Archive pour iroquois traité wampum deux rangées

Colonialisme et oppression: Résoudre le problème colonialiste des Amériques et néo-colonialiste en Afrique…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 1 août 2013 by Résistance 71

La véritable décolonisation passe par la restitution et un compromis de gestion d’une terre et de ressources communes d’une communauté à une autre, d’égal à égal. Il faut faire cesser l’exploitation de l’Homme par l’Homme, qui n’est rendue possible que par l’inégalité politique et économique d’une minorité (l’occident) forcée sur le reste du monde. La survie et la continuité de développement de notre monde passe par là, cela devient de plus en plus évident. Nous sommes au bout du rouleau du modèle actuel, qu’il faut jeter dans les oubliettes de l’histoire.

A titre d’exemple, le traité originel entre les indigènes du nord-est américain et les premiers colons hollandais est un modèle de bons sens et d’équilibre naturel. Ceci fut bien sûr trop élaboré dans sa simplicité pour les esprits tordus et arrogants occidentaux… Voici ce qu’en dit la nation iroquoise des Onondagas:

— Résistance 71 —

 

WAMPUM – Guswenta – La ceinture wampum à deux rangées

Le traité original des peuples Haudenosaunee (Iroquois) avec les premiers colons européens au tout début du XVIIème siècle.

 

Source: Onondaga Nation (Membre de la Confédération Iroquoise)

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En 1613, les Mohwaks ont remarqué des gens venant dans le territoire sans s’annoncer. (NdT: Les Mohawks sont les gardiens de la “porte orientale” du territoire iroquois et de ce fait, venant de l’Est et se dirigeant vers l’Ouest, les colons ont d’abord rencontré les Mohawks. La nation Onondaga, gardienne du feu, est au centre géographique de la confédération…). Ils commencèrent à couper des arbres, à défricher la terre pour y établir maisons et fermes. Ils étaient entrés en territoire Haudenosaunee (Iroquois) et occupaient maintenant des espaces non occupés de nos terres. Ils s’habillaient bizarrement et avaient des poils sur le visage. Ils avaient des pots et poëlles métalliques et avaient amené avec eux leurs familles. Ces gens avaient besoin d’un endroit pour vivre. Les Mohawks envoyèrent un coureur chez les Onondaga pour demander une réunion des nations iroquoises. A cette réunion fut discuté et décidé qu’une délégation de nos nations devaient se rendre là où ces gens s’étaient établis afin de déterminer quelles étaient leurs intentions. Ce fut difficile pour la délégation. Les gens qu’ils rencontrèrent parlaient dans une langue qu’ils n’avaient jamais entendu auparavant. Cela prit beaucoup de temps et de patience pour que les deux peuples commencent à communiquer. Après quelques discussions, nous avons décidé qu’il devait y avoir une façon de se parler au début de chaque rencontre. Les colons avec leurs grands voiliers pensaient qu’ils devaient être appelés “père” et les Iroquois “fils”.

Les Haudenosaunee pensèrent que cela ne pouvait pas se faire de la sorte. Nous devrions nous adresser l’un à l’autre comme “frères”. Cette relation montre que nous sommes égaux les uns vis à vis des autres. Alors que nous nous découvrions les uns les autres, il y eut un accord établi sur la façon dont nous allions vivre et nous traiter les uns les autres. Chacun de nos modes de vie serait visualisé dans les rangées mauves parcourant toute la longueur d’une ceinture (wampum). Sur une des lignes figure le vaisseau de nos frères blancs ayant à son bord leurs us et coutumes, sur l’autre figure le canoë ayant à bord nos us et coutumes. Chacune des embarcations voyageront le long de la rivière de la vie côte à côte (parallèllement). Aucune des deux parties n’essaiera de piloter l’autre vaisseau.

Nous nous sommes mis d’accord sur trois éléments fondamentaux pour faire durer ce traité. Le premier accord était l’amitié. Les Haudenosaunee et leurs frères blancs vivront en toute amitié. Le second principe est la paix; la paix règnera entre nos deux peuples; le principe final est la permanence, à savoir que cet accord est permanent, sans limite temporelle.

Les Hollandais mirent cet accord sur papier avec trois chaînes en argent. Des chaînes en fer ne pouvaient pas être employées car le fer finit par rouiller et se briser. L’argent peut–être poli et renouvelé lorsque nous nous rencontrons. Nous fûmes d’accord pour appeler ceci “La chaîne d’argent garante de l’amitié”. Les Haudenosaunee expliquèrent aux Hollandais que nous n’utilisions pas de papier pour garder une trace de notre histoire, mais que nous utilisions des ceintures faites de perles de nacre de coquillages wampum colorées blanches et mauves. Nous leur avons dit que nous avions fait une ceinture scellant et documentant cet accord. La ceinture représente deux rangées parallèles de perles mauves courant l’une à côté de l’autre et symbolisant la route des deux vaisseaux de nos nations. Sur l’une navigue le canoë de notre façon de vivre avec à son bord notre mode de vie, nos lois et nos peuples; dans l’autre votre vaisseau avec vos lois, religion et vos peuples. Nos vaisseaux voyageront côte à côte le long de la rivière de la vie. Chacun respectera les modes de vie de l’autre et n’interfèrera pas avec l’autre. Ensemble nous voyagerons dans l’amitié, la paix et la permanence de nos relations, aussi longtemps que l’herbe sera verte, aussi longtemps que l’eau ruissèlera au bas de la colline, aussi longtemps que le soleil se lèvera à l’Est et se couchera à l’Ouest et aussi longtemps que notre Terre-Mère demeurera.

L’importance de ceci aujourd’hui:

Les Haudenosaunee voient ceci comme un traité organique, comme une méthode que nous avons établie afin que nos peuples puissent vivre ensemble et en paix; afin que chaque nation respecte les modes de vie de l’autre alors que nous nous réunirions périodiquememt pour trouver des solutions aux problèmes auxquels nous sommes inévitablement périodiquement confrontés.

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Source:

http://www.onondaganation.org/culture/wpm_tworow.html

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