Archive pour internet et nouvel ordre mondial

Guerre de l’info et Nouvel Ordre Mondial: L’Union Européenne passe une directive sur les droits d’auteur sur la toile… La censure est en marche…

Posted in actualité, altermondialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 23 septembre 2018 by Résistance 71

 

Mais il suffit de dire NON !!… (Résistance 71)

 

Ne partagez pas cet article !… Les nouvelles lois sur les droits d’auteur passées par l’Union Européenne pourrait bien tuer l’internet libre

 

Neil Clark sur RT

 

20 septembre 2018

 

url de l’article: https://www.rt.com/op-ed/438925-eu-copyright-law-internet/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

C’est en fait une bataille entre les milliardaires Axel Springer SE et Google. Mais ce sont les utilisateurs quotidiens de l’internet que seront les victimes de la nouvelle loi sur les droits d’auteurs de l’Union Européenne qui a besoin de modifications urgentes et immédiates.

C’est bien de partager. Mais le parlement européen ne le pense clairement pas. (NdT: l’auteur devrait comprendre que le “parlement européen” ne décide rien, il ne fait que valider des directives pondues par des commissaires politiques à la solde de tous les lobbies industriels, bancaires et commerciaux imaginables…). Sa nouvelle législation sur les droits d’auteur qui est passée la semaine dernière, met sévèrement la pression sur le partage en ligne. Le dynamisme même de l’internet en est menacé. Lorsque Tim Berners-Lee, le créateur du World Wide Web nous averti des dangers que posent cette nouvelle loi, nous devrions tous nous assoir et écouter attentivement.

D’abord, la législation fait glisser la responsabilité du téléchargement de matériel sous le coup de droits d’auteur aux plateformes internet elles-mêmes. Avant, c’était le boulot des entreprises qui pensaient des des droits d’auteurs avaient été violés de prendre action. Beaucoup n’en prenaient pas la peine et étaient aussi heureux que des matériaux soient téléchargés et utilisés sur des sites comme YouTube car elles savaient que cela faisait la promotion d’artistes, de leur travail et favorisait l’accroissement des ventes. Mais tout cela va changer.

Sous l’article 13 de la nouvelle loi, les plateformes devront installer des “filtres de téléchargement”. Ainsi YouTube pourra être privé de beaucoup de son contenu. Les plus gros sites pourront dans doute survivre mais, comme en avertit ZDnet, les plus petits sites pourront être plus facilement être mis hors business par une armada de “trolls des droits d’auteurs”. (NdT: cela va dans l’intérêt des gros qui élimineront las concurrence et établiront un de facto monopole dans tous les domaines…)

Il n’y a rien de mal à la protection de droits d’auteur (NdT: très discutable…). En tant qu’auteur de quelques cinq articles par semaine, je peux vous parler de ma frustration de voir mon travail “piraté” par un site commercial qui ne m’a même pas demandé la permission de reproduire mon travail, encore moins de me payer. Les lois de droits d’auteur ont besoin d’être réformées dans notre ère numérique. On dit penser un moyen pour les auteurs de recevoir plus facilement des compensations pour leur travail piraté. Le problème est que l’UE utilise maintenant un marteau piqueur pour ouvrir une noix.

Regardez la façon dont la capacité de se lier et de citer des autres travaux sans payer, est menacée par la directive.

Note de R71: notre position sur ce sujet est simple et nous l’avons exprimée à maintes reprises: tout ce qui est produit par l’humain appartient au patrimoine de l’humanité et doit être disponible pour toutes et tous, gratuitement en toute circonstance. En clair il n’y a pas plus de “droits d’auteur et de propriété intellectuelle” que de beurre en branche… Le meilleur moyen de réaliser cela est la gratuité, cesser de coller une étiquette de prix sur tout. A bas l’État, à bas l’argent, à bas le salariat, à bas la marchandise !

Des sites comme la section de RT’s ‘Op-ed’ que vous lisez en ce moment, pourrait bien être affectée de manière négative et même être mise hors d’action par ce type de loi. Un des avantages d’écrire des articles en ligne par rapport à la presse écrite et que bien des articles mentionnés peuvent être mis en hyperliens ou en note ce qui permet aux lecteurs d’aller directement à la source initiale et/ou originale. Mais l’article 11 de la nouvelle directive fait monter la crainte que des paiements devront être faits aux sites desquels les articles sources proviennent. Pourtant être cité par d’autres articles aussi loin que le crédit de reconnaissance est donné est une très bonne chose. C’est même essentielle lorsque par exemple vous écrivez un article en disséquant un autre. Mais sous la nouvelle loi, tout, sauf les très courtes citations, devra être payé. Pensez à combien cela va restreindre la qualité du journalisme (NdT: pas celui des merdias à la botte hein dont le boulot est déjà suffisamment nullifiee par le contrôle et qui de plus, voudrait mettre un article du “figaro” ou de “libération” en lien ?… ) et diminuera l’échange de connaissances.

Puis il il y la menace aux memes, un des aspects les plus divertissants de la vie en ligne. C’est vrai que souvent les memes sont fondés sur des matériaux qui sont sujets aux droits d’auteur. Mais légiférer contre eux n’est-il pas aller trop loin ? L’article 13 stipule que: “les fournisseurs de services de partage en ligne et ceux qui possèdent des droits d’auteur doivent coopérer de bonne foi afin de s’assurer que des travaux protégés ne sont pas illégalement utilisés sur leurs services.”. Ceci voudrait dire que vous, twittant une photo du manager de Manchester United montrant son grand désintérêt pour un sujet donné, pourriez parfaitement tomber sous le coup de la loi.

Pour éviter cela, vous pourriez alors décider d’aller vous-même au match, de prendre des photos des joueurs et des managers, de l’équipe, du stade et twitter tout ça. Attention, vous pourriez prendre un “carton rouge” sous l’article 12a, comme l’explique la revue Wired dans leur notice explicative…

L’impact général de cette législation, si elle devient loi dans les pays membres sera dévastatrice. On va tous devenir des paranos, nous demandant si nous enfreignons la loi d’une manière ou d’une autre (NdT: on peut assurer notre lectorat que cela ne nous empêchera pas de dormir et qu’on n’en a rien à cirer… ). N’avons nous pas assez de stress dans nos vies de tous les jours pour que le parlement européen en rajoute ?… (NdT: c’est sa fonction Neil, pas encore compris ?…La bureaucratie exécutive dictatoriale à l’œuvre, ne rendant des comptes qu’à ses maîtres financiers et industriels)

Qu’est-ce qui a rendu l’internet si formidable ? C’est que justement jusqu’ici il lui fut permis de grandir de manière organique. Les blogs qui attirent leur lectorat fleurissent, ceux qui ne vont pas dans le mur s’entend, mais le simple fait que cette espace est demeuré relativement libre fait gravement flipper tous les barjots du contrôle et les laveurs de cerveaux en herbe.

Cette législation de l’UE, aussi mauvaise soit-elle, doit être vue comme une tentative plus large de museler la liberté d’expression et l’échange libre des idées en occident dans une époque où de moins en moins de gens croient dans les narratifs officiels de l’establishment. Ce mois-ci une députée britannique du nom de Lucy Powell a lancé un projet de loi au parlement intitulé “Loi sur les fora en ligne” afin de faire bannir des groupes privés sur Facebook qui font la “promotion de la haine du racisme et des fausses nouvelles”. Mais qui définit ces termes et ce qu’ils veulent dire en fait ?…

Les autorités, voilà qui va le faire,  et elles utiliseront leur pouvoir de manière sélective et de manière hypocrite pour réduire au silence quiconque posera une menace à ceux vivant une vie très confortable dans les châteaux et manoirs du système. Regardez juste comment a été manipulé, cadré, le débat sur les “fausses informations”, “fake news” de façon à ce que “fausses infos” = “info russe”, ignorant sciemment la propagation de fausses infos par des médias non-russes au sujet par exemple des armes de destructions massive irakienne qui a mené à la destruction d’un pays par l’occident et la mort de plus d’un million de personnes.

La proposition de loi de Powell arrive en plus de l’énorme pression à laquelle ont été soumise des entreprises comme Facebook pour qu’elles avertissent de contenus de fournisseurs non-approuvés. On a appris qu’en juillet dernier, Twitter a purgé quelques 70 millions de comptes. La censure revient en force sous le couvert de la “lutte contre l’extrémisme”, pour “contrer les fausses infos” ou “contrer, lutter contre la montée de l’antisémitisme”. S’ils veulent censurer, il faut qu’il trouve un motif “noble”, une excuse vertueuse. Nous devons résister à tout cela et résister avec force. Dans une société libre (NdT: dans laquelle nous ne sommes pas, seule la “société des sociétés” sera libre… Nous évoluons dans une gigantesque dictature planétaire dont seul le degré varie selon les besoins conjoncturels des oligarques psychopathes aux commandes… voilà tout, sachant que la structure étatique et capitaliste ne peut-être qu’oppressive et coercitive par nature. Il ne tient qu’à nous et à nous seul de changer tout cela, radicalement !), ce ne devrait être que l’utilisateur de l’internet qui décide de ce qu’il lit ou pas, quel article ou quel site il visite, quel groupe il rejoint en ligne ; et non pas Big Brother ou quelque sorte de police de la pensée que ce soit. L’UE devrait ne pas se sentir concernée de contrôler l’internet par une soudaine préoccupation sur les “droits d’auteur”, mais devrait se concentrer sur la résolution des problèmes politiques et économiques auxquels doivent faire face les gens en Europe. Le chômage des jeunes était à 43% en Grèce, 33% en Espagne et 32% en Italie la dernière fois que j’ai regardé. Quelle aide à ces jeunes gens va apporter cette nouvelle directive européenne des droits d’auteur sur internet ?..

 

Publicités

Google Nouvel Ordre Mondial et état policier: divorce de VT et de Google sur fond d’Israël…

Posted in actualité, désinformation, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, presse et média, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 16 février 2018 by Résistance 71

Plus on avance et plus les masques tombent… Nous n’utilisons plus aucun service de Google depuis plus de 4 ans maintenant, nos recherches en ligne sont effectuées au moyen de StartPage et de DuckDuckGo, qu’a choisi VT. Il est quand même étonnant que VT n’ait pas opéré le changement avant d7avoir la gueule dans le mur.. Comme quoi cela semble être une constante établie et qu’il faut briser: tant que tout va bien, personne ne bouge. Les gens bougent quand ils ont la tronche dans le mur. Qu’on ne vienne pas dire que tout cela n’était pas prévisible… Donc pourquoi attendre ?

Le changement de paradigme sera plus douloureux après que nous nous soyons fracassés dans le mur à Mach 12. On s’éviterait bien des soucis à changer AVANT. On appelle cela de l’anticipation et c’est valable pour tout…

~ Résistance 71 ~

 

VT et Google divorcent officiellement

 

John Allen

 

VT General Manager

 

19 janvier 2018

 

url de l’article: https://www.veteranstodaynetwork.com/2018/01/vt-google/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Bien que les déonthologies de Google et de VT se soient éloignées l’une de l’autre depuis des années, les derniers douze mois ont été particulièrement troublés et emplis d’une telle animosité que finalement le Rubicon a été traversé causant un divorce final d’où aucune machine arrière n’est possible.

Tout a vraiment commencé en avril 2017 lorsque Google a décidé que certaines de nos photos n’étaient PAS dans leur ligne de standard et violaient leur réglementation. Le censeur de Google NE NOUS A PAS DIT de quelles photos il s’agissait les ayant froissés. Ils nous donnèrent une idée générale de ce sur quoi ils objectaient en nous envoyant une notice standard de violation de réglementation. Nous avons donc recherché dans notre stock de photos archivées (des milliers) en essayant de savoir qu’elles photos étaient problématiques. Cela nous a pris 3 semaines pleines. Eventuellement, nous fûmes capables de les convaincre que nous étions en accord avec leur réglementation.

Pensant que cette épisode était terminé, VT continua ses fonctions usuelles pendant 9 mois. Puis, d’un seul coup d’un seul,  sans avertissement ni raison donnée, Google nous notifia que tout compte commercial que nous avions avec eux était annulé et qu’il n’y avait pas de recours possible. Comme vous pouvez l’imaginer nous fûmes pris à contre-pied et très perplexes. Que se passait-il ?

Comme beaucoup d’entre vous le savent, il n’y a personne à appeler chez Google, pas de contact physique possible. Il n’y a pas de “service clientèle” ni aucun service de soutien que des gens “normaux” puissent appeler en cas de pépin. Donc VT a contacté certains “amis” ayant accès au ventre de la bête au sein de l’empire Google. Après quelques jours d’enquête, ils nous envoyèrent une liste de ce que Google en réalité nous reprochait dans notre travail. Et de cela résultait le fait que ce qui les perturbait le plus était NOTRE CRITIQUE DE L’ETAT D’ISRAEL Et il y avait une mention de nos articles sur la Russie également ; mais ce qui les préoccupait le plus était ISRAEL et notre critique claire et affirmée de sa politique d’état.

De manière évidente, il n’y a RIEN que nous puissions faire à ce sujet parce que cela irait complètement contre notre déontologie. Donc comme dit le vieil adage “le meilleur accord est pas d’accord du tout”. Le temps d’un divorce officiel sans effort de réconciliation est arrivé. Notre relation ou plutôt ce qui en restait, avec Google est maintenant officiellement terminée.

Loin sont les jours où la petite startup Google déclarait son mantra de “Ne soyez pas malveillant”

Ceci a été bien tristement remplacé par quelque chose de plus sinistre, moins pour les gens et bien plus pour ce quelque chose qui de toute évidence n’inclut ni VT ni les valeurs qui nous animent. Bien triste en effet, temps de bouger en bloc. Donc, voilà c’est fait… Bye bye Google !!…

= = =

VT remplace la recherche avec Google par Duck Duck Go (DDG)

 

John Allen

 

VT General Manager

 

23 janvier 2018

 

Source: https://www.veteranstodaynetwork.com/2018/01/vt-replaces-google-custom-search-duck-duck-go/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Pour commencer notre nouveau chemin en cette nouvelle année 2018, nous avons remplacé la Google Custom Search de tous nos sites par Duck Duck Go !

DuckDuckGo (DDG) est un moteur de recherche internet qui met l’accent sur la protection de la sécurité et du droit à l’anonymat dans la recherche internet et évite la bulle de filtrage des résultats de recherches personnalisées. DDG se distingue des autres moteurs de recherche en ne faisant pas de profil de ses utilisateurs et en montrant de manière délibérée à tous les utilisateurs les mêmes résultats de recherche pour des mots clef donnés. DDG insiste sur le fait de fournir les meilleurs résultats de recherche possible, la meilleure qualité en rapport aux mots clef à l’encontre du volume d’information trouvé, DDG génère les résultats de recherche depuis plus de 400 sources individuelles, incluant des sites clef crowdsourced comme wikipedia et autres moteurs de recherche comme Bing (NdT: Microsoft, un autre démon quand même), Yahoo! (NdT: autre merde à ne pas présenter), Yandex, Yummly. L’entreprise est basée à Paoli en Pennsylvanie, dans la grande banlieue de Philadelphie et a 40 employés. Le nom de l’entreprise a pour origine le nom d’un jeu pour enfant appelé “duck, duck, goose” ou canard, canard, oie.

Une partie du code source de DuckduckGo est un logiciel libre hébergé sur GitHub sous license Apache 2.0, mais le cœur de l’affaire est privé. Le 21 mai 2014, DDG a lancé une version revampée qui focalisait sur des résultats de recherches plus intelligents et une interface plus sympathique et agréable. La nouvelle version ajouta souvent des caractéristiques demandées comme des recherches photos, recherches locales, des auto-suggestions et bien plus.

Le 18 septembre 2014, Apple inclua DDG dans son navigateur Safari comme un moteur de recherche optionnel. Le 10 novembre 2014, ce fit le tour de Mozilla de l’intégrer comme option de recherche dans son Firefox 33.1. Le 30 mai 2014, le Tor Project (NdT: créé et utilisé par la Marine des Etats-Unis qui incidemment héberge le QG du Cybercommand de l’armée américaine…) a fait de DDG son moteur de recherche par défaut sur le navigateur Tor 6.0

Notre utilisation de DDG a plus de sens que le Google de Rollerball qui nous a traité comme des chiens sans aucun soutien clientèle et ce MR est de fait bien plus en accord avec nos valeurs.

Ainsi soit-il !

Après 14 années de vieille déontologie positive et d’effervescence Google, il est grand temps de dire adieu à sa nouvelle version façon état policier et de dire hello à DuckDuckGo.

Piratage totalitaire d’internet: Le ministère de l’Intérieur « traite » les données personnelles interceptées chez les opérateurs…

Posted in actualité, altermondialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, presse et média, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 27 octobre 2016 by Résistance 71

Le délire totalitaire continue, sous couvert de « sécurité anti-terrotiste » bidon, surveillance du quidam, abus de pouvoir, listes noires, fichage, flicage et détournement d’info privée, tout est bon pour l’État totalitaire par essence pour fliquer sa population plus avant. 

Nous l’avons déjà dit à maintes reprises et le redirons sans cesse: il n’y a pas de différence fondamentale entre la république française et tout régime hitléro-stalinien, car l’État est coercitif et totalitaire par nature, ce n’est qu’une question de degré et le bouton du thermostat n’est accessible que par le plus petit nombre pour satisfaire à la demande des intérêts privés dirigeant le grand cirque ambiant. Tout n’est qu’illusion démocratique. La seule porte de sortie viable et durable: la mise en place de la société des sociétés, celle de la confédération des associations libres.

~ Résistance 71 ~

 

L’incident chez Orange qui révèle le traitement des données personnelles par le ministère de l’intérieur

 

Exégètes.org

 

21 octobre 2016

 

url de l’article original:

https://exegetes.eu.org/orange-redirection-cazeneuve/

 

Lundi matin, une fausse manipulation chez Orange a entraîné le blocage de nombreux sites, comme Google.fr et Wikipedia, ainsi que la redirection des personnes tentant d’y accéder vers une page du ministère de l’intérieur dénonçant l’apologie du terrorisme. Beaucoup d’internautes ont sans doute été très surpris par l’apparition de ce message. Mais, au-delà de la fausse manipulation chez Orange, de quoi s’agit-il?

Depuis l’adoption de la loi Cazeneuve en 2014, l’administration a désormais le pouvoir de dresser une liste de sites destinés à être bloqués afin de lutter contre l’apologie du terrorisme. Cette liste, élaborée en secret et sans aucun contrôle judiciaire, est ensuite transmise aux opérateurs, lesquels sont chargés de mettre en place la censure sur leurs réseaux (dans la plus grande confidentialité)1.

Mais, en plus de ce dispositif de blocage, déjà fort critiquable, le gouvernement a également décidé d’imposer aux opérateurs la redirection des visites interceptées vers une page du ministère de l’Intérieur. De ce fait, le gouvernement a créé de sa propre initiative (la loi ne l’ayant pas prévu) un système permettant techniquement au ministère de l’intérieur de savoir qui voudrait visiter tel site bloqué.

Nous avions fortement critiqué cette obligation de redirection lors d’une procédure devant le Conseil d’État. Par une décision du 15 février 2016, ce dernier a rejeté nos arguments, considérant que cette obligation de redirection, bien que permettant au ministère de recevoir des données identifiant les visiteurs interceptés, n’implique pas que le ministère fasse un traitement des données interceptées et n’est donc pas en soit susceptible de constituer une atteinte à la vie privée.

Or, qu’observe-t-on aujourd’hui?

Suite à l’évènement de lundi et à la réaction publique qui a suivi, le ministère de l’intérieur a été contraint de reconnaitre qu’il « dispose d’un prestataire pour le suivi statistique des consultations […] de cette page de blocage » (et de la page « recours » y étant liée) et que ce prestataire conserve les « adresses IP collectées lors des consultations redirigées » (à l’exception de celles collectées durant l’incident de lundi et qui ont été, elles seules, supprimées). Cette collecte de données est précisément ce que nous dénonçions comme étant l’unique raison d’être de l’obligation de redirection, mais que le Conseil d’État a feint de ne pouvoir anticiper.

Or, d’une part, le traitement de données personnelles ici reconnu par le ministère n’a pas été autorisé validement. Pour ce faire, son autorisation aurait au moins dû être précédée par un examen préalable de la CNIL (tel que cette dernière le rappelait dans son avis concernant l’obligation de redirection2), ce qui n’a pas été le cas. D’autre part — et c’est l’essentiel — un tel traitement, même s’il respectait les formalités légales, resterait illicite en ce qu’il constituerait une atteinte à la vie privée et à la liberté d’information disproportionnée par rapport à l’objectif initialement prévu par le législateur.

Nous avons déjà saisi la CNIL d’une plainte à ce sujet. La récente déclaration du Ministère de l’Intérieur nous ouvre probablement une autre voie contentieuse… À suivre !

  1. Pour les explications techniques de cette censure par DNS, voir notamment http://www.bortzmeyer.org/google-detourne-par-orange.html. «Par blocage, filtrage ou prévention de l’accès à des contenus sur Internet, on entendra en général des mesures techniques visant à restreindre l’accès à des informations ou ressources le plus souvent hébergées dans une autre juridiction. Ces actions son en général menées par le fournisseur d’accès à Internet grêce à des produits logiciels ou matériels qui bloquent des contenus ciblés et les empêchent d’être reçus ou affichés sur les dispositifs des clients des fournisseurs d’accès à Internet. Un certain nombre de techniques peuvent être employées, par exemple le blocage du DNS (Système de noms de domaine -Domain Name System) ou de l’URL (Uniform Resource Locator). La suppression ou le retrait de contenus en ligne, en revanche, couvrent de manière générale des demandes ou mesures concernant l’opérateur du site web (ou « hébergeur ») afin que celui-ci retire ou supprime les contenus en ligne ou pages web litigieux. Les fournisseurs d’accès à Internet et les hébergeurs peuvent tous deux être considérés comme des « intermédiaires d’Internet ». » Source : Extrait d’une étude du 1er juin 2016 sur le blocage, le filtrage et le retrait des contenus illégaux qui a été réalisée à partir des législations de 47 États membres du Conseil de l’Europe. Préparée par l’Institut suisse de droit comparé, elle met sur le même plan la France, la Russie et la Turquie. https://rm.coe.int/CoERMPublicCommonSearchServices/DisplayDCTMContent?documentId=0900001680657b4d (p. 3) ↩

Dans sa délibération n° 2015-001, la CNIL « rappelle que si des traitements de données à caractère personnel spécifiques étaient alimentés par ces données [, recueillies via la page de blocage], ils devraient être soumis à l’examen préalable de la commission ». ↩

Nouvel Ordre Mondial: La France et le contrôle de l’internet…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, presse et média, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 14 septembre 2015 by Résistance 71

La criminalisation du Net en France

 

Jean-Claude Paye

 

13 Septembre 2015

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article188676.html

 

Un internaute ne peut connaître à l’avance le contenu d’une page internet qu’il consulte. Il n’existe pas de définition neutre du « terrorisme ». Pourtant, en France, les nouvelles disposition législatives anti-terroristes criminalisent le fait de consulter des pages qu’un magistrat pourrait considérer comme faisant l’apologie du terrorisme.

En moins de deux ans, la France a connu une inflation de lois antiterroristes. D’abord la Loi de programmation militaire, promulguée le 13 novembre 2014, dont nous avons rendu compte dans un précédent article [1], ensuite cette Loi renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme du 14 novembre 2014 et ensuite la Loi sur le Renseignement définitivement adoptée par l’Assemblée nationale le 24 juin 2015 [2].

La loi de programmation militaire fusionne droit pénal et droit de la guerre et confond ainsi intérieur et extérieur de la nation. Elle instaure un état martial numérique en autorisant le gouvernement à attaquer les systèmes informatiques de ses ressortissants et à capturer, sur simple demande administrative, les informations et documents des utilisateurs et non plus seulement leurs données de connexion.

La Loi sur le Renseignement quant à elle installe des boites noires chez les fournisseurs d’accès permettant d’enregistrer, en temps réel, l’ensemble des données des utilisateurs.

Elle met à la disposition de l’exécutif, un dispositif permanent, clandestin et quasiment illimité de surveillance des citoyens. Cette loi est le point le plus avancé le l’attaque du gouvernement français contre la vie privée. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a d’ailleurs déclaré que celle-ci n’est pas une liberté fondamentale.

Quant à la Loi de novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme, elle participe également à la criminalisation d’Internet et autorise le blocage administratif de sites web. Sa spécificité consiste en une attaque frontale contre la liberté d’expression par l’introduction dans le code pénal de nouvelles incriminations, dont le traitement était jusqu’à présent réglée par le droit de la presse.

S’attaquer au « parcours de radicalisation terroriste »

La Loi renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme [3], fut votée en procédure accélérée, c’est à dire que le texte n’a effectué qu’un seul passage par assemblée. La loi est formellement destinée à lutter contre l’embrigadement dans des « parcours de radicalisation terroristes ». L’objectif affiché est d’empêcher les gens de se radicaliser sur Internet et de rejoindre des zones de combat. Il part du principe que l’embrigadement des apprentis terroristes se fait essentiellement sur le Web. Ce dernier est ainsi particulièrement visé, car il est considéré comme une zone de non-droit, rendue principalement responsable du risque terroriste.

L’article L.224-1 instaure une possibilité d’interdiction de sortie du territoire et de confiscation des documents d’identité pour des personnes, sur lesquelles pèse un soupçon « d’une volonté de rejoindre des théâtres de guerre ». On part d’un motif extrêmement vague, l’hypothèse d’un départ sur un champ de bataille, croisée avec une supposition de dangerosité au retour, afin de restreindre la liberté de circulation d’individus, sur lesquels ne pèsent que des soupçons « d’intention terroriste ». Grâce au croisement de données, cet article installe une logique de profilage, de « suivi » du « parcours de radicalisation ». Le numérique est privilégié comme moyen permettant de d’établir des suspicions ou « de sérieuses raisons de croire. »

L’incrimination d’ « apologie du terrorisme »

L’article L. 421-2-5 de la loi punit « le fait de provoquer directement à des actes de terrorisme ou de faire publiquement l’apologie de ces actes ». Les peines sont aggravées lorsque les faits ont été commis en utilisant un service de communication en ligne. Il établit que « l’apologie du terrorisme » est assimilable à du terrorisme.

Les délits « d’apologie du terrorisme » et de « provocation à la commission d’actes terroristes » étaient encadrés par la loi sur la presse du 29 juillet 1881. Cette loi concerne tous les délits relatifs à la liberté d’expression et ne porte pas seulement sur les journaux. Elle a pour objet les injures, la diffamation, les atteintes à la vie privée, les propos racistes ou négationnistes…. y compris ceux commis par des particuliers contre d’autres particuliers. Remarquons que l’apologie d’autres crimes que le terrorisme, comme les crimes de guerre et crimes contre l’humanité, reste dans la loi sur la presse [4].

En retirant l’apologie du terrorisme du droit de la presse, pour l’insérer dans le code pénal au sein de la définition du terrorisme, l’article établit une relation de causalité directe entre un discours et des actes. Considérer qu’un contenu, considéré comme « glorifiant le terrorisme », est du terrorisme est attentatoire à la liberté d’expression, car la frontière entre opinion et apologie, information et propagande, est très floue. Les spécificités du droit de la presse sont faites justement pour traiter ce problème. L’emploi du terme « apologie » implique une condamnation des opinions et non des actes. Or, le régime protecteur de la loi de 1881 vise précisément à éviter la pénalisation du délit d’opinion.

Grâce à la nouvelle loi, des journalistes ou citoyens pourraient être poursuivis, pour avoir, par exemple, partagé une vidéo, mise en ligne par une organisation désignée comme terroriste ou donné la parole à des membres de réseaux politiquement diabolisés ? Depuis les attentats au journal Charlie-Hebdo, les procédures pour « apologie du terrorisme » se sont multipliées et une série de peines d’emprisonnement a été prononcée. L’apologie consiste à justifier le terrorisme, le présenter sous un jour favorable ou l’encourager. En quoi l’exemple d’une jeune fille de 14 ans, mise en examen pour apologie du terrorisme après avoir dit « On est les sœurs Kouachi, on va sortir les kalachnikov », rencontre-elle cette incrimination ? [5]

L’apologie du terrorisme étant entrée dans le droit commun, on peut donc désormais la poursuivre en comparution immédiate, une procédure qui restreint considérablement les droits de la défense et qui permet au parquet d’ordonner l’incarcération immédiate.

L’incrimination « d’entreprise terroriste individuelle »

Si le chanteur Renaud nous avait déjà appris que l’on pouvait former une « bande de jeunes à soi tout seul », cette loi, reprenant la notion états-unienne de « loup solitaire », établit qu’un individu isolé peut être considéré comme un membre d’une organisation terroriste internationale et poursuivi comme tel. L’article 421-2-6 crée l’incrimination d’« entreprise terroriste individuelle », afin de poursuivre des individus isolés selon les mêmes modalités que des groupes terroristes organisés. L’article demande que les actes d’un individu comprennent au moins deux infractions reprises sur une liste, afin de déterminer qu’il a bien une volonté de passer à l’acte. Parmi ces infractions, on relève la détention de substances dangereuses, le recueil d’informations destinées à passer à l’acte, mais aussi simplement la consultation de sites, considérés comme incitant au terrorisme.

Ces conditions sont si « ouvertes » qu’elles permettent à un grand nombre d’activistes, de citoyens, désirant de s’informer par eux-mêmes des problèmes de radicalisation politique ou terroristes, d’être poursuivis sur cette base. C’est tout l’activisme qui est en passe d’être visé, avec un volet numérique étendant de façon extrêmement large les possibilités d’incrimination.

L’art. 421-2-6, combiné aux autres articles de la loi, confirme une logique dans laquelle tous les citoyens sont suspects. Un nombre minimal d’éléments de suspicion les classent parmi les terroristes potentiels. Les individus doivent donc constamment se demander ce que veut le pouvoir et ainsi adapter leur comportements, afin de ne pas être inquiétés.

Blocage administratif des sites Internet

L’article 6-1 permet aux services de police de demander, aux fournisseurs d’accès internet, de bloquer l’accès à certains sites, afin d’empêcher les internautes, résidents en France, d’accéder à des contenus qui feraient l’apologie du terrorisme. Les techniques de blocage sont connues pour être contournables très facilement par n’importe quel internaute sans connaissances techniques particulières. Ces instruments sont, en général, difficiles à mettre en œuvre sans risque de sur-blocage. Pour empêcher, de manière plus efficace, l’accès aux contenus sur le web, il faut mettre en œuvre des techniques de surveillance massive des connexions de l’ensemble des internautes. Ce qui est l’objet de la nouvelle Loi sur le Renseignement [6] qui installe des boites noires chez les fournisseurs d’accès, enregistrant, en temps réel, la totalité des données de connexion.

Le blocage des sites ou des contenus Internet est réalisé par la police, sans intervention préalable d’un juge. Ainsi, toute procédure contradictoire est évitée et aucune opposition ne peut contester la censure de l’administration. La loi s’attaque aux intentions plutôt qu’aux actes. La liberté d’information : consulter les sites internet désirés ; la liberté de circulation : quitter son pays sans que les autorités ne préjugent des intentions ; ainsi que la liberté d’expression sont remises en cause.

En visant Internet, le gouvernement vise tout citoyen voulant s’informer et échapper aux injonctions de croire, promulguées par le pouvoir. La loi affecte l’ensemble de la population. Elle ne contient aucune disposition visant particulièrement le terrorisme. Cependant, elle a un impact décisif sur l’échange de communications et d’information sur Internet. Elle ne vise pas des personnes dangereuses, mais des personnes qui liraient des documents considérés comme potentiellement dangereux. Grâce au délit d’intention, les citoyens ne seront plus capables de s’informer sur ce que le gouvernement aura désigné comme « propagande terroriste » [7]. Les individus doivent donc intérioriser le surmoi et anticiper le regard du pouvoir sur leur vie privée. Afin de ne pas être éventuellement poursuivis, ils doivent faire preuve d’initiative dans l’autocontrôle de leurs comportements.

Criminalisation de l’Internet

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a esquivé l’ensemble des questions posées, se réfugiant dans des demi-vérités, notamment sur l’intervention du juge administratif dans le processus de blocage, laissant penser que ce dernier interviendrait systématiquement, alors que le texte de loi ne le dit absolument pas. En effet, la loi ne prévoit que la supervision procédurale d’un magistrat de l’ordre judiciaire, censé s’assurer de « la régularité des conditions d’établissement, de mise à jour, de communication et d’utilisation » des sites dont l’accès est bloqué, sans qu’il ait pour autant de pouvoir décisionnaire concernant l’opportunité du blocage opéré.

Le rapport du Conseil d’État sur le Numérique et les droits fondamentaux, publié en septembre 2014 [8], légitime également l’extra-judiciarisation des atteintes portées à la liberté d’expression dans le droit français. En parlant des « troubles beaucoup plus grands » à l’ordre public qu’induirait Internet, il tend à se situer dans la tendance de la Cour européenne des Droits de l’homme, qui considère qu’Internet est un espace par essence dangereux, justifiant de plus grandes restrictions de la liberté d’expression [9].

Une censure automatisée

Outre la réhabilitation d’un pouvoir de police administrative, l’extra-judiciarisation, défendue par le Conseil d’État, passe par la légitimation de la censure privée sur Internet. Cette dernière s’est largement banalisée depuis dix ans, à mesure que des dérives, jurisprudentielles et législatives, confiaient aux hébergeurs, aux moteurs de recherche et autres réseaux sociaux, le soin de réguler la liberté d’expression. Ainsi, le rapport indique « qu’il ne serait pas réaliste de dénier aux acteurs privés le droit de décider du retrait d’un contenu ».

À aucun moment, le Conseil d’État ne propose de préciser et de limiter la notion de contenu « manifestement illicite », crée par les juges constitutionnels afin de contrecarrer les risques de censure privée, une notion rendue quasiment obsolète en raison d’une inquiétante extension jurisprudentielle [10].

Le Conseil d’État préfère conforter les logiques actuelles qui confient, aux hébergeurs et autres plateformes, la tâche de procéder à des déclarations d’illicéité. L’autre argument, avancé pour la défense de la censure privée, consiste à dire que la justice ne disposerait pas de moyens suffisants pour traiter les contentieux liés à Internet.

Le peu de regard du Conseil d’État pour la liberté d’expression est confirmé par la lecture de la proposition n° 28 du texte, qui appelle à la censure automatisée à travers l’obligation, pour les hébergeurs et autres plateformes, d’empêcher toute nouvelle publication de contenus déjà retirés, un régime dit de « notice-and-staydown » qui ne peut être mis en œuvre qu’au travers de filtres automatiques, « scannant » les communications Internet et faisant courir d’importants risques de sur-blocage [11], comme le reconnaît d’ailleurs le rapport.

 

[1] Jean-Claude Paye, « Loi de programmation militaire. La France est-elle en guerre contre les Français ? », Réseau Voltaire, 26 mars 2014.

[2] Assemblée Nationale, « Projet de loi relatif au Renseignement », texte définitif, texte 542, adopté le 24 juin 2015.

[3] « Loi n° 2014-1353 du 13 novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme », Journal officiel n° 263 du 14 novembre 2014.

[4] « Apologie du terrorisme : la loi Cazeneuve, avant-après », Rue 89, 22 janvier 2015.

[5] Celine Rastello, « Apologie du terrorisme : les juges vont-ils trop loin ? », L’Obs, 21 janvier 2015.

[6] Assemblée Nationale, « Projet de loi relatif au Renseignement », texte définitif, texte 542, adopté le 24 juin 2015.

[7] « Loi Terrorisme : Sacrifier les libertés sous prétexte de lutte contre le terrorisme ? », La Quadrature du net.

[8] Conseil d’Etat, « Étude annuelle 2014 du Conseil d’Etat – Le numérique et les droits fondamentaux », La Documentation française, septembre 2014, p. 229.

[9] « L’Assemblée nationale ferme les yeux sur les dangers du projet de loi “Terrorisme” », La Quadrature du Net, 8 septembre 2014.

[10] « La LCEN, le juge et l’urgence d’une réforme », Wethenet, le 27 avril 2013.

[11] « Surblocage », La Quadrature du Net.

Illusion démocratique: Censure d’internet au pays du goulag levant… La FCC fait passer une réglementation de 332 pages… que personne n’a lue !

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, presse et média, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 26 février 2015 by Résistance 71

Quand nous disons que la démocratie telle que conçue dans le système étatico-corporatiste est une illusion, ce n’est rien de le dire… La réalité dépasse de jour en jour la fiction ! Attention, ceci est le préambule, nous disons depuis longtemps que cela couve et nos baltringues de tout bord politique en France concoctent de concert la même loi liberticide. L’internet est un cauchemar pour l’oligarchie.

« Nous n’aurions jamais dû inventer l’internet » (Sénateur Jay Rockefeller)

— Résistance 71 —

 

Si le texte de la Commission Fédérale de la Communication (FCC) sur la “neutralité de l’internet” est si bon, pourquoi personne ne peut-il le voir?

 

Paul Joseph Watson

 

25 février 2015

 

url de l’article original (avec vidéo):

http://www.infowars.com/if-the-fccs-net-neutrality-plan-is-so-great-why-cant-anyone-see-it/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Si le plan de la FCC pour “protéger” la neutralité de l’internet et de brider le pouvoir et la veulerie des entreprises est si fantastique, pourquoi donc les 332 pages de cette réglementation n’ont-elles pas été rendues publiques ?

Dans un vote qui aura lieu demain, la FCC est attendue de reclassifier l’internet comme étant une utilité publique sous le Titre II de la loi sur la Télécommunication.

Malgré cet énorme changement dans la fonction du web, il n’y a eu aucun débat parlementaire à ce sujet, il n’y a eu aucune proposition de lois introduite et aucune législation n’a été signée. La très grande majorité du public américain n’est absolument pas au courant de ce qui se trame dans la mesure où les merdias de masse n’en offrent qu’une couverture au compte-goutte.

Le changement se passe sous la forme d’une “loi administrative” en accord avec les directives de l’administration Obama, qui clâme haut et fort qu’elle a le soutien de millions d’Américains.

Si cela est le cas, pourquoi ne pouvons-nous donc pas voir ce super plan pour une utopie de l’internet ? Pourquoi donc le président de la FCC, Tom Wheeler, a t’il refusé de témoigner et d’être interrogé par le Congrès des Etats-Unis à ce sujet ?

Pourquoi Wheeler a t’il échoué de s’adresser aux critiques parfaitement légitmes, incluant celles du commissaire de la FCC même Ajit Paj, un des très peu nombreux Américains qui a lu les 332 pages du document, et qui a dit que les nouvelles règles allaient donner aux autorités fédérales la microgestion, la license et la censure de l’internet et que ce plan est une “solution” à un problème qui n’existe même pas.

Pourquoi Wheeler renvoie t’il à la tristement célèbre déclaration de Nancy Pelosi (NdT: représentante des démocrates au congrès et ex-chairwoman de l’assemblée/chambre basse), qui avait dit: “Nous devons passer la loi de façon à ce que vous puissiez en prendre connaissance…”, claire rhétorique refusant de rendre les règles publiques ?

Pourquoi est-ce que la vaste majorité des libéraux et des tech enthousiastes, qui dépensèrent beaucoup d’énergie pour lutter contre les efforts de geler les libertés sur internet par le biais des projets de lois SOPA et PIPA (NdT: équivalent LOPI en France) et qui endorsent maintenant le cadre de réglementation de la FCC sans poser de questions ?

Pensent-ils vraiment qu’une administration gouvernementale qui a prouvé qu’elle est la plus antagoniste et répressive de l’histoire de la Maison Blanche en ce qui concerne les lanceurs d’alerte et la libre circulation des informations, a soudainement viré sa cutie ?

Font-ils confiance à un président qui a dit à la nation: “Si vous aimez votre plan santé, vous pourrez garder votre plan santé” (NdT: Les faits d’implémentation de l’Obamacare prouvent qu’il a menti sur toute la ligne à ce sujet… d’où la réflexion ironique de Watson…), pour qu’il n’abuse pas de ces pouvoirs ?…

Cybertechnologie et Nouvel Ordre Mondial… Le lien Google-CIA et l’empire technotronique en devenir ~ 1ère partie ~

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, économie, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 4 février 2015 by Résistance 71

Excellent article remarquablement bien documenté du non moins excellent Nafeez Ahmed de « Cutting Hedge » qui met en pleine lumière les collusions de bien des start ups informatiques avec la CIA, NSA, renseignement militaire etc… Ceci était connu depuis longtemps, mais Ahmed nous emmène au zoo voir les « bêtes immondes »…

— Résistance 71 —

 

Comment la CIA créa Google

 

Nafeez Ahmed

 

30 Janvier 2015

 

url de l’article en français:

http://globalepresse.com/2015/01/30/comment-la-cia-crea-google/

 

1ère partie

2ème partie

 

« INSURGE INTELLIGENCE », un nouveau projet de journalisme d’investigation financé par le public, vous livre le récit exclusif de la façon dont la communauté US du renseignement a financé, nourri et mis en incubation Google comme élément d’un effort visant à dominer le monde par le contrôle de l’information. Financé indirectement par la NSA et la CIA, Google n’a été que la première d’une pléthore de start-ups du secteur privé cooptée par le renseignement US pour conserver la « supériorité du renseignement ».

Les origines de cette ingénieuse stratégie remontent à un groupe secret sponsorisé par le Pentagone, qui au cours des deux dernières décennies a fonctionné comme un pont entre le gouvernement US et les élites des secteurs des affaires et de la finance, corporatistes et médiatiques. Le groupe a permis à certains des intérêts particuliers des USA corporatistes de passer systématiquement outre la responsabilité démocratique et la règle du droit pour influencer les politiques gouvernementales, ainsi que l’opinion publique aux USA comme autour du monde. Les résultats ont été catastrophiques: surveillance de masse par la NSA, un état de guerre globale permanent, et une initiative novatrice pour transformer le corps militaire US en « Skynet ».

Dans le sillage des attaques contre Charlie Hebdo à Paris, les gouvernements occidentaux se pressent de légitimer des pouvoirs accrus de surveillance de masse et de contrôle de l’Internet, le tout au nom de la lutte contre le terrorisme.

Des politiciens US et européens ont appelé à protéger le genre d’espionnage queDe pratique la NSA, et à faire avancer la capacité à enfreindre la vie privée sur Internet en rendant le cryptage illégal. Une idée est d’établir un partenariat en télécommunications à même d’effacer unilatéralement tout contenu estimé « alimenter la haine et la violence » dans des situations considérées comme « appropriées ». Des débats houleux ont cours au niveau gouvernemental et parlementaire pour explorer la suppression de la confidentialité avocat-client.

Ce que tout ceci eut pu accomplir pour empêcher les attaques de Charlie Hebdo demeure un mystère, surtout quand nous savons que les terroristes figuraient déjà sur le radar des renseignements français depuis une dizaine d’années.

Il y a peu d’éléments nouveaux dans cette histoire. L’atrocité du 11 septembre 2001 fut la première de beaucoup d’attaques terroristes, chacune suivie par l’extension dramatique de pouvoirs étatiques draconiens aux dépens des libertés civiques, appuyée par la projection de forces militaires dans des régions identifiées comme des points chauds abritant des terroristes. Pourtant il y a peu d’éléments indiquant que cette formule testée et rodée ait fait quoi que ce soit pour réduire le danger. Pour ce qu’il en est, nous semblons verrouillés dans un cycle de violence qui s’approfondit sans issue visible.

Alors que nos gouvernements font pression pour accroître leurs pouvoirs, INSURGE INTELLIGENCE peut dorénavant révéler à quel point la communauté du renseignement US est impliquée dans l’incubation des plateformes web que nous connaissons aujourd’hui, dans l’objectif précis d’utiliser cette technologie comme mécanisme pour mener la « guerre globale de l’information » – une guerre pour légitimer le pouvoir d’un petit nombre sur le reste d’entre nous. La cheville ouvrière de cette histoire est la multinationale qui, d’une certaine façon, définit le XXIè siècle avec son omniprésence discrète: Google.

Google se fait passer pour une entreprise de technologie amicale, branchée, facile d’utilisation qui s’est élevée vers la pré-éminence à travers une combinaison de talent, de chance, et de véritable innovation. Cela est vrai. Mais ce n’est qu’une infime partie de l’histoire. En réalité, Google est un écran de fumée derrière lequel se tapit le complexe militaro-industriel des USA.

Le récit interne de l’essor de Google, révélé ici pour la première fois, ouvre une boîte de Pandore qui va beaucoup plus loin que Google, éclairant sans que l’on s’y attende l’existence d’un réseau parasite poussant l’évolution de l’appareil national sécuritaire US, et profitant obscènement de son opération.

Le réseau fantôme

Au cours de des deux dernières décennies, les stratégies de politique étrangère et de renseignement US ont abouti en une « guerre contre le terrorisme » qui consiste en des invasions militaires prolongées du monde musulman et la surveillance intensive de populations civiles. Ces stratégies ont été mises en incubation, sinon dictées, par un réseau secret à l’intérieur et à l’extérieur du Pentagone.

Établi sous l’administration Clinton, consolidé sous Bush et fermement installé sous Obama, ce réseau aussi bien Républicain que Démocrate, composé surtout d’idéologues néoconservateurs a scellé sa domination au cœur du Ministère de la Défense US (DoD, Department of Defense, ndlr) à l’aube de 2015, par le biais de l’activité d’une entité corporatiste à l’extérieur du Pentagone, mais gérée par celui-ci.

En 1999, la CIA créa sa propre firme d’investissements à capital-risque, In-Q-Tel, pour financer des start-ups prometteuses à même de créer des technologies utiles aux agences de renseignement. Mais l’inspiration pour In-Q-Tel est venue plus tôt, lorsque le Pentagone mit sur pieds sa propre unité du secteur privé.

Connu sous le nom de « Highlands Forum » (forum des « hautes terres », ndlr), ce réseau privé a dressé un pont entre le Pentagone et les puissantes élites US hors du corps militaire depuis le milieu des années 1990. Malgré des changements d’administrations civiles, le réseau autour du Highlands Forum a réussi avec de plus en plus de succès à dominer la politique de défense aux USA.

Il est parfois fait référence à des entreprises géantes de la défense comme Booz Allen Hamilton et Science Applications International Corporation comme étant la « communauté de l’ombre du renseignement » du fait des vases communicants entre eux et le gouvernement, ainsi que de leur capacité à influencer et profiter en même temps de la politique de défense. Mais tandis que ces entreprises font la compétition pour le pouvoir et l’argent, elles collaborent aussi quand c’est important. Le Highlands Forum a pendant 20 ans fourni un espace officieux pour que certains des membres les plus éminents de la communauté du renseignement se réunissent avec des hauts fonctionnaires du gouvernement US, en parallèle d’autres dirigeants des industries concernées.

Je suis initialement tombé sur l’existence de ce réseau en novembre 2014, alors je rapportai pour le Motherboard de VICE que le ministre de la défense US Chuck Hagel venait d’annoncer que « l’initiative d’innovation de la défense » concernait réellement la construction de Skynet – ou de quelque chose y ressemblant, principalement pour dominer un ère émergente de guerre automatisée et robotisée.

Ce récit était basé sur un « papier blanc » peu connu et financé par le Pentagone deux mois plus tôt par la National Defense University (NDU) à Washington, DC, une institution de pointe gérée par les militaires US qui, entre autres choses, génère de la recherche pour développer la politique de défense US au plus haut niveau. La papier blanc clarifiait la pensée derrière la nouvelle initiative, et les développements scientifiques et technologiques révolutionnaires sur lesquels il espérait capitaliser.

Le Highlands Forum

Le co-auteur de ce papier blanc de la NDU est Linton Wells, un fonctionnaire de la défense US de 51 ans d’ancienneté qui était, sous l’administration Bush, directeur du renseignement au Pentagone, supervisant la NSA et d’autres agences d’espionnage. Il détient encore des habilitations de sécurité du plus haut niveau, et selon un article du magazine Government Executive de 2006 il dirigea le « Highlands Forum », fondé par le Pentagone en 1994.

 

Le magazine New Scientist (payant) a comparé le Highlands Forum à des réunions d’élite telles que « Davos, Ditchley et Aspen », le décrivant comme « beaucoup moins connu, mais… sans doute un club de discussion tout aussi important ». Les réunions classiques du Forum rassemblent « des personnes innovantes pour envisager des interactions entre la politique et la technologie. Ses plus grands succès ont été dans le développement de la guerre hi-tech à partir d’un réseau [électronique]. »

Étant donné le rôle de Wells à un tel Forum, ce n’est peut-être pas surprenant que son papier blanc sur la transformation de la défense ait pu avoir un impact si profond sur la réelle politique du Pentagone. Mais si c’est le cas, pourquoi personne ne l’a-t-il remarqué?

Bien qu’il soit sponsorisé par le Pentagone, je n’ai pu trouver aucune page officielle au sujet du Forum sur le site du DoD. Des sources actives et anciennes du corps militaire US n’en avaient jamais entendu parler, pas plus que des journalistes spécialisés dans la sécurité nationale. J’étais perplexe.

La boîte de capital-risque intellectuel du Pentagone

Dans le prologue de son livre de 2007, « A Crowd of One: The Future of Individual Identity » (Une foule d’une personne: l’avenir de l’identité individuelle, ndlr), John Clippinger, un chercheur au MIT du Media Lab Human Dynamics Group, a décrit comment il avait pris part à un rassemblement du « Highlands Forum », une « réunion uniquement sur invitation financée par le Ministère de la Défense et dirigée par l’adjoint en charge de l’intégration des réseaux et des renseignements. » C’était là un poste haut placé du DoD supervisant les opérations et les politiques pour les agences d’espionnage les plus puissantes du Pentagone, dont la NSA et la Defense Intelligence Agency (DIA), entre autres. À partir de 2003, le poste fut changé en ce qui est désormais celui du Sous-Secrétaire à la Défense pour le renseignement. Le Highlands Forum, écrit Clippinger, fut fondé par le capitaine de l’US Navy à la retraite Dick O’Neill. Figurent parmi les délégués des militaires US haut-gradés de nombreuse agences et divisions – « des capitaines, des vice-amiraux, des généraux, des colonels, des majors et des commandants » ainsi que « des membres de la direction du DoD ».

Ce qui semblait tout d’abord être le principal site web du Forum décrit Highlands comme « un réseau informel inter-disciplinaire sponsorisé par le Gouvernement Fédéral », se focalisant sur « le renseignement, la science et la technologie ». Les explications sont maigres, au-delà d’un unique logo du « Department of Defense ».

Mais Highlands possède également un autre site web qui se décrit lui-même comme « une firme de capital-risque intellectuel » doté d’une « vaste expérience dans le soutien aux entreprises, organisations et dirigeants gouvernementaux ». La firme fournit une « large gamme de services, dont: la prévision stratégique, la création de scénario et de simulation (gaming…) pour les marchés mondiaux en expansion », ainsi que dans « le travail avec le client pour la construction de stratégies d’exécution ». « The Highlands Group Inc. », professe le site web, organise toute un éventail de Forums sur ces sujets.

Par exemple, en plus du Highlands Forum, depuis le 11 septembre le Groupe gère « l’Island Forum », un événement international tenu en association avec le Ministère de la Défense de Singapour, que supervise O’Neill en tant que « consultant principal ». Le site web du Ministère de la Défense de Singapour décrit l’Island Forum comme étant « conçu d’après le Highlands Forum organisé pour le Ministère de la Défense US ». Des documents révélés par le lanceur d’alerte de la NSA Edward Snowden ont confirmé que Singapour avait joué un rôle crucial pour permettre aux USA et à l’Australie de se brancher sur des câbles sous-marins afin d’espionner des puissances asiatiques comme l’Indonésie et la Malaisie.

Le site web du Highlands Group révèle également que Highlands est en partenariat avec l’une des entreprises de défense les plus puissantes aux États-Unis. Higlands est « appuyée par un réseau d’entreprises et de chercheurs indépendants », dont « nos partenaires du Highlands Forum des dix dernières années chez SAIC; et le vaste réseau de Highlands de participants au Highlands Forum ».

SAIC est l’acronyme de l’entreprise de défense US « Science Applications International Corporation », qui a changé de nom pour Leidos en 2013, gérant SAIC comme entreprise subsidiaire. SAIC/Leidos fait partie des 10 premières entreprises de défense aux USA, et travaille étroitement avec la communauté US du renseignement, surtout avec la NSA. Selon le journaliste d’investigation Tim Shorrock, le premier à avoir révélé la vaste étendue de privatisation du renseignement US avec son livre phare « Spies for Hire » (Espions à Louer, ndlr), SAIC possède une « relation symbiotique avec la NSA: l’agence en est le client unique le plus important et SAIC est le plus grand fournisseur de la NSA ».

 

Le patronyme complet du capitaine « Dick » O’Neill, le président fondateur du Highlands Forum, est Richard Patrick O’Neill, qui après son travail dans la Navy a rejoint le DoD. Il a occupé son dernier poste en tant qu’adjoint à la stratégie et à la politique dans le Bureau du Ministre Délégué à la Défense pour le Commandement, le Contrôle, les Communications et le Renseignement, avant de fonder Highlands.

Le Club de Yoda

Mais Clippinger fait aussi référence à un autre individu mystérieux adulé par les participants au Forum:

Il s’asseyait au fond de la salle, imperturbable derrière d’épaisses lunettes à montures noires. Je ne l’ai jamais entendu dire un mot… Andrew (Andy) Marshall est une icône au sein du DoD. Certains l’appellent Yoda, en vertu de son statut mythique impénétrable… Il avait traversé plusieurs administrations et était largement considéré comme au-dessus des politiques partisanes. Il soutenait le Highlands Forum et en avait dès le départ été un invité régulier.

Dès 1973, Marshall a dirigé l’une des agences les plus puissantes du Pentagone, l’Office of Net Assessment (ONA, Bureau d’Évaluation de Réseau, ndlr), le « think tank » interne du Ministre de la Défense US qui conduit des recherches hautement confidentielles sur les prévisions futures de politique de défense pour toute la communauté militaire et de l’espionnage US. L’ONA a joué un rôle de premier plan dans des initiatives stratégiques majeurs du Pentagone, dont la Stratégie Maritime, l’Initiative de Défense Stratégique, l’Initiative de Stratégies Compétitives, et la Révolution des Affaires Militaires.

 

Dans un rare profil qui lui est fait dans Wired en 2002, le journaliste Douglas McGray décrit Andrew Marshall, maintenant âgé de 93 ans, comme « le plus évasif » mais « l’un des plus influents » responsables du DoD. McGray ajoute que « le Vice-Président Dick Cheney, le Ministre de la Défense Donald Rumsfeld et le Ministre Délégué Paul Wolfowitz » – largement considérés comme les faucons du mouvement néoconservateur dans la politique US – étaient parmi les « petits chouchous » de Marshall.

En s’exprimant lors d’un discret séminaire à l’Université de Harvard quelques mois après le 11 septembre 2001, le président fondateur du Highlands Forum Richard O’Neill déclara que Marshall était beaucoup plus qu’un « invité régulier » du Forum. « Andy Marshall est notre co-président, donc indirectement tout ce que nous faisons retourne dans le système d’Andy, » dit-il à l’auditoire. « Directement, des gens présents lors des réunions du Forum peuvent s’en aller rendre compte à Andy sur une variété de sujets, et afin de synthétiser les choses ». Il affirma aussi que le Forum avait un troisième co-président: le directeur de la Defense Advanced Research and Projects Agency (DARPA, Agence pour les Projets de Recherche Avancée de la Défense, ndlr), qui à l’époque avait été désigné par Rumsfeld, Anthony J. Tether. Avant de rejoindre DARPA, Tether était vice-président de la Division de Technologie Avancée de SAIC.

L’influence du Highlands Forum sur la politique de défense US a ainsi opéré à travers trois canaux principaux: son soutien par le Bureau du Ministre de la Défense (à peu près au milieu de la dernière décennie ceci a été transféré spécifiquement au Bureau du Sous-Secrétaire à la Défense pour le Renseignement, qui gère les principales agences de surveillance); son lien direct avec l’ONA d’Andrew « Yoda » Marshall; et son lien direct avec DARPA.

Selon Clippinger dans A Crowd of One, « ce qui se passe lors de réunions informelles telles que Highlands Forum pourrait, avec le temps et par le biais de curieux chemins d’influence imprévus, avoir un impact énorme non seulement à l’intérieur du DoD mais à travers le monde ». Il écrit que les idées du Forum sont « passées de l’hérésie au consensus. Des idées qui étaient anathème en 1999 avaient été adoptées comme politique seulement trois ans plus tard. »

Bien que le Forum ne produise pas de « recommandations consensuelles », son impact est plus profond que celui d’un traditionnel comité consultatif gouvernemental. « Les idées qui émergent des réunions sont à la disposition de ceux qui prennent les décisions ainsi que des gens des think tanks, » selon O’Neill:

Nous ajouterons des gens de Booz, SAIC, RAND, ou d’autres à nos réunions… Nous accueillons ce genre de coopération parce que, franchement, ils ont le sérieux qu’il faut. Ils sont là pour le long terme et sont capables d’influencer les politiques du gouvernement avec un réel travail académique… Nous produisons des idées et de l’interaction et des réseaux pour que ces gens les prennent et s’en servent comme ils en ont besoin.

Mes requêtes répétées à O’Neill pour des informations concernant son travail au Highlands Forum ont été ignorées. Le Ministère de la Défense n’a pas non plus répondu à de multiples requêtes pour des informations et des commentaires sur le Forum.

 

Guerre de l’information

Le Highlands Forum a servi de « pont d’influence » dans les deux sens: d’une part, pour le réseau fantôme d’entreprises privées afin d’influencer la formulation de la politique des opérations d’espionnage pour tout le renseignement militaire US; et d’autre part, pour le Pentagone afin d’influencer ce qui se fait dans le secteur privé. Il n’y en a pas de preuve plus claire que par le rôle véritablement instrumental du Forum dans l’incubation de l’idée de la surveillance de masse comme mécanisme pour dominer l’information à une échelle mondiale.

En 1989, Richard O’Neill, alors cryptologue de l’US Navy, écrivit un papier pour l’US Naval War College, « Toward a methodology for perception management » (Vers une méthodologie de la gestion d’impact, ndlr). Dans son livre, Future Wars (Guerres du Futur, ndlr), le Col. John Alexander, alors officier supérieur de l’Intelligence and Security Control de l’US Army (INSCOM, contrôle du renseignement et de la sécurité de l’armée US, ndlr), note que le papier d’O’Neill avait esquissé pour la première fois une stratégie pour la « gestion d’impact » comme partie intégrante de la guerre de l’information (IW, information warfare). La stratégie proposée par O’Neill identifiait trois catégories de cibles pour l’IW: les adversaires, afin qu’ils croient en leur vulnérabilité; des partenaires potentiels, « afin qu’ils perçoivent la cause [de la guerre] comme juste »; et enfin, les populations civiles et la direction politique afin qu’ils « perçoivent le coût comme en valant la peine ». Une réunion d’information secrète basée sur le travail d’O’Neill « fit son chemin jusqu’aux plus hauts échelons » du DoD. « Ils reconnurent qu’O’Neill avait raison et lui dirent de l’enterrer. »

Sauf que le DoD ne l’a pas enterré. Aux alentours de 1994, le Highlands Group fut fondé par O’Neill en tant que projet officiel du Pentagone, par la décision du Ministre de la Défense de l’époque sous Bill Clinton William Perry – qui s’en alla rejoindre le conseil d’administration de SAIC après avoir pris sa retraite du gouvernement en 2003.

Selon les propres termes d’O’Neill, le groupe allait fonctionner en tant que « laboratoire d’idées » du Pentagone. Selon Government Executive, des experts en technologie militaire et de l’information se sont rassemblés pour la première réunion du Forum « pour songer aux impacts de l’IT (information technology) et de la mondialisation sur les États-Unis et l’art de mener la guerre. Comment Internet et d’autres technologies émergentes allaient-ils changer le monde? » La réunion aida à implanter l’idée de « guerre centrée sur des réseaux » dans les esprits des « plus grands penseurs militaires de la nation ».

Exclure le public

Des archives officielles du Pentagone confirment que le principal objectif du Highlands Forum était de soutenir les politiques du DoD sur la spécialité d’O’Neill: la guerre de l’information. Selon le Rapport Annuel Officiel au Président et au Congrès de 1997 dans une section intitulée « Opérations d’Information », (Information Operations, IO) le Bureau du Ministre de la Défense (Office of the Secretary of Defense, OSD) avait autorisé « l’établissement du Highlands Group constitué d’experts de l’industrie, de la recherche et du DoD de premier plan » pour coordonner les IO pour les agences fédérales de renseignement militaire.

L’année suivante le rapport annuel du DoD réitérait la centralité du Forum aux opérations d’information: « Afin d’examiner les thèmes d’IO, le DoD sponsorise le Highlands Forum, qui réunit ensemble le gouvernement, l’industrie, et des professionnels académiques de divers domaines. »

Notez qu’en 1998, le Highlands « Group » est devenu un « Forum ». Selon O’Neill, ceci avait pour but d’éviter de soumettre les réunions des Highlands Fora à des « restrictions bureaucratiques ». Il faisait allusion à la Federal Advisory Committee Act (FACA, loi sur les comités de conseil fédéraux, ndlr), qui régit la manière dont le gouvernement US peut formellement solliciter le conseil d’intérêts particuliers.

Connue sous le nom de « loi de gouvernement ouvert », FACA requiert que les fonctionnaires du gouvernement US n’ont pas le droit de tenir des consultations secrètes ou derrière portes fermées avec des personnes n’appartenant pas au gouvernement sur le développement de sa politique. De telles consultations doivent toutes avoir lieu dans le cadre de comités consultatifs fédéraux permettant l’examen public. FACA requiert que ces réunions soient publiques, soient annoncées par le Journal Officiel, que les groupes de conseil soient enregistrés auprès d’un bureau de l’Administration Générale des Services, parmi d’autres pré-requis conçus pour préserver la responsabilité dans l’intérêt du public

Mais Government Executive a rapporté que « O’Neill et d’autres pensaient » que de tels détails réglementaires « inhiberaenit le libre flux d’idées et de discussions à bâtons rompus qu’ils recherchaient. » Les avocats du Pentagone avaient prévenu que le dénominatif « groupe » pouvait induire certaines obligations, et conseillé de gérer toute l’affaire en privé: « Donc O’Neill changea son nom en Highlands Forum et le déménagea dans le secteur privé pour le diriger en tant que consultant du Pentagone ». Le Highlands Forum du Pentagone existe donc derrière le patronage de la « boîte de capital-risque intellectuel » d’O’Neill, « Highlands Group Inc. »

En 1995, une année après que William Perry ait désigné O’Neill pour diriger le Highlands Forum, SAIC – l’organisation « partenaire » du Forum – avait lancé un tout nouveau Center for Information Strategy and Policy (Centre pour la Stratégie et la Politique de l’Information, ndlr) sous la direction de « Jeffrey Cooper, un membre du Highlands Group qui conseille des hauts fonctionnaires du Ministère de la Défense sur les thèmes de la guerre de l’information ». Le Centre avait exactement le même objectif que le Forum, fonctionner comme « une chambre de compensation pour rassembler les meilleurs et les plus intelligents esprits du domaine de la guerre de l’information en sponsorisant une série continue de séminaires, de documents et de symposiums qui explorent en profondeur les implications de la guerre de l’information ». L’objectif était de « permettre aux dirigeants et aux décideurs politiques du gouvernement, de l’industrie et du monde académique pour répondre aux thèmes centraux entourant la guerre de l’information afin d’assurer que les États-Unis conservent leur avance sur n’importe quel ou tous ennemis potentiels ».

Malgré les dispositions de FACA, les comités consultatifs fédéraux sont déjà lourdement influencés sinon captifs des intérêts corporatistes. Donc en circonvenant FACA, le Pentagone a même passé outre les dispositions affaiblies de FACA, en excluant de façon permanente toute possibilité d’engagement public.

L’affirmation d’O’Neill qu’il n’y a pas de rapports ou de recommandations n’est pas sincère. De son propre aveu, les consultations secrètes du Pentagone avec l’industrie qui ont eu lieu par le biais du Highlands Forum depuis 1994 ont été accompagnées par la soumission régulière d’articles académiques et de politique, d’enregistrements et de notes de réunion, et d’autres formes de documentation qui sont verrouillés derrière une connexion uniquement accessible aux délégués du Forum. Ceci viole l’esprit, sinon la lettre, de FACA – d’une façon qui est clairement conçue pour circonvenir à la responsabilité démocratique et à la règle du droit.

Le Highlands Forum n’a pas besoin de produire des recommandations consensuelles. Sa raison d’être est de fournir au Pentagone un mécanisme de mise en réseau social fantôme pour cimenter des relations durables avec le pouvoir corporatiste, et d’identifier de nouveaux talents pouvant être utilisés pour affiner les stratégies de guerre de l’information dans le plus grand secret.

Le nombre total de participants au Highlands Forum du DoD dépasse le millier, bien que les sessions consistent surtout en de petites réunions de type groupe de travail d’au plus 25-30 personnes, rassemblant des experts et des fonctionnaires selon les sujets. Les délégués ont compté en leur nombre du personnel de haut niveau de SAIC et Booz Allen Hamilton, RAND Corp., Cisco, Human Genome Sciences, eBay, PayPal, IBM, Google, Microsoft, AT&T, la BBC, Disney Corp., General Electric, Enron, parmi une liste énorme; des membres Démocrates ou Républicains du Congrès et du Sénat; des cadres supérieurs de l’industrie US de l’énergie comme Daniel Yergin d’IHS Cambridge Energy Research Associates; et des personnages-clé impliqués des deux côtés des campagnes présidentielles.

D’autres participants ont inclus des professionnels de haut rang des médias: David Ignatius, rédacteur-en-chef-adjoint du Washington Post et à l’époque rédacteur exécutif de l’International Herald Tribune; Thomas Friedman, chroniqueur de longue date au New York Times; Arnaud de Borchgrave, un rédacteur au Washington Times et à United Press International; Steven Levy, un ancien rédacteur de Newsweek, auteur titulaire au New Yorker; Noah Schachtmann, rédacteur exécutif au Daily Beast; Rebecca McKinnon, co-fondatrice de Global Voices Online; Nik Gowing de la BBC; et John Markoff du New York Times.

Du fait de son soutien actuel par le Sous-Secrétaire à la Défense pour le renseignement de l’OSD, le Forum dispose d’un accès privé aux dirigeants des principales agences de surveillance et de reconnaissance US, ainsi qu’aux directeurs et à leurs assistants des agences de recherche du DoD, de DARPA à l’ONA. Ceci signifie également que le Forum est profondément connecté aux équipes de recherche politique du Pentagone.

Google: engendré par le Pentagone

En 1994 – la même année que la fondation du Highlands Forum sous les auspices de l’OSD, de l’ONA et de DARPA – deux jeunes étudiants doctorants de l’Université de Stanford, Sergey Brin et Larry Page, réalisèrent leur percée sur la première application automatisée de recherche et de classement de pages sur le web. Cette application demeure le composant central de ce qui allait devenir le service de recherche de Google. Brin et Page avaient accompli leur travail avec le financement de la Digital Library Initiative (DLI, Initiative de Librairie Numérique, ndlr), un programme multi-agences de la National Science Foundation (NSF), la NASA et DARPA.

Mais ce n’est qu’un versant de l’histoire.

Pendant tout le temps du développement du moteur de recherches, Sergey Brin rendait régulièrement et directement compte à deux personnes qui n’étaient pas du tout de la faculté de Stanford: le Dr. Bhavani Thuraisingham et le Dr. Rick Steinheiser. Les deux étaient les représentants d’un programme sensible de la communauté de l’espionnage US sur la sécurité de l’information et sur l’extraction de données.
Thuraisingham est actuellement le professeur titulaire de la chaire Louis A. Beecherl et directeur exécutif du Cyber Research Institute à l’Université du Texas à Dallas, et un expert très sollicité sur les thèmes de l’extraction de données, la gestion de celles-ci et la sécurité de l’information. Mais dans les années 1990, elle travaillait pour la MITRE Corp; une entreprise de défense majeure aux USA, où elle dirigeait l’initiative dénommée « Massive Digital Data Systems » (Systèmes Massifs de Données Numériques, ndlr), un projet sponsorisé par la NSA, la CIA et le Director of Central Intelligence (directeur du renseignement central, ndlr) dans le but de générer des recherches innovantes dans la technologie de l’information.

« Nous avons financé l’Université de Stanford par le biais de l’informaticien Jeffrey Ullman, qui avait sous sa coupe plusieurs étudiants post-diplômés qui travaillaient dans plusieurs domaines excitants, » m’a dit le Prof. Thuraisingham. « L’un d’entre eux était Sergey Brin, le fondateur de Google. À la base, le programme MDDS de la communauté du renseignement fournissait à Brin une source de capital d’amorçage, qui était agrémentée par de nombreuses autres sources, y compris dans le secteur privé ».

Cette sorte de financement n’est certes pas inhabituelle, et le fait que Sergey Brin ait pu en bénéficier en étant un étudiant post-diplômé à Stanford semble n’être qu’anecdotique. Le Pentagone s’intéressait à toute la recherche des sciences informatiques à cette époque. Mais cela illustre combien la culture de Silicon Valley est profondément enracinée dans les valeurs de la communauté US du renseignement.

Dans un document phénoménal hébergé par le site web de l’Université du Texas, Thuraisingham rapporte que de 1993 à 1999, « la communauté du renseignement (IC, Intelligence Community) a démarré un programme dénommé Massive Digital Data Systems (MDDS) que j’ai dirigé pour l’IC alors que je travaillais pour la MITRE Corporation ». Le programme a financé 15 efforts de recherche dans diverses universités, dont celle de Stanford. Son but était de développer « des technologies de gestion des données pouvant gérer plusieurs térabytes et jusqu’à des pétabytes de données, » et permettant « le traitement des requêtes, la gestion des transactions, la gestion des métadonnées, la gestion du stockage, et l’intégration des données. »

À l’époque, Thuraisingham était chef de recherche pour la gestion des données et de l’information à MITRE, où elle dirigeait les efforts d’une équipe de recherche et de développement pour la NSA, la CIA, le Laboratoire de Recherche de l’US Air Force, ainsi que le Space and Naval Warfare Systems Command (Commandement des Systèmes de Guerre Navals et Spatiaux, ndlr) de l’US Army (SPAWAR) et le Communications and Electronic Command (CECOM). Elle en vint à enseigner des formations pour des fonctionnaires du gouvernement US et des entreprises de défense sur l’extraction de données dans le contre-terrorisme.

Dans son article de l’Université du Texas, elle joint un copie d’un résumé du programme MDDS de la communauté US du renseignement qui avait été présenté au « Symposium Annuel de la Communauté du Renseignement en 1995. Le résumé révèle que les sponsors principaux du programme MDDS étaient trois agences: la NSA, le Bureau de Recherche & Développement de la CIA, et le Community Management Staff (CMS, Personnel de Gestion de la Communauté, ndlr) de la communauté du renseignement qui opère sous les ordres du Director of Central Intelligence. Les administrateurs du programme, qui ont fourni autour de 3 à 4 millions de dollars par an pendant 3 à 4 ans, ont été identifiés comme étant Hal Curran (NSA), Robert Kluttz (CMS), le Dr. Claudia Pierce (NSA), le Dr. Rick Steinheiser (ORD – qui signifie Bureau de Recherche & Développement de la CIA, Office of Research & Development), et le Dr. Thuraisingham elle-même.

Thuraisingham poursuit dans son article, pour réitérer que ce programme conjoint CIA-NSA finançait partiellement Sergey Brin afin de mettre au point le cœur de Google, à travers une bourse donnée à Stanford et gérée par le superviseur de Brin, le Prof. Jeffrey D. Ullman:

En fait, le fondateur de Google M. Sergey Brin était en partie financé par ce programme alors qu’il était étudiant en doctorat à Stanford. Il a, avec son superviseur le Prof. Jeffrey Ullman et mon collègue à MITRE, le Dr. Chris Clifton (le principal chercheur en IT à MITRE), développé le Query Flocks System (système de troupeaux de requêtes, ndlr) qui produisait des solutions pour l’obtention de grandes quantités d’informations stockées dans des bases de données. Je me souviens visitant Stanford avec le Dr. Rick Steinheiser de la Communauté du Renseignement, et M. Brin de faire son entrée sur des rollers, livrer sa présentation et se ruer dehors. En fait la dernière fois que nous nous sommes vus en septembre 1998, M. Brin nous avait fait la démonstration de son moteur de recherche qui devint Google quelque temps plus tard.

Brin et Page ont officiellement institué Google en tant qu’entreprise en septembre 1998, ce même mois où ils avaient pour la dernière fois fait leur rapport à Thuraisingham et Steinheiser. « Query Flocks » faisait aussi partie du système « PageRank » (classement de pages, ndlr) breveté de Google, que Brin développa à Stanford dans le programme MDDS-CIA-NSA ainsi qu’avec du financement de la NSF, IBM et Hitachi. Cette année-là, le Dr. Chris Clifton de MITRE, qui travaillait sous Thuraisingham pour le développement du système « Query Flocks » écrivit un article, conjointement avec le superviseur de Brin, le Prof. Ullman et Rick Steinheiser de la CIA. Intitulé « La Découverte de Connaissance dans un Texte », l’article fut présenté lors d’une conférence académique.

« Le financement de MDDS qui soutenait Brin était substantiel comme capital d’amorçage, mais il était probablement dépassé par d’autres canaux de financement, » affirme Thuraisingham. « La durée du financement de Brin fut d’à peu près deux ans. Pendant cette période, mes collègues et moi-même du MDDS nous rendions à Stanford pour voir Brin et surveiller ses progrès à peu près tous les trois mois. Nous ne supervisions pas exactement, mais nous voulions vérifier la progression, souligner d’éventuels problèmes et suggérer des idées. Lors de ces réunions, Brin nous présenta effectivement la recherche sur Query Flocks, et nous fit aussi la démonstration de versions du moteur de recherche de Google. »

Brin faisait donc régulièrement des rapports à Thurasingham et à Steinheiser sur son travail au développement de Google. Le programme MDDS est de fait référencé dans plusieurs articles signés à la fois par Brin et par Page datant de leur temps à Stanford. Dans leur article de 1998 publié dans le Bulletin of the IEEE Computer Society Technical Committee on Data Engineering (bulletin du comité technique sur l’ingénierie de données de la société d’informatique de l’IEEE, ndlr), ils décrivent l’automatisation des méthodes d’extraction d’information depuis le web via « l’Extraction de Relations de Schémas Duels Itératifs » (Dual Iterative Pattern Relation Extraction), le développement d’un « classement mondial de pages web appelé PageRank », et l’usage de PageRank « pour développer un moteur de recherche novateur nommé Google. » Par une note en bas de page dès l’ouverture, Sergey Brin confirme qu’il a été « en partie appuyé par le Programme de Systèmes Massifs de Données Numériques [MDDS] du Personnel de Gestion de la Communauté [CMS], » à travers une bourse de la NSF – confirmant que le programme MDDS-CIA-NSA fournissait son financement par le biais de la NSF.

Cette bourse, dont le rapport de projet inscrit Brin sur sa liste d’étudiants bénéficiaires (sans mention du MDDS), était différente de la bourse de la NSF pour Larry Page qui comprenait un financement de DARPA et de la NASA. Le rapport de projet, écrit par le superviseur de Brin le Prof. Ullman, poursuit pour dire sous la section « Indices de Succès » qu’il y a « quelques histoires actuelles de start-ups basées sur des recherches soutenues par la NSF ». sous « Impact du Projet », le rapport note: « Finalement, le projet google est lui aussi devenu commercial en tant que Google.com. »

Le récit de Thuraisingham démontre donc que le programme CIA-NSA-MDDS a non seulement financé Brin pendant tout son travail avec Larry Page au développement de Google, mais que des représentants haut placés dans le renseignement US dont un officiel de la CIA supervisaient l’évolution de Google lors de cette phase précédant son lancement, jusqu’à ce que l’entreprise soit prête à être officiellement fondée. Google, donc, a pu voir le jour par le biais d’une quantité « conséquente » de financement de départ et de supervision par le Pentagone: nommément la CIA, la NSA, et DARPA.

Le Dod n’a pas pu être joint pour commentaire.

A suivre…