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Résistance politique au sionisme… Handala, conscience d’un peuple ou conscience universelle ?…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 14 février 2020 by Résistance 71

 

« Les trois axiomes de la politique intérieure d’Israël »
(extrait du livre d’Ilan Pappe « The Ethnic Cleansing of Palestine », 2006 page 239), traduit de l’anglais par Résistance 71

« La première des trois lignes de conduite, ou plutôt axiomes, d’Israël est que le conflit israélo-palestinien a son origine en 1967. Pour le résoudre tout ce dont on avait besoin était un accord qui déterminerait le statut futur de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. En d’autres termes, comme ces zones ne constituent que 22% du territoire de la Palestine, Israël a réduit d’un coup de crayon toute résolution de paix à seulement une toute petite partie du territoire originel palestinien. Non seulement cela, mais Israël demandait et continue à demander aujourd’hui, toujours plus de compromis territoriaux, soit en résonance avec l’approche économique favorisée par les Etats-Unis ou comme dictés par une carte sur laquelle les deux camps politiques se sont mis d’accord en Israël.

Le second axiome est que tout ce qui est visible dans ces zones, la Cisjordanie et la bande de Gaza, peut toujours encore être divisé et que ces divisions, cette faculté à toujours plus diviser, est une des clefs du processus de paix. Pour Israël, cette division du visible inclut non seulement la terre mais aussi le peuple et les ressources naturelles.

Le troisième axiome israélien est que rien de ce qui s’est produit avant 1967, incluant la Nakba et le nettoyage ethnique, ne sera jamais négociable. Les implications ici sont très claires: cela retire complètement de l’équation du processus de paix le problème des réfugiés et met directement sur la touche et sans appel le droit des Palestiniens au retour à la terre. »


Handala conscience d’un peuple…

 

Qui est HANDALA?

créé par Naji al-Ali (1938-1987)*

Depuis environ 1975 et jusqu’à 1987, Naji al-Ali a dessiné toute la complexité de la vie et des revendications des réfugiés palestiniens. Ces dessins sont toujours d’actualité et Handala, cet enfant réfugié palestinien, qui est présent dans chaque dessin, demeure un symbole des plus valides de la lutte du peuple palestinien pour la justice et l’auto-détermination.

Naji al-Ali a écrit :Handala est ma signature, tout le monde me parle de lui et me demande partout où je vais. J’ai donné naissance à cet enfant alors que j’étais dans le Golfe et je l’ai présenté aux gens. Son nom est Handala et il a promis aux gens qu’il demeurerait fidèle à lui-même. Je l’ai dessiné comme un enfant qui n’est pas beau ; ses cheveux sont comme les épines du hérisson qui les utilise comme une arme de défense.

Handala n’est pas grassouillet, il n’est pas heureux, détendu. Il n’est pas un enfant gâté. Il est nus-pieds comme les enfants des camps de réfugiés et il est une icône qui m’empêche de faire des erreurs. Alors même qu’il est dur et négligé, il sent bon l’ambre. Ses mains sont derrière son dos en signe de refus au moment où des solutions nous sont présentées dans le plus pur style américain.

Handala est né à dix ans et il aura toujours dix ans. A cet âge, j’ai dû quitter ma patrie la Palestine et quand il retournera, Handala aura toujours dix ans. C’est alors qu’il commencera à grandir. Les lois de la nature ne s’appliquent pas à Handala. Il est unique. Les choses redeviendront normales lorsque la patrie sera de retour.

Je l’ai présenté aux pauvres et l’ai appelé Handala en tant que symbole de l’amertume. Au départ, c’était un enfant palestinien, mais sa conscience s’est développée pour avoir un horizon national puis international. Il est simplement un enfant endurci et voilà pourquoi les gens l’ont adopté alors qu’ils ressentaient qu’il représentait leur conscience.


tract du FPLP

(*) Naji al-Ali, dessinateur le plus célèbre du monde arabe. Palestinien né en Palestine, victime de la Nakba de 1948. Il commença à dessiner dans les années 70 et connut un énorme succès. Son personnage d’Handala, le petit garçon palestinien aspirant au retour, est devenu une icône internationale et est devenu, aujourd’hui sans doute plus que jamais, la conscience du peuple palestinien et par extension des peuples opprimés. Handala nous tourne en permanence le dos non pas par arrogance ou par mépris, mais pour ne pas se laisser distraire et ne rien perdre de la tragédie dont il est témoin, nous forçant par là-même à regarder avec lui l’absurdité et l’horreur infligées à son peuple, au monde et, qui sait, à nous faire agir pour un changement radical.

Naji al-Ali fut assassiné à Londres en 1987, au début de la première intifada. Son ou ses assassins n’ont jamais été retrouvés… Handala lui a survécu et ne reprendra le cours de sa vie qu’une fois le retour achevé.

“handala” en arabe est un fruit médicinal amer du désert.

Nous avons traduit et rédigé ce billet suite à des demandes d’explication récentes sur notre utilisation du personnage d’Handala sur un de nos billets, certains lecteurs ignorant qui il est. Nous avons utilisé Handala à plusieurs reprises au fil des ans. Nous trouvons sa symbolique tout à fait exceptionnelle et commandable, Maji al-Ali était d’une grande intelligence et d’un humour acerbe. Handala est éternel.

(Résistance 71, février 2020)

 

Palestine: La vérité (Personne)

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Personne

 

Juillet 2018

 

 

« Du mythe biblique à la réalité archéologique »

« La plupart des israélites ne furent pas exogènes à Canaan, mais émergèrent de son sein. Il n’y a pas eu d’exode massif d’Egypte. Il n’y a eu aucune conquête violente de Canaan. La plupart des gens qui formèrent l’Israël du début étaient des locaux, les mêmes qui habitaient les hautes-terres depuis les âges du bronze et de fer. Les Israélites originaux étaient, ironie d’entre toutes les ironies, eux-mêmes des Cananéens… » […] « De plus, pour toute la richesse qu’ils étaient supposés avoir, ni David ni Salomon ne sont mentionnés dans ne serait-ce qu’une seule archive égyptienne ou texte mésopotamien. La preuve archéologique à Jérusalem des projets des fameux bâtiments de Salomon est non-existence. Les fouilles archéologiques des XIXème et XXème siècles autour du mont du Temple à Jérusalem ont échoué à identifier ne serait-ce qu’une simple trace du temple et du complexe de palaces inventés du roi Salomon. »
~ Israel Finkelstein*, Neil Silberman, « The Bible Unearthed », 2001 ~

*Israël Finkelstein est directeur de l’Institut Archéologique Sonia et Marco Nadler de l’université de Tel Aviv…

Lectures complémentaires:

Effondrer le colonialisme

Ashraf Ezzat Mythe Biblique

 

Résistance politique: Le flop de sionisme sur Seine…

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« Les mythes centraux au sujet de l’origine d’une nation merveilleuse qui émergea du désert, conquît une vaste terre et bâtît un glorieux royaume furent instrumentaux à la monté du nationalisme juif et de la colonisation sioniste… Avec la monté des nationalismes dans les temps modernes, il devint de plus en plus évident [que la bible] était une composition d’humains comme une reconstruction de leur passé. Même dans l’Angleterre protestante pré-nationaliste, même parmi les colons puritains s’établissant en Amérique du Nord et en Afrique du Sud, le livre devint, au travers d’anachronisme et d’une imagination fervente et fertile, une sorte de modèle idéal pour la formation d’une collectivité politico-religieuse moderne… Ainsi la bible devint un livre séculier que les élèves lisent pour apprendre au sujet de leurs ancêtres, ces mêmes enfants qui plus tard marchent fièrement parmi la soldatesque, guerroyant pour la colonisation et l’indépendance… »

~ Schlomo Sand ~

 

Le sionisme au delà de ses crimes commis, est la représentation ultime de la vivacité coloniale occidentale. Israël est devenu un exutoire: tant qu’on fixe sur lui, on oublie le pire des colonialismes occidentaux toujours en place et établi au XVème siècle avec la doctrine chrétienne de la découverte. L’empire actuel états-unien est fondé sur le colonialisme toujours vivace et l’usurpation de ses terres et territoires aux nations et peuples originellement libres et indépendants comme le furent les palestiniens depuis plus de 2000 ans. Israël est le punching ball pour détourner l’attention de sa source impérialiste: La City de Londres et ses affiliés de Wall Street, tirant les ficelles des marionnettes mises en place pour nous maintenir divisés. Exposer l’envers du décors est une manœuvre de salubrité publique !

— Résistance 71 —

 

Tel Aviv sur Seine a pris l’eau !

 

Campagne BDS France

 

15 Août 2015

 

url de l’article:

http://bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=3797:communique-bds-france-qtel-aviv-sur-seineq-a-pris-leau-&catid=49:actualites&lang=fr

http://www.mondialisation.ca/tel-aviv-sur-seine-a-pris-leau/5469421

 

Jeudi 13 Août 2015, la honte s’est abattue sur Paris, qui a importé la politique d’apartheid ultra-militarisée qui caractérise autant Tel Aviv que toutes les autres villes israéliennes. Le colossal dispositif de sécurité visible jeudi 13 août, qui succède à une semaine de condamnations de cette grave erreur politique de la part d’Anne Hidalgo et de son équipe, marque déjà l’échec de l’initiative Tel Aviv sur Seine.

Grâce à un service d’ordre musclé et raciste, assuré par les fascistes de la Ligue de Défense Juive, seules quelques personalités triées sur le volet, ainsi que de nombreux journalistes, ont pu “profiter” de cet espace que leur avait alloué la Mairie de Paris pour leur tentative de blanchiment de la “marque” Israël. Leur entreprise de propagande s’est transformée en une magnifique tribune offerte à la critique de la colonisation, de l’apartheid et des crimes de l’Etat israélien et a suscité une importante mobilisation.

Interdits d’entrer, comme les Palestiniens dans les check-points en Palestine occupée, et malgré les tentatives des CRS pour les en empêcher, une cinquantaine de militant.e.s de BDS France s’est lancée dans une action directe en déployant une banderole “Apartheid Sur Seine” sur le pont d’Arcole tout proche. Plusieurs associations ont participé à cette action (Ensemble, PIR, NPA, PG, Solidaires, CNT, Les Désobéissants, UJFP et autres…), toutes adhérentes à la Campagne BDS France.

L’action s’est poursuivie pendant une heure et demi, se rendant jusqu’à la place du Chatelet, en passant par les quais et la place de l’Hôtel de Ville. Les militant.e.s brandissaient des pancartes, certaines reprenant le très beau dessin que le dessinateur Tardi avait offert en solidarité, et se faisaient entendre grace à des slogans: Apartheid Sur Seine! Checkpoint Sur Seine! Israël Criminel, Anne Hidalgo Complice! Gaza, Gaza: On N’oublie Pas!, Gaza, Gaza, Paris Est Avec Toi! Israël Apartheid: Boycott! Free Free Palestine!

La Campagne BDS France se félicite du total échec de cette opération de propagande et continuera à se mobiliser contre toute les initiatives de blanchiment de l’apartheid israélien.

Apartheid Sur Seine !

Gaza, Gaza, on oublie pas !

Boycott Israël Apartheid !

Résistance politique au néocolonialisme économique en Palestine occupée…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 23 avril 2014 by Résistance 71

Oslo a remplacé la libération par un néocolonialisme économique

 

Khalil Nakhleh

 

19 Avril 2014

 

url de l’article:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article14496

 

Comment les Accords d’Oslo ont systématiquement sapé la lutte palestinienne pour la libération et l’autodétermination, en la remplaçant par une forme dangereuse de néocolonialisme économique. OLP et AP en ont été les premiers bénéficiaires, facilitant la création de « nouvelles classes prédatrices ».

Il ne s’agit pas ici d’évaluer l’impact des Accords d’Oslo, qui ont commencé à être signés en 1993. Le « processus » n’a jamais été du genre à se prêter à une analyse du type bilan comptable, montrant les côtés positifs et négatifs de ce qui en transpirait. Les Accords ont été destructeurs dès le début. Comme le formulait brillamment feu Edward Said : « Les vulgarités du défilé de mode de la cérémonie à la Maison-Blanche, […] : tout cela n’a obnubilé que temporairement les proportions vraiment incroyables de la capitulation palestinienne. Alors, avant tout, appelons cet accord de son vrai nom : un outil de la capitulation palestinienne, un Versailles palestinien ».

Ce qu’il faut analyser, c’est plutôt ceci : comment les Accords d’Oslo ont systématiquement sapé la lutte palestinienne pour la libération et l’autodétermination, en la remplaçant par une forme dangereuse de néocolonialisme économique. La direction de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP)/Autorité Palestinienne (AP) en a été un partenaire bien disposé et par ailleurs bénéficiaire, facilitant la création de « nouvelles classes prédatrices ».

La néocolonisation de la Palestine

La Palestine toute entière a bien sûr été soumise à une forme unique de colonialisme, à savoir le colonialisme de colons qui s’y installaient, et ce depuis le début du XIXème siècle. Derrière le paravent du Mandat Britannique, les colons sionistes et plus tard l’Etat d’Israël ont dépouillé et déraciné la population indigène et volé leurs terres et leurs ressources naturelles.

Ce processus toujours en cours s’est intensifié avec l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza en 1967 et plus particulièrement depuis le début du « processus de paix » il y a 20 ans. Toutefois, celui-ci était marqué par une forme nouvelle de colonisation et de néolibéralisme que je qualifierai de néocolonialisme économique.

Les résultats de la recolonisation du Sud, qui a démarré en Amérique du Sud et s’est poursuivie en Afrique et au Moyen-Orient, mérite qu’on y réfléchisse un moment, puisqu’elle a été mise en œuvre et continue d’être appliquée en Palestine (terme que j’utilise pour sa concision). Le processus néolibéral de recolonisation du Sud a remplacé les armées occupantes, les armes de destruction et les missiles par des systèmes et des agents invasifs qui :

* ont imposé la dérégulation des secteurs publics 
* ont privatisé des services indispensables, comme l’éducation, les soins de santé et la sécurité sociale 
* ont endetté les gens au moyen de plans de crédit facilement accessibles avec la complicité d’institutions financières créées localement et de monopoles inventés localement, chargeant donc les citoyens de dettes et d’engagements financiers lourds qu’ils n’ont pas pu payer 
* ont généré des niveaux de chômage élevés tout en réduisant les opportunités d’emploi.

La conséquence a été la paupérisation de générations entières et la soumission politique et économique de la majorité de la population aux nouvelles élites qui contrôlent les ressources politiques et économiques. En même temps, ce processus a suscité un mirage généralisé – à savoir que ces changements amèneraient la libération du peuple et assureraient leur bien-être économique. La Palestine n’est pas différente ; elle n’a pas échappé à ce que Chris Hedges nommait avec pertinence une « capacité collective de s’auto-illusionner ».

La Palestine néocoloniale, qui a reçu quelque 23 milliards de dollars depuis 1994, porte actuellement le poids d’une dette extérieure et intérieure d’au moins 4,3 milliards de dollars. Elle est souvent incapable de payer les salaires de ses 17.000 fonctionnaires à la fin du mois. Le taux de chômage sans cesse croissant, par exemple, dépasse les 45 % parmi les diplômés universitaires et les personne de moins de 30 ans. Son économie est totalement dépendante de celle de son occupant et de « l’aide » étrangère. Du point de vue de son développement, la société palestinienne est au bord de l’explosion.

Absence de souveraineté et nouvelles classes prédatrices

De plus, le processus d’Oslo a ancré la non-souveraineté de la Palestine. Le concept de souveraineté [le pouvoir de décider démocratiquement] est utilisé ici dans un sens holistique, c’est-à-dire qu’il ne renvoie pas seulement à la souveraineté politique mais englobe également l’économie, l’alimentation, l’éducation, la santé l’eau et d’autres ressources cruciales pour un développement humain durable. Ayant été sujette à de nombreuses formes d’occupation, la Palestine n’a jamais fait l’expérience d’une souveraineté véritable. Néanmoins elle expérimente aujourd’hui – dans cette illusion d’autonomie inoculée par le processus d’Oslo – une absence de souveraineté sans précédent dans toutes les sphères citées ci-dessus.

Considérons simplement les quelques faits suivants. Les Territoires Palestiniens Occupés (TPO) sont sous le contrôle absolu de l’occupation militaire israélienne en collaboration avec les forces de sécurité bien entraînées et grassement subventionnées de l’AP.

Par ailleurs, le peuple palestinien a été fragmenté en cinq compartiments : la Cisjordanie, Gaza, Jérusalem-Est, les citoyens palestiniens d’Israël et les Palestiniens de la diaspora (al-shatat). Chacun de ces segments expérimente – ou plutôt endure – un statut d’administration et de gouvernance différent : occupation, statut de réfugié, citoyenneté minoritaire, et exil. Ils sont fragmentés encore plus profondément au micro-niveau, par exemple dans la classification en Zones A, B et C, chacune ayant son propre statut juridique. La capacité des Palestiniens de se déplacer librement entre ces groupes et au-dedans dépend entièrement de l’approbation des forces d’occupation israéliennes.

Et puis, bien sûr, il y a la subordination formelle et absolue de l’économie palestinienne à Israël, pour qui elle sert de marché captif. Comme l’exprime sobrement Sam Bahour (*), « Les ressources économiques stratégiques qui constituent un état sont la terre, l’eau, les routes, les frontières, le spectre électromagnétique, l’espace aérien, la mobilité, l’accès, l’électricité, des relations commerciales libres et, la plus importante, la ressource humaine […] sont à 100 % micro-managées par l’occupation militaire israélienne ».

Au-delà de l’instauration d’une non-souveraineté, le processus d’Oslo a incubé de nouvelles « classes prédatrices » qui se sont gavées sur les groupes vulnérables, ont accédé aux privilèges politiques et aux fonds des donateurs, et ont donné un vernis de légitimité à la normalisation avec les structures de l’occupation israélienne, tout en servant de subordonnés pour l’occupation – voir.

Ce qui dans le passé se faisait avec répugnance et subrepticement, en raison du risque d’être exclu et abandonné par la société en général, voire parfois au risque de sa vie, se fait, depuis Oslo, ouvertement, sans vergogne, voire avec une fierté orgueilleuse, par exemple en obtenant des accords prétendument innovateurs pour le développement de la Palestine.

Ces classes prédatrices incluent ceux qui suivent :

(la liste n’est pas du tout exhaustive)
* des courtiers politiques qui normalisent les contacts entre l’AP et l’administration israélienne de l’occupation 
* des courtiers fonciers qui réalisent des affaires immobilières en vendant des terres indigènes à des gens fortunés, palestiniens, arabes, ou juifs vivant hors de Palestine 
* des courtiers financiers qui agissent en tant qu’intermédiaires entre agences d’aide transnationales, agences gouvernementales étrangères, compagnies commerciales, d’une part, et ONG et firmes locales, d’autre part. 
* des courtiers du capital, qui mettent en relation des Palestiniens des TPO avec des capitalistes palestiniens, arabes, juifs israéliens, juifs occidentaux et d’autres capitalistes occidentaux qui recherchent des investissements lucratifs en Palestine
* des courtiers en sécurité, qui mettent en relation des entreprises de sécurité israéliennes et occidentales avec des firmes et des compagnies locales ayant des besoins de sécurité émergents.

Libérons-nous de cette fâcheuse situation

Dans son ensemble, le développement économique de la Palestine depuis les Accords de Camp David, et en particulier depuis les Accords d’Oslo de 1993, a été fragmenté et non cumulatif. Il a été mis en œuvre au premier chef par l’occupation israélienne – la colonisation des terres et le siphonnage des ressources – mais également par une coalition entre des élites capitalistes et politiques palestiniennes, des ONG œuvrant pour le développement, et des agences d’aide transnationales.

Cette coalition dépendait du flux d’argent transnational et de la collaboration avec les corporations juives-israéliennes en Israël, dans la région, et dans le monde. Beaucoup – notamment l’actuel Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahou – espéraient que cela entraînerait un état permanent de « paix économique » (**).

L’aide avancée à la Palestine dans le contexte des Accords d’Oslo sous une occupation et une colonisation qui se prolongeaient, est une aide politique par excellence. Elle est avancée dans le but précis de persuader le peuple palestinien de consentir et de se soumettre à un agenda économique et politique imposé, lequel est déterminé, formaté et dicté par la stratégie mondialiste néolibérale de l’occupant palestinien.

Une telle aide se concentre sur la non production et sur une consommation éhontée étalant impudemment des signes de richesse, en s’appuyant sur un crédit facile proposé par les institutions financières, autrement dit, en endettant et en rendant captives de la dette politique et économique toute la société actuelle ainsi que les générations futures. C’est cette aide même qui enjoint aux Palestiniens de consommer ce qu’ils ne produisent pas – et de ne manger que ce que leur occupant autorise, et au moment où il l’autorise.

Il existe une alternative : une approche différente du développement que j’appelle le développement de libération centré sur le peuple. Il nécessite un ré-agencement de nos structures mentales et de nos institutions sociales, économiques et éducatives, pour mener par processus cumulatif à l’autodétermination et à la libération socio-politique et économique.

Un tel processus de restructuration ciblerait la société toute entière afin de renforcer et de mettre en valeur ses ressources indigènes ; il vise en premier lieu à résister et à abolir l’occupation étrangère, la recolonisation politique et économique ainsi que les classes prédatrices. Voir

Le défi de l’émancipation

Le défi est maintenant le suivant : comment recomposer cet environnement imposé artificiellement et le rendre démocratique et promoteur de liberté ? Premièrement, les Palestiniens doivent éviter ceux qui insistent fébrilement sur des solutions immédiates dans le contexte existant, statu quo qu’ils acceptent, qu’ils soutiennent et dont ils tirent profit. Notre approche doit plutôt être stratégique et sur le long terme.

Le processus doit commencer avec une auto-libération du genre de celle que défendait Frantz Fanon dans son essai « Les damnés de la terre » (basée sur une conscience créée et cultivée par l’indigène lui-même, et enracinée dans l’histoire, les points forts et les systèmes de valeur du peuple. voir en ligne : ceci ou cela

Un pas décisif vers cet objectif est de réviser le cursus éducatif, afin de redéfinir ce que signifie « être un Palestinien » dans le contexte de l’occupation prolongée, et de réintégrer cette compréhension de la palestinianité avec celle du reste du peuple palestinien. Une démarche similaire est de ré-instiller des valeurs culturelles positives dans notre société, en particulier le volontarisme.

En parallèle, il faudrait concentrer les efforts sur le rétablissement de la souveraineté populaire en réclamant les moyens agricoles de production – nos terres et nos ressources naturelles, en particulier l’eau. Des coopératives agricoles devraient damer le chemin en avant vers un futur prévisible. Imiter le capitalisme et ses marchés prétendument ouverts n’est pas le chemin à suivre pour consolider notre tissu sociétal sous oppression et sous occupation. Nous devons travailler sur la production plutôt que sur une consommation tape-à-l’oeil et promouvoir l’objectif de consommer ce que nous produisons.

Ce genre d’approches stratégiques pourrait en fin de compte mener à l’émancipation et à la libération collectives. Cela prendrait du temps mais le peuple palestinien peut s’inspirer de l’expérience de ses nombreux combats au cours du siècle dernier. Il n’y a vraiment pas d’autre voie : libération, indépendance, autosuffisance et souveraineté ne peuvent être atteintes dans le cadre créé par le processus d’Oslo.

(*) http://www.europalestine.com/spip.php?article6907 
(**) Cf Trenton, N.J. and London : The Red Sea Press, 2011, disponible à. Mon livre est fondé sur 30 années d’expérience dans diverses institutions où j’espère avoir contribué au développement de mon pays, la Palestine – la Palestine historique.

*Khalil Nakhleh est un anthropologue et chercheur palestinien, consultant indépendant pour le développement et l’éducation, auteur de nombreux articles et de plusieurs livres sur la société palestinienne e.a. Le mythe du développement palestinien, L’émancipation des générations futures, L’avenir de la minorité palestinienne en Israël, Globalized Palestine : The National Sell-out of a Homeland. Le Dr Nakhleh réside à Ramallah et peut être joint à : abusama@palnet.com.

 

 

 

 

Résistance politique: Le colonialisme sioniste… Gilad Atzmon analyse Ilan Pappe…

Posted in actualité, pédagogie libération, philosophie, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 2 mai 2013 by Résistance 71

Excellente analyse de G. Atzmon. Stupéfiant de constater également que les ressorts du colonialisme sont identiques partout. Remplaçons les mots « Palestine » et « Palestiniens » par « indigènes », « natifs », « indiens, « amérindiens » ou tout autre peuple colonisé, et nous nous apercevons avec effroi que les fondements racistes et suprémacistes sont identiques. Les sionistes pratiquent en Palestine les vieilles recettes coloniales de contrôle et de construction hégémonique que les autres nations coloniales ont appliquées à partir de 1492 avec l’effet génocidaire que nous connaissons…

Plus au sujet de la colonisation bientôt sur ce blog…

— Résistance 71 —

 

Suprématie judéocentrique et l’inconfort d’Ilan Pappe

 

Gilad Atzmon

 

1er Mai 2013

 

url de l’article original:

http://www.informationclearinghouse.info/article34783.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ilan Pappe est une voix importante. Un de ces historiens courageux, suffisamment brave pour ouvrir la boîte à pandore de 1948. Dans les années 1990, Pappe, parmi quelques autres Israéliens post-sionistes, ont rappelé aux Istraéliens leur pêché originel, le nettoyage ethnique orchestré et racialement motivé du peuple indigène de la Palestine: la Nakba.

Mais comme beaucoup d’historiens, Pappe, bien que familier avec les faits historiques, semble être incapable de bien saisir ou est réticent à s’intéresser à la signification idéologique et culturelle de ces faits.
Dans son article récent: , When Israeli Denial of Palestinian Existence Becomes Genocidal, Pappe tente d’expliquer le perpétuel déni israélien de la cause palestinienne. Comme Schlomo Sand, Pappe remarque que la conception du président israélien Shimon Peres de l’histoire est un “narratif fabriqué”.

Jusque là, tout va bien, mais Pappe loupe le coche. Pour une raison indéterminée, il croit que le refus de Peres de concevoir la souffrance palestinienne est le résultat d’une “dissonance cognitive”, à savoir: un inconfort dont on fait l’expérience lorsque deux ou plusieurs idées, valeurs ou croyances en conflit l’une avec l’autre sont envisagées en même temps.

Mais quelles sont ces idées ou valeurs conflictuelles retenues par les Israéliens et leur président, qui leur causent tant “d’inconfort” ? Pappe ne nous le dit pas. Il n’explique pas non plus comment Peres a supporté un tel ‘inconfort” pendant plus de six décennies. Bon, je suis d’accord pour dire que Peres, Netanyahou et beaucoup d’Israéliens montrent souvent de clairs signes psychotiques, mais une chose que je ne peux pas détecter dans les faits et gestes de Peres est un quelconque “inconfort”.

Je pense clairement que Pappe a tort sur ce point ; Expulsion, nettoyage ethnique ainsi que les perpétuels abus des droits de l’Homme en Palestine, sont en fait consistants avec la culture suprémaciste, nationaliste juive ainsi qu’avec une plus stricte interprétation de l’héritage biblique juif.

Pappe écrit: “Les perpétrateurs du nettoyage ethnique de 1948 furent les colons sionistes qui vinrent en Palestine, comme le natif de Pologne Shimon Peres, avant la seconde guerre mondiale. Ils refusèrent l’existence même des natifs qu’ils rencontrèrent et qui vivaient là depuis des centaines d’années sinon plus.” Là, Pappe a raison, mais il continue: “Les sionistes n’ont pas eu à l’époque, la force de résoudre la dissonance cognitive qu’ils expérimentaient: leur conviction que la terre était inhabitée, malgré la présence de tant de personnes natives de l’endroit.” Mais Pappe échoue à montrer quelque signe que ce soit d’une telle dissonance. Se pourrait-il que le directeur des études palestiniennes de l’université d’Exeter soit juste ignorant ?

Certainement pas, Pappe est loin d’être ignorant. Pappe connait parfaitement l’histoire du sionisme et d’Israël, bien mieux que la plupart des gens. Il sait que les “colons sionistes”, comme “le polonais Shimon Peres”, étaient motivés idéologiquement et culturellement. Mais alors, pourquoi un professeur d’histoire tente t’il de ne pas voir “l’idéologie” et la “culture” de ces sionistes du début ?

Les sionistes du début n’étaient ni aveugles ni stupides. Ils voyaient les Arabes sur la terre de Palestine, dans les champs, les villages et dans les villes, mais étant motivés par une philosophie raciste, suprémaciste et expansioniste, ils considéraient très probablement les Arabes comme des sous-hommes et ainsi réfutaient leurs droits, leur culture, leur héritage et de fait leur humanité, bien plus facilement. [1]

Mais, bien qu’une analyse culturelle et idéologique résoud la soi-disant “dissonance” et illumine la complexité historique, Ilan Pappe évite d’élaborer sur ces sujets. J’ai de bonnes raisons de croire que la vérité est bien trop crue et puissante à digérer pour l’audience de Pappe. Donc, au lieu de cela, Pappe continue avec son modèle psychologique : “Les sionistes ont presque résolus la dissonance quand ils ont expulsé autant de Palestiniens qu’ils le pouvaient en 1948 et furent laissés avec une petite minorité de Palestiniens au sein de l’État Juif.”

Toujours est-il que cela pourrait aider si Pappe nous donnait la preuve “historique” nécessaire qui prouverait que la Nakba fut en fait une tentative de “résoudre une dissonance cognitive collective sioniste”. J’anticipe que Pappe sait très bien que c’est en fait le manque d’une telle “dissonance cognitive” qui a conduit quelques israéliens comme Uri Avnery, Gideon Levy et Pappe lui-même, vers l’universalisme, l’humanisme et l’activisme pro-palestinien.

Je suppose que le nouveau modèle analytique cognitif de Pappe nous dit très peu sur le sionisme, Israël ou Shimon Peres, mais il nous en dit en fait beaucoup sur Pappe et sur l’état du discours intellectuel de la solidarité palestinienne. L’inconfort dont il parle est en fait le sien: le clash entre des faits connus et acceptés et les conclusions logiques qui s’imposent et la tâche qu’il a acceptée de résoudre la quadrature du cercle, d’envelopper un pojet suprémaciste raciste dans un emballage de babillage psychologique et en le présentant comme rien de moins qu’une pandémie de “dissonance cognitive”.

Pour quelque raison que ce soit, bon nombre d’entre nous insistent sur la production de chroniques “inoffensives” du barbarisme israélien et du nationalisme juif qui tente de masquer et de dévier du cœur du problème culturel et idéologique évident , plutôt que de le montrer du doigt.

Pourtant, la question qui me titille est de savoir comment il est possible qu’un éminent universitaire exhibe une telle compréhension problématique d’un conflit après l’avoir étudié pendant plus de trente ans.

La réponse est en fait gênante. Pappe est un érudit sérieux et une personne très agréable. Mais dans le climat actuel, Pappe, comme bien d’autres, ne peut pas explorer librement la vérité sur le sionisme et l’État Juif. La choquante vérité est que Pappe était bien plus intellectuellement provocateur et intéressant lorsqu’il enseignait à l’université de Haïfa que maintenant alors qu’il dirige l’Institut des Études Palestiniennes de l’université d’Exeter. Il est juste de supposer que de dire la vérité au sujet de la culture qui dirige l’État Juif coûterait à Pappe sa carrière académique en Grande-Bretagne et de manière évidente le soutien qu’il a de la soi-disant “gauche” juive, sans parler des collaborateurs palestiniens financés par George Soros.

Ainsi, au lieu de rechercher la vérité, Pappe et les autres finissent par chercher des modèles “innofensifs”, quoi que ce soit pour maintenir l’image de “solidarité”.

Je n’ai aucun doute que Pappe sait maintenant que les Israéliens sont loin d’être tourmentés par la cause palestinienne. Ils ne regrettent pas la Nakba non plus, ils ne versent pas de larmes sur leur assaut passé raciste sur les gens de la terre de Palestine. Comme les sondages israéliens l’ont révélé encore et toujours, la plupart des Israéliens soutiendraient aujourd’hui une seconde Nakba tout comme ils ont soutenu les tapis de bombes criminels largués sur les populations civiles au temps de l’opération plomb durci. Pappe sait tres bien que la politique raciste israélienne et les attitudes collectives sont culturelles et idéologiques, plutôt que motivées politiquement. Israël est l’État Juif et sa politique est dictée par une nouvelle interprétation hébraïque de la culture juive et de l’héritage judaïque.

Pappe est un humaniste et je veux croire que dans l’intimité, il ressent lui-même un certain inconfort. Au fond de lui-même, Pappe doit connaître la vérité. Il sait ce qui motive le sionisme et le militarisme israélien. Il le sait parfaitement, mais pour des raison évidentes, il doit se taire et envelopper le conflit avec une terminologie défaillante et des modèles cognitifs “innofensifs”.

Au lieu de s’engager dans un discours ouvert et de creuser la vérité du conflit, nous voyons nos plus éminents universitaires s’engager activement dans la dissimulation de la vérité. Ceci est en fait une tragédie, car le discours de la solidarité palestineinne est maintenant un véritable désert intellectuel. Nous avons tué et enterré nos penseurs les plus inspirationnels [2] et nos poètes. Nous les avons remplacé par des slogans rigides et une banale culture Herem [3]

De manière néanmoins intéressante, au moment où Pappe a fini d’écrire son article, il n’était plus lui-même convaincu de son propre modèle. Il écrit: “Il est assourdissant d’apprendre que les sionistes de la première heure refusaient l’existence même des Palestiniens en 1882 lorsqu’ils arrivèrent; il est même encore plus choquant d’apprendre qu’ils continuent de nier leur existence, au delà des communautés sporadiques ghettoïsées, en 2013.

La signification de ceci est très claire: Nous avons ici affaire à un déni total et catégorique d’autrui. Ceci n’est pas un signe de “dissonance cognitive”, mais plutôt un continuum historique de la condition psycho-pathologique qui est inhérente au choix de politique. Ceci est le résultat direct de la suprématie judéo-centrique, le domaine même que Pappe et bien d’autres préfèrent ne pas attaquer.

A la fin de son article, Pappe affirme que Peres est un “fou” qui ignore “que des millions et des millions de gens, bon nombre d’entre eux étant sous la coupe de son armée ou de la règle d’apartheid tandis qu’il interdit activement et sans merci le retour du reste de ces gens sur leur terre native.” Mais si Peres est un “fou”, il n’est sans doute pas rongé par l’inconfort. Si Peres est fou, il n’est pas dans un état de “dissonance”, luttant sans cesse pour intégrer des idées conflictuelles. Bien au contraire, Peres est, dans toute son ignominie, entièrement en paix avec lui-même.

Aussi loin que je sois concerné, Shimon Peres n’est pas du tout fou. Il est le mal, de manière cohérente et consistante. Il est le président de l’État Juif et il est grand temps qu’Ilan Pappe confronte ce fait et ce que cela veut dire.

=  =  =

Gilad Atzmon est un des tous meilleurs musiciens de jazz international de notre époque, philosophe, penseur humaniste et écrivain, Gilad Atzmon nous a mis au défi intellectuellement  depuis plusieurs années (principalement les juifs) afin d’examiner ce que définit la politique identitaire juive, ses croyances fondamentales suprémacistes et bien des problèmes qui en surgissent: ses stratégies, les déguisements variés du racisme, l’étouffement et la suppression de la liberté de parole. More

Notes

[1] De manière intéressante, ce fut en fait le soniste d’extrême droite notoire Vladimir Jabotinsky qui fut parmi les premiers à envisager la nécessité de résoudre la complexité de la gestion de la population indigène et ce dans le contexte du rêve sioniste. Ce fut l’ultra-nationaliste cruel Jabotinsky, plutôt que la “gauche” sioniste, qui voyait les Arabes comme un peuple fier et hautement culturel, qui préconisa que les indigènes devaient être confrontés militairement. Sur ce sujet, je recommanderai la lecture de Vladimir Jabotinsky’s Iron Wall.

[2] Juste cette année passée, nous avons vu le BDS faire campagne contre le professeur Normal Finkelstein, Greta Berlin, le député George Galloway et bien d’autres.

[3] Mot hébreu pour excommunication et boycott.

Apartheid impérialiste: Memento pour la Palestine…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 2 décembre 2012 by Résistance 71

“Les Palestiniens sont des bêtes qui marchent sur deux pattes”[1]

 

MEMENTO pour la PALESTINE
(2)

 

 

Par Rudi Barnet

 

Novembre 2012

 

A peine des hommes, je vous dis!

Quand, en 1982, Menahem Begin[2] prononça ces fortes paroles à la Knesset, ses collègues députés applaudirent chaleureusement la clairvoyance de son jugement. 
Il n’était pas, loin de là, le premier à afficher ainsi son mépris pour les êtres humains originaires du pays conquis. 
Il y avait déjà une bonne cinquantaine d’années que les leaders sionistes considéraient les Palestiniens comme des sous-hommes :

Chaim Weizmann[3] , premier président d’Israël, n’avait pas hésité, par exemple, à déclarer « Les Britanniques nous ont dit qu’il y a là quelques centaines de milliers de nègres et qu’ils n’ont aucune valeur »[4] 
Yizhak Shamir[5] , premier ministre, proclamait également sa haute considération de l’être humain : « Les Palestiniens seront écrasés comme des sauterelles… leurs têtes éclatées contre les rochers et les murs.« [6] 
De son côté, Ehud Barak prévenait déjà, il y a plus de dix ans, la population israélienne que « Les Palestiniens sont comme les crocodiles, plus vous leur donnez de viande, plus ils en veulent« (Jerusalem Post du 30/8/2000)[7] 
Le grand rabbin Yossef Ovadia y va aussi de son exhortation (12/4/2001) : « Puisse le Nom Divin répandre le châtiment sur les têtes arabes, et faire égarer leur semence et les annihiler! Il est interdit d’avoir pitié d’eux!
Nous devons leur lancer des missiles avec joie et les exterminer. Ils sont malfaisants et damnés!« 
Un autre rabbin, Yitzhak Ginsburg, affirme que « Le sang juif et le sang des goys (non-juifs) ne sont pas les mêmes, » et que « tuer n’est pas un crime si les victimes ne sont pas juives. » [8]  
… Sans oublier Avigdor Lieberman[9], ministre des Affaires étrangères, qui proposait, en 2009, d’appliquer à Gaza « Ce que les Etats-Unis ont fait au Japon à la fin de la seconde guerre mondiale.« … Autrement dit, d’y envoyer une bombe atomique. 
Quant à Eli Yishai, ministre de l’intérieur du gouvernement actuel, qui mène une véritable chasse aux émigrés africains, il déclare en juin 2012 : « J’utiliserai tous les moyens pour expulser les étrangers car Israël appartient à l’homme blanc!  » [10] 
Ce discours sur la pureté de la race ne vous rappelle rien?

Il serait illusoire de croire que cette xénophobie se limite à quelques leaders politiques ou religieux fanatiques. 
Comme en témoigne un sondage publié en octobre 2012 par le quotidien israélien « Haaretz », c’est à tous les étages de l’Etat que le mal s’est installé.[11]  

42 % refusent d’habiter dans le même immeuble que des arabes israéliens et ne veulent pas que leurs enfants 
aillent à l’école avec des enfants d’origine arabe.
33% voudraient que l’Etat instaure une loi interdisant aux citoyens arabes de voter aux élections législatives
69 % sont opposés à l’idée du droit de vote pour les Palestiniens si Israël annexe la Cisjordanie.
74 % sont favorables à des routes séparées pour Israéliens et Palestiniens en Cisjordanie
58 % sont conscients du régime d’apartheid en vigueur à l’encontre des Arabes, mais l’approuvent.[12] 

… Rien d’étonnant quand on sait que, dès la petite enfance, le système éducatif israélien tend à favoriser la ségrégation et à convaincre le citoyen qu’il appartient à un « peuple élu », victime permanente de l’antisémitisme, mais protégé par « l’armée la plus morale du monde ».[13]
Militarisation de l’Education…
 
« Les manuels scolaires israéliens correspondent à toutes les catégories du discours raciste, à la fois verbal et visuel« 
Accusation antisémite?
Non, c’est l’avis de Nurit Peled-Elhanan, professeure israélienne spécialisée dans l’éducation à l’Université hébraïque de Jérusalem.[14] 
Dans son dernier ouvrage « La Palestine dans les manuels scolaires israéliens : Idéologie et Propagande dans l’Education »[15]  elle précise que la quasi-totalité des sujets contenus dans les programmes israéliens denseignement sont imprégnés dun nationalisme exacerbé.

Exemples de règles à suivre dans un nouveau guide pour la préparation aux examens en éducation civique dans les université israéliennes : les filles israéliennes doivent rester à l’écart des Palestiniens, parce que « les jeunes arabes constituent une menace pour la vie des jeunes filles » et que « les relations entre les jeunes hommes arabes et les jeunes femmes juives représentent une menace pour la majorité juive dans le pays« 
 
Un nouveau programme, « Derekh Erekh » (Chemin des Valeurs) va être mis en pratique en 2012 afin d’inculquer le sens du devoir et de lallégeance à lʼEtat. Il vise, en priorité, à renforcer les liens entre les écoles israéliennes et lʼarmée.
 »Les enseignants sont des appelés tout au long de leur vie! » a déclaré le ministre de lʼEducation, Gideon Saar, en présentant ce programme.

 Formation militaire d’enfants dans une colonie

Pour tenter d’amenuiser la mauvaise image qu’engendre cette politique pédagogique, les officines occidentales de propagande publient journellement des articles scandalisés sur la militarisation des jeunes Palestiniens.
 
Quelle est la réalité?
Faute d’argent, l’UNRWA (ONU) a renoncé en 2012 à l’organisation des camps de vacances pour les jeunes de Gaza. Le Hamas a tenté de suppléer à cette défaillance et a mis sur pied des camps qui offrent une occupation à une minorité d’enfants et d’adolescents.
Ces camps ont indéniablement certains aspects militaristes (exercices de type commando, notamment) et la formation politique à la résistance contre Israël y est présente au travers de slogans comme « Une main tient un stylo et l’autre un fusil » ou « Une main étudie et l’autre lutte contre Israël« .[16] 
Même limitée à quelques camps de Gaza, cette initiative est sans aucun doute attristante… Mais elle est sans commune mesure avec l’ampleur de la politique militariste de l’Etat d’Israël, générale et bien plus dangereuse : les armes ne sont pas en plastic dans les formations des petits israéliens… et les balles sont bien réelles.
 
… Et enseignement de la haine
 
L’étude de Nurit Peled-Elhanan fait ressortir le véritable lavage de cerveau qui est pratiqué dans les écoles israéliennes.[17] Jamais les Palestiniens n’y sont présentés comme des êtres humains… mais comme un « problème » – le mot « palestiniens » n’est même jamais utilisé – et sont qualifiés d’êtres primitifs aux pratiques tribales et archaïques, toujours « hostiles », « agresseurs » ou « terroristes ».
La glorification du régime est permanente : « Personne ne peut comprendre notre situation mieux que nous » est l’argument avancé pour expliquer aux élèves pourquoi le Droit International nʼest pas applicable à lʼEtat dʼIsraël.
… Etc.
Comment s’étonner que, avec une telle « pédagogie », les jeunes soldats israéliens se comportent ensuite comme des dresseurs de fauves aux « check-points » ou que les jeunes colons « cassent de l’Arabe » sans état d’âme et tirent sur les villageois palestiniens comme au joyeux temps du Far West?
 
Le texte qui suit suffit largement à toucher du doigt cette réalité qui fait frémir tout humaniste.
Zvi Ba’rel, journaliste senior au quotidien « Haaretz » l’a écrit après le lynchage à Jérusalem de Jamal Julani, un jeune Palestinien, par une bande d’adolescents israéliens dont l’un déclara qu’il « pouvait bien mourir, cela m’est égal, puisque c’est un Arabe » pendant que des dizaines de badauds et les policiers regardaient la scène sans réagir.[18]  

La « littérature » israélienne incitant à la haine des Arabes date de bien avant l’occupation. 
La série de livres enfantins « Danidin », de Shraga Gafni est truffée d’illustrations et d’expressions qui balisent le terrain pour le développement de la haine anti-Arabe. 
La collection « Mikraot Yisrael » (« Lecteurs israéliens »), qui a servi à l’apprentissage de centaines de milliers d’enfants israéliens, est elle aussi bourrée de termes incitant à la haine.
Nous avons des gens qui passent pas mal de temps à surveiller le contenu des ouvrages scolaires publiés par l’Autorité Palestinienne. Mais on ne ressent pas la nécessité de lister toutes les recettes visant à développer la haine de l’anti-Arabe dont on nous a nourris, et qui ont fait ensuite leur propre chemin en nous. 
Alors, on est tenté de venir en défense de ces criminels de Jérusalem, dont le « seul crime », si l’on y réfléchit, a été de mettre en pratique la pédagogie israélienne et son éthos de « Mort aux Arabes » qui leur ont été enseignés.
Cette mentalité continuera d’être partie intégrante de l’identité nationale juive-israélienne, quand bien même l’occupation cesserait demain matin. 
Et cela, parce que notre « Mort aux Arabes » n’est pas cette haine « classique » vis-à-vis de quelqu’un qui est différent, il n’est pas non plus l’infâme mot d’ordre des gangs adeptes de ce qu’ils appellent les « représailles ». Ce n’est pas non plus la même chose que la xénophobie ou la crainte du musulman, qui se retrouvent dans le racisme européen.
Chez nous, la haine de l’Arabe fait partie des manifestations de la loyauté et de son identité qu’un citoyen juif doit apporter à l’Etat. 
Un Israélien loyal est un Israélien qui laissera mourir un Arabe, parce que ce dernier « est un Arabe ». Et si une personne n’est pas comme cela, c’est bien connu, « c’est parce qu’elle couche avec les Arabes ».
 
Que répondre à ce vieux journaliste patriote?
Quand un système éducatif conduit des citoyens à lyncher d’autres citoyens parce qu’ils sont physiquement différents, sans susciter de protestation ni de condamnation unanimes, il faut bien reconnaître que l’on se trouve en face d’un système fasciste!
… Et inutile d’essayer de se voiler la face, ce qui se passe en Israël n’est en rien un racisme circonstanciel ou limité à une minorité, tel qu’on peut le subir dans la plupart des pays occidentaux. Il résulte de l’application méthodique d’une idéologie propagée par les leaders sionistes et est consubstantielle de tout le système politique et éducatif.[19] 

Comme en témoigne les observations de la sociologue Eva Illouz, professeur de sociologie à l’Université hébraïque de Jérusalem, même les institutions judiciaires n’échappent pas à la xénophobie : « Les Arabes d’Israël (20%!) sont certes des citoyens, mais leur citoyenneté est un simple fait administratif, pas une forme de participation active à la culture, à la politique et à l’économie d’Israël » [20] 

Les Sionistes rabiques auront beau pousser des cris d’orfraie[21] , le terrible constat est là : la société israélienne actuelle est gangrénée par « la bête »! 

Une démocratie… Très particulière

La “Loi Fondamentale“ – comme on le sait, Israël n’a pas de Constitution, ce qui aurait, notamment, impliqué de fixer une limite territoriale – proclame qu’il s’agit d’un Etat juif. 
La nouvelle loi que Netanyahu et Lieberman veulent instaurer obligera chaque citoyen, qu’il soit laïc, chrétien ou  musulman, à faire serment d’allégeance à l’identité juive de l’Etat… sous peine d’expulsion! 
Théocratie mariée à Démocratie! Union de la carpe et du lapin, non ? 
 
De nombreuses voix se sont heureusement élevées contre ce projet qui « en se définissant sur une base ethnique ou religieuse, instaure des discriminations institutionnelles entre ses citoyens fondées sur l’origine ou la religion (…) La reconnaissance d’Israël en tant qu’ « Etat juif  » par un Etat tendrait à conforter la prétention d’Israël à représenter les citoyens juifs d’autres Etats, et à valider pour longtemps différents types de discrimination pour les citoyens israéliens non reconnus comme « Juifs ».
On peut craindre aussi que la reconnaissance d’Israël comme « Etat  juif  » ne donne des bases internationales légales à un régime d’apartheid, au cas où Israël continuerait et étendrait  sa politique de colonisation de toute la Cisjordanie, en niant les droits nationaux du peuple palestinien.«  [22]  
 
Quelques particularités de ce régime prétendument démocratique :
 
 La carte d’identité israélienne comporte des mentions différentes selon que vous êtes Juif ou Arabe. 
 Seul le mariage religieux juif a valeur d’Etat Civil (celui d’une autre religion, est seulement “reconnu“). 
 La population des territoires “annexés » en 1967 n’a pas de statut de nationalité et les civils non-juifs peuvent être “jugés“ par des tribunaux militaires. 
 La discrimination ethnique à l’embauche est générale pour le 1,2 million de Palestiniens de nationalité israélienne. 
 Justice est discriminatoire. Un Israélo/palestinien est systématiquement condamné à une peine plus lourde qu’un citoyen catalogué comme juif. [23] 
 Les terres ancestrales des Bédouins du Néguev ont été confisquées. Israël les a parqués dans une petite région, le triangle du Siyag (Beersheva, Dimona, Arad) et confinés dans des townships.[24]  
 Seulement 2% des terres peuvent être achetées par les “israélo-palestiniens“ car une loi autorise l’Agence juive à s’opposer à la vente aux non-juifs. [25] … Etc. 

Apartheid? Mais de quoi parlez-vous? 

Toutes ces pratiques discriminatoires et servitudes appartiennent bien plus à un régime autoritaire et raciste qu’à ce que nous appelons la démocratie, non ? 
Comment peut-on accepter de cet État ce que nous condamnons pour d’autres pays et trouverions inacceptable dans le nôtre ?
Comme l’écrit l’Israélien Amnon Be’eri-Sulitzeanu, Directeur adjoint des « Abraham Fund Initiatives » : « En 2010, la ségrégation entre juifs et Arabes en Israël est presque absolue. Pour ceux d’entre nous qui vivent ici, c’est quelque chose qui va de soi« .[26] 
 
Le « Tribunal Russell pour la Palestine » (Cape Town, novembre 2011), qui réunissait d’éminents juristes internationaux pour juger  de l’existence, ou non, d’un régime d’apartheid en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, a conclu que « Israël soumet le peuple palestinien à un régime institutionnalisé de domination considéré comme apartheid en vertu du droit international. Ce régime discriminatoire se manifeste sous une intensité et des formes variables à l’encontre de différentes catégories de Palestiniens selon le lieu de résidence.
Les citoyens palestiniens d’Israël, bien que jouissant du droit de vote, ne font pas partie de la nation juive en vertu du droit israélien et sont dès lors privés des avantages découlant de la nationalité juive et soumis à une discrimination systématique touchant une vaste gamme de droits de l’homme reconnus… etc. [27]  
S’il y en a qui doutent encore de l’existence du régime d’apartheid, il n’y a qu’à entendre Bentzi Gopstein, président de l’association Lehava qui a lancé une campagne choc pour sensibiliser les parents israéliens aux dangers des mariages mixtes : « Il faut mettre en garde les parents contre les dangers d’envoyer leurs filles au service militaire avec les arabes ou de les laisser travailler avec eux (…) Travailler avec des Arabes crée un véritable risque d’assimilation, c’est pourquoi nous encourageons le travail juif (…) Nous continuons la tradition de Ben Gourion, et nous sommes décidés à renforcer ceux qui n’emploient que des juifs« [28]  .
… Un certain Anders Breivik a tué 77 jeunes Norvégiens qui avaient le tort, selon lui, de préconiser l’assimilation.

Comme le stigmatisait, une fois de plus, le rapport de « Human Rights Watch«  de décembre 2010 : « Les Palestiniens sont victimes de discrimination systématique en raison de leur race, de leur origine ethnique et nationale, en conséquence de quoi ils sont privés d’électricité, d’eau, d’écoles et de routes, alors que les colons juifs de leur voisinage bénéficient de tous ces services publics« .
 
D’autres discriminations encore :
 
 Emprisonnement illégal, selon le Droit international et la loi israélienne, d’enfants de – de 14 ans accusés de jets de pierre.[29]  

 

“Loi de l’absence“ qui permet de s’approprier la maison du non-juif que l’on a fait fuir 
 Privation de l’eau dans les territoires palestiniens (70 litres/jour contre 300 litres/jour pour les Israéliens !)
 Routes interdites aux non-juifs. L’exemple le plus connu est celui de la Route 60 qui, du nord au sud, cisaille la Cisjordanie en deux!
 Restrictions à la circulation par des contrôles humiliants (En 2008 déjà, selon un rapport publié par le centre d’information israélien B’Tselem, on recensait déjà 459 barrages et 66 check-points en Cisjordanie). 
 »Filtrage » des étudiants arabo/israéliens par la sûreté israélienne (Shabak) pour les exclure des universités
 Loi « anti-boycott » de 2011 qui interdit toute liberté d’expression, même non-violente, contre la politique israélienne.[30]  
… Etc 

… Et des collaborations bien particulières

Déjà, avant la création d’Israël, les leaders sionistes avaient collaboré avec le régime nazi.[31] 
Depuis, l’État d’Israël n’a cessé d’apporter son soutien actif à divers régimes bien connus pour leur autoritarisme et a été agissant dans certaines opérations peu glorieuses pour les États qui les ont perpétrés. 
 
Quelques exemples, pour mémoire :
 
   Collaboration militaire avec le régime raciste d’Afrique du Sud, notamment pour le développement de l’arme nucléaire. Accueillant John Vorster[32], premier
   Ministre dans les années 1975, Yitzakh Rabin[33] portera un toast « aux idéaux communs à Israël et à l’Afrique du Sud, deux pays qui affrontent une
    brutalité et une instabilité inspirées par l’étranger« . 
   Collaboration du Mossad[34] dans le meurtre de Ben Barka sous la dictature de Hassan II[35]
  Assistance à la fondation de la « Savak » (police politique du Shah d’Iran) et soutien technique du Mossad dans la formation des « interrogateurs ».
   Collaboration avec diverses dictatures latino-américaines (Pinochet au Chili, Stroessner au Paraguay…) 
… Etc
 
Ces corruptions et collaborations avec des pouvoirs autoritaires ne sont pas à classer aux archives.
Elles n’ont jamais cessé et se développent toujours comme en témoigne, entre autres, Richard Wagman, Président d’Honneur de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix)[36]
Pas un régime fasciste ?

C’est pourtant ainsi que les quelques trente intellectuels juifs, dont Hanna Arendt et Albert Einstein, citoyens des Etats-Unis, qualifièrent le Sionisme dans le célèbre article du New-York Times de 1948.[37] 
Les trois principales caractéristiques du fascisme, nationalisme, autoritarisme et ethnocentrisme, correspondent bien au régime israélien actuel qui prône un État “ethniquement pur“.
La déclaration de Lieberman “nous allons faire d’Israël un Etat ethniquement homogène! » [38] ne laisse aucun doute sur ses intentions. 
Il revendique implicitement son droit d’opprimer les israéliens/arabes et les habitants des territoires occupés, de pratiquer l’apartheid et affirme son élitisme de “peuple élu“! 
Dans cette perspective, certaines colonies israéliennes organisent des activités qui ressemblent furieusement aux méthodes d’endoctrinement de la jeunesse mussolinienne. 
Manque plus que la chemise noire et le foulard bleu.
Une des plus connues est le centre « Caliber3 » (colonie de Gush Etzion en Cisjordanie occupée), dirigé par d’anciens militaires. Depuis plusieurs années il offre une « expérience touristique unique et excitante » : apprendre à tirer « comme de vrais soldats, connaître les techniques terroristes et apprendre à y faire face » [39]

Le stand de tir de Gush Etzion

Selon le quotidien « Yediot Ahranot » des centaines de touristes, la plupart venant des Etats-Unis, affluent chaque année vers Gush Etzion pour suivre des cours sur la liquidation de Palestiniens en carton.
Comme le déclare un des dirigeants de « Caliber3 » : “Nous combinons ainsi les valeurs du sionisme avec l’excitation et la jouissance du tir, qui rend l’activité plus significative » [40] 
 
Nurit Peled-Elhanan[41] témoigne (extrait du discours du 9/6/2012)[42] : 
 
 »Vingt-cinq projets de lois racistes ont été soumis et plus de dix lois racistes ont été votées cette année, et à peine une poignée de citoyens juifs sont descendus dans la rue. 
Plus de 300 personnes emprisonnées sans procès ont entamé une grève de la faim absolue pendant deux mois et plus, et à peine une poignée de citoyens juifs sont descendus dans la rue. 
Des milliers d’enfants ne vont pas à l’école à Jérusalem-Est parce que le ministre juif de l’éducation n’ouvre pas les classes et parce que la loi raciste de citoyenneté fait d’eux des citoyens de nulle part et personne ne descend dans les rues. 
La séparation des familles, l’expulsion des habitants, la confiscation des terres, les enfants tirés de leur lit et interrogés cruellement, les familles expulsées de leurs maisons et jetées à la rue, les fermiers torturés par des brutes portant Kippa agissant sous la protection de l’armée et sous les ordres du gouvernement – et à peine quelques-uns descendent dans la rue. 
Voilà le sommet de la réussite du mouvement sioniste. 
L’Etat d’Israël qui a été déclaré officiellement comme un Etat d’Apartheid se distingue par ce qui a toujours été la méthode la plus typique et la plus aboutie du racisme : la classification des êtres humains« 
Les trois petits singes

Tous les témoignages et analyses le démontrent : Israël est bien un Etat gangréné par le racisme et pratiquant une politique d’apartheid envers les citoyens d’origine palestinienne.
 
Les medias sionistes occidentaux les plus à droite tentent évidemment d’occulter cette réalité nauséabonde (« c’est seulement une forte minorité » ou « une majorité d’Américains le sont aussi. Comme tous les peuples du monde, en fait »), ou essayent de détourner la critique vers une autre ethnie (« Et que dire du sort que les Arabes réservent à leurs minorités ethniques ou religieuses »). D’autres medias, également sionistes, accusent les partis israéliens de droite d’être les seuls responsables de cette dérive, tout en la minimisant et excluant toute dénonciation du régime.
 
Par ailleurs, il faut bien constater l’apathie de trop d’organisations occidentales sympathisantes de la paix. 
Si elles organisent volontiers des manifestations locales contre le racisme et l’antisémitisme – Et on ne peut que soutenir ces initiatives – la mise en accusation claire du régime actuel d’Israël pour propagation de doctrines racistes et pratiques ségrégationnistes n’est pas à la « Une » de leurs activités.
 
Il est désolant aussi de voir certains progressistes de culture juive s’offusquer dès qu’on aborde de front le thème du racisme imprégnant le mouvement Sioniste depuis les années 30 jusqu’à la création d’Israël et la politique de nettoyage ethnique toujours en vigueur. 
Il leur est difficile d’admettre que le racisme est si profondément enraciné dans la société civile israélienne qu’il la rend complice des pratiques xénophobes de ses dirigeants. 
Ils s’arc-boutent souvent aux dogmes et aux mythe[43] et les accusations pleuvent alors (antisémite, négationniste…) sur des gens dont le seul crime est de militer pour les droits de l’homme, la justice.
Heureusement, outre les milliers de protestataires de par le monde, de plus en plus de journalistes et de citoyens israéliens rejettent une telle idéologie et tentent de conscientiser leurs concitoyens pour rejeter un régime qui a une telle vision de l’humanité. 
S’ils sont minoritaires actuellement, ils portent l’espoir 
 
Qu’on ne s’y trompe pas, il n’est en aucune façon question d’accuser l’ensemble des Israéliens de racisme… pas plus qu’il n’était question d’accuser l’ensemble des Sud-Africains, Allemands, Belges ou Français à d’autres époques.
Seuls les dirigeants politiques et religieux qui propagent cette idéologie et qui enseignent le mépris de l’être humain doivent être dénoncés et jugés. 
C’est cette machine de « décervelage » qui doit être extirpée! 
 
Il y a déjà plus de dix ans, Nelson Mandela écrivait « La discrimination raciale d’Israël est la vie quotidienne de la plupart des Palestiniens (…) L’Apartheid est un crime contre l’humanité. Israël a privé des millions de Palestiniens de leur liberté et de leur propriété. 
Il perpétue un système de discrimination raciale et d’inégalité. Il a systématiquement incarcéré et torturé des milliers de Palestiniens, en violation du droit international. Il a déclenché une guerre contre une population civile et en particulier contre des enfants. » [44] 

Les paroles de Madiba sont malheureusement, toujours d’actualité.
 
Quand donc les responsables politiques européens cesseront-ils  d’imiter les trois petits singes?
Quand oseront-ils affronter la réalité? 
Croient-ils vraiment qu’à force de ne rien vouloir voir, ne rien vouloir entendre et ne rien vouloir dire, ils ne collaborent pas avec l’oppresseur?
Croient-ils vraiment qu’en protégeant et commerçant avec un pays raciste pratiquant le nettoyage ethnique, ils aideront à le rendre démocratique?

Il n’est pas correct de parler de « conflit israélo-palestinien ».
La conquête de l’ouest américain était-elle un « conflit européo-indien »?
La colonisation du Congo un « conflit belgo-africain »?

 

Rudi Barnet

[1] Discours à la Knesset (25/6/1982), cité par Amnon Kapeliouk dans « Begin et les bêtes » (New Statesman).

[2]   Bielorusse d’origine, il émigra en Palestine en 1943. En 1946, comme chef de l’Irgoun, il coordonna l’attentat de l’hôtel King David (92 morts). Premier ministre d’Israël de 1977 à 1983
[

3] Biélorusse émigré en Angleterre (sujet britannique en 1910). A la tête de l’Organisation Sioniste Mondiale en 1920, il s’installa en Palestine en 1937

[4] Cité par Arthur Rupin (The Central Zionist Archives in Jerusalem <http://http://www.zionistarchives.org.il/> , Office of Arthur Ruppin (S55), Personal papers (A107)

[5] Natif de Biélorussie (son nom d’origine : Yezernistky) collabora avec le régime nazi, responsable de la mort d’un grand nombre de civils et de Bernadotte, médiateur de l’ONU.

[6] Discours aux Colons, cité dans le « New York Times » du 1/4/1988

[7] Général d’armée et Premier Ministre de 1999 à 2001, principal responsable de l’accroissement des implantations de colonies en Cisjordanie

[8] « Jerusalem Post » du 19/6/1989

[9] Moldave d’origine (Evik Lvovitch Liberman), fondateur et dirigeant d’un parti d’extrême-droite, arrivé en Israël en 1978

[10] Dans une entrevue au quotidien « Maariv » du 3/6/2012

[11]   Résultats d’un sondage pour « Yisraela Goldblum Fund » (Gidéon Lévy dans « Haaretz » du 23/10/2012)

[12] Les officines sionistes n’ont pas manqué de tout faire pour décrédibiliser « Haaretz » (voir « JSS News » du 31/10/2012)

[13]   Voir la vidéo israélienne  » Un samedi au Musée » (www.youtube.com/watch?v=Lr1NiHJEF_I)

[14]   Fille de Général et mère d’une adolescente de 14 ans morte dans un attentat suicide palestinien. Prix Sakharov 2001 et une des promotrices du « Tribunal Russell Palestine »

[15]   « Palestine in Israeli School Books: Ideology and Propaganda in Education (Library of Modern Middle East Studies, 2012)

[16]    » Les jolies colonies de vacances du Hamas » sur « JForum » (9/8/2012)

[17]  Par contre, pas de racisme dans les manuels scolaires financés par l’l’Union européenne pour les enfants palestiniens.

[18] Dans http://www.haaretz.com/opinion/a-good-jew-hates-arabs.premium-1.459832 <http://www.haaretz.com/opinion/a-good-jew-hates-arabs.premium-1.459832>  et « Israël secoué pare un lynchage… » par Hélène Sallon (« Le Monde » du 31/8/2012)

[19]   « Palestine in Israeli School Books » de Nurit Peled-Elhanan, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem

[20]   « Israël : Justice ou tribalisme » dans « Le Monde » du 4/11/2012

[21] « Le Monde accuse Israël et Israéliens de n’être pas régis par les normes morales universelles » dans « www.europe-israel.org »

[22] Pascal Lederer, Une Autre Voix Juive (http://uavj.free.fr/UAVJtxt47.htm <http://uavj.free.fr/UAVJtxt47.htm> )

[23]   Voir le cas (Haaretz du 12/7/2012) de l’assassinat de Hussam Rawidi dont le meutrier a écopé d’une peine légère alors que « Si le meurtrier avait été arabe et la victime juive, il aurait été condamné à la prison à vie. Il n’y a que dans les tribunaux israéliens que la vie d’un Arabe ne vaut que 5000 shekels. » (Yariv Oppenheimer, Peace Now)

[24] Le plan « Prawer » (du nom d’Ehud Prawer, directeur de la Division des politiques de planification de Benjamin Netanyahu) prévoit le déplacement forcé de 70.000 citoyens Bédouins de leur terre héréditaire  et la destruction de 35 villages anciens qu’Israël a décidé de classer « illégaux ».

[25] The Inequality Report (Katie Hesketh, Adalah, mars 2011)

[26]   Ha’aretz du 20/10/2010

[27]   Texte complet et lcommentaires peuvent être trouvés sur les divers sites web du « Tribunal Russell pour la Palestine » (www.france-palestine.org <http://www.france-palestine.org> / http://www.russelltribunalonpalestine.com…)

[28] Interview dans « Israël Magazine du 22/7/2012

[29]   Rapport de B’tselem de juillet 2011

[30] « Demain on interdira les appels à la fin de l’occupation ou en faveur de la fraternité entre juifs et Arabes » (Gideon Levy dans « Haaretz » )

[31] Lire « Mémento 1 : Le génocide nazi n’est pas mon affaire »

[32]   Chef local d’une organisation afrikaner pro-nazie <http://fr.wikipedia.org/wiki/Nazisme> , il fut emprisonné par les Britanniques pendant la guerre 40/45

[33]   Général et Premier Ministre, assassiné en1973 par un extrémiste sioniste. Il est un des responsables du massacre de 250civils et de l’expulsion des 19.000 habitants de Lydda en 1948 (« Palestine 1948 de Yoav Gelber). Conjointement avec Shimon Peres et Yasser Arafat… Prix Nobel de la Paix 1994

[34] Agence de renseignement <http://fr.wikipedia.org/wiki/Renseignement> , correspondant à la CIA des USA, dépendant directement du premier Ministre. Responsable d’un grand nombre d’assassinats et d’actes terroristes.

[35] Shmouel Seguev Le lien marocain , Editions Matar (Israël)

[36] « Le Gouvernement israélien, de la corruption à la guerre » dans « Rue 89 » du 28/4/2010

[37]   New York Times du 2/12/1948

[38] « Le Monde » du 19/9/2010

[39]   Lire « Et si on jouait à la guerre ? » de Caroline Grimberghs (« La Libre Belgique » du 13/7/2012)

[40] « Le Monde » du 20/6/2012

[41] Professeur de littérature comparée à l’université hébraïque de Jérusalem , fille de Général et mère d’une adolescente de 14 ans morte dans un attentat suicide palestinien. Prix Sakharov 2001 et une des promotrices du « Tribunal Russell Palestine »

[42]  Texte complet sur « Euro Palestine » (www.europalestine.com/spip.php?article7413)

[43] Lire « Les 10 mythes d’Israël » de Ilan Pappé, publié par « CJPMO (Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen-Orient) » (www.cjpmo.org)

[44] Lettre à Thomas L. Friedman, éditorialiste au « New York Times » (28/3/2001)

 

article avec photos:

http://www.michelcollon.info/Les-Palestiniens-sont-des-betes.html?lang=fr

Média et propagande: Comment fabrique t’on un « consensus » politico-journalistique ?

Posted in actualité, désinformation, guerres imperialistes, média et propagande, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique with tags , , , , , , , , , on 1 octobre 2012 by Résistance 71

Le même système de propagande, aménagé pour la circonstance, fonctionne également avec les sujets suivants:

  • Le réchauffement climatique anthropique
  • Le 11 Septembre
  • La « science » entourant le problème énergétique
  • L’impérialisme et le colonialisme occidentaux
  • L’histoire et la sociologie
  • La santé et le nutritionnel

« La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses, joue un rôle important dans une société démocratique (sic). Ceux qui manipule ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays. »

« La propagande moderne désigne un effort cohérent et de longue haleine pour susciter ou infléchir des évènements avec l’objectif d’influencer les rapports du grand public avec une entreprise, une idée ou un groupe… […] Une des doctrines de cette école de psychologie affirme qu’un stimulus souvent répété finit par créer une habitude, qu’une idée souvent réitérée se traduit en conviction. »

– Edward Bernays (« Propaganda, comment manipuler l’opinion en démocratie », 1928)

— Résistance 71 —

 

Comment écrire un article sur la réalité israélo-palestinienne

Pense-bête à l’usage du journaliste chargé du Moyen-Orient

 

Par Rudi Barnet

 

Juin 2011

 

url de l’article original:

http://www.michelcollon.info/Comment-ecrire-un-article-sur-la.html?lang=fr

 

 

• Ne jamais oublier que ce sont toujours les Arabes qui attaquent ; Israël ne fait que se défendre et agit toujours en représailles.

• Quand l’armée israélienne tue des civils arabes, c’est toujours en état de légitime défense. Quand des civils israéliens sont tués, cela s’appelle du terrorisme.

 

• Les Israéliens n’enlèvent pas les civils palestiniens, ils les capturent.

Toujours mentionner les nécessités de sécurité pour expliquer ces captures.

 

• Inversement, les Palestiniens et Libanais ne sont pas habilités à capturer des militaires israéliens ! S’ils le font, le qualificatif à utiliser est enlèvement.

 

• Il n’est pas convenable de mentionner le nombre prisonniers palestiniens (11.000, dont 300 enfants) capturés actuellement. Si, malgré tout, vous devez en faire état, qualifiez-les de  terroristes ou supposés terroristes.

 

• Utilisez le moins possible le terme Palestinien et préférez Arabe, terme officiel du gouvernement israélien pour désigner les habitants non-juifs des deux territoires.

 

• Quand vous mentionnez le « Hezbollah », toujours ajouter l’expression soutenu par la Syrie et l’Iran.

Mais quand vous parlez d’Israël, il est superflu d’ajouter soutenu par les USA et l’Europe. On pourrait croire qu’il s’agit d’un conflit déséquilibré.

 

• Ne pas utiliser le terme « territoires occupés » mais territoires contestés. A ce propos, il est aussi préférable de dire Judée-Samarie plutôt que Cisjordanie.

 

• Ne jamais rappeler les diverses résolutions de l’ONU ou conventions de Genève défavorables à Israël. Idem pour les condamnations par la Cour de Justice de La Haye… Cela risque de perturber le lecteur, téléspectateur ou auditeur.

 

• Il est préférable de ne pas dire armée israélienne, mais d’utiliser la qualification plus sympathique de Tsahal.

 

• Il est de bon ton de laisser entendre que le « Hamas » est un groupe terroriste qui ne reconnaît pas l’Etat d’Israël (ces Islamistes qui ne veulent pas la Paix est un commentaire bienvenu).

Surtout, ne faire aucune mention de la reconnaissance faite en 2002.

 

• Il n’est pas indiqué de signaler qu’Israël a toujours refusé de fixer ses frontières et ne reconnaît pas la Palestine.

 

• Le mot colonies doit être écarté dans vos textes, parlez plutôt d’implantations.

 

• Afin d’affirmer la symétrie du conflit, ne jamais évoquer l’expansionnisme israélien mais toujours parler de deux peuples se disputant un territoire.

 

• Au cas où vous devriez évoquer les projets de développement nucléaire de l’Iran, il n’est pas utile d’insister sur l’arsenal nucléaire militaire israélien… Et surtout pas de signaler que c’est la 6ème puissance mondiale dans ce domaine.

 

• Quand vous devez faire état du refus palestinien d’agréer les conditions israéliennes pour l’arrêt des hostilités, toujours ajouter que « Israël considère qu’il n’a plus de partenaire pour le processus de paix »… Si possible sur un ton de regret.

 

• Si vous êtes appelé à citer le « mur de séparation », ne jamais mentionner qu’il a été établi sur des terres palestiniennes annexées, mais toujours mentionner que ce mur a été érigé pour arrêter les attentats terroristes… Et éviter surtout de citer la condamnation du « Tribunal International de Justice » exigeant son démantèlement.

 

• Concernant les opposants à Israël, ne jamais utiliser les mots résistants ou militants… Toujours parler d’activistes. Même s’ils manifestent seulement pour la paix, ils doivent être qualifiés de pro-palestiniens.

 

• Au cas ou vous seriez amené à reparler de « Plomb Durci »,  toujours reprendre la thèse israélienne : c’est le Hamas qui a rompu la trêve (ajoutez « unilatéralement » pour une meilleure compréhension)… et qu’Israël avait mis les Palestiniens en garde avant les bombardements (inutile de citer les bombes au phosphore).

 

• En cas de nouvelle opération visant à briser le blocus de Gaza, utilisez des expressions telles « cette flottille de soi-disant pacifistes » ou « acte de provocation »…  et surtout évitez les commentaires du style « blocus illégal d’Israël, condamné par l’ONU ».

 

• Si vous en avez l’occasion, affirmez qu’Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient. Evitez, évidemment, d’ajouter que cette qualité ne concerne que la population blanche et juive du pays.

 

• Ne faites aucune critique de la volonté du gouvernement actuel de transformer le terme Israël en Etat Juif, excluant de facto les 20% de musulmans de la population. Toujours éviter la référence religieuse à ce propos.

 

• Les Israéliens parlant mieux le français que les Arabes, donnez-leur souvent la parole. Ils peuvent mieux nous expliquer les règles précédentes et vous affirmerez ainsi votre neutralité journalistique.

Note Importante

Au cas où certains de vos collègues contreviendraient aux règles ci-dessus, prière d’en aviser les responsables de votre media. C’est un devoir citoyen de signaler ces dérives antisémites.

 

Résistance politique et état palestinien: pour l’ALBA et le Vénézuéla: VIVE LA PALESTINE LIBRE !

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 23 septembre 2011 by Résistance 71

« La Palestine vivra et vaincra ! » Lettre de Chavez au Secrétaire général des Nations Unies

 

 

par Hugo Chavez

 

 

22 septembre 2011

 

Url de l’ariticle original:

http://www.michelcollon.info/La-Palestine-vivra-et-vaincra.html?lang=fr

 

Je m’adresse à l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies, à cette grande tribune où sont représentés tous les peuples de la Terre, pour réaffirmer aujourd’hui et en ce lieu l’appui total du Venezuela à la reconnaissance de l’État de Palestine, au droit de la Palestine de se convertir en un État libre, souverain et indépendant. Il s’agit là d’un acte de justice historique envers un peuple qui porte en soi depuis toujours toute la douleur et toute la souffrance du monde.

 

Miraflores, le 17 septembre 2011

Le grand philosophe français Gilles Deleuze a dit, empruntant l’accent de la vérité, dans son ouvrage mémorable La grandeur de Yasser Arafat : La cause palestinienne est avant tout l’ensemble des injustices que ce peuple a subies et continue de subir. Elle est aussi – oserai-je ajouter – une volonté de résistance permanente et irréductible qui est d’ores et déjà inscrite dans la mémoire héroïque de la condition humaine. Une volonté de résistance qui sourd de l’amour pour la terre. Mahmoud Darwish, cette voix infinie de la Palestine possible, nous parle depuis le sentiment et la conscience de cet amour :

Qu’avons-nous besoin du souvenir
Le Carmel est en nous
Et sur nos paupières pousse l’herbe de Galilée
Ne dis pas : Que ne courrions-nous pas comme un fleuve pour le rejoindre
Nous sommes dans la chair de notre pays
Il est en nous.

Contre ceux qui soutiennent à tort que ce que le peuple palestinien a souffert n’est pas un génocide, Deleuze soutient avec une lucidité implacable : « D’un bout à l’autre, il s’agira de faire comme si le peuple palestinien, non seulement ne devait plus être, mais n’avait jamais été. C’est là – comment dire ? – le degré zéro du génocide : décréter qu’un peuple n’existe pas ; lui nier le droit à l’existence. »

À ce sujet, saluons la raison le grand écrivain espagnol Juan Goytisolo lorsqu’il affirme catégoriquement : « La promesse biblique de la terre de Judée et de Samarie aux tribus d’Israël n’est pas un contrat de propriété entériné par-devant notaire qui autorise à expulser de leur terre ceux qui y sont nés et qui y vivent. Aussi la solution du conflit du Moyen-Orient passe-t-elle forcément par la justice à rendre au peuple palestinien : telle est la seule voie si l’on veut conquérir la paix. »

Nous souffrons et nous indignons en constatant que ceux qui ont subi l’un des pires génocides de l’Histoire se sont convertis en bourreaux du peuple palestinien ; nous souffrons et nous indignons en constatant que le legs de l’Holocauste est la Nakba. Il est simplement indignant de constater que le sionisme continue de recourir au chantage de l’antisémitisme contre ceux qui s’opposent à ses sévices et à ses crimes. Israël a instrumentalisé et instrumentalise d’une façon éhontée et vile la mémoire des victimes. Et il le fait pour pouvoir agir en toute impunité contre la Palestine. Il va sans dire, au passage, que l’antisémitisme est une plaie occidentale, européenne, dont les Arabes ne sont pas partie prenante. De plus, n’oublions pas que c’est le peuple sémite palestinien qui souffre de l’épuration ethnique pratiquée par l’État colonialiste israélien.

Qu’on me comprenne bien : une chose est de refuser l’antisémitisme, autre chose, et une autre, très différente, est d’accepter passivement que la barbarie sioniste impose au peuple palestinien un régime d’apartheid. D’un point de vue éthique, quiconque refuse la première doit condamner la seconde.

Qu’ils me soit permis une digression nécessaire : il est franchement abusif de confondre sionisme et judaïsme ; nombre d’intellectuels juifs, tels Albert Einstein et Erich Fromm, se sont chargés de nous le rappeler au fil du temps. Et, aujourd’hui, de plus en plus de citoyens conscients au sein même d’Israël, s’opposent ouvertement au sionisme et à ses pratiques terroristes et criminelles.

Il faut le dire clairement : le sionisme, comme vision du monde, est foncièrement raciste. Ces affirmations de Golda Meir, d’un cynisme atterrant, en sont une preuve criante : « Comment pourrions-nous rendre les territoires occupés ? Il n’y a personne à qui les rendre ! Ce qu’on l’on appelle les Palestiniens n’existe pas. Ce n’était pas comme s’il y avait eu un peuple en Palestine, qui se considérait comme le peuple palestinien, et que nous étions venus, les avions jetés dehors et leur avions enlevé leur pays. Ils n’existaient pas. »

Rappelons-nous : c’est dès la fin du XIXe siècle que le sionisme a parlé du retour du peuple juif en Palestine et de la création d’un État national qui lui soit propre. Cette prise de position s’imbriquait parfaitement dans le colonialisme français et britannique, comme il ferait ensuite dans l’impérialisme yankee. L’Occident a, depuis toujours, appuyé et encouragé l’occupation sioniste de la Palestine par la voie militaire.

Lisez et relisez donc ce document qui est connu historiquement comme la Déclaration de Balfour de 1917 : le gouvernement britannique s’arrogeait la faculté de promettre aux juifs un foyer national en Palestine, en dénigrant délibérément la présence et la volonté de de ses habitants. Et rappelons que chrétiens et musulmans ont vécu en paix, des siècles durant, en Terre sainte jusqu’à ce que le sionisme ait entrepris de la revendiquer comme sa propriété entière et exclusive.

Rappelons encore que, dès la deuxième décennie du XXe siècle, le sionisme, profitant de l’occupation coloniale de la Palestine par la Grande-Bretagne, a commencé à développer son projet expansionniste. Et qu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le peuple palestinien verrait sa tragédie empirer par son expulsion à la fois de son territoire et de l’Histoire. La résolution 181 des Nations Unies – ignominieuse et illégale – recommanda en 1947 la partition de la Palestine en un État juif, en un État arabe et en une zone sous contrôle international (Jérusalem et Bethléem), concédant ainsi – quelle honte ! – 56% du territoire au sionisme pour qu’il y constitue son État. Cette Résolution violait de fait le droit international et bafouait d’une manière flagrante la volonté des grandes majorités arabes : le droit des peuples à l’autodétermination devenait lettre morte.

De 1948 à nos jours, l’État sioniste a poursuivi sa stratégie criminelle contre le peuple palestinien. Pour ce faire, il a toujours pu compter sur un allié inconditionnel : les États-Unis d’Amérique. Et cette inconditionnalité se traduit par un fait bien concret : c’est Israël qui oriente et fixe la politique internationale étasunienne au Moyen-Orient. Edward Saïd, cette grande conscience palestinienne et universelle, soutenait avec force raison que tout accord de paix qui se construirait sur l’alliance avec les USA, loin d’amenuiser le pouvoir du sionisme, le confortera.

Toutefois, contrairement à ce qu’Israël et les États-Unis prétendent faire croire au monde à travers les multinationales de la communication et de l’information, ce qui est arrivé et ce qu’il continue d’arriver en Palestine n’est pas – disons-le avec Saïd – un conflit religieux : c’est un conflit politique marqué du sceau du colonialisme et de l’impérialisme ; ce n’est pas un conflit millénaire : c’est un conflit contemporain ; ce n’est pas un conflit qui est né au Moyen-Orient : c’est un conflit qui est né en Europe.

Quel était et quel est encore le nœud du conflit ? Le fait qu’on privilégie dans les discussions et les analyses la sécurité d’Israël, jamais celle de la Palestine. L’histoire récente le corrobore : il suffit de rappeler la nouvelle équipée génocidaire déclenchée à Gaza par Israël à travers l’opération Plomb durci.

La sécurité de la Palestine ne peut se réduire à la simple reconnaissance d’un auto-gouvernement et d’un auto-contrôle policier limités dans ses « enclaves » de la Rive Ouest du Jourdain et de la bande de Gaza, tout en ignorant non seulement la création de l’État palestinien dans les frontières antérieures à 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, les droits de ses nationaux et le droit de son peuple à l’autodétermination, mais encore le droit à la compensation et le droit au retour de la moitié de la population palestinienne dispersée dans le monde entier, aux termes de la Résolution 194.

Il n’est pas croyable qu’un pays, Israël, qui doit son existence à une résolution de l’Assemblée générale puisse mépriser à ce point les résolutions émanant des Nations Unies ! Voilà ce que dénonçait le père Miguel D’Escoto quand il réclamait la fin du massacre de la population de Gaza fin 2008 et début 2009.

Monsieur le Secrétaire général ;
Honorables représentants des peuples du monde,

On ne saurait ignorer la crise des Nations Unies. Nous avons soutenu en 2005, devant cette même Assemblée générale, que le modèle des Nations Unies était épuisé. Le fait que le débat sur la question de la Palestine ait été ajourné et qu’on soit en train de le saboter ouvertement en est une nouvelle confirmation.

Washington ne cesse de répéter depuis plusieurs jours qu’il opposera son veto, au Conseil de sécurité, à ce qui sera une résolution majoritaire de l’Assemblée générale : à la reconnaissance de la Palestine comme membre de plein droit de l’ONU. Nous avons d’ores et déjà déploré, aux côtés des nations sœurs qui constituent l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA), dans la Déclaration de reconnaissance de l’État de Palestine, qu’une aspiration si juste soit bloquée par ce biais. L’Empire, nous le savons tous, prétend dans ce cas comme dans d’autres imposer un deux-poids-deux-mesures dans l’arène internationale : c’est là la double morale yankee qui, tout en violant le droit international en Libye, permet à Israël de faire ce qui lui chante, devenant ainsi le principal complice du génocide que la barbarie sioniste commet contre les Palestiniens. Je rappelle une phrase de Saïd qui met bien le doigt sur la plaie : « compte tenu des intérêts d’Israël aux États-Unis, la politique de ce pays au Moyen-Orient est donc israélocentriste. »

Je voudrais conclure en faisant entendre la voix de Mahmoud Darwish dans son mémorable poème « Sur cette terre » :

Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre
Il y a sur cette terre,
Le commencement des commencements,
La fin des fins.
On l’appelait Palestine et on l’appelle désormais Palestine.
Madame, je mérite, parce que vous êtes ma dame,
Je mérite de vivre.

Elle continuera de s’appeler la Palestine. Vive la Palestine libre, souveraine et indépendante !

Hugo Chávez Frías


Président de la République bolivarienne du Venezuela