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Résistance au colonialisme: nous sommes tous des palestiniens, nous sommes tous des colonisés… (avec John Pilger)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 15 juillet 2017 by Résistance 71

John Pilger de retour à son meilleur niveau… Cela fait plaisir de le traduire de nouveau.

Pilger part de l’affaire de la Palestine pour condamner le colonialisme sioniste (ou autre), nous partons de la condamnation du colonialisme existant toujours (Canada, USA, Australie etc…) et y incluons bien entendu la Palestine et le sionisme.

Pilger nous dit en conclusion: “[…] si nous comprenons qu’ils sont nous et que nous sommes eux.”

Nous disons depuis 2013 que “Nous sommes tous des colonisés”… Une fois de plus, on arrive aux mêmes conclusions par des voies différentes…

Il nous semble que sur bien des sujets s’opère une convergence de la dissidence sur l’universel. Tout ceci est de très bon augure car cela veut dire que les violons commencent à s’accorder au-delà du temps et de l’espace.

~ Résistance 71 ~

 

La Palestine est toujours le problème

 

John Pilger

 

11 juillet 2017

 

Source: http://www.informationclearinghouse.info/47416.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Lorsque je suis allé pour la première fois en Palestine, alors jeune journaliste dans les années 1960, je suis resté dans un kibboutz. Les gens que j’y rencontrais étaient de durs travailleurs, à l’esprit fort et s’appelaient eux-même des socialistes. Je les aimais bien.

Un soir, au dîner, je me suis enquéris de ces silhouettes de gens que l’on apercevait dans le lointain, au-delà de notre périmètre.

“Ce sont des Arabes, des nomades.” me disait-on. Ces mots étaient presque crachés. Israël, disaient-ils, à savoir la Palestine, avait été essentiellement une étendue déserte et une des grandes entreprises et succès sionistes avait été de rendre le désert vert. Ils me donnèrent en exemple leurs récoltes d’oranges de Jaffa, qui étaient exportées dans le monde entier. Quel triomphe sur la nature désavantageuse et la négligence humaine.

Ce fut le tout premier mensonge. La plupart des orangeraies et des vignobles appartenaient à des Palestiniens qui avaient travaillé la terre et exporté oranges et raisins vers l’Europe depuis le XVIIIème siècle. L’ancienne ville palestinienne de Jaffa était connue par ses anciens habitants locaux comme l””endroit des oranges tristes”. Sur le kibboutz, le mot “Palestinien” n’était jamais utilisé. Pourquoi, demandais-je. La réponse fut un lourd silence gêné.

Dans tout le monde colonisé, la véritable souveraineté des peuples indigènes est crainte par ceux qui ne peuvent jamais vraiment complètement masquer le fait et le crime, qu’ils vivent sur des terres volées. 

(Note de R71: L’oligarchie a réussi à faire croire depuis les “luttes d’indépendance” dans le monde après la seconde guerre mondiale, que nous vivons dans un “monde post-colonial”, ce qui est un mensonge et une falsification éhontés. Israël en l’occurence mais aussi les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et essentiellement tous les pays du Commomwealth britannique, vivent toujours sous le joug colonial avec des colons génocidaires installés et prêts à tout pour maintenir leurs privilèges, surtout celui du profit émanant des terres volées aux nations autochtones originelles et naturelles aux endroits…)

Nier aux gens leur humanité est l’étape suivante, comme les juifs ne le savent que trop bien. Violer la dignité d’un peuple, sa culture et sa fièreté s’ensuit de manière aussi logique que la violence.

A Ramallah, après l’invasion de la Cisjordanie par feu Ariel Sharon en 2002, je marchais dans les rues jonchées de véhicules écrasés et bordées de maisons détruites, j’allais au centre culturel palestinien. Jusque ce matin là, les soldats israéliens y avaient campé.

J’y fut accueilli par sa directrice Liana Badr, une romancière, dont les manuscrits originaux jonchaient le sol, déchirés. Le disque dur de l’ordinateur contenant sa fiction et une bibliothèque de pièces de théâtre et de poésie avait été saisi par les soldats israéliens. Pratiquement tout avait été démoli, vandalisé.

Pas un seul livre n’avait survécu intact, pas une seule K7 d’une des collections les plus originales du cinéma palestinien n’avait survécu au désastre.

Les soldats avaient uriné et déféqué sur les sols, sur les bureaux, sur les tapisseries et les œuvres d’art. Ils avaient badigeonné des excréments sur des peintures d’enfants et y avaient écrit, à la merde, “Born to Kill” / “Nés pour tuer”.

Liana Badr avait les larmes aux yeux, mais elle était droite et dit alors: “on le refera”.

Ce qui enrage ceux qui colonisent et occupent, volent et oppriment, vandalisent et violent, c’est le refus total des victimes de se plier et d’obéir. Et ceci est le tribut que nous devons tous payer aux Palestiniens. Ils refusent d’être asservis, ils refusent d’obéir. Ils continuent. Ils attendent l’heure de se battre de nouveau et ils le font alors même que ceux qui les gouvernent collaborent avec leurs oppresseurs.

Au milieu des bombardements israéliens de Gaza en 2014, le journaliste palestinien Mohamed Omer n’a jamais cessé de rapporté les évènements. Lui et sa famille furent touchés, il a dû faire la queue des heures durant pour avoir de l’eau et de la nourriture et a dû les transporter au travers des ruines et des décombres. Lorsque je l’avais au téléphone, je pouvais entendre les bombes exploser juste derrière sa porte. Il refusa d’obéir.

Les reportages de Mohamed, illustrés d’images horribles, étaient un modèle de journalisme professionnel qui faisait honte aux reportages indulgents des soi-disant grands médias britanniques en GB et aux USA. La notion d’objectivité de la BBC, amplifier les mythes et les mensonges de l’autorité, pratique dont elle est très fière, est quotidiennement couverte de honte par les reportages de journalistes comme Mohamed Omer.

Durant plus de 40 ans, j’ai enregistré le refus du peuple de Palestine de courber l’échine devant ses agresseurs et ses oppresseurs: Israël, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Union Européenne.

Depuis 2008, seule la GB a donné des licences d’exportation d’armes vers Israël ainsi que des missiles, des drones et des fusils de tireur d’élite pour une valeur de 434 millions de Livres.

Ceux qui se sont dressés contre cela, sans armes, ceux qui ont refuser d’obéir, sont des Palestiniens que j’ai eu le privilège de connaître:

Mon ami, feu Mohamed Jarella, qui travaillait pour l’UNRWA ; c’est lui qui me montra pour la première fois en 1967, un camp de réfugiés palestiniens. C’était un froid jour d’hiver et les élèves de l’école tremblaient de froid. “Un jour” disait-il, “un jour…”

Moustapha Barghouti, dont l’éloquence demeure intacte, qui décrivit la tolérance qui existait en Palestine entre les juifs, les musulmans et les chrétiens, jusqu’à ce que, me dit-il, “les sionistes voulurent un état aux dépends des Palestiniens.”

La Dr Mona el-Farra, médecin de Gaza, dont la passion fut de lever des fonds pour la chirurgie esthétique des enfants qui avaient été défigurés par les balles et les éclats de projectiles israéliens. Son hôpital fut pulvérisé par des bombes israéliennes en 2014.

Le Dr Khalid Dahlan, psychiâtre, dont les séminaires à Gaza pour les enfants rendus quasiment fous par la violence israélienne, étaient des oasis de civilisation.

Mort d’un nouveau-né

Fatima et Nasser sont un couple dont la maison se situait dans un village près de Jérusalem désigné “Zone A et B”, ce qui veut dire que cette zone de terre avait été déclarée “pour les juifs seulement”. Leurs parents vécurent là, ainsi que leurs grands-parents. Aujourd’hui, des bulldozers tracent des routes pour seulement les juifs, protégées par des lois uniquement pour juifs.

Il était juste après minuit lorsque Fatima commença ses contractions pour son accouchement, celui de son second enfant. Le bébé était prématuré et lorsqu’ils arrivèrent à un contrôle routier avec l’hôpital en vue, le jeune soldat israélien leur dit qu’ils avaient besoin d’un autre document pour pouvoir passer. Fatima saignait abondamment. Le soldat rit et imita ses gémissements et leur dit alors “retournez chez vous.” Le bébé naquit là, dans un camion. Bientôt il devint bleu de froid et, sans soins, mourut. Son nom était Sultan.

Pour les Palestiniens, ceci sera une histoire tout à fait routinière. La question est: pourquoi ces histoires ne sont-elles pas familières à Londres et Washington, Bruxelles et Sydney ? En Syrie, une cause libérale récente, une cause pour George Clooney, est grassement rémunérée en GB et aux Etats-Unis, bien que les bénéficiaires en soient les soi-disants rebelles, dominés par des djihadistes fanatiques, le produit de l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak et de la destruction de la Libye moderne.

Et pourtant, la plus longue occupation et résistance des temps modernes n’est pas reconnue. Lorsque soudainement l’ONU remue l’affaire et définit Israël comme un état d’apartheid (NdT: ce qu’il n’est pas… L’Af’sud était un état d’apartheid, ségrégationniste, pas Israël, Israël est un état exclusif se voulant génocidaire: pas de cohabitation avec l’autochtone, soit il part sans espoir de retour, soit il est tué…), comme elle l’a fait cette année et il y a une levée de boucliers, pas contre l’état raciste en question, mais contre l’ONU qui a osé briser l’omerta.

“La Palestine”, disait Nelson Mandela, “est le plus grand problème moral de notre époque.” Pourquoi cette vérité est-elle supprimée ? jour après jour, mois après mois, année après année ?…

Pour Israël, l’état d’apartheid, coupable de crimes contre l’humanité et de plus de violations de la loi internationale que n’importe quel autre état, le silence persiste parmi ceux qui savent et dont le boulot est de maintenir le cap et l’ardoise propre.

Pour Israël, tant de journalisme est intimidé et contrôlé par un groupe de pensée qui demande le silence sur la Palestine tandis que le journalisme honorable lui, est passé dans la dissidence: métaphore sous-terraine….

Un seul mot “conflit”, permet ce silence. “Le conflit arabo-israélien”, récite les robots en lisant leur télé-prompteur. Lorsqu’un ancien journaliste de la BBC, un homme qui connaît la vérité, se réfère à “deux narratifs”, la contorsion morale est achevée.

Il n’y a pas de conflit, pas deux narratifs avec leur point d’équilibre moral. Il y a une occupation militaire forcée par une puissance dotée de l’arme nucléaire et soutenue par l’armée la plus puissante du monde ; il y en en plus une injustice de dimension épique.

Le mot “occupation” est peut-être banni, effacé du dictionnaire ; mais la mémoire de la vérité historique ne peut pas être bannie: celle de l’expulsion systémique des Palestiniens de leur terre ancestrale. Les Israéliens appelèrent cela le “Plan D” en 1948. L’historien israélien Benny Morris décrit comment David Ben-Gourion, le premier premier ministre d’Israël, a reçu cette question d’un de ses généraux: “Que doit-on faire des Arabes ?”

Le premier ministre, écrivit Morris: “balaya vigoureusement l’air de sa main.” “Expulsez-les !” déclara t’il.

Soixante-dix ans plus tard, ce crime est totalement supprimé de la culture intellectuelle et politique de l’occident. Ou alors c’est sujet à débat, à peine controversif. Des journalistes grassement payés acceptent avidement les voyages du gouvernement, l’hospitalité ou la flatterie, ils sont truculents dans leurs protestions d’indépendance. Le terme “d’idiots utiles” a été créé spécifiquemement pour eux.

Accepter des récompenses

En 2011, je fus frappé par la facilité avec laquelle un des romanciers les plus en vue de Grande-Bretagne, Ian McEwan, un homme baignant dans le flot de la lumière bourgeoise, a accepté le prix de littérature de la ville de Jérusalem dans l’état d’apartheid.

McEwan se serait-il rendu à Sun City dans l’Afrique du Sud de l’apartheid ? Ils y donnaient également des récompenses, tous frais payés. McEwan a justifié son action par des mots hypocrites au sujet de l’indépendance de la “société civile”.

La propagande du type de celle délivrée par McEwan, contenant la conventionnelle frappe sur la main de ses hôtes satisfaits, est une arme de l’oppresseur en Palestine. Mielleuse, elle insinue presque tout ce qu’on veut de nos jours.

Comprendre et détruire la propagande culturelle et d’état est aujourd’hui notre tâche la plus critique. On nous pousse à marche forcée vers une seconde guerre froide dont le but éventuel est de subjuguer et de balkaniser la Russie et d’intimider la Chine.

Lorsque Trump et Poutine ont parlé à huis-clos pendant plus de deux heures en marge de la réunion du G20 à Hambourg, apparemment sur le besoin de ne pas aller en guerre l’un contre l’autre, les objecteurs les plus vociférateurs furent ceux-là même qui ont mené la charge du libéralisme, comme cet écrivain politique sioniste du quotidien du Guardian de Londres.

“Pas étonnant que Poutine souriait à Hambourg”, écrivit Jonathan Freedland, “il sait qu’il a réussi dans son objectif principal: il a rendu l’Amérique de nouveau faible.” Méchant Poutine…

Ces propagandistes n’ont jamais vu ni connu la guerre mais ils adorent le jeu impérialiste de la guerre. Ce que Ian McEwan appelle la “société civile” est devenue une riche source de propagande affiliée.

Ainsi lorsqu’Israël est rappelé à l’ordre par les gouvernements et les ONG de “respecter les droits de l’Homme” en Palestine, rien ne se passe, parce qu’ils savent tous qu’il n’y a rien à craindre, rien ne va changer.

Prenez un terme souvent utilisé par les gardiens de cette “société civile”, les “droits de l’Homme”. Comme tout autre noble concept de “démocratie”, les “droits de l’Homme” se sont retrouvés vidés de leur substance et de leur objectif.

Tout comme le “processus de paix” et la “feuille de route”, les droits de l’Homme en Palestine ont été détournés par les gouvernements occidentaux et les ONG entrepreneuriales qu’ils financent (NdT: indirectement, mais il faut toujours suivre le fric pour savoir qui se cache derrière telle ou telle association ou ONG…) et qui affirme une chimérique autorité morale.

Ainsi, lorsqu’Israël est appelé par les gouvernements et les ONG à “respecter les droits de l’Homme” en Palestine, rien ne se passe, parce qu’ils savent tous très bien qu’il n’y a rien à craindre, rien ne va changer.

Remarquez le silence de l’UE, qui s’accommode parfaitement d’Israël tout en refusant de maintenir ses engagements au peuple de Gaza, comme par exemple maintenir ouverte la ligne de vie de Raffah, une mesure dont elle a accepté d’être un partenaire prépondérant au cours du processus d’arrêt des combats en 2014. Un port pour Gaza, dont le projet fut accepté par Bruxelles en 2014, a été abandonné.

La commission des Nations-Unies à laquelle j’ai fait référence s’appelle la Commission Economique et Sociale pour l’Asie Occidentale, a décrit Israël comme et je cite: “fabriqué pour le but principal” de la discrimination raciale. Des millions de gens comprennent cela. Ce que les gouvernements de Londres, Washington, Bruxelles et Tel Aviv ne peuvent pas contrôler est que l’humanité de la rue est en train de changer comme peut-être jamais auparavant.

Un monde en mouvement

Les gens, partout, remuent et sont de plus en plus conscients, de mon point de vue, que jamais auparavant. Certains sont déjà en révolte ouverte. L’atrocité de l’incendie de la tour Grenfell à Londres a rapproché les communautés dans un vibrant mouvement de quasi résistance nationale.

Grâce à une campagne populaire, le judiciaire examine aujourd’hui les preuves pouvant mener à une possible inculpation pour crimes de guerre de Tony Blair. Même si cela échoue, c’est un développement crucial qui met à bas une barrière de plus entre le public et sa reconnaissance de la nature vorace et prédatrice des crimes du pouvoir d’état, le dédain systémique pour l’humanité commis en Irak, en Palestine et dans l’évènement de la tour Grenfell. Ce sont des points qui ne demandent qu’à être connectés. Pour la plus grande partie de ce XXIème siècle, la fraude du pouvoir corporatiste posant comme la démocratie était directement dépendante de la propagande de distraction: largement fondé sur un culte du “moi-je”, du narcissisme créé pour désorienter notre sens et capacité de voir, regarder et considérer l’autre, d’agir ensemble pour la justice sociale et l’internationalisme.

Les notions de classe, genre et race furent écartelées. Le personnel devint le politique et le média le message. La promotion du privilège bourgeois fut présenté comme la “politique progressiste”. Ce ne l’était pas. Ne l’a jamais été. Ce n’est que la promotion du privilège et du pouvoir.

Parmi la jeunesse, l’internationalisme a trouvé une vaste nouvelle audience. Regardez le soutien à Jeremy Corbyn et le sort réservé au grand cirque du G20 à Hambourg. En comprenant la vérité et les impératifs de l’internationalisme et en rejetant le colonialisme, nous comprenons la lutte pour la Palestine,

Mandela l’a dit de cette façon là: “Nous savons tous parfaitement bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens”.

Au cœur du Moyen-Orient règne cette injustice historique en Palestine. Jusqu’à ce que celle-ci ne soit résolue et que les Palestiniens aient retrouvé leur terre et leur liberté et que les Israéliens soient les égaux des Palestiniens devant la loi, il n’y aura pas de paix dans la région et peut-être nulle part ailleurs. (NdT: ce que Pilger ignore ici est le fait que cela est fait pour cela, le but est la guerre et donc le chaos perpétuels, la division et la manipulation pour toujours plus de contrôle de la même clique sur le plus grand nombre…)

Ce que disait Mandela est que a liberté elle-même est précaire tandis que des gouvernements puissants peuvent simplement nier les autres, les terroriser, les emprisonner et les tuer, en notre nom. Israël comprend certainement la menace du fait qu’un jour, il devra être normal.

C’est pourquoi son ambassadeur en GB est Mark Regev, bien connu des journalistes comme étant un pro de la propagande et pourquoi “l’énorme bluff” des accusations d’antisémitisme, comme l’appelle l’historien israélien Illan Pappe, fut permis de déformer le parti travailliste et d’affaiblir la position de leader de Jeremy Corbyn. Le fait est que cela a échoué.

Tout bouge vite maintenant. La remarquable campagne du BDS (Boycott, Disinvestment and Sancions) est un succès, jour après jour, des villes, des syndicats et des corps étudiants la reconnaissent et l’endorsent. La tentative du gouvernement britannique de restreindre les conseils locaux d’endorser la campagne BDS a échoué devant les tribunaux.

Tout ceci n’est pas vain. Lorsque les Palestiniens se lèveront encore, comme ils le feront, ils ne seront peut-être pas couronnés de succès au début, mais ils le seront éventuellement si nous comprenons qu’ils sont nous et que nous sommes eux.

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Résistance au colonialisme: Les assassinats continuent en Palestine…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 25 janvier 2017 by Résistance 71

En Palestine mort en direct par “l’armée la plus morale du monde”

 

Daniel Vanhove*

 

21 janvier 2017

 

url de l’article en français:

http://chroniquepalestine.com/palestine-mort-direct-armee-plus-morale-monde/

 

Le 16 janvier dernier, au sud de Bethlehem, dans le village de Tequa, l’armée israélienne lâchait ses chiens harnachés jusqu’aux dents contre des villageois palestiniens n’ayant pour autres moyens de résistance que des pierres et l’un ou l’autre cocktail Molotov.

Le jeune Qusai Hasan al Omour, adolescent de 17 ans y était abattu de trois balles dans la poitrine.

Blessé mortellement par ces tirs mais toujours vivant, ses proches et amis tentaient de lui porter secours mais en étaient empêchés par des tirs nourris provenant de la soldatesque israélienne.

Au bout d’un moment, quelques-uns de ces criminels venaient récupérer le corps de l’adolescent. Sans le moindre ménagement, ils l’empoignaient pour le tirer jusque derrière leurs jeeps stationnées non loin des lieux.

La vision de cette horde de soldats se comportant comme des chiens sauvages ne peut que provoquer un sentiment de révulsion, tant la scène est atroce. Où reflue donc leur part d’humanité dans ces instants terribles ?! Ces soldats, leurs familles, ceux qui les soutiennent et ceux qui leur donnent des ordres sont-ils des pères et mères sans âme ? Ont-ils perdu toute morale, tout respect pour la vie humaine ? Sont-ils conscients que de tels agissements, mus par un racisme exacerbé, les perdent à jamais et les envoient dans les tréfonds d’une inhumanité égale à celle des pires tortionnaires qu’en d’autres temps, ils condamnaient ?!

A ce moment, au-travers de cris et de lamentations, quelques femmes palestiniennes courageuses tentaient d’approcher les soldats pour leur demander de pouvoir s’occuper du blessé, mais en étaient à leur tour empêchées par des tirs qui en blessaient l’une d’elles.

Impuissants à le soigner sur place, au lieu d’emmener le blessé en urgence vers un hôpital, ces barbares l’ont embarqué une fois décédé, le dérobant ainsi au regard de ses proches.

Comme je le dénonçais déjà il y a quinze ans, dans mes témoignages en tant qu’Observateur civil dans les Territoires occupés (« Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes » – 2005 – Ed. M. Pietteur), il s’agit là, hélas, d’une « scène ordinaire de la vie en Palestine »…

La guerre coloniale israélienne – car c’est bien ainsi qu’il faut la nommer – se poursuit donc dans une impunité totale, faisant de nos gouvernements qui savent mais ne sévissent pas, des complices dont il faudra qu’un jour, une Justice digne de ce nom exige des explications.

* Daniel Vanhove est Observateur civil et membre du Mouvement Citoyen. Il a publié aux Ed. Marco Pietteur – coll. Oser Dire : Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes – 2004 et La Démocratie mensonge – 2008

Résistance au colonialisme: Pression sur Israël à l’ONU

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 1 juillet 2016 by Résistance 71

Le Groupe Africain se lâche sur l’occupation israélienne de la Palestine

Press TV

28 juin 2016

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/Detail/2016/06/28/472541/African-Group-Israel-UNHCR-Palestinian

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le Groupe Africain de 54 membres a envoyé une déclaration enflammée au corps des droits de l’Homme de l’ONU, critiquant sévèrement Israël pour ses graves violations des droits des Palestiniens.

Lundi a vu le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU débattre de l’observation par Israël des droits de l’Homme sous son agenda section 7 comme le corps constitué le fait durant chacune de ses sessions.

Le Groupe Africain est le groupe régional le plus important et le seul dont le territoire correspond aux frontières du continent.

Le groupement régional “appelle à mettre un terme immédiat à l’occupation d’Israël en Palestine, à ses colonies et à son blocus de plus de 2 millions de personnes dans la bande de Gaza, la détention et l’emprisonnment de milliers de Palestiniens et toutes les autres formes de punition collective ciblant le peuple palestinien opprimé”, peut-on lire dans la déclaration.

Les Palestiniens ont le droit à “l’auto-détermination et à un état sur la base des frontières du 4 juin 1967”, précise la déclaration. Un tel état, disent les pays concernés, devrait avoir Al-Quds (Jérusalem) comme capitale.

Plus d’un demi-million d’Israéliens vivent dans plus de 230 colonies illégales construites depuis 1967 et l’occupation par Israël de la Cisjordnaie, incluant Jérusalem-Est. Ces colonies sont considérées comme illégales par la communauté inernationale.

Gaza est sous des conditions de blocus depuis 2007, une situation qui a provoqué le déclin dramatique des standards de vie pour tous les Gazaouis, des niveaus de chômage sans précédent et une pauvreté croissante et permanente.

Les chiffres continuent de montrer que plus de 7000 Palestiniens sont actuellement retenus dans quelques 17 prisons israéliennes, quelques douzaines d’individus servant des peines de prison à perpétuité.

La déclaration ajoute: “La communauté internationale doit élever sa responsabilité et prendre une action urgente afin de remédier à cette situation, alors qu’elle pousse à la promotion de la protection des droits de l’Homme et des libertés fondamentales à travers le monde, ils nous incombent donc de porter une attention toute particulière à la plaidoirie du peuple vivant dans les territoires palestiniens occupés et qui souffre une situation dramatique concernant leurs droits fondamentaux en raison de cette occupation.

Les Etats-Unis refusent toujours de participer à des débats du conseil sur l’article 7 de la charte qu’ils dénoncent comme étant biaisé contre Israël.

Résistance au colonialisme: L’Intifada pour les nuls…

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L’intifada pour les nuls pourquoi l’insurrection populaire n’a t’elle pas encore pris ?

Ramzy Baroud

4 Avril 2016

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15979

Que l’histoire se déplace de manière linéaire ou cyclique n’importe peu. Le fait est qu’elle est en mouvement constant.

Ainsi, la situation actuelle en Palestine est particulièrement frustrante pour une génération qui a grandi après les accords de paix d’Oslo ; ils ont été élevés dans un fait historique étrange : leurs terres ne cessent de diminuer tandis que le temps continue de s’égrener.

La nature du soulèvement actuel en Cisjordanie et à Jérusalem Est témoigne de cette revendication. Les soulèvements précédents ont été massifs dans leur mobilisation, clairs dans leur message et décisifs dans leur effet. Leurs succès ou échecs ne sont pas ici en question, mais le fait est qu’ils ont été voulus par le peuple et, partout, en quelques jours, ils se sont imposés sur la conscience collective des Palestiniens.

Le soulèvement actuel est différent ; si différent, en fait, que beaucoup hésitent encore à l’appeler « intifada » ; comme si les Intifadas étaient le résultat d’une science exacte, une formule claire entremêlant participation populaire et sang versé.

Là où la situation, aujourd’hui, diffère, c’est qu’il n’y a ni idées claires, ni plate-forme politique, ni revendications ou stratégies à court et à long terme. Voilà au moins la grande différence avec les intifadas de 1987-1993 et, dans une moindre mesure, de 2000 à 2005. Mais il est possible que les résultats de ces précédentes Intifadas aient entrainé ces différences.

La Première Intifada s’est métamorphosée en un processus de paix sans valeur, qui a finalement abouti à la signature des accords d’Oslo en 1993. Un an plus tard, la direction palestinienne de l’OLP s’est transformée sous la forme émasculée de l’Autorité palestinienne (AP). Depuis lors, cette dernière a servi en grande partie l’occupation israélienne.

La Deuxième Intifada a eu moins de succès que la première. Elle s’est rapidement transformée en une rébellion armée, marginalisant ainsi la composante populaire de la révolte qui est nécessaire pour cimenter l’identité collective des Palestiniens, les forçant alors à surmonter leur division et à s’unifier derrière un seul drapeau.

Cette Intifada a été écrasée par une armée israélienne brutale ; des centaines de personnes ont été assassinées et des milliers d’autres ont été tués dans des manifestations et des affrontements avec les soldats israéliens. Ce fut un tournant dans la relation entre le gouvernement israélien et la direction palestinienne à Ramallah, et entre les factions palestiniennes elles-mêmes.

Le chef de l’OLP, Yasser Arafat, fut pris en otage par l’armée israélienne dans son quartier général de Ramallah. Les soldats se moquaient de lui dans son bureau, tout en bloquant ses déplacements pendant des années. Enfin, il a été lentement empoisonné et mourut en 2004.

Israël s’est ensuite lancé dans l’effort laborieux de réorganiser la direction de l’AP, débusquant les non-conformistes – les assassinant ou les emprisonnant- et en laissant en fonction les soi-disant modérés, mais dans des conditions très strictes.

Mahmoud Abbas a été élu président de l’AP en 2005. Ses plus grandes réalisations comprennent la répression des organisations de la société civile, en assurant une totale loyauté envers lui-même et sa branche au sein de la faction du Fatah. Sous Abbas, il n’y a pas de modèle révolutionnaire pour un changement, pas de « projet national » ; en fait, pour commencer, pas même de définition claire de la Nation.

La nation palestinienne est devenue ce qu’Abbas voulait qu’elle soit. Elle se compose, en grande partie, des Palestiniens de Cisjordanie, vivant principalement dans la zone A, fidèles au Fatah et avides de l’aide internationale. Plus la nation Abbas a accepté de jouer le jeu, plus d’argent elle a été autorisée à engranger.

En 2006, cette fragmentation est devenue totale. Beaucoup se souviendront de cette période de discorde lorsque le Hamas a obtenu la majorité des sièges au sein du Conseil Législatif Palestinien (PLC) ; mais le conflit qui a suivi, donnant lieu à l’été violent de 2007, n’avait peu à voir avec la démocratie.

Le paradigme – des « pourparlers de paix » interminable, l’argent des généreux donateurs, la croissance des colonies juives illégales, etc. – convient très bien à Abbas et aux Israéliens. Personne, en particulier le Hamas, ne devait être autorisé à imposer un tel changement de paradigme.

Israël a immédiatement assiégé Gaza, lancé plusieurs guerres successives, et a commis de nombreux crimes de guerre avec peu de critiques émanant de Ramallah. La Bolivie et le Venezuela semblaient être rendus plus furieux par les crimes de guerre d’Israël à Gaza que la clique de Mahmoud Abbas en Cisjordanie.

Jusqu’à octobre de l’année dernière, lorsque le soulèvement actuel a lentement commencé, la situation sur le terrain semblait au point mort. En Cisjordanie, l’occupation continuait de se normaliser conformément à la formule : occupation et colonies illégales en échange d’argent et de silence.

Gaza, de l’autre côté, tient face à la barbarie régulièrement infligée par Israël, tel un rappel à ceux de Cisjordanie pour leur montrer que le prix de la révolte est blocus, faim, destruction et mort.

C’est dans ce contexte de misère, d’humiliation, de peur, d’oppression et de corruption que les Palestiniens se lèvent. Ils sont pour la plupart nés après Oslo et sont devenus politiquement conscients après l’affrontement entre le Fatah et le Hamas. Ils ont grandi dans un monde où ils ont vu s’affronter leur propre leaders au sujet de l’occupation, d’une part, et des affrontements avec d’autres Palestiniens de l’autre.

Ces jeunes, cependant, n’ont jamais perçu l’occupation comme étant normale ; ils ne sont jamais arrivés à la conclusion que la terre sous leurs pieds devait sans cesse rétrécir au profit de villes juives illégales.

Ils ont dû apprendre à se frayer un chemin à travers les points de contrôle, mais n’ont jamais consenti à la supériorité de leur occupant. Ils sont, certes, désunis, mais ils rejettent l’adhésion à un parti ainsi que le fractionnement de la Palestine. Ils ne comprennent pas pourquoi Gaza est désavoué et massacré.

C’est la génération la plus instruite, la plus politiquement avertie et, grâce au bond technologique, la plus connectée et informée du monde qui l’entoure. Les ambitions de ces jeunes sont énormes, mais leurs chances sont si limitées ; leur terre a été réduite à la taille d’une file d’attente devant un point de contrôle militaire israélien, où ils sont parqués sur leur chemin de l’école, du travail ou de chez eux.

Et, tandis que les Israéliens tirent sur ceux qui osent protester, Abbas incarcère ceux tentent de le faire.

C’est une génération qui ne peut tout simplement pas respirer.

L’actuelle Intifada est l’expression de cette dichotomie, d’une génération qui est si désireuse de se libérer, de se définir, de libérer sa terre, mais qui est combattue par une vieille garde tenant sans relâche à ses quelques avantages et aux dollars qu’ils reçoivent chaque mois.

L’histoire doit rester constamment en mouvement, et les six derniers mois ont été la tentative de toute une génération de mettre l’histoire en marche, malgré des centaines d’obstacles et des milliers de points de contrôle.

Cela pourrait être encore l’Intifada la plus difficile ; car jamais auparavant les Palestiniens ne se sont retrouvés sans leaders, et pourtant si prêts à se libérer. Le résultat de cette tension ne définira pas seulement cette génération, comme l’intifada de 1987 a défini la mienne, mais elle définira l’avenir de la Palestine tout entière.

* Dr Ramzy Baroud écrit sur le Moyen-Orient depuis plus de 20 ans. Il est chroniqueur international, consultant en médias, auteur de plusieurs livres et le fondateur de PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Résistant en Palestine – Une histoire vraie de Gaza (version française), peut être commandé à Demi-Lune. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Scribest.fr. Son site personnel : http://www.ramzybaroud.net

Nettoyage ethnique Palestine: Prisonniers palestiniens irradiés à haut risque de cancer…

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Les Palestiniens font face à des risques de cancer accrus dans les prisons israéliennes

 

Press TV

 

22 Mars 2015

 

url de l’article:

http://www.presstv.ir/Detail/2015/03/22/402923/Palestinian-inmates-face-cancer-risk

 

Un groupe des droits de l’Homme a averti que les Palestiniens croupissant dans les prisons israéliennes sont prônes à une augmentation drastique des risques de cancer à cause du haut niveau de radiations dans les centres de détention.

Une déclaration ce dimanche de l’Association Hossam des Prisonniers et ex-Prisonniers Palestiniens a dit que les autorités carcérales israéliennes continuent à contribuer à de plus hauts risques de cancer dans les prisons en mettant en place des brouilleurs de signaux téléphoniques et satellitairess près des cellules des prisons.

Un nombre de prisonniers palestiniens sont aussi détenus dans des prisons proche du réacteur nucléaire de Dimona ainsi que dans des facilités carcérales placées dans des sites de décharges de produits radioactifs dans le désert du Néguev, a ajouté l’association droit de l’hommiste.

Elle a aussi dit que les détenus étaient fréquemment exposés aux radiations en étant forcés de marcher au travers d’appareil de sécurité lors d’examens de recherches corporels.

D’après l’organisation, une quinzaine de prisonniers palestiniens au moins, ont déjà été diagnostiqués comme ayant un cancer et sont en danger de mourir.

Des chiffres récents montrent également qu’environ 1500 prisoniers palestiniens actuellement détenus souffrent de différents types de maladies.

Les forces israéliennes enlèvent régulièrement des Palestiniens en Cisjordnaie et les mettent derrière les barreaux dans des centres de détention administrative comme le veut la politique établie.

La détention administrative est une forme d’emprisonnement sans procès ou accusation avérée qui permet à Israël d’incarcérer des Palestiniens jusqu’à 6 mois. L’ordre de détention peut être renouvelé pour des périodes de temps indéfinis.

Les groupes activistes des droits de l’Homme ont dénoncé répétitivement l’emprisonnement sans preuve, sans inculpation et sans procès partiqué par Israël.

D’après la Palestinian Prisoners Society, Israël a incarcéré 383 Palestiniens en Cisjordanie en décembre 2014.

Beaucoup de rapports font état de la détérioration de l’état de santé des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes

Il y a plus de 7000 Palestiniens rapportés prisonniers dans les prisons et centres de détention israéliens.

= = =

Information connexe: Stérilisation des juifs éthiopiens en Israël:

 

http://www.youtube.com/watch?v=ypuV3K5R5tU

et

http://www.youtube.com/watch?v=1W5J25MvSp0

 

Si l’état raciste d’Israël stérilise ses populations judaïques immigrantes dans un souci de « pureté ethnique », que ne fera t’il pas aux Palestiniens ??…

Résistance à l’apartheid en Israël… Palestiniens, Amérindiens même combat anticolonialiste…

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Réfugiés

 

Elsa Grigaut

 

26 Novembre 2014

 

url de l’article:

http://www.michelcollon.info/Refugies,4846.html?lang=fr

 

« Nous sommes encore vivants, nous avons de l’espoir. Vous qui avez le Droit, aidez nous à avoir une vie d’être humains. » ; « Nous n’avons pas besoin d’argent, nous avons besoin de retrouver notre terre. » ; « Les Israéliens pensent que la prison va nous casser, nous ôter l’envie de nous battre contre l’occupation mais c’est tout le contraire. » Investig’Action offre à ses lecteurs les témoignages percutants de trois réfugiés palestiniens, à partir de l’excellente brochure « Réfugiés », réalisée par la journaliste Elsa Grigaut.

Jihad Abdel Halim Abu Muslim – Rencontre le 19/05/2014

Légende photo : Jihad, Ala’a ont été détenus plusieurs années dans les geôles israéliennes. Leur frère y est toujours détenu (à droite sur la photo qu’ils tiennent dans leurs mains).

J’ai été arrêté par l’armée israélienne le 6 mai 2004, j’avais 17 ans. C’était à Ramallah alors que j’étais dans un appartement situé en zone A (1) (c’est-à-dire dans une zone normalement contrôlée par l’Autorité Palestinienne, NDLR), en pleine après-midi.

Les soldats israéliens m’ont frappé puis m’ont emmené dans une base militaire à Jérusalem pour m’interroger. J’avais un bandeau sur les yeux, j’étais menotté à une chaise ou enfermé dans une pièce d’un mètre carré. C’était dur.

J’étais tout le temps dans l’obscurité, je n’avais plus la notion du temps, j’ignorais si c’était la nuit ou le jour.

Les soldats israéliens m’ont soumis à des pressions psychologiques. La nourriture était infecte, même un animal n’aurait pas voulu la manger, je n’avais pas d’eau, je ne pouvais pas me laver ou aller aux toilettes. Ils me maintenaient huit à neuf heures par jour dans une cellule sans que je puisse bouger.

Pendant les interrogatoires, ils menaçaient de tuer ma mère et de détruire la maison de ma famille si je ne parlais pas.

Les interrogatoires ont duré 100 jours. Chaque journée se ressemblait, ils m’empêchaient de dormir, quand je m’assoupissais, les gardiens me disaient que je devais aller me laver. Ils me disaient de me préparer à être interrogé à 6 h du matin et au final, ça se faisait la nuit.

Les gardiens m’annonçaient qu’ils m’emmenaient au tribunal pour mon jugement mais finalement, c’était une simulation, juste pour que je sois constamment sous pression. Des gens qui étaient enfermés avec moi et qui travaillaient avec les Israéliens essayaient de me faire parler. Même si j’avais 17 ans, je connaissais leurs techniques car, dans le passé, j’avais beaucoup discuté avec des amis du camp et mon grand frère, qui avaient déjà été en prison. Les 100 jours écoulés, j’ai été transféré à la prison d’Hasharon et j’ai attendu 1 an, c’est-à-dire, le jour de mes 18 ans, pour être jugé. J’ai écopé d’une peine de 9 ans. C’était vraiment dur. Durant mon incarcération, je crois que je suis passé par toutes les prisons israéliennes : Hasharon, Damoon, Jalbouh, Shata, Nakab, Majedou, Askalan, Al Sabea et Rominim. Quand j’étais en prison, j’étais malade, j’ai d’abord eu mal au ventre puis mal partout.

En 9 ans d’incarcération, les Israéliens n’ont accepté qu’une seule fois de m’emmener à l’hôpital.Le reste du temps, ils me donnaient des médicaments en me faisant croire que ça allait me soigner mais en réalité, il s’agissait de traitements qui agissaient directement sur mon cerveau. Ca m’a rendu fou. Une fois ils m’ont donné des médicaments pour que je ne dorme pas…ça a duré 20 jours. Je vomissais tout le temps. Je crois que c’était une expérimentation médicale.

Quand je demandais à me faire hospitaliser, ils acceptaient mais me transféraient vers une autre prison où ils me jetaient dans une pièce vide. A ma sortie de prison, je n’ai pas reconnu ma propre famille. J’étais très malade, on m’a hospitalisé une semaine en Jordanie et je dois maintenant suivre un traitement pour me soigner. Au début de mon incarcération, je n’ai pas eu le droit d’avoir une seule visite pendant trois ans. Puis ma mère est venue me voir une fois par mois. Parfois, l’administration pénitentiaire ne la prévenait pas de mes transferts alors, elle se déplaçait pour rien.

Mes deux frères et moi avons demandé à être emprisonnés au même endroit car ma mère était épuisée d’aller de prison en prison pour nous voir tous les trois.

Pendant quatre mois, nous avons partagé la même cellule dans la prison d’Al Nakab. C’est la pire des prisons, les cellules sont minuscules et il n’y a pas de lumière. 120 prisonniers sont enfermés dans quelques mètres carrés et tournent autour d’une table. Nous pourrions écrire des livres et des livres sur nos années en prison mais ça ne suffirait pas. Le pire, ce sont les interrogatoires. Mes frères ou moi ne pouvons pas oublier les tortures et la souffrance.

Deux de mes frères ont également été arrêtés après moi. L’un en 2006, l’autre en 2007 puis ils ont été emprisonnés pour une durée de cinq et treize ans. L’un est libre et l’autre doit encore attendre trois ans.

Ala’a frère de Jihad

C’était très dur quand Jihad est sorti de prison. C’est son mariage et son épouse qui l’ont un peu aidé.

Moi j’ai été interrogé 93 jours. Les Israéliens n’avaient aucune preuve contre moi alors ils ont essayé de m’envoyer des traîtres pour me faire parler. Comme je savais parfaitement qu’ils étaient des collaborateurs, je me suis battu avec eux.

Vous savez, les Israéliens pensent que la prison va nous casser, nous ôter notre envie de nous battre contre l’occupation mais c’est tout le contraire. Nous sommes encore plus forts et plus éduqués à notre sortie car en prison, nous pouvons apprendre des uns et des autres. Ca nous forge. Jihad et moi n’avons pas l’autorisation de rendre visite à notre frère en prison. Moi, je ne peux même pas sortir de Cisjordanie pendant cinq ans. Oum Jihad

C’est épuisant d’aller de prison en prison pour voir mes fils. En ce moment, je suis en train de remplir les papiers pour que mon fils puisse passer le baccalauréat pendant son incarcération.

Chaque fois que je veux faire une visite, les Israéliens m’obligent à me déshabiller, ils m’humilient.

Imaginez aussi que mon propre fils ne me reconnaissait pas à sa sortie de prison…

Tous nos prisonniers sont fous et malades quand ils sortent, c’est terrible !

Mahmoud Mohamad Ramadan Habash (Rencontre le 24/05/2014)

Ma famille est originaire du village de Beit Dajane, près de Yaffa. Je suis né en 1967, j’ai trois frères qui vivent aujourd’hui à Salem, Taybé et Naplouse. Ma sœur vit au village de Qufur Qalil (district de Naplouse, NDLR) et moi, je vis dans la maison de mes parents au camp de réfugiés de Balata avec ma femme, mes quatre filles et ma mère.

Mon frère Bassam a été emprisonné 7 ans, Ahmad, 4 ans et Hassan 8 mois. J’ai été à l’école du camp jusqu’à l’âge de 14 ans, j’ai poursuivi ma scolarité à l’extérieur.

Je me souviens de ma première arrestation par l’armée israélienne c’était le 11 novembre 1985. J’étais au lycée avec mes camarades et il y avait des affrontements avec les colons et les soldats. Je me rappelle très bien du gaz lacrymogène. Vingt-quatre d’entre nous ont été arrêtés, moi y compris. Nous sommes restés dix-huit jours à la prison d’Al Fara (située entre Naplouse et Jénine, NDLR). Puis dix-huit ont été libérés et les autres et moi, nous avons été dispatchés dans différentes prisons israéliennes. Ils m’ont interrogé pendant vingt jours et je suis resté deux mois à Al Fara avant d’être transféré à la prison d’Al Jnaid (Naplouse, alors sous contrôle israélien, NDLR) avec mon ami Salah Zidane pour une durée d’un an. Ce dernier est mort en martyr en 2003 lors de la seconde intifada. Les quatre autres incarcérés étaient à la prison de Naplouse. Je n’ai rien confessé mais, les colons ont témoigné contre moi et j’étais accusé d’avoir lancé des pierres dans leur direction le 11 novembre. Je partageais une petite cellule avec beaucoup de prisonniers, il n’y avait pas de toilettes, seulement une bassine.

Chaque matin, nous rangions nos matelas et nous faisions le ménage. C’était propre parce que les prisonniers faisaient tout, y compris la cuisine. J’étais le plus jeune des prisonniers.

Je me souviens du 3 mars 1986. Régulièrement, l’administration pénitentiaire nous asphyxiait par l’unique lucarne de la cellule. Les gardiens diffusaient du gaz lacrymogène puissant. Ce jour-là, je me suis mis à vomir du sang et à avoir des plaques sur la peau, j’ai dû être hospitalisé pendant 20 jours. Encore aujourd’hui, je me demande comment nous sommes encore en vie. Beaucoup de mes codétenus avaient différentes pathologies cardiaques mais ils ont résisté.

A ma sortie de prison, je n’ai pas continué mes études. Ma famille et moi nous sommes installés au village de Qufur Qalil car nous pensions que nous aurions moins de problèmes avec l’armée israélienne que si nous restions au camp.

Nous sommes restés là-bas cinq ans. Les soldats venaient de temps en temps chez nous, ils cassaient notre porte, nos fenêtres et nous insultaient. J’ai travaillé dans le domaine du textile pendant deux ans à Balata. Puis, il y a eu la première intifada. Un jour j’ai enfreint le couvre-feu que les Israéliens nous avaient imposé. Ils m’ont tiré dessus et ça a pulvérisé mon tibia droit. J’ai mis un an à me rétablir.

En 1990, j’ai été arrêté trois mois pour ne pas avoir respecté le couvre-feu. J’ai d’abord été incarcéré à Al Fara puis à Al Nakab dans un camp de 6000 prisonniers. Nous étions dans le désert, sous des tentes. On ne pouvait pas dormir à cause des insectes. La chaleur et la nourriture, je crois que c’était cela le pire. Cela rendait tout le monde malade ! Et dans ces cas-là, vous ne pouviez rien espérer d’autre que de l’aspirine et du glucose. A ma sortie, je suis retourné à Balata pour travailler dans le bâtiment jusqu’en 1993.

J’ai été de nouveau arrêté et placé en détention administrative (2) pendant un an. J’ai passé six mois dans le camp d’Al Nakab et six mois à Magido. Il y avait de grosses tensions entre l’administration pénitentiaire et les prisonniers. Nous faisions des grèves de la faim pour obtenir une amélioration de nos conditions de détention et notre droit de visite. Je suis sorti en 1994, j’ai travaillé comme carreleur.

Puis j’ai fait une formation de six mois avec l’Autorité Palestinienne pour entrer dans la police. J’ai travaillé cinq ans, je suis devenu gardien à la prison de Naplouse (à l’époque déjà sous Autorité Palestinienne, NDLR). Et puis, il y a eu la deuxième Intifada.

Le 25 mai 2001, j’étais dans ma voiture avec trois autres amis à l’entrée du camp de Balata. Nous sommes sortis de la voiture et un hélicoptère israélien l’a bombardé alors que nous n’étions qu’à quelques mètres du véhicule. Un de mes amis a été pulvérisé, un autre a perdu une main et un œil, un autre a été blessé au ventre. Ce dernier s’appelle Kamil, il est actuellement emprisonné par les Israéliens car il a écopé d’une peine de prison de 350 ans. J’ai été hospitalisé trente jours. J’ai perdu la vue à cause de la chaleur de l’explosion et des projections de métal. Au début, j’avais aussi perdu l’ouïe. Elle est un peu revenue avec le temps. Depuis ce jour, j’ai constamment un bruit de moteur dans chacune de mes oreilles, ce n’est pas le même son dans la droite et la gauche et l’intensité peut varier d’un jour sur l’autre. Ma jambe gauche a aussi été sérieusement touchée, j’ai définitivement perdu un bout de tibia.

Vous savez, on est mal soigné en Palestine.

Ca fait 13 ans que j’entends le même bruit dans mon crâne et j’ai très mal à la tête car il me reste des débris de métal à l’intérieur. J’ai beaucoup souffert à cause des brûlures sur ma poitrine, là aussi il reste des bouts de métal. Ma peau en a naturellement rejeté quelques-uns mais il en reste encore et c’est très douloureux. J’ai le même problème avec ma jambe gauche.

Les médecins disent que c’est difficile de me soigner ici mais j’ai été interdit de sortir du territoire pendant cinq ans après l’attaque. Je sais qu’il existe des solutions concernant mon ouïe mais je dois aller en Jordanie ; je n’arrive pas à obtenir une permission de l’Autorité Palestinienne et cela nécessiterait environ 1500 dollars.

Ce n’est pas facile d’aller à l’hôpital de Rafidia (Naplouse, NDLR), je ne vois pas, j’entends mal.

Cela fait 13 ans que j’essaie de me faire soigner.

J’étais policier, j’ai servi mon pays mais le gouvernement ne veut pas m’aider. Il me donne 2000 shekels (environ 421 euros, NDLR). Les blessés comme moi ont besoin d’avoir une vie sociale, mais c’est presque impossible de se déplacer.

Dîtes aux Français de nous soutenir, nous et les familles de martyrs. Nous avons besoin d’un soutien politique et humain.

Nous sommes encore vivants, donc nous avons encore de l’espoir. Vous qui avez le Droit, aidez-nous à avoir une vie d’être humains.

Ahmad Khamis Mohamed Aiswad Rencontre en mai 2014

J’ai 81 ans, je suis né en 1933 dans le village de Kufur Ana, situé entre Yaffa et Lid. Maintenant, il n’existe plus rien de ce que je connaissais. A la place, les Israéliens ont construit un hôpital et l’aéroport de Ben Gurion. Ma famille était paysanne, nous avions des orangeraies, du blé, des légumes. Kufur Ana comptait deux écoles, une pour les filles qui étaient scolarisées jusqu’à 10 ans et une pour les garçons, scolarisés jusqu’à 13 ans. Pendant les vacances, je travaillais pour les Anglais (à l’époque du mandat Britannique) comme gardien. C’est comme ça que j’ai appris à parler anglais. Quand j’ai eu 15 ans, j’ai travaillé pour eux à plein temps et puis, les Juifs sont arrivés en 1948.

Ils tiraient n’importe où et sur n’importe qui, nous avions tous peur. J’étais l’aîné de ma famille, j’ai fait monter ma soeur et mon frère sur mon vélo et nous avons fui notre village. Mes parents avaient chargé notre âne avec quelques couvertures, des assiettes, des marmites, une théière et un réchaud. Deux heures plus tard, nous nous sommes tous retrouvés au village Al Khirbai, à côté de la ville de Lid. Pendant une semaine, nous avons attendu, abrités sous les arbres. Nous avions quelques vivres mais nous étions persuadés que nous allions revenir chez nous. Nous sommes retournés au village pour voir quelle était la situation et prendre d’autres affaires. Nous nous sommes fait tirer dessus donc nous sommes partis pour Lid. Là aussi, nous vivions sous les arbres, ça a duré trois mois, mais là encore, les Juifs sont arrivés, nous avions faim. Nous avons fui au village de Qibya (à côté « ede Lid). Là-bas, un habitant nous a prêté une maison sans toit. Puis, les Israéliens sont venus et ont tué beaucoup de gens, y compris des femmes et des enfants. Nous sommes donc partis pour le village de Birzeit (à côté de Ramallah, NDLR).

Mon père et moi sommes devenus ouvriers agricoles. Nous étions plusieurs réfugiés à vivre de cette façon, dans les champs, abrités dans des cabanes. Je me suis marié à 22 ans avec une fille du même village que moi. J’ai commencé à travailler comme ouvrier dans le bâtiment partout dans les camps de réfugiés en Cisjordanie.

J’ai construit des écoles à Balata, à Askar, un cabinet médical aussi. Ma famille et moi, nous nous sommes installés à Balata. Quand les Israéliens nous ont encore attaqués en 1967, la plupart des gens et moi qui avions vécu la Nakba, nous nous sommes dit que nous ne partirions plus, quitte à mourir. Il n’y aurait pas de deuxième Nakba. A l’époque, nous louions une maison, puis j’en ai construite une de cinq étages. J’ai aussi travaillé deux ans en Israël, j’avais un ami juif. C’est quelqu’un de bien, qui cherche la paix.

Aujourd’hui, deux de mes enfants travaillent avec lui. J’ai eu deux épouses et seize enfants qui ont eu des enfants à leur tour. Les Sionistes ont fait un mauvais calcul. J’ai fui de mon village avec mes parents, mon frère, ma sœur et aujourd’hui, rien que de mon côté, nous sommes une centaine !

Il faut trouver une solution. Ici, au camp, les enfants n’ont pas de lieux pour jouer, nous manquons de structures pour les soins médicaux, l’UNRAW(3) donne de moins en moins d’aides. L’un de mes fils a fait quatre ans de prison, il a peu de moyens et doit faire vivre sa famille dans une seule pièce alors qu’il est employé à la mairie de Naplouse. Les salaires sont vraiment trop bas ! Moi, je vis dans une pièce au rez-de-chaussée, à la fin du mois, mes enfants me donnent un peu d’argent. Mais si j’étais chez moi, ça serait tellement mieux ! Vous savez, dans un village on peut vivre de sa terre, mais pas dans un camp. Les sionistes ont pris notre paradis. Je n’ai plus de terre à transmettre en héritage. Nous n’avons pas besoin d’argent, nous avons besoin de retrouver notre terre. Je garde la foi, j’ai 81 ans et jusqu’à aujourd’hui, je crois que je vais retourner chez moi car personne ne peut oublier ses racines, ça serait comme ne pas avoir de religion.

 

Notes :

(1) Les territoires palestiniens sont formés de 
 Une zone A : Gaza, et les villes de Jéricho, Jénine, Qalqilya, Ramallah, Tulkarem, Naplouse et Bethléem. Dans cette zone l’Autorité Palestinienne exerce les pouvoirs de police (18% des Territoires). 
 Une zone B qui comprend les autres zones de la Cisjordanie dans lesquelles la sécurité est exercée par l’Autorité nationale Palestinienne et l’armée israélienne (22% des Territoires). 
 Une zone C qui intègre les colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. La zone C est sous contrôle d’Israël (60 % des Territoires).

(2) : Détention administrative : cette procédure judiciaire est utilisée par les Israéliens afin de détenir des Palestiniens sans motif ni jugement pendant une durée indéterminée. Les raisons de ces incarcérations ne sont jamais révélées au prisonnier ou à son entourage et bien évidemment, aucun avocat ne peut avoir accès au dossier du détenu.

Au début de ce type d’incarcération, les administrations pénitentiaires israéliennes font savoir au « détenu administratif » qu’il est enfermé pour une durée de trois mois. A la fin de cette période, l’ordonnance peut être renouvelée pour une durée identique et ce à l’infini. La détention administrative est une forme de torture psychologique utilisée dans le but de briser l’individu et de lui ôter l’esprit de résistance. Cette procédure est héritée du mandat britannique en Palestine avant 1948 et permet d’emprisonner des années sans procès toute personne.

Le traitement des « détenus administratifs » contrevient non seulement aux Droits de l’Homme internationaux mais aussi aux dispositions de la Quatrième Convention de Genève. Sont violés : le droit de se défendre, le droit à être entendu publiquement et équitablement, le droit de faire appel, d’examiner les témoignages et la présomption d’innocence. De plus le droit humanitaire interdit le transfert de civils de territoires occupés vers le territoire de l’Etat occupant. Le droit international interdit la détention administrative car elle est arbitraire. Elle bafoue la quatrième convention de Genève, visant à protéger les civils des territoires occupés et interdisant la détention arbitraire comme moyen de contrôle sur une population.

(3) L’UNRAW : Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA – United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East, en anglais)

 

Source :

Réfugiés

Crédits photo : Elsa Grigaut. Montage et retouches : Claire Goulois

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Courrier à adresser à : Amitié Lille Naplouse Maison des Associations 72 rue Royale 59000 Lille

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