américain ou les sous-marins allemands.

Aucune armée au monde n’a quoi que ce soit pour contrer l’adolescente avec des ciseaux et l’adolescent avec un couteau de cuisine qui se lèvent un matin et décident d’aller commettre une attaque. Il n’y a pas de solution militaire à près de 50 ans de désespoir. Mais Netanyahou doit toujours montrer qu’il « fait quelque chose », ce que veut le public israélien, et qu’il ne reste pas assis là à se lamenter des attaques quotidiennes ou quasi-quotidiennes, lesquelles ne montrent aucun signe quelconque de déclin ou de fin, alors même que la plupart d’entre elles aboutissent à la mort de leurs auteurs et à des pertes relativement faibles du côté israélien.

Donc, une fois de plus, dégainons cette riposte éculée consistant à raser les maisons des familles des auteurs d’attaques. Selon B’Tselem, Israël a déjà démoli ou scellé 31 de ces maisons depuis le début du mois d’octobre 2015. Parmi celles-ci, 14 étaient en fait les maisons des voisins, détruites en même temps que celles des familles des auteurs des attaques, mais encore une fois, tout le monde en Israël s’en moque.

Avec l’imprimatur du système judiciaire israélien, il existe une sanction collective pour tout. Certains, mais pas tous, experts en sécurité affirment que cela a un effet dissuasif sur les terroristes, mais tout au long des intifadas, cette assertion n’a jamais été prouvée. Au contraire, quiconque connaît l’atmosphère palestinienne sait que les démolitions de maisons ont en fait motivé un nombre croissant de jeunes à commettre des attaques, comme vengeance. Lorsque quelqu’un est prêt à payer de sa vie, quand son désespoir est si profond, penser à la démolition de la maison de sa famille ne le dissuadera pas.

Pendant ce temps, la rage intensifie seulement parmi les ruines des maisons détruites. Il y a quelques jours, je me suis rendu dans deux maisons détruites, appartenant aux familles des assaillants dans le village de Dura, au sud d’Hébron. Dix-neuf personnes sont devenues sans abri après la démolition des maisons des familles Harub et Masalma.

Flânant dans les ruines, Haqqi Harub (3 ans), frère cadet de Mohammed Harub, un Palestinien de 22 ans qui a tué deux Israéliens dans une fusillade à la jonction de Gush Etzion en Cisjordanie et a été arrêté par les forces israéliennes. « Je veux tuer un soldat juif », m’a dit l’enfant. Lorsque je lui ai demandé pourquoi, il m’a répondu : « Parce qu’ils ont détruit ma maison. » Haqqi, dont le nom en arabe signifie « c’est mon droit », n’oubliera jamais les ruines de sa maison. Il va grandir sur ce souvenir.

Aujourd’hui, Netanyahou veut être plus sévère avec les familles et les expulser à Gaza. Netanyahou ne sera pas le premier Premier ministre israélien à prendre cette mesure. Au cours de la première et deuxième Intifada, Israël a expulsé des activistes palestiniens en Jordanie, au Liban, à Gaza et dans d’autres pays. La plus grande expulsion s’est en fait déroulée sous le gouvernement de Yitzhak Rabin.

Le 17 décembre 1992, après l’enlèvement et l’assassinat d’un policier aux frontières israélien, Rabin a ordonné l’expulsion de pas moins de 415 militants du Hamas et du Jihad islamique au Liban. Le système judiciaire israélien n’a pas soutenu unanimement cette mesure extrême qu’il a jugée illégale, mais après un appel des expulsés, la Cour suprême l’a autorisée et les 415 militants ont été expulsés vers le Liban. Là, à Marj al-Zouhour, sur une montagne libanaise glacée et sous des températures inférieures à zéro, ont évolué les responsables du Hamas qui dirigent l’organisation à ce jour. Ainsi, non seulement problématique d’un point de vue juridique, l’expulsion n’a par ailleurs jamais fait ses preuves du point de vue des intérêts d’Israël. Il est très peu probable que cette mesure ait ne serait-ce qu’affaibli le terrorisme.

Cependant, Netanyahou veut franchir un pas de plus ou, disons plutôt, faire un autre pas en arrière. Nous ne parlons pas ici de terroristes, mais de leurs familles, qui ne sont pas elles-mêmes soupçonnées d’actes répréhensibles. Si le système judiciaire d’Israël permet que cela se produise – et ce dernier passe généralement tous les caprices des services de sécurité –, les familles (y compris les parents âgés, les femmes et les enfants) de ceux qui s’en sont pris aux Israéliens seront déracinées et expulsées vers Gaza.

En vertu de toute norme judiciaire juste, bien sûr, ce mini-transfert ne pourrait pas résister à un examen. Il viole toute notion de justice naturelle. Il déracinerait des gens innocents de leurs maisons, de leurs communautés, de leurs moyens de subsistance et de leurs racines et transformerait certains d’entre eux en réfugiés pour la deuxième ou la troisième fois dans l’histoire de leur famille.

En outre, cette expulsion n’apportera rien au combat contre le terrorisme. Comme d’autres mesures similaires, celle-ci est principalement destinée aux Israéliens : montrer au public israélien qui a soif de vengeance que son gouvernement punit, par la vengeance. Cette mesure n’a pas d’autre but. Elle pourrait facilement se transformer en option qu’Israël invoquera de manière réitérée, sans retenue.

Soit dit en passant, il y a autre chose dans tout cela qui mérite notre attention : Israël admettrait ainsi officiellement, pour la première fois, que Gaza est une prison, la plus grande au monde, bien sûr. Envoyer les familles des auteurs d’attaques à Gaza est présenté comme une punition et le choix de Gaza comme une colonie pénitentiaire d’Israël, sa propre île du Diable, constitue aussi l’aveu que Gaza est considérée comme un camp de prisonniers, une immense cage en plein air. Israël, tout en affirmant que l’occupation de Gaza est terminée, prouve que cette prison reste une prison, tandis que ses gardes ont simplement préféré aller à l’extérieur et monter la garde de là.

Haqqi Harub erre maintenant en état de choc parmi les ruines de sa maison à Dura dans les collines du sud d’Hébron. Quand je suis allé là-bas, parmi les débris, son père lui a donné un shekel pour acheter des bonbons, comme pour aider l’enfant à oublier sa colère et sa frustration devant l’Israélien nouvellement arrivé.

Si cela ne tenait qu’à Benjamin Netanyahou, Israël ne se contenterait pas de la démolition de la maison familiale du petit Haqqi : il l’enverrait à Gaza, quel que soit le sort qui l’attendrait là-bas, totalement assiégé, sans électricité et sans eau potable, dans un lieu qui, d’ici quatre ans, sera inhabitable. Le nom « Gaza » est lié, en hébreu, au nom « Azazel » – dans la tradition biblique, l’endroit où un bouc émissaire a été précipité au bas de la montagne vers sa mort.

* Gideon Levy : Né en 1955, à Tel-Aviv, est journaliste israélien et membre de la direction du quotidien Ha’aretz. Il vit dans les territoires palestiniens sous occupation.

Résistance au colonialisme: Israël ou l’inversion du colonialisme…

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Parce que nous somme tous des colonisés ! (Résistance 71)

 

La démocratie progressiste attaquée en Israël ou l’inversion du colonialisme

Quand le léviathan colonial se retourne contre lui-même

Neve Gordon

12 Mars 2016

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15947

 

Une série de nouvelles lois draconiennes, de politiques et de réglementations que viennent renforcer des campagnes d’incitation à la haine envers les citoyens palestiniens d’Israël et de plus en plus envers les juifs progressistes conduit très rapidement à une inversion du projet colonial d’Israël.

Si auparavant on pouvait dire qu’Israël colonisait la Cisjordanie, la Bande de Gaza, Jérusalem-Est et les Hauteurs du Golan, aujourd’hui les stratégies de gouvernement mises au point et appliquées par Israël dans ces zones occupées ont également infiltré et colonisé l’état juif dans ses frontières d’avant 1967. De fait, le léviathan colonial se retourne sur lui même.

L’attaque initiale contre le vernis de démocratie progressiste incluait la proposition actuelle du gouvernement d’un nouveau projet de loi obligeant les militants des droits de l’homme dont les associations reçoivent des financements étrangers à porter un badge lorsqu’ils participent à des réunions à la Knesset ou dans d’autres lieux publics. Est venue ensuite la campagne d’incitation à la haine envers l’association de soldats démobilisés Breaking the Silence et d’autres organisations des droits de l’homme, ce qui est maintenant monnaie courante dans le paysage politique.

Puis, un roman sur une histoire d’amour entre une juive et un Palestinien fut exclu du programme d’enseignement secondaire en Israël, de crainte, soi-disant, qu’il n’encourage les mariages mixtes entre juifs et non-juifs. Enfin, le programme d’enseignement d’éducation civique du lycée est actuellement révisé, et certains des concepts fondamentaux qui traitent de la démocratie en sont retirés pour être remplacés par d’autres qui mettent l’accent sur l’histoire et l’identité juives.

Mais il s’avère que ce n’était que le siftah. Le projet de loi proposé « Loyauté dans la culture », qui déclare que l’état subventionnera uniquement l’art non critique du projet sioniste, pourrait venir tout droit de l’Union Soviétique de Staline. Rédigé par la ministre de la culture Miri Regev, le projet définie comme déloyal l’art qui « Conteste le caractère juif et démocratique de l’état d’Israël … soutient la lutte armée ou des actes de terreur contre l’état d’Israël de la part d’un pays ennemi ou d’une organisation terroriste ; commémore la Fête de l’Indépendance comme jour de deuil ; commet un acte de vandalisme ou de dégradation physique qui déshonore le drapeau du pays ou un symbole de l’état. »

Selon le metteur en scène Uri Rosenwaks, qui jusqu’à récemment siégeait comme président du Israeli Documentary Filmmakers Forum, « Les législateurs ont réussi à dépeindre comme traitres les écrivains et artistes qui traitent de questions comme les droits de l’homme, l’occupation et la démocratie. Le paradoxe c’est que Miri Regev et d’autres ministres espèrent que ces mêmes artistes critiqueront les nouvelles lois et réglementations, parce que sévir contre quiconque critique les mesures politiques israéliennes donne du crédit à ces ministres au sein de leur électorat. La critique elle-même est de plus en plus perçue comme illégitime, et c’est ce qu’il a de plus dangereux actuellement. »

Toutefois, cette démarche à l’encontre des artistes est comparable à la haine dirigée contre les citoyens palestiniens d’Israël, et tout particulièrement leurs représentants. Il se passe rarement un jour sans que des hommes/femmes politiques ou commentateurs politiques ne fassent une quelconque observation incitant à la haine de la minorité en Israël qui représente 20 pourcent de la population.

La députée à la Knesset Hanin Zoabi est présentée dans les organes des médias israéliens comme rien de moins que Satan, tandis que ses collègues de la Liste Unifiée sont régulièrement qualifiés de terroristes, de cinquième colonne ou de traitres. Le racisme est si manifeste, effrayant, et éhonté que mes amis palestiniens de Beer-Shiva n’allument plus leur poste de télévision.

En effet, lundi, la Commission Constitutionnelle de la Knesset a donné son accord préliminaire à la « Loi de Suspensive, » qui accorde aux élus (juifs) à la Knesset l’autorité de juger si l’idéologie de leurs collègues (palestiniens) est casher ou pas. Et alors que l’intitulé de la loi utilise le mot suspension, en réalité elle autorise la Knesset à expulser des députés dont le comportement est « inapproprié » ; à savoir, « qui nient le caractère juif et démocratique de l’état d’Israël ; qui font l’apologie du racisme ; et soutiennent la lutte armée d’un état ennemi ou d’une organisation terroriste contre l’état d’Israël. »

Exprimer un soutien quelconque à la résistance palestinienne en Cisjordanie et Gaza sera un motif suffisant pour prononcer une expulsion de la Knesset. Le message est clair : si à une époque l’égalité formelle (par opposition à réelle) était reconnue et présentée comme souhaitable en Israël dans ses frontières d’avant 1967, aujourd’hui l’égalité même formelle n’est plus de mise. L’objectif, comme l’affirme l’éditorial de Ha’aretz, c’est « une Knesset sans Arabes. »

Et qu’en est-il des citoyens palestiniens à l’intérieur d’Israël ?

Je me suis récemment rendu dans un village bédouin Um al-Hiran, qui est voué à être détruit et remplacé par une colonie juive dénommée Hiran. Les habitants d’Um al-Hiram sont, bien sûr, citoyens d’Israël. A quelques kilomètres d’Um al-Hiram, au milieu d’une forêt de la Jewish National Fund,* une trentaine de familles religieuses vivent dans des logements de fortune dans un périmètre clôturé, attendant patiemment que le gouvernement expulse les familles bédouines de leur maison.

Lors d’une visite récente de cette communauté juive improvisée, j’ai vu des maisons éparpillées autour d’une aire de jeux et d’une agréable école maternelle dont le mur extérieur est décoré de peintures gaies. Inutile de dire, que ce cadre bucolique était à la fois perturbant et surréaliste. J’ai trouvé sur le web cette photo des gens qui doivent déposséder les habitants d’Um al-Hiran. Ils sont souriants, heureux ; ce sont des colons de Cisjordanie qui sont revenus en Israël pour coloniser une terre bédouine. Le colon est de retour et importe avec lui la colonisation.

* Le Fonds national juif ou Keren Kayemeth LeIsrael, en hébreu, littéralement : « fonds pour la création d’Israël », est un fonds qui possède et gère plusieurs centaines de milliers d’hectares de terres en Israël. Wikipédia

Neve Gordon est un politologue et historien israélien, il est l’auteur de Israel’s Occupation, et de The Human Right to Dominate (co-écrit avec Nicola Perugini).