Archive pour iroquois société contre l’état

Résistance au colonialisme: Refus iroquois d’assertion de territorialité de la « couronne » sur leur terre (Mohawk Nation News)

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Kaianerekowa ~ Teiohateh

 

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !
~ Résistance 71 ~

 

Ile de la Grande Tortue: Intérêt indien contre l’assertion de la couronne

 

Mohawk Nation News

 

6 juin 2019

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2019/06/06/turtle-island-indian-interest-v-crown-assertion/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le traité international sur les droits civils et politiques dit ceci : “Tous les peuples ont le droit à l’auto-détermination. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et poursuivent librement leur développement économique, social et culturel.”

Les immigrants (colons) ne possèdent rien. Ils piétinent nos droits pour se gaver et se bourrer les poches et ils paient les “Indiens de fort” [“premières nations”, “assemblée des premières nations”, “conseils de bandes” et autres entités nationales et territoriales dépendantes de l’état colonial] pour perpétrer le génocide. Ce mois-ci, ils espèrent pouvoir signer une fausse déclaration entre l’entreprise coloniale qu’est le gouvernement du Canada et ses marionnettes. Ils pensent qu’Onkwehonweh ne sera plus.

Lorsque les immigrants ignorent Teioateh, wampum deux rangées, le seul outil qui leur donne une quelconque légitimité “d’occuper”, de partager [sous condition] notre terre, ils doivent partir.

Nous sommes l’Île de la Grande Tortue !… Notre intérêt à la terre est caché par la fausse “assertion de la couronne” qui ignore le titre original d’Onkwehonweh placé ici par la création/nature. Nous sommes le peuple de toujours. Les immigrants signent le cadre d’accord frauduleux et essaie par là de voler définitivement l’Île de la Grande tortue et de nous faire disparaître. Cette lettre a été envoyée avec accusé de réception à la reine d’Angleterre, au pape, aux sionistes [via leur organisation mondiale], au Canada. Au premier ministre, au parlement, aux ministères de la défense et de la sécurité nationale.

Lettre avec accusé de réception

Shekon tewatkwanonweraton,  tawetawata tekon tsi ni kari wane nahon Tewakariwa raneh tsi natetewa ereh. Aion karioni ne te ion kwa ta te nentsa wakon Ne takarihonniateh Wa tsiiakatenokonna renTeion tateh’nikon nare Ne tsi ion kwati raseronni en ion karonni Tsi nitsi ronneh sonkwe ta shon  ha

A:

– Reine Elizabeth Alexandra Mary Mountbatten- Windsor, Buckingham Palace, London, England , W1A 1AA United Kingdom

– Pape, jésuite Francis Jorge Mario Bergoglio

dob 17, December, 1936 Southern Hemisphere, Buenos Aires, Argentina Head of the Catholic Church and Sovereign Vatican City State

– World Zionist Organization Eitan Ori Behar, Director Center for Diaspora Communications and Countering World Zionist Organization Telephone: 02-620-2296 EitanB@wzo.org www.iZionist.org

– Government of Canada

Registered Number  0000230098 CANADA DC SIC:  8880 American Embassy 1746

Massachusetts Avenue, North West Washington, DC 20036 United States of America 

– The Prime Minister of Canada, Canadian Confederation July 1, 1867 Office of the Prime Minister 80 Wellington Street Ottawa, Ontario, K1A 0A2 Canada facsimile:  613-941-6900

– National Security and Defense The National Guard 

Parliament Hill Ottawa, Ontario 

Canada K1A 0A2 information@forces.gc.ca 

 

RE: en skweh ia ra kwen

 

Je sous-signé(e),______________________________, en tant que Kanienkaha de Kaianere kowa Kanonsesne (peuple originel libre de l’Île de la Grande Tortue), clarifie à votre entité que toutes positions que vous prenez sur votre chemin ne doit pas croiser mon chemin et ne s’applique en rien aux Iroquois. Le cadre de droit et de réconciliation que votre corps gouvernant tente de mettre en place, les conseils de bandes indiens résultant de l’Indian Act (loi sur les Indiens) ainsi que l’Assemblée des Premières Nations sont en interférence directe avec la voie tracée par le traité du Wampum Deux Rangées. Vos ancêtres comme les nôtres ont beaucoup sacrifié pour en arriver à cet accord.

Vos sujets sont en violation de Teioateh (wampum deux rangées) utilisant ce processus d’accord  et durant cette violation continuelle de notre accord originel (NdT: qui date de 1701) ; nous continuons de vivre selon cette accord, côte à côte et en paix. Nous ne demandons que restaurer la paix qui a été brisée. Il apparaît clairement que la chaîne d’argent symbolisant cet accord se doit d’être nettoyée. Nous ressentons un besoin immédiat de redresser cette violation de notre relation et donc de l’accord originel.

Skennen (Paix)

Post Office Box 3, kawehno:ke email:ritasageloc@gmail.com

= = =

“Il y a des connexions philosophiques entre les sociétés indigènes et quelques sensibilités anarchistes sur l’esprit de la liberté et les idéaux pour une bonne société. Des idées critiques parallèles et des visions d’un futur post-impérialiste ont bien été notées par quelques penseurs, mais quelque chose qu’on pourrait appeler ‘anarcho-indigénisme’ doit toujours se développer en une philosophie et une pratique cohérentes. Il y a également une grande similitude entre les façons de voir le monde des anarchistes et des peuples autochtones: un rejet des alliances avec des systèmes légalisés, centralisés d’oppression et une non-participation aux institutions qui structurent la relation coloniale, ainsi que la croyance d’amener le changement par l’action directe et la résistance au pouvoir d’état.”
~ Taiaiake Alfred, professeur sciences politiques, Mohawk ~

Lectures complémentaires:

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

Effondrer-les-empires-coloniaux-par-apostasie-collective-de-jo-busta-lally

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

 

Résistance au colonialisme: Pouvoir naturel et société organique… (Mohawk Nation News)

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Pouvoir naturel

 

Mohawk Nation News

 

14 septembre 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/09/14/natural-power/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Notre famille est les plantes, la terre, les animaux, les eaux et tout ce qu’il y a dans l’air. Nous ne pouvons pas tuer ou blesser l’un d’entre eux. Nous devons éviter et essayer d’arrêter tout ce qui tue la véritable vie naturelle.

Au début, nous avons essayé d’adopter les envahisseurs pour qu’ils vivent comme nous. Mais ils ne purent pas car ils amenèrent des filets, des pièges et des poisons pour tuer toute vie sur l’île de la Grande Tortue.

Pour les colons nous ne sommes que poussière. Notre esprit ne peut être camouflé ni capturé. Nous apparaissons hors de la poussière, ils nous regardent mais ne nous voient pas. Puis nous disparaissons et retournons vers notre famille.

La Nature/création nous a placé au sein de nos territoires. Les envahisseurs ont inventé des histoires à notre sujet et les ont transformées en histoires à dormir debout.

Les gens, les animaux et le paysage, la terre, sont inséparables. Tous suivent le cheminement des nuages. Nous portons en nous-mêmes nos véritables histoires.

Pour survivre, nous envoyons nos enfants. Ils vont et viennent à une fréquence que personne sauf nous peut entendre. Les immigrants qui occupent leurs cellules nous regardent au travers de leurs barreaux, en essayant constamment de nous attirer dans leurs prisons [leur société]. Nous nous approchons d’eux, les observons et retournons dans notre monde. Notre pouvoir naturel est la Nature elle-même.

Nous envoyons des messages aux êtres non-naturels pour les aider à enlever les barreaux autour de leur société. Nous tirons sur leurs cordes. Pour survivre et échapper à la colère des occupants anti-naturels, nous nous confondons dans l’environnement et nous réapparaissons. Ils font des statues de ciment et de marbre pour se rappeler de leurs mensonges à leur et notre sujets.

Nous évaluons constamment les situations pour voir s’ils adhèrent au pouvoir naturel. Certains d’entre nous les imitent. La plupart ne sont pas empoisonnés [à leur contact]. Nous remettons tout en cause. Nos esprits n’auront jamais les caractéristiques de ces esprits anti-naturels qui ressemblent à l’esprit du mouton.

Nous survivrons en tant que partie intégrante de notre véritable famille naturelle. Le monde moderne et artificiel continue d’essayer de tuer nos modes de vies anciens. Ils nous attaquent volontairement. Nous vivons sur nos territoires. Nous les patrouillons. Nos relations avec nos frères ailés, à quatre pattes, les arbres, les plantes, dépendent de nous pour suivre les instructions originelles. Nous survivrons et co-existerons sur notre terre-mère en tant que frères et sœurs.

Nous revenons sans cesse afin de nous rappeler que nous ne voulons rien avoir à faire avec leur veulerie et leur malfaisance.

Résistance au colonialisme: Dernier discours d’un grand résistant, le chef Cayuga Deskaheh (Confédération Iroquoise 1925)

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Le dernier discours de Deskaheh

 

Levi General, Deskaheh

1925

 

Au soir du 10 Mars 1925, souffrant de sérieuses attaques de pleurésie et de pneumonie, il fit son dernier discours. Il le fit devant un micro dans la ville de Rochester (état de New York, USA). Une fois de plus, et plus fort que jamais, il lança un défi à la face des grandes nations qui nient les droits et les demandes des petits peuples.

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Novembre 2015

 

Note de résistance 71:

Levi General, chef charismatique de la nation Cayuga de la Confédération Iroquoise Haudenesaunee fut reçu au Grand Conseil avec le titre de “Deskaheh” en 1917. Il lutta sans relâche contre les lois d’assimilation niant les traités mises en place par le gouvernement fédéral du Canada, après la première guerre mondiale; il alla à Genève et monta un dossier pour plaider la cause autochtone à la Ligue des Nations (LDN) organisation fantoche qui précéda l’ONU, ce qu’il fit en 1923. La Ligue l’ignora. Il est à noter que le Canada ne pouvait pas faire partie de la LDN car vu à juste titre, comme une entité coloniale britannique.
Perçu comme un fauteur de troubles au Canada, il fut ciblé par les autorités, persécuté par la GRC et se vit refuser l’accès de retour au Canada. Il demeura jusqu’à sa mort en 1925 chez des amis dans l’état limitrophe de New York. En 1924, le Canada renforça la loi sur les Indiens (Indian Act) et refusa de reconnaître les conseils traditionnels autochtones. Le gouvernement colonial mit en place le système électoral des “Conseils de Bandes” (appelés “conseils de tribus” aux Etats-Unis) avec lesquels ils “traitent” des “affaires indiennes” depuis. Les Conseils de Bandes, rassemblés nationalement au Canada sous la bannière de l’Association des Premières Nations (APN ou AFN de son acronyme anglais), ne représentent pas la voix des nations autochtones, mais uniquement la voix “officielle” liée au gouvernement colonial et pilotée depuis Ottawa.

Il est grand temps que les Canadiens comprennent que les conseils de bandes élus des nations premières ne sont pas et ne représentent aucunement la voix des peuples et nations originels de ce sous-continent nord-américain.
La lutte pour faire reconnaître les modes traditionnels de gouvernance autochtones est toujours de mise. Le système colonial comme à l’accoutumée divise pour mieux règner. Un accord (Wampum Deux Rangées) a été passé avec les premiers colons occupants hollandais en 1613 lors du traité de Tawagonshi qui fut enterriné et suivi par les Français, puis les Anglais avec le traité de Montréal de 1701. Rien n’a changé depuis lors. Il n’y a eu aucune cession ni abandon de terres, toute appropriation résulte d’un vol initial.
A la fin de sa vie, depuis l’exil, Deskaheh continua la lutte, voici traduit par nos soins, son dernier discours, toujours d’une actualité plus que brûlante et pour cause: les problèmes n’ont jamais été correctement adressé.
(Résistance 71)

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Pratiquement tous ceux qui écoutent ces mots sont, je le suppose, des visages pâles (NdT: traduction directe de l’expression anglaise employée: “pale face”…). Je ne le suis pas. Ma peau n’est pas rouge, mais c’est de cette façon que mon peuple est appelé par les autres. Ma peau est brune, marron clair, mais nos joues possèdent cette petite rougeur et c’est pour cela que nous sommes appelés “peau-rouge”. Cela ne nous gêne pas. Il n’y a aucune différence entre nous sous les peaux, c’est ce que tout expert avec un couteau de boucher n’a jamais découvert. (*) – voir note sous le texte –

Ma terre natale est sur Grande Rivière. Jusqu’à ce que nous n’en vendions une grande partie, notre pays s’étendait jusqu’au lac Erie, où, il y a 140 hivers de cela, nous avions une petite côte bien à nous ainsi que notre propre marine faite de vaisseaux en écorce de bouleaux.

Vous l’appellerez plus tard le “Canada”. Nous ne l’appelons pas de la sorte. Nous appelons les quelques 260 km2 qu’ils nous restent le “pays de la Grande Rivière”. Nous avons le droit de faire cela. C’est à nous. Nous avons la promesse signée de George III que nous aurons cette terre à tout jamais de lui ou de ses successeurs et il a promis de nous protéger dans ce territoire.

Nous ne pensions pas que nous vivrions assez longtemps pour constater qu’une promesse britannique n’était pas assez bonne. Un pied ennemi est sur notre terre et George V le sait car je lui ai personnellement dit, mais il ne lèvera pas le petit doigt pour nous protéger, ni ses ministres du reste. Quelqu’un qui voudrait nous enlever nos droits est, bien entendu, notre ennemi.

Pensez-vous que tout gouvernement devrait arrêter de considérer de savoir si un but égoïste doit-être gagné ou perdu en tenant sa promesse ?

En bien des points nous sommes juste comme vous. Nous aimons parler de nos problèmes. Vous faites cela aussi. Vous nous avez dit que vous aviez de grands problèmes il y a plusieurs hivers parce qu’un géant avec un gros bâton vous courrait après. Nous vous avons aidé à le fouetter. Beaucoup de nos jeunes braves se sont portés volontaires et bon nombre d’entre eux ont donné leur vie pour vous. Vous étiez bien disposés à les laisser combattre en toutes premières lignes en France. (NdT: Deskaheh parle ici des volontaires autochtones qui se sont enrôlés et ont combattu dans l’armée canadienne durant la 1ère guerre mondiale dans les tranchées de France…) Maintenant nous voulons vous parler de nos problèmes et de ce qui nous trouble.

Nous ne voulons pas dire que nous en appelons à vos gouvernements, nous sommes fatigués d’en appeler à tous les gouvernements des visages pâles sur le continent américain et en Europe. Nous avons essayé cela à maintes reprises et avons trouvé que cela était parfaitement inutile. A partir de maintenant, nous voulons la justice. Après tout ce qui nous est arrivé, ce n’est certainement pas trop demander. Vous avez obtenu plus de la moitié des territoires que vous possédez ici en faisant la guerre aux hommes rouges, le plus souvent de manière totalement non provoquée, et vous en avez obtenu un autre quart par la corruption de certains de nos chefs, pas un quart n’avez vous obtenu de manière honnête et légale. Pourtant vous auriez pu en avoir une bonne partie honnêtement si vous aviez pourtant essayé.

Vous les jeunes des Etats-Unis ne croirez peut-être pas ce que je dis. Ne me croyez pas sur parole, mais lisez votre histoire. Une bonne dose de la véritable histoire à ce sujet a été maintenant publiée. Nous avons encore un peu de territoire pour vivre, juste assez pour y vivre et nous y coucher. Ne pensez-vous pas que votre gouvernement devrait être honteux de nous prendre le peu qu’il reste en prétendant que ceci fait partie de leurs territoires (NdT: volés pour la très vaste majorité..) ?

Vous devriez être honteux si vous les laisser faire. Avant que tout ne soit perdu, nous voulons vous faire savoir ce que vos gouvernements (coloniaux) sont en train de faire. Les gouvernements de Washington et d’Ottawa ont une politique silencieuse de partenariat politique. Celle-ci vise à briser chaque tribu, chaque nation d’hommes rouges afin de pouvoir dominer chaque hectare de leur territoire. Vos hauts-fonctionnaires sont les nomades aujourd’hui et non pas les hommes rouges. Vos officiels ne resteront pas chez eux.

A Ottawa, ils appellent cela la politique du “progrès indien”. A Washington, ils appelent cela “l’assimilitation”. Nous, qui serions les victimes sans défense, disons que cela s’appelle la tyrannie.

Si cela doit aller au bout de la nuit, nous préférerions que vous veniez avec vos flingues et vos gaz toxiques et que vous vous débarrassiez de nous de cette façon. Faites le ouvertement et sans ambage. Arrêtez cette prétention de dire que vous avez le “droit” de nous subjuguer et de nous faire plier à votre volonté. Vos gouvernements le font en mettant en place vos lois coloniales étrangères sur nous. Ceci n’est qu’une action en sous-main. Ils peuvent nous subjuguer par l’utilisation de vos tribunaux. Cela vous plairait-il de vous retrouver traînés au Mexique pour y être jugés par les Mexicains et de vous retrouver en prison sous le coup de la loi mexicaine pour ce que vous avez fait chez vous ?

Nous ne voulons aucune de vos lois et de vos coutumes que nous n’avons pas adoptées nous-mêmes. Nous en avons adopté pas mal (NdT: trop ?…) Vous en avez adoptées quelques unes des notres comme par exemple le vote des femmes. Nous nous comportons aussi bien (ou mieux) que vous et vous seriez d’accord si vous nous connaissiez mieux.

Nous serions bien plus heureux aujourd’hui si on nous fichait la paix que vous qui vous auto-proclamez “Américains” ou “Canadiens”. Nous n’avons pas de prisons et n’en avons aucunement besoin. Vous avez beaucoup de prisons mais contiennent-elles tous les criminels que vous condamnez ? Faites face à la justice et condamnez-vous tous les violeurs des milliers et milliers de lois que vous avez ?

Vos gouvernements (coloniaux) se sont récemment résolus à de nouvelles pratiques au sein de leurs politiques indiennes. Auparavant, ils soudoyaient souvent nos chefs pour qu’ils signent des traités afin de prendre nos terres. Maintenant ils savent qu’ils peuvent plus facilement se saisir de nos territoires restant en nous privant de nos droits politiques et en nous forçant à nous “intégrer”, à prendre votre “citoyenneté” ainsi ils donnent le boulot dans leurs bureaux des affaires indiennes aux jeunes gens intelligents d’entre nous qui le feront et qui, pour gagner leur chèque, disent que nos peuples veulent devenir des citoyens de votre entité et que nous sommes prêts à voir notre vie tribale détruite et que nous voulons que le gouvernement fédéral le fasse. Mais ceci est totalement faux !

Vos gouvernements coloniaux actuels ont appris tout cela des britanniques. Les Britanniques ont pratiqué depuis longtemps tout ceci sur des peuples bien plus faibles et ont mené à bien leur politique de subjuguer le monde, s’ils l’ont pu, à l’impérialisme britannique. Sous son couvert, vos législateurs assument maintenant la gouvernance des peuples trop faibles pour vous résister dans vos tribunaux. Il n’y a aucune limite territoriale de 5km ou de 20km pour les gouvernements qui veulent tout forcer.

Il y a trois hivers, le gouvernement canadien a décidé d’hypothéquer les fermes de nos soldats revenant de la guerre pour sécuriser des emprunts qui leur furent faits dans l’intention d’utiliser les tribunaux canadiens pour forcer les paiements au nom des autorités canadiennes sur des terres nous appartenant. Lorsqu’Ottawa s’y est essayé, notre peuple s’est rebellé. Nous savions que cela signifiait la fin de notre mode de gouvernance traditionnel. Parce que nous avons résisté, le gouvernement colonial canadien a commencé à faire respecter toutes sortes de lois de domination provinciales et a envoyé des gens pour faire respecter les lois et les “coutumes” canadiennes sur nous. Nous avons fait appel à Ottawa au nom de nos droits en tant que peuple séparé et de nos droits inhérents aux traités ; la porte nous fut claquée à la figure. Nous avons ensuite été à Londres avec notre traité et avons demandé la protection qu’il garantit ; personne n’y a prêté une quelconque attention. Puis nous avons été devant la Ligue des Nation à Genève sous son accord de protection des petits peuples et de faire respecter les traités, nous y avons attendu patiemment un an pour une audience, que nous n’avons jamais obtenue.

Pour nous punir d’essayer de préserver nos droits, le gouvernement canadien prétend maintenant abolir notre gouvernement (traditionnel) par Proclamation Royale et il a prétendu imposer un gouvernement canadien au-dessus de nous, composé des quelques traîtres parmi nous qui acceptent de se faire payer par Ottawa et de faire ce que les colons demandent. Finalement, les fonctionnaires d’Ottawa, sous le prétexte d’une visite amicale, nous ont demandé d’inspecter nos précieuses ceintures de traité Wampum, faites par nos Pères il y a des siècles pour archiver notre histoire et lorsque nous leur avons montré, ces fonctionnaires fourbes les ont saisi et ont emporté ces ceintures comme des bandits emportent leur butin. La seule différence étant que notre gardien des ceintures Wampum n’a pas mis les mains en l’air, nos mains ne se mettant en l’air que lorsque nous invoquons le grand esprit. Les votres se mettent en l’air à ce qu’on nous a rapporté, lorsque quelqu’un fait les poches de son propre frère blanc. D’après ce que racontent vos journaux, elles sont bien souvent en l’air depuis un moment…

Le gouvernement d’Ottawa pensait que sans les ceintures Wampum à lire dans la cérémonie d’ouverture de nos conseils des Six Nations, nous abandonnerions notre règle d’auto-gouvernement et d’autogestion, étant victimes de quelconques superstitions. Quelque superstition que ce soit à laquelle est tombée victime le peuple de Grande Rivière n’est en aucun cas la révérence envers les ceintures Wampum mais bel et bien de sa confiance mise dans l’honneur de gouvernements qui affirment être ceux d’une civilisation supérieure.

Nous avons fait confiance aux Britanniques il y a bien des années avec de très larges sommes d’argent, de notre argent dont ils ils devaient s’occuper pour les territoires que nous leur avions cédés. Ils prirent 140 000 $ de cet argent il y a maintenant 75 hivers pour les utiliser à leurs propres fins égoïstes, ils ne nous ont jamais rendu cet argent.

Votre gouvernement des Etats-Unis à ce qu’on me dit, vient juste de décider de retirer toutes les libertés politiques de l’Homme Rouge que vous avez promis de protéger pour toujours, en passant une telle loi au congrès en défi total des traités signés par votre président George Washington. Cette loi bien sûr, voudra dire le bris et la division des tribus et des nations si cela est mis en application. Notre peuple prérèrerait être privé de son argent que des ses libertés politiques, et vous également.

Je suppose que vous n’avez jamais entendu parler de mon peuple et que beaucoup d’entre vous pensent que nous avions rejoint les grands espaces de chasse il y a longtemps. Et bien NON ! Il y a autant d’entre nous qu’il y a mille hivers, il y a de plus en plus d’Indiens et cela fait une grande différence dans le respect que nous observons venant de vos gouvernements.

Je vais vous poser une question ou deux. Réfléchissez-y bien et ne répondez pas trop vite. Pensez-vous vraiment que toutes les personnes doivent avoir une protection égale sous la loi internationale alors même que maintenant vous êtes devenus si forts et si puissants ? Pensez-vous vraiment que les promesses des traités se doivent d’être tenues ? Pensez bien à ces questions et formulez attentivement vos réponses…

Nous ne sommes plus dépendants comme nous l’étions auparavant. Nous n’avons plus besoin d’interprètes maintenant. Nous connaissons votre langue et nous pouvons comprendre vos mots de nous-mêmes et nous avons appris à décider par nous-mêmes ce qui est bon pour nous. Il est très mauvais de prendre conseil d’autres personnes pour tout cela.

Vous les mères me dit-on avez bien des choses à dire de votre gouvernement. Nos mères ont toujours eu leurs mains dans le notre. Peut-être pouvez-vous faire quelque chose pour nous aider maintenant. Si vous les mères blanches avez un cœur de pierre et ne nous aidez pas, peut-être que vos fils et vos filles qui écoutent ce programme et qui ont aimé lire des histoires de notre peuple, les vraies histoires je veux dire, nous aiderons lorsqu’ils grandiront et s’il reste quelques uns d’entre nous à aider s’entend.

Si vous devez nous traiter comme si nous étions des citoyens sous votre gouvernement, alors ceux d’entre vous qui ont faim de terres et de propriétés possèderont nos fermes et nous les voleront par tous les moyens possibles en utilisant vos lois de propriété et vos tribunaux que nous ne comprenons pas et que nous ne voulons pas du tout apprendre. Nous serons alors sans abris et devrons errer dans vos grandes villes pour y travailler pour un salaire, pour acheter du pain, pour payer un loyer, des impôts, pour vivre sur cette terre et pour y vivre dans de petites piaules dans lesquelles nous suffoquerons. Nous serions alors dispersés et perdus pour nous-mêmes ainsi que parmi vous. Nos fils et nos filles devront se marier avec vous ou pas du tout. Si la tuberculose nous élimine ou si nous ne procréons plus ou si nos enfants sont mélangés dans l’océan de votre sang, alors il n’y aura plus d’Iroquois. Donc filles et garçons si vous grandissez et affirmer le droit de vivre ensemble et de vous gouverner vous-mêmes, comme vous le devriez, et si vous ne concédez pas le même droit aux autres, alors vous deviendriez des tyrans ne pensez-vous pas ? Si vous n’aimez pas ce mot, utilisez-en un autre, un meilleur si vous pouvez en trouver un, ne vous leurrez pas vous-même par le mot que vous utiliserez.

Fils, vous respectez vos pères parce qu’ils sont membres d’un peuple libre et avec une voix dans le gouvernement au dessus de la leur et parce qu’ils ont aidé à le faire pour eux-mêmes et vont vous le léguer. Si vous saviez que vos père n’ont rien eu à faire avec le gouvernement qu’ils subissent, mais qu’ils étaient les sujets de la volonté d’autres personnes, vous ne pourriez pas les admirer et ils ne pourraient pas vous regarder en face. Ils ne seraient pas de véritables hommes et vous ne le seriez pas non plus.

Les pères au sein de notre peuple ont été de vrais hommes. Ils se plaignent maintenant contre l’injustice d’être traités comme quelque chose d’autre et d’être appelés incompétents qui doivent être gouvernés par d’autres, ce qui veut dire par les hommes qui pensent cela d’eux.

Fils, pensez-y. Faites-le avant que vos esprits ne perdent le pouvoir de comprendre qu’il y a d’autres gens dans ce monde autres que vous et ayant un droit égal d’y être au votre. Vous voyez qu’un peuple aussi fort que le votre est un grand danger pour les autres gens qui vous entourent. Vous allez déjà parvenir d’assez près à être la loi en ce monde de manière à ce que personne ne puisse vous fouetter. Pensez alors ce que cela veut dire de grandir avec la volonté d’être injuste envers les autres, de croire fermement que quoi que fasse votre gouvernement aux autres ne constitue pas un crime, même si cela en est un particulièrement vicieux. J’espère que les nord-Américains d’origine irlandaise vont y penser, ils avaient l’habitude de le faire lorsque cela se rapportait à eux.

Ceci est l’histoire des Mohawks, l’histoire des Oneidas, des Cayugas, je suis Cayuga, des Onondagas, des Senecas et des Tuscaroras. Ce sont les Iroquois. Expliquez cette histoire à ceux qui n’ont pas écouté. Peut-être qu’on m’arrêtera de la raconter cette histoire, mais si on m’en empêche alors que j’ai tenté de le faire, l’histoire ne sera pas perdue ni oubliée. Je l’ai déjà raconté à des miliers de personnes en Europe, elle a été inscrite dans les archives, là où vos enfants pourront la trouver quand je serai mort ou qu’on m’aura jeté en prison pour dire la vérité. J’ai expliqué cette histoire en Suisse. On peut y dire la vérité en public là-bas, même si cela devient inconfortable pour quelques personnes célèbres.

Cette histoire vient directement de Deskaheh, un des chefs des Cayugas. Je suis le porte-parole du Conseil des Six Nations iroquoises, la plus ancienne ligue des nations en existence. Elle fut fondée par Hiawatha. C’est une ligue, une confédération, qui est toujours bien vivante et qui a l’intention, du mieux qu’elle le peut, de défendre les droits des nations iroquoises pour qu’elles vivent sous leur propre loi (NdT: Kaiane’reko:wa ou Grande Loi de la Paix) dans leurs petits pays restant, sous le Grand Esprit et les coutumes inhérentes et de jouir des droits qui sont le plus sûrement les leurs tout comme les droits de l’homme blanc sont les siens.

Si vous pensez que les Iroquois se font avoir, écrivez des lettres depuis le Canada à vos ministres et votre parlement, depuis les Etats-Unis à vos membres du congrès et dites leur. Ils vous écouteront puisque vous les avez élu. S’ils sont contre nous, demandez leur quand et comment ont-ils obtenu le droit de gouverner des peuples qui n’ont aucun parti-pris dans votre mode de gouvernement et qui ne vivent pas dans votre pays mais dans le leur. Ils ne pourront pas répondre à cette question de manière rationnelle.

Encore un mot pour que vous vous rappeliez de notre peuple. Si nous n’avions pas aidé en temps et en heure, vous ne seriez pas là. Si il y a 166 hivers, nos guerriers n’avaient pas aidé les Britanniques au Québec, celui-ci ne serait pas tomber aux mains des Britanniques. Les Français auraient viré vos ancêtres parlant anglais de cette terre avec armes et bagages. Ce serait un peuple parlant français aujourd’hui au Canada et non pas vous. Cette partie de votre histoire ne peut pas être escamotée en volant nos ceintures wampum qui racontent cette histoire.

Je pourrais vous en dire bien plus sur notre peuple et je le ferai une autre fois, si vous m’en faites l’honneur.

 

= = =

 

Note (*) de haut de pages: L’origine du mot “peau-rouge”.

Source: historienne Roxanne Dunbar-Ortiz, “An Indigenous peoples’ History of the United States”, Beacon Press, 2014, pages 64-65

Traduit de l’anglais par Résistance 71

 

-[]- “ En tant que récompense pour recruter des combattants (contre les Indiens), les autorités coloniales introduisirent un programme de scalpage (chasse au scalp) qui devint un élément de longue durée et permanent de la guerre coloniale contre les nations autochtones. Durant la guerre contre les Péquots, les officiels du Connecticut et du Massachussetts offrirent des récompenses en premier lieu pour les têtes des Indiens tués, puis plus tard seulement pour leurs scalps, qui étaient plus transportables en grand nombre. La chasse aux scalps ne devint routinière qu’à partir des années 1670 […] La chasse au scalp devint une activité très lucrative. Les autorités coloniales encouragèrent les colons à partir en “chasse” par eux-mêmes, en petit groupe et de récolter le plus de scalps possibles pour de l’argent. L’historien John Grenier fait remarquer que “les colons établirent la privatisation de la guerre sur une grande échelle au sein des communautés pionières américaines…” De plus les chasseurs de scalps pouvaient prendre les enfants prisonniers et les vendre comme esclaves. Ces pratiques effacèrent toute distinction demeurant entre les Indiens combattants et les non-combattants et cela introduisit également un marché pour les esclaves autochtones.

Les récompenses pour les scalps autochtones furent également honorées même en temps de paix officielle. Les scalps et les enfants indiens devinrent des monnaies d’échange et ce développement dans ce commerce créa même un marché noir. La chasse au scalp n’était pas seulement profitable pour les entreprises privées, mais ce fut aussi un moyen d’erradiquer ou de subjuguer la population originelle sur la côte atlantique anglo-américaine.

Les colons y donnèrent un nom pour les corps mutiliés et sanguinolents laissés dans le sillage de la chasse aux scalps: Les Peaux-Rouges.

Cette façon de faire la guerre, forgée dans le premier siècle de la colonisation de l’Amérique du Nord, détruisant les villages autochtones, leurs champs, massacrant combattants et non-combattants et chassant le scalp, devint la base même des guerres contre les peuples originels du continent et ce jusque la fin du XIXème siècle.” –[]-

La Grande Loi de la Paix ou Constitution de la Confédération Iroquoise (XIIème siècle) ~ 3ème partie: Wampums 79-117 ~

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La Constitution de la Confédération Iroquoise

 

Kaianerekowa (Gayanashagowa) ou la Grande Loi de la Paix

 

Traduction Résistance 71 

 

Introduction

1ère partie: wampums 1-54

2ème partie: wampums 55-78

3ème partie: wampums 79-117

 

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Les droits et pouvoirs de guerre

 

  1. Skanawatih sera investi de double fonction, devoir et autorité. Une moitié de son être devra tenir sa fonction de chef et l’autre moitié celle de chef de guerre. En cas de guerre, il devra notifier les cinq chefs de guerre de la confédération et leur commander de se préparer à la guerre, qu’ils aient leurs hommes prêts au temps et à l’endroit prescrits pour l’engagement avec l’ennemi de la Grande Paix.

 

  1. Lorsque le conseil de la confédération des Cinq Nations a pour but l’établissement de la Grande Paix parmi le peuple d’une nation étrangère et que cette nation refuse d’accepter la Grande Paix, par ce refus elle amène sur elle une déclaration de guerre de la part des Cinq Nations. Les Cinq Nations devront alors établir la Grande Paix par la conquête de la nation discordante.

 

  1. Lorsque les hommes des Cinq Nations, maintenant appelés à devenir guerriers, sont prêts pour la bataille contre une nation obstinée qui a refusée d’accepter la Grande Paix, alors un des cinq chefs de guerre devra être choisi par les guerriers des Cinq Nations pour mener leur armée à la guerre. Il sera du devoir du chef de guerre choisi de se tenir devant les guerriers et de leur parler. Son but sera de motiver les guerriers à la nécessité d’une bonne attitude et d’une obéissance stricte aux commandements des chefs de guerre. Il devra délivrer un discours les exhortant au plus grand zèle de bravoure et de courage et de ne jamais se rendre coupables de couardise. A la conclusion de son discours, il devra commencer à marcher et commencer à chanter le chant de guerre de la sorte:

Je suis maintenant très surpris et vais donc l’utiliser, ce pouvoir de mon chant de guerre, je suis les Cinq Nations et je supplie le créateur tout puissant. Il a assemblé cette armée. Mes guerriers seront pétris du courage du créateur. Ils sont entre lui et mon chant, car c’est lui qui a donné ce chant, ce chant de guerre que je chante !

 

  1. Lorsque les guerriers des Cinq Nations sont en expédition contre l’ennemi, le chef de guerre devra chanter le chant de guerre alors qu’il approche le pays ennemi et ne cessera de chanter tant que ses éclaireurs ne lui ont dit que l’armée est proche de l’ennemi et de ses lignes, c’est alors que le chef de guerre devra approcher l’endroit très précautionneusement et se préparer à l’attaque.

 

  1. Lorsque la paix sera établie après la fin de la guerre contre la nation étrangère, alors le chef de guerre devra faire en sorte que toutes les armes de guerre soient retirées à cette nation. Alors la Grande Paix sera établie et cette nation observera les lois de la Grande Paix pour les temps à venir.

 

  1. Dès qu’une nation étrangère est conquise ou a d’elle même acceptée la Grande Loi de la Paix, leur propre système de gouvernance interne continuera, mais elle devra cesser toute acte de guerre contre toute autre nation.

 

  1. Si une guerre contre une nation étrangère est poussée jusqu’au stade où cette nation est en passe d’être exterminée à cause de son refus d’accepter la Grande Paix et si cette nation doit par son obstination être exterminée, tous ses droits, propriétés et territoires deviendront la propriété des Cinq Nations.

 

  1. A chaque fois qu’une nation étrangère est conquise et les survivants amenés dans le territoire des Cinq Nations et placés sous les auspices de la Grande Paix, les deux devront être connus sous les vocables de conquérants et de conquis. Une relation symbolique devra être établie et placée dans une position symbolique. La nation conquise n’aura pas de voix dans les conseils de la confédération et dans le corps des chefs.

 

  1. Quand la guerre des Cinq Nations contre une nation étrangère rebelle a pris fin, la paix devra être restaurée dans cette nation en lui enlevant toutes armes de guerre ; ceci sera effectué par le chef de guerre des Cinq Nations. Lorsque tous les termes de la paix auront été agréés, une amitié devra alors être établie.

 

  1. Lorsque la proposition d’établir la Grande Paix est faite à une nation étrangère, ceci doit être fait au sein d’un conseil tenu mutuellement. La nation étrangère devra être persuadée par la raison et sera sollicitée avec insistance d’en venir à la Grande Paix. Si les Cinq Nations échouent d’obtenir le consentement de la nation au premier conseil, un second conseil devra se tenir et en cas de second échec, un troisième conseil devra se tenir et ce troisième conseil mettra fin à la méthode de persuasion pacifique. Durant le troisième conseil, le chef de guerre des Cinq Nations devra s’adresser au chef de la nation étrangère et lui demander par trois fois d’accepter de rejoindre la Grande Paix. Si un refus s’ensuit, le chef de guerre devra alors laisser tomber la poignée de coquillages de lac blancs qu’il tiendra dans sa main tendu ; il devra alors bondir rapidement en avant et tuer le chef contrevenant avec sa massue de guerre. La guerre sera alors déclarée et le chef de guerre devra avoir ses guerriers derrière lui pour faire face à toute urgence. La guerre devra continuer jusqu’à ce que la confrontation soit gagnée par les Cinq Nations.

 

  1. Lorsque les chefs des Cinq Nations proposent de rencontrer une nation étrangère en conseil avec des propositions d’acceptance de la Grande Paix, un groupe important de guerriers devra se cacher dans un endroit sécure à l’abri des espions de la nation étrangère mais suffisamment proche pour pouvoir intervenir. Deux guerriers devront accompagner le chef de la confédération qui porte les propositions et ces deux guerriers devront être particulièrement rusés. Si le chef devait être attaqué, ces deux guerriers devraient retourner très vite vers l’armée de guerriers avec la nouvelle de cette calamité, qui énonce la trahison de la nation étrangère.

 

  1. Lorsque le conseil des Cinq Nations déclare la guerre, tout chef de la confédération peut rejoindre les guerriers en renonçant temporairement à son titre sacré de chef qu’il détient de son élection par les femmes de sa famille. Le titre de chef retourne alors aux femmes qui peuvent l’accorder temporairement à un autre fils de leur choix jusqu’à la fin de la guerre et lorsque le chef, s’il est toujours en vie, peut reprendre son titre et siéger de nouveau au conseil.

 

  1. Une certaine ceinture wampum de nacres noires devra être l’emblème de l’autorité qu’ont les cinq chefs de guerre pour prendre les armes de guerre et de résister à l’invasion avec leurs hommes. Ceci sera appelé une guerre de défense du territoire.

 

Trahison ou sécession d’une nation

 

  1. Si une nation, partie d’une nation ou plus d’une nation au sein des Cinq Nations se mettait en tête de détruire la Grande Paix de quelque manière que ce soit en négligeant ou violant ses lois et que ceci ait pour résultat la dissolution de la confédération, une telle nation ou de telles nations seront coupables de haute trahison et appelées ennemies de la confédération et de la Grande Paix.

Il sera alors du devoir des chefs de la confédération demeurant loyaux de prévenir les personnes contrevenantes. Ils seront mis en garde une fois et si un second avertissement s’avère nécessaire, alors ils seront chassés du territoire de la confédération par les chefs de guerre et leurs hommes.

 

Droits du peuple des Cinq Nations

 

  1. A chaque fois qu’une chose de la plus haute importance ou d’une grande urgence est présentée devant le conseil de la confédération et que la nature de l’affaire affecte le corps entier des Cinq Nations, menaçant celle-ci de ruine ou de perdition, alors les chefs de la confédération devront soumettre l’affaire à la décision de leur peuple et la décision du peuple devra affecter la décision du conseil confédéral. Cette décision sera alors la confirmation de la voix du peuple.

 

  1. Les hommes de chaque clan des Cinq Nations devront avoir un feu de conseil allumé en permanence en préparation d’un conseil de clan. Lorsqu’il semble nécessaire de se réunir en conseil pour discuter du bien-être des clans, alors les hommes pourront se rassembler autour du feu. Ce conseil aura les mêmes droits que le conseil des femmes.

 

  1. Les femmes de chaque clan des cinq nations devront avoir un feu de conseil brûlant en permanence en prévision de la réunion d’un conseil de clan. Quant à leur avis, cela devient nécessaire pour l’intérêt du peuple, alors elles devront tenir conseil et leurs décisions et recommandations devront être introduites devant le conseil des chefs par le chef de guerre pour y être considérées.

 

  1. Tous les feux de conseil de clan d’une nation ou des Cinq Nations peuvent s’unir en un grand feu de conseil général ou des délégués de tous les feux de conseils peuvent être nommés pour s’unifier dans un conseil général pour y discuter des intérêts du peuple. Le peuple aura le droit de nommer ou de déléguer son pouvoir à des membres de la communauté. Lorsque leur conseil aura atteint une conclusion en quelque sujet que ce soit, leur décision sera rapportée au conseil de la nation ou celui de la confédération (selon le cas) par le ou les chefs de guerre.

 

  1. Avant que le véritable peuple unisse leurs nations, chaque nation avait ses feux de conseil. Avant la Grande Paix, les conseils se tenaient. Les feux du conseil des cinq continueront de brûler comme avant, ils ne sont pas éteints. Les chefs de chaque nation dans le futur devront résoudre les affaires de leur nation à ce feu de conseil toujours gouverné par les lois et les réglementations du conseil de la confédération et par la Grande Paix.

 

  1. Si un neveu ou une nièce observe une irrégularité dans la performance des fonctions de la Grande Paix et de ses lois, soit au conseil confédéral ou dans l’attribution des titres de chef, ils peuvent demander par le truchement du chef de guerre que des corrections soient apportées et que les choses soient faites conformément aux façons prescrites par la Grande Loi de la Paix.

 

Protection des cérémonies religieuses

 

  1. Les rites et festivals de chaque nation devront rester intacts et continueront comme auparavant parce qu’ils ont été donnés aux peuples il y a très longtemps comme étant de bonnes choses nécessaires pour le bien des gens.

 

  1. Il sera du devoir des chefs de chaque confrérie de conférer à l’approche de chaque période de remerciement de la mi-hiver et de notifier leur peuple du prochain festival. Ils devront tenir conseil à ce sujet et s’occuper de tous les détails et commencer le remerciement cinq jours après la lune nouvelle de Dis-ko-nah. Le peuple devra s’assembler à l’endroit dit et les neveux devront notifier les gens du quand et du où. Du début à la fin du festival, les chefs présideront au remerciement et s’adresseront au peuple de temps en temps.

 

  1. Il sera du devoir des personnes en charge des festivals de remerciement de faire tout ce qui doit l’être pour ces occasions.

Les festivals reconnus pour le remerciement devront être ceux de la mi-hiver, du remerciement pour le sirop d’érable, pour le sarclage du maïs, le petit festival du maïs vert, le grand festival du maïs mûr et le grand remerciement pour la moisson. Tous les festivals de chaque nation devront se tenir dans leurs longues maisons.

 

  1. Lorsque le remerciement pour le maïs vert est arrivé, les responsables spécifiques, hommes et femmes, devront faire très attention de remplir leurs devoirs correctement.

 

  1. Lorsque le festival de remerciement pour le maïs mûr se déroule, les chefs de la nation doivent y donner la même attention que celle apportée pour le remerciement de la mi-hiver.

 

  1. Chaque fois qu’un homme se réalise par sa vie exemplaire et sa connaissance des bonnes choses, qu’il est un enseignant naturel des bonnes choses, il devra être reconnu par les chefs comme un enseignant de la paix et de la religion et le peuple devra l’écouter.

 

Le chant d’intronisation

 

  1. Le chant utilisé pour introniser un nouveau chef de la confédération devra être chanté par Adodarhoh comme suit:

 

“Haii, haii Agwah wi-yoh Haii, haii A-Kon-he-watha Haii, haii Ska-we-ye-se-go-wah Haii, haii Yon-gwa-wih Haii, haii Ya-kon-he-w-tha

Haii, haii cela est très bon en fait Haii, haii, c’est un balai,– Une grande aile, Haii, haii elle m’est donnée Haii, haii, comme instrument de balayage.”

 

  1. A chaque fois qu’une personne ayant le droit d’apprendre le chant de la pacification, a le privilège de pouvoir le faire, mais il devra préparer un festin auquel participeront avec lui ses professeurs et chanteront. Le festin est donné pour qu’aucune mauvaise fortune ne leur échoit pour avoir chanté le chant en une occasion où le chef n’est pas instauré.

 

Protection de la maison

 

  1. Un certain signe conventionnel devra être connu de toute personne des cinq nations, signe qui dénotera que l’occupant de la maison est absent. Un bâton ou une perche dans une position inclinée ou barrant le chemin sera ce signe. Toute personne qui n’a aucune raison d’entrer dans la maison de par le droit conféré à ceux qui y vivent, ne devra pas approcher de la maison présentant un tel signe, ni de jour ni de nuit et devra rester à une distance respectable de la maison.

 

Les adresses funéraires

 

  1. Aux funérailles d’un chef de la confédération dites ceci: “Maintenant nous nous réconcilions alors que tu t’en vas. Tu fus un chef de la confédération des Cinq Nations et le peuple unifié avait confiance en toi. Maintenant nous te libérons, car c’est un fait que nous ne pouvons plus marcher ensemble sur cette terre. Ainsi, nous déposons ta dépouille ici. Ici nous l’abandonnons. Maintenant nous te disons: Persévère vers l’endroit où le créateur vaque en paix. Ne laisse pas les choses terrestres t’importuner. Ne laisse rien de ce qui transpirait lorsque tu vivais t’importuner. Tu as pris plaisir à chasser, tu as pris du plaisir en jouant à Lacrosse et ton esprit s’est amusé dans les fêtes et les occasions plaisantes, mais maintenant ne laisse pas les pensées de ces choses te donner quelque trouble que ce soit. Ne laisse pas ta famille t’importuner et ne laisse pas non plus tes amis et associés troubler ton esprit. Ne regarde rien de tout cela.

Maintenant, vous ici présents qui étiez reliés à cet homme et vous qui étiez ses amis et associés, regardez le chemin qui est aussi le votre ! Bientôt nous serons nous-mêmes laissés en cet endroit. Pour cette raison, restreignez-vous en allant de place en place. Ne cachez rien dans vos conversations ni dans vos actions. Ne pratiquez pas la langue de bois ni le commérage. Faites attention à cela et ne parlez pas, ne vous abandonnez pas à de mauvaises attitudes. Vous devrez vous abstenir de frivolités inutiles pendant un an, mais si vous ne pouvez pas le faire en guise de cérémonie, alors dix jours de respect pour ces choses sont requis.”

 

  1. Aux funérailles d’un chef de guerre dites: “Maintenant nous sommes réconciliés alors que tu t’en vas. Tu fus un chef de guerre de la confédération des Cinq Nations et le peuple unifié avait confiance en toi pour le garder de ses ennemis (le reste demeure identique à l’adresse funéraire pour un chef de la confédération)

 

  1. Aux funérailes d’un guerrier dites; “Maintenant nous sommes réconciliés alors que tu t’en vas. Tu fus un protecteur dévoué de ta famille et tu as toujours été prêt à prendre part aux batailles pour la confédération des Cinq Nations. Le peuple unifié avait confiance en toi (le reste demeure identique à l’adresse funéraire pour un chef de la confédération).

 

  1. Aux funérailles d’un jeune homme dites: “Maintenant nous sommes réconciliés alors que tu t’en vas. Au tout début de ta carrière es-tu pris et la fleur de ta vie s’est fânée trop vite. (le reste demeure identique à l’adresse funéraire pour un chef de la confédération)

 

  1. Aux funérailles d’une femme chef dites: “Maintenant nous sommes réconciliés alors que tu t’en vas. Tu fus une femme chef de la confédération des Cinq Nations. Tu fus une mère des nations. Maintenant nous te libérons car il est vrai que nous ne pouvons plus marcher ensemble sur cette terre. Ainsi nous déposons ici ta dépouille. Nous l’abandonnons ici. Maintenant nous te disons: ‘Persévère vers l’endroit où le créateur vaque en paix. Ne laisse pas les choses terrestres t’importuner. Ne laisse rien qui transpirait lorsque tu vivais t’importuner. Prendre soin de ta famille était un devoir sacré pour toi et tu étais fidèle. Tu étais une parmi les plusieurs héritières des titres de chef. Tu participais aux fêtes et tu as eu bien des occasions plaisantes…” (le reste demeure identique à l’adresse funéraire pour un chef de la confédération)

 

  1. Aux funérailles d’une femme dites: “Maintenant nous sommes réconciliés alors que tu t’en vas. Tu fus une femme dans la fleur de la vie et sa floraison est maintenant terminée. Tu a tenu la position sacrée de mère de la nation. Prendre soin de ta famille était un devoir sacré pour toi et tu étais fidèle. Tu participais aux fêtes et tu as eu bien des occasions plaisantes…” (le reste demeure identique à l’adresse funéraire pour un chef de la confédération)

 

  1. Aux funérailles d’une jeune femme dites: “Maintenant nous sommes réconciliés alors que tu t’en vas. Tu étais un tendre bouton de fleur qui a réjoui nos cœurs pour seulement quelques jours. Maintenant la floraison s’est arrêtée. Ne laisse rien des choses qui ont transpirées sur terre t’importuner. Ne laisse rien de ce qui t’es arrivé lors de ta vie t’importuner.”

(le reste demeure identique à l’adresse funéraire pour un chef de la confédération)

 

  1. Quand un nouveau né meurt dans les trois jours de sa naissance, le deuil doit continuer pendant cinq jours. Ensuite, vous devrez rassembler les petits garçons et les petites filles dans la maison du deuil et durant la fête des funérailles, un orateur devra s’adresser aux enfants et leur dire de continuer à être joyeux, bien que la tristesse ait été jetée sur eux au travers de cette mort. Que les nuages noirs s’envolent et que le grand ciel bleu soit de nouveau visible. Ils seront ainsi de nouveau en paix dans la clarté du soleil.

 

  1. Lorsqu’une personne décédée est amenée sur le lieu d’enterrement, le porte-parole du côté opposé du conseil du feu devra remonter le moral de la famille privée d’un être cher et raviver leur feux de la paix, les motiver de remettre de l’ordre dans leur maison pour une fois de plus revenir dans la clarté après que les ténèbres les aient enveloppé. Il leur dira que les nuages noirs s’envoleront et que le grand ciel bleu sera de nouveau visible. C’est pourquoi ils seront de nouveau en paix dans la lumière du soleil.

 

  1. Trois lignes de nacres de coquillages d’une longueur d’une longueur de bras chacune seront employées pour s’adresser à l’assemblée aux funérailles d’un mort. Le porte-parole devra dire:

“Oyez vous tous assemblés, ce corps va être recouvert. Rassemblez vous en cet endroit de nouveau dans dix jours et c’est la parole du créateur de ce que le deuil doive cesser après que dix jours se soient écoulés. Ensuite une fête sera donnée.”

Puis, à l’expiration des dix jours, le porte-parole devra dire: “Continuez à écouter vous qui êtes ici. Les dix jours de deuil sont achevés et vos esprits doivent maintenant se libérer de la tristesse qui échoit lors de la disparition d’un membre de la famille. Les membres de la famille ont décidé de compenser un peu ceux qui ont assisté et aidé à ces funérailles. Ceci n’est qu’une simple expression de remerciement. Ceci est pour la personne qui a fait la cuisine alors que le corps reposait dans la maison. Laissons la venir devant l’assemblée pour recevoir ce cadeau et qu’elle soit relevée de sa tâche.”

En substance, ceci devra être répété pour chaque personne qui a assisté de quelque manière que ce soit jusqu’à ce que tout le monde ait été honoré.

Fin