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Résistance au colonialisme: Comprendre l’ethnocide des Palestiniens…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 7 avril 2016 by Résistance 71

Cet article explique le processus ethnocidaire des états coloniaux. Ce qui est énuméré ici pour la Palestine s’applique tout aussi bien pour toutes les populations autochtones victimes d’une colonisation a ctive comme le furent et le sont toujours les Amérindiens, du Canada et des Etats-Unis, d’Amérique centrale et latine, les Aborigènes d’Australie ou les Maoris de Nouvelle-Zélande. La feuille de route du schéma colonial fut quasiment identique en Afrique.

Par extrapolation et sous ce même schéma, ces principes sont appliqués également par le groupe économiquement et politiquement dominant des sociétés occidentales sur la majorité elle dominée socialement, politiquement et culturellement en occident même et ailleurs. En cela, comme nous l’avons déjà dit ici à maintes reprises: Nous sommes tous des colonisés et à ce titre, devons nous unir contre la dictature colonialiste de la minorité hégémonique.

— Résistance 71 —

 

Palestine étude d’un vol historique et culturel

Roger Sheety

5 avril 2016

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15980

L’appropriation culturelle des livres, de la musique, de l’art, de la cuisine et de l’habit traditionnel a été utilisée par les sionistes comme une arme contre les Palestiniens.

Le vol et l’appropriation de la culture et de l’histoire des peuples autochtones sont des caractéristiques typiques communes aux États colonialistes modernes, qui l’accomplissent généralement une fois que la population autochtone en question a été éliminée, dépossédée ou apparemment vaincue, ce qui permet de le faire sans risque. L’État colonialiste d’« Israël », construit sur les ruines de la Palestine et suite à l’expulsion de la majorité de sa population autochtone en 1948 et après, ne fait pas exception.

Cependant, le vol israélien de tout ce qui est palestinien ne découle pas simplement de notions malavisées de nationalisme ou d’un orgueil enfantin, comme cela est souvent avancé par les apologistes occidentaux, mais plutôt d’une orientation politique consciente de l’État qui cherche à effacer la Palestine de la mémoire historique, en particulier dans le discours occidental. En effet, le nettoyage ethnique continu qui élimine les Palestiniens de leur patrie historique va de pair avec le vol des terres, des maisons, de l’histoire et de la culture palestiniennes. C’est une composante essentielle d’un plus grand projet sioniste à long terme d’éradication totale de la nation palestinienne, l’effaçant littéralement de l’histoire tout en prenant sa place.

Cet effacement a été désigné à juste titre comme un mémoricide par l’historien Ilan Pappé dans Le Nettoyage ethnique de la Palestine. Nur Masalha, développant davantage, écrit : « Les mythes fondateurs d’Israël ont imposé l’élimination conceptuelle des Palestiniens avant, pendant et après leur élimination physique en 1948 […] La désarabisation de la Palestine, l’effacement de l’histoire palestinienne et l’élimination de la mémoire collective des Palestiniens par l’État d’Israël ne sont pas moins violents que le nettoyage ethnique des Palestiniens en 1948 et de la destruction de la Palestine historique : cette élimination est au cœur de la construction d’une identité collective hégémonique israélo-judéo-sioniste au sein de l’État d’Israël. » (The Palestine Nakba, p. 89).

Ainsi, le vol de la Palestine et de sa culture comporte deux éléments essentiels imbriqués : l’élimination/effacement des Palestiniens et une hypothèse concomitante de nativité ou de « droit de naissance » pensé dans des termes sionistes anglo-européens. Au cours des soixante-sept dernières années, ces pratiques éhontées d’effacement et de vol ont été principalement menées à bien par deux méthodes : la violence brutale (en d’autres termes, le terrorisme) et la propagande médiatique de masse.

La Nakba : destruction physique/vol physique

Entre 1947 et 1949, au moins 800 000 Palestiniens, dont la majorité de la population arabe autochtone de Palestine à l’époque, ont été chassés de leurs maisons suite à un nettoyage ethnique perpétré par des milices sionistes composées de colons européens et russes, et aidées par les impérialistes britanniques. Les centres urbains palestiniens majeurs de la Galilée au nord jusqu’au Naqab (rebaptisé « Néguev » par les sionistes) au sud ont été vidés de leurs habitants. Au cours de cette période de seulement trois ans, ce sont également quelque 531 villes et villages palestiniens qui ont subi simultanément un nettoyage ethnique, avant d’être rasés par le nouvel État israélien. Moshe Dayan, originaire d’Ukraine, s’en est vanté plus tard :

« Des villages juifs ont été construits en lieu et place de villages arabes. Vous ne connaissez même pas le nom de ces villages arabes, et je ne vous le reproche pas, parce que les livres de géographie n’existent plus. Et non seulement ces livres n’existent plus, mais les villages arabes non plus. Nahalal a été érigée à la place de Mahaloul, le kibboutz Gvat à la place de Jebata, le kibboutz Sarid à la place de Huneifis, et Kfar Yehoshua à la place de Tal al-Shuman. Il n’y a pas un seul endroit construit dans ce pays qui n’a pas eu une ancienne population arabe. » (Haaretz, 4 avril 1969).

On connaît peut-être moins le fait que, pendant cette même période, des dizaines de milliers de livres, de peintures, d’enregistrements musicaux, de meubles et d’autres objets ont également été pillés par les milices sionistes dans les maisons, bibliothèques et locaux gouvernementaux palestiniens. Comme l’ont montré Benny Brunner et Arjan El Fassed dans leur film The Great Book Robbery, au moins 70 000 livres palestiniens ont été volés à leurs propriétaires. Le documentaire montre que ce vol n’était pas un simple sous-produit accidentel de la guerre, mais plutôt un acte délibéré pourvu d’un objectif spécifique :

« Pendant des décennies, la propagande sioniste et israélienne a décrit les Palestiniens comme des « individus sans culture ». Ainsi, l’État israélien victorieux s’est chargé de civiliser les Palestiniens qui sont restés à l’intérieur de ses frontières à la fin de la guerre de 1948. Ils ont eu l’interdiction d’étudier leur propre culture ou de se souvenir de leur passé immédiat ; leur mémoire était considérée comme une arme dangereuse qui devait être supprimée et contrôlée. »

1948 n’allait cependant pas être la dernière fois que les forces israéliennes volaient et détruisaient des livres et autres productions culturelles palestiniennes. En 1982, pendant leur occupation du Liban, les troupes d’invasion israéliennes ont pris d’assaut des maisons, des bureaux et des bibliothèques appartenant à des Palestiniens et sont reparties avec des milliers de livres, de films et d’autres documents témoignant de l’histoire palestinienne. Cette pratique courante des forces d’occupation israéliennes se poursuit aujourd’hui, notamment en Cisjordanie, à Jérusalem et à Gaza, régions occupées en 1967, tout comme le plateau du Golan syrien et le Sinaï égyptien.

La signification de ce vol n’est pas difficile à comprendre. Incapable d’assimiler l’histoire palestinienne réelle et archivée (qui était et reste le plus souvent en arabe) dans son histoire montée de toutes pièces, Israël choisit tout simplement de la détruire, de la cacher physiquement, tout en inventant et en diffusant simultanément un récit féerique de la Palestine, présentée comme une terre vierge, une « terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Par conséquent, la destruction de villages palestiniens, le nettoyage ethnique de villes palestiniennes, le bombardement aérien des camps de réfugiés palestiniens et le pillage de livres palestiniens mènent tous à la même intersection : ce qui ne peut être absorbé dans la mythologie sioniste doit être éradiqué.

Objets palestiniens : une réécriture de l’histoire

La croyance sioniste selon laquelle les juifs modernes européens et russes (et d’ailleurs tous les juifs du monde entier) sont en quelque sorte les descendants directs d’anciennes tribus de langue hébraïque qui vivaient sur un autre continent il y a environ deux millénaires et peuvent donc revendiquer la Palestine, son histoire et sa culture, serait complètement risible si les conséquences politiques de cette idéologie féerique n’étaient pas si tragiques. Le fait que cette croyance raciste, propagée par les antisémites tout comme par les sionistes, est acceptée comme une vérité évidente qui ne mérite même pas d’être remise en question pour la plupart des grands médias occidentaux, témoigne certainement des décennies de propagande sioniste et du contexte honteux de paresse journalistique et de pensée uniforme qui est désormais devenu la norme.

Un exemple typique apparaît dans l’article du Huffington Post intitulé « Découverte de bijoux anciens israéliens lors de fouilles archéologiques » (« Israel Ancient Jewelry Uncovered in Archeological Dig »). Selon l’article, « des archéologues israéliens ont découvert un trésor rare composé de bijoux datant de 3 000 ans, dont une bague et des boucles d’oreilles, cachés dans une cruche en céramique, près de la cité antique de Megiddo, où le Nouveau Testament prédit la bataille finale d’Armageddon. » Selon les suppositions d’Israël Finkelstein, qui a codirigé les fouilles, « les bijoux appartenaient probablement à une famille cananéenne ». Cela pourrait bien avoir été le cas, mais l’hypothèse incontestée dans tout l’article est que ces bijoux sont en quelque sorte israéliens. (Notez également comment un conte biblique associé à la cité antique palestinienne de Megiddo est mentionné comme si cela était d’une quelconque pertinence.)

En 1919, l’Organisation sioniste mondiale (OSM) a officiellement présenté une carte de son futur État d’« Israël » à la Conférence de paix de Paris. Cette carte comprenait non seulement l’intégralité de la Palestine, mais aussi le sud du Liban, le sud-ouest de la Syrie dont le plateau du Golan, d’importantes parties de l’ouest de la Jordanie, ainsi que des parties du Sinaï en Égypte. Pour les besoins du raisonnement, supposons que ce désir colonial de l’OSM ait été assouvi, au moins dans le cas du Liban. Tous les objets anciens trouvés dans le sud du Liban occupé deviendraient-ils alors « israéliens » ? Qu’en est-il du Golan syrien qui reste aujourd’hui occupé ? Les objets qui y sont trouvés sont-ils aujourd’hui en quelque sorte « israéliens » ? Et que dire du Sinaï égyptien, territoire qu’Israël a occupé de 1967 à 1979 ? Les reliques anciennes découvertes au cours de la période d’occupation étaient-elles « israéliennes » ? Et ont-elles arrêté de devenir « israéliennes » après que l’État sioniste a restitué le territoire volé à l’Égypte ?

Étant donné que toute la Palestine n’a pas moins été volée que le Sinaï autrefois occupé et le Golan syrien actuellement occupé, qu’y a-t-il exactement de si « israélien » dans ces bijoux anciens qui font l’objet de l’article du Huffington Post, outre les affirmations non fondées de son auteur qui ignore complètement l’histoire palestinienne ? La réécriture sioniste/européenne de l’histoire ancienne de la Palestine est si flagrante et omniprésente qu’elle est presque invisible. Non seulement les sionistes réécrivent l’histoire palestinienne, y inventant une place pour eux-mêmes, mais ils éliminent les Palestiniens autochtones aussi bien physiquement que théoriquement. Brandissant l’histoire comme une arme, ce type de propagande utilise la forme de censure la plus courante et la plus paresseuse, celle de la simple omission.

Cette forme particulière de vol culturel ne se limite cependant pas à la Palestine. Contre tout élément de preuve historique, Israël continue de combiner son idéologie politique raciste et sa raison d’être que constitue le sionisme, une création exclusivement européenne, avec le judaïsme, une religion universelle originaire du monde arabe. Ainsi, les sionistes peuvent par exemple justifier le vol d’archives judéo-irakiennes, ou affirmer que des documents juifs vieux de mille ans et originaires d’Afghanistan appartiennent à l’État sioniste. L’hypothèse est que dès qu’un document contient du texte écrit en hébreu ou même en araméen, il doit en quelque sorte appartenir à « Israël », et non au pays où il a été trouvé en réalité. Il ne vient jamais à l’esprit de l’auteur de l’article d’Haaretz qu’un document de mille ans découvert en Afghanistan n’a absolument rien à voir avec un État colonialiste européen créé en 1948 au-dessus de la Palestine. À moins que les frontières non déclarées d’Israël se soient maintenant étendues à l’Afghanistan ?

L’habit palestinien/arabe

Les femmes palestiniennes peuvent à juste titre être fières de l’habit traditionnel arabe, comme quiconque le serait de ses créations. Ces habits, foulards et autres accessoires incroyablement complexes, brodés à la main, sont profondément enracinés dans le monde arabe, en particulier en Grande Syrie. Le savoir-faire permettant d’élaborer ces créations a été transmis de génération en génération, et leur authenticité ainsi que leur caractère artistique ne font aucun doute. La robe palestinienne, en particulier, est si raffinée que l’on peut identifier son lieu d’origine en Palestine uniquement à partir des couleurs et des motifs de la broderie.

Hanan Karaman Munayyer, historienne et scientifique spécialiste des vêtements palestiniens, retrace « les origines des atours protopalestiniens depuis l’époque cananéenne (vers 1500 av. J.-C.), période durant laquelle des peintures égyptiennes représentaient des Cananéens parés d’habits en forme de « A ». Cette silhouette distinctive peut être observée dans une gravure en ivoire de 1200 av. J.-C. originaire de Megiddo (Palestine), et est identifiée comme une « tunique syrienne » » (« Sovereign Threads », Pat McDonnell Twair, PalestineHeritage.org). En bref, ce sont des œuvres d’art vivantes qui portent dans leurs mailles des milliers d’années de mémoire culturelle autochtone.

Pourtant, même l’habit palestinien n’a pas été à l’abri des pratiques éhontées de vol et d’appropriation des Israéliens. Dans son superbe ouvrage Hidden Histories : Palestine and the Eastern Mediterranean, Basem Ra’ad écrit :

« Un livre israélien consacré à la broderie, Arabesque : Decorative Needlework from the Holy Land, commence avec l’ »époque biblique » et se termine avec des photographies d’adultes et d’enfants israéliens portant les vêtements brodés de villageois palestiniens (qui provenaient pour beaucoup de villages que les Palestiniens ont été contraints de fuir en 1948). Ces Israéliens se sont mis en scène pour ces photos. Le livre ne fait pas que s’approprier une forme artistique palestinienne : il l’imite. L’euphémisme faisant allusion à la « Terre Sainte » aide à camoufler la véritable origine palestinienne de cette forme unique d’art villageois » (p. 128).

Comme Ra’ad le constate dans tout son ouvrage, les œuvres culturelles israéliennes ne comportent souvent aucune mention des Palestiniens, ce qui les rend ainsi invisibles. Une forme plus récente et tout aussi scandaleuse d’appropriation a été relevée dans un article de Ma’an News qui décrit le vol de keffiehs arabes. Bien que répandu dans le monde arabe, le keffieh est devenu un symbole de résistance palestinienne pendant la Grande Révolte arabe de 1936-1939, lorsque la majorité des Palestiniens s’est levée contre l’occupation des Britanniques et de leurs alliés coloniaux sionistes. Le fait que les sionistes choisissent aujourd’hui de s’approprier ce symbole pour tenter lamentablement d’en faire le leur est encore un autre exemple d’une ignorance de l’histoire arabe tout comme d’un manque total d’imagination.

La cuisine palestinienne/arabe

Qu’y a-t-il de plus fondamental pour chaque peuple et sa culture que sa nourriture ? Le vol de la cuisine palestinienne par l’État sioniste est tout aussi éhonté que son vol de la terre palestinienne. En effet, la cuisine étant si intrinsèquement liée à la géographie, ces deux composantes constituent en réalité une seule et même entité. Les oranges de Jaffa, les olives et l’huile d’olive, le houmous, le taboulé, l’arak, les falafels, le kebbeh et presque tout autre type d’aliments, de boissons et d’ingrédients arabes originaires de Palestine, du Liban, de Syrie, d’Égypte, d’Irak et du reste du monde arabe, deviennent tout d’un coup « israéliens » dans les différents médias de l’État et à travers ses défenseurs occidentaux, sans que leurs véritables origines soient reconnues.

Prenez par exemple cet article du Jerusalem Post qui stipule que l’arak est un produit « autochtone israélien ». « Le spiritueux le plus vendu en Israël est peut-être la vodka, mais son spiritueux autochtone est l’arak », affirme l’auteur. Notez également que plusieurs pays de la région sont cités (Turquie, Grèce, Liban, Jordanie), mais que la Palestine reste en quelque sorte hors de la mémoire de l’auteur. Il s’agit là d’une stratégie typique d’appropriation et d’usurpation culturelle des sionistes : faire la liste des pays et des cultures voisines comme s’ils en faisaient partie, sans mentionner toutefois le pays qu’ils ont détruit et dont ils ont volé la culture. Il faut également se demander comment un État colonial établi en 1948 par des Européens peut revendiquer une cuisine arabe autochtone qui existait plusieurs millénaires avant même sa naissance. Peut-être est-ce là un autre exemple des légendaires « miracles d’Israël ».

Prenez également l’exemple du falafel, présenté par Israël comme son plat « national », une affirmation répétée dans d’innombrables livres et blogs de cuisine, et même dans des articles universitaires. « Ce qui distingue le cas du falafel de celui du riz et du vin, c’est notre accès à ses origines historiques, écrit Yael Raviv. Le falafel n’a pas été intégré dans la société israélienne par un processus long, lent et naturel. Sa transformation en une icône de la culture israélienne a au contraire été précipitée et délibérée. Dans sa recherche urgente de symboles d’unité, le mouvement nationaliste a trouvé le falafel et en a fait un signe de fierté israélienne. » Cet extrait est un exemple remarquable de sophisme anhistorique. Comment le falafel, qui existait bien avant « Israël », peut-il exactement être un « signe de fierté israélienne », sauf s’il s’agit d’être fier d’un vol culturel ?

Dans un moment d’honnêteté rafraîchissant, Gil Hovav reconnaît : « Bien sûr que c’est arabe. L’houmous est arabe. Le falafel, notre plat national, notre plat national israélien, est complètement arabe, et cette salade que nous appelons salade israélienne est en fait une salade arabe, une salade palestinienne. Ainsi, nous leur avons plus ou moins tout volé. » Bien qu’il soit toujours appréciable d’entendre des sionistes reconnaître leurs vols divers et variés, enlever la locution apologétique « plus ou moins » nous aurait permis de nous rapprocher considérablement de la vérité.

La défense ou l’apologie habituelle répond cependant qu’il s’agit d’une question futile : ce n’est que de la nourriture, après tout. Malheureusement, les affirmations israéliennes quant à l’invention de la cuisine palestinienne et arabe sont utilisées à des fins nettement politiques, afin de marginaliser, de discréditer et au final de déposséder le peuple palestinien. Est-ce Golda Meir (née Golda Mabovitch), d’origine russe, qui a inventé le houmous ? Est-ce David Ben Gourion (née David Grün), d’origine polonaise, qui a élaboré la recette du taboulé ? Est-ce peut-être la famille de l’actuel Premier ministre Benjamin Netanyahou (à l’origine Ben Mileikowsky) qui a créé le falafel ? Aussi ridicules que soient ces questions, c’est essentiellement ce que les sionistes nous demandent de croire quand ils se réfèrent à de la nourriture arabe en la qualifiant d’« israélienne ».

L’agriculture et la terre palestiniennes

Une invention historique sioniste courante encore diffusée aujourd’hui consiste à affirmer que « les Israéliens ont fait fleurir le désert [palestinien] ». Selon cette histoire à dormir debout, la Palestine était un endroit horrible et stérile jusqu’à ce que les juifs européens arrivent avec leur technologie et leur savoir-faire supérieurs, faisant ensuite fleurir la Palestine. C’est seulement à ce moment-là, poursuit ce récit capillotracté, que ces pauvres Arabes sont arrivés (d’autres pays, bien évidemment) pour trouver du travail dans cette nouvelle terre, verte et florissante. Récemment, lors de la campagne électorale américaine de 2012, des bigots ouvertement anti-palestiniens tels que Newt Gingrich et Mitt Romney répétaient tels des perroquets cette fiction anhistorique pour essayer de marquer facilement des points politiques.

Voici toutefois quelques faits historiques permettant de contrer ce conte de fées raciste. En 1901, le Fonds national juif a été fondé à Bâle (Suisse) dans le but explicite d’acheter des terres en Palestine en vue d’une colonisation juive exclusivement européenne. En 1948, près d’un demi-siècle plus tard, ils avaient réussi à acheter moins de 7 % du territoire palestinien, principalement à des propriétaires absents vivant hors de la Palestine. En d’autres termes, l’entreprise a été un échec : de manière compréhensible, les Palestiniens n’allaient pas abandonner la propriété légitime de leurs terres, quel qu’en fût le prix.

Pourquoi est-ce important ? Lorsque la Grande-Bretagne a envahi et occupé la Palestine de 1917 à 1948, les Britanniques sont venus non seulement avec leur armée et leur sauvagerie caractéristique, mais aussi avec leurs géomètres et leurs chercheurs, dont la tâche principale était de produire des informations sur le pays qu’ils se retrouvaient à occuper. Ces informations permettaient de remplir des volumes importants de livres renvoyés pour être consommés par le public britannique, ainsi que pour justifier les projets impérialistes de son gouvernement à l’étranger. Un de ces volumes est A Survey of Palestine, un ouvrage de 1 300 pages publié en décembre 1945.

Brillamment résumée par le site web Lawrence of Cyberia, cette étude révèle que les Palestiniens ont produit la grande majorité de la production agricole de la Palestine jusqu’en 1948, dont « 92 % de ses céréales, 86 % de ses raisins, 99 % de ses olives, 77 % de ses légumes, 95 % de ses melons, 99 % de son tabac et 60 % de ses bananes ». Sami Hadawi, dans Village Statistics of 1945 : A Classification of Land and Area ownership in Palestine, a présenté des résultats similaires. D’un point de vue agricole, cela n’a tout simplement aucun sens d’affirmer que les colons sionistes, qui étaient à l’époque minoritaires, qui étaient des propriétaires fonciers minoritaires et qui n’étaient que récemment arrivés en Palestine, ont transformé d’un jour à l’autre un supposé désert en un lit de fleurs.

La réalité est que ce sont les Palestiniens qui ont fait fleurir la Palestine à travers des siècles de labeur et de travail acharné, et non les colons étrangers récemment arrivés d’Europe, de Russie, et, plus tard, des États-Unis et d’ailleurs. Tels sont les faits enregistrés en 1948 à la fois par les Palestiniens autochtones et par leurs occupants britanniques. Ceux qui croient à la magie et aux contes de fées, par contre, peuvent toujours retrouver le confort des mythes sionistes et d’Hollywood.

Conclusion : la corde du mensonge est courte

Les livres, la musique, l’art, la cuisine et l’habit sont ce qui constitue l’essence de la culture et de l’histoire d’un peuple. Les revendications culturelles d’Israël sur la Palestine sont aussi vides de sens que ses revendications territoriales : Israël s’est emparé de ces deux composantes et continue de s’en emparer par la force et l’invention. Le Dr Fayez Sayegh, intellectuel palestinien, expliquait autrefois qu’« Israël existe parce que la Palestine a été contrainte à ne pas exister ». Sayegh ne parlait pas seulement du territoire, mais aussi de l’ensemble de la nation palestinienne qui, naturellement, comprend également ses productions culturelles. Le sionisme, comme tous les autres mouvements européens colonialistes, utilise le vol culturel et historique comme une arme clé dans sa guerre visant à éliminer les Palestiniens autochtones.

L’illusion d’Israël qui veut que la culture palestinienne lui appartienne ne diffère pas du fantasme selon lequel Israël se trouve en quelque sorte en Europe, et non au cœur du monde arabe. Le vol continu de la culture palestinienne en particulier, et de la culture arabe en général, est un reflet accablant de son propre caractère artificiel, de sa pauvreté d’esprit et, en effet, de son illégitimité même. Un proverbe palestinien dit que « la corde du mensonge est courte » : en d’autres termes, un mensonge finit tôt ou tard par être révélé. Le but du projet sioniste en Palestine, à savoir effacer la Palestine de l’histoire et prendre sa place par tous les moyens possibles, est une évidence pour les Palestiniens quasiment depuis sa création ; il est temps que le reste du monde s’en rende compte. Par souci de justice et de décence élémentaire, il est également grand temps de rendre hommage à ceux qui le méritent.

Guerre colonialiste de Gaza: Nouvelles de l’autre côté du miroir de la propagande sioniste…

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Un régiment de la brigade Golani israélienne arrêté !

 

IRIB

 

4 Août 2014

 

url de l’article:

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/335675-israël-un-régiment-de-la-brigade-golani-arrêté

 

La hiérarchie au sein de l’armée israélienne vient de donner l’ordre de l’arrestation de tous les membres d’un régiment de la brigade élite, Golani, pour cause de refus de poursuivre la guerre.  selon le site israélien 0404, les commandants de l’armée israélienne ont donné l’ordre de l’arrestation de tous les membres de ce régiment qui ont refusé d’un commun accord de poursuivre la guerre!! selon les informations qui parviennent de l’intéroeur d’Israël, de nombreux militaires , soldats et officiers, ont désormais peur de faire face aux combattants palestiniens !! la brigade Golani a subi de très lourdes pertes dès le premier jour de l’offensive terrestre israélienne contre Gaza. cette brigade élite a été décapitée et a aussi perdu son commandant adjoint tout comme 13 de ses soldats . selon les analystes l’armée israélienne surprise a été amené à se retirer de Gaza puisque ses effectifs désobéissent de plus en plus à leur hiérarchie.

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Autopsie de la défaite israélienne à Gaza

4 Août 2014

 RIB

Selon le site proche du renseignement de l’armée israélienne, le retrait des soldats israéliens de Gaza et ce, sans qu’aucun des objectifs militaires soit atteint est un très mauvais signe : cela montre bien qu’Israël s’est engagé dans une guerre d’usure et que les calcules de Netanyahu ont été faussés.  » Alors que le premier contingent des troupes israéliennes s’est retiré samedi de la bande de Gaza, Netanyahu a promis de poursuivre l’offensive Roche invincible . mais aussitôt après , il a affirmé au cours d’un point de presse que l’armée agira en fonction des besoins sécuritaires d’Israël et seulement en fonction de ces besoins » . les experts de Debka accusent ensuite Netanyahu et son ministre de la Guerre, Yaalon d’avoir commis quatre erreurs dans leur évaluation de la guerre :  »

1 -Le fait que le Hamas cherche à tout prix une trêve

2- le fait que les tunnels sous terrains ont été en majorité localisés et détruits

3- le fait que le Hamas devra mettre trop longtemps à se remettre du coup fatal que lui a porté Israël pendant 25 jours de son offensive

4- le fait que le Hamas finira par arrêter le tir de ses missiles et de ses roquettes une fois qu’il aura senti et constaté de ses yeux l’ampleur des dégâts infligés à la population de Gaza »
Après avoir mis en avant cette évaluation, Debka ajoute :  » les slogans des autorités israéliennes ces quatre dernières semaines renvoient en effet à ces quatre fausses hypothèses. samedi soir, le climat a soudain changé et les discours se sont modifiés : on a eu droit à entendre les phrases telles que : « Pas de compromis, seulement la dissuasion »,  » Aucune trêve n’aura lieu »,  » nous irons mettre un terme à notre opération de façon unilatérale quand nos besoins sécuritaires le dictent ». Ces nouveaux slogans découlent en effet de la décision d’Israël de ne pas envoyer de délégués aux pourparlers de cessez le feu au Caire qui ont débuté dimanche. les dirigeants politiques ont tenté à leur manière de tempérer les effets du retrait de troupes de certaines localités de Gaza et de leur redéploiement derrière les frontières suivant une nouvelle configuration. Rafah restait toutefois sous contrôle israélien » . Debka s’intéresse ensuite à la question des tunnels :  » En dépit de plusieurs semaines de guerre, l’armée israélienne n’a été capable que de pénétrer de 1 à 3 kilomètres à l’intérieur de Gaza . les régions de l’ouest de Gaza restent toujours intacts. donc les soldats israéliens ne peuvent que neutraliser le danger de ceux des tunnels qui s’ouvrent dans la secteur orientale ou en d’autres termes qui ont une entrée sur le sol israélien.  à vrai dire, l’armée israélienne n’a détruit qu’une partie des tunnels qui mènent au territoire israélien. » Debka relève ensuite le troisième aspect de la défaite israélienne à Gaza : « plus d’un tiers des missiles et des roquettes palestiniens dont le nombre total est de 9000 restent intacts. c’est un nombre largement suffisant pour envoyer les ressortissants israéliens dans les abris et ce, dans une vaste région ». Debka conclut ensuite :  » cette hypothèse selon la quelle il faut bien longtemps avant que le Hamas puisse retrouver ses forces vives risque de faire aussi long feu dans la mesure où l’Iran et le Hezbollah pourraient à la limite décider de voler au secours de leur allié palestinien !! en tout état de cause , si l’armée israélienne finit par retirer le gros de ses troupes de Gaza avant qu’elle ne parvienne à ses objectifs, les colonies du sud d’Israël feront tôt de tomber dans un cycle infernal de guerre d’usure et Israël sera amené à lancer une nouvelle offensive terrestre contre Gaza « …

Source:

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/335672-gaza-l-autopsie-de-la-défaite-d-israël-par-debka

Poudre aux yeux ou signe avant-coureur ?… Quand Brzezinski tire l’oreille de Bibi…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, politique et lobbyisme, politique et social, terrorisme d'état with tags , , , , , on 23 juillet 2014 by Résistance 71

Quand Brzezinski met en garde Netanyahou !

Al Manar

22 juillet 2014

url de l’article:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=183556&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=22&s1=1

L’ancien conseiller à la sécurité nationale des Etats Unis Zbigniew Brezinski qui s’entretenait avec l’animateur et expert de CNN Farid Zakariya estime qu’en s’attaquant à Gaza, « Netanyahu a commis une grave erreur »!

Interrogé sur l’offensive israélienne contre Gaza, Brezinski a commenté les propos de Netanyahu comme quoi son offensive militaire visait à désarmer la ville de Gaza. « La stratégie de Netanyahu va-t-elle réussir? », s’est-il interrogé, et de poursuivre : « non je crois que Netanyahu est en train de commettre une grave erreur ».

Selon Brezinski, « quand le Hamas a accepté l’idée de participer à un gouvernement d’union nationale, cela veut dire qu’il a accepté de parvenir à un compromis avec Israël. Il s’agit là d’une réelle option sur laquelle il faut insister « .

« Mais qu’a fait Netanyahu ? Netanyahu a lancé une campagne de diffamation contre le Hamas et l’a accusé d’être derrière le meurtre de trois jeunes colons et ce sans aucune preuve. Israël a tourné ce triple meurtre à son avantage pour justifier son offensive contre Gaza, une offensive bien mortelle. Ce qui ne fait qu’inciter les arabes « , a-t-il lancé.

Et d’affirmer:  » je crois que Netanyahu est en train d’isoler Israël. Il met en danger l’avenir à long terme d’Israël. Je crois que nous devons préciser que nous nous opposons complètement à cette action (attaque contre Gaza : ndlr) et que nous ne la soutenons pas. Et que cette opposition pourrait conduire les Etats Unis et la communauté internationale à franchir des pas pour légitimer les idéaux palestiniens, peut-être via l’ONU ».

Ces déclarations de Brezinski n’augurent rien de bon pour « Israël » dont les tensions avec les Etats Unis ne sont plus à cacher.

Gaza… Entre censure israélienne et chiffre du Hamas… La guerre des chiffres

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 23 juillet 2014 by Résistance 71

Apres 2006 contre le Hezbollah au Liban, 2014 contre le Hamas a Gaza… Seconde defaite au sol pour Israel ?

— Resistance 71 —

 

Les chiffres du Hamas sur les tués israéliens: Loin de ceux de la censure israéiienne

 

Al Manar

 

22 juillet 2014

 

url de l’article:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=183588&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=20&s1=1

 

Compte tenu de la censure imposée par le gouvernement israélien durant cette guerre, et révélée par les medias israéliens, il est difficile de se fier totalement aux chiffres officiels des tués dans les rangs des militaires israéliens.

Le dernier chiffre admis officiellement pour les militaires israéliens tués est de 28 et de 10 blindés détruits. Dans les rangs des civils, il n’a été question que d’un seul colon tué.

Selon de nombreux analystes et correspondants israéliens dont Amos Hareil du Haaretz, « le gouvernement et l’armée israéliens mentent dans la publication des chiffres des pertes humaines dans les rangs des Israéliens », en général.

Et ce, à la demande du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui a menacé de pénaliser toute information dans ce domaine. Seul le cinquième des faits est révélé au grand public, semble-t-il, d’après le site d’info palestinien al-Quds.

Selon le correspondant de la deuxième chaine, le but de cette censure est de réduire la peur du public israélien qui commence à réclamer à voix haute un cessez-le-feu après avoir passé 11 jours dans les abris souterrains en raison des roquettes de Gaza qui ont touché tout le pays.

Or, selon le Hamas, les chiffres des tués israéliens, surtout dans les rangs des militaires sont nettement supérieurs aux 28 déclarés : 100 soldats au moins ont péri avance ce mouvement palestinien dans un rapport publié dans l’agance d’information palestinienne al-Ray .

Dans les opérations

Dans les opérations commando à l’est de Rafah, 5 israéliens ont été tués. 6 autres ont péri dans une opération contre la position militaire Abou Motaybek et 6 autres dans une opération commando derrière les lignes de l’occupation en face de Beit Hanoune.

Devraient également être répertoriés les 15 militaires (et non 13 selon les chiffres israéliens)  abattus dans l’opération spéciale effectuée dans les quartiers de Chajaïyyé (chouja’ié) et Touffah et au cours de laquelle un soldat israélien a été fait prisonnier.

Par des snipers

Al-Qassam assure également que ses snipers sont parvenus à toucher mortellement 9 soldats israéliens, c’est-à-dire dans la tête, utilisant des armes super sophistiquées.

Dans les embuscades

En plus, il rapporte avoir réalisé 22 embuscades suivies d’accrochages, dont 9 à Khan Younès, 7 à Beit Hanoune et Beit Lahia, 2 à Chajaïyyé, 2 à Jajar-aldik et 1 à Rafah.

Vu que les résistants ont utilisé des engins hautement explosifs dans les embuscades, ils s’attendent à ce que le nombre de ceux qui ont péri est de trois soldats dans chacun d’entre eux. Ce qui équivaudrait à 66 tués dans les 22 embuscades.

Dans les accrochages

Pour leur part, les combattants du Hamas assurent avoir tués à bout portant 22 soldats durant les accrochages , dont 10 dans le get-apen de chajaïyyé , 5 à l’est de alKarara, 6 à Khan Younès et deux dans l’embuscade de Hajar-eddine, au centre de Gaza.

Et dans les attaques contre les véhicules

Concernant les véhicules détruits, dont les blindés et les chars, dans les 23 communiqués militaires du Hamas, trente ont été recensés. : dont 4 chars à Chajaïyyé, 5 chars à l’est du quartier Touffah, 6 véhicules au nord de Beit Hanoune , 10 à l’est de Khan Younès, 2 à l’est de Rafah et un dans le quartier Zaïtoune) .

Des missiles Cornet, des RPG, des RPG29 ont été utilisés dans ces attaques.

De plus 5 Jeeps militaires ont été faits exploser : 3 dans la position militaire israélienne d’Abou Motaybek et deux autres dans la position Eretz. 
Selon le Hamas, le nombre de ceux qui ont été tués dans ces attaques devrait être de l’ordre de 3 pour chacune. Ce qui aussi devrait les – dans leur totale à près de 66 tués.

Dans les pillonnages

Le mouvement de résistance assure aussi avoir visé depuis le début de l’incursion terrestre  et à plusieurs reprises les renforts israéliens mobilisés tout au long de la frontière avec la bande de Gaza au moyen de 111 roquettes de type 107, de 176 obus de mortiers de type 120mm. Là aussi des tués dans les rangs des militaires israéliens devraient être tombés.

Dans un décompte final, le Hamas recense entre 128 et 160 tués dans les rangs militaires israéliens. Ce chiffre non plus ne peut être fiable, car non vérifié de source indépendante. Il est certes très probable que face à la censure du gouvernement israélien qui tente de minimiser les pertes dans les rangs de ses militaires, le Hamas ait recours à amplifier ces chiffres. Guerre médiatique oblige. Ce qui ne devrait pas minimiser l‘importance de ses exploits et des autres factions de la résistance .

Là aussi, le Hamas semble avoir perfectionné ses méthodes au fil de ses expériences militaires.

Colonialisme ethnocide et génocide… Israël et le nettoyage ethnique

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 9 juin 2014 by Résistance 71

A lire le livre d’Ilan Pappe: « Le nettoyage ethnique de la Palestine »…

— Résistance 71 —

 

Le nettoyage ethnique par d’autres moyens

 

Ilan Pappe

 

7 Juin 2014

 

url de l’article:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article14597

 

Le terme Nakba est devenu, à juste titre, une entrée sacrée dans le dictionnaire national palestinien. Il restera probablement le premier terme par lequel les terribles événements de 1948 seront commémorés et rappelés dans les années à venir. Toutefois, sur le plan conceptuel, il s’agit d’un terme problématique. Nakba signifie une catastrophe. Les catastrophes produisent généralement des victimes, mais sans agresseurs. Ce qui laisse de côté la question des responsables et des responsabilités.

C’est pour cette raison entre autres, qu’il était facile pour les tenants cyniques ou sincères du soi-disant processus de paix d’ignorer dans « la question de la Palestine » cet événement monumental. Ce terme a également permis à ceux qui sont plus attentifs à la situation désespérée des Palestiniens de voir la Nakba comme un événement lointain, se déroulant plus ou moins au moment de la Seconde Guerre mondiale – un événement qui peut représenter de l’intérêt pour les historiens mais qui a très peu à voir avec la situation en Israël et en Palestine aujourd’hui.

C’est pourquoi j’ai proposé en 2007 d’employer le terme de « nettoyage ethnique » pour décrire à la fois les événements de 1948 et les politiques israéliennes qui ont été imposées depuis. Les définitions juridiques, académiques et communes de nettoyage ethnique correspondent parfaitement aux développements en Palestine en 1948. La dépossession planifiée et systématique des Palestiniens qui s’est conclue par la destruction de la moitié des villes et villages de Palestine et l’expulsion de 750 000 Palestiniens, ne peut être décrite que comme un nettoyage ethnique.

Mais le terme est non seulement important pour comprendre correctement les événements particuliers de cette année-là, mais il représente aussi un concept qui explique la pensée sioniste à propos de la population indigène en Palestine avant 1948 et la politique israélienne envers les Palestiniens depuis.

Dès la première rencontre entre les tenants du projet colonialiste sioniste et les Palestiniens indigènes, ceux-ci ont été considérés, au mieux, comme un obstacle et au pire, comme des étrangers qui avaient usurpé par la force ce qui appartenait au peuple juif. Les sionistes à l’esprit plus libéral ont toléré la présence de Palestiniens, en petit nombre, mais avec la conviction profonde, implantée depuis dans les générations de Juifs israéliens depuis 1948, que pour prospérer et non seulement survivre, avoir un futur État exclusivement juif sur une grande partie de la Palestine était le scénario idéal pour l’avenir.

Le silence international face au nettoyage ethnique de la Palestine en 1948 a transmis un message clair à l’État juif nouvellement né : l’État juif n’allait pas être jugé comme n’importe quel autre entité politique et le monde fermerait les yeux et lui fournirait l’immunité pour ses politiques criminelles sur le terrain. C’est l’Europe qui a ouvert la voie, imaginant pouvoir être lavée du terrible chapitre de l’histoire de ses Juifs par l’octroi d’une carte blanche au mouvement sioniste pour « désarabiser » la Palestine .

Ces deux évolutions – la conviction sioniste que son succès en Palestine dépendait de sa capacité à réduire le nombre de Palestiniens dans un futur État juif à un strict minimum, et la complicité internationale qui permettait à cette ambition d’être mise en œuvre en 1948 – ont ancré l’idéologie de nettoyage ethnique dans l’ADN de ce qui allait devenir Israël.

La vision était d’un État sans Palestiniens, mais les tactiques sur la façon de mettre cela en œuvre ont changé avec le temps. Alors que le mouvement idéologique, le sionisme a pu – dans les circonstances particulières produites par la décision britannique de quitter rapidement la Palestine – mettre en œuvre une opération brutale et massive de nettoyage ethnique de la population palestinienne native, les étapes qui allaient suivre devaient être plus sophistiquées.

Une vérité simple a été comprise par les responsables de la planification stratégique à l’égard de la présence des Palestiniens sur le terrain : expulser les gens et leur interdire de se déplacer en les enclavant, produisent le même effet sur le plan démographique : la population indésirable est alors hors de vue, soit au-delà des frontières de l’État, soit à l’intérieur de l’État.

Le nettoyage ethnique de 1948 était resté incomplet. À l’intérieur de la zone devenue Israël, une petite minorité de Palestiniens est restée. Ces Palestiniens sont restés parce qu’ils vivaient dans le nord et le sud, dans des régions où les forces juives arrivées épuisées, incapables d’expulser une population qui savait bien, au contraire de ceux qui avaient été dépossédés au tout début des opérations, quelle était la véritable intention des occupants. Ou alors ils ont été épargnés par la décision d’un commandant local de les laisser pour une décision à prendre après la guerre. La résistance des natifs (le soumoud) et la lassitude des bandes sionistes ont fait qu’une minorité palestinienne a pu rester en Israël. Les accords politiques ont permis à la Jordanie de prendre en charge la Cisjordanie et des considérations militaires ont permis à l’Égypte de gérer la bande de Gaza.

Le nettoyage ethnique brutal a cependant continué entre 1948 et 1956 et un nombre assez considérable de villages ont encore été vidés de leurs habitants durant cette période. Mais après 1956, il est apparu que le nettoyage ethnique pouvait être réalisé par d’autres moyens en imposant un régime militaire à la population palestinienne où la première interdiction était celle de circuler librement dans les quartiers juifs, et la seconde, informelle mais très stricte, était d’y vivre. Ceci s’est accompagné d’un confinement de l’espace vital de cette communauté.

Lorsque le régime militaire imposé aux Palestiniens en Israël a pris fin en 1966, il a été remplacé par un système d’apartheid qui a empêché les mouvements dans l’espace pour la communauté palestinienne. C’était au début avec un grand succès, mais en s’avérant moins efficace au cours des dernières années. Aucun nouveau village ou quartier n’a été construit pour la communauté palestinienne qui représente 20% de la population, en même temps que son espace agricole et naturel était systématiquement judaïsé dans le nord et le sud de l’État.

Dans les zones qu’Israël a occupées en 1967, le nettoyage ethnique par d’autres moyens a pris des formes similaires. Immédiatement après la guerre, le cabinet israélien a sérieusement envisagé la répétition de la purification ethnique de 1948, mais l’idée en a été écartée. Il a choisi de procéder à la colonisation des territoires occupés. Cette stratégie a été utilisée non seulement dans le but de modifier l’équilibre démographique, mais surtout de créer des ceintures de colonies de peuplement qui enclavent les villes et villages palestiniens d’une manière qui leur interdirait toute expansion, les étranglerait et encouragerait l’émigration. L’armée, comme l’a récemment exposé la journaliste Amira Hass, a créé des terrains d’entraînement en Cisjordanie pour vider ce territoire de sa population palestinienne. Ariel Sharon a mis au point en 2005 une version originale et plus sophistiquée de ce nettoyage ethnique en transformant en ghetto la bande de Gaza.

Aujourd’hui Israël est tout aussi idéologiquement prêt à recourir à un nettoyage ethnique brutal comme cela ressort du plan Prawer dans le Naqab (Néguev) et de sa volonté de nettoyer ethniquement la population arabe de la vieille d’Acre (Akka). Le processus de paix a fourni un parapluie international pour ce nettoyage ethnique à la fois brutal et sophistiqué.

L’histoire nous enseigne que le nettoyage ethnique ne va pas s’essouffler parce que ses auteurs se lasseraient ou changeraient d’opinion. Trop d’Israéliens en bénéficient et sont impliqués dans ce processus.Le nettoyage ethnique s’arrête quand il est arrivé à terme ou quand il est stoppé. La paix en Israël et en Palestine implique comme condition préalable à toute réconciliation, que l’on mette fin au nettoyage ethnique.

* Auteur de plusieurs ouvrages, Ilan Pappe est historien israélien et directeur de l’European Centre for Palestine Studies à l’Université d’Exeter

Du même auteur :

Quand le déni israélien de l’existence des Palestiniens devient politique génocidaire… – 27 avril 2014

Boycott académique israélien : l’affaire Tantura – 17 février 2012
 2012 : Faire face aux intimidations, agir pour la justice en Palestine – 1er janvier 2012
 Enterrement de la solution des deux Etats aux Nations unies – 17 septembre 2011
 Goldstone retourne sa veste – 6 avril 2011
 La révolution égyptienne et Israël – 16 février 2011
 Soutenir le droit au retour des réfugiés, c’est dire NON au racisme israélien – 12 janvier 2011
 Tambours de guerre en Israël – 30 décembre 2010
 Ce qui guide la politique d’Israël – 6 juin 2010
 L’enfermement mortel de la psyché israélienne – 12 juin 2010

 

 

 

 

Résistance politique au néocolonialisme économique en Palestine occupée…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 23 avril 2014 by Résistance 71

Oslo a remplacé la libération par un néocolonialisme économique

 

Khalil Nakhleh

 

19 Avril 2014

 

url de l’article:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article14496

 

Comment les Accords d’Oslo ont systématiquement sapé la lutte palestinienne pour la libération et l’autodétermination, en la remplaçant par une forme dangereuse de néocolonialisme économique. OLP et AP en ont été les premiers bénéficiaires, facilitant la création de « nouvelles classes prédatrices ».

Il ne s’agit pas ici d’évaluer l’impact des Accords d’Oslo, qui ont commencé à être signés en 1993. Le « processus » n’a jamais été du genre à se prêter à une analyse du type bilan comptable, montrant les côtés positifs et négatifs de ce qui en transpirait. Les Accords ont été destructeurs dès le début. Comme le formulait brillamment feu Edward Said : « Les vulgarités du défilé de mode de la cérémonie à la Maison-Blanche, […] : tout cela n’a obnubilé que temporairement les proportions vraiment incroyables de la capitulation palestinienne. Alors, avant tout, appelons cet accord de son vrai nom : un outil de la capitulation palestinienne, un Versailles palestinien ».

Ce qu’il faut analyser, c’est plutôt ceci : comment les Accords d’Oslo ont systématiquement sapé la lutte palestinienne pour la libération et l’autodétermination, en la remplaçant par une forme dangereuse de néocolonialisme économique. La direction de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP)/Autorité Palestinienne (AP) en a été un partenaire bien disposé et par ailleurs bénéficiaire, facilitant la création de « nouvelles classes prédatrices ».

La néocolonisation de la Palestine

La Palestine toute entière a bien sûr été soumise à une forme unique de colonialisme, à savoir le colonialisme de colons qui s’y installaient, et ce depuis le début du XIXème siècle. Derrière le paravent du Mandat Britannique, les colons sionistes et plus tard l’Etat d’Israël ont dépouillé et déraciné la population indigène et volé leurs terres et leurs ressources naturelles.

Ce processus toujours en cours s’est intensifié avec l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza en 1967 et plus particulièrement depuis le début du « processus de paix » il y a 20 ans. Toutefois, celui-ci était marqué par une forme nouvelle de colonisation et de néolibéralisme que je qualifierai de néocolonialisme économique.

Les résultats de la recolonisation du Sud, qui a démarré en Amérique du Sud et s’est poursuivie en Afrique et au Moyen-Orient, mérite qu’on y réfléchisse un moment, puisqu’elle a été mise en œuvre et continue d’être appliquée en Palestine (terme que j’utilise pour sa concision). Le processus néolibéral de recolonisation du Sud a remplacé les armées occupantes, les armes de destruction et les missiles par des systèmes et des agents invasifs qui :

* ont imposé la dérégulation des secteurs publics 
* ont privatisé des services indispensables, comme l’éducation, les soins de santé et la sécurité sociale 
* ont endetté les gens au moyen de plans de crédit facilement accessibles avec la complicité d’institutions financières créées localement et de monopoles inventés localement, chargeant donc les citoyens de dettes et d’engagements financiers lourds qu’ils n’ont pas pu payer 
* ont généré des niveaux de chômage élevés tout en réduisant les opportunités d’emploi.

La conséquence a été la paupérisation de générations entières et la soumission politique et économique de la majorité de la population aux nouvelles élites qui contrôlent les ressources politiques et économiques. En même temps, ce processus a suscité un mirage généralisé – à savoir que ces changements amèneraient la libération du peuple et assureraient leur bien-être économique. La Palestine n’est pas différente ; elle n’a pas échappé à ce que Chris Hedges nommait avec pertinence une « capacité collective de s’auto-illusionner ».

La Palestine néocoloniale, qui a reçu quelque 23 milliards de dollars depuis 1994, porte actuellement le poids d’une dette extérieure et intérieure d’au moins 4,3 milliards de dollars. Elle est souvent incapable de payer les salaires de ses 17.000 fonctionnaires à la fin du mois. Le taux de chômage sans cesse croissant, par exemple, dépasse les 45 % parmi les diplômés universitaires et les personne de moins de 30 ans. Son économie est totalement dépendante de celle de son occupant et de « l’aide » étrangère. Du point de vue de son développement, la société palestinienne est au bord de l’explosion.

Absence de souveraineté et nouvelles classes prédatrices

De plus, le processus d’Oslo a ancré la non-souveraineté de la Palestine. Le concept de souveraineté [le pouvoir de décider démocratiquement] est utilisé ici dans un sens holistique, c’est-à-dire qu’il ne renvoie pas seulement à la souveraineté politique mais englobe également l’économie, l’alimentation, l’éducation, la santé l’eau et d’autres ressources cruciales pour un développement humain durable. Ayant été sujette à de nombreuses formes d’occupation, la Palestine n’a jamais fait l’expérience d’une souveraineté véritable. Néanmoins elle expérimente aujourd’hui – dans cette illusion d’autonomie inoculée par le processus d’Oslo – une absence de souveraineté sans précédent dans toutes les sphères citées ci-dessus.

Considérons simplement les quelques faits suivants. Les Territoires Palestiniens Occupés (TPO) sont sous le contrôle absolu de l’occupation militaire israélienne en collaboration avec les forces de sécurité bien entraînées et grassement subventionnées de l’AP.

Par ailleurs, le peuple palestinien a été fragmenté en cinq compartiments : la Cisjordanie, Gaza, Jérusalem-Est, les citoyens palestiniens d’Israël et les Palestiniens de la diaspora (al-shatat). Chacun de ces segments expérimente – ou plutôt endure – un statut d’administration et de gouvernance différent : occupation, statut de réfugié, citoyenneté minoritaire, et exil. Ils sont fragmentés encore plus profondément au micro-niveau, par exemple dans la classification en Zones A, B et C, chacune ayant son propre statut juridique. La capacité des Palestiniens de se déplacer librement entre ces groupes et au-dedans dépend entièrement de l’approbation des forces d’occupation israéliennes.

Et puis, bien sûr, il y a la subordination formelle et absolue de l’économie palestinienne à Israël, pour qui elle sert de marché captif. Comme l’exprime sobrement Sam Bahour (*), « Les ressources économiques stratégiques qui constituent un état sont la terre, l’eau, les routes, les frontières, le spectre électromagnétique, l’espace aérien, la mobilité, l’accès, l’électricité, des relations commerciales libres et, la plus importante, la ressource humaine […] sont à 100 % micro-managées par l’occupation militaire israélienne ».

Au-delà de l’instauration d’une non-souveraineté, le processus d’Oslo a incubé de nouvelles « classes prédatrices » qui se sont gavées sur les groupes vulnérables, ont accédé aux privilèges politiques et aux fonds des donateurs, et ont donné un vernis de légitimité à la normalisation avec les structures de l’occupation israélienne, tout en servant de subordonnés pour l’occupation – voir.

Ce qui dans le passé se faisait avec répugnance et subrepticement, en raison du risque d’être exclu et abandonné par la société en général, voire parfois au risque de sa vie, se fait, depuis Oslo, ouvertement, sans vergogne, voire avec une fierté orgueilleuse, par exemple en obtenant des accords prétendument innovateurs pour le développement de la Palestine.

Ces classes prédatrices incluent ceux qui suivent :

(la liste n’est pas du tout exhaustive)
* des courtiers politiques qui normalisent les contacts entre l’AP et l’administration israélienne de l’occupation 
* des courtiers fonciers qui réalisent des affaires immobilières en vendant des terres indigènes à des gens fortunés, palestiniens, arabes, ou juifs vivant hors de Palestine 
* des courtiers financiers qui agissent en tant qu’intermédiaires entre agences d’aide transnationales, agences gouvernementales étrangères, compagnies commerciales, d’une part, et ONG et firmes locales, d’autre part. 
* des courtiers du capital, qui mettent en relation des Palestiniens des TPO avec des capitalistes palestiniens, arabes, juifs israéliens, juifs occidentaux et d’autres capitalistes occidentaux qui recherchent des investissements lucratifs en Palestine
* des courtiers en sécurité, qui mettent en relation des entreprises de sécurité israéliennes et occidentales avec des firmes et des compagnies locales ayant des besoins de sécurité émergents.

Libérons-nous de cette fâcheuse situation

Dans son ensemble, le développement économique de la Palestine depuis les Accords de Camp David, et en particulier depuis les Accords d’Oslo de 1993, a été fragmenté et non cumulatif. Il a été mis en œuvre au premier chef par l’occupation israélienne – la colonisation des terres et le siphonnage des ressources – mais également par une coalition entre des élites capitalistes et politiques palestiniennes, des ONG œuvrant pour le développement, et des agences d’aide transnationales.

Cette coalition dépendait du flux d’argent transnational et de la collaboration avec les corporations juives-israéliennes en Israël, dans la région, et dans le monde. Beaucoup – notamment l’actuel Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahou – espéraient que cela entraînerait un état permanent de « paix économique » (**).

L’aide avancée à la Palestine dans le contexte des Accords d’Oslo sous une occupation et une colonisation qui se prolongeaient, est une aide politique par excellence. Elle est avancée dans le but précis de persuader le peuple palestinien de consentir et de se soumettre à un agenda économique et politique imposé, lequel est déterminé, formaté et dicté par la stratégie mondialiste néolibérale de l’occupant palestinien.

Une telle aide se concentre sur la non production et sur une consommation éhontée étalant impudemment des signes de richesse, en s’appuyant sur un crédit facile proposé par les institutions financières, autrement dit, en endettant et en rendant captives de la dette politique et économique toute la société actuelle ainsi que les générations futures. C’est cette aide même qui enjoint aux Palestiniens de consommer ce qu’ils ne produisent pas – et de ne manger que ce que leur occupant autorise, et au moment où il l’autorise.

Il existe une alternative : une approche différente du développement que j’appelle le développement de libération centré sur le peuple. Il nécessite un ré-agencement de nos structures mentales et de nos institutions sociales, économiques et éducatives, pour mener par processus cumulatif à l’autodétermination et à la libération socio-politique et économique.

Un tel processus de restructuration ciblerait la société toute entière afin de renforcer et de mettre en valeur ses ressources indigènes ; il vise en premier lieu à résister et à abolir l’occupation étrangère, la recolonisation politique et économique ainsi que les classes prédatrices. Voir

Le défi de l’émancipation

Le défi est maintenant le suivant : comment recomposer cet environnement imposé artificiellement et le rendre démocratique et promoteur de liberté ? Premièrement, les Palestiniens doivent éviter ceux qui insistent fébrilement sur des solutions immédiates dans le contexte existant, statu quo qu’ils acceptent, qu’ils soutiennent et dont ils tirent profit. Notre approche doit plutôt être stratégique et sur le long terme.

Le processus doit commencer avec une auto-libération du genre de celle que défendait Frantz Fanon dans son essai « Les damnés de la terre » (basée sur une conscience créée et cultivée par l’indigène lui-même, et enracinée dans l’histoire, les points forts et les systèmes de valeur du peuple. voir en ligne : ceci ou cela

Un pas décisif vers cet objectif est de réviser le cursus éducatif, afin de redéfinir ce que signifie « être un Palestinien » dans le contexte de l’occupation prolongée, et de réintégrer cette compréhension de la palestinianité avec celle du reste du peuple palestinien. Une démarche similaire est de ré-instiller des valeurs culturelles positives dans notre société, en particulier le volontarisme.

En parallèle, il faudrait concentrer les efforts sur le rétablissement de la souveraineté populaire en réclamant les moyens agricoles de production – nos terres et nos ressources naturelles, en particulier l’eau. Des coopératives agricoles devraient damer le chemin en avant vers un futur prévisible. Imiter le capitalisme et ses marchés prétendument ouverts n’est pas le chemin à suivre pour consolider notre tissu sociétal sous oppression et sous occupation. Nous devons travailler sur la production plutôt que sur une consommation tape-à-l’oeil et promouvoir l’objectif de consommer ce que nous produisons.

Ce genre d’approches stratégiques pourrait en fin de compte mener à l’émancipation et à la libération collectives. Cela prendrait du temps mais le peuple palestinien peut s’inspirer de l’expérience de ses nombreux combats au cours du siècle dernier. Il n’y a vraiment pas d’autre voie : libération, indépendance, autosuffisance et souveraineté ne peuvent être atteintes dans le cadre créé par le processus d’Oslo.

(*) http://www.europalestine.com/spip.php?article6907 
(**) Cf Trenton, N.J. and London : The Red Sea Press, 2011, disponible à. Mon livre est fondé sur 30 années d’expérience dans diverses institutions où j’espère avoir contribué au développement de mon pays, la Palestine – la Palestine historique.

*Khalil Nakhleh est un anthropologue et chercheur palestinien, consultant indépendant pour le développement et l’éducation, auteur de nombreux articles et de plusieurs livres sur la société palestinienne e.a. Le mythe du développement palestinien, L’émancipation des générations futures, L’avenir de la minorité palestinienne en Israël, Globalized Palestine : The National Sell-out of a Homeland. Le Dr Nakhleh réside à Ramallah et peut être joint à : abusama@palnet.com.

 

 

 

 

Colonialisme en Palestine: Quand Israël amplifie le déluge…

Posted in actualité, écologie & climat, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 20 décembre 2013 by Résistance 71

Israël ouvre un barrage et provoque les inondations dans la Bande de Gaza

 

Par Middle East Monitor

 

16 décembre 2013

 

url de l’article:

http://www.ism-france.org/temoignages/Israel-ouvre-un-barrage-et-provoque-les-inondations-dans-la-Bande-de-Gaza-article-18606

 

Israël a ouvert le barrage Wadi Sofa, à l’est de Rafah, au sud de la Bande de Gaza, inondant des dizaines de maisons et laissant des centaines de personnes sans abri. Ihab al-Ghusain, directeur du Service d’Information du gouvernement de Gaza, a déclaré à la chaîne arabe Sky News que les équipes locales de la défense civile travaillaient à évacuer les maisons inondées.

Le maire de Rafah, Issa Nashar, a confirmé l’incident dimanche, disant : « C’est l’ouverture du barrage par Israël qui a provoqué les inondations dans les zones avoisinantes, avec 1 mètre d’eau de pluie accumulée. » Des précipitations sans précédent étaient auparavant survenues pendant le passage de la tempête Alexa, qui a frappé le Moyen-Orient la semaine dernière et provoqué une catastrophe humaine dans les zones les plus vulnérables de la région. 

Le quotidien israélien Yedioth Ahronoth a confirmé que suite aux précipitations, d »énormes quantités d’eau ont stagné, et les autorités israéliennes « ont donc décidé de les faire écouler dans la Bande de Gaza. »

Un Palestinien a péri des suites des conditions météorologiques exceptionnelles et près de 5.000 ont trouvé refuge dans des établissements publics car leurs maisons sont inhabitables.

Lire également, sur Info-Palestine.net :
- « Gaza sous les inondations et sous blocus : une situation d’urgence extrême« , Eva Bartlett,, 16.12.2013
- « Gaza, sans électricité et sous les inondations, subit les pires effets du blocus israélien« , Eva Bartlett – Ayman Qwaider, 15.12.2013

- « Gaza sous les inondations – photos« , Ayman Qwaider, 15.12.2013

Source : Middle East Monitor

Traduction : MR pour ISM