Archive pour israël colonisation palestine

Résistance au colonialisme: L’Intifada pour les nuls…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 5 avril 2016 by Résistance 71

L’intifada pour les nuls pourquoi l’insurrection populaire n’a t’elle pas encore pris ?

Ramzy Baroud

4 Avril 2016

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15979

Que l’histoire se déplace de manière linéaire ou cyclique n’importe peu. Le fait est qu’elle est en mouvement constant.

Ainsi, la situation actuelle en Palestine est particulièrement frustrante pour une génération qui a grandi après les accords de paix d’Oslo ; ils ont été élevés dans un fait historique étrange : leurs terres ne cessent de diminuer tandis que le temps continue de s’égrener.

La nature du soulèvement actuel en Cisjordanie et à Jérusalem Est témoigne de cette revendication. Les soulèvements précédents ont été massifs dans leur mobilisation, clairs dans leur message et décisifs dans leur effet. Leurs succès ou échecs ne sont pas ici en question, mais le fait est qu’ils ont été voulus par le peuple et, partout, en quelques jours, ils se sont imposés sur la conscience collective des Palestiniens.

Le soulèvement actuel est différent ; si différent, en fait, que beaucoup hésitent encore à l’appeler « intifada » ; comme si les Intifadas étaient le résultat d’une science exacte, une formule claire entremêlant participation populaire et sang versé.

Là où la situation, aujourd’hui, diffère, c’est qu’il n’y a ni idées claires, ni plate-forme politique, ni revendications ou stratégies à court et à long terme. Voilà au moins la grande différence avec les intifadas de 1987-1993 et, dans une moindre mesure, de 2000 à 2005. Mais il est possible que les résultats de ces précédentes Intifadas aient entrainé ces différences.

La Première Intifada s’est métamorphosée en un processus de paix sans valeur, qui a finalement abouti à la signature des accords d’Oslo en 1993. Un an plus tard, la direction palestinienne de l’OLP s’est transformée sous la forme émasculée de l’Autorité palestinienne (AP). Depuis lors, cette dernière a servi en grande partie l’occupation israélienne.

La Deuxième Intifada a eu moins de succès que la première. Elle s’est rapidement transformée en une rébellion armée, marginalisant ainsi la composante populaire de la révolte qui est nécessaire pour cimenter l’identité collective des Palestiniens, les forçant alors à surmonter leur division et à s’unifier derrière un seul drapeau.

Cette Intifada a été écrasée par une armée israélienne brutale ; des centaines de personnes ont été assassinées et des milliers d’autres ont été tués dans des manifestations et des affrontements avec les soldats israéliens. Ce fut un tournant dans la relation entre le gouvernement israélien et la direction palestinienne à Ramallah, et entre les factions palestiniennes elles-mêmes.

Le chef de l’OLP, Yasser Arafat, fut pris en otage par l’armée israélienne dans son quartier général de Ramallah. Les soldats se moquaient de lui dans son bureau, tout en bloquant ses déplacements pendant des années. Enfin, il a été lentement empoisonné et mourut en 2004.

Israël s’est ensuite lancé dans l’effort laborieux de réorganiser la direction de l’AP, débusquant les non-conformistes – les assassinant ou les emprisonnant- et en laissant en fonction les soi-disant modérés, mais dans des conditions très strictes.

Mahmoud Abbas a été élu président de l’AP en 2005. Ses plus grandes réalisations comprennent la répression des organisations de la société civile, en assurant une totale loyauté envers lui-même et sa branche au sein de la faction du Fatah. Sous Abbas, il n’y a pas de modèle révolutionnaire pour un changement, pas de « projet national » ; en fait, pour commencer, pas même de définition claire de la Nation.

La nation palestinienne est devenue ce qu’Abbas voulait qu’elle soit. Elle se compose, en grande partie, des Palestiniens de Cisjordanie, vivant principalement dans la zone A, fidèles au Fatah et avides de l’aide internationale. Plus la nation Abbas a accepté de jouer le jeu, plus d’argent elle a été autorisée à engranger.

En 2006, cette fragmentation est devenue totale. Beaucoup se souviendront de cette période de discorde lorsque le Hamas a obtenu la majorité des sièges au sein du Conseil Législatif Palestinien (PLC) ; mais le conflit qui a suivi, donnant lieu à l’été violent de 2007, n’avait peu à voir avec la démocratie.

Le paradigme – des « pourparlers de paix » interminable, l’argent des généreux donateurs, la croissance des colonies juives illégales, etc. – convient très bien à Abbas et aux Israéliens. Personne, en particulier le Hamas, ne devait être autorisé à imposer un tel changement de paradigme.

Israël a immédiatement assiégé Gaza, lancé plusieurs guerres successives, et a commis de nombreux crimes de guerre avec peu de critiques émanant de Ramallah. La Bolivie et le Venezuela semblaient être rendus plus furieux par les crimes de guerre d’Israël à Gaza que la clique de Mahmoud Abbas en Cisjordanie.

Jusqu’à octobre de l’année dernière, lorsque le soulèvement actuel a lentement commencé, la situation sur le terrain semblait au point mort. En Cisjordanie, l’occupation continuait de se normaliser conformément à la formule : occupation et colonies illégales en échange d’argent et de silence.

Gaza, de l’autre côté, tient face à la barbarie régulièrement infligée par Israël, tel un rappel à ceux de Cisjordanie pour leur montrer que le prix de la révolte est blocus, faim, destruction et mort.

C’est dans ce contexte de misère, d’humiliation, de peur, d’oppression et de corruption que les Palestiniens se lèvent. Ils sont pour la plupart nés après Oslo et sont devenus politiquement conscients après l’affrontement entre le Fatah et le Hamas. Ils ont grandi dans un monde où ils ont vu s’affronter leur propre leaders au sujet de l’occupation, d’une part, et des affrontements avec d’autres Palestiniens de l’autre.

Ces jeunes, cependant, n’ont jamais perçu l’occupation comme étant normale ; ils ne sont jamais arrivés à la conclusion que la terre sous leurs pieds devait sans cesse rétrécir au profit de villes juives illégales.

Ils ont dû apprendre à se frayer un chemin à travers les points de contrôle, mais n’ont jamais consenti à la supériorité de leur occupant. Ils sont, certes, désunis, mais ils rejettent l’adhésion à un parti ainsi que le fractionnement de la Palestine. Ils ne comprennent pas pourquoi Gaza est désavoué et massacré.

C’est la génération la plus instruite, la plus politiquement avertie et, grâce au bond technologique, la plus connectée et informée du monde qui l’entoure. Les ambitions de ces jeunes sont énormes, mais leurs chances sont si limitées ; leur terre a été réduite à la taille d’une file d’attente devant un point de contrôle militaire israélien, où ils sont parqués sur leur chemin de l’école, du travail ou de chez eux.

Et, tandis que les Israéliens tirent sur ceux qui osent protester, Abbas incarcère ceux tentent de le faire.

C’est une génération qui ne peut tout simplement pas respirer.

L’actuelle Intifada est l’expression de cette dichotomie, d’une génération qui est si désireuse de se libérer, de se définir, de libérer sa terre, mais qui est combattue par une vieille garde tenant sans relâche à ses quelques avantages et aux dollars qu’ils reçoivent chaque mois.

L’histoire doit rester constamment en mouvement, et les six derniers mois ont été la tentative de toute une génération de mettre l’histoire en marche, malgré des centaines d’obstacles et des milliers de points de contrôle.

Cela pourrait être encore l’Intifada la plus difficile ; car jamais auparavant les Palestiniens ne se sont retrouvés sans leaders, et pourtant si prêts à se libérer. Le résultat de cette tension ne définira pas seulement cette génération, comme l’intifada de 1987 a défini la mienne, mais elle définira l’avenir de la Palestine tout entière.

* Dr Ramzy Baroud écrit sur le Moyen-Orient depuis plus de 20 ans. Il est chroniqueur international, consultant en médias, auteur de plusieurs livres et le fondateur de PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Résistant en Palestine – Une histoire vraie de Gaza (version française), peut être commandé à Demi-Lune. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Scribest.fr. Son site personnel : http://www.ramzybaroud.net

Colonialisme et Palestine occupée: Torture systémique dans les geôles sionistes…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, police politique et totalitarisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 26 février 2016 by Résistance 71

Une raison de plus pour boycotter ? En fallait-il encore ? Celle-là vaut-elle la peine ? C’est la prochaine étape en France: goulag et corvée de bois. La boucle sera bouclée: les escadrons de la mort modernes furent mis en place, testés par la France en Algérie, puis exportés avec notre enseignement « contre-insurrectionnel » à l’université des tortionnaires: La escuela de las Americas (L’école des Amériques, School of the Americas) qui a l’époque sévissait au Panama sous commandement yankee entre 1946 et 1984 lorsqu’elle fut virée du Panama. Elle a depuis été rapatriée à Fort Benning dans l’état de Georgie (pas loin du QG de Coca Cola…) et rebabtisée « Western Hemisphere Institute for Security Cooperation » ou WHISC. Les Israéliens y donnent des cours aussi.

— Résistance 71 —

 

L’usage de la torture dans les prisons israéliennes est érigé en système

Emily Mulder

25 Février 2016

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15921

Une enquête conjointe lancée par les groupes de défense des droits israéliens sur les pratiques de la prison Shikma en Israël a révélé – une fois de plus – que les les détenus palestiniens sont victimes de violations « systématiques ».

Des représentants de B’Tselem et HaMoked ont rapporté dans un communiqué mardi les abus systématiques et la torture à l’encontre des prisonniers palestiniens, dans le centre d’interrogatoire de Shikma dans la ville méridionale d’Ashkelon.

Des informations écrites et des témoignages documentés par les groupes israéliens de défense des droits de l’homme, ont mis en évidence que la quasi-totalité des 119 Palestiniens interrogés dans ce site ont subi de la violence physique, la privation de sommeil, les menaces ou l’isolement, un certain nombre de détenus étant soumis à une combinaison de traitements dégradants.

D’autres abus comprennent l’exposition à des températures extrêmes ou l’immobilisation en étant attaché à une chaise à une main et un pied, tandis que 77% des détenus ont été empêchés de voir un avocat pour tout ou partie de leur temps dans le centre de Shikma.

Tandis que c’est l’agence israélienne de sécurité, le Shin Bet, qui mène les interrogatoires, B’Tselem et HaMoked ont déclaré que les conditions dégradantes ont été confirmées par le service pénitentiaire israélien, qui crée « les conditions de détention en fonction du plan d’interrogatoire, destiné à briser le moral d’un détenu. »

Des médecins et psychologues dans Shikma donnent leur « feu vert » aux souhaits des interrogateurs, ramenant souvent, indépendamment de son état, un détenu pour de nouveaux interrogatoires après qu’il ait reçu un traitement physique et mentale pour les blessures causées par les interrogatoires précédents.

Les niveaux supérieurs dans l’armée israélienne ferment les yeux sur les abus commis par des soldats ou des policiers sur les détenus emmenés vers Shikma, et les juges militaires israéliens ont « en réalité donné leur accord » pour la poursuite des mesures abusives à l’encontre des Palestiniens arrêtés.

Citant les acteurs impliqués à tous les stades de l’interrogatoire et de la détention à Shikma, les deux organisations ont déclaré : « Tous participent, sous une forme ou une autre, à divers aspects du traitement cruel, inhumain, dégradant et abusif auquel les détenus palestiniens sont soumis à leur arrivée à Shikma ou ailleurs ».

Israël se sert de de l’Autorité palestinienne pour mener à bien la torture

Parmi l’ensemble des acteurs qui ont facilité ces mesures cruelles et dégradantes contre les détenus palestiniens dans la prison Shikma, se trouvent des interrogateurs de l’Autorité palestinienne.

Sur l’ensemble des cas traités dans le rapport, 39 détenus ont été interrogés par l’Autorité palestinienne avant d’être enlevés par les forces israéliennes.

Adi Awawdeh, un étudiant de 21 ans originaire de la ville de Karmah en Cisjordanie occupée, était l’un d’eux.

« J’ai été arrêté par l’Autorité palestinienne pour une durée d’environ 70 jours », a déclaré Awawdeh dans sa note écrite recueillie par HaMoked et B’Tselem.

« Avec la préventive [Force de sécurité] il y avait la torture physique et mentale. Je souffrais beaucoup. J’étais à l’isolement pendant 40 jours, avec des interrogatoires sans fin. Alors on m’a mis dans ce que nous appelons le réfrigérateur – une petite pièce d’environ 90 cm de large et deux mètres de long.

« Ils vous mettent là pieds nus, avec des vêtements très minces, et vous restez soumis à un courant d’air très froid. Vous vous sentez comme vous si vous étiez dans un réfrigérateur. Les murs et le sol étaient très froid. Vous êtes assis là avec rien, sauf une bouteille d’eau. Il y a pas de toilettes. … J’y suis resté pendant trois jours », a déclaré Awawdeh.

« Les interrogateurs me frappaient avec leurs mains sur tout mon corps. Deux me maintenaient immobilisé tandis que le reste me frappaient. Ils me menaçaient d’agression sexuelle.

« Vous ne pouvez pas rester silencieux. Vous leur dites ce qu’ils veulent entendre et pour qu’ils vous sortent de là. Voilà pourquoi je leur ai dit ce qu’ils voulaient, et pas la vérité. »

Il a poursuivi : « En fin de compte, je suis sorti de là avec une amende et diverses interdictions, et on m’a dit que les juifs allaient venir me chercher. Une semaine plus tard, les Israéliens m’ont arrêté ».

Awawdeh était l’un des 26 détenus à signaler l’utilisation d’enregistrements fournis par l’AP lors des interrogatoires par les israéliens, quatorze disant qu’ils avaient été torturés par l’AP au cours des interrogatoires.

Le porte-parole de la sécurité de l’AP, Adnan Dmeiri a déclaré à Ma’an que depuis qu’il a commencé à travailler pour les forces de sécurité en 1994, il n’était au courant d’aucun cas dans lequel des informations recueillies par les interrogateurs palestiniens auraient été transférées aux services israéliens du renseignement.

B’Tselem et HaMoked ont déclaré qu’en exploitant les rapports des interrogateurs de l’AP, les autorités israéliennes participent indirectement à la torture « en utilisant sciemment des renseignements obtenus grâce à l’utilisation de la torture – souvent cruelle et sévère – par les interrogateurs de l’Autorité palestinienne contre les détenus ».

« Aucune volonté de traiter les problèmes »

Les conclusions de B’Tselem et de HaMoked sur la prison Shikma ont été divulguées dans les prisons israéliennes. Bien que les enquêtes soient officiellement encouragées par l’État, les deux groupes ont déclaré que les organes de l’État ont refusé à plusieurs reprises de reconnaître l’existence d’abus systématiques à l’encontre des détenus palestiniens.

Noga Kadman de B’Tselem a déclaré ce mardi qu’il était essentiel de reconnaître que les cas de torture ou de mauvais traitements sont généralement faussement présentés par les autorités israéliennes comme des incidents isolés.

Ces cas sont souvent ignorés car attribués à des « interrogateurs individuels » qui auraient été contraints d’utiliser de telles tactiques dans des cas « de bombe à retardement », a déclaré Kadman.

« Voilà la terminologie que l’on entend très souvent, qu’il s’agissait d’une sorte de situation désespérée », a ajouté Kadman.

Cependant, Kadman a dit aussi que la torture et les mauvais traitements sont des mesures de « routine » orchestrées par le Shin Bet et soutenues par tous les autres corps de l’État qui sont en contact avec de tels cas.

« Une des choses cohérentes que vous verrez … est le fait que ce soit un régime orchestré. Ce n’est pas une sorte d’initiative individuelle par un geôlier, ou un gardien ou un interrogateur isolé », a ajouté le porte-parole de B’Tselem, Sarit Michaeli. « L’autorisation d’utiliser ce genre de ’mesures spéciales d’interrogatoire’ vient du procureur général ou des niveaux plus élevés dans la hiérarchie. »

Daniel Shenhar, un avocat pour Hamoked et qui a aidé les Palestiniens à porter un nombre incalculable de ces violations devant la justice, a déclaré que les enquêtes militaires sur les violations sont en fin de compte inutiles.

« Nous avons écrit au bureau du procureur général, parlant de la privation de sommeil systématique – qui est commune dans presque tous les interrogatoires – de l’usage de la chaise à cinq pattes qui […] font qu’il est presque impossible de supporter un interrogatoire. Malheureusement, cette porte nous était fermé au nez.

« Il ne semble y avoir aucune volonté de la part des autorités israéliennes de résoudre ces abus érigés en système. »

Sur le même thème :

Prisons israéliennes : 200 moyens de torture utilisés contre les prisonniers palestiniens – 31 octobre 2014
 « Des enfants dans des cages » : Israël est accusé de torture par une ONG israélienne – 2 janvier 2014
 Arafat Jaradat, prisonnier palestinien en Israël, est mort sous la torture – 25 février 2013
 Révélations sur les tortures pratiquées par l’Unité 504 de l’armée israélienne : perversion et cruauté – 26 décembre 2011
 L’utilisation de la torture par Israël – 18 novembre 2011
 Israël recourt toujours à la torture contre les Palestiniens – 28 juin 2009
 La torture dans les prisons de l’Autorité palestinienne – 12 décembre 2008
 Les Autorités israéliennes ont torturé 70 détenus palestiniens jusqu’à la mort depuis 1967 – 27 juin 2008
 Rapport sur la torture à l’encontre des prisonniers palestiniens en Israël – 17 juillet 2007

 

 

 

 

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: « Le Liban possède une arme qui peut avoir l’effet d’une arme atomique ! » (Hassan Nasrallah)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 21 février 2016 by Résistance 71

“La victoire [du 24 Mai 2000 date de l’évacuation sans conditions des troupes d’occupation israéliennes du sud-Liban] vint pour prouver que les arsenals militaires du monde arabe ne représentent pas une solution contre la menace du projet israélien, que les négociations ne parviennent pas à réaliser des gains tangibles pour la cause palestinienne et pour les autres territoires arabes occupés et que le soutien international pour et l’appréhension persistante de la puissance israélienne ne sont qu’un épouvantail planté pour mettre en échec nos esprits et nos motivations. Nous sommes en fait capables de changer cette formule si nous analysons nos sources de force et capitalisons dessus tout en analysant les faiblesses de l’ennemi en travaillant pour les confronter.”

~ Naïm Qassem, 2005 ~

 

Essentiel du discours d’Hassan Nasrallah

“Le Liban possède une arme qui peut avoir l’effet d’une arme atomique !”

 

Hassan Nasrallah

 

19 Février 2016

 

Source: http://arretsurinfo.ch/nasrallah-aux-israeliens-le-liban-possede-une-arme-qui-peut-avoir-leffet-dune-bombe-atomique/

 

“[…] Je voudrais au début parler d’une autre occasion, celle de la victoire de la révolution islamique en Iran. Nous félicitons le guide suprême Sayed Ali Khamenei et le peuple iranien pour la 37ème année de cette victoire et nous souhaitons plus de gloire, de force et de développement à ce pays.

A l’occasion du martyre de l’ancien Premier Rafic Hariri, et malgré l’adversité politique, nous présentons nos condoléances à sa famille, et nous espérons qu’un jour cette occasion rassemblera tous les Libanais.
Il y a déjà dix ans, l’entente politique entre le Hezbollah et le Courant patriotique Libre a été signée en ce mois de février. Une entente qui a évolué et s’est muée en alliance.

La révolution de Bahreïn marque sa cinquième année. Cette révolution se poursuit malgré les répressions, les tueries, et reflète de plus en plus la grande décision du peuple bahreini.

L’offensive américano-saoudienne contre le Yémen marquera aussi sa première année. Nous saluons tous les Yéménites tenaces et opprimés qui continuent de tracer des épopées face à toutes les exactions commises par les agresseurs. Nous saluons tous les Yéménites qui sont actuellement le symbole de l’humanité opprimée.

A chaque année, nous commémorons le martyre de nos dirigeants pour afficher notre gratitude envers eux. C’est grâce à leur sang, leur jihad et leurs sacrifices que nous avons réalisé de multiples exploits. Nous avons réussi à avorter tous les complots qui visent notre pays.

Nos dirigeants martyrs font partie, même après être devenus des martyrs, du combat perpétuel et de la guerre ouverte contre nos ennemis. Ils demeurent avec nous, dans les champs de bataille face au projet américano-sioniste et sachez que nous n’allons jamais oublier de nous venger pour eux.

Deux opportunités et deux risques aux yeux d’Israël

Je voudrais commencer mon discours par l’approche israélienne des développements de la région et sa vision.

Chaque année se tiennent plusieurs congrès au sein de l’Entité sioniste et auxquels participent les hauts dirigeants sionistes, militaires, sécuritaires et politiques. Ils étudient la conjoncture régionale et dressent des listes de recommandations à la direction politique. Le gouvernement de l’ennemi prend au sérieux ces recommandations.

Parmi les constats émanant des derniers congrès, les Israéliens disent qu’ils sont face à deux opportunités et deux risques:

La première opportunité: l’intention de former des coalitions avec les pays arabes sunnites ou le bloc des pays sunnites, usant du facteur de la confrontation de ces pays avec l’Iran.

Deuxième opportunité: la possibilité d’un changement de pouvoir en Syrie. Ils disent que la chute du pouvoir en Syrie portera un coup dur à la résistance, et l’éclatement de la guerre civile en Syrie pourra empêcher l’armée syrienne de participer à toute guerre prochaine contre Israël.

Quant aux deux risques, les dirigeants sionistes citent l’Iran et les mouvements de résistance au Liban et en Palestine occupée. Pour les Israéliens, le Hezbollah constitue le danger primordial. Donc, quand ils parlent des recommandations, ils évoquent la « troisième guerre avec le Liban ».

Les Israéliens et des dirigeants arabes qui sont de connivence avec l’ennemi parlent de plus en plus d’un conflit sunnite-chiite dans la région.

Bien que les conflits en cours n’aient pas été déclenchés pour des raisons confessionnelles, ils adoptent cette appellation parce qu’elle sert le plus leurs objectifs. Le conflit régional, du Yémen, en Syrie, en Irak, à Bahreïn et au Liban est un conflit purement politique.

Israël l’ami, l’Iran l’ennemi!

Sachez que les grands journalistes israéliens et certains médias arabes surtout saoudiens adoptent la même ligne éditoriale.

Israël tente de se présenter en tant qu’ami des sunnites dans la région, et de déformer l’image de l’Iran, de la Syrie et du Hezbollah comme s’ils étaient les véritables ennemis de la nation arabe.

Par le passé, cet ennemi s’est présenté comme le défenseur des chrétiens, ou des druzes voire des chiites contre les Palestiniens en 1982.

Aujourd’hui, il se présente comme allié, ami et protecteur des sunnites. Certains exploitent les développements dans la région pour dévoiler au grand jour les relations bilatérales entre l’Entité sioniste et certains pays sunnites de la région. Des relations qui étaient jusque-là gardées en catimini. Aujourd’hui, on voit des dirigeants des pays du Golfe donner des poignées de mains aux dirigeants israéliens à Munich.

Israël a assassiné nos dirigeants martyrs et poursuit la voie des assassinats. Celui du martyr Samir Qintar ne sera pas le dernier.

S’allier avec le meurtrier des sunnites!

Même pour le cas des sunnites, Israël continue d’occuper une terre appartenant aux sunnites. Comment ces pays arabes acceptent-ils ce fait? Comment vous alliez-vous avec une Entité qui a commis au fil des années les massacres les plus atroces contre le peuple palestinien? Qui empêche des milliers de Palestiniens de regagner leurs territoires? Ce sont les sionistes qui usurpent et occupent des lieux saints faisant partie des legs sunnites. Rappelez-vous le nombre des guerres menées contre les Palestiniens, au su et au vu des arabes et des dirigeants qui se croient à tort des sunnites.

Avez-vous vu comment ont-ils ouvert le feu sur la jeune fille Yasmine Tamimi, une jeune de 21 ans?
Comment présente-t-on Israël comme le protecteur des sunnites? C’est une falsification des faits, des mensonges émanant d’esprits rancuniers, vindicatifs.

Tous ceux qui ont été détenus puis tués par Israël au cours des années étaient des victimes de toutes les nationalités arabes, et pour la plupart des sunnites.

Quel affront israélien! Quel complot! Il est de la responsabilité des oulémas de lutter contre les tentatives de Yaalon et de Netanyahu de se présenter comme les grands défenseurs des sunnites. Quand les pays dits sunnites s’allieront avec Israël, ceci signifie clairement que la cause de la Palestine et d’al-Aqsa sera à jamais perdue.

En ce qui concerne la Syrie, Israël a depuis toujours considéré que la chute du pouvoir et l’affaiblissement de la Syrie permettront d’asséner un coup dur à l’axe de la résistance. Israël approche tous les développements dans la région sur la base de ses intérêts. Aujourd’hui, il existe une unanimité israélienne sur l’acceptation de tout choix autre que le maintien du président Bachar el-Assad.

Dès le début, les Israéliens ont vu en la personne du président Assad un grand danger sur le projet israélien. Pour cette raison, les sionistes ont fourni toutes les facilités logistiques et au niveau des renseignements pour permettre aux miliciens de Daech et d’al-Qaïda d’agir sur le terrain.

Sur ce point, Israël converge avec l’Arabie Saoudite et la Turquie sur cet objectif: il ne faut tolérer aucune solution en Syrie qui maintiendra Assad au pouvoir. Toutes les solutions basées sur le maintien du président syrien sont rejetées par ce trio. Ainsi, ils haussent le plafond de leurs conditions, et empêchent leurs alliés syriens d’aller participer aux congrès de dialogue. Pour eux, le maintien du pouvoir d’Assad est un danger crucial pour eux, et surtout pour Israël.

Tentative d’effriter la Syrie

Les Israéliens ont admis que la chute du pouvoir en Syrie est improbable. Partant de là, Israël appelle à partager la Syrie sur une base ethnique et confessionnelle: sunnite, alaouite, kurde et druze.
Israël refuse pour cette raison toute entente inter-syrienne. Cet ennemi préfère le partage de la Syrie pour paver la voie à des dialogues unilatéraux voire des alliances avec telle ou telle partie.

Ces derniers développements et ces positions braquent la lumière sur la nature des choix à faire.

Revers cuisants pour les ennemis de la Syrie

En Syrie, on s’approche de la fin de la cinquième année de la guerre mondiale. Israël, partenaire dans la guerre en cours, a échoué dans le changement du pouvoir, et dans le partage du pays, parce que l’armée syrienne et les forces alliées combattent partout sur le territoire syrien. Donc, l’armée syrienne lutte contre le partage du pays, contrairement à toutes les allégations.

Après cinq ans, al-Qaïda, avec ses deux ramifications Daech et al-Nosra, est venu en principe instaurer le califat de l’obscurantisme en Syrie. Aujourd’hui, le projet d’al-Qaïda a échoué.

Le projet de l’empire turc moderne a également échoué, tout comme le projet saoudien. On ne parle pas de défaite totale, mais d’un échec. Le chef des renseignements US a avancé le chiffre de 38000 combattants qui ont été dépêchés en Syrie.

Quant au pouvoir national en Syrie, son objectif majeur est de tenir bon face à cette guerre et d’empêcher la division du pays.

Des milliards de dollars et des milliers de tonnes de munitions ont été réservées pour la guerre syrienne, et toute une machine de campagne médiatique a été investie pour effriter la Syrie. Mais en vain.

Le seul facteur derrière la victoire syrienne réside dans l’unité du pouvoir et du peuple syriens, l’attachement au pays, et la disposition à consentir les sacrifices.

Le facteur secondaire est celui du soutien des forces alliées du pouvoir syrien.

Donc, le camp ennemi encaisse les défaites et notre camp multiplie les exploits. On ne parle pas de victoire décisive, parce que les développements en cours au nord et au sud de la Syrie se succèdent très rapidement.

Intervention saoudienne en Syrie: sauver la face

Les revers des groupes armés ont poussé l’Arabie Saoudite à parler d’une intervention terrestre pour combattre Daech en Syrie, et ce, dans le cadre de la coalition internationale menée par les Etats-Unis.
C’est maintenant que l’Arabie Saoudite et la Turquie ont pris conscience du danger de Daech à Raqqa et ailleurs!

En réalité, ces deux pays cherchent à sauver la face. Leur pari sur les groupes armés n’est plus valable. Dans le but de renforcer leurs positions sur la table de dialogue ou dans le but de perpétuer la guerre et le bain de sang en Syrie, l’Arabie Saoudite et la Turquie parlent actuellement de cette intervention terrestre.

La Turquie peut juste fermer sa frontière, et cesser d’acheter le pétrole volé par Daech pour en finir avec ce groupe.

L’Arabie Saoudite veut nous convaincre qu’elle cherche à combattre Daech! Daech et al-Qaïda sont entrés au Yémen et à Aden surtout grâce aux facilités présentées par Riyad.

Leur objectif est de mettre les pieds en Syrie face à l’autre camp. Donc, ces deux parties sont prêtes à provoquer une guerre régionale voire mondiale, mais rejettent un simple dialogue pour parvenir à une entente politique. Voyez l’ampleur de leur rancune.

Les positions militaires saoudiennes sont détruites à la frontière avec le Yémen, malgré tout, les Saoudiens continuent d’étrangler le peuple yéménite, et de lui imposer une guerre sans merci.

« Qu’ils interviennent ou pas en Syrie nous est profitable »

Ils ont cherché des mercenaires du monde entier pour combattre en Syrie. Je vais être clair: qu’ils viennent ou qu’ils ne viennent pas en Syrie nous est profitable. S’ils décident de ne pas intervenir, ceci nous donnera l’espoir d’une résolution prochaine de la crise syrienne. Mais s’ils décident d’intervenir en Syrie, peut-être ça prendre un peu plus de temps, mais au moins on en finira une fois pour toute avec la crise de la région entière!

Que tout le monde sache qu’à ce jour, c’est la volonté et la décision du peuple et du commandement syriens qui ont triomphé, malgré l’effusion du sang.

Ni Daech, ni al-Nosra, ni al-Qaïda, ni les Etats-Unis, ni l’Arabie Saoudite ne pourront contrôler la Syrie. Les rêves israéliens ne seront pas réaliser, et la Syrie restera le pilier de la résistance.

Nous serons là où nous devons l’être

Nous au Hezbollah, nous sommes fiers de nos combattants, de nos martyrs, de leurs familles. Nous sommes fiers d’avoir contribué à torpiller ces projets dangereux. Nos purs martyrs qui sont tombés en Syrie sont au même titre que nos martyrs qui se sont sacrifiés au Liban lors de la guerre de juillet.

Ils ont tous avorté le projet du nouveau Moyen-Orient. Nous sommes plus décidés à poursuivre cette voie, et nous réalisons les victoires aux côtés de l’armée syrienne. Dans les jours, dans les années et dans les siècles à venir, nous serons là où nous devons l’être et nous réaliserons les victoires.

En finir avec le Hezbollah: les options israéliennes

Au sujet des risques et des menaces débattus par Israël:
L’an dernier, les dirigeants israéliens ont longuement parlé de la résistance au Liban, de ses potentiels, de ses missiles, de sa grande expérience défensive et offensive, de la Galilée… ils ont dressé plusieurs scénarios et plusieurs objectifs. Tout ceci sous le titre de la troisième guerre au Liban. Ils ont parlé surtout de la menace que représente le Hezbollah.

Pour les Israéliens, le Hezbollah représente un danger sur leur projet colonial, sur les ambitions sionistes dans la région.

Lorsqu’Israël diagnostique ce problème, ceci signifie qu’il va tenter d’éliminer ce danger. Pour cette fin, Israël est face à deux choix: mener une guerre globale destructrice contre nous, ou tenter d’assiéger et de diaboliser le Hezbollah, en asséchant ses ressources financières, en s’infiltrant dans ses rangs, en pourchassant ses membres et ses soutiens de par le monde. C’est ainsi que le Hezbollah devient faible et vulnérable, et donc, il pourra être éliminé dans une simple frappe militaire.

Lors de la guerre de juillet 2006, le premier choix a été adopté, mais en vain.

Diabolisation du Hezbollah: efforts israélo-arabes

Actuellement, on cherche à diaboliser le Hezbollah. On nous accuse de trafic de drogues, de blanchiment d’argent, de vols sur l’échelle internationale, de meurtre d’enfants et de viols de femmes. Toute une machine médiatique arabe est investie jour et nuit pour déformer notre image. Tout ceci sert le projet d’Israël.

Maintenant, ils mènent une guerre psychologique sous le titre de la troisième guerre du Liban. Il semble que les Libanais ne suivent pas actuellement les médias sionistes compte tenu de leurs préoccupations quotidiennes. Heureusement alors!

Sachez que la guerre psychologique sera vaine. Nous n’allons point fléchir et nous allons déployer tous nos efforts en tant que résistance.
Nous faisons face à la campagne de falsification par le biais de nos valeurs, de nos exploits et de la pureté des âmes de nos dirigeants martyrs.

Parler sans cesser de la guerre est inutile, même si la donne permet actuellement à Israël de se lancer dans une guerre contre le Liban.
En effet, Israël ne cherche guère de circonstances régionales pour lancer des guerres. Quand il veut déclencher une offensive, il crée les conditions propices.

Renforcer la résistance pour empêcher une guerre

Désormais, un seul facteur pousse Israël à déclencher une guerre: Etre certain d’une victoire imminente!

Lorsqu’au Liban nous assurons les facteurs de force qui empêchent Israël de réaliser une victoire claire et prompte, ceci protège le pays. Sachez que la résistance possède nouveaux potentiels et est capable d’infliger une défaite cuisante à l’ennemi dans toute prochaine guerre.

Et ces facteurs se résument par une résistance forte, capable, décidée, avec de nouveaux potentiels et des armes défensives et offensives. Cette résistance sera ainsi capable de réaliser une victoire écrasante sur l’ennemi. Quand on soutient cette résistance, on empêche le déclenchement d’une guerre sioniste.

Comme si le Liban possède une bombe atomique!

Un expert israélien dit: « Les habitants de Haïfa craignent une offensive meurtrière contre les conteneurs d’ammoniac, renfermant 15000 tonnes de gaz et qui provoquera la mort de dizaines de milliers d’habitants. Il critique les autorités qui, au lieu de transférer les conteneurs, ajoutent une infrastructure chimique et militaire dans cette zone. Ceci équivaut parfaitement à une bombe nucléaire. C’est comme si le Liban possédait une bombe nucléaire. Quelques missiles qui s’abattent sur ces conteneurs auront l’effet d’une bombe destructrice.

Ce sont ces facteurs de force qui épargnent au Liban une guerre sioniste. Je le rappelle une fois de plus: Nous ne sommes pas des vas-t-en guerre, mais nous sommes attachés à ces capacités pour éviter une troisième guerre contre le Liban. Nous devons être prêts pour avorter les objectifs de cette guerre si elle a lieu.

Le sang de nos dirigeants martyrs ne sera pas perdu. A Sayed Abbas nous disons: Nous allons respecter et appliquer votre testament. Et à Hajj Imad je lui dis que tous tes efforts ont donné naissance à une génération de dizaines de milliers de combattants entrainés pour réaliser les victoires au niveau de la région entière. Et que la Paix de Dieu soit sur vous ».

Résistance au colonialisme: Palestine occupée, la solution à deux états est morte et enterrée…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 13 février 2016 by Résistance 71

“En fait, la carte de partition de l’ONU en 1947 était une recette assurée pour la tragédie qui commença à se dérouler une fois la résolution 181 adoptée. Comme les théoriciens du nettoyage ethnique l’avouèrent plus tard, quand une idéologie d’exclusivité est adoptée dans une réalité ethnique très vivide, il ne peut y avoir qu’un seul résultat: le nettoyage ethnique”.

~ Ilan Pappe ~

 

Arrêtez toutes ces salades… La solution à deux états est morte et enterrée !

 

Hasan Affif el-Hasan

 

13 Février 2016

 

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15890

 

On peut dire sans risque de se tromper, que dans les conditions actuelles, la situation des Palestiniens est catastrophique. Le morcellement spatial qui leur est imposé par les colonialistes sionistes et leurs dirigeants incompétents, cupides et corrompus ne laisse guère de place à l’optimisme. La rhétorique de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne (AP) réclame la levée de l’occupation et la fin des colonies de peuplement mais ses forces de sécurité arrêtent et emprisonnent ceux qui défient l’occupation et les colons. L’IDF et les colons qui commettent des violences à l’encontre des Palestiniens et leurs biens savent pertinemment qu’ils ne risquent guère de sanctions de la part des autorités israéliennes pour leurs crimes.

Les Israéliens n’apprécient pas d’être qualifiés d’ « occupants » ou de « colonialistes », mais leurs actes sont avérés être ceux d’une société coloniale. Israël éreinte tout rapport rédigé par des organisations des droits de l’homme l’accusant d’être tendancieux, déformé, et, si nécessaire, antisémite. M. Abbas demande aux Palestiniens, qui ont peu de recours juridiques contre les attaques des forces de l’occupation et les colons armés, de ne pas riposter et d’accepter les insultes et l’humiliation. Il déshumanise son propre peuple et visiblement n’est pas du même avis que le réformateur africain-américain du 19 siècle Frédéric Douglas qui disait qu’ « Il n’y a pas de progrès sans lutte. Ceux qui professent vouloir la liberté, et qui pourtant dénigrent l’agitation, sont des hommes qui veulent récolter sans devoir labourer. Ils veulent la pluie sans le tonnerre et la foudre. Ils veulent l’océan sans le terrible rugissement de ses eaux tumultueuses. »

Les dirigeants palestiniens ont reconnu Israël alors que ni le projet sioniste ni l’état qu’il a créé n’ont jamais reconnu les natifs palestiniens en tant que peuple pour lequel la Palestine avait été la patrie depuis plus de 1500 ans. Au lieu de cela, ils furent considérés comme des « Arabes », qui seraient absorbés par les territoires arabes adjacents. Lorsque David Ben Gourion vint en Palestine en 1906, il n’est pas venu pour échapper à la percussion mais pour réaliser le rêve d’un foyer national juif dans le « Grand Israël » de M. Hertzl, et dans les années qui suivirent la vision qu’il avait des frontières de cette nation était sans équivoque. Le 7 janvier 1937, lors de sa déposition devant la Commission Peel, il a déclaré, « Je dis au nom des juifs, que la Bible est notre mandat, la Bible rédigée par nous dans notre langue, l’hébreu, dans ce pays même [Palestine]. Voila notre mandat ; ce n‘était que la reconnaissance de ce droit qui fut exprimé dans la Déclaration Balfour. »

Dans le vocabulaire sioniste, la Palestine était « une terre sans peuple pour un peuple sans terre, » mais lorsque le nouvel état d’Israël a déclaré son domaine territorial à l’indépendance, les juifs ne possédaient que 6,8 pourcent du pays. Israël a promulgué beaucoup de nouvelles lois pour transférer la propriété de toute la terre à l’état d’Israël. Les Palestiniens qui ont fui leur foyer ou en ont été expulsés avant et pendant la guerre israélo-arabe ne sont pas autorisés à rentrer chez eux. Même ceux qui sont restés à l’intérieur des frontières de ce qui deviendrait Israël furent déclarés par la loi « absents présents, » et ils n’ont reçu aucune indemnisation pour la perte de leurs biens immobiliers. Les Palestiniens qui se sont réfugiés dans des villages voisins lorsque le leur était attaqué furent considérés comme ayant déserté leur propriété, même s’ils n’avaient pas l’intention de s’absenter plus de quelques jours. Ils furent expropriés. Une pratique courante consistait à utiliser une législation d’urgence pour déclarer des terres appartenant à des citoyens palestiniens zone militaire fermée, expulsant ainsi la population avant d’utiliser l’une des nombreuses lois sur les absents pour déclarer la terre propriété de l’état.

Le sionisme est un mouvement sectaire, fasciste et expansionniste dont les ambitions sont sans limites ; et Israël n’a jamais renoncé au projet d’expansion territoriale sioniste tel qu’il apparaît sur la carte présentée par la délégation sioniste à la Conférence de Paris, après la première guerre mondiale en 1919. La carte couvre toute la Palestine historique ainsi que des portions d’états arabes voisins.

Tandis qu’Israël faisait des ravages en Cisjordanie, à Jérusalem et à Gaza, M. Abbas disait à des visiteurs israéliens à son quartier général en 2014 : « la coordination sécuritaire [avec l’armée d’occupation israélienne et le Shabak] est sacrée, et nous allons la poursuivre. » Ceci est tout à fait en adéquation avec sa stratégie de toujours de capituler sur les droits palestiniens, alors que les gouvernements israéliens n’ont jamais rendu la pareille. Même les responsables états-uniens admettent que M. Abbas s’est plié en quatre pour satisfaire quasiment toutes les exigences israéliennes.

  1. Abbas fut l’architecte des Accord d’Oslo, qui ont permis à Israël de contrôler les Palestiniens dans les territoires occupés par procuration et sans frais. Il avait renoncé publiquement à la résolution 194 de l’ONU qui accordait aux réfugiés palestiniens et à leurs descendants le droit au retour dans leur foyer, légitimant ainsi le nettoyage du pays par Israël de ses Palestiniens ! Le juge Richard Goldstone, juif progressiste aux liens étroits avec Israël, a osé faire passer sa conscience avant sa carrière et mettre en avant les crimes israéliens contre les Palestiniens à Gaza en 2009. Il a dit aux militaires et dirigeants politiques israéliens, « Vous devez vous justifier devant une cour pénale. » C’était la première fois que la dimension des droits de l’homme du conflit israélo-palestinien était mise au centre des débats ; la campagne du gouvernement israélien contre M. Goldstone prit la forme d’une dénonciation virulente ; mais Mahmoud Abbas, président de l’AP et secrétaire général de l’OLP, demanda à son envoyé à Washington de ne pas tenir compte du rapport.

Je déteste avoir à le dire, mais plus que jamais les Palestiniens ont besoin de dirigeants à la stature et au dévouement de leurs adversaires Chaim Weizmann ou David Ben Gourion pour sauver leur cause, plutôt que du genre cupide comme Abbas et consorts. Lorsque les sionistes ont estimé que la Grande Bretagne, qui leur avait donné la Palestine dans la Déclaration Balfour, loin de leur faciliter la tâche devenait un obstacle et revenait sur ses promesses, Ben Gourion et ses collègues ne se sont pas coordonnés avec les forces de sécurité du Mandat Britannique contre leur peuple ! Ils se sont retournés contre la Grande Bretagne.

Plus de six décennies après la création d’Israël sur soixante-dix-huit pourcent de la Palestine et presque cinq décennies après l’occupation du reste de leur pays, les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza et des camps de réfugiés ressentent une grande frustration. Il y a chez eux une rancœur sourde, de la colère, et des remarques désobligeantes à l’encontre de leurs dirigeants, des accusations de duplicité et une exigence de dignité et de justice se font entendre. L’humiliation et la dépossession infligées par l’occupation militaire omniprésente et les hordes de colons génèrent chez chaque Palestinien une indignation à la fois personnelle et collective.

La justification donnée par M. Abbas de la coordination sécuritaire avec l’armée d’occupation israélienne contre son peuple est la protection de son pays. La question qui se pose est quel pays M. Abbas tente-t-il de protéger ? Il y a trois versions différentes de ce qu’un état palestinien devrait être, celui promis par le discours des dirigeants de l’OLP ; celui négocié à huis-clos par l’OLP et les élites israéliennes à Oslo ; et le mini état qu’Israël a créé en Cisjordanie occupée sous couvert d’Oslo, Camp David et la fiction proclamée par le Quartet d’une « feuille de route » conduisant à deux États.

Se fondant sur la rhétorique de leurs dirigeants qui prétendent être engagés alors qu’Israël fonde des colonies et les développe, le peuple palestinien envisage un état dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale. Ce serait un état-nation moderne, un membre à part entière de la communauté internationale jouissant de la pleine souveraineté, du contrôle de ses frontières, et des moyens de se défendre. Mais l’accord d’Oslo II de 1995 qui fut négocié par les dirigeants auto-proclamés de l’OLP au nom des Palestiniens désigne d’un tout autre état.

Il morcelle la Cisjordanie et attribue à Israël les 61 pourcent de la Cisjordanie qui englobent la majeure partie des ressources palestiniennes et la richesse agricole de la vallée du Jourdain. La Cisjordanie occupée a été divisée en trois zones, A, B, et C. La zone A qui représente 18 pourcent de la superficie totale de la Cisjordanie et qui comprend la majorité des Palestiniens donnerait à l’AP le contrôle administratif et de sécurité, avec toutefois la réserve que l ‘IDF pourrait librement y faire des incursions si elle estimait que des questions de sécurité étaient en jeu, ce qui se produit quotidiennement. Et dans ce cadre il était prévu que les forces de sécurité palestiniennes se coordonnent avec l’armée d’occupation israélienne. En zone B, soit 21 pourcent de la Cisjordanie, l’AP serait en charge du contrôle administratif mais partagerait la sécurité avec l’IDF. En zone C, c’est à dire 61 pourcent du territoire occupé, l’IDF exercerait le contrôle absolu.

Les Accords d’Oslo ont laissé de côté certaines des questions centrales les plus réfractaires : les frontières, Jérusalem, le droit au retour, l’eau et les implantations. Ce qui a permis à Israël d’agir unilatéralement et de créer sur le terrain un mini état palestinien sans contiguïté géographique, avec des tunnels reliant les centres urbains. Dans ce mini état les Palestiniens n’auraient pas de connections directes à Jérusalem, les grandes colonies de peuplement ne se trouveraient pas en territoire palestinien et ses frontières seraient sous contrôle israélien, Israël partagerait le contrôle de son espace aérien et les Palestiniens n’auraient pas le contrôle total du spectre électromagnétique de leur état.

N’ayant pas réussi en deux décennies et demie à empêcher Israël d’étendre ses colonies de peuplement, et d’annexer de fait une part substantielle des terres palestiniennes, et après plus de six décennies d’hostilité implacable, il est temps de reconnaître qu’il est impossible de parvenir à une solution à deux États, et d’engager un nouveau processus qui ne soit plus entravé par la rhétorique et de fausses hypothèses. Et pour ceci il faut une nouvelle direction palestinienne.

Grève de la faim (fin) en Palestine occupée… Al Qiq le Bobby Sands de la lutte politique palestinienne ?…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 8 février 2016 by Résistance 71

Parler de grève de la faim en prison en acte ultime de résistance doit évoquer celle, épique, des membres de l’IRA croupissant dans les geôles coloniales et particulièrement celle de Bobby Sands et de ses compagnons de lutte, décédés en 1981 pour récupérer leur statut de prisonnier politique. Nous plaçons en section commentaire un documentaire sur Bobby Sands, et sa grève de la faim terminale ainsi que celle de ses compagnons de détention.

Hommage et respect à tous les Mohamed Al-Qiq et Bobby Sands du monde.

— Résistance 71 —

 

Quand se laisser mourir de faim est un ultime acte de résistance

 

Ramzy Baroud

 

7 Février 2016

 

url de l’article:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15885

 

Le vendredi 29 janvier, le journaliste palestinien Mohammed al-Qiq a franchi les 66 jours de grève de la faim dans les prisons israéliennes. Juste avant qu’il ne soit tombé dans le coma pour la troisième fois, il avait envoyé un jour plus tôt un message public à travers ses avocats, qui résumé à l’essentiel disait : la liberté ou la mort.

Al-Qeq est âgé de 33 ans, marié et père de deux enfants. Des photos de lui circulant en ligne et affichées dans les rues palestiniennes, montrent le visage d’un bel homme, portant des lunettes. La réalité est cependant tout à fait différente. « Il est dans une très mauvaise situation. Il est tombé dans son troisième coma ces derniers jours, et son poids a chuté de 30 kilogrammes, » a dit Ashraf Abu Sneina, l’un des avocats d’al-Qiq, à al-Jazeera. Al-Qiq a été kidnappé et gardé en détention en vertu d’une loi israélienne tristement célèbre appelée la loi de « détention administrative ».

De sinistres prédictions sur la mort imminente d’al-Qiq sont faites chaque jour, avec aucune fin en vue de son martyre. Malheureusement pour cet homme qui a décidé que le seul moyen de défense et de protestation dont il dispose était son corps, il a contre lui l’apartheid israélien, la Croix-Rouge et d’autres groupes internationaux à qui il a fallu de longs délais pour se préoccuper du cas de ce journaliste qui refuse toute alimentaire et traitement médical depuis le 24 novembre 2015.

Al-Qiq travaille pour le réseau saoudien de télévision Almajd, et il a été enlevé à son domicile à Ramallah le 21 novembre. Dans son communiqué, publié plus de 60 jours après qu’il soit entré en grève de la faim, le CICR a décrit la situation comme « critique », indiquant clairement la réalité, à savoir que la vie d’Al-Qiq « est en danger. »

Le 27 janvier, l’Union européenne a également exprimé son point de vue, disant être « particulièrement préoccupée » par la détérioration de la santé d’al-Qiq.

Conformément à sa loi de « détention administrative », Israël retient en détention des prisonniers Palestiniens et arabes sans fournir de raisons et ce depuis que l’État [sioniste] a été fondé en 1948. En fait, cette loi qui est principalement fondée sur des « preuves secrètes » remonte aux mesures d’exception prises par le gouvernement britannique à l’époque du mandat sur la Palestine.

Après qu’Israël ait occupé la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est en 1967, il s’activa frénétiquement pour trouver quelque justification légale que ce soit au fait d’emprisonner les gens sans avoir à les soumettre à un procès. Ces efforts ont finalement abouti à la Loi israélienne des autorités de l’état d’urgence en 1979.

Cette loi était une sorte de compromis entre le renseignement intérieur (Shin Bet), l’État et le système judiciaire, dans le but de fournir une façade et un apparent fondement juridique pour ce qui est considéré par le droit international et par la plupart des pays comme parfaitement illégal. Le Shin Bet a donc été autorisé à utiliser toutes les mesures coercitives possibles – y compris la torture physique et psychologique – pour obtenir des aveux « forcés » de prisonniers palestiniens au cours de ces six mois de détention – renouvelables par simple ordonnance du tribunal – sans procès ni accusations.

Khader Adnan, âgé de 37 ans et originaire de Jénine, est resté sous le coup de la détention administrative pendant des années. Le renseignement israélien n’avait aucune charge pour l’inculper, malgré les accusations selon quoi il aurait été un membre important de l’organisation du Jihad islamique. Il a été libéré le 12 juillet 2015. Il a survécu à plusieurs grèves de la faim, et deux particulièrement longues : au début de 2012, sa grève de la faim a duré 66 jours et en mai 2015, une seconde grève a duré 56 jours.

Chaque fois, Adnan a atteint le point où la mort, comme dans le cas d’al-Qiq, était de plus en plus une possibilité réelle. Lorsque nous lui avons demandé ce qui l’avait obligé à suivre cette voie dangereuse à deux reprises, sa réponse a été immédiate : « les arrestations répétées, la sauvagerie de la façon dont je fus arrêté, la brutalité de l’interrogatoire et enfin la détention administrative prolongée » – bien sûr sans procès.

Les détentions administratives sont comme des trous noirs juridiques. Elles ne permettent aucune échappatoire et le prisonnier ne dispose d’aucun droit, mais donnent du temps aux tortionnaires de briser le moral du prisonnier, de le forcer à renoncer, et même à admettre sous la torture des choses qu’il n’a jamais commises. « C’est notre seul et dernier choix », dit Mohammed Allan, âgé de 33 ans et originaire de Naplouse, qui a suivi une grève de la faim si longues que celle-ci a produit des lésions cérébrales et a failli lui coûter la vie.

« Quand vous sentez que toutes les portes sont fermées, et que vous vous tenez là humilié et seul, sachant à l’avance que le système judiciaire est une mascarade, on se retrouve sans aucune autre option qu’une grève de la faim, » dit-il.

« D’abord, je fis part de mes intentions clairement en refusant trois repas à la file l’un de l’autre, et en envoyant une note écrite par le Dover (prisonnier parlant hébreu qui sert de porte-parole pour un quartier de la prison). Puis, la souffrance commence. C’est comme une guerre psychologique entre les autorités de la prison, L’État et les institutions contre un seul individu » qui – raconte Allan – dure de 50 à 60 jours.

« Presque instantanément un gréviste de la faim est jeté dans l’isolement, se voit refuser le droit à un matelas et à une couverture et à d’autres nécessités de base. Seulement au bout de six semaines environ, les autorités pénitentiaires israéliennes acceptent de parler aux avocats représentant les grévistes de la faim pour discuter de diverses propositions. Mais dans ce laps de temps, le prisonnier est laissé entièrement nu, séparé des autres prisonniers et soumis à une campagne ininterrompue d’intimidation et de menaces. La torture mentale est bien pire que la faim », dit Allan.

« Vous ne pouvez même plus aller aux toilettes ; vous ne pouvez pas tenir debout sans aide et vous êtes même trop faible pour essuyer le vomi qui jaillit involontairement hors de votre bouche et se répand dans votre barbe et sur votre poitrine. »

Allan a failli mourir en prison, et en dépit d’une ordonnance de la cour qui a permis aux autorités pénitentiaires de le gaver (une pratique considérée au niveau internationale comme une forme de torture), les médecins de l’hôpital Soroka ont refusé de suivre cette voie. À la mi-août 2015, Allan a été mis sous perfusion quand il a perdu conscience. Sa très grave malnutrition a entraîné des dommages cérébraux.

Un troisième gréviste de la faim ensuite libéré, Ayman Sharawneh, originaire de Dura près d’Hébron – mais qui a été expulsé à Gaza – parle des grèves de la faim comme de la « dernière balle » dans un combat pour la liberté qui peut conduire à la mort. Sharawneh, comme Adnan et d’autres à qui nous avons parlé, était amer à propos de l’absence d’un soutien adéquat, alors qu’il était mourant en prison.

« Toutes les organisations, palestiniennes ou internationales, font généralement défaut, » dit-il. « Ils finissent par passer à l’action alors que le prisonnier a déjà connu de nombreux jours de torture. »

Deux ans et 8 mois après qu’il ait été expulsé vers la bande de Gaza, il éprouve toujours une sévère douleur dans tout son corps, en particulier au niveau des reins.

En suivant cette grève de la faim prolongée, dit-il : « Je commençais à perdre mes cheveux, à souffrir de nausées constantes et de vives douleurs dans mes intestins, à vomir un liquide jaune, puis sombre, et finalement je ne pouvais plus rien voir. J’ai eu un mal de tête atroce et je commençais à souffrir de crevasses partout sur peau et sur tout le corps ».

Sharawneh est d’accord avec Adnan que les « grèves de la faim individuelles » ne doivent pas être comprises comme un acte auto-centré. « Mohammed al-Qiq n’est pas en grève pour lui-même », dit Adnan. « Il est en grève au nom de tous les prisonniers politiques », dont le nombre est estimé par le groupe Addameer de défense des droits des prisonniers, à près de 7000.

Selon Adnan, la question de la grève de la faim ne doit pas être considérée comme une bataille dans les prisons israéliennes, mais comme faisant partie intégrante de la lutte du peuple palestinien contre l’occupation militaire.

Alors que les trois anciens prisonniers ont affirmé leur solidarité avec al-Qiq, ils ont appelé à une plus grande aide pour le journaliste en grève de la faim et pour des milliers comme lui, dont beaucoup sont également détenus indéfiniment sous le régime de la détention administrative.

La liste des Palestiniens grévistes faim connus, dépasse al-Qiq, Adnan, Allan et Sharawneh et comprend beaucoup d’autres, sans oublier Samir Issawi, Hana Shalabi, Thaer Halahleh et Bilal Thiab. Mais ce que l’ensemble de ces anciens grévistes de la faim semblent avoir en commun, c’est leur insistance pour expliquer que leurs combats ne doivent pas être considérés comme des combats individuels pour la liberté de quelques-uns, mais pour la liberté de tout un peuple désespéré, opprimé et indigné.

 

* Dr Ramzy Baroud écrit sur le Moyen-Orient depuis plus de 20 ans. Il est chroniqueur international, consultant en médias, auteur de plusieurs livres et le fondateur de PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Résistant en Palestine – Une histoire vraie de Gaza (version française), peut être commandé à Demi-Lune. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Scribest.fr. Son site personnel : http://www.ramzybaroud.net

Colonialisme et génocide: Le massacre en règle des Palestiniens continue…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 30 janvier 2016 by Résistance 71

Assassinats en masse de Palestiniens

 

Rashid Shahin

 

27 janvier 2016

 

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15866 (avec vidéos)

 

Ce qui se passe ici ce ne sont pas seulement des assassinats sans procès, ou des assassinats extrajudiciaires, mais des crimes de guerre, ou des crimes contre l’humanité.

Ce qui se passe dans les territoires occupés palestiniens ce ne sont pas des assassinats extrajudiciaires de civils palestiniens, ce sont des exécutions pures et simples sur ordre d’hommes/de femmes politiques haut placés et de généraux militaires.

Lorsque la ministre des affaires étrangères suédoise, Margot Wallstrom a réclamé l’ouverture d’une enquête sur les assassinats extrajudiciaires d’Israël, elle a été méchamment attaquée par des hommes/femmes politiques israéliens ; une campagne de haine et d’incitation fut déchainée contre elle dans les médias de masse israéliens.

Les dirigeants israéliens ne sont pas habitués à de pareilles critiques de la part de dirigeants occidentaux, c’est la raison pour laquelle les déclarations de Mme Wallstrom les ont choqués et perturbés.

Les hommes et femmes politiques israéliens craignent que de telles déclarations n’encouragent d’autres dirigeants du monde à lui emboiter le pas et à leur tour à critiquer Israël et dénoncer ses crimes en prélude à une condamnation d’Israël sur la scène internationale.

Si c’est en effet le cas, cela signifie que l’immunité dont jouissent Israël et ses dirigeants depuis la création de l’état sioniste, prendra fin, ce qui les effraie et les affole.

Ils se croient immunisés contre toute critique depuis sept décennies et pensent qu’Israël est au-dessus du droit international.

Depuis le début de l’actuelle Intifada, les exécutions d’enfants et de jeunes Palestiniens sont quasi quotidiennes. Des vidéos qui ont largement circulé partout dans le monde montrent clairement que des Palestiniens ont été la cible de tirs et ont été tués sans avoir commis de délit. De nombreuses vidéos montrent que les accusations portées par les autorités d’occupation avaient été inventées de toute pièce.

En regardant ces vidéos il n’est pas nécessaire d’être spécialiste pour se rendre compte s’il s’agit d’une exécution sommaire ou d’une mise en scène ; de nombreuses vidéos montrent clairement comment les couteaux ont été placés sur les lieux, et beaucoup d’autres montrent que les victimes palestiniennes ne représentaient aucune menace d’aucune sorte.

Des vidéos montrent que des victimes ont été laissées se vider de leur sang jusqu’à ce que mort s’en suive, d’autres montrent à quel point la société israélienne peut être raciste, surtout lorsque des colons sionistes entonnent des chants et insultent les victimes, comme ce fut le cas pour l’enfant Ahmad Manasrah, qui gisait dans son sang dans la rue, et qui fut injurié, attaqué et battu par la police d’occupation.

Les dirigeants mondiaux doivent avoir les tripes de dire les choses telles qu’elles sont ; ce qui se passe ici ce ne sont pas seulement des assassinats sans procès, ou des assassinats extrajudiciaires, mais des crimes de guerre, ou des crimes contre l’humanité.

Ce que font les forces d’occupation dans les territoires occupés sont des crimes ; appeler les choses par leur véritable nom et qualifier de crimes les actes commis par ces forces d’occupation peut les amener à hésiter à tuer et à tirer sur la base de simples soupçons.

Si l’Occident commence à décrire la réalité de la situation due à l’occupation telle qu’elle est , ceci irritera les dirigeants sionistes d’Israël et les fera reconsidérer leur attitude à l’intérieur des territoires occupés.

 

 

 

Résistance politique au colonialisme: Appel au boycott des produits israéliens par des personnalités…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 25 janvier 2016 by Résistance 71

Face aux menaces de Valls, des personnalités appellent au boycott des produits d’Israël

 

Ali Abinimah

 

23 Janvier 2016

 

url de l’article original:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15856

 

Un groupe d’intellectuels et de militants renommés défient la répression du gouvernement français sur le mouvement de solidarité avec la Palestine, en appelant publiquement au boycott des produits israéliens.

Cette initiative est prise après que le Premier ministre français ait annoncé que son gouvernement allait intensifier ses restrictions sur la liberté d’expression, visant en particulier la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

« Ce mouvement de boycott qui connaît un succès croissant dans le monde entier est le seul moyen non-violent de faire pression sur Israël, » dit la déclaration des personnalités publiques sur le site Mediapart.

« Ce mouvement pour le boycott rencontre un succès croissant dans le monde, en tant que seul moyen non-violent de faire pression sur Israël. Il permet à toutes celles et tous ceux qui le souhaitent de manifester pacifiquement leur solidarité et de protester par là-même contre le traitement de faveur dont bénéficie ce pays de la part de la communauté internationale en dépit de ses violations constantes du droit international. », ajoute le rapport.

« C’est pourquoi nous appelons à soutenir et renforcer le mouvement BDS et à boycotter les produits israéliens. »

Répression juridique

Les signataires font leur appel au mépris d’une décision prise en octobre par la Cour de cassation.

La plus haute cour d’appel pénale française a confirmé la condamnation d’une douzaine de militants du mouvement de solidarité pour la Palestine, pour avoir appelé publiquement au boycott des produits israéliens.

Cela fait de la France, en plus d’Israël, le seul pays au monde à pénaliser les appels à ne pas acheter les produits israéliens.

Mais la loi française, qui comprend des sanctions pénales, est sans doute plus sévère que celle d’Israël puisque cette dernière prévoit que les partisans du boycott soient poursuivis et financièrement pénalisés, mais pas emprisonnés.

La décision de la Cour de cassation a ajouté aux préoccupations croissantes concernant la sévère répression sur la liberté d’expression mise appliquée par le président français Hollande, depuis les assassinats de journalistes dans les bureaux du magazine Charlie Hebdo en janvier à 2015.

Nouvelles mesures répressives

Le premier ministre Manuel Valls a intensifié la campagne gouvernementale et les menaces de répression contre les partisans des droits des Palestiniens.

Dans un discours devant le lobby pro-israélien du CRIF ce lundi, Valls a déclaré que son gouvernement allait prendre de nouvelles mesures pour interdire les manifestations en appui à la campagne BDS.

« Nous sommes passés de la critique d’Israël à l’anti-sionisme et de l’anti-sionisme à l’antisémitisme », a éructé Valls.

« Nous prendrons des mesures, » a-t-il annoncé, « qui démontrent que cela suffit et que tout n’est pas permis dans notre pays. »

Valls a ajouté qu’il allait livrer des détails bientôt et consulter le ministre de l’Intérieur.

Le mois dernier, Valls a averti que la critique radicale de l’idéologie [raciste et colonialiste] de l’État sioniste d’Israël était considérée comme de l’antisémitisme.

« Une indignité »

La déclaration des personnalités françaises qualifient la décision du tribunal en octobre – qui reposait sur une loi anti-discrimination – une « indignité », en particulier à la lumière des fortes prétentions de la France d’être le plus grand défenseur au monde de la liberté d’expression.

« Cette loi est supposée protéger une personne ou un groupe de personnes victimes d’une discrimination à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion », dit la déclaration.

« Elle ne prévoit nullement de protéger la politique d’un État contre une critique citoyenne, lorsque cette critique prend la forme d’un appel au boycott de produits » est-il encore dit.

« Nous ne nous plierons pas à la décision de la Cour de cassation », déclarent les signataires.

 

Appel paru sur le site de Mediapart

De nombreuses associations s’indignent de la décision de la Cour de cassation du 20 octobre 2015, qui a déclaré illégal l’appel à boycotter des produits israéliens. Voici un nouvel appel signé par plusieurs militants, intellectuels et responsables politiques en défense de la campagne BDS lancé par les Palestiniens le 4 juillet 2005.

Nous ne nous plierons pas à la décision de la Cour de cassation du 20 octobre 2015 ! Le 20 octobre 2015, par deux arrêts, la Cour de cassation a déclaré illégal l’appel à boycotter des produits israéliens et confirmé la lourde condamnation de plusieurs militants du mouvement Boycott désinvestissement sanctions (BDS). Elle a utilisé pour cela, un article de la loi de la presse qui évoque le délit de «   provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race, ou une religion déterminée   ».

Cette décision est plus qu’étonnante, elle est scandaleuse. Cette loi est supposée protéger une personne ou un groupe de personnes victimes d’une discrimination à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion. Elle ne prévoit nullement de protéger la politique d’un Etat contre une critique citoyenne, lorsque cette critique prend la forme d’un appel au boycott de produits. A de nombreuses reprises, des organisations ont appelé dans le monde au boycott de la Birmanie ou de la Russie, de la Chine ou du Mexique, sans que soit jamais évoquée une telle clause.

En dépit de l’insistance du ministère de la justice, la plupart des juridictions françaises saisies ont refusé au cours de ces dernières années de considérer que l’appel au boycott de produits israéliens relevait d’une infraction pénale.

Avec la décision de la cour de Cassation, la France devient le seul pays démocratique du monde où une telle interdiction a été prise. Pour un pays qui, depuis un an, n’a pas cessé de se réclamer son attachement à la liberté d’expression c’est une situation d’autant plus paradoxale, qu’il est plus que probable que la Cour européenne des droits de l’Homme reviendra sur ce jugement malvenu. Même la cour de Cassation doit répondre de ses décisions et se conformer à des principes universels que sont, notamment, le droit d’expression.

Le mouvement BDS s’est créé dans un contexte de démission de la communauté internationale incapable de mettre un terme à la colonisation ni de protéger les Palestiniens des exactions quotidiennes que leur infligent armée et colons israéliens. Ce mouvement pour le boycott rencontre un succès croissant dans le monde, en tant que seul moyen non-violent de faire pression sur Israël. Il permet à toutes celles et tous ceux qui le souhaitent de manifester pacifiquement leur solidarité et de protester par là-même contre le traitement de faveur dont bénéficie ce pays de la part de la communauté internationale en dépit de ses violations constantes du droit international. C’est pourquoi nous appelons à soutenir et renforcer le mouvement BDS et à boycotter les produits israéliens.

Les signataires :

Ahmed Abbes, Directeur de recherche au CNRS, Paris
 Sihame Assbague, militante associative
 Etienne Balibar, Professeur émérite, Université de Paris-Ouest Nanterre
 Saïd Bouamama, sociologue
 Rony Brauman, médecin, essayiste
 Sonia Dayan, Professeure émérite à l’Université Paris Diderot-Paris7
 Christine Delphy, sociologue, cofondatrice de Nouvelles Questions Féministes
 Alain Gresh, journaliste
 Nacira Guénif, sociologue, Université Paris 8
 Christian Salmon, écrivain
 Azzedine Taïbi, maire de Stains
 Marie-Christine Vergiat, députée européenne

Colonialisme et falsification historique… Suite 2

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 6 septembre 2015 by Résistance 71

“Pendant des siècles, la bible a été observée par les trois cultures monothéistes du Judaïsme, du Christianisme et de l’Islam, comme un travail divinement inspiré, une preuve de la manifestation de dieu et de sa prééminence. Avec la montée des nationalismes dans les temps modernes, elle a commencée à être de plus en plus vue comme un travail de composition humaine comme une reconstruction de leur passé. Même dans l’Angleterre protestante pré-nationaliste, et plus encore parmi les colons puritains d’Amérique du Nord et d’Afrique du Sud, le livre devint, par un jeu d’anachronismes et d’une imagination fertile, une sorte de modèle idéal pour la formation d’une collectivité politico-religieuse moderne […]

De cette façon, la bible devint un livre séculier que les élèves lisent pour apprendre au sujet de leurs aïeux, ces mêmes enfants qui plus tard marchent fièrement comme soldats se battant dans des guerres de colonisation et d’indépendance.”

~ Schlomo Sand (2009) ~

 

Colonialisme et la falsification de l’histoire

Colonialisme et la falsification de l’histoire suite

 

Il n’y a pas d’histoire juive

 

Extraits du chapitre 17 du livre de Gilad Atzmon “The Wandering Who ?” (2011)

 

Gilad Atzmon (& Schlomo Sand)

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le professeur d’histoire de l’université de Tel Aviv Schlomo Sand ouvre sa remarquable étude sur le nationalisme juif “Comment le peuple juif fut inventé” (2009, première édition en hébreu, 2008, édition française 2010) en citant Karl Deutsch: “Une nation… est un groupe de personnes uni par une erreur commune au sujet de leurs ancêtres et un dédain commun de leurs voisins.” Aussi simpliste que cela puisse paraître, cette citation résume éloquemment le nationalisme moderne juif et spécifiquement ce qui a trait à l’identité juive. Cela montre du doigt l’erreur collective que les juifs tendent à faire à chaque fois qu’on se réfère à leur “passé collectif” illusoire ou leur “origine collective”.

Dans ce livre, Sand émet un sérieux doute sur le fait que le peuple juif ait jamais existé en tant que nation ou race, ait jamais partagé des origines communes. Au lieu de cela, ils sont un mélange coloré de différents groupes qui, au travers différentes étapes de l’histoire, adoptèrent le judaïsme comme religion. Quand fut donc “inventé” le peuple juif ? Sand répond: “A un moment donné au XIXème siècle, des intellectuels d’origine juive en Allemagne, influencés par la caractéristique de la notion de “Volk” ou “peuple” du nationalisme allemand, décidèrent d’inventer un peuple “rétrospectivement”, provenant de cette soif de créer un peuple juif moderne.

Ainsi, en accord avec ceci, le “peuple juif” est une notion inventée, consistant en un passé imaginaire ayant très peu de chose pour le soutenir historiquement, archéologiquement ou textuellement. De plus Sand est parvenu à la conclusion en étudiant les sources disponibles depuis l’antiquité, que l’exil juif est aussi un mythe et que les Palestiniens d’aujourd’hui ont bien plus de chances d’être les descendants directs de l’ancien peuple sémite de Judée/Canaan, que la population actuelle d’origine prédominante Khazar et Ashkénaze, à laquelle Sand admet lui-même appartenir.

[…]

 Nationalisme et nationalisme juif

… Tout comme Karl Deutsch, Sand regarde la nationalité comme étant un narratif fantasmagorique. Des études appronfondies historiques et anthropologiques sur les origines des différents soi-disants “peuples” et “nations”, mènent de manière embarrassante, à l’effondrement de toute notion d’ethnicité ou d’identité ethnique. Il est ainsi intéressant de constater que beaucoup de juifs tendent à prendre leur propre mythe ethnique très sérieusement. Je ne vois que deux explications possibles pour cette insistance. L’une a été offerte par l’universitaire israélien Benjamin Beit-Hallahmi il y a quelques années. Le sionisme, dit-il, a émergé de la bible et l’a transformé d’un texte spirituel en un “cadastre” de la terre. La seconde explication est psycho-analytique: c’est en fait le manque de réalité factuelle ou de narratif historique cohérent qui mène à l’émergence d’une telle fable fantasmagorique, suivie par une volonté de fer et un agenda pragmatique.

[…]

Il n’y a pas d’histoire juive

C’est un fait parfaitement établi qu’il n’y a virtuellement aucun texte historique juif écrit entre le 1er et le début du XIXème siècle. Que le judaïsme soit fondé sur un mythe historique religieux a sûrement quelque chose à faire avec cela. La scrutinisation intensive du passé juif ne fut jamais une préoccupation principale de la tradition rabbinique.

[…]

Comme le dit si bien Sand: “Une séquence chronologique des évènements était quelque chose de complètement étranger au temps judaïque de l’exil où prévalait une condition d’alerte constante en adéquation avec ce moment tant attendu de l’arrivée du Messie.” Ce manque apparent total d’intérêt pour l’histoire, l’historicité et la chronologie est crucial pour bien comprendre l’identité politique juive.

[…]

En 1820, L’historien juif allemand Isaak Markus Jost (1793-1860) publia le premier travail historique sérieux sur les Juifs et leur histoire depuis près de deux mille ans, son “Histoire des Israélites”. Jost évita la période biblique, préférant commencer son voyage historique avec le royaune de Judée et compila également une historiographie des différentes communautés juives dans le monde. Il réalisa que les juifs de son temps ne formaient pas une continuité ethnique et comprît que les Israélites étaient bien différents d’un endroit à un autre. Ainsi pensa t’il qu’il n’y avait rien pouvant empêcher l’assimilation totale de ceux-ci et que dans l’esprit de l’illumination, les Allemands et les Juifs tourneraient le dos aux institutions religieuses oppressives et formeraient une nation saine, fondée sur un sens d’appartenance géographique croissant.

Bien que Jost fut conscient de la montée des nationalismes en Europe, ses contemporains israélites n’étaient pas en accord avec sa lecture libérale et optimiste du futur juif. “A partir de l’historien Heinrich Graetz, les historiens juifs allemands commencèrent à tirer l’histoire du judaïsme en tant que l’histoire d’une nation qui fut un “royaume” chassé et en “exil”, devenant un peuple errant qui ultimement fit demi-tour et retourna sur son lieu de naissance.

Pour le philosophe socialiste juif allemand Moses Hess, c’était la lutte raciale plutôt que la lutte des classes qui définirait à terme l’Europe. Ainsi, il suggéra que les juifs se devaient de réfléchir sur leur héritage culturel et leur origine ethnique. Pour Hess, le conflit entre juifs et gentils était le produit de la différenciation raciale et était ainsi inévitable.

Le chemin idéologique de l’orientation raciste pseudo-scientifique de Hess à l’historicité sioniste est on ne peut plus clair. Si les Juifs sont de fait une entité raciale étrangère (comme le pensait Hess, Jabotinsky et d’autres…), ils devaient alors réellement considérer retourner sur leur terre naturelle, Eretz Yitzraël. Mais la continuité raciale de Hess ne fut pas endorsée scientifiquement. Afin de maintenir le narratif fictionnel qui émergeait, un mécanisme de déni orchestré devait être mis en place pour empêcher certains faits historiques embarrassants d’interférer.

Le nouvel Israélite, la bible et l’archéologie

En Palestine, les nouveaux juifs et plus tard les Israéliens furent déterminés de recruter l’Ancien Testament et à le transformer en un code unifiant le futur du peuple juif. La “nationalisation” de la bible planterait dans les esprits des jeunes juifs l’idée qu’ils étaient les descendants directs de leurs illustres ancêtres.

Gardant à l’esprit le fait que la nationalisation était largement un mouvement séculier, la bible fut dépouillée de sa signification religieuse et spirituelle. Au lieu de cela, elle fut regardée comme un texte historique décrivant la “véritable” chaîne d’évènements du passé.

[…]

Ce qui était encore plus préoccupant était le fait qu’au lieu d’une entité supra-naturelle (dieu) ne leur commande d’envahir et de commettre un génocide contre les habitants indigènes de la “terre promise” (les Canéens), dans le projet de résurrection nationale juif c’était eux-mêmes, les Hertzl, Jabotinsky, Weizman, Ben-Gourion, Sharon, Perès, Barak, Nétanyahou, Lieberman et autres, qui décideraient qui expulser et qui tuer. Dieu ne tuait plus au nom du peuple juif, les juifs le faisaient eux-mêmes. Ils le faisaient avec des symboles juifs décorant leurs chars d’assaut, leurs avions et suivaient des commandements délivrés en hébreu, la nouvelle langue restaurée de leurs “ancêtres”.

[…]

Alors que la recherche archéologique devenait de plus en plus indépendante du dogme sioniste, des vérités dérangeantes commencèrent à faire surface. Il devint impossible d’ancrer l’authenticité des contes bibliques dans des faits dûment vérifiés. Si rien d’autre, l’archéologie réfute l’historicité de la bible: Le livre, d’après les universitaires et érudits non-juifs comme Thomas Thompson, est une “collection tardive de littérature innovatrice écrite par un théologien très doué.

Comme le fait remarquer Schlomo Sand, le narratif biblique de l’origine est imbibé de Philistins, d’aramaïque et de dromadaires. Aussi loin que les fouilles nous l’ont prouvé, les Philistins ne sont pas apparus avant le 12ème siècle Av. J.C, les Araméens apparaissent un bon siècle plus tard et les dromadaires n’ont pas montré leurs délicieuses frimousses avant le 8ème siècle av. J.C.

Pas beaucoup plus n’a été trouvé dans le désert du Sinaï pour prouver l’histoire du légendaire exode d’Egypte, durant lequel apparemment, 3 millions d’Hébreus, hommes, femmes et enfants, marchèrent là pendant 40 ans sans jamais laisser une seule boule de Mazza derrière eux. L’histoire biblique de la relocation des Hébreus dans le pays Canéen et le génocide des goyim habitant la terre promise (ce que les Israélites modernes refont avec tant de succès..) paraît là encore, n’être qu’un autre mythe. Jéricho, la ville gardée écrasée par le son des trompettes hébraïques et par l’intervention toute puissante super-naturelle, n’était juste qu’un tout petit village au 13ème siècle Av. J.C.

Plus que tout, Israël se voit comme la résurrection du monumental royaume du roi Salomon. Et pourtant, des fouilles nombreuses dans la vielle ville de Jérusalem dans les années 1970 ont révélé que le royaume de David n’était rien d’autre qu’une toute petite enclave. La preuve que, selon l’archéologue israélien (et vice chef d’état major de la force de défense israélienne) Yigal Yadin, on pouvait retracer cela au roi Salomon, fut plus tard réfuté par des tests de datation au Carbone-14. De tels faits scientifiquement vérifiables jettent les chercheurs sionistes dans la plus complète des confusions.

La bible est une fiction et pas grand chose de ce qu’elle raconte ne peut confirmer en substance la glorification du peuple juif en Palestine à quelque étape historique que ce soit. La bible apparaît plutôt comme un test idéologique qui a été fait pour servir des buts socio-politiques bien précis.

Qui a inventé les Juifs ?

Qui sont les Juifs ? D’où viennent-ils ? Comment se fait-il qu’au cours de différentes périodes historiques, ils apparaissent dans tant d’endroits isolés différents ?

Bien que la plupart des juifs contemporains soient profondément convaincus que leurs ancêtres sont les Israélites bibliques qui furent brutalement exilés par les Romains, la vérité est que les juifs contemporains n’ont rien à voir avec ces anciens Israélites, qui ne furent du reste jamais envoyé en exil, l’exil par les Romains est juste un autre mythe juif.

Schlomo Sand dit ceci: “J’ai commencé à étudier et à faire des recherches sur l’exil de la terre, mais à mon grand étonnement, j’ai découvert qu’il n’y a aucune littérature à ce sujet. La raison en est que personne n’a exilé le peuple du pays. Les Romains n’ont pas exilé les gens et ils n’auraient pas pu le faire même s’ils l’avaient voulu. Ils n’en avaient pas les moyens logistiques, pas de trains, de camions pour déporter des populations entières. Ce type de logistique n’a pas existé avant le XXème siècle.

C’est ainsi que mon livre est né: dans la réalisation que la société judaïque ne fut pas dispersée et ne fut pas exilée.

La pensée que la grande flotte impériale romaine travailla 7 sur jour 7, 24 heures sur 24 pour déporter Moishe’le et Yanke’le vers Cordoba et Tolède peut aider les juifs à se sentir importants, mais le bon sens commun nous dicte que l’armada romaine avait de bien plus importantes choses à faire. Plus intéressant en est la conclusion: si le peuple d’Israël ne fut pas expulsé, alors les véritables descendants des habitants du royaume de Judée doivent être les Palestiniens. Sand nous dit encore: “Aucune population ne peut demeurer pure sur des centaines et des milliers d’années, mais les chances que les Palestiniens soient les descendants de l’ancien peuple judaïque sont bien plus grandes que celles que vous ou moi ne le soyons. Les premiers sionistes, jusqu’à la révolte arabe de 1936-39, savaient qu’il n’y avait eu aucun exil, et que les Palestiniens descendaient des habitants de la terre. Ils savaient que les fermiers ne quittent jamais leur terre à moins d’y être contraints et forcés. Même Yitzak Ben-Zvi, le second président d’Israël, écivit en 1929 que “la vaste majorité des fermiers n’ont pas leurs origines chez les conquérants arabes, mais plutôt avant cela, dans les fermiers juifs qui furent nombreux et une majorité dans la construction de la terre.

[…]

Après 1936, Ben-Gourion et Ben-Zvi tempérèrent leur enthousiasme “multiculturel”. Aussi loin que Ben-Gourion était concerné, le nettoyage ethnique des Palestiniens semblait bien plus plaisant.

Si les Palestiniens sont les “véritables Juifs”, alors qui sont ces gens qui s’appellent eux-mêmes Juifs ? La réponse de Schlomo Sand est simple et sensée: “Ce ne sont pas les gens qui se sont dispersés, mais la religion du judaïsme. Le judaïsme fut une religion de conversion. Contrairement à l’opinion courante, dans les premiers temps du judaïsme, il y eut une grande soif de conversion des autres. Les religions monothéistes étant bien moins tolérantes que les religions polythéistes, elles ont l’envie de s’étendre. (NdT: Il n’y a pas de traces historiques de Celtes, de Gaulois, de Vikings, de Germains, de Mélanésiens, d’Iroquois ou d’Apaches menant des guerres de conquêtes pour imposer leur religion aux autres, chose qui suppose une relation ethnocidaire voire génocidaire avec autrui. Les religions monothéistes seules et les sociétés étatiques qu’elles ont créés, en ont le monopole. Le monopole de l’intolérance barbare, ironiquement au nom de la “civilisation, de l’humanisme et du progrès”…).

L’expansionisme juif des premiers temps ne fut pas similaire au prosélytisme chrétien, mais ce fut en fait l’expansionisme juif qui planta le zèle de la conversion chez les premiers chrétiens à la fois dans leur pensée et dans leur pratique.

Les Juifs d’Espagne, dont on croit qu’ils furent les descendants de sangs des anciens Israélites, apparaissent en fait comme des Berbères convertis. Sand dit ceci: “Je me suis posé la question de savoir comment et pourquoi de si grandes communautés juives sont apparues en Espagne ; puis j’ai vu que Tariq Ibn Ziyad, le commandant en chef des musulmans qui conquirent l’Espagne, était un Berbère et la plupart de ses soldats étaient des Berbères. Le royaume berbère juif de Dahia al-Kahina avait été défait juste 15 ans auparavant. Il y a un grand nombre de sources chrétiennes disant que bon nombre des conquérants de l’Espagne étaient des convertis au judaïsme. La racine profonde de la source de la grande communauté juive en Espagne était ces soldats Berbères convertis au judaïsme.

Comme on pourrait si attendre, Sand approuve la théorie largement acceptée que des Khazars judaïcisés constituent l’origine principale des communautés juives d’Europe de l’Est, qu’il appelle la “nation yiddish”. Lorsqu’on lui demande pourquoi ces Juifs parlent le yiddish, largement vu comme un dialecte allemand médiéval, il répond: “Les Juifs sont une classe de gens dépendant de la bourgeoisie allemande dans l’Est et ils en ont adopté les mots de l’Allemand.

Sand nous laisse avec la conclusion inévitable que les Juifs contemporains n’ont pas une origine commune, que leur origine sémite est un mythe. Les Juifs n’ont aucune origine en Palestine que ce soit et ainsi leur action de soi-disant “retour” doit-être compris comme un prétexte à une invasion expansioniste tribale.

[…]

A l’encontre d’autres “nouveaux historiens” qui ont essayé de minimiser les présomptions de l’historiographie sioniste, Sand ne se contente pas de remonter à 1948 ou même aux débuts du sionisme, mais il remonte dans l’histoire des milliers d’années. A l’encontre des “nouveaux historiens” qui révèlent une vérité connue de tout gamin palestinien, à savoir la vérité du fait d’être ethniquement nettoyé, le corps de recherche et d’idées de Sand peut ouvrir la porte à d’autres recherches sur la signification du nationalisme juif, de l’identité juive et de la politique juive. La lecture critique de Sand concernant l’histoire juive pose le cadre de toujours plus de discussions sur la notion juive de l’historicité et de la temporalité. Comprendre ces deux notions cruciales fournira la clef intellectuelle pour démanteler le pouvoir politique juif et pourra même aider les Juifs à se racheter de leurs discours et de leurs actions politiques très dangereux. (NdT: Ici, Atzmon vraisemblablement “pique” un peu à demi-mot l’historien israélien Ilan Pappe et son excellente recherche publiée dans son livre “The Ethnic Cleansing of Palestine”, 2006, qui ne s’attache qu’à l’histoire contemporaine du nettoyage ethnique de la Palestine. Le livre de Pappe est une référence dans le domaine et couvre la période de 1878 à 2006…)

Si Sand a raison, alors les Juifs, plutôt que d’être une race, sont composés d’un collectif de beaucoup de personnes qui a été détourné par un mouvement nationaliste fondé sur des mythes. Si les Juifs ne sont pas une race et n’ont rien à voir avec le sémitisme, alors le terme ‘antisémistisme” est, catégoriquement, vide de sens. En d’autres termes, la critique du nationalisme juif, du lobbying juif et du pouvoir juif ne peut être faite qu’en tant que critique légitime d’une idéologie, d’une politique et d’une pratique.

Les ennemis idéologiques d’Israël sont engagés dans un amer conflit avec l’état et ses soutiens. Pourtant, le problème n’est pas juste Israël en soi, son armée ou son leadership politique ; c’est en fait une guerre contre une idéologie exclusive, un fantasme qui a phagocyté l’occident et, du moins momentanément, l’a diverti de ses inclinaisons humanistes et des ses aspirations athéniennes. Lutter contre un esprit est bien plus difficile que de lutter contre un peuple, parfois seulement parce qu’on doit d’abord combattre ses traces en notre sein. Si nous voulons combattre Jérusalem, nous aurons à confronter le Jérusalem à l’intérieur de nous-mêmes.

Fin du chapitre

= = =

Plus loin dans le chapitre 22, Atzmon a cette réflexion lumineuse:

L’idéologie sioniste se présente comme un narratif historique et cela m’a pris bien des années pour saisir vraiment que le sionisme, l’identité juive, la politique et l’idéologie sont en fait des assauts directs et brutaux sur l’histoire, la notion d’histoire et la temporalité. En fait, la politique nationale juive est une tentative de placer le peuple d’Israël au-delà de la temporalité historique. Une fois que le passé juif est cimenté, scellé, la destinée et les actions opératrices peuvent être déduites: d’une perspective sioniste, les Juifs de la diaspora devraient adhérer et soutenir le projet de retour à la terre, le peuple palestinien devrait faire place nette, les super-puissances occidentales devraient tout financer etc. Une telle vision aliène ses suiveurs de la temporalité et de la Morale. Ceux qui continuent à vouloir critiquer la validité de l’argumentation sioniste sont réduits au silence. Ceux qui suivent la philosophie politique juive et sioniste sont condamnés à s’éloigner inexorablement de l’humanisme et de l’humanité.

Une telle explication commence alors à jeter la lumière sur la conduite israélienne et sur le soutien juif des crimes de guerre d’Israël.

= = =

Source:

“The Wandering Who? A Study of Jewish Identity Politics”

Gilad Atzmon, Zero Books, 2011, UK

Résistance au colonialisme: Israël sous-produit du colonialisme occidental…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 6 juin 2015 by Résistance 71

Sous-produit du colonialisme occidental, Israël ne devrait pas exister

 

Garry Leech

 

1er Juin 2015

 

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15408

 

Je ne deviens pas antisémite en suggérant que l’État d’Israël ne devrait pas exister. Je suis cependant antisioniste. Il existe une nette différence. Un antisémite est quelqu’un qui a des préjugés contre les juifs. Un antisioniste est opposé à l’établissement, par une certaine catégorie de la population juive, par droit divin, d’un État juif en Terre Sainte, aux dépens du peuple palestinien qui y vit depuis deux mille ans.

La création d’un État juif au milieu du monde arabe ne représente pas seulement la continuation du colonialisme européen en Palestine, elle consiste aussi en un nettoyage ethnique des Palestiniens. C’est aussi, la mise en place d’un système d’apartheid par un état voyou qui a violé la loi internationale de nombreuses fois.

Compte tenu de cette réalité et du fait que la Palestine est la Terre Sainte de trois religions, la solution unique et juste, face au projet sioniste israélien et à ses sponsors occidentaux, est l’établissement d’un seul pays : l’État démocratique et laïc de Palestine dans lequel les trois populations religieuses auraient les mêmes droits.

La montée du mouvement sioniste

Le mouvement sioniste a émergé en Europe vers la fin du dix-neuvième siècle, ce mouvement a encouragé les juifs européens à fuir l’antisémitisme en émigrant vers la Palestine, gouvernée alors par les Turcs Ottomans, leur objectif était la création d’un État juif en Terre Sainte.

Cette émigration a conduit à un accroissement de la population juive en Palestine dont le taux est passé de 4 % en 1850 à 11 % en 1917, année de la déclaration Balfour du gouvernement britannique disant : « le gouvernement de sa majesté est favorable à l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif ».

Suite à la défaite de l’Empire Ottoman durant la Première Guerre mondiale, le gouvernement des pays de la région a été pris par la Grande-Bretagne et la France sous mandats de la Ligue des Nations (prédécesseur de l’Organisation des Nations Unies). Cependant, la Seconde Guerre mondiale a entraîné la chute des empires européens car des colonies à travers le monde ont obtenu leur indépendance. Le Liban (1943) et la Syrie (1946) sont ainsi devenues indépendants de la France alors que la Jordanie (1946) a été littéralement libérée de la domination britannique. Seule exception la Palestine, sous domination britannique depuis 1922.

La Palestine tout comme ses voisins aurait dû devenir une nation indépendante après la Seconde Guerre mondiale, mais le projet sioniste soutenu par l’Occident l’en a empêché.

Conformément à la déclaration de Balfour, la Grande Bretagne et les États-Unis ont cherché à assurer la création d’un État juif en Palestine. Sous la domination britannique, la population juive en Palestine est passée de 11 % en 1922 à 32 % en 1948, un grand nombre étant arrivé après la guerre.

En 1947, l’Organisation des Nations Unies nouvellement créée a adopté le plan de partage de la Palestine sans aucune consultation du peuple palestinien. Le plan prévoyait qu’un État juif se constitue sur 56 % de la Palestine avec 43 % des Territoires constituant l’État palestinien. Malgré une large majorité arabe en Palestine, la part israélienne du territoire était plus grande afin de permettre l’augmentation anticipée du flux migratoire des juifs européens. Le 1% restant en Palestine, composé par la ville sainte de Jérusalem devait rester un territoire international administré par l’Organisation des Nations Unies.

Des groupes juifs ont soutenu le plan de partition de la Palestine mais les Palestiniens et les États arabes voisins s’y sont opposés au motif qu’il violait les principes de l’autodétermination nationale selon la Charte des Nations Unies, en vertu de laquelle les Palestiniens devraient avoir le droit de décider de leur propre destin. Le plan n’a pas été mis en place. Néanmoins, la population juive en Palestine a unilatéralement annoncé la création de l’État d’Israël le 14 mai 1948.

Le nouveau colonialisme européen

Selon l’historien israélien Ilan Pappe, vers la fin de 1949, Israël avait détruit plus de 400 villages palestiniens, massacré des milliers de civils et déplacé par la force près d’un million de Palestiniens, qui se sont retrouvés dans des camps de réfugies dans les pays arabes voisins.

En d’autres termes, selon Pappe, les sionistes ont commis un nettoyage ethnique du peuple palestinien avec un peuple juif qui venait juste d’endurer les horreurs de l’Holocauste.

Le nettoyage ethnique a permis à Israël de s’étendre et d’englober 77 % du territoire palestinien, à l’exclusion de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

Trois ans plus tard, 700 000 Juifs ont immigré en Palestine occupée, principalement depuis l’Europe. Cette colonisation juive de la Palestine représentait la continuation du colonialisme européen puisque l’exercice du pouvoir sur le peuple palestinien est passé des mains du gouvernement britannique à celles des Juifs d’Europe sous la forme du nouvel État israélien.

Après la guerre de 1967 contre plusieurs États arabes (Syrie, Jordanie et Égypte), l’armée israélienne a occupé les 23 % restant de la Palestine (Jérusalem-Est, la Cisjordanie et la bande de Gaza). Le Conseil de sécurité des Nations Unies a alors réagi en adoptant la résolution 242 demandant le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés au cours du récent conflit ». Depuis, les USA ont utilisé 41 fois leur droit de veto au Conseil de sécurité afin de s’assurer que les nombreuses résolutions de l’ONU, condamnant l’occupation illégale israélienne, ne soient jamais appliquées.

Ce n’est qu’après que les Palestiniens aient été contraints d’exister sous occupation militaire israélienne illégale, suite à la guerre de 1967, que l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a décidé de faire de la lutte armée, la pièce maîtresse de sa campagne visant à obtenir un État palestinien. Et ce n’est qu’après vingt ans d’occupation militaire oppressive et le refus de la communauté internationale d’appliquer les résolutions de l’ONU qu’une part de la société palestinienne s’est de plus en plus radicalisée, et que le mouvement islamique Hamas a été créé.

Le Hamas a commencé à utiliser les attentats suicides en tant que tactique au début des années 1990 parce qu’il ne pouvait lutter par une guerre conventionnelle contre l’armée israélienne largement supérieure et soutenue par les USA. À partir de 2001, il a commencé également à lancer des roquettes primitives et inefficaces contre Israël à partir de ses fiefs dans la bande de Gaza.

Même si Israël a retiré ses forces militaires de la bande de Gaza en 2005, l’année suivante, un blocus militaire a été mis en place par les Israéliens contre ce minuscule territoire ; par ce blocus, Israël contrôle strictement tous les accès, que ceux-ci concernent les personnes, la nourriture, les médicaments ou encore les matériaux. Certains analystes affirment que le blocus israélien contre les 1.8 millions d’habitants de Gaza a créé le camp de prisonniers le plus grand du monde.

Pendant ce temps, Israël a non seulement continué son occupation illégale de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, mais il a aussi violé le droit international en déplaçant de force des communautés palestiniennes et en encourageant les Juifs à s’installer dans les Territoires Occupés. On estime aujourd’hui que près d’un demi-million de Juifs vivent dans des colonies illégales en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, malgré les résolutions des Nations Unies exigeant que ces colonies soient démantelées.

Israël a également construit un mur géant connu sous le nom de barrière de séparation en Cisjordanie afin de séparer les colonies illégales des communautés palestiniennes et restreindre les déplacements de ces dernières. En attendant, en plus de l’établissement de colonies illégales, Israël a aussi bâti des zones industrielles en Cisjordanie où les travailleurs palestiniens sont contraints de travailler dans de mauvaises conditions pour de bas salaires.

La différence flagrante dans la question des droits accordés aux colons juifs en comparaison avec ceux concédés aux Palestiniens vivant dans les Territoires Occupés, constitue un système d’apartheid. Comme l’a noté John Dugard, avocat des droits humains sud-africain et ancien rapporteur spécial des Nations Unies : « Je dis sans hésitation que les crimes israéliens sont infiniment pires que ceux commis par le régime apartheid d’Afrique du Sud ».

En 1947, une année avant qu’Israël se soit déclaré État souverain, les Palestiniens vivaient dans 94 % de la Palestine. Aujourd’hui, ils n’occupent que 15 %, avec 5 millions d’individus vivant dans des camps de réfugiés en Cisjordanie et dans les pays voisins. Les densités des populations dans les camps de réfugiés palestiniens sont parmi les plus élevées de la planète. Par exemple, plus de 10 000 réfugies vivent dans un kilomètre carré dans le camp d’Al-Amari en Cisjordanie, ce qui correspond à 5 fois la densité de la population vivant à New York City. Un réfugié de la troisième génération m’a dit : « Nous rêvons de retourner dans nos terres. Nous ne savons pas combien de temps ça prendra et quelle génération réalisera ce rêve ».

Le nombre disproportionné de Palestiniens tués dans ce long conflit est une réalité cachée à beaucoup en Occident. Au cours des 15 dernières années, selon l’organisation des droits humains israélienne B’Tselem, 8701 palestiniens ont été tués par les Israéliens alors que 1138 israéliens ont été tués. La disparité dans le nombre d’enfants palestiniens tués est encore plus grande, avec un total de 1772 enfants tués au cours de cette période comparativement à 93 enfants israéliens.

Compte tenu de cette vérité, les allégations répétées par les États-Unis et d’autres nations occidentales que les actions militaires israéliennes ne sont que des actes d’auto-défense sont en contradiction avec la réalité sur le terrain. Incontestablement, il s’agit de violence que l’on devrait considérer comme un acte de légitime défense, de la part de personnes forcées de vivre sous une violente occupation militaire illégale et sous un blocus. Après tout, la Résistance française face à l’occupation nazie pendant la Seconde Guerre mondiale est perçue comme une lutte héroïque pour la libération nationale. À l’opposé, les résistants palestiniens sont étiquetés « terroristes ».

Malgré les grands efforts des États-Unis, des autres gouvernements occidentaux et des grands médias pour dépeindre Israël comme la victime dans ce conflit, les chiffres ne mentent pas sur l’évidence de qui commet le plus de massacres et de morts. Le fait qu’un peuple forcé de vivre sous une occupation étrangère militaire et illégale soit dépeint comme l’agresseur constitue un superbe exemple du double langage orwellien.

Collaborer avec les colonisateurs

Cette violente expansion du contrôle israélien sur l’ensemble de la Palestine réalise le rêve sioniste européen initié à la fin du dix-neuvième siècle. Malheureusement, au cours des deux dernières décennies, certains dirigeants palestiniens ont été les complices de ce projet sioniste. Le processus de paix d’Oslo dans les années 1990 a vu l’OLP reconnaître l’État d’Israël et en retour, Israël a permis aux Palestiniens une auto-gouvernance limitée dans certaines parties de la Cisjordanie et de Gaza. Cependant, le soi-disant processus de paix a laissé en attente la question cruciale du « droit de retour » des réfugiés palestiniens.

Les premières élections parlementaires palestiniennes conformément aux Accords d’Oslo ont eu lieu en 1996, elles ont été remportées par le Fatah, parti politique de l’OLP, qui a alors dirigé le nouveau gouvernement de l’Autorité Palestinienne. Cette dernière a commencé à recevoir une aide importante de la part des gouvernements occidentaux. En retour, l’Autorité Palestinienne a surveillé la population palestinienne pour le compte d’Israël dans les zones des Territoires Occupés qu’elle gouvernait. En d’autres termes, de la même manière que les administrateurs et la police indiens ont supervisé l’administration au jour le jour de l’Inde coloniale au nom des colonisateurs britanniques, l’Autorité Palestinienne a servi les colonisateurs israéliens dans les Territoires Occupés contre l’aide occidentale et la présence réduite de l’armée israélienne.

La perfusion d’aide étrangère, en particulier le financement par l’Agence américaine pour le développement international (USAID), est destinée à parvenir à une « paix économique » en permettant à certaines catégories de la population palestinienne d’atteindre un certain confort matériel. Tout ceci, sans remettre en cause l’occupation israélienne ni l’expansion continue des colonies juives en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, qui violent les accords d’Oslo et le droit international. Se référant à la longue durée des pourparlers de paix souvent bloqués, Dugard, l’ancien rapporteur spécial de l’ONU a récemment déclaré : « Je pense que la stratégie d’Israël et aussi des États-Unis est tout simplement de permettre des discussions continuelles pendant qu’Israël annexe de plus en plus de terres et récupère des parties des Territoires Occupés »

Pendant ce temps, le modèle économique émergeant en Cisjordanie n’est pas viable car il est presque entièrement dépendant de l’aide étrangère et des ONG internationales. En outre, les avantages du modèle économique sont largement limités à Ramallah, le siège du gouvernement de l’Autorité Palestinienne, créant ainsi ce qu’on appelle en Cisjordanie la « bulle Ramallah ».

Comme l’explique le Dr Hanan Chehata, professeur de droit et ancienne correspondante pour Middle East Monitor,

… Tandis que ceux de Ramallah peuvent voyager à travers cette petite ville relativement sans entrave, les Palestiniens sont soumis dans le reste de la région, à l’humiliation quotidienne aux barrages routiers israéliens et aux postes de contrôle militaires ; ils doivent aussi supporter des arrestations arbitraires et des interrogatoires injustifiés menant souvent à la torture et parfois à la mort. Alors que les résidents de Ramallah peuvent aller travailler dans la journée, dans une raisonnable sécurité, en sachant qu’ils vont rentrer chez eux le soir pour retrouver un repas chaud et le repos parmi les membres de leurs familles, d’autres Palestiniens quittent leurs maisons ne sachant pas si celles-ci seront toujours debout quand ils rentreront ou si elles seront démolies par les bulldozers Caterpillar israéliens afin de faire place à de nouvelles colonies israéliennes.

En d’autres termes, si l’Autorité palestinienne et ses partisans coopèrent avec les colonisateurs israéliens, ils recevront des récompenses économiques et la brutalité excessive exercée par l’armée israélienne leur sera épargnée. Mais ceux qui persistent à résister activement, les colonisateurs leur infligeront la pleine force de l’agression. C’est sans surprise, qu’aux yeux de beaucoup de Palestiniens, l’Autorité Palestinienne est vendue aux colonisateurs par collusion avec l’occupant et les États-Unis afin de parvenir à la « paix économique » au détriment de la libération nationale.

Le mécontentement croissant contre l’Autorité Palestinienne est devenu évident lors des élections générales de 2006 quand le Fatah a été battu par le Hamas. Après l’élection, le Fatah a refusé de céder le pouvoir en Cisjordanie et, avec le soutien d’Israël et des pays occidentaux, il a continué à gouverner pendant les neuf dernières années en tant que gouvernement non élu, pendant que le Hamas gouverne Gaza.

Le seul endroit où les élections ont été autorisées se trouve dans les universités, ces dernières étant considérées comme un baromètre qui reflète les vues politiques d’un large éventail de la population palestinienne. Lors des élections du Conseil des étudiants à l’université de Birzeit à Ramallah le mois dernier, le bloc islamique Wafaa affilié au Hamas a vaincu le parti des étudiants du Fatah, remportant la majorité des sièges. Nadine Suleiman, une étudiante de quatrième année en administration publique, a expliqué pourquoi elle a voté pour le Hamas : « Je déteste la corruption de l’AP [Autorité Palestinienne], leur coordination sécuritaire avec Israël implique l’arrestation et l’assassinat des Palestiniens qui sont sur la liste israélienne des personnes recherchées alors que les Palestiniens n’ont rien en retour. L’AP est intéressée uniquement à garder sa richesse et ses privilèges ».

L’Autorité Palestinienne financée par les forces de sécurité des États-Unis a rapidement réagi, suite aux résultats des élections de l’Université de Birzeit, en arrêtant quatre étudiants appartenant au parti vainqueur, pour les interroger et les maltraiter. Au total, 25 étudiants dans toute la Cisjordanie ont été arrêtés et les élections prévues à l’université nationale An-Najah et à l’université d’Hébron ont été reportées. Selon Human Rights Watch, « Il est profondément inquiétant que les étudiants soient détenus par les forces palestiniennes sans aucune autre raison que leur lien avec le Hamas ou leurs opinions ».

Ainsi, alors que sur la scène internationale l’Autorité palestinienne a défié Israël en gagnant son adhésion à la Cour Pénale Internationale (CPI), sur le terrain en Cisjordanie, elle arrête régulièrement, interroge, emprisonne et torture les Palestiniens qui sont considérés comme sympathisants du Hamas ou qui combattent l’occupation israélienne dans leur quête pour la libération. Vu son incapacité à mettre en place de nouvelles élections, sa corruption à l’égard de l’aide étrangère et sa collusion avec l’occupation israélienne illégale, de nombreux Palestiniens ne considèrent plus le gouvernement de l’Autorité Palestinienne comme légitime.

En revanche, le Hamas est considéré par beaucoup de Palestiniens comme résistant activement à Israël, et cette perception – quant à son manque relatif de corruption – est à la base de son soutien populaire. Cette résistance a aussi conduit Israël à lancer trois grandes opérations militaires contre la bande de Gaza au cours des sept dernières années (2008, 2012 et 2014). Selon les Nations Unies, les sept semaines de l’invasion de la bande de Gaza l’an dernier par l’armée israélienne ont entraîné la mort de 2025 Palestiniens, parmi eux 1483 civils dont 521 étaient des enfants. Du côté israélien, il y eut 71 morts, dont 66 étaient des soldats. D’autre part, plus d’un demi-million de Palestiniens ont été déplacés de force de leurs maisons.

La solution à un seul État

L’Autorité Palestinienne a accepté la solution à deux États, proposée dans le cadre du processus de paix d’Oslo. L’idée de base étant que la Cisjordanie et la bande de Gaza constitueraient un État palestinien (ce qui correspond à seulement 23 % de la Palestine), le reste constituant Israël. Mais le choix de l’Autorité Palestinienne d’une solution à deux États est en contradiction avec les souhaits de la majorité des Palestiniens. Selon un sondage réalisé l’année dernière, 60 % des Palestiniens croyaient en une solution à un seul État, tandis que seulement 27 % appuyaient l’option des deux États.

La solution à deux États que vantent constamment les États-Unis et d’autres nations occidentales, et soutenue par l’Autorité Palestinienne, est complètement éloignée de la réalité de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Selon Tariq Dana, professeur à l’Université de Birzeit à Ramallah : « Une solution à deux États n’est pas possible. Elle ne serait pas viable compte tenu de la réalité sur le terrain ».

La réalité à laquelle se réfère Dana est l’expansion illégale et continuelle des colonies juives, constituant aujourd’hui le foyer de presque un demi-million de juifs. Les colonies couvrent aujourd’hui plus de 40 % de la Cisjordanie, dominant les meilleures terres agricoles avec un accès à l’alimentation principale en eau de la région. Comme l’a admis Daniella Weiss, l’ancien maire sioniste d’une colonie juive de Cisjordanie quelques années plus tôt : « De toute évidence, toute solution à deux États qui donnerait lieu à un État palestinien viable exigerait le démantèlement de ces colonies et le retrait des colons de ce que les sionistes considèrent comme leur terre sainte ».

Loin du démantèlement des colonies, la politique d’Israël vise au contraire à les enraciner. Avec sa construction de la barrière de séparation, le gouvernement israélien cherche à annexer les colonies à l’État israélien, ce qui laisserait les Palestiniens avec 3 petits fragments non reliés de terre aride et rocailleuse, manquant d’approvisionnement en eau. Un tel résultat ne peut pas constituer un État palestinien viable.

Beaucoup de Palestiniens appuient l’idée de la création d’un seul État de Palestine dans lequel arabes et juifs auraient des droits égaux. Le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), le second membre le plus important de l’OLP après le Fatah et considéré comme un groupe terroriste par les USA, le Canada et l’Union Européenne parce qu’il prône la lutte armée, s’oppose à la fois au gouvernement de l’Autorité Palestinienne et à la solution à deux États. Selon le FPLP,

Le mouvement de libération palestinien n’est pas un mouvement racial aux intentions agressives contre les juifs. Il n’est pas dirigé contre les juifs … le but de ce mouvement est l’établissement d’un État national démocratique en Palestine dans lequel les arabes comme les juifs vivront en tant que citoyens égaux en droits et en obligations, lequel État constituera une partie intégrante de la présence nationale arabe progressiste et démocratique pour vivre en paix avec toutes les forces progressistes dans le monde.

Le Hamas considère aussi la solution à un État comme la seule réponse possible, un État islamique dans lequel les droits des juif seront protégés. Mais la création d’une Palestine islamique ne ferait que remplacer un État religieux (Israël) par un autre. Attendu que la Palestine est une terre sacrée pour trois religion (Islam, Judaïsme et Christianisme) et le fait qu’une partie importante de la population palestinienne soutient un État laïc, la solution à ce conflit qui semble insoluble serait de remplacer l’État sioniste par une démocratie laïque dans laquelle tous les citoyens – juifs, chrétiens et musulmans – auront les mêmes droits et les mêmes responsabilités.

Conclusion

L’établissement d’un État sioniste au milieu du monde arabe pour des migrants juifs arrivant d’Europe n’a été possible que grâce à l’aide des puissances impérialistes occidentales dont les USA, la Grande-Bretagne et le Canada. L’existence d’Israël et l’expansion continue des colonies juives en Cisjordanie et dans Jérusalem-Est constituent la continuation du colonialisme européen au vingt-et-unième siècle aux dépens du peuple palestinien qui vit sur sa terre depuis deux mille ans

Compte tenu de cette réalité, l’État juif d’Israël doit être considéré à la fois illégitime et une conséquence catastrophique de l’impérialisme occidental. La seule solution juste à ce conflit bien enraciné, est de permettre aux Palestiniens d’établir enfin cet État indépendant qu’ils auraient obtenu après la Seconde Guerre mondiale et de permettre le retour de tous les réfugiés. En d’autres termes, un seul État palestinien, laïc dans lequel juifs, chrétiens et musulmans partageront tous les mêmes droits. Une telle solution à un État n’est pas antisémite, elle est logique.

* Garry Leech est un journaliste indépendant et l’auteur de nombreux livres dont Capitalism : A Structural Genocide (Zed Books, 2012) ; Beyond Bogota : Diary of a Drug War Journalist in Colombia (Beacon Press, 2009) ; et Crude Interventions : The United States Oil and the New World Disorder (Zed Books, 2006). ). Il est aussi chargé de cours au Départment des Sciences Politiques à l’université de Cap Breton au Canada.

 

 

 

19 mai 2015 – CounterPunch – Vous pouvez consulter cet article à : 
http://www.counterpunch.org/2015/05…
Traduction : Info-Palestine.eu – Lalla Fadhma N’Soumer

Nouvelles du front palestino-israélien, celles que nos merdias ne diffusent pas !…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 24 août 2014 by Résistance 71

Le bilan “confidentiel” des pertes israéliennes

23 Août 2014 == Ce bilan des pertes  de l’armée israélienne, bien confidentiel, est parvenu au journal tunisien Al Chorouk qui le publie dans son intégralité : il s’agirait des chiffres qui ont fuité à travers les rapports de l’expert des questions militaires du journal Haaretz et conseiller du cabinet sécuritaire, Amos Harel. selon les rapports rédigé par l’intéressé ,  » depuis le 7 juillet, date à laquelle l’offensive Roch invincible a été déclenchée, 497 soldats israéliens ont été tués. 113 officiers sionistes ont également péri. le bilan des blessés s’élève à 879 soldats et à 362 officiers qui se trouvent d’ailleurs dans un état grave » . toujours selon le journal,  » l’armée israélienne a perdu 270 mercenaires tandis que 629 autres (mercenaires ) sont blessés » (ndlr : le rapport ne précise pas ce qu’entend l’armée israélienne par le terme mercenaire)  » 166 militaires israéliens ont commis une tentative de suicide. 311 militaires se sont tirés une balle dans leur pied pour ne pas partir au front » et le journal d’ajouter :  » 332 soldats et 418 réservistes sont allés jusqu’à blesser voir amputer l’un de leurs membres pour ne pas faire la guerre »!!

Gaza: Le ministre de la guerre israélien Yaalon hisse le drapeau blanc !

23 Août 2014 = = La déclaration a eu l’effet d’une bombe, en Israël !!

Selon Walla, au bout de 45 jours d’offensive contre Gaza, le ministre israélien de la Guerre a affirmé que l’objectif d’Israël consistait, à ce stade, à « faire revenir le Hamas à la table des négociations » !!! Dans des propos qui marquent, clairement, une marche arrière, par rapport aux objectifs affichés par les commandants militaires de « Tsahal », Yaalon ne cherche plus qu’à négocier avec la Résistance. Walla a vite fait de supprimer les propos du ministre de la Guerre.

L’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv hors service

23 Août 2014 == Dans la foulée des attaques aux missiles de la Résistance, l’aéroport international de Ben Gourion à Tél-Aviv a annulé tous les vols en partance et en provenace de la capitale israélienne. Israël a détruit un immeuble de 10 étages ce samedi à Gaza, tuant 10 palestiniens. depuis mercredi plus de 200 missiles de la Résistance ont été tirés contre les villes sionistes.

Le chef d’état-major israélien Benny Gantz échape à un missile et est grièvement blessé

23 Août 2014 == Le chef de l’état major interarme israélien a échappé à une attaque aux missiles de la Résistance. selon Al Mayadin, Benny Gantz se trouvait dans la base militaire de Nahal Uz quand les missiles de la Résistance se sont abattus sur cette base. les médias israéliens annoncent qu’il a été grièvement blessé. 4 missiles ont été tirés samedi soir contre Sderot. 140 missiles ont été tirés samedi contre Israël provouant la mort d’un israélien.

 

Source:

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/338079-le-bilan-confidentiel-des-pertes-israéliennes

 

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/338132-moshé-yaalon-hisse-le-drapeau-blanc

 

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/338159-l-aéroport-de-ben-gourion-hors-service

 

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/338173-israël-benny-gantz-échappe-à-un-missile,-blessé