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Résistance politique: Ingérence directe d’Israël dans la vie politique britannique et d’ailleurs…

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Combien de députés britanniques (et français) travaillent pour Israël?

 

Jonathan Cook

 

18 janvier 2017

Source: https://www.legrandsoir.info/combien-de-deputes-britanniques-et-francais-travaillent-pour-israel.html

« Jadis, personne n’aurait hésité à appeler les politiciens britanniques agissant dans l’intérêt d’une puissance étrangère, et obtenant très probablement des avantages financiers pour le faire, des « traîtres ». Et pourtant, comme le montrent les vidéos secrètement filmées par Al Jazeera, les espions israéliens comme Shai Masot peuvent facilement rencontrer et conspirer avec le proche assistant d’un ministre conservateur pour discuter de la meilleure façon de « faire tomber » le ministre adjoint des Affaires étrangères, Alan Duncan, à cause de ses critiques contre les colonies illégales d’Israël dans les territoires occupés. Maria Strizzolo, l’assistante du ministre de l’éducation Robert Halfon, suggère de façonner un « petit scandale » pour porter préjudice à Duncan. »

Cet article concerne la Grande-Bretagne, mais un pays qui organise une conférence pour la paix en Palestine et décommande les Palestiniens, dont la capitale arbore le drapeau israélien, dont le candidat socialiste à la présidentielle se targue d’être « éternellement lié à Israël, quand même ! », où la Ligue de Défense Juive, classée organisation terroriste par Washington et Tel-Aviv, peut jouer les vigilantes (et les vigiles) en toute impunité (fi des promesses gouvernementales de démanteler la miliceMeyer Habib veille au grain), où un Président de région finance la colonisation israélienne avec l’argent public, et où la dénonciation de l’influence du premier lobby américain (l’AIPAC, ouvertement sioniste) équivaut à un arrêt de mort politique (liste non exhaustive) devrait certainement se poser la question : des élus français feraient-ils passer les intérêts d’Israël – et leurs intérêts personnels – avant ceux de la France ? Et qu’en est-il des médias ? La France reste-t-elle le pays des droits de l’homme ou le pays collaborationniste par excellence ?

Voir la liste interminable des « Amis Français d’Israël » où gauche et droite rivalisent de servilité : votre élu en fait-il partie ? N’hésitez pas à l’en féliciter : les valeurs racistes, colonialistes et suprématistes se perdent, et les criminels de guerre et criminels contre l’humanité sont par trop décriés. Heureusement que des hommes et femmes courageux savent reconnaître le mérite et portent haut nos couleurs. Mention spéciale pour le Front de Gauche François Asensi, Député-maire de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis, qui conjugue la vice-présidence du groupe France-Palestine avec celle du groupe d’Amitié France-Israël. Comme disait l’autre, « Ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c’est le vent. »

Sayed Hasan

* * *

Al Jazeera doit être félicitée pour une enquête clandestine exposant quelque chose que la plupart d’entre nous aurions probablement pu deviner : que certains membres du personnel de l’ambassade d’Israël au Royaume-Uni – ne faisons pas les vierges effarouchées, des agents du Mossad – travaillent avec des militants et de hauts responsables politiques des Partis conservateur et travailliste afin de subvertir leurs propres partis de l’intérieur, et réorienter la politique étrangère britannique pour qu’elle profite aux intérêts d’Israël au lieu des intérêts britanniques.

On ne peut pas vraiment blâmer Israël pour cela. La plupart des États promeuvent leurs intérêts du mieux qu’ils peuvent. Mais on peut et doit exposer et faire honte aux politiciens britanniques qui collaborent avec Israël pour nuire davantage à la démocratie représentative de la Grande-Bretagne.

Ce n’est pas comme si ces personnes ne pouvaient pas être facilement identifiées. Ils annoncent même ce qu’ils vont faire. Ils sont membres du groupe parlementaire des Amis conservateurs d’Israël et des Amis travaillistes d’Israël. Ils dominent les deux partis du Parlement, mais surtout les conservateurs. Selon les chiffres des Amis conservateurs d’Israël, 80% des députés conservateurs appartiennent au groupe des Amis d’Israël du parti.

Jadis, personne n’aurait hésité à appeler les politiciens britanniques agissant dans l’intérêt d’une puissance étrangère, et obtenant très probablement des avantages financiers pour le faire, des « traîtres ». Et pourtant, comme le montrent les vidéos secrètement filmées par Al Jazeera, les espions israéliens comme Shai Masot peuvent facilement rencontrer et conspirer avec le proche assistant d’un ministre conservateur pour discuter de la meilleure façon de « faire tomber » le ministre adjoint des Affaires étrangères, Alan Duncan, à cause de ses critiques contre les colonies illégales d’Israël dans les territoires occupés. Maria Strizzolo, l’assistante du ministre de l’éducation Robert Halfon, suggère de façonner un « petit scandale » pour porter préjudice à Duncan.

Masot et les services de renseignement d’Israël ne peuvent pas influencer la politique étrangère britannique à travers le parti d’opposition travailliste, mais cela ne les empêche pas d’avoir aussi un vif intérêt pour les députés travaillistes. Masot est filmé en train de parler au Président des Amis travaillistes d’Israël, Joan Ryan, à propos de « beaucoup d’argent » – plus d’un million de livres sterling – qu’il a reçu du gouvernement israélien pour envoyer encore une autre brochette de députés travaillistes dans un voyage tous frais payés en Israël, où ils seront choyés, cajolés, et apprêtés par de hauts fonctionnaires israéliens pour qu’ils adoptent des positions pro-israéliennes encore plus extrêmes. Les Amis travaillistes d’Israël sont connus pour envoyer la plus grande proportion de députés en Israël dans ces genres de voyages.

Est-ce que cela a un effet sur la politique intérieure britannique ? Vous pouvez le parier ! Israël n’est pas un organisme de bienfaisance.

Un grand nombre de ceux qui ont rendu infernale la vie du leader travailliste Jeremy Corbyn font partie des Amis travaillistes d’Israël. Ce sont les mêmes députés qui ont fait tout un tapage sur une prétendue « crise d’antisémitisme » dans le parti travailliste – basée sur zéro preuve tangible – depuis que Corbyn est devenu le chef du parti. Suivaient-ils alors ce que leur dictait leur conscience ? Craignaient-ils vraiment qu’une épidémie d’antisémitisme ait soudainement frappé leur parti ? Ou jouaient-ils une politique profondément cynique pour évincer un leader qui soutient la justice pour le peuple palestinien et est considéré par le gouvernement de droite d’Israël, qui n’a aucun intérêt à faire la paix avec les Palestiniens, comme de mauvaises nouvelles pour Israël ?

L’enquête menée par Al Jazeera n’a pas encore été diffusée, et nous ne pouvons donc nous baser que sur les extraits publiés jusqu’à présent, soit par Al Jazeera elle-même, soit d’autres fuites de l’enquête fournies par le Mail on Sunday.

Il vaut la peine d’écouter un ministre conservateur du gouvernement de David Cameron, qui nous a récemment quittés, qui s’exprime anonymement dans le Mail on Sunday. Il nous avertit d’un double coup dur pour la politique du Royaume-Uni causé par Israël et ses partisans britanniques – et qui commence à se rapprocher des dommages causés au système politique des États-Unis par Israël.

Le gouvernement britannique biaise sa politique étrangère pour éviter de contrarier les donateurs juifs, dit-il. Les députés, quant à eux, agissent comme des agents d’une puissance étrangère – à leur insu, suppose-t-il généreusement – plutôt que des représentants du peuple britannique. Oubliez le droit international, ces politiciens ne promeuvent pas même les intérêts britanniques.

Voici ce que le ministre écrit :

La politique étrangère britannique est soumise à l’influence israélienne au cœur de notre politique, et les personnes en autorité ont ignoré ce qui se passe.

Pendant des années, les Amis conservateurs d’Israël et les Amis travaillistes d’Israël ont travaillé avec – et même pour – le gouvernement israélien et leur ambassade de Londres pour promouvoir la politique israélienne et contrecarrer la politique du gouvernement du Royaume-Uni et les actions des ministres qui tentent de défendre les droits des Palestiniens.

Beaucoup de pays essaient d’imposer leurs points de vue aux autres, mais ce qui est scandaleux au Royaume-Uni est que, au lieu d’y résister, les gouvernements successifs s’y sont soumis, ont pris l’argent des donateurs, et ont permis au trafic d’influence israélien de façonner la politique et même de déterminer le sort des ministres.

Même maintenant, si je devais révéler qui je suis, je serais soumis à un barrage incessant d’injures et à une mise à mort politique. […]

Il semble maintenant clair que les membres des Partis conservateur et travailliste ont travaillé avec l’ambassade d’Israël, qui les a utilisés pour diaboliser et honnir les députés qui critiquent Israël ; une armée d’idiots utiles d’Israël au Parlement.

C’est quelque chose de politiquement corrompu et de diplomatiquement indéfendable. La conduite de certains députés doit être exposée au grand jour, de même que l’infiltration toxique et trompeuse de notre politique par les agents involontaires d’un autre pays. […]

Nous avons besoin d’une enquête complète sur l’ambassade d’Israël, les liens, les accès et le financement des Amis conservateurs d’Israël et des Amis travaillistes d’Israël. Il est rare que je sois d’accord avec un ministre du gouvernement conservateur, mais une telle enquête ne peut pas être diligentée trop tôt.

Notez également que le fait qu’Al-Jazeera, plutôt que le quatrième pouvoir britannique, ait exposé les agissements d’Israël pour subvertir le système politique britannique constitue un acte d’accusation contre les médias du Royaume-Uni. Ce n’est pas comme si les journalistes de la BBC, du Guardian, du Times et du Mail n’avaient pas vu des ministres comme celui/celle citée précédemment se plaindre à eux durant des années au sujet des interférences en provenance d’Israël. Alors pourquoi n’ont-ils pas envoyé depuis longtemps des équipes d’infiltration pour exposer cette collusion entre Israël et les députés britanniques ?

Nous avons eu des semaines d’histoires sur les efforts supposés de la Russie et de Poutine pour subvertir l’élection américaine, sans encore le moindre soupçon d’aucune preuve, et sur la base d’une allégation centrale contre les Russes selon laquelle ils auraient compromis le résultat des élections en diffusant des informations véridiques sur des actes répréhensibles du Parti démocrate. Des diplomates russes ont été expulsés sur la base de ces affirmations infondées, et le Président Obama a promis d’autres mesures secrètes contre la Russie.

Ici, nous avons des preuves documentées que le gouvernement israélien complote secrètement avec des députés britanniques « amis » pour évincer un ministre du gouvernement britannique. Si ce n’est pas là de l’ingérence dans le système politique britannique, je ne sais pas ce qui en serait. Aurons-nous de même des semaines de couverture de cette histoire dans les médias au Royaume-Uni, ou sera-t-elle rapidement classée et oubliée ?

Et au-delà du renvoi de Masot, une quelconque action sera-t-elle exigée par le gouvernement britannique ? Cela semble peu probable. Le Ministère des Affaires étrangères a déjà publié une déclaration disant que, après le renvoi de Masot, il considérait l’affaire close.

Jonathan Cook

Jonathan Cook est un journaliste britannique indépendant basé à Nazareth, lauréat du prix spécial Martha Gellhorn pour le journalisme, et spécialiste du conflit israélo-palestinien.

Article en anglais : http://www.jonathan-cook.net/blog/2017-01-08/how-many-british-mps-are-…

Épisodes du documentaire d’Al-Jazeera (en anglais) :
https://youtu.be/ceCOhdgRBoc
https://youtu.be/Vuk1EhkEctE
https://youtu.be/L3dn-VV3czc
https://youtu.be/pddH2sfNKNY

Traduction : Sayed Hasan

Résistance politique: État sioniste et ingérence politique, une dénonciation israélienne…

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Les opérations noires d’Israël contre les gouvernements étrangers sont immorales et paranoïaques

 

Yossi Melman

 

10 janvier 2017

 

url de l’article en français:

http://arretsurinfo.ch/les-operations-noires-disrael-contre-les-gouvernements-etrangers-sont-immorales-et-paranoiaques/

 

L’état d’esprit dominant au sein du gouvernement israélien est que le « monde est contre nous ». Mais laisser des gens comme Shai Masot calomnier des politiques étrangers ne peut que mal tourner.

Lorsqu’on a appris qu’un responsable d’ambassade israélienne conspirait pour « faire partir » des députés, le principal suspect fut le ministère israélien des Affaires stratégiques. Ces derniers mois, ce ministère a été chargé de combattre ce que le gouvernement israélien de droite considère comme des responsables et des politiques « anti-Israéliens » dans le monde entier.

Toutefois, il s’est avéré que le responsable qui a été filmé, Shai Masot, était en fait employé par le ministère israélien des Affaires étrangères.

C’est d’autant plus embarrassant : le ministère des Affaires étrangères est considéré comme un îlot de valeurs libérales, de modération et de raison dans la mer en pleine expansion des gens de droite contrôlant la bureaucratie israélienne.

Masot n’est pas un diplomate. Il a servi en tant que major dans la marine israélienne puis a été transféré dans l’unité de liaison de l’armée israélienne avec l’Autorité palestinienne.

Là-bas, il était chargé d’un département international, responsable des fonctionnaires et des diplomates étrangers visitant Gaza et les postes-frontières israéliens qui y conduisaient.

Il y a sept ans, il a quitté l’armée et a commencé à travailler pour Miri Regev, alors députée de droite et aujourd’hui véhémente et provocante ministre de la Culture et des Sports.

Il y a trois ans, Masot a déménagé à Londres et fut embauché à titre non diplomatique comme assistant d’Ethan Naeh, chargé d’affaires et numéro deux de l’ambassade. Dans le langage bureaucratique israélien, un tel poste est connu sous le nom de « travailleur local israélien ».

Toutes les missions diplomatiques israéliennes dans le monde emploient des centaines de travailleurs ayant un statut similaire en plus du millier de diplomates qualifiés et formés qui jouissent d’une immunité diplomatique complète.

Masot a été surpris en train de parler en octobre dernier à Maria Strizzolo, une fonctionnaire qui fut l’assistante d’un ministre conservateur. La conversation ciblait spécifiquement Alan Duncan, le ministre adjoint aux Affaires étrangères britannique, en raison de son opposition à la construction de colonies israéliennes.

L’ambassadeur israélien, Mark Regev, s’est excusé auprès de Duncan vendredi et a précisé que « l’ambassade considérait ces propos totalement inacceptables ».

Cependant, on ne sait pas précisément si Masot était à l’initiative de cette réunion et si les idées qu’il a exprimées étaient les siennes ou si son patron était au courant et approuvait.

En raison de la violation du protocole diplomatique, le ministère israélien des Affaires étrangères a décidé de mettre fin à son contrat de travail.

Néanmoins, la réaction rapide et chirurgicale ne peut cacher le fait que le comportement de Masot semble représenter quelque chose qui pénètre de plus en plus profondément dans de nombreuses parties du gouvernement et de la fonction publique israéliens.

« Travail secret, sous les radars »

Il existe un état d’esprit dominant qui répand largement l’idée paranoïaque que « le monde entier est contre nous » et la tendance à assimiler l’opposition à l’occupation israélienne de la Cisjordanie palestinienne et sa politique de colonisation à de l’« antisémitisme ».

Ces notions sont particulièrement exprimées par Netanyahou, qui a récemment riposté contre les Nations unies qui ont soutenu une résolution du Conseil de sécurité dénonçant les colonies.

Netanyahou a ordonné le rappel des ambassadeurs israéliens de certains de ces États, a annulé une visite du Premier ministre ukrainien et a arrêté le financement israélien partiel de l’ONU ainsi qu’un projet d’irrigation en Afrique.

La même attitude préside la décision de Netanyahou de confier au ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, la direction du ministère des Affaires stratégiques et la lutte contre les « anti-Israéliens ».

À cette fin, le gouvernement a alloué un budget de près de 50 millions de dollars – dont la moitié consacrée aux « opérations ».

Pour remplir sa mission, le ministère des Affaires stratégiques a désigné comme directrice générale l’ancien général de brigade Sima Vaknin-Gil, ancienne directrice de la censure de l’establishment de la défense. Elle a recruté d’anciens agents des renseignements pour travailler pour le ministère et a déclaré à la Knesset que « notre travail doit être secret et sous les radars ».

L’objectif principal du ministère des Affaires stratégiques est le BDS – la campagne internationale lancée il y a dix ans par un activiste palestinien pour le « boycott, [le] désinvestissement et [la] sanction » d’Israël mais, au vu de l’incident diplomatique londonien, il semble qu’il agit plus largement contre quiconque serait défini par le gouvernement israélien comme un « anti-Israélien ».

Certains Israéliens, moi y compris, ont mise en garde il y a plusieurs mois le gouvernement contre l’idée même de mener « opérations noires », ce qui inclurait des campagnes de diffamation contre des fonctionnaires, des diplomates, des politiques ou des militants étrangers.

De telles actions ne sont pas seulement immorales et opposées à l’étiquette diplomatique, elles portent également atteinte à la souveraineté des gouvernements étrangers et elles peuvent aussi se retourner contre Israël et lui causer plus d’ennuis vis-à-vis de la communauté internationale.

 

Yossi Melman | 9 janvier 2017

Yossi Melman est un commentateur spécialiste de la sécurité et du renseignement israéliens. Il est co–auteur de Spies Against Armageddon.