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Résistance au colonialisme: Massacre en Palestine occupée et lutte des classes (7 du Québec)

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A Gaza, la bourgeoisie se planque et le prolétariat planche, encore une lutte de libération nationale bourgeoise

 

Robert Bibeau

 

23 mai 2018

 

Source: 

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/a-gaza-la-bourgeoisie-se-planque-et-le-proletariat-planche-encore-une-lutte-de-liberation-nationale-bourgeoise/

 

Que se passe t’il en Palestine occupée ?

Depuis plusieurs semaines (depuis le vendredi 30 mars 2018) le gouvernement israélien et l’armée israélienne ont assassiné plus d’une centaine de Palestiniens, de nombreux enfants notamment, et ils en ont blessé des milliers d’autres (plus de 11 000). Désarmés, ces Palestiniens ont été tués ou blessés pour le crime de manifester contre leur incarcération dans le plus grand bagne à ciel ouvert des temps modernes où un million cinq cent mille damnés de la terre s’entassent, emprisonnés depuis soixante-dix années.

Au-delà du dégoût et de la colère que provoque ces meurtres commis de sang-froid, sous l’œil des caméras (nonobstant leur myopie sélective) la question que soulève ces crimes contre l’humanité c’est : « Pourquoi ce carnage largement médiatisé ? »

Se peut-il que les palestiniens manifestant pensent que ces soldats totalement aliénés – endoctrinés – s’abstiendront de les tués ? Se pourrait-il que les Palestiniens innocents espèrent que les dirigeants israéliens reculeront devant ces crimes de guerre avérés ?  Je ne le crois pas. Les prolétaires palestiniens connaissent leurs geôliers « nazifiés » depuis soixante-dix ans maintenant, et il est évident qu’aucun de ces militants n’attend de pitié des mercenaires de Tsahal.

Il nous faut donc admettre que les martyrs palestiniens connaissent les risques qu’ils encourent face à ces tueurs programmés. Car autant le mystère est grand sur ce qui pousse ces militants bien intentionnés – mais manipulés – à s’immoler de la sorte, autant le mystère plane sur les motifs et les objectifs des autorités israéliennes qui ne peuvent ignorer le dommage que leur occasionne de telles spectacles d’assassinats publics télévisés et répétés. Qui après avoir vu ces crimes de guerre osera encore prétendre au droit à l’existence de cet État fantoche, de cet État voyou, de cet État illégale et illégitime, construit sur une Terre expropriée et ensanglantée.

Le peuple « juif » n’existe pas mais l’État colonial israélien existe

Il est évident que les dirigeants israéliens savent qu’ils forcent leurs comparses des capitales de la « communauté international » bidon à se démasquer et à s’exposer en compagnie de ces tueurs en série, ce qui les embarrasse assurément, c’est pourtant l’effet escompté. À travers cette allégeance occidentale à ses tortionnaires sionistes, le suzerain américain souhaite signifier aux prolétaires américains, israéliens, palestiniens, français, canadiens, et à ceux du monde entier, le sort qu’il réserve aux damnés de la Terre révoltés. Après George W Bush, après Barack Obama, voici Donald Trump qui proclame « Vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous ». Voilà la signification profonde de cette tuerie contre le peuple Palestinien, massacre qu’exécute le protectorat israélien, ce soi-disant État d’un « peuple » qui n’existe pas et n’a jamais existé.

En effet, comme l’écrit Shlomo Sand un peuple – une nation – de quelques milliers d’individus n’a pu subsister dans l’errance, expatrier- éparpiller à travers le monde pendant deux milliers d’années, convertissant et intégrant des étrangers (goys) ayant pour seule composante identitaire un livre « révélé » (la Thorah) différemment interprété. (1)

La vraie nature du protectorat israélien

Il faut bien le comprendre, Israël est un protectorat créé par les impérialistes britanniques au siècle dernier, à une époque où pour contrôler et s’approprier une richesse naturelle (pétrole), son transport et ses marchés, une puissance impériale devait disposer d’une armée à proximité de la ressource, une armée capable d’intervenir rapidement pour frapper les bourgeoisies nationales récalcitrantes en cas de nécessité. C’est d’ailleurs ce que fit l’État fantoche israélien en 1956, aux ordres du Royaume-Uni et de la France, empires convoitant le Canal de Suez porte d’entrée des pétroliers ravitaillant le marché européen. Il en fut ainsi par la suite quand la nouvelle puissance hégémonique américaine eut pris le relais des vieilles puissances européennes déchues (Guerre de 1967, de 1973, bombardements de la Tunisie, de la Jordanie, de la Libye, de l’Irak, de la Syrie, invasions et occupation du Liban, et du Golan, etc.). Aujourd’hui, sous l’impérialisme moderne dont l’économie est mondialisée et financiarisée, l’entretien d’un contingent militaire en terre étrangère n’est plus nécessaire. Il faut en convenir Israël est une base militaire obsolète qu’il leur faudra tôt ou tard désaffectée. (2)

L’internationale « juive » ne fait plus recette, bienvenue au « false flag » sioniste

Nul ne doit se laisser berner par les jérémiades proto-sionistes à propos de la lubie de la judéité du « Peuple élu » et autres fadaises au sujet des prophéties de Theodor Herzl, un suprémaciste sponsorisé, et de l’assentiment prémédité de Lord Arthur Balfour (1917), et autres foucades folkloriques complotistes à propos des sectes « juives internationales » qui domineraient le monde avec leurs 16 millions d’adhérant (sur 7 milliards d’individus vivants soit 0,05%), comprenant quelques dizaines de prétendants « juifs » sur les 2500 milliardaires recensés (0,05% du total) , ou encore, à propos de l’État de tous les « Juifs » (dont la majorité des citoyens est athée) sur une Terre « promise » (sic) par Yahweh à cette populace d’exilée multiethnique rassemblée là par les pénuries de logements et d’emplois. Ne pas oublier non plus l’inévitable forfanterie de l’« AIPAC », un club sélect dont les milliardaires opportunistes américains se servent comme paravent pour dissimuler leurs méfaits et en accusé commodément les sanguinaires « juifs » expatriés. Vous cherchez un modèle de « False Flag », en voilà un.

Une époque tire à sa fin, l’alliance Atlantique s’effrite

Soupçonnent-ils ces capitalistes israéliens, ce que vous et moi nous savons déjà : que premièrement, leur mentor déclinant s’écarte progressivement de ses alliés et concurrents européens; que deuxièmement, une fois leur tuteur défaussé il ne restera plus personne pour les protégés; que troisièmement, le temps joue contre eux ! Imaginez dans trente ans combien de dizaines de millions d’arabes enragés –débarrassés de leurs dirigeants prostrés – encercleront cette base militaire néocoloniale abandonnée par les porte-avions US partis en galère faire la guerre de l’autre côté de la Terre, en mers de Chine, de Corée ou du Japon.

Te Deum en Palestine sacrifiée

Il n’y a qu’une explication possible à la tactique sanguinaire et suicidaire de l’État voyou israélien. Maintenant qu’il a reçu la dernière concession de son maître poltron à son ambassade relocalisée, le diable sioniste étale sa hargne désespérée avant de jouer son va-tout, ce bain de sang signifiant qu’il vendra chèrement chaque parcelle de terre spoliée, ce dont le Hamas et l’OLP ont pris acte à n’en pas douter à travers ces milliers de sacrifiés. Il est tout de même triste qu’une nouvelle fois (vingtième répétition depuis la Nakba de 1948) des milliers de Palestiniens aient ainsi payer de leur sang les tractations pour le partage des terres entre deux bourgeoisies nationalistes chauvines (3). Un jour, le bantoustan palestinien tant souhaité par Arafat et par Haniyeh ouvrira ses portes, veuillez en remercier ces milliers d’immolés. La véritable libération du prolétariat palestinien viendra plus tard, n’en doutez pas. (4)

NOTES

1.      1.http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/comment-le-peuple-juif-fut-invente/

2.      2.http://www.les7duquebec.com/7-au-front/wall-street-se-retire-de-laccord-sur-le-nucleaire-iranien/

3.      3. Selon Ismaïl Haniyeh, « les sangs versés à Gaza ont fait capoter la décision de Trump concernant le « deal du siècle ». « Donald Trump avait l’intention d’annoncer le « deal du siècle » et le « démantèlement de la Palestine » le jour même du transfert de l’ambassade US à Qods, mais les sangs versés à Gaza l’ont empêché d’exécuter sa décision », a dit le chef du Hamas.  http://www.presstv.com/Detail/2018/04/06/557610/Isral-Palestine-Gaza-Cisjordanie-retour

4.      4. Robert Bibeau (2017) Question nationale et révolution prolétarienne sous l’impérialisme moderne.  L’Harmattan. Paris. 150 pages. http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/question-nationale-et-revolution-proletarienne-sous-limperialisme-moderne-ouvrage-de-robert-bibeau/

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Résistance au colonialisme: BDS, la riposte à Balfour

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Ce qu’il faut bien comprendre c’est que Balfour n’a fait qu’entériner un projet sioniste déjà existant, comme le dit l’historien israélien Illan Pappé dans son livre « The Ethnic Cleansing of Palestine » (2006), cela ne rappelle t’il pas quelque chose s’étant déroulé outre Atlantique ?…

« En fait, pour beaucoup de sionistes, la Palestine n’était même pas une ‘terre occupée’ quand ils arrivèrent dessus pour la première fois en 1882, mais c’était plutôt ‘une terre vide’. Les natifs palestiniens qui y vivaient leur étaient invisibles ou s’ils ne l’étaient pas, faisaient partie de la dure nature des choses de l’environnement et devaient de la sorte être soit conquis, soit éliminés. Rien, ni pierres, cailloux ou Palestiniens feraient obstacles à la ‘rédemption’ nationale de la terre convoitée par le mouvement sioniste. » (p.11 dans la version anglaise, traduit par Résistance 71)

De fait, les Palestiniens, la cause palestinienne est la même que celle des Amérindiens. Tous sont victimes de la folie colonisatrice d’un occident génocidaire.

Juste après Pappé dit ceci: « Jusqu’à l’occupation de la Palestine par la Grande-Bretagne en 1918, le sionisme n’était qu’un mélange d’idéologie nationaliste et de pratique coloniale. »

Dans so conclusion, Pappé dit ceci: « Le problème d’israël ne fut jamais sa judéité, le judaïsme possède bien des facettes et bon nombre d’entre elles fournissent une base solide pour la paix et la cohabitation, le problème est le caractère ethnique du sionisme. Le sionisme ne possède pas la même marge de pluralisme offerte par le judaïsme, certainement pas en tout cas pour les Palestiniens. »

Un autre historien israélien Schlomo Sand, professeur d’histoire à l’université de Tel Aviv dit: « La bible est la justification suprême de la colonisation des temps modernes, chaque bataille est l’écho d’une action ancienne.. » Puis, à l’instar du Dr Ashraf Ezzat dont nous traduisons les recherches, il dit ceci: « Les Egyptiens antiques conservaient des archivers méticuleuses et très complètes de chaque évènement et il y a énormément de documentation au sujet de la vie politique et militaire du royaume. Il y a même des documents au sujet de l’incursion de groupes nomades sur le territoire. Et pourtant, il n’y a absolument aucune mention nulle part de ces « enfants d’Israël » qui quittèrent l’Egypte ou qui se seraient rebellés contre elle, ou auraient émigré, à quelque moment de son histoire… Aucunes traces en quoi que ce soit ne furent trouvées de leur errance dans le désert du Sinaï à cette époque et la véritable géolocation du Mont Sinaï doit toujours être découverte.. » (« The Invention of the Jewish People », 2009). Il conclut ainsi: « Pourtant, les mythes historiques qui furent avancés et crus avec une bonne dose d’imagination et qui conduisirent à la création de la société israélienne sont maintenant devenus une force dont la puissance émet la possibilité de sa destruction. »

~ Résistance 71 ~

 

 

100 ans après Balfour la campagne BDS est notre riposte !

 

Omar Barghouti*

 

4 novembre 2017

 

Source: http://chroniquepalestine.com/100-ans-apres-balfour-campagne-bds-riposte/

 

(*) Cofondateur du mouvement BDS (Boycott, Desinvestments, Sanctions) et de la campagne palestinienne du boycott culturel et universitaire d’Israël.

 

Balfour a déclenché une tragédie nationale pour le peuple palestinien, mais avec la campagne BDS, nous ripostons.

Lorsque les milices sionistes ont chassé ma grand-mère, Rasmiyyah et sa famille à Safad sous la menace des armes à feu durant la Nakba de 1948, le processus de colonisation qui a été enclenché par la Déclaration Balfour et qui a abouti à un nettoyage ethnique est devenu une tragédie pour le peuple autochtone de Palestine. C’est devenu une question personnelle.

J’ai hérité de ma défunte grand-mère sa passion pour la dignité humaine et sa ténacité à se battre pour la justice. C’est donc tout naturellement que, dans le débat actuel sur l’héritage de Balfour, j’ai choisi de me concentrer sur les deux.

À son centenaire, de nombreux analystes débattent de ce que signifiait réellement la Déclaration Balfour et se demandent s’il était légal que l’empire britannique en 1917, offre aux colons juifs-européens un « foyer national » en Palestine « sans tenir compte à la fois de la présence et la majorité indigène », comme l’a dit Edward Said.

Ce qui manque largement au débat, au-delà des demandes justifiées d’excuses britanniques et de réparations, c’est l’impératif d’agir maintenant pour mettre un terme à la Nakba palestinienne en cours en mettant fin à la complicité non seulement du Royaume-Uni, mais surtout des États-Unis et d’autres puissances occidentales dans le maintien d’un système d’injustice qui a prévalu pendant une centaine d’années. En armant Israël, en le protégeant contre les sanctions des Nations Unies, et en le traitant comme un État au-dessus du droit international, ces puissances renforcent l’inhumanité incontestable inhérente à l’héritage de Balfour.

LIRE EGALEMENT : Une interview de José-Luis Moraguès : « Le BDS s’oppose radicalement au sionisme et à sa vision raciste du monde »

Certains peuvent s’opposer à ce que le projet sioniste soutenu par les Britanniques en Palestine soit considéré comme un cas de colonisation de peuplement, mais même les dirigeants sionistes de droite influents étaient tout à fait honnêtes à ce sujet. En 1923, par exemple, Ze’ev Jabotinsky écrivait : « Chaque population indigène dans le monde résiste aux colons tant qu’elle a le moindre espoir de pouvoir se débarrasser du danger d’être colonisée… La colonisation sioniste doit soit s’arrêter, ou bien avancer indépendamment de la population autochtone. »

Jabotinsky faisait la promotion d’un « mur de fer » sioniste pour dominer la population indigène, en partie en colonisant nos esprits par le désespoir. Aujourd’hui, Israël, soutenu par les États-Unis et l’Union européenne, construit des murs de béton et utilise une violence extrême pour écraser notre espoir et inscrire dans notre conscience collective qu’il est futile de résister à son hégémonie coloniale.

La première étape de la décolonisation et de la guérison pour nous Palestiniens, alors, doit être d’exorciser le désespoir que nous avons intériorisé pendant des décennies de brutal régime militaire israélien et de déni de nos droits humains fondamentaux. Nous devons nous investir dans un processus profond de décolonisation de nos esprits, par une dose d’espoir saine et réaliste.

Le mouvement mondial de Boycott, de Désinvestissement et de Sanctions (BDS) mené par les Palestiniens, pour la liberté, la justice et l’égalité est aujourd’hui une source majeure d’espoir pour les Palestiniens.

En plus de relier la lutte palestinienne aux luttes pour la justice raciale, indigène, économique, sexuelle, sociale et climatique, la campagne BDS exerce des pressions non-violentes sur les institutions, les entreprises et les gouvernements impliqués dans le soutien aux violations des droits humains par Israël. Un récent sondage de la BBC montre qu’Israël est devenu l’un des États les moins populaires au monde.

Inspiré par le mouvement des droits civiques américains et le mouvement anti-apartheid sud-africain, le BDS a été lancé en 2005 par la plus large coalition de la société civile palestinienne. Il appelle à mettre fin à l’occupation israélienne de 1967, à mettre fin à sa discrimination raciale légalisée, qui répond à la définition américaine de l’apartheid, et à respecter le droit des réfugiés palestiniens tel que stipulé par les Nations Unies, de retourner dans leurs foyers et sur leurs terres.

Réalisant l’espoir que nourrit le BDS et le fait que l’impact du mouvement grandisse parmi les principaux fonds de pension, syndicats, gouvernements étudiants, associations académiques, mouvements sociaux, artistes et, dans une certaine mesure, Hollywood, les groupes de pression israéliens ont recours à des mesures désespérées et sans doute illégales pour étouffer le mouvement.

Par exemple, il y a quelques semaines, la ville de Dickinson, au Texas, a mis en place une législation anti-BDS en conditionnant l’aide humanitaire après les ouragans, à la promesse de ne pas boycotter Israël ou ses colonies illégales. L’Union américaine des libertés civiles (ACLU) a condamné cela comme « une violation flagrante du premier amendement, rappelant les serments de loyauté de l’ère McCarthy … »

L’ACLU a également déposé une plainte au niveau fédéral arguant d’une loi anti-BDS du Kansas – exigeant que tous les entrepreneurs d’état certifient qu’ils ne boycottent pas Israël – qui viole le premier amendement de la Constitution des États-Unis.

Loin de protéger son impunité, la pression d’Israël pour une législation anticonstitutionnelle anti-BDS au niveau de l’État et au Congrès lui aliène le courant dominant libéral. Cela peut expliquer en partie pourquoi près de la moitié des Américains soutiennent des sanctions contre Israël pour mettre fin à son occupation, selon un sondage de 2016.

Un scandale récemment révélé lié à la guerre secrète d’Israël contre BDS ne fera qu’exacerber cette aliénation. Israël a embauché un grand cabinet d’avocats pour intimider et faire taire les activistes du BDS en Amérique du Nord, en Europe et au-delà, selon les médias israéliens. L’avocat israélien au centre de cette révélation, a averti qu’Israël pouvait franchir des « lignes criminelles ».

Si la loi israélienne contre BDS est vaincue devant la Cour suprême des États-Unis, cela pourrait inaugurer une nouvelle ère de responsabilité pour Israël.

Balfour doit se retourner dans sa tombe alors que les indigènes dont il a rejeté avec arrogance les prétentions pour lui hors de propos, commencent à changer la donne grâce à la solidarité internationale des gens de conscience.

J’ai promis à ma grand-mère que je n’abandonnerai jamais cette mission de défense des droits de l’homme tant que la justice et la dignité ne prévaudront pas. Je ne briserai pas cette promesse.

Résistance politique: Une question essentielle concernant le Moyen-Orient…

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Les Arabes ont ils trahis la Palestine ?

 

Ramzy Baroud

 

24 septembre 2016

 

url de l’article original:

http://chroniquepalestine.com/arabes-ont-trahi-palestine/

 

J’avais 21 ans lorsque j’ai traversé Gaza pour me rendre en Égypte, où je devais faire des études universitaires en sciences politiques. Le moment n’aurait pas pu être plus mal choisi.

 

L’invasion du Koweit par l’Irak en 1990 avait conduit à la constitution d’une large coalition internationale sous la houlette des États-Unis et sur un conflit armé majeur, qui a terme a ouvert la voie à l’invasion US de l’Irak en 2003. Je me suis rendu compte que les Palesti­niens étaient soudain “haïs” en Égypte, en raison du soutien que Yasser Arafat avait apporté à l’Irak à l’époque. Je ne m’étais seulement pas rendu compte de l’étendue de cette prétendue “haine”.

C’est dans un hôtel bon marché du Caire, où j’épuisais petit à petit le pécule des quelques livres égyptiennes dont je disposais, que j’ai rencontré Hajah Zainab, une gentille gardienne d’un certain âge, qui me traita comme un fils. Elle avait l’air en mauvaise santé, chancelante quand elle marchait, s’appuyant contre les murs pour reprendre son souffle avant de reprendre son chemin pour s’acquitter de corvées interminables. Son visage portait des tatouages jadis soigneusement tracés, qui avec le temps et les rides étaient devenus un fouillis d’encre qui souillait sa peau. Mais malgré tout, la gentillesse qui se lisait dans ses yeux surpassait tout, et chaque fois qu’elle m’a vu elle m’a étreint dans ses bras en pleurant.

Hajah Zainab

Hajah Zainab pleurait pour deux raisons : elle avait pitié de moi alors que je devais me battre contre un ordre d’expulsion du Caire – qui n’avait aucune autre raison d’être que le fait que j’étais Palestinien à une époque où Yasser Arafat soutenait Saddam Hussein alors que Hosni Mubarak avait choisi de s’allier aux États-Unis. J’étais de plus en plus désespéré et je craignais de devoir affronter les services de renseignement israéliens, le Shin Bet, qui ne manqueraient pas de me convoquer dans leurs bureaux à la minute même ou je franchirais à nouveau la frontière de Gaza. L’autre raison était que le fils unique de Hajah Zainab, Ahmad, avait trouvé la mort dans le Sinaï en combattant les Israéliens.

Les Égyptiens de la génération de Zainab percevaient les guerres qui avaient mis leur pays aux prises avec Israël, en 1948, 1956 et 1967 comme des guerres dans lesquelles la Palestine était une cause centrale. Ni les politiques auto-centrées ni le conditionnement par les médias n’ont jamais pu changer cela. Mais la guerre de 1967 fut une défaite absolue. Grâce à un soutien direct et massif des États-Unis et d’autres puissances occidentales, Israël avait sèchement battu les armées arabes, sur trois fronts différents. Gaza, Jérusalem-Est et la Cisjordanie furent perdus, de même que les hauteurs du Golan, la vallée du Jourdain et le Sinaï.

C’est à ce moment que les relations entre certains pays arabes et la Palestine ont commencé à changer. La victoire d’Israël et le soutien inlassable des États-Unis et de l’Occident ont convaincu certains gouvernements arabes qu’il leur fallait revoir leurs attentes à la baisse, en espérant que les Palestiniens en feraient autant.

L’Égypte, qui avait porté fièrement le flambeau du nationalisme arabe, succomba à un sentiment d’humiliation collective, et par la suite redéfinit ses priorités en cherchant à obtenir la libération de son propre territoire de l’occupation israélienne. Privés du leadership essentiel de l’Égypte, les pays arabes se sont divisés, chaque gouvernement ayant ses propres objectifs. La totalité de la Palestine se trouvant sous contrôle israélien, les Arabes ont lentement pris leurs distances avec une cause qu’ils avaient pourtant considérée longtemps comme la cause centrale de la Nation arabe.

La guerre de 1967 a aussi mis un terme au dilemme de l’indépendance de l’action des Palestiniens par rapport à divers pays arabes qui l’avaient détournée. Qui plus est, cette guerre a concentré l’attention sur la Cisjordanie et Gaza, et a permis au Fatah, la faction palestinienne, de fortifier sa position à la lumière de la défaite arabe et des divisions qui en ont découlé.

Cette division a été particulièrement mise en évidence en août 1967, lors du sommet de Karthoum, où les leaders du monde arabes se sont affrontés à propos des priorités et de définitions. Les gains territoriaux israéliens devaient-ils redéfinir le statu quo ? Les Arabes devaient-ils mettre l’accent sur un retour à la situation d’avant 1967 ou à celle d’avant 1948, lors de la première occupation de la Palestine historique et du nettoyage ethnique visant les Palestiniens ?

Le 22 novembre 1967, le Conseil de Sécurité des Nations Unies adopta la résolution 242, qui reflétait le souhait de l’administration étatsunienne du Président Johnson, qui voulait capitaliser sur le nouveau statu quo : le retrait d’Israël “from occupied territories” [1] en échange d’une normalisation des relations avec Israël. Le nouveau langage, dans la période suivant immédiatement la guerre de 1967, alarma les Palestiniens, qui se rendirent compte que tout accord futur était susceptible de faire l’impasse sur la situation qui existait avant la guerre.

Finalement, l’Égypte combattit et célébra sa victoire dans la guerre de 1973, qui lui permit de consolider son contrôle sur la majeure partie de ses territoires perdus. Quelques années plus tard, les Accords de Camp David, en 1979, ont encore accentué la division parmi les pays arabes, et mirent officiellement fin à la solidarité de l’Égypte avec les Palestiniens, tout en garantissant au pays arabe le plus peuplé un rétablissement sous condition de sa souveraineté sur son propre territoire dans le Sinaï. On ne saurait trop souligner les répercussions négatives de cet accord. Néanmoins, en dépit du temps qui a passé, le peuple égyptien n’a quant à lui jamais accepté vraiment la normalisation des relations avec Israël.

En Égypte, un gouffre persiste entre le gouvernement, dont le comportement est basé sur des urgences politiques et l’instinct de conservation, et le peuple qui, en dépit d’une intense campagne médiatique contre les Palestiniens, est toujours décidé à rejeter la normalisation avec Israël aussi longtemps que la Palestine n’aura pas été libérée. Contrairement à un cirque médiatique abondamment financé qui démonise Gaza depuis quelques années, ceux qui partagent l’avis de Hajah Zainab ont peu de possibilités d’exprimer ouvertement leur solidarité avec les Palestiniens. Dans mon cas, j’ai eu la chance de rencontrer la concierge vieillissante qui, tant d’année après, pleurait à la fois pour la Palestine et pour la mort de son fils unique.

Néanmoins, des personnages comme Zainab, j’en ai rencontré des réincarnations de nombreuses fois au cours de mes voyages. Je l’ai rencontrée en Irak en 1999. Elle était une vieille vendeuse de légumes vivant à Sadr City. Je l’ai rencontré en Jordanie en 2003. Elle était un chauffeur, avec un drapeau palestinien accroché à son rétroviseur déglingué. Elle était aussi un journaliste saoudien à la retraite, que j’ai rencontré à Jeddah en 2010, une étudiante marocaine que j’ai rencontrée à Paris en 2013, au cours d’une tournée de conférences. Elle avait à peine plus de 20 ans. Après mon intervention, elle me raconta en sanglotant que la Palestine reste pour son peuple une blessure qui suppure. “Je prie chaque jour pour une Palestine libre”, me dit-elle, “tout comme mes vieux parents le faisaient dans chacune de leurs prières”.

Hajah Zainab c’est aussi l’Algérie, toute l’Algérie. Quand l’équipe nationale palestinienne de football a rencontré son homologue algérienne, en février dernier, un phénomène étrange et sans précédent en a laissé plus d’un perplexe. Les supporters algériens, qui figurent parmi les plus ardents des amoureux du football où que ce soit, n’ont pas cessé d’acclamer les Palestiniens, sans arrêter. Et quand l’équipe de Palestine a marqué un but, ce fut comme si les gradins s’enflammaient. Le stade plein à craquer explosa d’un chant intense à la gloire de la Palestine. Et de la Palestine seule.

Alors, les Arabes ont-ils trahi la Palestine ?

C’est une question que l’on entend souvent, et souvent on y répond par l’affirmative : “oui, ils l’ont trahie”. Les médias égyptiens, prenant les Palestiniens de Gaza pour boucs émissaires, les Palestiniens de Yarmouk, en Syrie, affamés et pris pour cible, naguère la guerre civile au Liban, les mauvais traitements infligés aux Palestiniens au Koweit en 1991 [2] et, plus tard, en Irak en 2003, sont souvent cités en exemple. Aujourd’hui, d’aucuns insistent sur le fait que ce qu’on a appelé “le printemps arabe” a représenté le dernier clou du cercueil de la solidarité arabe avec la Palestine.

Je m’inscris en faux. L’émergence de l’infortuné “printemps arabe” a été un abandon, sinon une trahison, non juste des Palestiniens mais de la majorité des Arabes. Le Monde arabe s’est transformé en un gigantesque terrain d’affrontements pour de sales jeux politiques entre vieux et nouveaux rivaux. Et si les Palestiniens en ont été victimes, c’est aussi le cas des Syriens, des Égyptiens, des Libyens, des Yéménites et d’autres.

Il faut faire une distinction claire entre ce que peut désigner le mot “Arabes”. “Arabes”, cela peut désigner des gouvernement non-élus, tout aussi bien qu’une vieille femme pleine de gentillesse qui gagne 2 dollars par jour dans un hôtel crasseux du Caire. “Arabes”, cela peut désigner des élites occidentalisées [NdT : “emboldened elites”, littéralement “élites enhardies”] qui ne se soucient que de la préservation de leurs propres privilèges et de leur fortune, sans aucun égard ni pour la Palestine ni pour leur propre nation, mais aussi une multitude de gens, divers, uniques, engagés, opprimés, qui à ce moment de l’histoire sont rongés par le souci de leur propre survie et qui se battent pour la liberté.

Notes :

[1] la résolution 242 prévoit, dans sa version anglaise, le retrait des troupes israéliennes “from occupied territories”, ce qui en français peut se traduire aussi bien par “de territoires occupés” que par “des territoires occupés”. La première traduction, contrairement à la seconde, n’implique en rien l’idée d’un retrait de la totalité des territoires en question. Selon les règles en vigueur aux Nations Unies, les versions anglaise et française font également foi (la première pour des raisons de rapports de force de l’après-guerre 40-45, la seconde en vertu des traditions diplomatiques occidentales). Selon qu’ils soutiennent le colonialisme sioniste ou les droits des peuples, les différents pays adoptent l’une ou l’autre traduction, sans qu’on puisse trouver dans le texte lui-même le moyen de trancher entre les interprétations qui en découlent. C’est d’ailleurs probablement cette ambiguïté intrinsèque du texte qui avait permis qu’il soit adopté à l’époque par le Conseil de Sécurité, chacun des pays membres y voyant ce qu’il voulait y voir. – NDLR

[2] Environ 300.000 Palestiniens vivaient au Koweit à l’époque où Yasser Arafat apporta son soutien à Saddam Hussein dans le différend qui l’opposait au Koweit à propos de l’exploitation de champs pétrolifères frontaliers, qui déboucha sur l’invasion du Koweit par l’Irak (avec ce que Saddam Hussein avait cru, à tort, pouvoir interpréter comme une approbation tacite par les États-Unis). – NDLR

Colonialisme, sionisme et dictature… L’inquisition israélienne sévit dans l’indifférence occidentale quasi générale…

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Journée du prisonnier palestinien: l’horreur des prisons israéliennes

Fares Chahine

18 Avril 2016

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Comme chaque 17 avril depuis 1975, les palestiniens ont célébré cette semaine la journée du prisonnier. Actuellement, ils sont 7000 Palestiniens et Palestiniennes à croupir dans les geôles israéliennes dans des conditions inhumaines. Cette population carcérale comprend 400 enfants et 69 femmes. Quant aux prisonniers dits «administratifs», détenus sans inculpation ni jugement pour des périodes de 6 mois renouvelables indéfiniment, ils ont atteint le nombre de 750.

Ghaza : De notre correspondant

Selon un rapport publié conjointement à cette occasion par le club des prisonniers palestiniens et l’organisme chargé des affaires des prisonniers et des libérés, il y a 3 prisonnières administratives, Souad Erzikat, Sana Abou Snina et Hanine Amar. D’après la même source, 700 prisonniers sont atteints de maladies diverses et sont victimes de négligences médicales. 30 de ces prisonniers ont été incarcérés avant la signature des accords d’Oslo par l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et Israël en 1993.

A coté du refus du gouvernement israélien d’arrêter la colonisation, le maintien de tous ces Palestiniens en prison a poussé le président Mahmoud Abbas et la direction Palestinienne à mettre un terme aux négociations directes israélo-palestinienne. Le rapport publié par le club des prisonniers palestiniens et l’organisme chargé des affaires des prisonniers et des libérés précise aussi que «les autorités israéliennes détiennent en prisons 6 membres du conseil législatif palestinien (parlement) dont Marwane El Barghouti et 18 journalistes ». Selon les statistiques de ces deux organismes, «un million de palestinien ont connu l’expérience de la détention dans les prisons israéliennes depuis l’occupation du reste de la Palestine (bande de Ghaza, Cisjordanie y compris la ville d’El Qods) par l’Etat Hébreu en 1967.

Législation injuste et inhumaine

Depuis le 28 septembre 2000, jour du déclenchement de l’Intifada d’El Aqsa à ce jour, plus de 90.000 citoyens ont séjourné pendant des périodes plus ou moins longues dans les prisons israéliennes. Parmi ces citoyens, 11.000 avaient moins de 18 ans, 1300 étaient des femmes et plus de 65 étaient des députés ou d’anciens ministres de l’Autorité palestinienne. Durant la même période, les autorités israéliennes ont pris 25.000 décisions de détentions administratives (Renouvellement de période de détention et nouvelles arrestations).

Les cas de détention administrative, se basant sur une législation injuste et inhumaine qu’Israël dit avoir hérité de l’époque du mandat Britannique sur la Palestine, ont touché toutes les couches de la société palestinienne. Des enfants, des jeunes, des personnes âgées, des malades, des handicapés, des ouvriers , des académiciens, des députés, des anciens ministres, des dirigeants politiques, des syndicalistes, des étudiants, des écoliers, des écrivains, des journalistes et des artistes ont été victimes de cette forme de détention que beaucoup d’organismes de défense des droits de l’homme, y compris Amnesty International, ont appelé à arrêter. Un appel qui ne trouve aucun écho auprès d’Israël qui continue d’en user et d’abuser.

L’emprisonnement massif des populations civiles palestiniennes ont commencé dès 1948, avec la création de l’Etat d’Israël sur la terre de la Palestine historique. Il représente l’un des plus grands drames humanitaires, politiques et juridique de l’ère moderne. L’occupation israélienne a usé et abusé de cette forme de punition individuelle et collective durant les périodes des différentes révoltes du peuple palestinien. Intifadha des pierres en 1987, intifada d’El Aqsa en septembre 2000 et soulèvement populaire d’El Qods que certains appellent intifada d’El Qods depuis le mois d’octobre 2015.

Israël ne respecte pas ses engagements

La résistance palestinienne armée a toujours œuvré en faveur de la libération des prisonniers palestiniens. Elle a réussi à en libérer des milliers en échange de soldats israéliens ou même de cadavre de soldats israéliens. Le dernier échange a concerné le soldat israélien Gilaad Shalit, détenu par le mouvement Hamas dans la bande de Ghaza de 2006 a 2011 et qui a permis à 1000 prisonniers de respirer l’air de la liberté. Mais comme Israël ne respecte jamais ses engagements, une quarantaine de ces prisonniers ont été de nouveau remis en prison. Le président Yasser Arafat et le président Mahmoud Abbas avaient aussi réussi à libérer des milliers d’autres prisonniers par la voie diplomatique durant les négociations de paix. Mais beaucoup de Palestiniens sont remis en prison quelques semaines seulement après leur libération.

Les bagnes en Israël sont loin d’être une colonie de vacances. Les témoignages d’anciens prisonniers révèlent que « 100% de la population carcérale a subi au moins une forme de torture qui est une pratique planifiée des bourreaux israéliens ».  « Les humiliations, les mauvais traitements, les insultes, la torture physique et psychique sont le lot quotidien des détenus palestiniens », disent-ils. Mais malgré toutes ces conditions, les révoltes collectives et les luttes individuelles de détenus palestiniens ne se sont jamais arrêtées.

Nombreux ont été les prisonniers palestinien à avoir réussi à contraindre leurs geôliers israéliens à les libérer après de longues grèves de la faim. Des grèves dépassant parfois même de très loin les limites du supportable. Aujourd’hui, le dossier des prisonniers représente une priorité dans tout règlement de la cause palestinienne. Bien qu’Israël l’utilise pour obtenir des concessions sur d’autres questions, telles que les frontières ou le retour des refugiés, les Palestiniens sont décidés à recouvrir leurs droits inaliénables et la libération de l’ensemble des prisonniers. Sans cette libération, les palestiniens disent qu’ « il ne peut y avoir de véritable paix dans la région ».