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Marasme socio-politique: La solution des communes libres et autogérées… Suite et fin…

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Ceci est la seconde et dernière partie de l’essai d’Isaac Puente de 1932: « El communismo libertario », traitant plus spécifiquement de l’organisation économique et politique de la nouvelle société. Ce texte a servi de base à la nouvelle société libertaire espagnole gérée par la CNT entre 1936 et 1939, bien que l’organisation ait commencé bien avant, notamment dans certaines régions de l’Espagne comme l’Andalousie où l’anarchisme s’est implanté depuis les années 1860.

Certaines propositions peuvent paraître un peu « démodées », mais sont en fait parfaitement adaptable à la société existant depuis la fin du XXème siècle. N’oublions jamais que la pensée libertaire n’est en rien dogmatique, qu’elle s’est adaptée et s’adapte toujours à l’évolution (ou plutôt la régression…) de la société actuelle. A cet égard ,des propositions de changement sociétaires comme proposées par Murray Bookchin  et Janet Biehl et leur municipalisme libertaire ou  celle d’un Michaël Albert sur l’économie participative ou « écopar » sont de très bons exemple de quelques manières d’adapter la pensée et le modèle libertaire au monde qui nous entoure.

90% des problèmes inhérents se résoudront dans la pratique et les solutions seront trouvées ici et maintenant ou dans le temps par les personnes directement concernées par la gestion de leur commune libre et de leur inclusion dans une fédération active des communes libres. Un des meilleurs exemples depuis 1994 est le mouvement autonome zapatiste du Chiapas dans le sud du Mexique. Ce mouvement ne se revendique pas anarchiste, mais a synthétisé une pratique libertaire du communisme (dans le sens de fédération de communes) totalement adaptée à leur environnement et à leur culture. Cela marche pour eux et marchera, adapté, pour toute collectivité capable de transcender ses différences.

En cela le pamphlet d’Isaac Puente demeure d’une incroyable actualité tant dans la vision des choses que dans la recette d’application pratique. Pour y parvenir, il faut retrouver cette qualité de la nature humaine primordiale qui a été ensevelie sous une sacrée couche d’immondices, résidus de la société du spectacle et de la consommation effrennée: La solidarité et l’entr’aide mutuelle…

— Résistance 71 —

1ère partie

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~ Traduit de l’espagnols par Résistance 71 ~

 

L’organisation économique de la société

 

Le communisme libertaire est fondé sur l’organisation économique de la société, l’intérêt économique étant le seul lien commun entre les individus en cela qu’il représente le seul lien qui nécessite un accord de tous. L’organisation sociale du communisme libertaire n’a aucun autre but que de mettre sous propriété commune tout ce qui constitue les moyens de création de richese de la société, à savoir: les moyens et les outils de production et les produits eux-mêmes (NdT: ainsi dans l’ère moderne que les moyens de distribution et de services) et aussi de faire une obligation commune que chacun contribue à cette production en accord avec son énergie, son talent / savoir-faire, et de voir ensuite que les produits soient distribués à tous en accord avec les besoins de chacun.

Tout ce qui ne qualifie pas comme fonction économique ou comme activité économique se trouve de facto en dehors de la compétence de l’organisation basée sur l’économie et est en conséquence ouvert à l’initiative personnelle et à l’activité individuelle.

Le contraste entre l’organisation fondée sur des politiques différentes, ce qui est une caractéristique commune à tous les régimes basés sur l’état et une organisation fondée sur les facteurs économiques, dans un régime qui nie l’état, ne peut pas être plus radical, plus dramatique. Afin de démontrer ce contraste dans sa pleine mesure, nous avons élaboré ce schéma comparatif:

  • L’organisation politique (étatique):
    – Traite les gens comme des enfants, incapables de s’organiser ou de se gouverner eux-mêmes sans supervision.
    – Tous les pouvoirs résident dans l’état: l’économie, l’éducation, l’administration de la justice, l’interprétation des lois, la création de la richesse et l’organisation de toutes les fonctions.
    – L’état est souverain. Toutes les forces (armée, police, tribunaux, prisons) sont concentrées dans ses mains. Les citoyens sont sans défense, désarmés, ce qui ne les empêche pas d’être labellisé ‘souverains” par les soi-disantes démocraties.
    – Les gens sont groupés selon leurs croyances politiques, religieuses ou sociales, de manière minimum aussi loin que cela constitue la façon dont les gens diffèrent entr’eux et varient le plus.
    – L’état, qui représente une petite minorité, clâme avoir une grande capacité, habilité et sagesse par rapport aux groupements sociaux divers. “Une tête sait plus que le reste mis ensemble”.
    – En établissant une forme fixe à tout jamais (la constitution ou le code), l’état déforme le futur et mutile la vie, qui est à multiples facettes et en changement constant.
    – L’état s’approprie tout. Les citoyens n’ont rien d’autre a faire que de payer, d’être obéissants, de produire et de suivre la volonté suprême de la personne en contrôle. L’état nous dit: “Donnez-moi le pouvoir et je vais vous rendre heureux.”
    – La société est divisée en deux castes antagonistes: ceux qui donnent les ordres et ceux qui obéissent aux ordres.
    – Seuls des droits de papier, fictionnels sont accordés: liberté, souveraineté, autonomie etc… afin de nourrir la flamme sacrée de l’illusion politique
    – Le progrès et l’évolution de la société mène l’état à travers des formes despotiques et absolutistes vers son effondrement. Le fascisme est une solution tardive apportée par l’état, tout comme le socalisme. L’état déguise et cache ses privilèges seulement pour finir par les perdre petit à petit alors que les consciences individuelles et de classes se développent.
    – Quand l’organisation est politiquement fondée, la hiérarchie s’accentue vers un pinacle. Au dessus des citoyens se trouve le conseil municipal, au-dessus le conseil national: toujours plus haut, le “gouverneur” et encore plus haut le gouvernement.
  • L’organisation d’union syndicale (communisme libertaire):
    – Prend en compte chaque collectivité professionnelle et reconnaît leur capacité à organiser leurs propres affaires. Considère la supervision inutile et l’état superflu.
    – L’initiative passe aux organisations professionnelles, le contrôle de l’éducation aux enseignants, le contrôle des services de santé aux travailleurs de ce secteur. Le contrôle des communications passe aux techniciens et aux assemblées de travailleurs, tandis que le contrôle de la producrion passe à la Fédération des syndicats (communes).
    – Le pouvoir retourne là où il n’aurait jamais dû partir en cela que chaque groupe va le redistribuer à ses membres, il n’est plus accumulé, chaque individu aura sa part et l’assemblée aura ce que chacun lui accorde.
    – Les gens s’unifient par occupation commune et par besoins communs dans l’union (la commune) et aussi loin que la commune/municipalité libre est concernée, les gens s’assemblent par localité et intérêts partagés. De cette façon, les choses en commun se trouvent maximisées.
    – L’assemblée professionnelle comprend ainsi le maximum de justesse, de savoir-faire et de sagesse. Tous ensemble, nous en savons plus qu’une personne seule, même éduquée.
    – Sous une organisation de municipalité libre (union), les lignes de conduite à suivre seront continuellement révisées à la lumière des circonstances.
    – En l’absence des intermédiaires et des rédempteurs, chaque individu doit gérer ses propres affaires et doit s’habituer à la gestion sans passer par des intermédiaires, se libérant ainsi de cette habitude acquise au travers de siècles d’asservissement politique.
    – Chaque citoyen refuse de n’être qu’un producteur et rien de plus. Les positions administratives ne seront que temporaires, sans exemption de travail productif. Ces positions seront constamment dépendantes des décisions atteintes par les assemblées.
    – La liberté fondamentale, la liberté économique, est mise en pratique. La démocratie, à savoir le gouvernement du peuple par le peuple sera une réalité. Le fédéralisme sera réel avec la reconnaissance donnée à la plus grande autonomie et indépendance de la municipalité et de chaque entité productrice.
    – L’évolution des collectivités professionnelles les mène à toujours plus de perfectionnement et de croissance. Elles ont évolué de la défense des intérêts économiques particuliers égoïstes de l’individu vers la formation qui va les équiper pour accepter leur rôle dans la société.
    – Là où l’organisation est fondée sur l’économique, la “hiérarchie” fonctionne vraiment du bas vers le haut (NdT: bien qu’il ne s’agisse plus véritablement d’une société pyramidale, ou alors d’une pyramide très, très applatie…). Les décisions d’un comité peuvent être annulées par un plenium: des décisions pléniaires par l’assemblée et les décisions de l’assemblée peuvent être altérées par le peuple.

La richesse et le travail

Il y a deux choses qui doivent être partagées parmi la population d’une nation: la richesse ou produire pour la consommation de la population entière et le travail requis pour y parvenir. Ceci serait une solution juste et équitable. Une solution qui serait également très rationnelle. Mais dans la société capitaliste, la richesse ne va que dans un seul secteur, un secteur qui ne travaille pas, tandis que le travail lui est assigné à un autre secteur dont les besoins en matière de consommation ne sont pas satisfaits. C’est à dire que nous nous retrouvons dans une situation inverse de ce qui se produit dans la nature, qui alimente toujours plus de substance ou de sang aux membres ou organes qui font le travail. […]

[…] Alors que de nos jours quelques sept millions de travailleurs (NdT: Dans l’Espagne de 1932) sont engagés dans la production de richesse et que cela veut dire qu’ils doivent travailler une moyenne de huit heures par jour, si les 14 millions de personnes capables de travailler se mettaient à la tâche, cela voudrait dire qu’il ne faudrait plus que 4 heures par jour de travail et par personne pour achever la même production. Ceci est la leçon simple et claire que nous pouvons déduire d’une bonne et juste distribution. Ceci est l’utopie que les anarchistes veulent mettre en place.

Le potentiel économique de notre pays

Comme on peut s’y attendre, l’introduction du communisme libertaire dans notre pays, seul de toutes les nations européennes à le faire, amènera l’hostilité des nations capitalistes. Utilisant la défense des intérêts de ses sujets comme prétexte, l’impérialisme bourgeois tentera d’intervenir par la force des armes pour écraser notre système dès sa naissance. Une intervention armée d’une ou plusieurs nations extérieures voudra dire: guerre mondiale. Afin d’éviter la menace d’une révolution sociale dans leur pays, les nations capitalistes préféreraient le plan en sous-main de financer une armée mercenaire comme ils l’ont fait en Russie. […]

[…] Quoi qu’il en soit, si les gens arrivent à tirer le maximum des ressources de notre zone rurale et parviennent ainsi à développer pour eux-mêmes des standards de vie meilleurs, alors ils deviendront les meilleurs défenseurs du communisme libertaire. Un autre danger est le blocus de nos côtes par les navires de guerre des pays capitalistes, ce qui voudra dire que nous devrons nous contenter de nos seules ressources intra muros. Vu la longuer de nos régions côtières ce blocus pourra être facilement contourné, mais la possibilité demeure et nous devrons adresser cette question au préalable. […]

Note du traducteur: suit ici une liste des ressources et possibilités pour l’Espagne des années 1930 sur plusieurs pages… […]

La mise en pratique

Le communisme libertaire est basé sur des organisations qui existent déjà, grâce auxquelles la vie économique dans les villes et les villages peut se dérouler à la lumière des besoins particuliers de chaque localité. Ces organisations sont les syndicats et les municipalités libres. Le syndicat rassemble les individus, les groupe selon la nature de leur travail. En premier lieu, il regroupe les ouvriers d’une usine, d’un atelier ou d’une entreprise, ceci étant la plus petite cellule jouissant d’autonomie en ce qui concerne sa propre activité. Uni à d’autres cellules identiques, ceci constitue une section au sein du syndicat départemental ou industriel. Les syndicats locaux se fédèrent entr’eux, formant une fédération locale, composée des comités élus par les cellules syndicales; une assemblée pléniaire se constitue et une assemblée générale, qui en dernière instance est suprêmement souveraine.

La municipalité libre est l’assemblée de travailleurs dans de petites localités, villages ou hameaux, jouissant de pouvoirs souverains en regard de toutes les affaires locales. En tant qu’institution d’origine ancienne, elle peut, malgré la dilution par les institutions politiques actuelles, retrouver sa souveraineté ancienne et prendre en charge l’organisation de la vie locale.

L’économie nationale est le résultat de la coordination de diverse localités qui constituent la nation. Quand chaque localité a son économie en bonne marche et bien administrée, l’ensemble doit devenir un arrangement harmonieux et la nation devenir parfaitement en paix avec elle-même. Le fait est que la perfection ne doit pas être imposée depuis le haut, mais que cela doit fleurir depuis la base, devenant ainsi un épanouissement spontané et non pas une floraison forcée. De la même manière que des accords entre individus sont atteints par la communication entr’eux, l’harmonie entre les localités sera perpétrée de la même façon: par des contacts périodiques et circonstantiels au cours d’assemblées pléniaires et de congrès et le contact endurant et continu établi par les fédérations industrielles.

Regardons de manière séparée l’organisation rurale et urbaine, puis l’organisation de l’économie dans son entièreté.

L’organisation rurale

Cet en zone rurale que la mise en place du communisme libertaire présente le moins de complications, car cela ne demande que l’activation de la municipalité libre, ou la commune, qui est l’ensemble des habitants d’un village ou d’un hameau rassemblé en un conseil ayant les pleins pouvoirs pour administrer et gérer les affaires locales, principalement la production et la distribution.

De  nos jours, le conseil n’est pas un agent libre, il est regardé comme une entité mineure et ses décisions peuvent être invalidées par le conseil de chef-lieu ou de gouvernement ou les entreprises, trois institutions parasites qui vivent sur le dos de l’assemblée, l’ensemble, du peuple.

Dans la municipalité libre, le territoire entier de sa juridiction sera placé sous la formule de la propriété commune et non pas une partie de territoire municipal comme cela est la cas aujourd’hui; les collines, les arbres, les pâturages, les terres arables, les bêtes de sommes (NdT: aujourd’hui la machinerie) et les animaux d’élevages, les bâtiments, les machines et les améliorations fermières, le surplus de matériel et la production accumulée ou placée en stockage par ses habitants.

Ainsi, les seules choses qui demeureront du domaine de la propriété privée seront les choses nécessaires à chaque individu, comme le logement, l’habillement, les meubles, les outils de travail, les parcelles mises à disposition de chaque habitant pour leur propre production vivrière qu’ils pourront consommer ou faire comme passe-temps sur le temps libre et distribuer.

Tout surplus aux requis de vie nornal pourra être collecté à tout moment par la municipalité avec l’accord préalable de l’assemblée, dans la mesure où tout ce qui est acccumulé sans besoin réel ne nous appartient pas et en fait prive quelqu’un d’autre de sa possession. La nature nous donne le droit de propriété sur ce dont nous avons besoin pour vivre décemment, mais nous ne pouvons pas clâmer quoi que ce soit au delà de ce que nous avons fondamentlaement besoin sans commettre un vol (NdT: cf Proudhon), sans usurper le droit de propriété de tous et donc de la collectivité.

Tous les résidents seront égaux:

Ils produiront et contribueront également à la maintenance logistique de la commune, sans différenciation autre que celle de l’aptitude à certaines tâches (âge, spécificité professionnelle, etc…). Tous prendront une part égale dans la décision administrative prise en assemblée et tous auront des droits égaux de consommation en accord avec leur besoin (familles, couples sans enfants, personnes âgées, célibataires, familles nombreuses etc…) ou lorsque cela est inévitable, en accord avec une politique de rationnement.

Quiconque refuse de travailler dans la communauté (mis à part bien sûr les enfants, les malades, les handicappés ou les personnes âgées) seront démunis de leurs droits: de délibérer en assemblée et de consommer.

La municipalité libre se fédèrera avec ses contre-parties dans d’aures localités et avec les fédérations industrielles nationales. Chaque localité mettera ses surplus de production à disposition pour échange en retour pour les choses dont elles ont besoin. Elle contribuera au travail d’intérêt général comme l’entretient et le développement des réseaux routiers, ferroviers, réservoirs, châteaux d’eau, reforestation etc…

En échange de leur contribution à l’intérêt général régional ou national, les membres de la municipalité libre pourront bénéficier des services publiques comme la poste, téléphone, chemin de fer, autoroute, électricité, services de santé, hôpitaux, sanitariums et spas, une éducation supérieure universitaire et des articles et produits non manufacturés localement.

Le surplus d’énergie humaine sera utilisé pour de nouveaux travaux et de nouvelles productions comme la municipalité le juge bon pour son développement collectif et en partageant le travail parmi tout le monde, réduisant le nombre d’heures de travail effectif et la longuer de la journée de travail pour chacun.

Le villageois ne doit pas trop se préoccuper de la municipalité libre dans la mesure où ses ancêtres ont vécu de manière similaire. Dans chaque village on peut trouver des travaux faits en commun et une propriété commune pour un meilleur partage des activités (comme la collection de combustibles ou les pâturages communs). De plus il y a des procédures de droit coutumier rural, des façons et certains moyens par lesquels des solutions peuvent toujours être trouvées quelque soit la difficulté et dans ces procédures, la décision n’est jamais prise par une seule personne, même si elle était élue pour le but des autres, mais une décision est atteinte par l’accord de tout le monde (NdT: pas de majorité… mais l’unanimité !)

L’organisation urbaine

En ville, la partie jouée par la municipalité libre est jouée par la fédération locale. Dans de grands centres urbains, de telles organisations peuvent exister dans chaque district. La souveraineté ultime de la fédération locale des syndicats industriels réside avec l’assenblée générale de tous les producteurs locaux.

Leur mission est de mettre en place la vie économique de leur localité, mais spécifiquement la production et la distribution, à la lumière des requis de leur propre localité et de même, des demandes d’autres localités (par le truchement de la fédération).

En temps de révolution, les syndicats prendront possession des usines et des ateliers, des logements, des bâtiments et des services publics, des matériaux, matières premières et matières premières et matériaux stockés.

Un carnet de producteur, délivré par le syndicat approprié, sera indispensable pour que tout le monde pusse jouir de ses droits, en plus de l’information détaillée concernant le besoin de consommation comme par exemple: la taille de la famille, le nombre de jours et d’heures travaillés, tout cela sera aussi consigné dans le carnet (NdT: tout cela de nos jours se fera bien sûr par informatique). Les seuls personnes exemptes seront les enfants, les personnes âgées et les handicappés.

Le carnet de producteur confère un droit à tout ceci:

  • A consommer en accord avec ses besoins de tous les produits distribués dans cette localité.
  • De posséder pour son usage personnel un logement adéquat, des meubles en conséquence, un poulailler et un allotement de terrain pour la culture de légumes selon les besoins personnels et de la localité.
  • L’utilisation de tous les services publics
  • De prendre part à toutes les décisions, votes, effectués dans l’usine, l’atelier, l’entreprise, la section, le syndicat et la fédération locale de l’intéressé.
  • La fédération locale suppléera aux besoin de sa localité et veillera à ce que l’industrie particulière se développe du mieux possible pour les besoins les plus urgents de la nation.
  • Lors de l’assemblée générale, le travail sera alloué aux syndicats, qui répercuteront la tâche aux sections, tout comme les sections le feront sur les lieux de travail avec le but permanent de palier à ce qu’il n’y ait pas de personnes non employées, d’augmenter le résultat quotidien des rotations de travailleurs d’une industrie ou de couper par le nombre requis la journée de travail.
  • Toute chose entreprise qui n’est pas du domaine économique sera laissé à l’initiative privée individuelle ou d’un groupe.
  • Chaque syndicat devra chercher à s’engager dans des activités qui seront bénéficaires pour tout le monde, spécifiquement ces activités concernant la protection de la santé des producteurs et de rendre le travail des plus agréable.

L’ordre économique général

Les pressions économique incitent l’individu à coopérer dans la vie économique de la localité. Ces mêmes pressions économiques sont ressenties par les collectifs, les obligeant à coopérer dans la vie économique de la nation. Mais pour accomplir ceci, nul besoin d’un conseil central ou d’un comité suprême (NdT: référence directe ici au politburo de l’URSS, seule nation communiste autoritaire d’état à l’époque), qui portent en eux la semence du totalitarisme et sont les points de focalisation de toute dictature, tout en étant des nids féconds pour la bureaucratie. Nous maintenons, que nous n’avons nul besoin d’un architecte ou d’une quelconque autorité ordinatrice au delà de l’accord mutuel entre les localités. Dès que chacune et toutes les localités (villes, villages ou hameaux) a mis en ordre sa vie interne, l’organisation de la nation sera complétée. De plus, une fois que tous les individus membres seront certains que leurs besoins seront assurés, alors la vie économique de la municipalité ou de la fédération sera également achevée.

En biologie, pour qu’un organisme parvienne à un bon fonctionnement physiologique et une certaine normalité, chacune de ses cellules doit assumer une fonction qui ne demande qu’une chose: que l’apport de sang et la transmission nerveuse se passent correctement. Nous pouvons en dire de même d’une nation (NdT: ce qui rejoint le concept de la société “organique” de l’anarchiste Gustav Landauer). La vie de la nation est normale et assurée lorsque chaque localité joue sa part et la circulation sanguine qui amène ce dont elle a besoin et élimine ce qui la gène, est régulée (en d’autres termes, le transport est fonctionnel…) et quand donc les localités sont en contact les unes avec les autres et communiquent sur leurs besoins potentiels et mutuels.

Ceci est le moment où les fédérations industrielles entrent en lice, n’étant juste que les corps pour l’élaboration de services collectivisés qui ont besoin d’être gérés sur le modèle d’un schéma national, tels que les communications (poste, téléphone, etc..) et les transports (chemins de fer, navigation fluviale et côtière, routes nationales, autoroutes, transport aérien)

Au dessus de l’organisation locale, il ne doit y avoir aucune superstructure sauf celles inhérentes aux organisations locales (NdT: là encore attaque directe contre le communisme autoritaire d’état marxiste) dont une fonction particulière ne peut pas être effectuée de manière locale. Les seuls interprètes de la volonté nationale sont les congrès et lorsque les circonstances le demandent, ils doivent , temporairement, exercer une telle souveraineté qui leur sera donnée par des décisions plébicitées des assemblées locales.

A part les fédérations nationales pour le transport et les communications, il pourra y avoir des fédérations régionales afin de gérer les problèmes liés aux eaux et forêts ou à la production d’électricité.

Les fédérations nationales maintiendront en propriété commune les routes, les chemins de fer, les bâtiments, l’équipement, la machinerie de production, de distribution et de service et les ateliers. Elles offriront librement leurs services aux localités ou aux individus qui coopèrent de leur effort particulier à l’économie nationale, offrant leurs produits ou leurs surplus, motivés pour produire autant que faire se peut, plus que les besoins de la demande nationale et donnant leur contribution personnelle aux travaux et services qui pourraient en avoir besoin.

La mission des fédérations nationales des communications et des transports est de mettre les localités en contact permanent les unes avec les autres, construisant des services de transport entre les régions productrices et consommatrices, donnant la priorité aux denrées périssables qui doivent être consommées rapidement, tels que le poisson, le lait et produits laitiers, la viande et les fruits et légumes. De la bonne organisation des transports dépend des sources de produits fiables dans des zones de besoin ainsi que la non-congestion des zones où du surplus est produit. […]

[…] Ni la bonne conduire de l’économie, ni la liberté de l’individu ne demandent de plus grandes complications.

Conclusion

Le communisme libertaire est un couloir ouvert par lequel la société peut s’organiser librement et de son propre accord et par qui l’évolution de la société peut suivre une direction sans déviations artificielles. Il représente la solution la plus rationnelle de toutes les solutions sur la question économique sociétaire en cela qu’il correspond à un partage équitable de la production et du travail nécessaire requis pour parvenir à une solution. Personne ne peut réfuter cette nécessité de se joindre à l’effort comparatif de production, car c’est la nature elle-mème qui nous impose cette dure loi du travail dans des climats qui ne sont parfois pas propices à notre sassiété.

Le devoir économique est le lien de la société, mais il est et doit demeurer, le seul devoir pour lequel le collectif prime sur l’individuel. Toutes les autres activités, culturelles, artistiques, scientifiques, sportives, devront demeurer en dehors du contrôle de la collectivité et rester entre les mains de ces groupes enclins à poursuivre ces activités et à les encourager.

Comme la journée de travail obligatoire (la journée de travail nécessaire en fonction de la technologie disponible), n’épuisera pas la capacité de travail de chaque individu, il y aura de surcroi des types de productions contrôlées, d’autres productions libres et spontanées, une production directement inspirée par le désir et l’enthousiasme, une production qui sera de satisfaction personnelle et aura sa propre récompense intrinsèque. Dans cette production sera semée et germera les semences d’une nouvelle société, la nouvelle société exaltée et dirigée vers l’anarchisme et aussi loin que cela remplisse les besoin de la société, la supervision économique des individus par des organisations deviendra totalement inutile.

Mille objections seront faites à tlout ceci, la plupart si dénuées de sens qu’elles ne mériteront même pas de réfutation. Une objection qui est très souvent émise est celle de la fainéantise. La fainéantise est le résultat d’un climat favorable à celle-ci, c’est là que la nature justifie la cossardise, rendant l’individu indolent.

Nous reconnaissons parfaitement le droit à la paresse aussi loin que ceux qui cherchent à exercer ce droit soient d’accord de continuer leur vie sans l’aide des autres. Nous vivons dans une société où le paresseux, l’incompétent et l’antisocial sont des catégories de personnes qui prospèrent et savourent énormément de pouvoir, d’honneur et de richesses. Si de telles personnes acceptent de renoncer à cela, il n’y a aucun obstacle a ce qu’ils demeurent comme sujets d’exhibition dans des musées ou galleries, avec les animaux fossilisés que nous y trouvons aujourd’hui.

Isaac Puente (1932)

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1ère partie de l’essai

Marasme socio-politique: La solution des communes libres et autogérées…

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Le communisme libertaire

Isaac Puente (1932) ~ 1ère partie ~

 

~ Traduit de l’espagnol par Résistance 71 ~

2ème partie

 

Introduction par Résistance 71:

Isaac Puente fut un des rares membres des classes non-ouvrière ou non-paysanne ayant eut une certaine influence durant la période pré-révolutionnaire dans l’Espagne acquise à la CNT (anarcho-syndicalisme) des années 1930.

Puente était un médecin basque et un anarchiste qui soutenait les thèse du communisme libertaire. Il était un ardent collaborateur de la presse anarchiste syndicaliste. Nous avons traduit ici de larges extraits d’un de son célèbre pamphlet sur le communisme libertaire: “El Communismo Libertario”, communisme étant ici à prendre bien sûr au véritable sens, c’est à dire au sens de “pouvoirs aux communes autogérées” et non pas au sens marxiste du terme (communisme autoritaire d’état).

Ce pamphlet de Puente fut très largement diffusé et lu. Il fut une inspiration pour la création de la plateforme sociale historique formulée par la CNT lors de son congrès de Saragosse en Mai 1936. La ville de Saragosse fut dès Décembre 1933 au centre du soulèvement et ce fut sur cette plateforme que les travailleurs libertaires espagnols établirent leur base de lutte contre le fascisme et amenèrent le progressisme et la libération sociale à un degré jusqu’ici jamais atteint.

Malheureusement, Isaac Puente fut une des toutes premières victimes des fascistes franquistes, pris derrière les lignes, il fut abattu en Juillet 1936.

Puente avait établi une vaste différence entre la vision libertaire et celle des mouvements syndicaux réformistes qui sévissent dans le monde depuis lors (réformiste voulant dire que les leaders foie jaunes des syndicats ouvriers ont renoncé à la fonction révolutionnaire transformatrice des syndicats et ont échangé, vendu, les aspirations émancipatrices des travailleurs (euses) contre le confort d’être membre de la “classe politique”, d’arrondir les angles et de se contenter de miettes conssenties par le patronat et son ange gardien: l’état et ainsi de ne plus faire de vague ni faire tanguer le bateau…). Les syndicats actuels ont des leaders réactionnaires, au lit avec l’establishment, embourgeoisés dans une classe moyenne autoritaire et conservatrice par essence (préservation du consensus du statu quo). De fait, si toute l’illusion sociale créée par l’état aux ordres des oligarques finanço-industriels, venait à disparaître du jour au lendemain, les travailleurs seraient parfaitement capables de gérer leur lieu de travail, les tâches et productions à effectuer. C’est par la conscience de notre véritable intérêt commun que nous, les travailleurs pouvons nous unir comme jamais auparavant et œuvrer de concert, solidairement. Isaac Puente nous a laissé une certaine marche à suivre, perfectible dans la pratique bien sûr, mais qui a prouvée sa valeur dans l’Espagne révolutionnaire des années 1933-1939. Il est évident que dans la pratique moderne, certaines façons de concevoir les choses peuvent être révisées, rien n’est dogmatique (Murray Bookchin par exemple a repensé le municipalisme libertaire dans les années 1970-80, en conservant les grandes lignes proposées par Puente et les anarchistes du XXIème siècle conçoivent parfaitement que la propriété privée non lucrative peut rester privée pourvu que cela demeure dans le domaine de la coopération, tandis que la propriété privée à but lucratif et capitaliste se doit d’être éliminée…).

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Le communisme libertaire (1932)

Isaac Puente ~ Larges extraits ~

La Confederaciòn Nacional del Trabajo (CNT) est un outil pour les luttes révolutionnaires dont un des buts de réalisation de la classe laborieuse est: l’installation du communisme libertaire. Ceci est un système de coexistence humaine, de coopération qui tente de trouver un moyen de résoudre le problème économique sans utiliser l’état ou la politique et ce en accord avec les principes de la formule très connue: “A chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins.”

Le mouvement de liberté de la classe laborieuse progresse au travers des expériences amères de l’histoire. De chaque échec, le mouvement ressort rajeuni et plein d’une vigueur nouvelle. C’est une force en devenir, le moule du futur. Il porte en lui-même une graine de perfectibilité sociale et il anticipe la présence d’une aspiration qui vient du plus profond de l’être humain, une aspiration qui ne peut pas périr dusse t’elle se perdre en chemin cent fois encore. […]

[…] Le communisme libertaire est une société organisée sans l’État et sans la propriété privée et il n’y a nul besoin d’inventer quelque chose ou de façonner une nouvelle organisation pour y parvenir. Les centres autour desquels la vie dans le futur sera organisée sont déjà avec nous dans la société d’aujourd’hui, la libre coopération et la municipalité (commune) libre.

Le syndicat, la coopération: Elle convient spontanément aux travailleurs des usines et à tous les endroits d’exploitation collective.

La municipalité (commune): Une assemblée avec des racines ancrées dans le passé où, toujours spontanément, les habitants des villages, des hameaux se rassemblent et montrent la voie de la résolution de problèmes de la vie sociale dans la zone rurale (par “villages”, l’auteur désigne des agglomérations de quelques milliers d’habitants).

Les deux formes d’organisations seront gérées sous les principes de la fédération démocratique, seront souveraines dans leurs prises de décisions, sans être attachées à aucun autre corps social, leur seule obligation étant de se fédérer avec les autres communes selon des termes édictés par la situation économique et des requis de liaison et de communication avec les autres corps organisés des fédérations industrielles.

L’union et la municipalité/commune libres assumeront la propriété commune et collective de tout ce qui est sous statut privé à l’heure actuelle et régulera la production et la consommation dans chaque localité.

Amener conjointement les deux vocables de “communisme” et de “libertaire” est une indication en elle-même de la fusion de ces deux idées : l’une d’entre elles est collectiviste, tendant à amener une harmonie de l’ensemble par les contributions et la coopération des individus, sans mettre en danger leur indépendance de quelque façon que ce soit, tandis que l’autre idée est individualiste, cherchant à rassurer l’individu que son indépendance sera respectée. L’ouvrier d’usine, le cheminot, et le maçon ne peuvent rien faire totalement par eux-mêmes, ils ont besoin de joindre leur force et savoir-faire avec des collègues, à la fois pour remplir les tâches se présentant, mais aussi pour protéger leurs intérêts en tant que personne. Par contraste, l’artisan et le fermier peuvent vivre indépendamment et même potentiellement se suffirent à eux-même, ce qui a pour résultat que l’esprit individualiste est très ancré en eux. Ainsi, le syndicat remplit les besoins d’une organisation collectiviste, tandis que la municipalité, commune libre est plus favorable aux sentiments individualistes de l’agriculteur.

La pauvreté est le symptôme et l’esclavage la maladie. (NdT: n’oublions pas que Puente est un médecin…) […]

[…] Tous les défauts que nous déplorons dans la société aujourd’hui (il serait déplacé de les nommer tous ici) ont leur origine dans l’institution du pouvoir, c’est à dire, dans l’état et l’institution de la propriété privée, dont l’accumulation produit le capital. L’Homme est à la merci de ces deux afflictions sociales qui lui échappent: elles le rendent insignifiant, avare, et dénué de solidarité quand il est riche et cruellement insensible à la souffrance humaine quand il exerce le pouvoir. La pauvreté dégrade l’humain, mais la richesse le pervertit. L’obéissance réduit l’Homme à un état de prostration, alors que l’autorité déforme ses sensibilités. Rien n’a jamais été plus grande cause de larmes et de sang versés que le capital, avec son appétit insatiable pour le profit. L’histoire entière est remplie des crimes et des tortures infligés par l’autorité.

L’accumulation de richesse, tout comme l’accumulation de pouvoir par le petit nombre, ne peut seulement se faire qu’en privant et opprimant les autres. Pour détruire la pauvereté et ainsi détruire l’esclavage, l’accumulation de propriété et de pouvoir doit être résistée de façon à ce que personne ne puisse plus faire que ce dont il/elle a besoin et personne ne soit autorisé à être chef et commander aux autres.

Il y a deux motivations fondamentales. Par notre nature humaine et la façon dont nous vivons, les gens ont deux choses qu’ils ne peuvent pas supprimer: la satisfaction des besoins vitaux et économiques de base tels manger, boire, se vêtir, se loger, obtenir une éducation, une assistance médicale, des moyens de communications, et la satisfaction du besoin de liberté ou du contrôle individuel de nos propres actions. […]

[…] Le communisme libertaire doit rendre possible la satisfaction des besoins économiques en respectant le besoin d’être libre. Par notre amour de la liberté, nous refusons tout communisme monastique ou de barraque, le communisme de la fourmillière ou de la ruche et le style de communisme cheptel et son berger cher à l’URSS. Il y a certains préjudices dont il faudra nous affranchir, examinons quelques uns des plus importants.

Préjudice #1: La croyance que la crise, toute crise est passagère

Le capital et l’état sont deux institutions anciennes: ils sont dans une crise mondiale qui est progressive et incurable. Ce sont deux organismes qui, comme toute chose naturelle dans ce monde, porte au sein de leur propre décomposition, les graines des organismes qui vont leur succéder. Dans le monde naturel, il n’y a pas de création et de destruction, il n’y a que la transformation des choses en d’autres. Le capital se noit dans sa propre fange. […]

[…] Des idées subversives montent parmi la classe laborieuse et ces idées font leur chemin. L’état également suffoque au sein de ses propres machinations de pouvoir. Il se retrouve sans cesse obligé de créer toujours plus de forces répressives et une plus grande bureaucratie, faisant passer le poids mort du parasitisme sur les impôts volés aux contribuables. La conscience individuelle qui grandit et s’éveille de manière plus fine à chaque instant qui passe, est en porte-à-faux avec les limites fixées par l’état. L’imminence d’un effondrement du système a forcé l’état à faire machine arrière dans son évolution historique vers plus de formes démocratiques, afin de revêtir l’uniforme fasciste en Italie et d’autres dictatures ailleurs, incluant la dictature du prolétariat en Russie. Des crises ont augmenté les demandes de la classe travailleuse contre les vieilles institutions du capital ; l’état, cette très vieille institution, est maintenant confronté aux aspirations libertaires des peuples. Elles le submergeront à terme.

Il est futile de s’accrocher à de vieux systèmes et d’essayer de trouver des paliatifs ou des réformes, ou de boucher les trous dans la coque, même si ces paliatifs peuvent être aussi séduisants que l’ “impôt unique” de Henry George; ils arrivent bien trop tard pour insuffler une nouvelle vie dans un organisme décrépit. Nous devons au lieu de cela nous concentrer sur ce qui ne demande qu’à naître, ce qui désire remplacer ce qui disparaît, sur ces forces séminales qui essaient de se faire jour dans la société.

Préjudice #2: La supposition que le communisme libertaire est le produit de l’ignorance

Parce que les libertaires et le communisme libertaire sont soutenus massivement par des gens qui ont la réputation de ne pas être éduqués et d’être incultes, des gens qui n’ont pas de diplômes universitaires, il est supposé que cela est une solution simpliste qui ne prend pas en considération les multiples complexités de la vie et des problèmes inhérents au changement de la société sur une grande échelle.

De manière collective, les travailleurs en connaissent bien plus à propos de sociologie que les intellectuels; de plus, ils sont bien plus clairvoyants lorsque vient le temps d’appliquer des solutions. […]

[…] Dans bien des cas ce sont les “ignorants” qui ont énoncés la solution, et cela est précisément parce que malgré leur connaissance réputée, les intellectuels ne savaient rien du sujet. Les travailleurs l’ont adopté comme leur bannière, la raison en est que collectivement, la classe travailleuse possède une vision du futur bien plus précise et une plus grande largeur d’esprit que toutes les classes intellectuelles mises ensemble.

Préjudice #3: L’aristocratie intellectuelle

Ceci résulte de l’attitude qui veut que les gens ne soient pas équipés pour vivre une vie de liberté et qu’ils sont en conséquence dans le besoin d’une supervision. Les intellectuels cherchent à obtenir le même privilège aristocratique sur les gens aujourd’hui que la noblesse avait auparavant. Ils aspirent à devenir les leaders et les instructeurs des gens. Tout ce qui brille n’est pas or dit le vieil adage. En fait, beaucoup d’intellectuels échouent à se hisser au dessus du troupeau commun et ce même avec les ailes que leur procurent leurs diplômes universitaires et  beaucoup de membres de la classe laborieuse sont les égaux des intellectuels en termes de talent.

Une formation universitaire pour obtenir une profession n’implique en rien une supériorité, car une telle formation n’est pas gagnée dans une concurrence ouverte mais plutôt sous la protection de privilèges économiques.

Ce que l’on appelle le bon sens, une compréhension rapide des choses, une capacité intuitive, l’initiative et l’originalité ne sont pas des choses qui peuvent être achetées ou vendues dans les universités. Ces qualités peuvent être trouvées indifféremment chez des intellectuels ou des illétrés dans une proportion équivalente. Une mentalité inculte, en terme de férocité ignorante, est préférable que des esprits qui ont été empoisonnés par le privilège et érodés par le hâchoir de la routine de l’enseignement. […]

Préjudice #4: L’affirmation que nous ne nous réjouissons que pour l’art, la science et la culture

[…] L’art, la science ou la culture, ne peuvent ultimement pas être achetés par l’argent ou pris de force. Bien au contraire, si ils ont une valeur quelconque, c’est celle de répudier toute subjection et de défier toute subordination. […]

[…] Lorsqu’un travailleur (euse) demande du pain et presse pour plus de justice en essayant de s’émanciper, c’est seulement pour être critiqué qu’il (elle) détruit l’art, la science, la culture, ainsi cela ne peut-ietre que naturel que cette personne devienne un iconoclaste et balaie de la main cette idole intouchable qui est utilisée pour la fixer dans sa misère et son esclavage. Qui a dit que l’art, la science ou la culture devaient-être diminués de quelque façon que ce soit par le développement du bien-être et la jouissance de la liberté ?

Préjudice #5: Que nous ne sommes pas équipés pour bâtir une nouvelle vie

Le nouvel ordre économique a besoin d’une assistance technique, telle que celle qui existe entre le spécialiste et le travailleur non qualifié… Ce n’est pas l’amour de la bourgeoisie qui incite le technicien à travailler, mais la nécessité économique. Demain, ce qui incitera tout le monde à coopérer dans la production sera aussi la nécessité économique, mais une nécessité économique qui sera ressentie par tous ceux qui sont des citoyens actifs et participant. Nous ne faisons pas seulement confiance en ceux qui travaillent par dévotion ou vertu. […]

[…] Nous nous faisons les avocats d’un régime social où il ne sera pas nécessaire pour les gens d’être esclaves afin de les forcer à produire…

Préjudice #6: La croyance dans le besoin d’un architecte social

Cette croyance que la société a besoin d’un pouvoir pour maintenir l’ordre ou que la masse va se dissoudre dans le chaos à moins qu’il n’y ait une force de police pour prévenir cela, est un préjudice, qui a été inculqué par la politique. Ce qui maintient les sociétés en cohérence, en ordre, ce n’est pas l’obligation de ce faire par les pouvoirs en place, ni les visions intelligentes et prémonitoires de ceux en position de gouverner, qui imaginent toujours être en possession de cette qualité. Non, ce qui cimente les sociétés ensemble, ce qui les rend cohérentes, c’est l’instinct de sociabilité et le besoin naturel de l’entre aide. Plus encore, les sociétés tendent à assumer des formes encore plus parfaites non pas parce que leurs leaders le choisissent ainsi, mais parce qu’il y a une tendance naturelle et spontanée vers l’amélioration au sein de ceux qui composent ces sociétés, une aspiration innée de ce type dans tout groupe humain.

Par le même faux cheminement d’idée, nous créditons la croissance et le développement d’un enfant à l’attention des parents comme si la croissance et la maturité étaient dûes a quelques causes extérieures. Mais la croissance et le développement sont toujours présents chez tout enfant sans que personne n’ait besoin de les induire. La chose qui est importante est qu’on ne les empêche pas des e produire, ni ne les bloque. […]

[…] Dans la pédagogie nationale (dans une éducation “centrée sur l’enfant”), le rôle principal des enseignants est que ceux-ci s’immergent dans la tâche biologique humble de nettoyer la voie et d’enlever les obstacles qui se trouvent sur le chemin de l’inclinaison naturelle de l’enfant à assimiler l’information et la forme elle-même. Les personnes auto-éduquées (NdT: de nos jours ce qu’on appelle “l’école à la maison” ou “home schooling”, combiné avec une certaine forme ultérieure d’autodidactisme) donnent une preuve plus que suffisante que l’enseignant, le professeur, n’est pas un partenaire indispensable dans le processus de l’apprentissage.

Nous pourrions dire la même chose en ce qui concerne la médecine. Le médecin peut revendiquer avoir guéri le patient et le public peut le croire dans les grandes largeurs, mais ce qui est réellement responsable de la guérison, est la tendance naturelle du corps à restaurer son propre équilibre et ses mécanismes de défense. Les médecins font leur meilleur travail quand, une fois de plus avec cette humilité biologique, ils ne font qu’enlever les obstacles et les empêchements qui se dressent sur la route de la restauration des systèmes de défense. Dans bon nombre de cas, des patients ont guéri sans médecins voire malgré ceux-ci.

Pour que les sociétés humaine s’organisent et pour que se perfectionnent ces organisations, il n’y a aucun besoin de l’interférence de quiconque. Il est suffisant que personne ne porte entrave au déroulement des choses. Une fois de plus, il est très naïf de vouloir améliorer la vie humaine et de rechercher à remplacer les tendances humaines naturelles avec des contraintes de pouvoir ou en agitant la baguette du chef d’orchestre. Avec une humilité biologique, nous les anarchistes, demandons que ces tendances organisationnelles et instinctives soient laissées à leur libre-cours.

Préjudice #7: Placer la connaissance avant l’expérience

Ceci revient à vouloir obtenir une dextérité avant un entrainement propice, une habilité précédant un apprentissage, une expérience pratique précédant des tentatives ou des calles aux mains précédant un dur labeur.

On nous demande de venir de but en blanc avec la réalisation d’un système sans failles, de garantir que les choses vont se passer de telle ou telle façon et pas comme ceci ou cela, sans hoquet et sans erreur. Si apprendre à vivre devait être fait de la sorte, alors notre apprentissage ne finirait jamais, ni l’enfant n’apprendrait jamais à marcher, ni le jeune à rouler à vélo. Bien au contraire, dans la vraie vie, les choses se passent de manière inverse. On commence par prendre la décision de travailler et au travers de ce travail, on apprend. Le médecin commence sa pratique alors qu’il n’est pas du tout maître de son art, maîtrise qui s’acquiert au cours de la confrontation du diagnostique chez les patients, des erreurs, et beaucoup d’échecs. Sans entrainement préalable en économie familiale, une maîtresse de maison peut maintenir sa famille la tête en dehors de l’eau au moyen de la bonne gestion d’un salaire inadéquat. On devient spécialiste en émergeant de la médiocrité petit à petit.

Vivre au sein du communisme libertaire sera comme apprendre à vivre. Ses points faibles et ses faiblesses seront apparents au départ. Si nous étions des politiciens nous peindrions un paradis emprunt de perfections. N’étant qu’humains et étant au courant de ce que peut-être la nature humaine, nous sommes confiants que les gens apprendront à marcher de la seule manière efficace qui soit: en marchant.

Préjudice #8: Des politiciens comme intermédiaires

Le pire de tous les préjudices est de croire qu’un idéal peut devenir réalité par l’intermission de quelques uns, même si ces quelques-uns ne désirent pas être connus sous le nom de politiciens. […]

[…] S’il devait échoir aux politiciens d’amener à la réalité le communisme libertaire, nous devrions alors nous satisfaire d’un régime qui ne qualifierait en aucune manière ni comme “communiste”, ni comme “libertaire”.

Comme nous sommes opposés au jonglage permanent et à l’escroquerie de l’action politique, nous nous faisons les avocats de l’action directe, qui n’est rien d’autre que la réalisation immédiate de l’idée que l’on a présente à l’esprit et d’en faire une réalisation factuelle tangible et non pas une quelconque fiction écrite abstraite ou une vague promesse. C’est la réalisation de la chose dans son entièreté, résultant de l’accord de la totalité, sans se remettre entre les mains de messies et sans faire confiance à de quelconques intermédiaires.

Plus nous recourons à l’action directe et restons loin de tout intermédiaire, plus les chances pour le communisme libertaire de se réaliser physiquement seront grandes.

A suivre…

2ème partie