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Résistance politique: Le flop de sionisme sur Seine…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 17 août 2015 by Résistance 71

« Les mythes centraux au sujet de l’origine d’une nation merveilleuse qui émergea du désert, conquît une vaste terre et bâtît un glorieux royaume furent instrumentaux à la monté du nationalisme juif et de la colonisation sioniste… Avec la monté des nationalismes dans les temps modernes, il devint de plus en plus évident [que la bible] était une composition d’humains comme une reconstruction de leur passé. Même dans l’Angleterre protestante pré-nationaliste, même parmi les colons puritains s’établissant en Amérique du Nord et en Afrique du Sud, le livre devint, au travers d’anachronisme et d’une imagination fervente et fertile, une sorte de modèle idéal pour la formation d’une collectivité politico-religieuse moderne… Ainsi la bible devint un livre séculier que les élèves lisent pour apprendre au sujet de leurs ancêtres, ces mêmes enfants qui plus tard marchent fièrement parmi la soldatesque, guerroyant pour la colonisation et l’indépendance… »

~ Schlomo Sand ~

 

Le sionisme au delà de ses crimes commis, est la représentation ultime de la vivacité coloniale occidentale. Israël est devenu un exutoire: tant qu’on fixe sur lui, on oublie le pire des colonialismes occidentaux toujours en place et établi au XVème siècle avec la doctrine chrétienne de la découverte. L’empire actuel états-unien est fondé sur le colonialisme toujours vivace et l’usurpation de ses terres et territoires aux nations et peuples originellement libres et indépendants comme le furent les palestiniens depuis plus de 2000 ans. Israël est le punching ball pour détourner l’attention de sa source impérialiste: La City de Londres et ses affiliés de Wall Street, tirant les ficelles des marionnettes mises en place pour nous maintenir divisés. Exposer l’envers du décors est une manœuvre de salubrité publique !

— Résistance 71 —

 

Tel Aviv sur Seine a pris l’eau !

 

Campagne BDS France

 

15 Août 2015

 

url de l’article:

http://bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=3797:communique-bds-france-qtel-aviv-sur-seineq-a-pris-leau-&catid=49:actualites&lang=fr

http://www.mondialisation.ca/tel-aviv-sur-seine-a-pris-leau/5469421

 

Jeudi 13 Août 2015, la honte s’est abattue sur Paris, qui a importé la politique d’apartheid ultra-militarisée qui caractérise autant Tel Aviv que toutes les autres villes israéliennes. Le colossal dispositif de sécurité visible jeudi 13 août, qui succède à une semaine de condamnations de cette grave erreur politique de la part d’Anne Hidalgo et de son équipe, marque déjà l’échec de l’initiative Tel Aviv sur Seine.

Grâce à un service d’ordre musclé et raciste, assuré par les fascistes de la Ligue de Défense Juive, seules quelques personalités triées sur le volet, ainsi que de nombreux journalistes, ont pu “profiter” de cet espace que leur avait alloué la Mairie de Paris pour leur tentative de blanchiment de la “marque” Israël. Leur entreprise de propagande s’est transformée en une magnifique tribune offerte à la critique de la colonisation, de l’apartheid et des crimes de l’Etat israélien et a suscité une importante mobilisation.

Interdits d’entrer, comme les Palestiniens dans les check-points en Palestine occupée, et malgré les tentatives des CRS pour les en empêcher, une cinquantaine de militant.e.s de BDS France s’est lancée dans une action directe en déployant une banderole “Apartheid Sur Seine” sur le pont d’Arcole tout proche. Plusieurs associations ont participé à cette action (Ensemble, PIR, NPA, PG, Solidaires, CNT, Les Désobéissants, UJFP et autres…), toutes adhérentes à la Campagne BDS France.

L’action s’est poursuivie pendant une heure et demi, se rendant jusqu’à la place du Chatelet, en passant par les quais et la place de l’Hôtel de Ville. Les militant.e.s brandissaient des pancartes, certaines reprenant le très beau dessin que le dessinateur Tardi avait offert en solidarité, et se faisaient entendre grace à des slogans: Apartheid Sur Seine! Checkpoint Sur Seine! Israël Criminel, Anne Hidalgo Complice! Gaza, Gaza: On N’oublie Pas!, Gaza, Gaza, Paris Est Avec Toi! Israël Apartheid: Boycott! Free Free Palestine!

La Campagne BDS France se félicite du total échec de cette opération de propagande et continuera à se mobiliser contre toute les initiatives de blanchiment de l’apartheid israélien.

Apartheid Sur Seine !

Gaza, Gaza, on oublie pas !

Boycott Israël Apartheid !

« liberté » d’expression: le deux poids deux mesures occidental…

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Quand le Mossad assassinait un grand caricaturiste palestinien

 

IRIB

 

11 janvier 2015

 

url de l’article original:

http://french.irib.ir/component/k2/item/355299-quand-le-mossad-assassinait-un-grand-caricaturiste-palestinien

Souvenons nous !

Le dessinateur et caricaturiste palestinien, Naji al-Ali, célèbre, au Proche-Orient, a été assassiné, à Londres, le 22 juillet 1987, près du quotidien koweiti, Al-Qabas, où il travaillait. Il était irrévérencieux, à l’égard des potentats arabes, appelait le Sionisme par son nom et dénonçait la corruption de certains dirigeants palestiniens. Un tueur-professionnel lui a logé une balle, dans la tête, et a continué son chemin, calmement, sans être inquiété.

La presse occidentale ne s’est pas émue de cette atteinte à la liberté d’expression, comme c’est le cas, aujourd’hui, après l’attentat, dont a été victime Charlie Hebdo. Deux poids et deux mesures?

Dix mois plus tard, Scotland Yard a arrêté un certain Ismaïl Suwan, un étudiant palestinien, impliqué dans l’organisation du meurtre. Interrogé, il a révélé qu’il avait été recruté, par le Mossad, et que ses supérieurs l’avaient informé du projet d’assassinat.

Devant le refus d’Israël de s’expliquer sur ce crime, Margaret Thatcher – Premier ministre britannique – ordonna la fermeture de l’antenne du Mossad, à Londres – Palace Green – et l’expulsion de deux «diplomates» israéliens. Bien que connue du MI5 – service de renseignement intérieur britannique – l’identité de l’assassin – un agent du Kidon, le service action du Mossad – n’a jamais été divulguée.

La presse occidentale n’a pas remué ciel et terre, pour que le tueur et ses commanditaires soient appréhendés et jugés.

Le Mossad a poursuivi ses activités, en Grande-Bretagne, tranquillement, mais sans statut officiel.

Il a fallu attendre 1998, pour qu’Ephraïm Halevy, nouvellement nommé à la tête du Mossad, obtienne de Margareth Thatcher la réouverture du bureau du Mossad, à Londres.

Dans la présentation du «Livre de Handala« , le dessinateur- caricaturiste français, Siné – licencié de Charlie Hebdo, en juillet 2008, pour des propos dits anti-sémites» par Philippe Val, le directeur d’alors – a rappelé que le dessinateur a été tué, «à cause des convictions qu’il exprimait à merveille, à travers ses dessins et son petit personnage ,nommé Handala »

Handala, réfugié palestinien de 10 ans misérable, est présent, sur tous les dessins de Naji al-Ali, le dos tourné au monde, qui a trahi son peuple.

Attentat Charlie Hebdo: L’œuvre de mercenaires (ex-général Ivachov)

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Nous relayons cette opinion car elle émane du général Leonid Ivashov qui fut le chef d’état major de l’armée russe au moment des attentats du 11 Septembre 2001. Ivashov a toujours dit que ces attentats émanaient de l’intérieur du complexe militaro-industriel des Etats-Unis, il a participé à bon nombre de conférences pour la paix, dont la conférence Axis for Peace à Bruxelles en 2005 et il est un de ceux qui en savent beaucoup sur pas mal de choses. Il est toujours bon d’écouter et de noter ce qu’il dit…

— Résistance 71 —

 

Que se cache t’il derrière l’attentat terroriste de Paris ? (Ivachov)

 

IRIB

 

8 janvier 2015

 

url de l’article original:

http://french.irib.ir/info/international/item/355006-les-etats-unis-et-israël-sont-dernière-l’attentat-terroriste-à-paris

 

«L’attaque terroriste, menée en France, est l’œuvre de mercenaires, recrutés par les Etats-Unis ou Israël, dont l’objectif est de détruire l’image de l’Islam» a estimé le général Ivachov, vice-Président de l’Académie des questions géopolitiques.

«Aucun vrai Musulman ne se livre à de tels actes», a-t-il précisé.

«Les vrais Musulmans ne sont pas à l’origine de tels actes, ce sont plutôt d’autres forces. Eventuellement, Israël et les Etats-Unis sont dernière cet acte», a-t-il indiqué.

Et Ivachov  de poursuivre : «Actuellement, nous assistons à une guerre des civilisations. Ce qui se déroule, depuis les Etats-Unis vers le Moyen-Orient et en Afrique du Nord, est une tentative d’anéantir la civilisation islamique. Tout comme ce qui se passe, actuellement, en Ukraine, l’objectif reste le même. En effet, l’incident, survenu à Paris, n’est pas la guerre des Musulmans contre l’Islam. Cet incident est plutôt l’œuvre de mercenaires et de personnes fanatiques et extrémistes. C’est un acte bien calculé, commis par des mercenaires, qui, en contrepartie d’argent, se livrent à de tels actes. Ce sont des islamistes extrémistes, qui ne comprennent rien à la culture authentique islamique.  Ils se servent du nom de l’Islam, comme d’un instrument».

La controverse des caricatures et l’outrage fait à l’Islam sont les seuls prétextes, pour donner à de tels incidents un aspect idéologique.

«Il est bien évident que l’Islam n’est pas derrière cet incident. Cet incident est, fort probablement, une opération organisée par les Etats-Unis,  pour porter atteinte à la culture et à l’image de l’Islam,  dans le but de soulever la nation européenne contre l’Islam. Ils font, ainsi, d’une pierre deux coups. Il est probable que les agents de sécurité d’Israël y soient impliqués. Tout comme nous sommes témoins, aujourd’hui, en Europe, et pour différentes raisons, de l’exacerbation du sentiment anti-israélien. L’une  des raisons de cette exacerbation, ce sont les actes de ce régime, au Moyen-Orient, commis avec l’aide des Etats-Unis, ayant conduit à l’exode d’un grand nombre d’immigrants vers le continent  européen. C’est pour cette raison que les Américains et  les Européens ne sont pas, pour autant, satisfaits d’Israël, la reconnaissance, par certains pays européens, de l’Etat indépendant palestinien, assénant un autre coup à l’image des Etats-Unis et d’Israël.

Média, propagande et Nouvel Ordre Mondial: La nouvelle religion d’État…

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LE BLASPHÈME EN FRANCE LAÏQUE

La Shoah : Religion d’Etat ?

 

Diana Johnstone

 

28 JANVIER 2014

 

url de l’article en français:

http://www.silviacattori.net/article5366.html

 

La campagne du gouvernement français, des grands médias et des organisations influentes pour faire taire l’humoriste franco-camerounais Dieudonné M’Bala M’Bala ne cesse de révéler une coupure radicale dans la perception que les Français ont du comédien mais aussi sur d’autres questions.

La « mobilisation » officielle, annoncée par le Ministre de l’Intérieur Manuel Valls à l’Université d’Eté du Parti Socialiste en août dernier, se poursuit en accusant le comédien d’utiliser ses spectacles pour semer la haine contre les Juifs. Son geste de la « quenelle » (*) serait un « salut nazi renversé ».

Son public rejette ces accusations.

Probablement l’effet de la controverse qui, jusqu’à présent, a été le plus significatif, est la prise de conscience croissante du fait que la Shoah fonctionne comme religion officieuse d’Etat en France.

Exprimant son commentaire sur l’affaire le 10 janvier sur RTL, Eric Zemmour a tancé Valls pour avoir oublié la liberté d’expression tout en se présentant comme un homme de gauche. « C’est la gauche qui nous a appris depuis mai 68 qu’il est interdit d’interdire, c’est la gauche artistique qui nous a enseigné qu’il fallait choquer le bourgeois. C’est la gauche antiraciste qui a fait de la Shoah la religion suprême de la République… ». Produit de la gauche, Dieudonné provoque, d’après Zemmour, la « bourgeoisie bien-pensante de gauche ».

Admettant que Dieudonné fait des plaisanteries « antisémites« , Zemmour juge qu’il était « grotesque et ridicule de faire de M’bala M’bala un nostalgique du troisième Reich ». Le comédien, dit-il, « reproche aux juifs de vouloir conserver le monopole de la souffrance et de voler aux descendants des esclaves la primauté du malheur. »

Il y a d’autres enjeux de plus grande portée. Rappeler la Shoah sert indirectement à justifier le rapprochement toujours plus fort entre la France et Israël en ce qui concerne la politique au Moyen Orient. Dieudonné s’est opposé à la guerre contre la Libye au point de montrer sa solidarité en visitant le pays sous les bombes de l’Otan.

Dieudonné a commencé sa carrière en tant que militant antiraciste. Au lieu de s’excuser lors des protestations contre son sketch de 2003 critiquant un «  colon sioniste extrémiste », Dieudonné a, pendant les années qui suivirent, graduellement élargi la sphère de ses parodies pour y inclure la Shoah elle-même. On peut voir la campagne actuelle pour le faire taire comme un effort visant à réaffirmer le caractère sacré de la Shoah en réprimant une forme contemporaine de blasphème.

Comme s’ils voulaient confirmer cette impression, le Parquet de Paris et le Mémorial de la Shoah ont conclu une convention le 9 janvier selon laquelle tout auteur d’une infraction antisémite âgé d’au moins 13 ans pourra désormais être condamné à effectuer un stage de sensibilisation à l’histoire de l’extermination des Juifs. L’étude des génocides est censée inculquer « les valeurs républicaines de tolérance et de respect pour autrui ».

Et si c’était le contraire de ce qu’il faudrait faire ? Le Procureur de Paris ignore peut-être les jeunes qui prétendent avoir subi trop, au lieu de pas assez, d’éducation sur la Shoah ?

Exceptionnellement, un article du Monde du 8 janvier a cité des opinions qu’on peut facilement entendre de la part de jeunes, si l’on veut bien les écouter. Soren Seelow a interviewé une dizaine de jeunes admirateurs de Dieudonné, issus de la classe moyenne, politiquement modérés, souvent de gauche et qui se défendent de tout antisémitisme. Ils font remonter la « sacralisation » de la Shoah à leurs cours d’histoire à l’école, dont ils gardent un souvenir pesant.

Nico, 22 ans, étudiant en droit à la Sorbonne, qui vote à gauche, rappelle : « On nous en parle depuis la primaire… A 12 ans, j’ai vu un film où des tractopelles poussaient des cadavres dans des fosses. Nous subissons une morale culpabilisatrice dès le plus jeune âge. » Etudiant en master en langues, Guillaume, également âgé de 20 ans, se plaint : «  La Shoah, on en a mangé jusqu’à la terminale. Je respecte ce moment de l’histoire, mais pas plus que d’autres. »

En plus des cours, certains professeurs organisent des commémorations, des pèlerinages à Auschwitz. Les articles, les films, les documentaires sur la Shoah remplissent les loisirs.

De très nombreux messages reçus de Français, ainsi que de nombreuses conversations, me convainquent que pour beaucoup de personnes nées quelques décennies après la défaite du nazisme, la mémoire de la Shoah est ressentie comme une invitation à la culpabilité, ou, pour le moins, à un sentiment de malaise en ce qui concerne des crimes qu’ils n’ont pas commis. L’exigence de solennité obligatoire peut imposer un silence gêné. On accueille alors le rire comme une libération.

Mais pour d’autres, un tel rire est une abomination.

Les condamnations de Dieudonné, résultant de procès entamés en général par la LICRA, telle une amende de 8.000 euros pour la chanson Shoananas, s’accumulent, pour le stigmatiser, et, en fin de compte, pour le ruiner financièrement.

“La Haine”

Dans le chœur politico-médiatique, on entend souvent que Dieudonné n’est plus un humoriste, mais tient plutôt des meetings politiques pour répandre « la haine ». Même le lointain New Yorker l’accuse d’être un médiocre comédien qui doit sa carrière à la diffusion de la « haine ». Cette allégation évoque des images très éloignées de ses spectacles ou de leurs conséquences.

On n’observait aucune haine parmi les milliers de spectateurs abruptement privé du spectacle pour lequel ils avaient payé leur place à Nantes le 9 janvier, suite à une décision du Conseil d’Etat confirmant le désir du Ministre Valls de l’interdire. Personne ne se plaignait de rater les frissons d’un meeting nazi. Personne ne voulait partir mener des rafles contre des juifs. Tout le monde regrettait de ne pas pouvoir passer une soirée de bonne humeur et de rires. Comme d’habitude, les spectateurs étaient un mélange de jeunes Français, généralement issus des classes moyennes. Le spectacle fut interdit pour éviter un «  trouble immatériel de l’ordre public ». Le public déçu se dispersa paisiblement. Aucun des spectacles de Dieudonné n’a jamais troublé l’ordre public.

Mais il n’y a aucun doute sur la haine virulente des adversaires de Dieudonné à son égard.

Le journaliste Philippe Tesson s’exclama sur Radio Classique : « Ce type, sa mort par un peloton de soldat me réjouirait profondément ! », avant d’ajouter que « c’est une bête immonde, donc on le supprime. C’est tout ! »

Au cours d’une leçon de théologie diffusée par internet, le rabbin Rav Hai Dynovisz, hostile à la théorie d’évolution de Darwin, « admettait » que la personne de Dieudonné avait montré que « certaines » personnes ont dû descendre des gorilles.

Deux adolescents âgés de 17 ans furent expulsés de leur lycée pour avoir fait le geste de la quenelle, accusés d’apologie de « crimes contre l’humanité ». Le magazine électronique franco-israélien JSSnews enquête sur l’identité de personnes ayant fait la quenelle dans le but de les faire renvoyer par leurs patrons.

Les propriétaires du petit théâtre parisien loué jusqu’à 2019 par Dieudonné, La Main d’Or, seraient revenus d’Israël en expriment leur intention de l’en expulser.

Que je sache, la pire chose que Dieudonné ait dit sur scène fut une insulte personnelle proférée contre l’annonceur de radio Patrick Cohen. Celui-ci avait insisté longuement dans une émission de télévision que les organisateurs de débats télévisés devraient s’interdire d’inviter des « cerveaux malades » comme Dieudonné et Tariq Ramadan. Fin décembre, lorsque la campagne anti-Dieudo battait son plein, la télévision française (qui en effet ne l’invite plus depuis un moment) a diffusé une « vidéo volée » du comédien disant que, lorsqu’il entendait parler Patrick Cohen, il pensait aux « chambres à gaz… dommage… » Cette malheureuse sortie en réplique aux attaques virulentes contre sa personne fut naturellement saisie par tous ses adversaires comme typique du contenu de ses spectacles.

Que cela plaise ou non, l’irrévérence est l’outil principal des comiques qui se produisent en solo. Les allusions à la Shoah de la part de Dieudonné appartiennent à cette catégorie.

Dès qu’il s’agit d’autre chose que de l’Holocauste, il ne manque pas d’irrévérence en France.

Les religions traditionnelles, ainsi que des personnalités en vue, n’échappent pas aux caricatures dont la nature scatologique fait paraître la quenelle comme excessivement prude. En octobre 2011, la police parisienne a dû intervenir pour protéger, contre l’action de catholiques traditionnels indignés, une pièce d’avant-garde dans laquelle on faisait semblant de verser des excréments sur le visage de Jésus. Tout l’establishment politico-médiatique défendit la pièce, sans se soucier du fait que certains la trouvaient « blessante ».

Récemment, la France a accueilli à bras ouvert le groupe ukrainien des « Femen », jeunes femmes ayant apparemment appris les doctrines de provocation à des fins de déstabilisation de l’Américain Gene Sharp, et qui emploient leurs seins nus pour s’exprimer, politiquement disent-elles. On leur a rapidement accordés des papiers de résidence souvent difficiles à obtenir pour des travailleurs immigrés. Les Femen se sont installées dans le quartier le plus musulman de Paris, où elles se sont mises à essayer (en vain) de provoquer leurs nouveaux voisins ébahis. Une image de la chef du groupe embellit même le nouveau timbre-poste français, en guise de portrait de « Marianne », symbole de la République.

Le 20 décembre dernier ces « nouvelles féministes » ont envahi l’Eglise de la Madeleine en plein Paris pour y mimer « l’avortement de Jésus » avant d’uriner sur l’autel. On n’entendit pas de cri d’indignation des ministres du gouvernement français. L’Eglise Catholique se plaint, mais l’écho en est faible.

Pourquoi la Shoah doit être sacrée

Lorsque Dieudonné chante avec légèreté à propos de la Shoah, pour certains, il nie l’Holocauste tout en demandant sa répétition (une proposition contradictoire, si on y réfléchit). La nature sacrée de la Shoah est défendue en soutenant que garder vivante la mémoire de l’Holocauste est essentiel pour empêcher qu’il ne se reproduise. Cette suggestion d’une répétition possible entretient la peur.

Cet argument est largement accepté comme une sorte de loi de la nature. Nous devons continuer à commémorer le génocide pour l’empêcher de se reproduire. Mais où sont les preuves de cette affirmation ?

Rien ne montre que les rappels insistants d’un immense événement historique du passé empêche sa répétition. L’histoire ne fonctionne pas ainsi. Quant à la Shoah, il est insensé d’imaginer qu’elle puisse se reproduire, quand on pense à tous les éléments spécifiques qui l’ont produite. Hitler avait le projet d’établir la domination allemande sur l’Europe, en tant que race « arienne » de maîtres, et haïssait les Juifs en tant que groupe rival dangereux. Qui aujourd’hui mijote un tel projet ? Certainement pas un humoriste franco-africain ! Hitler ne va pas revenir, pas plus que Napoléon Bonaparte, Attila ou Genghis Khan.

Le rappel constant de la Shoah, dans les articles, les films, les discours, ainsi qu’à l’école, loin d’empêcher quoi que ce soit, crée une sort de fascination morbide pour les « identités ». Il encourage la « compétition victimaire ». Cette fascination peut produire des effets surprenants. Quelques 330 écoles parisiennes portent des plaques en commémoration des enfants juifs déportés dans les camps nazis. Comment les enfants juifs réagissent-ils à cela ? Trouvent-ils cela rassurant ?

Cette commémoration sert en tout cas Israël, qui entame actuellement un programme de trois ans pour encourager un nombre croissant des quelques 600.000 Juifs de France à partir pour Israël. L’année dernière, plus de 3.000 Juifs ont fait leur Aliyah, une tendance attribuée par l’European Jewish Press à « la mentalité de plus en plus sioniste de la communauté juive française, surtout parmi les jeunes, et une manifestation des efforts de l’Agence juive, du gouvernement israélien et des ONG, pour cultiver l’identité juive en France. »

« Si cette année nous avons vu l’Aliyah de la France augmenter de moins de 2.000 à plus de 3.000, j’attends avec impatience le jour où je verrai le nombre atteindre 6.000 et davantage dans un avenir proche, » a dit Natan Charansky, président de l’exécutive de l’Agence Juive pour Israël. Une façon d’encourager l’Aliyah est d’effrayer les Juifs en brandissant la menace de l’antisémitisme, en prétendant que les nombreux admirateurs de Dieudonné sont tous des nazis en herbe.

Quant aux Juifs qui veulent continuer à vivre en France, est-il vraiment sain de faire croire aux enfants juifs que, s’ils baissent leur garde, ils risquent un jour d’être poussés dans des trains pour Auschwitz ? N’est-ce pas une forme de maltraitance de l’enfance ?

Quelqu’un qui le pense est Jonathan Moadab, journaliste indépendant âgé de 25 ans, interviewé par Soren Seelow. Moadab est à la fois juif pratiquant et anti-sioniste. Enfant, il a été amené à visiter Auschwitz. Il raconte à Seelow que vivre avec cet « endoctrinement victimaire » avait engendré un « syndrome de stress pré-traumatique ».

Selon Jonathan Moadab, « Les blagues de Dieudonné sur la Shoah, comme sa chanson Shoananas, ne visent pas la Shoah elle-même, mais l’instrumentalisation de l’Holocauste décrite par le politologue américain Norman Finkelstein ».

Le 22 janvier, sur son site Agence Info Librehttp://www.agenceinfolibre.fr/pour-la-separation-de-letat-et-de-la-religion-de-lholocauste/, Jonathan Moadab a ouvertement appelé à la « séparation entre l’Etat et la religion de l’Holocauste ». Le professeur Yeshayahu Leibowitz d’origine lettonne de l’Université hébraïque a probablement été le premier à suggérer que l’Holocauste était devenu la nouvelle religion juive, dit-il. Si cela est vrai, tout le monde a certainement le droit de pratiquer la religion de la Shoah. Mais doit-elle être la religion officielle de la République Française ?

La classe politique française ne cesse de célébrer la « laïcité » de la République. Le Ministre de l’Intérieur Manuel Valls, qui proclame sa fidélité à Israël, parce que sa femme est juive, a récemment qualifié la Shoah de « sanctuaire qu’on ne peut pas profaner ». Or, dit Moadab, si « la Shoah est un sanctuaire », alors l’Holocauste est une religion, et la République n’est pas laïque.

L’esprit des jeunes en France change. Ces changements ne peuvent pas être attribués à Dieudonné. Ils sont dus au passage du temps. L’Holocauste est devenu la religion de l’Occident à une époque où la première génération née après la Deuxième Guerre Mondiale était d’humeur à culpabiliser leurs parents. Aujourd’hui nous avons affaire aux petits-enfants, ou aux arrières petits-enfants, de ceux qui ont vécu cette époque, et ils veulent regarder vers l’avenir.

Aucune loi ne peut arrêter ce processus.

Par Diana Johnstone 
Paris, 24 janvier 2014 
Diana Johnstone peut être contactée à 
diana.johnstone@wanadoo.fr

(*) Pour ceux qui ne la connaissent pas, la quenelle est un geste plutôt vulgaire, une variation du “bras d’honneur”, avec une main placée en haut de l’autre bras dirigé vers le bas. Le comédien avait introduit ce geste il y a des années, dans un autre contexte, pour exprimer le ras-le-bol.

Traduction et source : Diana Johnstone

Article original en anglais : 
http://www.counterpunch.org/2014/01/24/blasphemy-in-secular-france/