Archive pour israël nettoyage ethnique palestine

Colonisation et totalitarisme: Israël état d’apartheid… ou pire ?…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 14 mai 2019 by Résistance 71

“Le sionisme a sécularisé et nationalisé le judaïsme. Pour y parvenir, les penseurs sionistes affirmèrent la possession du territoire biblique et recréèrent, en fait le réinventèrent, comme le berceau de leur nouveau mouvement nationaliste. Comme ils le voyaient, la Palestine étaient occupée par des ‘étrangers’ et avaient été repossédée. ‘Étrangers’ ici voulait dire tout non-juif qui avait vécu en Palestine depuis la période romaine. En fait pour bien des sionistes, la Palestine n’était même pas une terre ‘occupée’ quand ils arrivèrent dessus en 1882, mais plutôt une terre ‘vide’: les natifs palestiniens qui vivaient là leur étaient invisibles ou sinon, ils faisaient partie de la dureté et des obstacles de la nature et à ce titre devaient être conquis et retirés du paysage. Rien, ni pierres, ni Palestiniens, devaient se mettre sur le chemin de la ‘rédemption’ nationale de la terre convoitée par le mouvement sioniste. Jusqu’à l’occupation de la Palestine par la Grande-Bretagne en 1918, le sionisme était un mélange d’idéologie nationaliste et de pratique colonialiste…”

“Comme les théoriciens du nettoyage ethnique l’ont reconnu, là où est adoptée une idéologie d’exclusivité dans une réalité ethniquement lourdement chargée, il ne peut y avoir qu’un seul résultat possible: le nettoyage ethnique…”

“De fait, si vous étiez juif sioniste en 1948, ceci ne voulait dire qu’une seule chose: adhésion et implication totales à la dé-arabisation de la Palestine.”


~
Ilan Pappe, professeur et chaire d’histoire à l’université d’Exeter, “The Ethnic Cleansing of Palestine”, 2006, traduction Résistance 71 ~ 

 

 

Israël état d’apartheid… ou pire ?

 

Résistance 71 

 

11 mai 2019

 

Il est de plus en plus fréquent de lire ou d’entendre qu’Israel est un état d’apartheid de la même manière que l’était l’Afrique du Sud jusqu’en 1995. Cette qualification est souvent utilisée pour justifier les campagnes de boycott du régime sioniste d’occupation de la Palestine, comme celle mise en place par le mouvement BDS (Boycott-Divestment-Sanctions).
Qu’en est-il exactement ? Les deux situations sont-elles pour autant identiques ? Comparables ?
Regardons d’abord ce qu’est “l’apartheid” ou une situation d’apartheid.
Que nous dit l’Encyclopedia Britannica sur le sujet ?

Apartheid: mot de la langue afrikaan voulant dire “mise à l’écart, mise à part”: politique gouvernant les relations entre la minorité blanche d’Afrique du Sud et la majorité noire / métisse du pays, politique sanctionnée par une politique de ségrégation raciale et de discrimination économique contre les non-blancs. Cette politique fut mise en place par la loi du Population Registration Act de 1950, qui classifiait la population en trois catégories: les Bantous, les colorés (métis) et les blancs. Une 4ème catégorie: asiatique, pour les Indiens et Pakistanais, fut ajoutée plus tard…”

Israël est un “état juif” auto-proclamé et reconnu, notamment par les Etats-Unis. Sous la doctrine politique du “sionisme”, Israël est un état colon qui colonise une terre étrangère et procède à un nettoyage ethnique de celle-ci depuis 1948.
Il y a donc en Israël des “citoyens à part entière” de confession judaïque et des “citoyens de second rang”, une ségrégation politique, économique, culturelle, sanitaire, administrative virulente étant appliquée à la population ancestrale palestinienne, qui refuse de se laisser dominer, écraser et éliminer et est entrée en mode de survie en milieu particulièrement hostile.

Y a t’il donc une différence entre Israël et l’Afrique du Sud ?

Oui, elle est de taille et personne n’en parle vraiment..
Pour analyser la différence entre les apartheids de ces deux pays, il faut avoir conscience de leur démographie.
Quelle était la situation coloniale en Afrique du Sud ?
Durant la période de l’apartheid, la répartition de la population était la suivante:

– Population blanche (colons): 20%, qui chuta à environ 13% juste avant la fin de l’apartheid.

– Population non-blanche: 80%

Depuis la fin de l’apartheid en 1995 et au dernier recensement de 2011, la population blanche sud-africaine n’est plus que de 9% soient environ 4,5 millions de personnes.

Qu’est-ce que cela veut dire en ce qui concerne la période de l’apartheid sud-africain ?
Qu’une population coloniale minoritaire implantée possédait pouvoir, argent, force coercitive et soutiens étrangers pour imposer sa règle de domination sur une grande majorité opprimée. Il était impossible pour la population blanche de se débarrasser en totalité de la population autochtone et donc la politique d’apartheid permettait, tout comme dans les états ségrégationnistes du sud des Etats-Unis jusqu’à la fin des années 1960, de maintenir le pouvoir colonial en place et d’imposer son mode de vie et hégémonie culturelle. La disparité démographique fut bien trop importante et donc le pouvoir colonial ne fit que régner d’une main de fer pour protéger les privilèges du petit nombre.

Qu’en est-il d’Israël ?

La population d’Israël (Palestine occupée) se décompose comme suit:

– 75% de juifs à l’origine de provenance essentiellement exogène

– 20% d’arabes (population autochtone)

– 5% autres (chrétiens, Druzes etc… population autochtone)

Cette situation démographique dans un pays colonial engendre bien évidemment une situation et un agenda politiques totalement différents. La situation de cet “état/entité sioniste” de par son idéologie suprémaciste est similaire à celle des Etats-Unis, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande où très rapidement, la population des colons envahisseurs a dépassé celle des autochtones originels, permettant une répression génocidaire.

Ainsi, la politique est celle d’une domination totale par génocide et nettoyage ethnique, par des persécutions visant à soit éliminer les populations indigènes, soit à les chasser définitivement et sans espoir de retour des territoires occupés colonisés (négation du droit au retour pourtant lui,faussement appliqué à la population des envahisseurs colons…), soit éventuellement à les parquer dans des zones concentrationnaires (réserves amérindiennes US et canadiennes, aborigènes, Gaza et Cisjordanie…). Israël est passé à l’étape finale de ne plus “convertir” ni “assimiler”, chose du reste jamais voulue, mais celle d’annihiler, d’en finir physiquement avec le “problème palestinien”, comme les Etats-Unis, le Canada ont voulu en finir avec leur “problème indien” et ont fort heureusement échoué, ce afin de parvenir à un état 100% juif.

Ainsi, l’apartheid israélien est en cela pire que l’apartheid sud-africain dans la mesure où il est toujours démographiquement possible de réaliser un nettoyage ethnique complet par la persécution et le génocide, ce qui n’était démographiquement pas possible en Afrique du Sud, même si le régime le désirait, la réalité pratique étant toute autre. On peut dès lors dire que le régime politique sud-africain était un régime d’apartheid conçut pour durer dans une situation ségrégationniste obligée, tandis que le régime politique de l’entité sioniste occupant violemment la Palestine officiellement depuis 1948 mais en fait depuis l’insertion des premières colonies après la première mondiale dès les années 1920, est plus orienté vers l’extermination / expulsion des populations palestiniennes autochtones à l’endroit depuis au moins deux millénaires, afin d’en finir avec le “problème non-juif”.

Nous ne disons bien évidemment pas que tous les juifs d’Israël et du monde sont d’accord et adhèrent à cette démarche, mais que le fait sans doute une majorité suffisante permettant au système politique d’un état raciste, suprémaciste colonialiste, de perdurer dans le temps et l’espace et d’exercer ses crimes perpétuels contre l’humanité, après avoir hypnotisé et terrorisé l’occident de ne pas critiquer ses violations permanentes du “droit international”, pour s’en référer au système étatique standard et obsolète de contrôle pathétiquement en vigueur et fermer les yeux sur les ignominies en vigueur.

Il est plus que grand temps de lever l’omerta générale sur une situation coloniale toujours active en Palestine qui a débouché sur la mise en place et la réalisation d’un nouveau génocide.

Il suffit de dire NON ! De retirer notre consentement à cette entité comme à toute entité étatique de contrôle pour qu’enfin nous parvenions à notre humanité accomplie, par la solidarité et la complémentarité acceptée ; ceci ne pourra se réaliser que lorsque nous nous tiendrons main dans la main avec tous les peuples colonisés et asservis du monde, lorsque nous aurons pleinement réalisé et intégré que nous sommes tous de fait des colonisés et que cela n’est bien entendu en rien inéluctable.

= = =

« Les trois axiomes de la politique intérieure d’Israël » (extrait du livre d’Ilan Pappe « The Ethnic Clearing of Palestine », 2006 page 239), traduit de l’anglais par Résistance 71

« La première des trois lignes de conduite, ou plutôt axiomes, d’Israël est que le conflit israélo-palestinien a son origine en 1967. Pour le résoudre tout ce dont on avait besoin était un accord qui déterminerait le statut futur de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. En d’autres termes, comme ces zones ne constituent que 22% du territoire de la Palestine, Israël a réduit d’un coup de crayon toute résolution de paix à seulement une toute petite partie du territoire originel palestinien. Non seulement cela, mais Israël demandait et continue à demander aujourd’hui, toujours plus de compromis territoriaux, soit en résonance avec l’approche économique favorisée par les Etats-Unis ou comme dictés par une carte sur laquelle les deux camps politiques se sont mis d’accord en Israël.

Le second axiome est que tout ce qui est visible dans ces zones, la Cisjordanie et la bande de Gaza, peut toujours encore être divisé et que ces divisions, cette faculté à toujours plus diviser, est une des clefs du processus de paix. Pour Israël, cette division du visible inclut non seulement la terre mais aussi le peuple et les ressources naturelles.

Le troisième axiome israélien est que rien de ce qui s’est produit avant 1967, incluant la Nakba et le nettoyage ethnique, ne sera jamais négociable. Les implications ici sont très claires: cela retire complètement de l’équation du processus de paix le problème des réfugiés et met directement sur la touche et sans appel le droit des Palestiniens au retour à la terre. »

Lectures complémentaires:

La Bible Déterrée Israel Finkelstein

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

la-peste-religieuse-par-johann-most-1892

Manifeste pour la Société des Sociétés

Effondrer le colonialisme

Ashraf Ezzat Mythe Biblique

Nous sommes tous des colonisés !

 

 

 

 

Guerre coloniale en Palestine: La résistance palestinienne humilie le « dôme de fer » de l’entité sioniste…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 7 mai 2019 by Résistance 71

 

La tactique gagnante de la résistance pour briser le “dôme de fer” israélien

 

Al Manar et Press TV

 

6 mai 2019

 

url de l’article: http://french.almanar.com.lb/1353981

 

Entre les 4 et 6 mai 2019, sur un total de près de 700 missiles palestiniens tirés contre Israël, seuls 173 ont été interceptés. C’est plus qu’une catastrophe quand on sait l’écart gigantesque entre le coût d’un missile du Dôme de fer (80 000 dollars) et le coût d’un missile palestinien  (300 à 1000 dollars), estimaient les analystes israéliens, approuvant à mots couverts ceux des colons sionistes qui dénonçaient leurs officiers pour s’être servi d’eux à titre de « bouclier humain » en les plaçant sous la protection d’une « passoire » dénommée « Dôme de fer »!

Le porte-parole des brigades Ezzedine al-Qassam revient sur ce nouvel échec du soi-disant bouclier antimissile israélien face à la Résistance et explique comment celle-ci a su le franchir.

« La tactique qui nous a aidée à percer le bouclier et à atteindre nos objectifs a consisté à maintenir une puissance de feu élargie impliquant de nombreux missiles tirés en un laps de temps compact. La puissance de la charge a fait le reste », a souligné Abou Obaida, le porte-parole des brigades Ezzedine al-Qassam

« Avec une haute puissance de destruction, les missiles que Qassam a tirés sur les cibles israéliennes, ont causé de lourds dégâts au régime sioniste et changé de tout en tout le rapport des forces. Surtout que des dizaines de missiles ont été lancés de façon coordonnées et simultanée, ce qui a pris de court à la fois les radars et le dispositif d’interception du bouclier israélien ».

En 48 heures de combats, près de 700 missiles ont été tirés contre les colonies du sud d’Israël et à mesure que le rayon des bombardements israéliens s’amplifiaient, les frappes aux missiles visaient des cibles israéliennes plus distancées de Gaza et plus proche du centre d’Israël.

Pour la première fois depuis 70 ans, les missiles palestiniens ont visé des maisons, des usines et des bâtiments dans les colonies et la presse israélienne évoque même l’incapacité dans certains cas à « se mettre à temps à l’abri ».

En Israël les médias restent trop vagues sur le bilan des dégâts tandis qu’ils n’avancent qu’un bilan de 4 morts et de 115 blessés.

Un simulacre de déploiement en vue d’une opération terrestre a eu lieu sur les frontières avec Gaza impliquant la 7e brigade blindée de l’Armée israélienne et les forces dites d’élite de Golani, mais selon le site israélien DEBKA, Tel-Aviv n’a pas osé s’y aventurer, rapatriant le tout au bout de deux heures.

Une trêve a ainsi été conclue lundi à 4h30 (heure locale) sous l’égide de l’ONU et de l’Égypte, engageant Israël à signer les accords prévoyant la levée du blocus de Gaza. Ce qui veut dire que le régime israélien entre pleinement dans une nouvelle ère, non pas celle promise par le Deal du siècle mais celle où « l’adversaire se mesure à lui et a de quoi le faire acculer ».

En effet, des dizaines de missiles tirés en 48 heures ont frappé le sud, l’est pour s’étendre au nord d’Israël sans que la « défense antimissile tri-couche » israélienne puisse servir à grand chose.

Dans une interview avec le journal israélien, Jerusalem Post, l’ancien chef du département de la recherche des renseignements militaires, Yaakov Amidrror reconnaît que le Dôme de fer n’a pas été en mesure d’intercepter tous les missiles lancés depuis Gaza et il invente pour cette contre-performance diverses raisons.

Selon lui, il y a d’abord la distance de tir : certains missiles ont été lancés depuis des zones limitrophes aux colonies, ce qui a privé Dôme de fer d’avoir le temps nécessaire pour entrer en action d’interception. Mais le manque de temps ne serait pas la seule raison de l’échec du Dôme de fer. Les particularités de la conception de ce système lui feraient échapper aussi « les projectiles destinés à des zones qu’il considère comme vides ou inhabitées ». Il a donc un problème de localisation, a déclaré l’expert militaire israélien arguant que cela avait été le cas du véhicule blindé israélien qui avait été visé et détruit par le missile Kornet de la Résistance palestinienne à Yad Mordechai, près de la frontière avec Gaza.

« Du point de vue du système, il s’agissait d’une zone ouverte sans personnes. Nous n’interceptons pas de telles roquettes », a justifié Yaakov Amidrror sans vraiment convaincre le public israélien qui sur les images de la vidéo diffusée de cette opération, voit un train passer juste derrière le véhicule, ce qui veut dire que le Kornet palestinien aurait bien pu cibler non seulement le blindé mais aussi le train. Un deuxième véhicule blindé israélien a d’ailleurs été visé, le lundi 6 mai. À ceci s’ajoute une autre faille : Les interceptions effectuées par le système n’ont pas fait exploser les charges des roquettes ce qui confirme son échec ».

Le Dôme de fer est un système de défense aérienne mobile israélien, développé par la société Rafael Advanced Defense Systems, conçu pour intercepter des roquettes et obus de courte portée. Le système a été créé à l’origine pour faire face aux attaques de roquettes lancées depuis la bande de Gaza et le Liban.

= = =

Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_Extension ou Communication

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

La Bible Déterrée Israel Finkelstein

Zenon_Inversion

Hezbollah son histoire de linterieur naim qassem

 

Résistance au colonialisme: Pression sur Israël à l’ONU

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 1 juillet 2016 by Résistance 71

Le Groupe Africain se lâche sur l’occupation israélienne de la Palestine

Press TV

28 juin 2016

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/Detail/2016/06/28/472541/African-Group-Israel-UNHCR-Palestinian

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le Groupe Africain de 54 membres a envoyé une déclaration enflammée au corps des droits de l’Homme de l’ONU, critiquant sévèrement Israël pour ses graves violations des droits des Palestiniens.

Lundi a vu le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU débattre de l’observation par Israël des droits de l’Homme sous son agenda section 7 comme le corps constitué le fait durant chacune de ses sessions.

Le Groupe Africain est le groupe régional le plus important et le seul dont le territoire correspond aux frontières du continent.

Le groupement régional “appelle à mettre un terme immédiat à l’occupation d’Israël en Palestine, à ses colonies et à son blocus de plus de 2 millions de personnes dans la bande de Gaza, la détention et l’emprisonnment de milliers de Palestiniens et toutes les autres formes de punition collective ciblant le peuple palestinien opprimé”, peut-on lire dans la déclaration.

Les Palestiniens ont le droit à “l’auto-détermination et à un état sur la base des frontières du 4 juin 1967”, précise la déclaration. Un tel état, disent les pays concernés, devrait avoir Al-Quds (Jérusalem) comme capitale.

Plus d’un demi-million d’Israéliens vivent dans plus de 230 colonies illégales construites depuis 1967 et l’occupation par Israël de la Cisjordnaie, incluant Jérusalem-Est. Ces colonies sont considérées comme illégales par la communauté inernationale.

Gaza est sous des conditions de blocus depuis 2007, une situation qui a provoqué le déclin dramatique des standards de vie pour tous les Gazaouis, des niveaus de chômage sans précédent et une pauvreté croissante et permanente.

Les chiffres continuent de montrer que plus de 7000 Palestiniens sont actuellement retenus dans quelques 17 prisons israéliennes, quelques douzaines d’individus servant des peines de prison à perpétuité.

La déclaration ajoute: “La communauté internationale doit élever sa responsabilité et prendre une action urgente afin de remédier à cette situation, alors qu’elle pousse à la promotion de la protection des droits de l’Homme et des libertés fondamentales à travers le monde, ils nous incombent donc de porter une attention toute particulière à la plaidoirie du peuple vivant dans les territoires palestiniens occupés et qui souffre une situation dramatique concernant leurs droits fondamentaux en raison de cette occupation.

Les Etats-Unis refusent toujours de participer à des débats du conseil sur l’article 7 de la charte qu’ils dénoncent comme étant biaisé contre Israël.

Résistance au colonialisme: Comprendre l’ethnocide des Palestiniens…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 7 avril 2016 by Résistance 71

Cet article explique le processus ethnocidaire des états coloniaux. Ce qui est énuméré ici pour la Palestine s’applique tout aussi bien pour toutes les populations autochtones victimes d’une colonisation a ctive comme le furent et le sont toujours les Amérindiens, du Canada et des Etats-Unis, d’Amérique centrale et latine, les Aborigènes d’Australie ou les Maoris de Nouvelle-Zélande. La feuille de route du schéma colonial fut quasiment identique en Afrique.

Par extrapolation et sous ce même schéma, ces principes sont appliqués également par le groupe économiquement et politiquement dominant des sociétés occidentales sur la majorité elle dominée socialement, politiquement et culturellement en occident même et ailleurs. En cela, comme nous l’avons déjà dit ici à maintes reprises: Nous sommes tous des colonisés et à ce titre, devons nous unir contre la dictature colonialiste de la minorité hégémonique.

— Résistance 71 —

 

Palestine étude d’un vol historique et culturel

Roger Sheety

5 avril 2016

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15980

L’appropriation culturelle des livres, de la musique, de l’art, de la cuisine et de l’habit traditionnel a été utilisée par les sionistes comme une arme contre les Palestiniens.

Le vol et l’appropriation de la culture et de l’histoire des peuples autochtones sont des caractéristiques typiques communes aux États colonialistes modernes, qui l’accomplissent généralement une fois que la population autochtone en question a été éliminée, dépossédée ou apparemment vaincue, ce qui permet de le faire sans risque. L’État colonialiste d’« Israël », construit sur les ruines de la Palestine et suite à l’expulsion de la majorité de sa population autochtone en 1948 et après, ne fait pas exception.

Cependant, le vol israélien de tout ce qui est palestinien ne découle pas simplement de notions malavisées de nationalisme ou d’un orgueil enfantin, comme cela est souvent avancé par les apologistes occidentaux, mais plutôt d’une orientation politique consciente de l’État qui cherche à effacer la Palestine de la mémoire historique, en particulier dans le discours occidental. En effet, le nettoyage ethnique continu qui élimine les Palestiniens de leur patrie historique va de pair avec le vol des terres, des maisons, de l’histoire et de la culture palestiniennes. C’est une composante essentielle d’un plus grand projet sioniste à long terme d’éradication totale de la nation palestinienne, l’effaçant littéralement de l’histoire tout en prenant sa place.

Cet effacement a été désigné à juste titre comme un mémoricide par l’historien Ilan Pappé dans Le Nettoyage ethnique de la Palestine. Nur Masalha, développant davantage, écrit : « Les mythes fondateurs d’Israël ont imposé l’élimination conceptuelle des Palestiniens avant, pendant et après leur élimination physique en 1948 […] La désarabisation de la Palestine, l’effacement de l’histoire palestinienne et l’élimination de la mémoire collective des Palestiniens par l’État d’Israël ne sont pas moins violents que le nettoyage ethnique des Palestiniens en 1948 et de la destruction de la Palestine historique : cette élimination est au cœur de la construction d’une identité collective hégémonique israélo-judéo-sioniste au sein de l’État d’Israël. » (The Palestine Nakba, p. 89).

Ainsi, le vol de la Palestine et de sa culture comporte deux éléments essentiels imbriqués : l’élimination/effacement des Palestiniens et une hypothèse concomitante de nativité ou de « droit de naissance » pensé dans des termes sionistes anglo-européens. Au cours des soixante-sept dernières années, ces pratiques éhontées d’effacement et de vol ont été principalement menées à bien par deux méthodes : la violence brutale (en d’autres termes, le terrorisme) et la propagande médiatique de masse.

La Nakba : destruction physique/vol physique

Entre 1947 et 1949, au moins 800 000 Palestiniens, dont la majorité de la population arabe autochtone de Palestine à l’époque, ont été chassés de leurs maisons suite à un nettoyage ethnique perpétré par des milices sionistes composées de colons européens et russes, et aidées par les impérialistes britanniques. Les centres urbains palestiniens majeurs de la Galilée au nord jusqu’au Naqab (rebaptisé « Néguev » par les sionistes) au sud ont été vidés de leurs habitants. Au cours de cette période de seulement trois ans, ce sont également quelque 531 villes et villages palestiniens qui ont subi simultanément un nettoyage ethnique, avant d’être rasés par le nouvel État israélien. Moshe Dayan, originaire d’Ukraine, s’en est vanté plus tard :

« Des villages juifs ont été construits en lieu et place de villages arabes. Vous ne connaissez même pas le nom de ces villages arabes, et je ne vous le reproche pas, parce que les livres de géographie n’existent plus. Et non seulement ces livres n’existent plus, mais les villages arabes non plus. Nahalal a été érigée à la place de Mahaloul, le kibboutz Gvat à la place de Jebata, le kibboutz Sarid à la place de Huneifis, et Kfar Yehoshua à la place de Tal al-Shuman. Il n’y a pas un seul endroit construit dans ce pays qui n’a pas eu une ancienne population arabe. » (Haaretz, 4 avril 1969).

On connaît peut-être moins le fait que, pendant cette même période, des dizaines de milliers de livres, de peintures, d’enregistrements musicaux, de meubles et d’autres objets ont également été pillés par les milices sionistes dans les maisons, bibliothèques et locaux gouvernementaux palestiniens. Comme l’ont montré Benny Brunner et Arjan El Fassed dans leur film The Great Book Robbery, au moins 70 000 livres palestiniens ont été volés à leurs propriétaires. Le documentaire montre que ce vol n’était pas un simple sous-produit accidentel de la guerre, mais plutôt un acte délibéré pourvu d’un objectif spécifique :

« Pendant des décennies, la propagande sioniste et israélienne a décrit les Palestiniens comme des « individus sans culture ». Ainsi, l’État israélien victorieux s’est chargé de civiliser les Palestiniens qui sont restés à l’intérieur de ses frontières à la fin de la guerre de 1948. Ils ont eu l’interdiction d’étudier leur propre culture ou de se souvenir de leur passé immédiat ; leur mémoire était considérée comme une arme dangereuse qui devait être supprimée et contrôlée. »

1948 n’allait cependant pas être la dernière fois que les forces israéliennes volaient et détruisaient des livres et autres productions culturelles palestiniennes. En 1982, pendant leur occupation du Liban, les troupes d’invasion israéliennes ont pris d’assaut des maisons, des bureaux et des bibliothèques appartenant à des Palestiniens et sont reparties avec des milliers de livres, de films et d’autres documents témoignant de l’histoire palestinienne. Cette pratique courante des forces d’occupation israéliennes se poursuit aujourd’hui, notamment en Cisjordanie, à Jérusalem et à Gaza, régions occupées en 1967, tout comme le plateau du Golan syrien et le Sinaï égyptien.

La signification de ce vol n’est pas difficile à comprendre. Incapable d’assimiler l’histoire palestinienne réelle et archivée (qui était et reste le plus souvent en arabe) dans son histoire montée de toutes pièces, Israël choisit tout simplement de la détruire, de la cacher physiquement, tout en inventant et en diffusant simultanément un récit féerique de la Palestine, présentée comme une terre vierge, une « terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Par conséquent, la destruction de villages palestiniens, le nettoyage ethnique de villes palestiniennes, le bombardement aérien des camps de réfugiés palestiniens et le pillage de livres palestiniens mènent tous à la même intersection : ce qui ne peut être absorbé dans la mythologie sioniste doit être éradiqué.

Objets palestiniens : une réécriture de l’histoire

La croyance sioniste selon laquelle les juifs modernes européens et russes (et d’ailleurs tous les juifs du monde entier) sont en quelque sorte les descendants directs d’anciennes tribus de langue hébraïque qui vivaient sur un autre continent il y a environ deux millénaires et peuvent donc revendiquer la Palestine, son histoire et sa culture, serait complètement risible si les conséquences politiques de cette idéologie féerique n’étaient pas si tragiques. Le fait que cette croyance raciste, propagée par les antisémites tout comme par les sionistes, est acceptée comme une vérité évidente qui ne mérite même pas d’être remise en question pour la plupart des grands médias occidentaux, témoigne certainement des décennies de propagande sioniste et du contexte honteux de paresse journalistique et de pensée uniforme qui est désormais devenu la norme.

Un exemple typique apparaît dans l’article du Huffington Post intitulé « Découverte de bijoux anciens israéliens lors de fouilles archéologiques » (« Israel Ancient Jewelry Uncovered in Archeological Dig »). Selon l’article, « des archéologues israéliens ont découvert un trésor rare composé de bijoux datant de 3 000 ans, dont une bague et des boucles d’oreilles, cachés dans une cruche en céramique, près de la cité antique de Megiddo, où le Nouveau Testament prédit la bataille finale d’Armageddon. » Selon les suppositions d’Israël Finkelstein, qui a codirigé les fouilles, « les bijoux appartenaient probablement à une famille cananéenne ». Cela pourrait bien avoir été le cas, mais l’hypothèse incontestée dans tout l’article est que ces bijoux sont en quelque sorte israéliens. (Notez également comment un conte biblique associé à la cité antique palestinienne de Megiddo est mentionné comme si cela était d’une quelconque pertinence.)

En 1919, l’Organisation sioniste mondiale (OSM) a officiellement présenté une carte de son futur État d’« Israël » à la Conférence de paix de Paris. Cette carte comprenait non seulement l’intégralité de la Palestine, mais aussi le sud du Liban, le sud-ouest de la Syrie dont le plateau du Golan, d’importantes parties de l’ouest de la Jordanie, ainsi que des parties du Sinaï en Égypte. Pour les besoins du raisonnement, supposons que ce désir colonial de l’OSM ait été assouvi, au moins dans le cas du Liban. Tous les objets anciens trouvés dans le sud du Liban occupé deviendraient-ils alors « israéliens » ? Qu’en est-il du Golan syrien qui reste aujourd’hui occupé ? Les objets qui y sont trouvés sont-ils aujourd’hui en quelque sorte « israéliens » ? Et que dire du Sinaï égyptien, territoire qu’Israël a occupé de 1967 à 1979 ? Les reliques anciennes découvertes au cours de la période d’occupation étaient-elles « israéliennes » ? Et ont-elles arrêté de devenir « israéliennes » après que l’État sioniste a restitué le territoire volé à l’Égypte ?

Étant donné que toute la Palestine n’a pas moins été volée que le Sinaï autrefois occupé et le Golan syrien actuellement occupé, qu’y a-t-il exactement de si « israélien » dans ces bijoux anciens qui font l’objet de l’article du Huffington Post, outre les affirmations non fondées de son auteur qui ignore complètement l’histoire palestinienne ? La réécriture sioniste/européenne de l’histoire ancienne de la Palestine est si flagrante et omniprésente qu’elle est presque invisible. Non seulement les sionistes réécrivent l’histoire palestinienne, y inventant une place pour eux-mêmes, mais ils éliminent les Palestiniens autochtones aussi bien physiquement que théoriquement. Brandissant l’histoire comme une arme, ce type de propagande utilise la forme de censure la plus courante et la plus paresseuse, celle de la simple omission.

Cette forme particulière de vol culturel ne se limite cependant pas à la Palestine. Contre tout élément de preuve historique, Israël continue de combiner son idéologie politique raciste et sa raison d’être que constitue le sionisme, une création exclusivement européenne, avec le judaïsme, une religion universelle originaire du monde arabe. Ainsi, les sionistes peuvent par exemple justifier le vol d’archives judéo-irakiennes, ou affirmer que des documents juifs vieux de mille ans et originaires d’Afghanistan appartiennent à l’État sioniste. L’hypothèse est que dès qu’un document contient du texte écrit en hébreu ou même en araméen, il doit en quelque sorte appartenir à « Israël », et non au pays où il a été trouvé en réalité. Il ne vient jamais à l’esprit de l’auteur de l’article d’Haaretz qu’un document de mille ans découvert en Afghanistan n’a absolument rien à voir avec un État colonialiste européen créé en 1948 au-dessus de la Palestine. À moins que les frontières non déclarées d’Israël se soient maintenant étendues à l’Afghanistan ?

L’habit palestinien/arabe

Les femmes palestiniennes peuvent à juste titre être fières de l’habit traditionnel arabe, comme quiconque le serait de ses créations. Ces habits, foulards et autres accessoires incroyablement complexes, brodés à la main, sont profondément enracinés dans le monde arabe, en particulier en Grande Syrie. Le savoir-faire permettant d’élaborer ces créations a été transmis de génération en génération, et leur authenticité ainsi que leur caractère artistique ne font aucun doute. La robe palestinienne, en particulier, est si raffinée que l’on peut identifier son lieu d’origine en Palestine uniquement à partir des couleurs et des motifs de la broderie.

Hanan Karaman Munayyer, historienne et scientifique spécialiste des vêtements palestiniens, retrace « les origines des atours protopalestiniens depuis l’époque cananéenne (vers 1500 av. J.-C.), période durant laquelle des peintures égyptiennes représentaient des Cananéens parés d’habits en forme de « A ». Cette silhouette distinctive peut être observée dans une gravure en ivoire de 1200 av. J.-C. originaire de Megiddo (Palestine), et est identifiée comme une « tunique syrienne » » (« Sovereign Threads », Pat McDonnell Twair, PalestineHeritage.org). En bref, ce sont des œuvres d’art vivantes qui portent dans leurs mailles des milliers d’années de mémoire culturelle autochtone.

Pourtant, même l’habit palestinien n’a pas été à l’abri des pratiques éhontées de vol et d’appropriation des Israéliens. Dans son superbe ouvrage Hidden Histories : Palestine and the Eastern Mediterranean, Basem Ra’ad écrit :

« Un livre israélien consacré à la broderie, Arabesque : Decorative Needlework from the Holy Land, commence avec l’ »époque biblique » et se termine avec des photographies d’adultes et d’enfants israéliens portant les vêtements brodés de villageois palestiniens (qui provenaient pour beaucoup de villages que les Palestiniens ont été contraints de fuir en 1948). Ces Israéliens se sont mis en scène pour ces photos. Le livre ne fait pas que s’approprier une forme artistique palestinienne : il l’imite. L’euphémisme faisant allusion à la « Terre Sainte » aide à camoufler la véritable origine palestinienne de cette forme unique d’art villageois » (p. 128).

Comme Ra’ad le constate dans tout son ouvrage, les œuvres culturelles israéliennes ne comportent souvent aucune mention des Palestiniens, ce qui les rend ainsi invisibles. Une forme plus récente et tout aussi scandaleuse d’appropriation a été relevée dans un article de Ma’an News qui décrit le vol de keffiehs arabes. Bien que répandu dans le monde arabe, le keffieh est devenu un symbole de résistance palestinienne pendant la Grande Révolte arabe de 1936-1939, lorsque la majorité des Palestiniens s’est levée contre l’occupation des Britanniques et de leurs alliés coloniaux sionistes. Le fait que les sionistes choisissent aujourd’hui de s’approprier ce symbole pour tenter lamentablement d’en faire le leur est encore un autre exemple d’une ignorance de l’histoire arabe tout comme d’un manque total d’imagination.

La cuisine palestinienne/arabe

Qu’y a-t-il de plus fondamental pour chaque peuple et sa culture que sa nourriture ? Le vol de la cuisine palestinienne par l’État sioniste est tout aussi éhonté que son vol de la terre palestinienne. En effet, la cuisine étant si intrinsèquement liée à la géographie, ces deux composantes constituent en réalité une seule et même entité. Les oranges de Jaffa, les olives et l’huile d’olive, le houmous, le taboulé, l’arak, les falafels, le kebbeh et presque tout autre type d’aliments, de boissons et d’ingrédients arabes originaires de Palestine, du Liban, de Syrie, d’Égypte, d’Irak et du reste du monde arabe, deviennent tout d’un coup « israéliens » dans les différents médias de l’État et à travers ses défenseurs occidentaux, sans que leurs véritables origines soient reconnues.

Prenez par exemple cet article du Jerusalem Post qui stipule que l’arak est un produit « autochtone israélien ». « Le spiritueux le plus vendu en Israël est peut-être la vodka, mais son spiritueux autochtone est l’arak », affirme l’auteur. Notez également que plusieurs pays de la région sont cités (Turquie, Grèce, Liban, Jordanie), mais que la Palestine reste en quelque sorte hors de la mémoire de l’auteur. Il s’agit là d’une stratégie typique d’appropriation et d’usurpation culturelle des sionistes : faire la liste des pays et des cultures voisines comme s’ils en faisaient partie, sans mentionner toutefois le pays qu’ils ont détruit et dont ils ont volé la culture. Il faut également se demander comment un État colonial établi en 1948 par des Européens peut revendiquer une cuisine arabe autochtone qui existait plusieurs millénaires avant même sa naissance. Peut-être est-ce là un autre exemple des légendaires « miracles d’Israël ».

Prenez également l’exemple du falafel, présenté par Israël comme son plat « national », une affirmation répétée dans d’innombrables livres et blogs de cuisine, et même dans des articles universitaires. « Ce qui distingue le cas du falafel de celui du riz et du vin, c’est notre accès à ses origines historiques, écrit Yael Raviv. Le falafel n’a pas été intégré dans la société israélienne par un processus long, lent et naturel. Sa transformation en une icône de la culture israélienne a au contraire été précipitée et délibérée. Dans sa recherche urgente de symboles d’unité, le mouvement nationaliste a trouvé le falafel et en a fait un signe de fierté israélienne. » Cet extrait est un exemple remarquable de sophisme anhistorique. Comment le falafel, qui existait bien avant « Israël », peut-il exactement être un « signe de fierté israélienne », sauf s’il s’agit d’être fier d’un vol culturel ?

Dans un moment d’honnêteté rafraîchissant, Gil Hovav reconnaît : « Bien sûr que c’est arabe. L’houmous est arabe. Le falafel, notre plat national, notre plat national israélien, est complètement arabe, et cette salade que nous appelons salade israélienne est en fait une salade arabe, une salade palestinienne. Ainsi, nous leur avons plus ou moins tout volé. » Bien qu’il soit toujours appréciable d’entendre des sionistes reconnaître leurs vols divers et variés, enlever la locution apologétique « plus ou moins » nous aurait permis de nous rapprocher considérablement de la vérité.

La défense ou l’apologie habituelle répond cependant qu’il s’agit d’une question futile : ce n’est que de la nourriture, après tout. Malheureusement, les affirmations israéliennes quant à l’invention de la cuisine palestinienne et arabe sont utilisées à des fins nettement politiques, afin de marginaliser, de discréditer et au final de déposséder le peuple palestinien. Est-ce Golda Meir (née Golda Mabovitch), d’origine russe, qui a inventé le houmous ? Est-ce David Ben Gourion (née David Grün), d’origine polonaise, qui a élaboré la recette du taboulé ? Est-ce peut-être la famille de l’actuel Premier ministre Benjamin Netanyahou (à l’origine Ben Mileikowsky) qui a créé le falafel ? Aussi ridicules que soient ces questions, c’est essentiellement ce que les sionistes nous demandent de croire quand ils se réfèrent à de la nourriture arabe en la qualifiant d’« israélienne ».

L’agriculture et la terre palestiniennes

Une invention historique sioniste courante encore diffusée aujourd’hui consiste à affirmer que « les Israéliens ont fait fleurir le désert [palestinien] ». Selon cette histoire à dormir debout, la Palestine était un endroit horrible et stérile jusqu’à ce que les juifs européens arrivent avec leur technologie et leur savoir-faire supérieurs, faisant ensuite fleurir la Palestine. C’est seulement à ce moment-là, poursuit ce récit capillotracté, que ces pauvres Arabes sont arrivés (d’autres pays, bien évidemment) pour trouver du travail dans cette nouvelle terre, verte et florissante. Récemment, lors de la campagne électorale américaine de 2012, des bigots ouvertement anti-palestiniens tels que Newt Gingrich et Mitt Romney répétaient tels des perroquets cette fiction anhistorique pour essayer de marquer facilement des points politiques.

Voici toutefois quelques faits historiques permettant de contrer ce conte de fées raciste. En 1901, le Fonds national juif a été fondé à Bâle (Suisse) dans le but explicite d’acheter des terres en Palestine en vue d’une colonisation juive exclusivement européenne. En 1948, près d’un demi-siècle plus tard, ils avaient réussi à acheter moins de 7 % du territoire palestinien, principalement à des propriétaires absents vivant hors de la Palestine. En d’autres termes, l’entreprise a été un échec : de manière compréhensible, les Palestiniens n’allaient pas abandonner la propriété légitime de leurs terres, quel qu’en fût le prix.

Pourquoi est-ce important ? Lorsque la Grande-Bretagne a envahi et occupé la Palestine de 1917 à 1948, les Britanniques sont venus non seulement avec leur armée et leur sauvagerie caractéristique, mais aussi avec leurs géomètres et leurs chercheurs, dont la tâche principale était de produire des informations sur le pays qu’ils se retrouvaient à occuper. Ces informations permettaient de remplir des volumes importants de livres renvoyés pour être consommés par le public britannique, ainsi que pour justifier les projets impérialistes de son gouvernement à l’étranger. Un de ces volumes est A Survey of Palestine, un ouvrage de 1 300 pages publié en décembre 1945.

Brillamment résumée par le site web Lawrence of Cyberia, cette étude révèle que les Palestiniens ont produit la grande majorité de la production agricole de la Palestine jusqu’en 1948, dont « 92 % de ses céréales, 86 % de ses raisins, 99 % de ses olives, 77 % de ses légumes, 95 % de ses melons, 99 % de son tabac et 60 % de ses bananes ». Sami Hadawi, dans Village Statistics of 1945 : A Classification of Land and Area ownership in Palestine, a présenté des résultats similaires. D’un point de vue agricole, cela n’a tout simplement aucun sens d’affirmer que les colons sionistes, qui étaient à l’époque minoritaires, qui étaient des propriétaires fonciers minoritaires et qui n’étaient que récemment arrivés en Palestine, ont transformé d’un jour à l’autre un supposé désert en un lit de fleurs.

La réalité est que ce sont les Palestiniens qui ont fait fleurir la Palestine à travers des siècles de labeur et de travail acharné, et non les colons étrangers récemment arrivés d’Europe, de Russie, et, plus tard, des États-Unis et d’ailleurs. Tels sont les faits enregistrés en 1948 à la fois par les Palestiniens autochtones et par leurs occupants britanniques. Ceux qui croient à la magie et aux contes de fées, par contre, peuvent toujours retrouver le confort des mythes sionistes et d’Hollywood.

Conclusion : la corde du mensonge est courte

Les livres, la musique, l’art, la cuisine et l’habit sont ce qui constitue l’essence de la culture et de l’histoire d’un peuple. Les revendications culturelles d’Israël sur la Palestine sont aussi vides de sens que ses revendications territoriales : Israël s’est emparé de ces deux composantes et continue de s’en emparer par la force et l’invention. Le Dr Fayez Sayegh, intellectuel palestinien, expliquait autrefois qu’« Israël existe parce que la Palestine a été contrainte à ne pas exister ». Sayegh ne parlait pas seulement du territoire, mais aussi de l’ensemble de la nation palestinienne qui, naturellement, comprend également ses productions culturelles. Le sionisme, comme tous les autres mouvements européens colonialistes, utilise le vol culturel et historique comme une arme clé dans sa guerre visant à éliminer les Palestiniens autochtones.

L’illusion d’Israël qui veut que la culture palestinienne lui appartienne ne diffère pas du fantasme selon lequel Israël se trouve en quelque sorte en Europe, et non au cœur du monde arabe. Le vol continu de la culture palestinienne en particulier, et de la culture arabe en général, est un reflet accablant de son propre caractère artificiel, de sa pauvreté d’esprit et, en effet, de son illégitimité même. Un proverbe palestinien dit que « la corde du mensonge est courte » : en d’autres termes, un mensonge finit tôt ou tard par être révélé. Le but du projet sioniste en Palestine, à savoir effacer la Palestine de l’histoire et prendre sa place par tous les moyens possibles, est une évidence pour les Palestiniens quasiment depuis sa création ; il est temps que le reste du monde s’en rende compte. Par souci de justice et de décence élémentaire, il est également grand temps de rendre hommage à ceux qui le méritent.

Résistance au colonialisme: Palestine occupée, la solution à deux états est morte et enterrée…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 13 février 2016 by Résistance 71

“En fait, la carte de partition de l’ONU en 1947 était une recette assurée pour la tragédie qui commença à se dérouler une fois la résolution 181 adoptée. Comme les théoriciens du nettoyage ethnique l’avouèrent plus tard, quand une idéologie d’exclusivité est adoptée dans une réalité ethnique très vivide, il ne peut y avoir qu’un seul résultat: le nettoyage ethnique”.

~ Ilan Pappe ~

 

Arrêtez toutes ces salades… La solution à deux états est morte et enterrée !

 

Hasan Affif el-Hasan

 

13 Février 2016

 

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15890

 

On peut dire sans risque de se tromper, que dans les conditions actuelles, la situation des Palestiniens est catastrophique. Le morcellement spatial qui leur est imposé par les colonialistes sionistes et leurs dirigeants incompétents, cupides et corrompus ne laisse guère de place à l’optimisme. La rhétorique de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne (AP) réclame la levée de l’occupation et la fin des colonies de peuplement mais ses forces de sécurité arrêtent et emprisonnent ceux qui défient l’occupation et les colons. L’IDF et les colons qui commettent des violences à l’encontre des Palestiniens et leurs biens savent pertinemment qu’ils ne risquent guère de sanctions de la part des autorités israéliennes pour leurs crimes.

Les Israéliens n’apprécient pas d’être qualifiés d’ « occupants » ou de « colonialistes », mais leurs actes sont avérés être ceux d’une société coloniale. Israël éreinte tout rapport rédigé par des organisations des droits de l’homme l’accusant d’être tendancieux, déformé, et, si nécessaire, antisémite. M. Abbas demande aux Palestiniens, qui ont peu de recours juridiques contre les attaques des forces de l’occupation et les colons armés, de ne pas riposter et d’accepter les insultes et l’humiliation. Il déshumanise son propre peuple et visiblement n’est pas du même avis que le réformateur africain-américain du 19 siècle Frédéric Douglas qui disait qu’ « Il n’y a pas de progrès sans lutte. Ceux qui professent vouloir la liberté, et qui pourtant dénigrent l’agitation, sont des hommes qui veulent récolter sans devoir labourer. Ils veulent la pluie sans le tonnerre et la foudre. Ils veulent l’océan sans le terrible rugissement de ses eaux tumultueuses. »

Les dirigeants palestiniens ont reconnu Israël alors que ni le projet sioniste ni l’état qu’il a créé n’ont jamais reconnu les natifs palestiniens en tant que peuple pour lequel la Palestine avait été la patrie depuis plus de 1500 ans. Au lieu de cela, ils furent considérés comme des « Arabes », qui seraient absorbés par les territoires arabes adjacents. Lorsque David Ben Gourion vint en Palestine en 1906, il n’est pas venu pour échapper à la percussion mais pour réaliser le rêve d’un foyer national juif dans le « Grand Israël » de M. Hertzl, et dans les années qui suivirent la vision qu’il avait des frontières de cette nation était sans équivoque. Le 7 janvier 1937, lors de sa déposition devant la Commission Peel, il a déclaré, « Je dis au nom des juifs, que la Bible est notre mandat, la Bible rédigée par nous dans notre langue, l’hébreu, dans ce pays même [Palestine]. Voila notre mandat ; ce n‘était que la reconnaissance de ce droit qui fut exprimé dans la Déclaration Balfour. »

Dans le vocabulaire sioniste, la Palestine était « une terre sans peuple pour un peuple sans terre, » mais lorsque le nouvel état d’Israël a déclaré son domaine territorial à l’indépendance, les juifs ne possédaient que 6,8 pourcent du pays. Israël a promulgué beaucoup de nouvelles lois pour transférer la propriété de toute la terre à l’état d’Israël. Les Palestiniens qui ont fui leur foyer ou en ont été expulsés avant et pendant la guerre israélo-arabe ne sont pas autorisés à rentrer chez eux. Même ceux qui sont restés à l’intérieur des frontières de ce qui deviendrait Israël furent déclarés par la loi « absents présents, » et ils n’ont reçu aucune indemnisation pour la perte de leurs biens immobiliers. Les Palestiniens qui se sont réfugiés dans des villages voisins lorsque le leur était attaqué furent considérés comme ayant déserté leur propriété, même s’ils n’avaient pas l’intention de s’absenter plus de quelques jours. Ils furent expropriés. Une pratique courante consistait à utiliser une législation d’urgence pour déclarer des terres appartenant à des citoyens palestiniens zone militaire fermée, expulsant ainsi la population avant d’utiliser l’une des nombreuses lois sur les absents pour déclarer la terre propriété de l’état.

Le sionisme est un mouvement sectaire, fasciste et expansionniste dont les ambitions sont sans limites ; et Israël n’a jamais renoncé au projet d’expansion territoriale sioniste tel qu’il apparaît sur la carte présentée par la délégation sioniste à la Conférence de Paris, après la première guerre mondiale en 1919. La carte couvre toute la Palestine historique ainsi que des portions d’états arabes voisins.

Tandis qu’Israël faisait des ravages en Cisjordanie, à Jérusalem et à Gaza, M. Abbas disait à des visiteurs israéliens à son quartier général en 2014 : « la coordination sécuritaire [avec l’armée d’occupation israélienne et le Shabak] est sacrée, et nous allons la poursuivre. » Ceci est tout à fait en adéquation avec sa stratégie de toujours de capituler sur les droits palestiniens, alors que les gouvernements israéliens n’ont jamais rendu la pareille. Même les responsables états-uniens admettent que M. Abbas s’est plié en quatre pour satisfaire quasiment toutes les exigences israéliennes.

  1. Abbas fut l’architecte des Accord d’Oslo, qui ont permis à Israël de contrôler les Palestiniens dans les territoires occupés par procuration et sans frais. Il avait renoncé publiquement à la résolution 194 de l’ONU qui accordait aux réfugiés palestiniens et à leurs descendants le droit au retour dans leur foyer, légitimant ainsi le nettoyage du pays par Israël de ses Palestiniens ! Le juge Richard Goldstone, juif progressiste aux liens étroits avec Israël, a osé faire passer sa conscience avant sa carrière et mettre en avant les crimes israéliens contre les Palestiniens à Gaza en 2009. Il a dit aux militaires et dirigeants politiques israéliens, « Vous devez vous justifier devant une cour pénale. » C’était la première fois que la dimension des droits de l’homme du conflit israélo-palestinien était mise au centre des débats ; la campagne du gouvernement israélien contre M. Goldstone prit la forme d’une dénonciation virulente ; mais Mahmoud Abbas, président de l’AP et secrétaire général de l’OLP, demanda à son envoyé à Washington de ne pas tenir compte du rapport.

Je déteste avoir à le dire, mais plus que jamais les Palestiniens ont besoin de dirigeants à la stature et au dévouement de leurs adversaires Chaim Weizmann ou David Ben Gourion pour sauver leur cause, plutôt que du genre cupide comme Abbas et consorts. Lorsque les sionistes ont estimé que la Grande Bretagne, qui leur avait donné la Palestine dans la Déclaration Balfour, loin de leur faciliter la tâche devenait un obstacle et revenait sur ses promesses, Ben Gourion et ses collègues ne se sont pas coordonnés avec les forces de sécurité du Mandat Britannique contre leur peuple ! Ils se sont retournés contre la Grande Bretagne.

Plus de six décennies après la création d’Israël sur soixante-dix-huit pourcent de la Palestine et presque cinq décennies après l’occupation du reste de leur pays, les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza et des camps de réfugiés ressentent une grande frustration. Il y a chez eux une rancœur sourde, de la colère, et des remarques désobligeantes à l’encontre de leurs dirigeants, des accusations de duplicité et une exigence de dignité et de justice se font entendre. L’humiliation et la dépossession infligées par l’occupation militaire omniprésente et les hordes de colons génèrent chez chaque Palestinien une indignation à la fois personnelle et collective.

La justification donnée par M. Abbas de la coordination sécuritaire avec l’armée d’occupation israélienne contre son peuple est la protection de son pays. La question qui se pose est quel pays M. Abbas tente-t-il de protéger ? Il y a trois versions différentes de ce qu’un état palestinien devrait être, celui promis par le discours des dirigeants de l’OLP ; celui négocié à huis-clos par l’OLP et les élites israéliennes à Oslo ; et le mini état qu’Israël a créé en Cisjordanie occupée sous couvert d’Oslo, Camp David et la fiction proclamée par le Quartet d’une « feuille de route » conduisant à deux États.

Se fondant sur la rhétorique de leurs dirigeants qui prétendent être engagés alors qu’Israël fonde des colonies et les développe, le peuple palestinien envisage un état dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale. Ce serait un état-nation moderne, un membre à part entière de la communauté internationale jouissant de la pleine souveraineté, du contrôle de ses frontières, et des moyens de se défendre. Mais l’accord d’Oslo II de 1995 qui fut négocié par les dirigeants auto-proclamés de l’OLP au nom des Palestiniens désigne d’un tout autre état.

Il morcelle la Cisjordanie et attribue à Israël les 61 pourcent de la Cisjordanie qui englobent la majeure partie des ressources palestiniennes et la richesse agricole de la vallée du Jourdain. La Cisjordanie occupée a été divisée en trois zones, A, B, et C. La zone A qui représente 18 pourcent de la superficie totale de la Cisjordanie et qui comprend la majorité des Palestiniens donnerait à l’AP le contrôle administratif et de sécurité, avec toutefois la réserve que l ‘IDF pourrait librement y faire des incursions si elle estimait que des questions de sécurité étaient en jeu, ce qui se produit quotidiennement. Et dans ce cadre il était prévu que les forces de sécurité palestiniennes se coordonnent avec l’armée d’occupation israélienne. En zone B, soit 21 pourcent de la Cisjordanie, l’AP serait en charge du contrôle administratif mais partagerait la sécurité avec l’IDF. En zone C, c’est à dire 61 pourcent du territoire occupé, l’IDF exercerait le contrôle absolu.

Les Accords d’Oslo ont laissé de côté certaines des questions centrales les plus réfractaires : les frontières, Jérusalem, le droit au retour, l’eau et les implantations. Ce qui a permis à Israël d’agir unilatéralement et de créer sur le terrain un mini état palestinien sans contiguïté géographique, avec des tunnels reliant les centres urbains. Dans ce mini état les Palestiniens n’auraient pas de connections directes à Jérusalem, les grandes colonies de peuplement ne se trouveraient pas en territoire palestinien et ses frontières seraient sous contrôle israélien, Israël partagerait le contrôle de son espace aérien et les Palestiniens n’auraient pas le contrôle total du spectre électromagnétique de leur état.

N’ayant pas réussi en deux décennies et demie à empêcher Israël d’étendre ses colonies de peuplement, et d’annexer de fait une part substantielle des terres palestiniennes, et après plus de six décennies d’hostilité implacable, il est temps de reconnaître qu’il est impossible de parvenir à une solution à deux États, et d’engager un nouveau processus qui ne soit plus entravé par la rhétorique et de fausses hypothèses. Et pour ceci il faut une nouvelle direction palestinienne.

Résistance politique: Retour aux sources du conflit israélo-palestinien dissiper l’écran de fumée 1ère partie

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 22 décembre 2015 by Résistance 71

Sami Al Arian

17 décembre 2015

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15782

 

Dans son roman 1984 George Orwell a introduit le lexique du double langage de Big Brother dans lequel « La guerre, c’est la paix ; la liberté, c’est l’esclavage ; et l’ignorance, c’est la force. » Aujourd’hui on peut enrichir ce novlangue orwellien d’une foule d’expressions en puisant dans le discours des milieux politiques occidentaux et dans la couverture que font les principaux médias de la Palestine, d’Israël et du sionisme politique. Parmi ces expressions qui refléteraient parfaitement ce discours politique et médiatique, on pourrait trouver : « le racisme, c’est la démocratie ; la résistance, c’est du terrorisme, l’occupation, c’’est la félicité. »

Si on devait se fier uniquement aux organes de presse occidentaux comme source d’information sur la situation de plus en plus explosive dans les territoires palestiniens occupés, notamment à Jérusalem, on serait déconcerté par la façon dont sont présentés les victimes et les oppresseurs, mais on en perdrait également son latin quant à l’histoire et la nature du conflit lui-même.

Par exemple, au cours des quelques dernières semaines, dans leur couverture du dernier soulèvement palestinien, la plupart des principaux médias occidentaux, comme le New York Times, CNN, FOX, et la BBC, n’ont virtuellement jamais cité les mots « occupation israélienne, » ou « colonies de peuplement israéliennes illégales. » Ils ne mentionnent que très rarement, voire pas du tout, le fait que Jérusalem est sous le contrôle illégal d’Israël depuis les 48 dernières années, ou que les derniers affrontements furent déclenchés suite aux tentatives d’Israël de modifier le statu quo et de soumettre les lieux saints islamiques situés dans l’enceinte de la vieille ville à une autorité conjointe.

Il arrive très souvent qu’Israël et ses suppôts dans les sphères politiques et médiatiques tentent d’occulter les faits essentiels sur la nature et l’histoire du conflit. Toutefois, nonobstant ces tentatives, ce conflit n’est ni compliqué, ni multi-centenaire. C’est au contraire un phénomène moderne qui remonte à un siècle, et qui a surgi comme conséquence directe du sionisme politique.

Ce mouvement, fondé par le journaliste laïc Théodore Herzl à la fin du 19ième siècle, n’a cessé d’essayer de transformer le judaïsme de l’une des grandes traditions religieuses du monde en mouvement ethnique nationaliste avec l’objectif de faire converger les juifs du monde entier vers la Palestine, la soumettant parallèlement à une purification ethnique en chassant sa population autochtone de la terre de ses ancêtres. Voilà l’essence même du conflit, et donc les politiques mises en œuvres par Israël et ses actes ne peuvent être compris qu’en reconnaissant cette réalité.

Il pourrait être compréhensible, même si c’est odieux, qu’Israël et ses défenseurs sionistes fassent circuler une version frauduleuse de l’histoire et des évènements pour promouvoir leurs objectifs politiques. Mais il n’est pas compréhensible que ceux qui disent prôner l’état de droit, croire au principe de l’autodétermination, et se prononcer pour la liberté et la justice se laissent avoir par cette propagande ou en deviennent ses complices volontaires.

En suivant une bonne partie de la couverture médiatique ou des l’analyses politiques du conflit on est frappé par l’absence de contexte historique, la non prise en compte délibérée des faits empiriques, et le mépris pour les précédents et les concepts juridiques établis.

Les territoires palestiniens sont-ils contestés ou occupés ? Les Palestiniens ont-ils le droit légitime, inscrit dans le droit international, de résister à leur occupant, y compris par la lutte armée, ou bien est-ce que toute forme de résistance est vue comme du terrorisme ? Israël a-t-il un droit quelconque sur la vieille ville de Jérusalem et ses alentours historiques et religieux ? Le prétendu « cycle de violence » qui s’éternise est-il vraiment dû en proportions égales aux deux camps qui s’affrontent ? Israël est-il une réelle démocratie ? Le sionisme politique devrait-il être traité comme un mouvement légitime de libération (et de qui ?) et ses manifestations extrêmement racistes ignorées ? Israël cherche-t-il sincèrement une solution pacifique au conflit ? Les États-Unis peuvent-ils jouer le rôle d’honnête médiateur de la paix qu’ils se sont continuellement proclamés être dans la région ?

Des réponses concrètes à ces questions dissiperaient sans nul doute le brouillard et permettraient aux observateurs objectifs d’accéder non seulement à une compréhension complète du conflit, mais aussi de déterminer en toute connaissance de cause quelles politiques et actions sont nécessaires pour y mettre un terme.

Occupation, auto-détermination, et droit international

Que les territoires saisis par Israël en juin 1967, y compris Jérusalem-Est, soient occupés ne devrait faire l’objet d’aucune contestation. Des dizaines de résolutions de l’ONU ont été adoptées depuis novembre 1967, y compris des résolutions contraignantes du Conseil de Sécurité exigeant d’Israël de se retirer des territoires occupés, auxquelles l’état sioniste a obstinément refusé de se soumettre.

En fait, s’il y avait des territoires « contestés », ce devrait être ces territoires palestiniens qu’Israël a pris en 1948, au cours d’une campagne de terreur, de massacres, et de conquêtes militaires, qui se sont traduites par l’expulsion de force, tout à fait illégale, de plus de 800 000 Palestiniens de leur maison, village, et ville, afin de faire de la place pour des milliers de juifs venant d’Europe et d’autres parties du monde. En conséquence, la résolution 194 de l’ONU stipulait que ces « réfugiés palestiniens qui souhaitent rentrer chez eux …soient autorisés à le faire. » Voilà 67 ans que cette résolution reste lettre morte. Il est également incontestable en droit international qu’Israël est un occupant belligérant, ce qui doit déclencher l’application de toutes les conventions de Genève pertinentes, car le peuple palestinien est sous occupation puisque leur « territoire est effectivement placé sous l’autorité d’une armée hostile. »

En outre, le droit à l’auto-détermination du peuple palestinien et son droit de résister à l’occupant par tous les moyens sont bien établis en droit international. En 1960 ; la résolution 1514 de l’ONU a adopté la « Déclaration sur l’octroi de l’Indépendance aux pays et peuples coloniaux. »

Elle stipulait que « Tous les peuples ont le droit de libre détermination », et que « La sujétion des peuples à une subjugation, à une domination et à une exploitation étrangères constitue un déni des droits fondamentaux de l’homme, et est contraire à la Charte des Nations Unies. » Dix ans plus tard l’ONU adoptait la résolution 2625 qui appelait ses membres à soutenir les peuples colonisés ou les peuples sous occupation contre leurs colonisateurs et occupants.

En fait, la résolution 3246 de l’ONU réaffirmait en 1974 « la légitimité de la lutte des peuples pour se libérer de la domination coloniale et étrangère et de l’emprise étrangère par tous les moyens en leur pouvoir, y compris la lutte armée. » Quatre ans plus tard, la résolution 33/24 de l’ONU confirmait aussi fermement « la légitimité de la lutte des peuples pour l’indépendance, l’intégrité territoriale, l’unité nationale et la libération de la domination coloniale et étrangère et de l’occupation étrangère par tous les moyens en leur pouvoir, en particulier la lutte armée, » et « condamne énergiquement tous les gouvernements » qui ne reconnaissent pas « le droit à l’autodétermination du peuple palestinien. »

Quant à Jérusalem occupée, le Conseil de Sécurité de l’ONU a adopté en 1980 deux résolutions contraignantes (476 et 478) par 14 voix contre 0 (les EU se sont abstenus et n’ont pas opposé leur véto à aucune des deux résolutions.) Les deux résolutions condamnaient la tentative d’Israël de modifier « le caractère physique, la composition démographique, la structure institutionnelle et le statut de la ville sainte de Jérusalem. »

Elles réaffirmaient également « la nécessité impérieuse de mettre fin à l’occupation prolongée des territoires arabes occupés par Israël depuis 1967, y compris Jérusalem, » et interpellaient Israël en tant que « puissance occupante. » Elles considéraient, en outre, que tout changement à la ville de Jérusalem constituait « une violation du droit international. »

* Sami Al-Arian est un militant pour les droits civiques américain, d’origine palestinienne.

 

 

 

 

Comprendre pour mieux agir: La bataille contre le système… 4ème partie

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , on 22 mai 2015 by Résistance 71

4ème partie: L’«infestation», ou la guerre du Système contre les citoyens(La bataille contre le Système, épisode IV)

12/11/2013

1ère partie
2ème partie
3ème partie
4ème partie

Dans le chef d’œuvre d’anticipation qu’est le film de Terry Gilliam «Brazil», les barbouzes qui viennent arrêter par erreur Archibald Buttle font irruption chez lui par un trou percé dans son plafond. L’effet est glaçant. C’est l’idée de la violence étatique qui peut surgir de partout ; que même la matière ne peut contenir, qui se dissémine à travers vos murs pour envahir votre intimité. La sécurité du foyer n’est plus qu’une illusion. Il n’y a plus de refuge. Tout est perméable à la force intrusive de l’Etat. Simple fiction ? Plus maintenant. Les stratèges du Système (1) appellent cela l’«infestation», et elle constitue aujourd’hui le fin du fin de la pensée militaire contemporaine. Cette tactique a aussi son clone virtuel avec l’«infestation» de l’Internet citoyen par les agences de renseignements. Au moment où l’Hyper-Titanic néolibéral amorce son naufrage, le Système adapte donc fort opportunément sa doctrine et ses moyens sécuritaires à la contre-insurrection, c’est-à-dire à la guerre contre les citoyens.

Avertissement Ce texte constitue le quatrième épisode de notre série d’essais «De la bataille contre le Système». Il complète le précédent opus (dont nous recommandons la lecture préalable) dans lequel nous évoquions, entre autres, la probable criminalisation puis répression de la contestation au Système une fois celui-ci entré dans la phase critique de son effondrement.

Changement de paradigme


Avec la fin de la Guerre Froide et la globalisation, la menace de conflits entre Etats s’est amenuisée au profit du risque de guerres asymétriques, c’est-à-dire contre des acteurs non-étatiques. On parle de guerre de quatrième génération (G4G), ou de guerre du «faible au fort» car elle oppose un Etat à des combattants «irréguliers», disposant d’un armement plutôt limité, dans un conflit de basse intensité qui se déroule essentiellement en milieu urbain.
 La recherche de profondeur informationnelle (surveillance, écoutes, espionnage) et le développement d’armements et de stratégies de contre-guérilla et de contre-insurrection représentent donc désormais les axes principaux des nouvelles doctrines sécuritaires du Système.
 Nous nous situons de plus en plus dans le champ d’opérations de police plutôt que militaires (les Suisses assument officiellement ce changement de paradigme), et la force d’écrasement massif à disposition des Etats ne représente qu’un dernier recours pour des circonstances de moins en moins probables.
Le Système adapte ainsi sa doctrine et ses moyens sécuritaires à la menace insurrectionnelle car, comme nous le relevions dans notre précédent épisode, tout système complexe a pour premier objectif de «persévérer dans son être». Et la capitainerie de notre Hyper-Titanic est parfaitement consciente que seules la violence et la répression lui permettront de faire perdurer ses privilèges au moment où le vaisseau commencera véritablement à couler.

La Palestine, principal laboratoire d’expériences du Système


Chaque guerre conduite par le Système, que ce soit en Irak, en Afghanistan, en Libye ou en Syrie, représente bien évidemment autant de laboratoires d’expériences militaires. Mais pour ce qui est de la contre-guérilla ou de la contre-insurrection, son principal laboratoire d’expériences à ciel ouvert est la Palestine. 
Depuis 60 ans, la puissance occupante israélienne y conduit en effet une guerre de basse intensité qui lui permet de tester et de développer un armement et un savoir-faire que les armées du Système s’arrachent sans état d’âme. Ceci expliquant peut-être, au moins partiellement, l’impunité totale dont jouit l’entité sioniste dans son interminable agression du peuple palestinien.
Il faut dire que l’expérience israélienne est des plus précieuses pour le Système. Elle prouve qu’avec un savant dosage de très haute technicité et de barbarie, il est parfaitement possible d’asservir et de contrôler, dans la plus grande pauvreté, une population gigantesque alors même qu’elle compte de nombreux groupes d’insurgés armés et entraînés.
En d’autres termes, l’expérience israélienne confirme qu’avec les moyens modernes de répression, une minorité de nantis peut survivre et même prospérer au milieu d’un océan de pauvreté et d’hostilité.
De quoi rassurer la capitainerie du Système donc, banksters et prédateurs en tête.

La «tondeuse à gazon» israélienne


Pour ce qui est de la théorisation des nouvelles doctrines contre-insurrectionnelles, l’entité sioniste est donc à la pointe du «progrès».
Le premier défi pour un système cherchant à perdurer dans un environnement hostile est de toujours garder l’initiative pour contrôler l’intensité du conflit et le maintenir à un niveau «acceptable» pour lui.
La stratégie développée par Israël à cet égard est celle dite de la «tondeuse à gazon».
Il s’agit ici d’épuiser matériellement, physiquement et moralement les insurgés en lançant périodiquement des campagnes d’assassinats ou de bombardements pour «tondre» littéralement la résistance de son matériel et de ses cadres ou combattants les plus éclairés ou aguerris.
De la sorte, les dotations et les capacités de nuisance des insurgés restent toujours sous le seuil désiré.
Dans l’intervalle des campagnes militaires, la stratégie appliquée est celle de n’importe quelle puissance occupante depuis l’aube des temps : arrestations et détentions arbitraires, torture, intimidation, meurtres épisodiques et harcèlement. Ce climat de terreur permet de garder le contrôle du territoire en gérant au quotidien le niveau d’asservissement voulu.
Toute initiative des insurgés sert ensuite de prétexte au déclenchement d’une opération préalablement prévue (la fameuse tondeuse à gazon donc), ou alors est sanctionnée par une intensification immédiate du degré des atrocités pour faire porter à la résistance la responsabilité des souffrances accrues de la population et accentuer ainsi la division interne.

L’infestation de la matière

Pour ce qui est des opérations de contre-insurrection en milieu urbain proprement dites : les élites militaires israéliennes s’inspirent aujourd’hui de philosophes tels que Deleuze ou Guattari pour élaborer des stratégies mortifères de plus en plus complexes.
La ville y est totalement repensée, déstructurée, re-conceptualisée et le comportement des soldats calqué sur celui de virus franchissant toutes les barrières physiques d’une cité devenue organique, poreuse, ou l’inversion du réel est totale : l’intérieur devient extérieur, le haut devient le bas ; les ruelles, les fenêtres ou les portes ne sont plus franchissables alors que le sol, les murs et les plafonds sont devenus perméables. Tout est mouvant, presque liquide, déstructuré.
Le soldat avance dans la ville insurgée comme un vers dans une pomme. Il creuse pour surgir d’en haut, d’en bas, de gauche ou de droite, pour tuer ou kidnapper puis disparaître. C’est l’«infestation» (2).
Si vous n’êtes pas une cible, vous êtes un moyen, un passage, vous n’existez plus ni en tant qu’individu ni en tant que collectivité ; vous êtes comme les briques du mur que je peux pénétrer, traverser. La chair de l’homme et celle de la ville se confondent. Tout est matière malléable, soumise à la violence du Système.
La portée symbolique, et même philosophique, de cette nouvelle forme de guerre est terrible. Il n’y a plus d’abri, plus de distance de fuite. Ni votre toit ni vos murs ne vous protègent plus de la violence d’Etat, de la violence du Système, qui peut y pénétrer librement, contaminer votre espace, se l’approprier.
Ces méthodes et produits sécuritaires expérimentés par l’entité sioniste en Palestine sont aujourd’hui le nec plus ultra de la barbarie répressive des armées du Système. Les téléjournaux du monde entier font la promotion quasi permanente de leur extraordinaire efficacité et ils se vendent donc à prix d’or. On les utilise déjà à large échelle pour la contre-insurrection en Colombie, en Irak ou en Afghanistan bien sûr, mais ils servent aussi à l’édification des villes-bunkers du futur destinées aux riches, comme on en trouve déjà en Afrique du Sud, en Amérique latine ou aux Etats-Unis (3).
Demain, ce sont ces méthodes qui seront utilisées pour réprimer la révolte généralisée des naufragés de notre Hyper-Titanic.

L’infestation de l’Internet


Il existe un parallèle évident entre cette «infestation» basée sur la perméabilité de la matière, et l’«infestation» de l’Internet citoyen par les technologies des Services de renseignements (cf. PRISM et ses avatars).
Là aussi, les vers informatiques de la NSA ou de ses clones, ses écoutes, sa surveillance, son espionnage pénètrent totalement le web, s’appropriant chaque octet de la sphère privée virtuelle des citoyens.
Là encore, il n’y a plus de distance de fuite, plus de sanctuaire ni de refuge. Tout est poreux, transparent, perméable aux intrusions et aux agressions du Système.
Il faut encore ajouter à cet arsenal la banalisation des drones pour le contrôle des cités désormais, et bien entendu pour l’assassinat extra-judiciaire dont est si friand le glorieux Obama. Dans ce dernier cas, une nouvelle doctrine tout aussi nihiliste que celle de «l’infestation» est en train d’émerger : la «frappe sur signature».
Il suffit d’injecter des paramètres comportementaux dans les logiciels «statistico-probabilistes» des drones, et ces derniers peuvent alors sanctionner les «comportements suspects» par une frappe automatique le cas échéant, l’échelon «humain» du système n’étant informé de l’assassinat qu’a posteriori. Bien sûr, les paramètres comportementaux en question sont d’autant plus larges et souples que la situation d’engagement est tendue.
Dans le cas d’une guerre contre-insurrectionnelle, cette menace «automatisée» venue du ciel complète alors idéalement les capacités de projection de la force létale du Système depuis toutes les dimensions possibles : par ses soldats-virus surgit du sol, des murs ou du plafond ; par ses snipers autonomes opérant du ciel.
D’ores et déjà, différents arsenaux législatifs sont en train d’être construits pour soutenir l’activation de ces méthodes en criminalisant l’activisme et la dissidence. Aux Etats-Unis, l’assassinat extra-judiciaire de citoyen US soupçonnés de terrorisme (par qui, sur quelles bases ?) n’est même plus un tabou.


L’infestation des sociétés


A vrai dire, cet arsenal répressif patiemment élaboré par le Système pour «perdurer dans son être», en prévision de l’éventuel naufrage à venir, n’est qu’une excroissance «militarisée» de sa violence intrinsèque.
Dans les précédents épisodes de notre «bataille contre le Système », nous nous sommes attachés à dénoncer cette essence totalitaire du Système néolibéral qui a abouti à l’édification d’une véritable contre-civilisation «imposant aux sociétés qui lui sont soumises la décadence des mœurs, le desséchement de la pensée et de l’âme, le meurtre de l’environnement. Dans cette [contre-]civilisation, les licenciements de masse font donc s’envoler les actions des entreprises; les catastrophes naturelles sont considérées comme des aubaines pour relancer l’économie; le principe de précaution est sacrifié aux exigences du profit immédiat; la privatisation et la manipulation du vivant n’est qu’une perspective de plus d’enrichissement ; le mensonge et la propagande imprègnent les discours ; la rhétorique a remplacé la dialectique et, enfin, des générations entières ont finalement régressé au genre pour prendre possession de la Cité et y semer la terreur en pratiquant, hilares, une ultra-violence devenue ludique. Une barbarie qui n’est somme toute que le reflet à peine déformé des lois d’une économie de marchés où le patron d’une multinationale, qui ne jalouse de la puissance d’un Etat que son monopole de la force, ne se sent jamais aussi vivant, aussi puissant que lorsqu’il démembre et absorbe un concurrent, c’est-à-dire lorsqu’il qu’il le détruit et le tue. La batte de base-ball comme métaphore de l’OPA agressive en somme.» (4)
L’infestation des sociétés par la violence intrinsèque du Système représente ainsi la marque du développement de notre contre-civilisation, mais aussi celle de sa ruine.

Tentative de reformatage du monde 


Aujourd’hui, le Système arrive en effet au bout de ses contradictions et sa dynamique de destruction s’est logiquement muée en dynamique d’autodestruction. Miné par les impasses économique ou écologique qui le rongent, il anticipe dès lors sa chute et cherche désormais à développer des stratégies sécuritaires adaptée à la menace insurrectionnelle à venir.
Ce faisant, il développe des doctrines, des stratégies et des moyens visant à rendre le monde absolument perméable à sa violence.
Plus rien ne doit être hors de sa portée, plus rien ne doit échapper à son intrusion.
De manière métaphorique (mais peut-être pas seulement), on pourrait même voir dans la banalisation des manipulations génétiques l’aboutissement ultime de son désir d’étendre son emprise, d’«infester» jusqu’aux replis les plus sacrés du monde et de la vie.
Avec cette nouvelle stratégie d’«infestation», tout se passe finalement comme si le Système, rendu invincible par son hyperpuissance technologique (5), tentait désormais de reformater le monde pour le plier à la flexibilité de ses propres lois numériques et, ainsi, se l’approprier, le manipuler, le contraindre jusqu’au plus intime de la vie.
Et cela dans le seul but de pouvoir y projeter sa violence et la mort.
En ce sens, jamais Système n’aura peut-être incarné si profondément, si passionnément, si dangereusement, le mal absolu.

(1) Le «Système» tel que nous l’entendons désigne un Tout formé par l’ensemble des structures politico-économico-médiatiques soumises au nihilisme néolibéral et qui constituent la mécanique de notre contre-civilisation. Ce Système s’appuie sur une puissante narrative destinée à le présenter pour vertueux, alors qu’il projette une violence inégalée dans l’Histoire contre les sociétés humaines et l’environnement. Il s’appuie essentiellement sur la magie anesthésiante de sa toute-puissance médiatique, combinée au mirage de ses prouesses technologiques. Pour plus de détails, nous renvoyons à la définition élaborée par Philippe Grasset que nous adoptons sans réserve.

(2) Cette tactique a notamment été appliquée à large échelle à Naplouse en 2002 pour la première fois. Une Palestinienne interviewée par le «Palestinian Monitor» raconte: «Imaginez çà : vous êtes assise dans votre séjour que vous connaissez bien; c’est la pièce où la famille se rassemble pour regarder la télévision après le repas du soir, et soudain le mur disparaît dans un fracas assourdissant, la pièce se remplit de poussière et de gravas, et du mur sortent des soldats les uns après les autres, hurlant des ordres. Vous ne savez pas s’ils en ont après vous, s’ils viennent vous prendre votre maison ou si votre maison est seulement sur leur route. Les enfants crient, en proie à la panique. Est-il possible de commencer même à imaginer l’horreur ressentie par un enfant de 5 ans, quand 4, 6, 8 ou 12 soldats, la figure peinte en noir, tous avec des mitraillettes pointées dans tous les sens, avec des antennes sortant de leur sacs à dos et qui les font ressembler à des insectes géants d’une autre planète, font exploser un passage dans ce mur?»

(3) Comme l’explique Yotam Feldman, auteur du documentaire «The lab» sur le complexe militaro-industriel israélien, «Israël offre aujourd’hui un modèle politique complet de guerre asymétrique. (…) Il exporte des missiles Rafael utilisées pour les assassinats [ciblés] à Gaza, des drones IAI, des méthodes de combat et des murs de séparation Magal. Mais il exporte aussi des experts juridiques, des experts en administration des populations sur le modèle de l’administration civile israélienne en Cisjordanie.» Tant de technique et de savoir-faire rapporte d’ailleurs gros, très gros. Durant la dernière décennie, les exportations militaires israéliennes ont ainsi triplé, passant de deux milliards de dollars par an, au début des années 2000, à sept milliards en 2012. Bon an mal an, l’entité sioniste se situe aujourd’hui entre le quatrième et le sixième exportateur d’armement au monde. Pour cette minuscule puissance nucléaire de 6 millions d’habitants construite sur une base religieuse, l’exploit a quelque-chose d’effrayant. D’autant que la guerre en Palestine est désormais devenue une nécessité économique qui «fait partie du système de gouvernance israélien».
Vous avez dit «Processus de paix» ?

(4) Au sujet de la violence qui gangrène les villes, nous dirions même notre conviction qu’elle est savamment entretenue par le Système, grâce à des artifices législatifs eux aussi poreux, comme moyen de pression supplémentaire sur les populations.
C’est la vieille technique du pompier-incendiaire où le Système se présente comme le dernier rempart à une barbarie dont il maintient pourtant savamment un certain niveau dans une sorte de «stratégie de tension» revisitée. Ce n’est pas un hasard si, chaque fois qu’un despote est menacé par une insurrection, l’une de ses premières mesures est d’ouvrir grand les prisons pour laisser déferler la pègre dans les cités. C’est ce qu’a fait Ben Ali en Tunisie, puis Moubarak en Egypte aux premières heures des révolutions qui ont touché ces pays, espérant bien évidemment que cette soudaine poussée de la criminalité urbaine allait inciter les populations à réclamer leur protection et discréditer les insurgés.
De leur côté, les médias-Système sont devenus les vecteurs de la violence intrinsèque du Système au travers d’une contre-culture de masse d’une vulgarité abyssale favorisant l’individualisme, l’égoïsme et la violence à tous les niveaux des rapports sociaux.

(5) Depuis l’aube des temps, toute civilisation décadente allait cahin-caha vers l’effondrement au profit d’une civilisation-relais (selon Toybnee, il y a eu à ce jour une vingtaine de civilisations s’enchaînant selon ce principe) qui permettait à l’Histoire et aux sociétés humaines d’avancer. Sauf que pour la première fois de l’Histoire, une civilisation, un Système, a acquis une telle puissance qu’il en est devenu littéralement invincible, de sorte que seul son effondrement sur lui-même peut entraîner sa disparition.