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Résistance au colonialisme: Les anarchistes contre le mur… du sion

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 10 mai 2016 by Résistance 71

Les anarchistes toujours contre le mur

 

Patrick Schindler

 

22 avril 2016

 

url de l’article:

http://www.monde-libertaire.fr/?article=Les_anarchistes_toujours_contre_le_mur_!

 

Promotion du livre: “Les anarchistes contre le mur”, éditions libertaire, Publico, 145 rue Amelot, Paris 11e ~

 

Tandis que depuis bientôt soixante-dix ans que les Palestiniens ont été expulsé de leur pays en 1948 (et en 1967), ils n’ont toujours pas reçu les dédommagements prévus par les organisations internationales après la création de la ligne verte devant soi-disant marquer les frontières entre Israël et ses voisins… Pour synthétiser, après les accords de Camp David ; après la guerre du Liban et le terrible épisode de Sabra et Chatilla, entraînant les troubles permanents entre Palestiniens et Israéliens en Cisjordanie et dans la région de Gaza ; après la première Intifada, la ‘guerre des pierres’ en 1987 et l’enlisement de la situation entre l’Etat militaire israélien et l’Autorité palestinienne ; après le début de la colonisation de la région par l’Etat d’Israël ; après la seconde Intifada d’octobre 2000, il aura encore fallu attendre 2001, pour que d’immenses manifestations soient organisées à Tel Aviv et en Palestine, insufflées par le mouvement de solidarité international avec le vague espoir d’arriver à un compromis…

Mais, suite à la destruction du camp de réfugiés palestiniens de Jénine en 2002, les violences redoublent contre les Palestiniens. Ceux qui vivent encore en Israël sont victimes d’un apartheid tandis que les colons israéliens commencent à construire une ‘barrière de sécurité’ (ne respectant que 20 % de la fameuse ligne verte) entre les deux peuples, les coupant de tout contact, empêchant les Palestiniens d’aller travailler en Israël – pour des salaires de misère.

Pendant ce temps, les colons israéliens occupent leurs terres situées de l’autre côté de la ‘frontière’, détruisent leurs maisons, leurs oliviers et leur confisquent leurs sources d’eau potable.

Il faudra encore attendre 2003 pour voir la création des Anarchistes contre le Mur, en réaction à la construction de ce qui est devenu effectivement un véritable mur; à l’image de celui de Berlin.

La lutte contre le mur s’intensifiera en décembre 2003, quand Gil Na’amati – un Israélien faisant partie du mouvement – se fera tirer dessus à balles réelles par les militaires israéliens, ce qui provoquera une vive réaction, tant en Palestine qu’en Israël.

C’est à partir de février 2005 que les militants des Anarchistes contre le Mur décident de se rendre tous les vendredis dans les villages limitrophes de la ligne de démarcation, à Bil’in, Nil’in, Ma’asra et beit Ummar. Les militaires israéliens classent ces villages détruits par les colons israéliens en ‘zone militaire’. En 2009, un millier de personnes (Israéliens et Palestiens) défilent à Tel Aviv contre la guerre de Gaza. Dénoncés comme ‘traîtres et fauteurs de troubles’, 700 Palestiniens sont arrêtés. Depuis, les militants des Anarchistes contre le Mur manifestent leur soutien au peuple palestinien tous les vendredis dans les villages cisjordaniens situés le long du mur.

Les Editions libertaires ont rassemblé dix textes de sensibilités différentes de ces militants dans un petit recueil qui témoigne de manière crue et sans fard de leur révolte contre un état militaire et colonialiste, de leurs motivations, de leurs doutes et de leurs contradictions, mais surtout de leurs espoirs.

L’ouvrage s’ouvre sur un avant-propos d’André Bernard et Pierre Sommermeyer, et une préface de Ilan Shatif qui nous explique le pourquoi de cette édition française, avant de laisser la parole à Uri Gordon et Ohal Grietzer qui ont rassemblé lesdits textes.

Pour bien nous mettre dans le contexte, le fascicule présente plusieurs déclarations et discours qui ont jalonné l’existence du mouvement, avant de céder la place aux commentaires des militants.

Le premier est celui de Leenee Rothschild, qui raconte, sans fioriture aucune, l’histoire du petit village de Nabi Saleh (région de Ramallah) dont les 500 résidents protestent tous les vendredis contre l’occupation et les colons qui leur volent leur source d’eau potable. Leenee raconte le jour où la police militaire tire à balles réelles, tandis que Uday, un Palestinien est arrêté avec deux militants israéliens. Deux poids, deux mesures : Uday écopera de 8 mois de prison, tandis que les deux israéliens seront relâchés.

Plus tard, Mustafa Tanimi, un autre Palestinien, sera blessé à la tête par une lacrymo lancée à bout portant par un militaire et mourra de la suite de ses blessures. La description des funérailles est poignante.

Petite consolation, deux ans plus tard, un groupe obstiné de femmes palestiniennes réussira à atteindre pour la première fois la source volée par les colons, dans le village de Leehee Rothschild.

Le second texte de Kobi Snitz constate que, si le Mur est terminé, la partition de la Cisjordanie sera permanente et irréversible, tandis qu’aucun parti israélien ne soutient la lutte contre sa construction. Il constate amèrement que, même dans la lutte aux côté des Palestiniens, les Israéliens restent des privilégiés et que ce sont les Palestiniens qui prennent le plus de risques.

Roy Wagner nous fait pénétrer dans Tel Aviv, la plus belle ville du monde… entourée de militaires ! Il nous fait voyager de l’autre côté du miroir touristique et bourgeois, dans le quartier de la gare routière, dont la vieille population arabe, juive-yéménite et caucasienne a été expulsée, tandis que les Philippins ont fini par fuir les derniers vestiges sur la colline, laissant la place aux derniers arrivants, les Soudanais et les Erythréens qui y vivent dans des conditions de misère. Roy nous parle de ces jeunes israéliens qui oublient un peu vite, une fois leur service militaire effectué, leur position d’oppresseur des Palestiniens. Il milite avec les Anarchistes contre le Mur et travaille dans une ONG, « Peut-être encore une façon pour moi de ne pas parler de l’occupation à ma propre communauté », conclue-t-il.

Tali Shapiro, dans un registre de sincérité confondante, se pose la question de l’image que renvoient les militants Anarchistes contre le mur qui, à force de défendre leurs convictions, isolés des leurs, sont devenus petit-à-petit des loups solitaires et auto-suffisants. Les mâles ashkénazes sont les plus machistes, vouent un culte au héros, tandis que les femmes et les gays sont discriminés, tout comme que les Mizrahi, les russophones, les handicapés et les personnes âgées. Pour Tali, au final, les militants des Anarchistes contre le Mur devraient se poser des questions, car selon elle, « le privé aussi EST politique ».

Pour Sarah Assouline, juive canadienne immigrée en Israël (qui vit dans une bulle), aujourd’hui, ce sont les assassins qui sont des héros ! Elle a découvert l’autre face d’Israël en commençant à participer aux manifestations hebdomadaires des Anarchistes contre le Mur, « pour obliger les gens à prendre conscience qu’il y a bien occupation, nettoyage ethnique (80 % des Israéliens a soutenu le massacre de Gaza), et que les Palestiniens existent ! Mais on dirait que le monde n’a pas encore assez bu de sang palestinien » éructe-t-elle.

Iris Arieli se penche sur les situations d’urgence que vivent les Anarchistes contre le mur et leur négligence du soutien post-traumatique lorsqu’ils rentrent d’actions violentes et qu’ils souffrent de dissociation, d’évitement et de flash-backs. Ils finissent épuisés de l’intérieur et ont une image négative d’eux-mêmes. « Il faut prendre le temps de prendre soin de soi malgré l’urgence de l’action », est sa conclusion.

Uri Ayalon revient sur la naissance des Anarchistes contre le Mur et le rôle non négligeable qu’ont joué des journalistes engagés et courageux qui n’ont pas hésité, au risque de perdre leur job, à les faire connaître, sinon reconnaître – car pour ce dernier, « Dans le combat pour la vérité, une caméra est une arme efficace », avant d’avertir : « Aujourd’hui, Plus personne ne pourra dire.. ‘Je ne savais pas’ »…

Yossi Bartal se demande comment, en tant que militant anarchiste et queer, combattre un Etat d’occupation, après le recul enregistré après la seconde Intifada, la reprise du contrôle religieux, nationaliste et militariste. Le retour en arrière, les violences homophobes contre la Gay Pride de Tel Aviv, et la même ségrégation qui sévit en Palestine… Cependant, il convient : « Ce n’est pas notre combat de changer et contester la culture palestinienne avec ses éléments patriarcaux, militaristes et homophobes, mais celui de nos camarades palestiniens auxquels nous devons offrir notre solidarité ».

Ruth Edmond se penche sur la difficulté de garder ses amis et de bons rapports avec sa famille quand on est un militant radical. On s’en éloigne progressivement. Elle se souvient de l’assassinat de Mustaa Tanimi, tandis qu’une amie lui dit « Tu ne vas tout de même pas y aller ? Mais comment aurait-elle réagi si un juif avait été tué ? ». Ruth pense qu’il faut continuer à parler à ses amis à se famille, « afin qu’ils n’enfouissent pas leur tête dans le sable ».

Enfin, Chen Misgav, durant une manifestation à Nabi Saleh, décide de garder son insigne arc-en-ciel (gay et queer) et de continuer à l’arborer. Il y fait une rencontre qui va changer sa vision du monde : il se lie d’amitié avec un jeune Palestinien de Ramallah. Durant le week-end qu’il passe pour la première fois en terre palestinienne, il visite le siège de l’Autorité palestinienne interdite aux juifs par la loi, et même la tombe de Yasser Arafat, « J’espère que beaucoup d’Israéliens auront l’occasion de faire connaissance des habitants d’une ville de l’autre côté de la frontière, où par temps clair, on peut voir Tel-Aviv ». Nous l’espérons également !…

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Résistance politique au colonialisme: Appel au boycott des produits israéliens par des personnalités…

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Face aux menaces de Valls, des personnalités appellent au boycott des produits d’Israël

 

Ali Abinimah

 

23 Janvier 2016

 

url de l’article original:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15856

 

Un groupe d’intellectuels et de militants renommés défient la répression du gouvernement français sur le mouvement de solidarité avec la Palestine, en appelant publiquement au boycott des produits israéliens.

Cette initiative est prise après que le Premier ministre français ait annoncé que son gouvernement allait intensifier ses restrictions sur la liberté d’expression, visant en particulier la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

« Ce mouvement de boycott qui connaît un succès croissant dans le monde entier est le seul moyen non-violent de faire pression sur Israël, » dit la déclaration des personnalités publiques sur le site Mediapart.

« Ce mouvement pour le boycott rencontre un succès croissant dans le monde, en tant que seul moyen non-violent de faire pression sur Israël. Il permet à toutes celles et tous ceux qui le souhaitent de manifester pacifiquement leur solidarité et de protester par là-même contre le traitement de faveur dont bénéficie ce pays de la part de la communauté internationale en dépit de ses violations constantes du droit international. », ajoute le rapport.

« C’est pourquoi nous appelons à soutenir et renforcer le mouvement BDS et à boycotter les produits israéliens. »

Répression juridique

Les signataires font leur appel au mépris d’une décision prise en octobre par la Cour de cassation.

La plus haute cour d’appel pénale française a confirmé la condamnation d’une douzaine de militants du mouvement de solidarité pour la Palestine, pour avoir appelé publiquement au boycott des produits israéliens.

Cela fait de la France, en plus d’Israël, le seul pays au monde à pénaliser les appels à ne pas acheter les produits israéliens.

Mais la loi française, qui comprend des sanctions pénales, est sans doute plus sévère que celle d’Israël puisque cette dernière prévoit que les partisans du boycott soient poursuivis et financièrement pénalisés, mais pas emprisonnés.

La décision de la Cour de cassation a ajouté aux préoccupations croissantes concernant la sévère répression sur la liberté d’expression mise appliquée par le président français Hollande, depuis les assassinats de journalistes dans les bureaux du magazine Charlie Hebdo en janvier à 2015.

Nouvelles mesures répressives

Le premier ministre Manuel Valls a intensifié la campagne gouvernementale et les menaces de répression contre les partisans des droits des Palestiniens.

Dans un discours devant le lobby pro-israélien du CRIF ce lundi, Valls a déclaré que son gouvernement allait prendre de nouvelles mesures pour interdire les manifestations en appui à la campagne BDS.

« Nous sommes passés de la critique d’Israël à l’anti-sionisme et de l’anti-sionisme à l’antisémitisme », a éructé Valls.

« Nous prendrons des mesures, » a-t-il annoncé, « qui démontrent que cela suffit et que tout n’est pas permis dans notre pays. »

Valls a ajouté qu’il allait livrer des détails bientôt et consulter le ministre de l’Intérieur.

Le mois dernier, Valls a averti que la critique radicale de l’idéologie [raciste et colonialiste] de l’État sioniste d’Israël était considérée comme de l’antisémitisme.

« Une indignité »

La déclaration des personnalités françaises qualifient la décision du tribunal en octobre – qui reposait sur une loi anti-discrimination – une « indignité », en particulier à la lumière des fortes prétentions de la France d’être le plus grand défenseur au monde de la liberté d’expression.

« Cette loi est supposée protéger une personne ou un groupe de personnes victimes d’une discrimination à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion », dit la déclaration.

« Elle ne prévoit nullement de protéger la politique d’un État contre une critique citoyenne, lorsque cette critique prend la forme d’un appel au boycott de produits » est-il encore dit.

« Nous ne nous plierons pas à la décision de la Cour de cassation », déclarent les signataires.

 

Appel paru sur le site de Mediapart

De nombreuses associations s’indignent de la décision de la Cour de cassation du 20 octobre 2015, qui a déclaré illégal l’appel à boycotter des produits israéliens. Voici un nouvel appel signé par plusieurs militants, intellectuels et responsables politiques en défense de la campagne BDS lancé par les Palestiniens le 4 juillet 2005.

Nous ne nous plierons pas à la décision de la Cour de cassation du 20 octobre 2015 ! Le 20 octobre 2015, par deux arrêts, la Cour de cassation a déclaré illégal l’appel à boycotter des produits israéliens et confirmé la lourde condamnation de plusieurs militants du mouvement Boycott désinvestissement sanctions (BDS). Elle a utilisé pour cela, un article de la loi de la presse qui évoque le délit de «   provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race, ou une religion déterminée   ».

Cette décision est plus qu’étonnante, elle est scandaleuse. Cette loi est supposée protéger une personne ou un groupe de personnes victimes d’une discrimination à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion. Elle ne prévoit nullement de protéger la politique d’un Etat contre une critique citoyenne, lorsque cette critique prend la forme d’un appel au boycott de produits. A de nombreuses reprises, des organisations ont appelé dans le monde au boycott de la Birmanie ou de la Russie, de la Chine ou du Mexique, sans que soit jamais évoquée une telle clause.

En dépit de l’insistance du ministère de la justice, la plupart des juridictions françaises saisies ont refusé au cours de ces dernières années de considérer que l’appel au boycott de produits israéliens relevait d’une infraction pénale.

Avec la décision de la cour de Cassation, la France devient le seul pays démocratique du monde où une telle interdiction a été prise. Pour un pays qui, depuis un an, n’a pas cessé de se réclamer son attachement à la liberté d’expression c’est une situation d’autant plus paradoxale, qu’il est plus que probable que la Cour européenne des droits de l’Homme reviendra sur ce jugement malvenu. Même la cour de Cassation doit répondre de ses décisions et se conformer à des principes universels que sont, notamment, le droit d’expression.

Le mouvement BDS s’est créé dans un contexte de démission de la communauté internationale incapable de mettre un terme à la colonisation ni de protéger les Palestiniens des exactions quotidiennes que leur infligent armée et colons israéliens. Ce mouvement pour le boycott rencontre un succès croissant dans le monde, en tant que seul moyen non-violent de faire pression sur Israël. Il permet à toutes celles et tous ceux qui le souhaitent de manifester pacifiquement leur solidarité et de protester par là-même contre le traitement de faveur dont bénéficie ce pays de la part de la communauté internationale en dépit de ses violations constantes du droit international. C’est pourquoi nous appelons à soutenir et renforcer le mouvement BDS et à boycotter les produits israéliens.

Les signataires :

Ahmed Abbes, Directeur de recherche au CNRS, Paris
 Sihame Assbague, militante associative
 Etienne Balibar, Professeur émérite, Université de Paris-Ouest Nanterre
 Saïd Bouamama, sociologue
 Rony Brauman, médecin, essayiste
 Sonia Dayan, Professeure émérite à l’Université Paris Diderot-Paris7
 Christine Delphy, sociologue, cofondatrice de Nouvelles Questions Féministes
 Alain Gresh, journaliste
 Nacira Guénif, sociologue, Université Paris 8
 Christian Salmon, écrivain
 Azzedine Taïbi, maire de Stains
 Marie-Christine Vergiat, députée européenne

Colonialisme et falsification historique… Suite 2

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 6 septembre 2015 by Résistance 71

“Pendant des siècles, la bible a été observée par les trois cultures monothéistes du Judaïsme, du Christianisme et de l’Islam, comme un travail divinement inspiré, une preuve de la manifestation de dieu et de sa prééminence. Avec la montée des nationalismes dans les temps modernes, elle a commencée à être de plus en plus vue comme un travail de composition humaine comme une reconstruction de leur passé. Même dans l’Angleterre protestante pré-nationaliste, et plus encore parmi les colons puritains d’Amérique du Nord et d’Afrique du Sud, le livre devint, par un jeu d’anachronismes et d’une imagination fertile, une sorte de modèle idéal pour la formation d’une collectivité politico-religieuse moderne […]

De cette façon, la bible devint un livre séculier que les élèves lisent pour apprendre au sujet de leurs aïeux, ces mêmes enfants qui plus tard marchent fièrement comme soldats se battant dans des guerres de colonisation et d’indépendance.”

~ Schlomo Sand (2009) ~

 

Colonialisme et la falsification de l’histoire

Colonialisme et la falsification de l’histoire suite

 

Il n’y a pas d’histoire juive

 

Extraits du chapitre 17 du livre de Gilad Atzmon “The Wandering Who ?” (2011)

 

Gilad Atzmon (& Schlomo Sand)

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le professeur d’histoire de l’université de Tel Aviv Schlomo Sand ouvre sa remarquable étude sur le nationalisme juif “Comment le peuple juif fut inventé” (2009, première édition en hébreu, 2008, édition française 2010) en citant Karl Deutsch: “Une nation… est un groupe de personnes uni par une erreur commune au sujet de leurs ancêtres et un dédain commun de leurs voisins.” Aussi simpliste que cela puisse paraître, cette citation résume éloquemment le nationalisme moderne juif et spécifiquement ce qui a trait à l’identité juive. Cela montre du doigt l’erreur collective que les juifs tendent à faire à chaque fois qu’on se réfère à leur “passé collectif” illusoire ou leur “origine collective”.

Dans ce livre, Sand émet un sérieux doute sur le fait que le peuple juif ait jamais existé en tant que nation ou race, ait jamais partagé des origines communes. Au lieu de cela, ils sont un mélange coloré de différents groupes qui, au travers différentes étapes de l’histoire, adoptèrent le judaïsme comme religion. Quand fut donc “inventé” le peuple juif ? Sand répond: “A un moment donné au XIXème siècle, des intellectuels d’origine juive en Allemagne, influencés par la caractéristique de la notion de “Volk” ou “peuple” du nationalisme allemand, décidèrent d’inventer un peuple “rétrospectivement”, provenant de cette soif de créer un peuple juif moderne.

Ainsi, en accord avec ceci, le “peuple juif” est une notion inventée, consistant en un passé imaginaire ayant très peu de chose pour le soutenir historiquement, archéologiquement ou textuellement. De plus Sand est parvenu à la conclusion en étudiant les sources disponibles depuis l’antiquité, que l’exil juif est aussi un mythe et que les Palestiniens d’aujourd’hui ont bien plus de chances d’être les descendants directs de l’ancien peuple sémite de Judée/Canaan, que la population actuelle d’origine prédominante Khazar et Ashkénaze, à laquelle Sand admet lui-même appartenir.

[…]

 Nationalisme et nationalisme juif

… Tout comme Karl Deutsch, Sand regarde la nationalité comme étant un narratif fantasmagorique. Des études appronfondies historiques et anthropologiques sur les origines des différents soi-disants “peuples” et “nations”, mènent de manière embarrassante, à l’effondrement de toute notion d’ethnicité ou d’identité ethnique. Il est ainsi intéressant de constater que beaucoup de juifs tendent à prendre leur propre mythe ethnique très sérieusement. Je ne vois que deux explications possibles pour cette insistance. L’une a été offerte par l’universitaire israélien Benjamin Beit-Hallahmi il y a quelques années. Le sionisme, dit-il, a émergé de la bible et l’a transformé d’un texte spirituel en un “cadastre” de la terre. La seconde explication est psycho-analytique: c’est en fait le manque de réalité factuelle ou de narratif historique cohérent qui mène à l’émergence d’une telle fable fantasmagorique, suivie par une volonté de fer et un agenda pragmatique.

[…]

Il n’y a pas d’histoire juive

C’est un fait parfaitement établi qu’il n’y a virtuellement aucun texte historique juif écrit entre le 1er et le début du XIXème siècle. Que le judaïsme soit fondé sur un mythe historique religieux a sûrement quelque chose à faire avec cela. La scrutinisation intensive du passé juif ne fut jamais une préoccupation principale de la tradition rabbinique.

[…]

Comme le dit si bien Sand: “Une séquence chronologique des évènements était quelque chose de complètement étranger au temps judaïque de l’exil où prévalait une condition d’alerte constante en adéquation avec ce moment tant attendu de l’arrivée du Messie.” Ce manque apparent total d’intérêt pour l’histoire, l’historicité et la chronologie est crucial pour bien comprendre l’identité politique juive.

[…]

En 1820, L’historien juif allemand Isaak Markus Jost (1793-1860) publia le premier travail historique sérieux sur les Juifs et leur histoire depuis près de deux mille ans, son “Histoire des Israélites”. Jost évita la période biblique, préférant commencer son voyage historique avec le royaune de Judée et compila également une historiographie des différentes communautés juives dans le monde. Il réalisa que les juifs de son temps ne formaient pas une continuité ethnique et comprît que les Israélites étaient bien différents d’un endroit à un autre. Ainsi pensa t’il qu’il n’y avait rien pouvant empêcher l’assimilation totale de ceux-ci et que dans l’esprit de l’illumination, les Allemands et les Juifs tourneraient le dos aux institutions religieuses oppressives et formeraient une nation saine, fondée sur un sens d’appartenance géographique croissant.

Bien que Jost fut conscient de la montée des nationalismes en Europe, ses contemporains israélites n’étaient pas en accord avec sa lecture libérale et optimiste du futur juif. “A partir de l’historien Heinrich Graetz, les historiens juifs allemands commencèrent à tirer l’histoire du judaïsme en tant que l’histoire d’une nation qui fut un “royaume” chassé et en “exil”, devenant un peuple errant qui ultimement fit demi-tour et retourna sur son lieu de naissance.

Pour le philosophe socialiste juif allemand Moses Hess, c’était la lutte raciale plutôt que la lutte des classes qui définirait à terme l’Europe. Ainsi, il suggéra que les juifs se devaient de réfléchir sur leur héritage culturel et leur origine ethnique. Pour Hess, le conflit entre juifs et gentils était le produit de la différenciation raciale et était ainsi inévitable.

Le chemin idéologique de l’orientation raciste pseudo-scientifique de Hess à l’historicité sioniste est on ne peut plus clair. Si les Juifs sont de fait une entité raciale étrangère (comme le pensait Hess, Jabotinsky et d’autres…), ils devaient alors réellement considérer retourner sur leur terre naturelle, Eretz Yitzraël. Mais la continuité raciale de Hess ne fut pas endorsée scientifiquement. Afin de maintenir le narratif fictionnel qui émergeait, un mécanisme de déni orchestré devait être mis en place pour empêcher certains faits historiques embarrassants d’interférer.

Le nouvel Israélite, la bible et l’archéologie

En Palestine, les nouveaux juifs et plus tard les Israéliens furent déterminés de recruter l’Ancien Testament et à le transformer en un code unifiant le futur du peuple juif. La “nationalisation” de la bible planterait dans les esprits des jeunes juifs l’idée qu’ils étaient les descendants directs de leurs illustres ancêtres.

Gardant à l’esprit le fait que la nationalisation était largement un mouvement séculier, la bible fut dépouillée de sa signification religieuse et spirituelle. Au lieu de cela, elle fut regardée comme un texte historique décrivant la “véritable” chaîne d’évènements du passé.

[…]

Ce qui était encore plus préoccupant était le fait qu’au lieu d’une entité supra-naturelle (dieu) ne leur commande d’envahir et de commettre un génocide contre les habitants indigènes de la “terre promise” (les Canéens), dans le projet de résurrection nationale juif c’était eux-mêmes, les Hertzl, Jabotinsky, Weizman, Ben-Gourion, Sharon, Perès, Barak, Nétanyahou, Lieberman et autres, qui décideraient qui expulser et qui tuer. Dieu ne tuait plus au nom du peuple juif, les juifs le faisaient eux-mêmes. Ils le faisaient avec des symboles juifs décorant leurs chars d’assaut, leurs avions et suivaient des commandements délivrés en hébreu, la nouvelle langue restaurée de leurs “ancêtres”.

[…]

Alors que la recherche archéologique devenait de plus en plus indépendante du dogme sioniste, des vérités dérangeantes commencèrent à faire surface. Il devint impossible d’ancrer l’authenticité des contes bibliques dans des faits dûment vérifiés. Si rien d’autre, l’archéologie réfute l’historicité de la bible: Le livre, d’après les universitaires et érudits non-juifs comme Thomas Thompson, est une “collection tardive de littérature innovatrice écrite par un théologien très doué.

Comme le fait remarquer Schlomo Sand, le narratif biblique de l’origine est imbibé de Philistins, d’aramaïque et de dromadaires. Aussi loin que les fouilles nous l’ont prouvé, les Philistins ne sont pas apparus avant le 12ème siècle Av. J.C, les Araméens apparaissent un bon siècle plus tard et les dromadaires n’ont pas montré leurs délicieuses frimousses avant le 8ème siècle av. J.C.

Pas beaucoup plus n’a été trouvé dans le désert du Sinaï pour prouver l’histoire du légendaire exode d’Egypte, durant lequel apparemment, 3 millions d’Hébreus, hommes, femmes et enfants, marchèrent là pendant 40 ans sans jamais laisser une seule boule de Mazza derrière eux. L’histoire biblique de la relocation des Hébreus dans le pays Canéen et le génocide des goyim habitant la terre promise (ce que les Israélites modernes refont avec tant de succès..) paraît là encore, n’être qu’un autre mythe. Jéricho, la ville gardée écrasée par le son des trompettes hébraïques et par l’intervention toute puissante super-naturelle, n’était juste qu’un tout petit village au 13ème siècle Av. J.C.

Plus que tout, Israël se voit comme la résurrection du monumental royaume du roi Salomon. Et pourtant, des fouilles nombreuses dans la vielle ville de Jérusalem dans les années 1970 ont révélé que le royaume de David n’était rien d’autre qu’une toute petite enclave. La preuve que, selon l’archéologue israélien (et vice chef d’état major de la force de défense israélienne) Yigal Yadin, on pouvait retracer cela au roi Salomon, fut plus tard réfuté par des tests de datation au Carbone-14. De tels faits scientifiquement vérifiables jettent les chercheurs sionistes dans la plus complète des confusions.

La bible est une fiction et pas grand chose de ce qu’elle raconte ne peut confirmer en substance la glorification du peuple juif en Palestine à quelque étape historique que ce soit. La bible apparaît plutôt comme un test idéologique qui a été fait pour servir des buts socio-politiques bien précis.

Qui a inventé les Juifs ?

Qui sont les Juifs ? D’où viennent-ils ? Comment se fait-il qu’au cours de différentes périodes historiques, ils apparaissent dans tant d’endroits isolés différents ?

Bien que la plupart des juifs contemporains soient profondément convaincus que leurs ancêtres sont les Israélites bibliques qui furent brutalement exilés par les Romains, la vérité est que les juifs contemporains n’ont rien à voir avec ces anciens Israélites, qui ne furent du reste jamais envoyé en exil, l’exil par les Romains est juste un autre mythe juif.

Schlomo Sand dit ceci: “J’ai commencé à étudier et à faire des recherches sur l’exil de la terre, mais à mon grand étonnement, j’ai découvert qu’il n’y a aucune littérature à ce sujet. La raison en est que personne n’a exilé le peuple du pays. Les Romains n’ont pas exilé les gens et ils n’auraient pas pu le faire même s’ils l’avaient voulu. Ils n’en avaient pas les moyens logistiques, pas de trains, de camions pour déporter des populations entières. Ce type de logistique n’a pas existé avant le XXème siècle.

C’est ainsi que mon livre est né: dans la réalisation que la société judaïque ne fut pas dispersée et ne fut pas exilée.

La pensée que la grande flotte impériale romaine travailla 7 sur jour 7, 24 heures sur 24 pour déporter Moishe’le et Yanke’le vers Cordoba et Tolède peut aider les juifs à se sentir importants, mais le bon sens commun nous dicte que l’armada romaine avait de bien plus importantes choses à faire. Plus intéressant en est la conclusion: si le peuple d’Israël ne fut pas expulsé, alors les véritables descendants des habitants du royaume de Judée doivent être les Palestiniens. Sand nous dit encore: “Aucune population ne peut demeurer pure sur des centaines et des milliers d’années, mais les chances que les Palestiniens soient les descendants de l’ancien peuple judaïque sont bien plus grandes que celles que vous ou moi ne le soyons. Les premiers sionistes, jusqu’à la révolte arabe de 1936-39, savaient qu’il n’y avait eu aucun exil, et que les Palestiniens descendaient des habitants de la terre. Ils savaient que les fermiers ne quittent jamais leur terre à moins d’y être contraints et forcés. Même Yitzak Ben-Zvi, le second président d’Israël, écivit en 1929 que “la vaste majorité des fermiers n’ont pas leurs origines chez les conquérants arabes, mais plutôt avant cela, dans les fermiers juifs qui furent nombreux et une majorité dans la construction de la terre.

[…]

Après 1936, Ben-Gourion et Ben-Zvi tempérèrent leur enthousiasme “multiculturel”. Aussi loin que Ben-Gourion était concerné, le nettoyage ethnique des Palestiniens semblait bien plus plaisant.

Si les Palestiniens sont les “véritables Juifs”, alors qui sont ces gens qui s’appellent eux-mêmes Juifs ? La réponse de Schlomo Sand est simple et sensée: “Ce ne sont pas les gens qui se sont dispersés, mais la religion du judaïsme. Le judaïsme fut une religion de conversion. Contrairement à l’opinion courante, dans les premiers temps du judaïsme, il y eut une grande soif de conversion des autres. Les religions monothéistes étant bien moins tolérantes que les religions polythéistes, elles ont l’envie de s’étendre. (NdT: Il n’y a pas de traces historiques de Celtes, de Gaulois, de Vikings, de Germains, de Mélanésiens, d’Iroquois ou d’Apaches menant des guerres de conquêtes pour imposer leur religion aux autres, chose qui suppose une relation ethnocidaire voire génocidaire avec autrui. Les religions monothéistes seules et les sociétés étatiques qu’elles ont créés, en ont le monopole. Le monopole de l’intolérance barbare, ironiquement au nom de la “civilisation, de l’humanisme et du progrès”…).

L’expansionisme juif des premiers temps ne fut pas similaire au prosélytisme chrétien, mais ce fut en fait l’expansionisme juif qui planta le zèle de la conversion chez les premiers chrétiens à la fois dans leur pensée et dans leur pratique.

Les Juifs d’Espagne, dont on croit qu’ils furent les descendants de sangs des anciens Israélites, apparaissent en fait comme des Berbères convertis. Sand dit ceci: “Je me suis posé la question de savoir comment et pourquoi de si grandes communautés juives sont apparues en Espagne ; puis j’ai vu que Tariq Ibn Ziyad, le commandant en chef des musulmans qui conquirent l’Espagne, était un Berbère et la plupart de ses soldats étaient des Berbères. Le royaume berbère juif de Dahia al-Kahina avait été défait juste 15 ans auparavant. Il y a un grand nombre de sources chrétiennes disant que bon nombre des conquérants de l’Espagne étaient des convertis au judaïsme. La racine profonde de la source de la grande communauté juive en Espagne était ces soldats Berbères convertis au judaïsme.

Comme on pourrait si attendre, Sand approuve la théorie largement acceptée que des Khazars judaïcisés constituent l’origine principale des communautés juives d’Europe de l’Est, qu’il appelle la “nation yiddish”. Lorsqu’on lui demande pourquoi ces Juifs parlent le yiddish, largement vu comme un dialecte allemand médiéval, il répond: “Les Juifs sont une classe de gens dépendant de la bourgeoisie allemande dans l’Est et ils en ont adopté les mots de l’Allemand.

Sand nous laisse avec la conclusion inévitable que les Juifs contemporains n’ont pas une origine commune, que leur origine sémite est un mythe. Les Juifs n’ont aucune origine en Palestine que ce soit et ainsi leur action de soi-disant “retour” doit-être compris comme un prétexte à une invasion expansioniste tribale.

[…]

A l’encontre d’autres “nouveaux historiens” qui ont essayé de minimiser les présomptions de l’historiographie sioniste, Sand ne se contente pas de remonter à 1948 ou même aux débuts du sionisme, mais il remonte dans l’histoire des milliers d’années. A l’encontre des “nouveaux historiens” qui révèlent une vérité connue de tout gamin palestinien, à savoir la vérité du fait d’être ethniquement nettoyé, le corps de recherche et d’idées de Sand peut ouvrir la porte à d’autres recherches sur la signification du nationalisme juif, de l’identité juive et de la politique juive. La lecture critique de Sand concernant l’histoire juive pose le cadre de toujours plus de discussions sur la notion juive de l’historicité et de la temporalité. Comprendre ces deux notions cruciales fournira la clef intellectuelle pour démanteler le pouvoir politique juif et pourra même aider les Juifs à se racheter de leurs discours et de leurs actions politiques très dangereux. (NdT: Ici, Atzmon vraisemblablement “pique” un peu à demi-mot l’historien israélien Ilan Pappe et son excellente recherche publiée dans son livre “The Ethnic Cleansing of Palestine”, 2006, qui ne s’attache qu’à l’histoire contemporaine du nettoyage ethnique de la Palestine. Le livre de Pappe est une référence dans le domaine et couvre la période de 1878 à 2006…)

Si Sand a raison, alors les Juifs, plutôt que d’être une race, sont composés d’un collectif de beaucoup de personnes qui a été détourné par un mouvement nationaliste fondé sur des mythes. Si les Juifs ne sont pas une race et n’ont rien à voir avec le sémitisme, alors le terme ‘antisémistisme” est, catégoriquement, vide de sens. En d’autres termes, la critique du nationalisme juif, du lobbying juif et du pouvoir juif ne peut être faite qu’en tant que critique légitime d’une idéologie, d’une politique et d’une pratique.

Les ennemis idéologiques d’Israël sont engagés dans un amer conflit avec l’état et ses soutiens. Pourtant, le problème n’est pas juste Israël en soi, son armée ou son leadership politique ; c’est en fait une guerre contre une idéologie exclusive, un fantasme qui a phagocyté l’occident et, du moins momentanément, l’a diverti de ses inclinaisons humanistes et des ses aspirations athéniennes. Lutter contre un esprit est bien plus difficile que de lutter contre un peuple, parfois seulement parce qu’on doit d’abord combattre ses traces en notre sein. Si nous voulons combattre Jérusalem, nous aurons à confronter le Jérusalem à l’intérieur de nous-mêmes.

Fin du chapitre

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Plus loin dans le chapitre 22, Atzmon a cette réflexion lumineuse:

L’idéologie sioniste se présente comme un narratif historique et cela m’a pris bien des années pour saisir vraiment que le sionisme, l’identité juive, la politique et l’idéologie sont en fait des assauts directs et brutaux sur l’histoire, la notion d’histoire et la temporalité. En fait, la politique nationale juive est une tentative de placer le peuple d’Israël au-delà de la temporalité historique. Une fois que le passé juif est cimenté, scellé, la destinée et les actions opératrices peuvent être déduites: d’une perspective sioniste, les Juifs de la diaspora devraient adhérer et soutenir le projet de retour à la terre, le peuple palestinien devrait faire place nette, les super-puissances occidentales devraient tout financer etc. Une telle vision aliène ses suiveurs de la temporalité et de la Morale. Ceux qui continuent à vouloir critiquer la validité de l’argumentation sioniste sont réduits au silence. Ceux qui suivent la philosophie politique juive et sioniste sont condamnés à s’éloigner inexorablement de l’humanisme et de l’humanité.

Une telle explication commence alors à jeter la lumière sur la conduite israélienne et sur le soutien juif des crimes de guerre d’Israël.

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Source:

“The Wandering Who? A Study of Jewish Identity Politics”

Gilad Atzmon, Zero Books, 2011, UK

Résistance politique au colonialisme moderne: Les associations d’études amérindiennes boycottent Israël…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 4 janvier 2014 by Résistance 71

Nous sommes loin des activistes amérindiens des années 1970 (comme Vine Deloria Jr) qui furent invités en Israël et qui prêchait la similitude du retour sioniste à « la terre ancestrale » avec la lutte indienne pour la souveraineté et le regain des territoires… Quel lavage de cerveau ce fut alors que de toute évidence depuis le départ, la cause des Indiens des Amériques et la cause des Palestiniens sont les mêmes et doivent être considérées comme telles…

Amérindiens et Palestiniens sont des colonisés, opprimés, victimes de crimes contre l’humanité (ethnocide et génocide, nettoyage ethnique). Il serait grand temps que l’occident reconnaisse ces faits. La roue tourne et nous y arrivons pas à pas…

— Résistance 71 —

 

La Native American Studies Association (Association pour l’Étude des Amérindiens) boycotte Israël

 

Dina Gilio-Whitaker

 

29 décembre 2013

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2013/12/29/native-american-studies-association-boycott-israel

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Plus tôt au mois de Décembre L’American Studies Association a fait la une quand elle a voté son soutien au mouvement BDS (Boycoot, Divest and Sanctions) contre Israël, déclenchant ainsi une vaste controverse dans les médias et le monde académique et universitaire. L’encre à peine sèche sur la résolution ASA de la Native American and Indigenous Studies Association (NAISA), suivie par une déclaration similaire de soutien au mouvement BDS de boycott d’Israël. Tous deux suivent le précédent établi par l’Asian American Studies Association (AAAS) en Avril dernier.

La déclaration de la NAISA de soutien affirme que:

NAISA est dédiée à l’enquête universitaire libre avec et par les communautés autochtones. Le conseil de la NAISA conteste les écarts à la liberté d’étude et d’expression contre les intellectuels palestiniens et ceux des territoires occupés et d’Israël à qui on refuse les libertés fondamentales de mouvement, d’expression et de rassemblement que nous soutenons.

En tant que le conseil élu d’une communauté internationale autochtone et d’alliés d’universitaires non-autochtones, d’élèves et d’intellectuels publics qui ont étudiés et résistés la colonisation et la domination des terres indigènes par des états colons et de leurs structures autour du monde, nous protestons véhémentement l’occupation illégale des terres palestiniennes et les structures légales de l’état d’Israël qui font une discrimination systématique des Palestiniens et des autres peuples autochtones.”

Le boycott par les associations académiques fait partie du momentum du mouvement BDS, qui fut établi en 2005 par une campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI). Alors que la déclaration de soutien de l’AAAS n’a pas eu beaucoup de retentissement, la déclaration chaudement débattue de l’ASA a reçu des commentaires acrimonieux au travers d’un large panel médiatique incluant Slate Magazine, Fox News, New York Times et le quotidien israélien Haaretz. Malgré que l’ASA et la NAISA firent bien attention de dire que leurs boycotts étaient dirigés contre les institutions et non pas contre les individus israéliens, les groupes pro-israéliens ont attaqué les boycotts de manière prévisible comme étant des attaques antisémites et en fait en contradiction avec la liberté académique.

Le boycott est employé comme un moyen de pression politique contre les gouvernements abusifs et autres entités lorsque les tactiques conventionnelles échouent. Cela peut-être très efficace comme l’a constaté le gouvernement d’apartheid sud-africain avant sa chute en 1990, l’évènement qui a inspiré le mouvement BDS contre l’apartheid d’Israël. L’ASA et particulièrement NAISA sont des associations académiques relativement petites, un fait qui a été souligné par certains, de manière présumée pour discréditer ou diminuer la signifiance de ce boycott. Mais l’échelle et l’intensité de la majorité des écrivains d’opinion semble suggérer l’opposé: la possibilité que (et la peur?…) qui peut-être, juste peut-être, le boycott international d’Israël a des effets mesurables et palpables.

Un journaliste d’Hareetz spécule au sujet “d’une dispute centrée sur Israël à travers les campus universitaires américains” ce qui attirerait plus d’attention sur le mouvement du boycott et le “genre de publicité dont Israël pourrait bien se passer”. Un autre commentateur crédite tout succès que pourrait avoir le boycott du premier ministre d’Israël: “Peut-être que 2014 sera l’année où l’Israël de Netanyahou se rendra si méprisable, si intentionnellement le champion de l’anti-démocratisme que seuls les colons, magnats et les orthodoxes de la droite chrétienne pourront soutenir et que le boycott deviendra simplement une chose naturelle.” Pourtant un autre colonniste israélien écrit au sujet d’un “point de non-retour imminent” où le soutien mondial pour BDS pourra se produire, comme cela s’est produit pour l’Afrique du Sud de l’apartheid.

L’ASA et NAISA sont des entités discrètes avec des objectifs et agendas indépendants, mais elles sont liées. Le champ des études américaines est un mélange de disciplines académiques qui se recoupent fréquemment avec les études amérindiennes et bon nombre d’universitaires autochtones ont les pieds à la fois dans l’étude améridienne et l’étude américaine (comme moi-même). Ce qu’elles ont en commun sont leurs perspectives critiques sur le colonialisme américain.

Les Indiens des Amériques peuvent souvent être entendus comparer leur expérience de la persécution avec celle du peuple juif, mais une telle perspective exhibe un manque de connaissance de l’histoire la plus récente. Israël est habituellement décrit comme étant la terre natale du peuple juif qui a été exilé il y a 2000 ans et sur laquelle ils seraient retournés de plein droit. Mais les conditions de ce retour révèlent une histoire sombre et agonisante pour le peuple qui était déjà là. Ceux-ci sont les gens qui étaient également indigènes à la terre, une histoire de colonialisme des temps modernes, dans laquelle l’expérience des Palestiniens se retrouvant éjectés de leurs terres et nettoyés ethniquement ressemble bien plus à l’expérience des Indiens des Amériques, des Hawaiiens indigènes et des autres peuples indigènes comme au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Les intellectuels amérindiens et les universitaires reconnaissant ceci expriment leur solidarité au peuple palestinien, non pas contre le peuple juif, mais contre un système injuste de répression et de violations profondes des droits de l’Homme et quand le mouvement BDS aura finalement atteint une masse critique et Israël se retrouve au point de bascule, la question demeure simplement de savoir combien de temps cela va prendre.

Dina Gilio-Whitaker (Colville) est une écrivaine et chercheuse indépendante collaborant avec le Center for WorldIndigenous Studies. Elle est diplômée de l’université du Nouveau-Mexique et possède une maîtrise en études amérindiennes et un DEA en études américaines.