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Crime colonialiste: Assassinat de Berta Cáceres, leader indigène au Honduras… (suite)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 6 mars 2016 by Résistance 71

Le jour où Berta Caceres fut assassinée

 

Grahame Russell

 

4 Mars 2016

 

url de l’article:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/03/04/day-berta-caceres-was-assassinated

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Berta Caceres, une grande femme de la nation Lenca à l’Ouest du Honduras, a été assassinée aux petites heures du 3 Mars 2016, dans son lit.

Elle a été assassinée à cause de qui elle est, à cause de ce qu’elle vivait, de ce pour quoi elle se souleva et combattit sa vie durant.

Pour prendre sa vie, des sicarios (tueurs à gage) sont entrés par effraction dans sa maison de La Esperanza, Intibuca au Honduras et l’ont abattu dans l’obscurité du petit matin en ce 3 Mars 2016.

Elle était mère de quatre enfants, grand-miere, sœur et fille.

Et, pour tous ceux qui la connaissaient, apprirent d’elle, puisèrent de la force en elle, du courage et de la sagesse, la suivirent dans ses luttes, elle fut une compañera.

Qui l’a tué ?

Elle a été assassiné par tous ces gens et ces institutions politiques, économiques dont la veulerie et les intérêts furent l’objet de ses combats. Berta a vécu contre toutes les injustices, toutes les inégalités, toutes les discriminations, toutes les destructions de la Terre-Mère.

Elle a été assassinée …

par 500 ans d’impérialisme européen raciste, violent, dépossédant.

par 200 ans d’interventions militaires américaines, d’exploitation, de corruption et de totale impunité,

par des générations de gouvernement hondurien violent et exploiteur, raciste, sexiste, tous mis en place tout le temps par la “communauté internationale”, c’est à dire les Etats-Unis, le Canada, les corporations mondialistes, le FMI, la Banque Mondiale, l’IDB…

Berta fut assassinée …

par les sbires du patriarcat,

par des siècles de racisme contre les peuples indigènes et afro-descendants du Honduras et des Amériques,

par les accords de “libre-échange” des Amériques conçus pour la veulerie et imposés par la violence,

par l’avarice inhérente et sans fin des corporations mondialistes et de ses investisseurs, soutenus en permanence par la richesse et la puissance de nations riches et “démocratiques” (bon nombre membres du club exclusif et détesté du G8), qui exploitent, répriment et dénigrent le “tiers monde”, qui créent, développent et se moquent des “républiques bananières”,

par le FMI, la Banque Mondiale et les institutions créées et dominées par ces mêmes nations riches, puissantes et si “démocratiques”.

Berta a été assassinée …

par des entreprises et des investisseurs transnationaux qui conçoivent le monde, ses forêts et la terre, ses ressources naturelles, ses rivières, ses eaux et son air, ses peuples et toutes ses formes de vie, comme des objets exploitables, jetables et volent, tuent et détruisent puissamment dans le seul but d’engranger leurs centaines de millions et leurs milliards,

Par les tristement célèbres monopoles des bananes (United Fruits Company, etc..) et des barons des chemins de fer des XIXème et XXème siècles ; par les producteurs d’African Palm (l’entreprise Dinant financée par la Banque Mondiale) et la cane à sucre pour les consommateurs du monde des “énergies vertes” (ethanol et bio-carburants) ; par les exploitants de maquiladora sweatshop et du travail à très, très bon marché (Gildan Inc. etc..). par les entreprises hydro-électriques (DESA Aqua Zarca etc…) profitant honteusement des rivières et sources d’eau privatisées, par les enclaves touristiques exclusives (de luxe) opérées par le Canadien Randy “roi du porno” Jorgensen, expulsant violemment les peuples indigènes Garifuna de leurs terres ancestrales et communales de la côte nord hondurienne, par les compagnies minières comme GoldCorp Inc., etc… qui éventrent la terre pour les profiteurs de l’or, empoisonnant les eaux de la vallée Siria et les sang des résidents locaux.

Berta a été assassinée …

Par la “guerre contre la drogue”, créée, financée et armée par les Etats-Unis et qui a amené des situations violentes, injustes, corrompues au Honduras (et aussi au Guatemala, au Mexique etc..) et les a empiré, tout en consolidant la consommation de drogues aux Etats-Unis, tout en augmentant les profits des marchants d’armes et en transférant toujours plus de l’argent des contribuables vers le complexe militaro-industriel et de la sécurité.

Plus récement, Berta a été assassiné …

Par le coup d’état militaire de Juin 2009 au Honduras, fomenté par les Etats-Unis et le Canada, qui renversa un gouvernement élu et ramena au pouvoir les mêmes élites qui ont dominé et abusé pendant si longtemps du Honduras ; qui une fois de retour au pouvoir, prirent tout ce qui est cité ci-dessus en en empirant les effets, qui ont utilisé la répression comme outil de terrorisme sociétal et de contrôle, embauchant des tueurs à gage (sicarios) pour cibler et tuer des centaines de personnes après le coup d’état, des gens comme Berta.

Les Etats-Unis et le Canada ont aidé dans l’assassinat de Berta. Sept ans après le coup, le Honduras possède le plus grand ratio au monde de meurtre per capita et parmi les plus hauts taux de répression, de meurtres de femmes, de journalistes, de corruption et d’impunité dans les Amériques. Ignorant tout ceci, les Etats-Unis et le Canada signent des accords de “libres-échanges” et promeuvent l’expansion des extractions minières, du tourisme, des sweatships, des monopoles bananiers, des entreprises et des investissements.

Berta a été assassinée par tous ces gens, institutions et intérêts, parce que, comme tout le monde pourra vous le dire, de tous ceux qui l’ont connu, appris d’elle, reçu de la force, du courage et de la sagesse, la suivirent, tout ceci représente ce pour quoi elle a combattu toute sa vie.

Pour quoi a t’elle vécu, s’est-elle battue ?

Pour vous, pour moi, pour tout le monde.

Pour vos droits et les miens.

Pour tous les droits humains, collectifs et individuels, de tous le monde, de tous les peuples, de tous les pays.

Pour toutes les formes de vie et pour la Terre-Mère, la terre, ses champs et ses forêts, l’air et l’eau et toutes les formes de vie sur cette planète précieuse et solitaire.

Berta a vécu, s’est dressée et s’est battue parce qu’un autre monde est nécessaire et possible.

Que faire ?

Je suis désespérément désolé pour les enfants de Berta, sa mère, ses frères et sœurs, sa famille et ses amis à La Esperanza et pour le Honduras et les Amériques. Mon cœur aujourd’hui est une nouvelle fois brisé par cet ordre mondial humain dans lequel nous vivons.

Autant une partie de moi-même meurt avec Berta, autant une énorme part de cette femme continue de vivre.

Que faire ? Faire ce que Berta ferait, ce qu’elle a toujours fait. Vivre, se dresser et lutter ensemble. Se tenir la main. Se faire des acolades (abrazos). Communiquer et connecter avec les nombreuses victimes de l’ordre mondial. Et toujours vivre, se dresser et lutter contre toutes les injustices et les inégalités, toutes les discriminations, toutes les activités de destruction industrielles de la planète, de notre Terre-Mère, parce qu’un autre monde est nécessaire et tout à fait possible.

Merci Berta. Tu nous manquera grandement. Tu es aussi si aimée et respectée.

(J’ai rencontré Berta en 1998. Rights Action a soutenu COPINH et le travail de Berta et sa lutte depuis ce temps là. Berta et sa famille son devenus des amis proches au fil du temps. Grahame Russell)

Crime colonialiste: Assassinat de Berta Cáceres, leader indigène au Honduras…

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Les escadrons de la mort de la CIA, bras armé de Wall Street, sont-ils dans le coup ? Il y a fort à parier que oui…

— Résistance 71 —

 

Assassinat de Berta Cáceres au Honduras

 

La Voie du Jaguar

 

3 Mars 2016

 

url de l’article:

http://www.lavoiedujaguar.net/Honduras-assassinat-de-Berta

 

Berta Cáceres, coordinatrice du Consejo Cívico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras (Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras, Copinh), a été assassinée cette nuit dans sa propre maison à La Esperanza, Intibucá (Honduras). En raison des nombreuses menaces dont elle était l’objet, la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) avait recommandé qu’elle bénéficie de mesures de protection, recommandations que le gouvernement hondurien a systématiquement ignorées.

Berta Cáceres était une figure emblématique des luttes populaires et des peuples indigènes du Honduras, contre la spoliation de leurs droits et de leurs territoires. Comme mouvement populaire, le Copinh avait mobilisé toutes ses forces pour dénoncer le coup d’État de 2009 et avait joué un rôle particulièrement important dans la résistance contre les grands projets d’infrastructures qui menacent les territoires et les ressources des peuples indigènes et paysans du Honduras. À ce titre, Berta a joué un rôle de premier plan, au niveau national et dans de nombreux forums internationaux pour dénoncer les programmes internationaux qui sous couvert de la défense de l’environnement organisent la marchandisation des ressources naturelles et de la nature.

Ces dernières années, Berta et le Copinh avaient mené une lutte infatigable contre la construction du barrage d’Agua Zarca qui représentait une menace pour les rivières et menaçait de spolier plusieurs communautés indigènes lenca. Au prix d’une occupation, pendant de longs mois, du lieu prévu pour la construction qui avait coûté plusieurs morts parmi les membres du Copinh, les entreprises avaient dû reculer… mais c’était pour mieux sauter. Depuis peu, les bulldozers prétendaient reprendre leur danse infernale et mener le projet à terme en amont de la rivière. Berta et le Copinh avaient immédiatement annoncé la reprise de la mobilisation.

Le mouvement social hondurien et mésoaméricain mais aussi les féministes, anticapitalistes, écologistes et tou•te•s les défenseur•e•s de la justice sociale ont perdu en cette nuit obscure, une de leur meilleure porte-parole.

Pour la mort de Berta, ni pardon ni oubli !

Pour sa mémoire, pour la justice,
joignons notre douleur et notre rage à celle du Copinh
et du mouvement populaire hondurien.

A lire sur Résistance 71: « Le jour où Berta Caceres fut assassinée »

Colonialisme en Amérique du Sud: Le cas édifiant du Honduras…

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Un monde plus trop bucolique, champ de bataille pour les corporations

 

Anne Wolff

 

6 Décembre 2013

 

url de l’article original:

http://les-etats-d-anne.over-blog.com/article-un-monde-plus-trop-bucolique-champ-de-bataille-pour-les-corporations-121468837.html

 

« Mais, me disent certains, pourquoi le Honduras ? » Oui, pourquoi ce petit pays dont l’histoire depuis les débuts de la colonisation ne cesse de rebondir de tragédie en tragédie, toujours en pire. Pour des raisons personnelles, d’une part, qui ont à voir avec mon respect pour les résistants indigènes, garifuna et autres combattants honduriens pour un monde communal, pour un projet paysan, à échelle humaine, et qui portent ce projet avec une détermination, une intelligence, un courage et surtout une grande générosité que les épreuves, dont font partie la terreur, les tortures, les meurtres sélectifs ou non, confirmant cette belle assertion du mouvement zapatiste : « Il faut beaucoup d’amour pour faire une révolution », ne parviennent pas à briser.

« Ami, si tu tombes un ami sort de l´ombre à ta place. »

Les raisons personnelles ne sont qu’une petite partie de l’explication, le Honduras est au cœur de la lutte contre le pouvoir des corporations transnationales, le principal laboratoire actuel de la dictature transnationale sous couverture de démocratie, sous sa forme la plus avancée. C’est à la continuation de cela que s’oppose le Front national de Résistance Populaire et sa branche électorale LIBRE.

Actuellement nul gouvernement au monde ne propose un projet paysan. Hugo Chavez a certainement été celui qui avait poussé le plus loin un programme de souveraineté alimentaire fondé dans l’agriculture paysanne et l’aide au petit artisanat, dans un pays libre d’OGM et où les gardiens des semences facilitent la reproduction et la mise en circulation des semences locales, toutes formes de royalties étant interdites.

Nous devons donc évaluer les pays, les gouvernements, les régimes en termes d’espaces de liberté plus ou moins grands, pour les mouvements populaires, paysans et autres, leur ouvrant – où non – les possibilité de s’organiser d’une manière qui permettent de renforcer la participation des habitants aux décisions qui les concerne. A ce stade, nous parlerons de démocratie participative.

Pas cette fiction de participation organisée par l’Europe, par laquelle des paysans considérés comme ignares sont censé applaudir la « chance » qui leur est offerte de devenir des maillons de la chaîne de production d’Unilever, (  Les gouvernements européens dans les mains des corporations) tout en assurant à cette corporation une couche de verni écologique. Pas la participation européenne, qui choisi quelques représentants mi cooptés, mi auto-proclamés, des pauvres, leur fait visiter l’Europe en goûtant du confort des hôtel 5 étoiles de Malaga et autres haut lieu touristique, pendant que les habitants du pays s’en prennent plein la gueule d’austérité aggravée mais eux le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne les consulte pas (« Loi de sécurité espagnole » ou « le franquisme est de retour ».  Espagne :: Le maire de Marinaleda sous les verrous Dormir dans la rue à Madrid entraînera 750 euros d’amende), après nos « consultants » pauvres d’Europe  vont ratifier des mesures auxquels ils n’entravent que dalle, vu qu’ils ne sont déjà pas capables de donner une simple définition de la participation, et qui ne savent donc pas ce qu’ils font ! Si, si c’est authentique, pur label Europe des Corporations. Je donne les exemples que je connais, Chacun en connaît certainement d’autres de la même veine, des histoires de pouvoir confisqué avec quelques récupérés aux ordres qui donnent un verni de consultation à des mesures de privation de bien-être qui affectent tous les autres. Il faut en finir avec ce genre de lamentable comédie.

Or existe aujourd’hui un mouvement mondial, qui propose un projet de monde, différent, ce mouvement est né du mouvement paysan international mais l’ampleur de ses analyses et de ses propositions ont fait de ce projet de monde une proposition faite à chaque habitant de la Terre de devenir co-auteur de son destin, celle d’une manière raisonnable d’habiter la planète, en bons voisins. La mondialisation anti-globale de ce mouvement en fait aussi l’ambassadeur de relations de paix et de respect entre tous les peuples de la terre, entre tous les habitants !

Une fois sorti du cocon mental de la propagande que nous ont concocté les Corporations Mondiales, afin de pouvoir conquérir les biens et le pouvoir sans rencontrer trop de résistance, nous prenons conscience de ce pouvoir, non pas comme une fatalité qui ne souffre d’autre réponse que notre impuissance, notre soumission sans contestation, mais bien comme un projet issus de cerveaux humains (ou assimilés) qu’il est possible de combattre, mais seulement collectivement. En Europe, chaque jour les espaces de liberté se rétrécissent comme peau de chagrin, depuis l’accès les restriction de l’accès à la terre à celle de la propriété de son logement, jusqu’à la criminalisation accrue des dissidences, sans parler du sommeil des consciences, ou des effets délétères des matrices d’opinions véhiculée par la propagande organisées qui manipulant des inconscients collectifs à grande échelle, détourne colère et frustration vers les boucs-émissaires désignés à cet effet, ce qui rend chaque jour toute forme de résistance plus compliquée, plus risquée, mais aussi plus « gratifiante » quand on arrive à l’inventer, à la faire exister

Il y a beaucoup de choses à dire à ce sujet, mais une première chose serait de suivre les conseils d’anciens, qui en ont vu d’autres, comme ces survivants des dictatures d’Amérique Latine qui nous déconseillent de suivre les conseils de Mao en confondant les Corporations avec des Tigres de Papier.  Ce ne sont pas des Tigres de Papier, mais biens des « hommes mauvais » qui ont accumulé une somme de pouvoir et de moyens, et s’attribuent droits de vie et de mort sur les habitants de la Terre, à une échelle inouïe, inimaginable (sauf dans certains bouquins de SF que nous lisions alors, incrédules mais qui rétrospectivement nous parlent un langage bien plus concret et réaliste !), il y a seulement quelques décennies et à peine concevable aujourd’hui. Je l’ai déjà exprimé de cette manière : « Emotionnellement c’est irrecevable – un tel niveau de malfaisance- mais les enchaînements irréfutables mis en lumière par d’innombrables chercheurs nous le disent, être rationnel à présent revient à accepter l’inacceptable, un monde que le projet de quelques-uns plonge entièrement dans la misère, la guerre, la souffrance, la maladie, la soif, la faim, des phénomènes qui se constatent à l’œil nu dans la dégradation globale de nos paysages, dans l’état de misère visible de nos voisins. Non pas une malchance aléatoire en un lieu donné, mais bien l’arbitraire destruction conséquence d’un projet mis en œuvre par la volonté conjuguées des puissants et de ceux qui les servent, à échelle planétaire : un problème global.

Autrement dit : le renforcement des interactions longues distances mise en œuvre par le dit « Temps Réel » (je me retiens d’être vulgaire, comme l’est ce Temps inventé de toutes pièces) nous rend toujours plus interdépendants de n’importe quel phénomène se produisant en n’importe quel lieu de la planète. Une fabrique de vêtements esclavagiste qui s’écroule au bout du monde faisant des centaines de morts, c’est autant de vêtements à « bas prix » que nous ne trouverons pas au supermarché pour habiller nos ripailles de fin d’années. Parce que le problème aussi est là, à quoi bon s’indigner si nous continuons à cautionner par notre dépendance consumériste les modes de production mis en œuvre par les corporations et si nous continuons de nourrir leur puissance en consommant leurs produits ? Le monde des corporations est aussi celui d’une machine à fabriquer, pour besoins de ses guerres des terroristes dont la sadique cruauté,   fait aujourd’hui très peur à l’idée qu’ils pourraient revenir au pays, USA, France, Belgique appliquées les méthodes de meurtres expérimentée, par exemple, sur la population syrienne. Ne vous en faites pas pour eux, les maîtres des corporations qui vivent dans des citadelles défendues par des armées privées, ne sont pas eux menacés par ce retour de flamme. Nous, oui.

Les mouvements de remises en cause d’un tel modèle à dépendance consumériste – une addiction qui nous rend prisonniers de nos exploiteurs et complice de leur destruction de notre monde – foisonnent en Amérique Latine. Au Venezuela par exemple, au-delà du nécessaire nettoyage du mouvement chaviste bolivarien, de ceux qui ne l’ont infiltré que par intérêt, une critique active se fait entendre face aux actuelles réformes économiques du gouvernement, c’est une critique intérieure au mouvement qui pose la question « Le socialisme du 21ème siècle est-ce vraiment ce modèle calqué sur les modes de production-consommation capitaliste avec une autre redistribution, plus « égalitaire  ? N’avons-nous à proposer pas d’autres valeurs, d’autres richesses que les illusions du capitalisme ? » Cette question on la retrouve chez beaucoup de militants non opposants dans tous les pays progressistes de la région. Elle est formulée par le mouvement indigène-paysan dans son ensemble, et crée parfois des confrontations entre différentes composantes populaires, comme par exemple les contradictions qui se font jour en Colombie entre les propositions de réforme agraire de la Minga indigène-paysanne et celle que les FARC négocient – tant bien que mal – à la Havane avec le gouvernement.

Au Honduras, Xiomara Castro, était la candidate présidentielle soutenue par la Via Campesina, parce que la seule à prendre en compte les questions paysannes, et a pouvoir donner comme argument, la reprise dans la continuité d’une redistribution des Terres entamée sous le gouvernement de Manuel Zelaya et avortée par le coup d’état. Ce programme de redistribution régionale de terres se fonde dans la notion de « bien mal acquis », ceux qui ont été volés aux populations originaires, aux prix d’un génocide qui n’a cessé de se poursuivre et s’intensifie à nouveau, grâce à l’instrumentalisation des forces de répression dans certains pays, mais qui sont aussi l’œuvre des armées d’occupation US ou des armées privées et autres sicaires qui agissent directement pour le compte des transnationales ou de leur suppôt des oligarchies locales. Les processus d’accaparements se sont à présent étendus et touchent toute la petite paysannerie qui peut du jour au lendemain se voir expulser pour faire place à un mégaprojet, cité modèle, barrage, plantation de palmier à huile… qui comme l’immense majorité des projets du genre font de grandes promesses – pour plus tard – jamais tenues qui ont pour condition des sacrifices, au présent.

Comme le dit Stella Calloni, nous devons dans nos objectifs stratégiques considérer le « moment de l’histoire ». Le régime Obama, peu après son entrée en fonction, en Juin 2009, en effectuant au Honduras le coup d’état militaire préparé par ses prédécesseur, au même moment qu’il installait de nouvelles bases militaires, en autre en Colombie aux frontières avec le Venezuela et l’équateur, le premier régime Obama a clairement démontré dès sa mise en place sa continuité avec le régime précédent. Depuis la tentative de recolonisation de l’Amérique Latine ne cesse de s’intensifier dans une guerre globale assassine et polymorphe.

Si nous retraçons l’ensemble des fils qui se sont tissés pour permettre la confiscation des élections du 24 novembre 2013 au Honduras, depuis le retour symbolique – mais pas seulement – dans ce pays de l’ex-ambassadeur complice des Escadrons de la Mort, Negroponte en Juin 2008, si nous arrivons à identifier toutes les méthodes qui ont été utilisées pour que les élections du 24 novembre portent au pouvoir – apparent – l’oligarchie putschiste avec une fiction de légitimité, afin que ce soit « légalement et démocratiquement » qu’elle organise la cession du pays – déjà bien avancée – dont la propriété progressivement est transférée au pouvoir des transnationales, nous verrons l’ampleur des moyens dont les corporations disposent pour parvenir à leur fin – démocratiquement.

Mais cet appropriation du pays, la mise en place d’un régime de terreur et des conditions d’une forme d’apartheid, n’est pas le seul intérêt du Honduras, il est aussi un lieu stratégique pour la recolonisation militaire du continent, ainsi qu’il le fut au cours des années 80, en temps que base de la lutte anti-insurrectionnelle US. Un des « péchés » du gouvernement de Manuel Zelaya fut de vouloir mettre les yankees hors des bases militaires qu’ils possèdent dans le pays, et en particulier la plus grande d’Amérique Du Sud, Palmerola, encore qu’une rumeur circule  qui voudrait qu’en plus de nouvelles cessions de territoire en cours, le nouveau régime négocie l’installation d’une base encore plus grande sur ce qui n’est plus le Honduras, pays souverain, mais bien un territoire soumis à la dictature apatride des corporations.

Quand une banque s’est mise a racheter tout ce qu’elle pouvait de terres de la vallée ou je vivais et des vallées voisines, je me suis dit qu’il était normal qu’une aussi belle vallée suscite l’intérêt de ceux qui voulaient se faire du pognon avec le tourisme. Il m’aura fallu quelques années pour comprendre que ce n’était pas Ma vallée qui était visée mais qu’il s’agissait bien d’un accaparement global à échelle planétaire. C’est le grand défaut des mouvements de contestation européens, d’être repliés sur eux-mêmes, déconnectés les uns des autres, celui pour lequel nous aurions beaucoup à apprendre des mouvements latino qui de multiples manières et à travers diverses plateforme qui unissent des mouvements « du et par » les peuples, défendant les droits existants et en inventant de nouveaux pour protéger la diversité et la spécificité des différents groupe, lui permettre de s’épanouir.

Un exemple édifiant où la solidarité fait ses preuves : sans la présence des membres de la Via Campesina Internationale, à la Conférence sur l’agriculture paysanne de l’UE, personne sans doute n’aurait réalisé qu’un des invités agriculteur – mais pas paysan – d’honneur de l’UE était un terraniente argentin, accapareur de terre et éventuellement assassin des paysans qui refusent l’expulsion. Sans la présence des délégués de ce mouvement qui compte 200 millions d’adhérents et plus encore de sympathisants, jamais les paysans, les vrais n’aurait pu faire entendre la voix de ceux qui s’opposent à la récupération et la perversion de l’agriculture paysanne par Unilever, qui a proposé un projet que l’UE a fait sien.

Dans et hors cadre de l’année mondiale de l’agriculture paysanne, nous aurons au cours des temps à venir de multiples occasions de revenir sur ce thème, où je voulais en venir, en quoi le Honduras nous enseigne des choses importantes pour chacun d’entre nous, c’est que quand bien même un parti comme LIBRE n’est pas la panacée universelle, il est à un moment de l’histoire ce qui fait la différence pour des leaders et des activistes « communerxs » entre un monde dans lequel ce combat peut se mener, légalement, à la lumière du jour, avec l’écoute des mandataires, et le monde dans lequel l’état terroriste maintient le climat d’horreur qui réduit les habitant au stress permanent et par lequel des militants comme la meneuse de la COPINH Berta Caceres ont conscience que leur vie,  ne tient plus qu’à un fil, parce qu’elle est cible pour des sicaires qui agissent en toute impunité dans le pays où les meurtres de militants – paysans, ouvriers, journalistes, défenseurs des droits de l’hommes, avocats…- sont quotidiens et systématiquement impunis, faute la plupart du temps même d’une ébauche d’enquête.

Aussi imparfaits soient les gouvernements anti-impérialistes d’Amérique Latine, tous critiquables d’un point de vue communalistes, ils permettent néanmoins ces espaces où les mouvements des communes ont pu se constituer, s’expérimenter, se renforcer et créer les structures qui permettent de soutenir les compagnon(e)s victimes de sévères répression dans d’autres pays. Permettre le développement libre et encouragé de ce mouvement au Honduras, éviter d’en refaire le lieu d’où partent les armées d’invasion de la région, cela aussi était des enjeux des élections du 24 novembre, des enjeux qui concernent tous ceux qui partout luttent pour changer le paradigme de notre manière d’habiter la planète et se rassemblent autour de ce pôle multipolaire mondial, le mouvement paysan international, qui regroupe déjà quelques centaines de millions de personnes issues de tous les continents, unies par un désir de respect, de générosité, de paix mondiale, grâce à un habiter raisonnable qui ne fera plus des humains des concurrents, , cette complémentarité active que nous sommes déjà nombreux à pratiquer qui fait de l’autre – non pas ce rival dont il faut se défier – mais un ami potentiel avec qui partager ces richesses inépuisables, de nos qualités, de nos compétences, de la chaleur humaine et de la sympathie. Ce n’est pas une utopie, c’est le rêve éveillé que certains font exister à petite échelle au quotidien.

Le cauchemar étasunien on en veut pas… les Propriétaires de Planète non plus.

Anne Wolff