Archive pour imperialisme et colonialisme

Résistance politique: Déclaration du Congrès National Indigène

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Les peuples indigènes et la décision des peuples occidentaux de les soutenir, détermineront l’avenir de la planète.

~ Résistance 71 ~

 

Déclaration de la chaire Tata Juan Chávez Alonso

 

mercredi 21 août 2013, par CNI

 

url de l’article:

http://www.lavoiedujaguar.net/Declaration-de-la-chaire-Tata-Juan

 

Aux peuples et gouvernements du monde 
À la Sexta, nationale et internationale 
Aux femmes et hommes élèves de la petite école zapatiste

Ainsi que c’est le cas en ce temps et dans notre histoire avec la Terre Mère, nous les peuples nations et tribus indigènes suivants : Yaqui, Mayo, Náyeri, Wixárika, Rarámuri, Odam, Nahua, Purépecha, Ñañu ou Ñuhu, Mazahua, Popoluca, Tzotzil, Chol, Tzeltal, Tojolabal, Zoque, Totonaque, Coca, Mam, Binnizá, Chinantèque, Ikoot, Mazatèque, Chontal, Ñu Saavi, Chatino, Triqui, Afrométis, Mehpa, Nancue Ñomndaa, Ñhato et Maya péninsulaire des États de Sonora, Chihuahua, Veracruz, Durango, Nayarit, Jalisco, Michoacán, Querétaro, San Luis Potosí, Morelos, État de Mexico, Guerrero, District fédéral, Puebla, Tlaxcala, Oaxaca, Tabasco, Yucatán et Campêche ; ainsi que les peuples Ixil, Quiché, Quechua et Nasa des pays de Guatemala, Pérou et Colombie, avec qui nous avons cheminé ensemble, et attentionnés, comme les enfants, hommes et femmes, de la Terre Mère que nous sommes tous, nous nous sommes rencontrés et nous nous sommes reconnus les 17 et 18 août 2013 à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas), dans les locaux du Cideci-Unitierra, pour rappeler la parole vivante de notre grand frère Tata Juan Chávez Alonso et agir en conséquence ; il nous enseigne, il nous guide, et sa mémoire, au bout d’un an d’absence, se transforme en espérance et en force pour nous, les peuples qui nous sommes refondés et reconstitués parce que nous avons décidé de continuer à être les Indiens que nous sommes, de continuer à parler la langue que nous parlons, de continuer à défendre le territoire où nous vivons.

Nous nous reconnaissons dans la lutte pour le respect de notre mode de vie ancestral, lutte que nous avons entreprise ensemble et dans laquelle nous avons parlé, nous avons exigé, et nous avons été trahis de façon répétée par les mauvais gouvernements.

Nous avons appris sur ce chemin de lutte que les puissants n’ont aucun respect pour la parole donnée, ils la trahissent et la violentent encore et encore sur toute l’étendue de ce pays qui s’appelle le Mexique, depuis le reniement des accords de San Andrés Sakamchén de los Pobres, la contre-réforme indigène de 2001, et les innombrables trahisons envers nos peuples des différentes régions et luttes, dans un Mexique indien qui est vivant, debout, et avec un seul cœur qui devient grand, aussi grand qu’est la douleur dont nous souffrons et l’espérance avec laquelle nous luttons, car, malgré la guerre d’extermination qui est devenue plus violente que jamais, nous sommes toujours là.

Nous nous reconnaissons dans le chemin de notre histoire, dans nos ancêtres qui sont le présent, le futur, et le miroir de l’autonomie exercée dans les faits comme seule voie pour l’avenir de notre existence. Elle devient notre vie communautaire, nos assemblées, nos pratiques spirituelles et culturelles, notre autodéfense et notre sécurité, nos projets propres pour l’éducation et la communication, nos revendications culturelles et territoriales dans les villes pour les peuples déplacés ou envahis qui ont gardé une mémoire historique vivante.

Nous sommes les Indiens que nous sommes, bien décidés à nous reconstituer dans un autre monde possible.

Ce miroir profond, ancien et nouveau, ce sont les luttes que nous sommes et pour lesquelles nous nous déclarons avec un seul cœur et une seule parole.

1. Nous exigeons la libération immédiate des prisonniers politiques dans notre pays, en particulier celle de notre compañero indigène tzotzil Alberto Patishtán emprisonné injustement depuis treize ans pour purger une condamnation illégale de soixante ans. De même, nous exigeons la libération de nos six frères nahuas de la communauté de San Pedro Tlanixco, prisonniers injustement au pénitencier d’Almoloya pour avoir défendu l’eau de leur communauté. Il s’agit de nos frères Pedro Sánchez, condamné à cinquante-deux ans, Teófilo Pérez, à cinquante ans, Rómulo Arias, à cinquante-quatre ans, et des compañeros Marco Antonio Pérez, Lorenzo Sánchez et Dominga González, actuellement en cours de procès. Nous exigeons aussi l’annulation des mandats d’arrêt contre Rey Pérez Martínez et Santos Alejandro Álvarez, également de Tlanixco ; la libération des compañeros prisonniers de la communauté tzeltal de Bachajón (Chiapas) Miguel Demeza Jiménez et Antonio Estrada Estrada ; des compañeros loxichas Eleuterio Hernández García, Justino Hernández José, Zacarías Pascual García López, Abraham García Ramírez, prisonniers au Cefereso n° 6 de Huimanguillo (Tabasco) ; ainsi que de Pablo López Álvarez de San Isidro Aloapan (Oaxaca), emprisonné au pénitencier de Villa de Etla.

2. Nous dénonçons le fait que les mauvais gouvernements et les entreprises multinationales se sont servis de groupes paramilitaires pour imposer des mégaprojets d’extraction au moyen de l’exploitation illégale de minerais et de bois précieux, en particulier sur la côte nahua et le plateau purépecha du Michoacán, et la communauté nahua d’Ayotitlán dans la sierra de Manantlán (Jalisco).

3. Nous demandons justice pour la communauté nahua de Santa María Ostula, sur la côte du Michoacán, où les mauvais gouvernements, en collusion avec les cartels du narcotrafic, ont protégé la spoliation des terres ancestrales de la communauté, le pillage des ressources naturelles par des groupes de la délinquance organisée, et la sanglante répression contre l’organisation communale qui a débouché sur des assassinats et des disparitions.

4. Nous saluons la lutte historique de la communauté de Cherán (Michoacán) et le digne exercice du droit d’autodéfense qui a fleuri parmi le peuple purépecha pour la défense de sa propre vie, de ses familles, de sa culture et de son territoire, menacés par la complicité des mauvais gouvernements avec des groupes paramilitaires ; ses exigences sont la sécurité, la justice, et la reconstitution de son territoire.

5. De la même façon, nous saluons la défense digne par les communautés et quartiers indigènes des savoirs traditionnels et de la culture native du maïs.

6. Nous condamnons la répression contre le peuple ikoot de San Mateo del Mar et San Dionisio del Mar, ainsi que celle contre le peuple binnizá de Juchitán et du quartier Álvaro Obregón ; nous exigeons la libération immédiate d’Alejandro Regalado Jiménez et d’Arquímedes Jiménez Luis, de même que l’annulation immédiate des couloirs éoliens aux mains des entreprises espagnoles Endesa, Iberdrola, Gamesa et Unión Fenosa, qui dans la région de l’isthme de Tehuantepec envahissent et détruisent les terres communales et les sites sacrés des peuples ci-dessus mentionnés.

7. Nous exigeons l’arrêt de la répression contre la communauté de San Francisco Xochicuautla de l’État de Mexico, ainsi que l’annulation définitive du projet routier appelé autoroute privée Toluca-Naucalpan ; de même, nous soutenons la demande de mesures de suspension devant le Système interaméricain des droits humains par les habitants de cette communauté.

8. Nous exigeons du mauvais gouvernement fédéral qu’il applique le jugement d’annulation de la construction de l’aqueduc Independencia, qui prétend dépouiller la Tribu Yaqui de l’eau qu’elle a défendue dans l’histoire au travers du río Yaqui ; nous réaffirmons notre parole : nous agirons en conséquence face à toute tentative de répression contre le campement en résistance qui se maintient sur la route internationale à la hauteur de Vícam, premier chef-lieu de la Tribu Yaqui.

9. Nous exigeons l’arrêt de la répression et le retrait de la force publique de la communauté de Huexca (Morelos), à cause de la construction d’une usine thermoélectrique ; l’annulation du projet d’aqueduc et d’extraction d’eau du río Cuautla, car il affectera vingt-deux communautés de la commune d’Ayala ; de même que l’arrêt du harcèlement contre soixante communautés des États de Morelos, Puebla et Tlaxcala qu’on prétend dépouiller par l’installation d’un gazoduc. Tout ce qui précède fait partie du Projet intégral Morelos, qui vise à détruire la vie paysanne de ces territoires pour les transformer en industries et autoroutes. Nous exigeons le respect du gardien sacré, le volcan Popocatépetl, déjà sujet à déprédation par l’abattage clandestin immodéré de ses forêts.

10. Nous sommes solidaires de la lutte de la communauté coca de Mezcala (Jalisco) pour la récupération de son territoire, et nous exigeons l’annulation de tous les mandats d’arrêt contre des comuneros dont le délit a été de défendre leur terre.

11. Nous exigeons le respect du territoire communal et de l’assemblée générale des comuneros de Tepoztlán, et nous nous joignons à l’exigence d’annulation du projet d’autoroute La Pera-Cuautla ; de même nous rejetons la campagne de mensonges et de tromperies envers l’opinion publique de la part du gouvernement de Morelos pour justifier la spoliation.

12. Nous faisons savoir qu’il existe une attaque sans précédent contre les piliers sacrés du monde reconnus et soutenus par les peuples originaires, qui les défendent très justement au nom de la vie dans l’Univers. C’est le cas des territoires sacrés de Wirikuta et Hara Mara, dans les États de San Luis Potosí et Nayarit, menacés par des projets capitalistes miniers et touristiques avec la complicité des mauvais gouvernements des États et de la Fédération. De même, nous faisons nôtre l’exigence de l’annulation totale des concessions minières et touristiques sur lesdits territoires et sur la totalité des territoires indigènes. Nous condamnons la campagne de confrontation qu’ont menée la compagnie minière First Majestic Silver et le mauvais gouvernement municipal de Catorce (San Luis Potosí). Nous saluons le digne village paysan de Wirikuta qui a décidé d’élever la voix pour la défense de sa terre, son eau, sa santé et son environnement et en solidarité avec le peuple wixárika.

13. Dans le même sens, nous faisons savoir que nous ne resterons pas en marge face à la tentative de destruction du site sacré de Muxatena et quatorze autres sites sacrés du peuple náyeri par le projet de construction du barrage de Las Cruces sur le río San Pedro Mezquital, dans l’État de Nayarit.

14. Nous dénonçons les invasions commises par des entreprises agro-industrielles sur les territoires indigènes et paysans, qui altèrent délibérément le régime des pluies pour leur propre bénéfice et détruisent la vie paysanne, comme c’est le cas de la communauté nahua de Tuxpan (Jalisco) et du Haut Plateau de Potosí sur le territoire sacré de Wirikuta.

15. Nous exigeons l’annulation des concessions minières au cœur de la sierra de Santa Marta, en territoire popoluca, et nous dénonçons la tentative d’invasion des terres communales de San Juan Volador, commune de Pajapan, par l’entreprise éolienne Dragón, au sud de l’État de Veracruz.

16. Nous exigeons l’annulation du projet routier Tuxtepec-Huatulco, baptisé couloir touristique chinantèque, sur le territoire chinantèque, ainsi que l’annulation des réserves écologiques dans la région nord de l’État d’Oaxaca.

17. Nous exigeons l’annulation du projet d’aqueduc impulsé par le mauvais gouvernement du Guerrero qui prétend dépouiller les peuples Na Savi, Nancue Ñomndaa et Afrométis de l’eau du río San Pedro de la Costa Chica du Guerrero.

18. Nous refusons la tentative d’inondation des lieux sacrés du peuple guarijio d’Álamo (Sonora) avec la construction du barrage Pilares, de même que le détournement du río Sonora au préjudice de la nation komkaak, qu’on a privée d’eau depuis quatre mois au profit des grands propriétaires agricoles de la côte du Sonora.

19. Nous dénonçons la politique d’extermination de la part du gouvernement du District fédéral contre les communautés et villages de la sierra del Ajusco, au travers de la spoliation et de la dévastation des territoires des ejidos et des communes de San Miguel Xicalco et San Nicolás Totolapan ; nous soutenons et reconnaissons les sous-délégués communautaires en résistance de San Miguel et Santo Tomás Ajusco.

20. Nous saluons la lutte de la communauté autonome de San Lorenzo Aqueltán, dans l’État de Jalisco, et nous reconnaissons ses autorités autonomes ; nous restons attentifs et solidaires de leur lutte pour la reconnaissance de leur territoire ancestral.

21. Nous saluons et reconnaissons la rénovation des autorités de la communauté autonome wixárika de Bancos de San Hipólito (Durango) ; de même nous soutenons sa lutte pour la reconnaissance de son territoire ancestral qu’elle réclame depuis plus de quarante-cinq ans.

22. Nous rendons responsables les fonctionnaires publics de la délégation politique de Xochimilco des menaces envers le compañero Carlos Martínez Romero, du village de Santa Cruz Acalpixca en lutte pour la défense de l’eau et du territoire.

23. Nous nous joignons aux demandes de dizaines de communautés nahuas et totonaques de la Sierra Nord de Puebla qui exigent l’annulation des concessions à des entreprises minières et de la mise en œuvre de projets hydroélectriques, ainsi que l’annulation des concessions minières dans la Sierra Sud et la Côte d’Oaxaca à l’entreprise Altos Hornos de México.

24. Nous soutenons la lutte de la communauté de Conhuas à Calakmul (Campêche) pour la défense de son territoire et de son travail digne, et en même temps nous exigeons l’arrêt des agressions contre la communauté de la part du gouvernement de cet État.

25. Nous exigeons la reconnaissance des terres communales de San Pedro Tlaltizapán, près de la station thermale du Chignahuapan (État de Mexico), et l’arrêt des projets immobiliers sur les terrains communaux.

26. Nous exigeons le respect des terres récupérées par l’Union paysanne indigène autonome du Río Grande (Oaxaca), et nous saluons son campement en résistance.

27. Nous exigeons également le respect du fonctionnement de la radio communautaire Ñomndaa, voix du peuple amuzgo à Xochistlahuaca (Guerrero), ainsi que le respect de toutes les radios communautaires dans les différents territoires du pays.

28. Nous renouvelons l’exigence que l’État mexicain garantisse les conditions de sécurité de Raúl Gatica, du Conseil indigène et populaire d’Oaxaca Ricardo Flores Magón.

29. Nous exigeons le respect des économies communautaires qui fonctionnent de manière autonome et en marge du libre marché qu’impose le capitalisme, comme c’est le cas de l’usage du tumin sur le territoire totonaque de Papantla (Veracruz), et du conseil du troc dans les communautés de la commune de Tianguistenco, dans l’État de Mexico.

Nous reconnaissons, nous soutenons et nous encourageons les luttes pour l’autonomie et la libre détermination de tous les peuples indigènes qui formons le Congrès national indigène, de la péninsule du Yucatán à la péninsule de Basse-Californie.

C’est cela que nous sommes, c’est là notre parole et notre lutte indéfectible, nous sommes le Congrès national indigène et nôtre est le futur de nos peuples.

Le 18 août 2013, 
au Cideci-Unitierra, San Cristóbal de Las Casas (Chiapas).

Pour la reconstitution intégrale de nos peuples 
Jamais plus un Mexique sans nous

Congrès national indigène

NB : pour la transcription des noms des tribus, nations et peuples indigènes, toujours problématique et controversée, on a décidé de ne pas chercher à se montrer plus indien que le CNI et on a repris l’orthographe du texte original (NdT).

Traduit par El Viejo 
le 21 août 2013.

Source du texte original : 
Enlace Zapatista

Résistance politique: Les mouvements de résistance indigènes du Canada et des Etats-Unis se lient…

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… Rejoignons-les ! Brisons ces mêmes chaînes idéologiques colonialistes qui lient les peuples occidentaux et les peuples colonisés (ou néo-colonisés..). En ce qui concerne le continent des Amériques, il s’agit toujours d’une colonisation pure et simple, même si différente de celle qui eut lieu en Afrique et en Asie et qui s’est métamorphosée en ingérence néo-colonialiste. Pour l’un les colons sont toujours sur place, comme ceux qui oppriment la Palestine, pour les autres les colons sont « retournés chez eux », en laissant une dépendance économico-politique menant à un neo-colonialisme de facto.

Nous sommes tous des colonisés !…

— Résistance 71 —

 

Les autochtones sont menacés par le présent et non par le passé

 

Andrew Gavin Marshall

 

13 Août 2013

 

url de l’article:

http://andrewgavinmarshall.com/2013/08/13/aboriginals-threatened-by-present-not-past/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans un article récent publié dans le quotidien La Province, la pigiste Naomi Lakritz a écrit que les peuples indigènes devaient laisser tomber le “manteau de la victimisation” et prendre “leur responsabilité individuelle”.

L’idée essentielle, comme Lakritz élabora avec moi dans un échange de courriels, était que les peuples indigènes devaient “aller de l’avant” et arrêter de “se prélasser dans le passé”.

Comment les gens peuvent-ils “aller de l’avant” avec l’histoire, si l’histoire elle-même n’est pas allée de l’avant avec eux ? Les peuples aborigènes insistent sur leur histoire afin que nous puissions apprendre la notre. Nos histoires sont entremêlées et l’ont été depuis que les premiers colons sont arrivés d’Europe sur ce continent.

En 1920, Duncan Campbell, le vice-ministre canadien des affaires indiennes déclara: “ Je veux me débarrasser du problème indien.” Le programme “d’assimilation” (ou “génocide culturel”) fut largement mis en place par le biais des “pensionnats” pour indiens.

Cinquante ans plus tard, notre gouvernement a utilisé des enfants indiens comme rats de laboratoire, expérimentant sur eux au sujet d’idées nutritionnelles et médicamenteuses.

Les communautés indigènes du pays manquent d’accès à l’eau potable et ce de manière bien plus importante que le reste de la population canadienne. Elles ont bien plus de problèmes d’insécurité alimentaire, de chômage, de mauvais logement, de pauvreté, de mortalité enfantine, d’abus de substances diverses, d’addictions et de suicides et constituent de plus, un pourcentage bien plus important de la population carcérale et ce de manière complètement disproportionnée.

Plus tôt cette année, le gouvernement Harper a annoncé “une énorme augmentation dans les projets concernant les ressources naturelles canadiennes”, et ce dans la décennie à venir et pour un montant potentiel de 600 milliards de dollars.

La vaste majorité de ces projets se passeront “sur ou tout près” des terres autochtones (comme si la terre n’avait pas été au préalable complètement colonisée…)

Les lois tous azimuts d’Harper ont réduit la protection des lacs de 40 000 à 97 et des rivières de 2,5 millions à juste 63, traçant ainsi la route à l’exploitation entrepreneuriale de l’environnement et sa dégradation. Que ce soit à côté d’une mine de diamants de DeBeers (Afrique du Sud) à Attawapiskat ou près des sites de sables bitumeux d’Alberta, les communautés autochtones sont directement exposées à la dévastation de l’environnement et aux coûts sanitaires de nos “projets de développement”.

C’est dans ce contexte qu’à la fin 2012, les peuples indigènes du Canada ont lancé le mouvement Idle No More, prenant la responsabilité non seulement de leurs droits en tant que natifs, mais aussi de la protection de l’environnement, connectant avec les peuples autochtones des Etats-Unis afin de s’opposer aux projets de pipelines et autres si destructeurs de l’environnement et ce au moyen de manifestations pacifiques, de barrages routiers et de campagnes de responsabilité publique.

Le gouvernement canadien passe des lois tout azimut au bénéfice de larges entreprises qui exploitent les ressources naturellles, ce qui précipite la dégradation environnementale, poussant non seulement le Canada, mais aussi l’espèce humaine dans son entièreté, vers l’inévitable extinction à laquelle doit faire face tout organisme auto-destructeur.

Au lieu de dire aux peuples autochtones “d’arrêter de blâmer le passé” et de prendre “leurs responsabilités”, peut-être que le reste du Canada devrait arrêter d’ignorer la passé et de prendre en charge le présent de façon à nous assurer que nous ayons un futur et ce pas seulement en tant que nation, mais aussi simplement en tant qu’espèce biologique. Peut-être est-il temps pour le reste du Canada de devenir finalement Idle No More (“Plus jamais en sourdine”)…

— Andrew Gavin Marshall est un chercheur et écrivain à Montréal.

Résistance politique: Impérialisme et crime de l’occident… Le cas (silencieux) de l’invasion de l’Australie.

Posted in actualité, média et propagande, pédagogie libération, politique et social, presse et média, résistance politique with tags , , , , on 4 juillet 2011 by Résistance 71

« Les pères fondateurs de la nation américaine n’étaient qu’une clique d’esclavagistes qui voulaient être libres… »

— George Carlin —

 

Nous avons traduit ici un (excellent) article de John Pilger concernant le secret honteux et silencieux qui ronge l’Australie: sa politique d’apartheid vis à vis des populations aborigènes. Alors d’aucuns bien sûr diront: c’est leurs affaires, c’est loin, cela ne nous concerne pas. Probablement les mêmes qui clament d’une part que les affaires intérieures irakiennes, afghanes, libyennes, syriennes et yéménites, sont les nôtres et d’autre part les bienfaits du colonialisme… Ceci est une autre histoire…

L’article de Pilger va bien au-delà à notre sens, de la particularité liée à l’Australie dans ce cas précis, mais peut être étendu à l’histoire de l’Occident depuis la première croisade de 1096. Grâce à une avance technologique certes supérieure et s’aggravant au fil du temps, nous avons sillonné les mers et territoires de la planète et n’avons apporté là où nous avons posé le pied que misère, destruction, pillage, génocide, esclavagisme, évangélisation forcée, vol, expropriation, oppression, répression, extorsion, guerres, discorde, abus, traitrise, injustice, double standard, tortures, exécutions sommaires, exécutions institutionnalisées, parasitisme, capitalisme, colonialisme… et le hamburger au fromage, autre ignominie occidentale s’il en est.

L’article de Pilger ne reflète pas uniquement la culpabilité australienne, il nous permet de demander au miroir de l’Histoire qui est le plus beau ?… Il n’y a que dans les contes de fée que le miroir répond… ce que nous voulons entendre.

La réalité est toute autre…

— Résistance 71 —

 

 

L’invasion de l’Australie enfin admise officiellement

 

Par John Pilger

Le 1er Juillet 2011

Url de l’article original:

http://www.johnpilger.com/articles/the-invasion-of-australia-official-at-last

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

La ville de Sydney a voté pour remplacer les mots “arrivée européenne” dans les archives officielles pour les remplacer par le mot “invasion”. L’adjoint au maire, Marcelle Hoff, dit que cela est intellectuellement malhonnête d’utiliser un autre mot pour décrire comment l’Australie native fut dépouillée par les Britanniques. “Nous avons été envahis”, a dit Paul Morris, conseiller aborigène auprès de la mairie. “C’est la vérité et elle ne doit pas être diminuée. Nous ne nous attendons pas à ce que les juifs acceptent une version altérée et minimisée de l’Holocauste, pourquoi le devrions-nous ?”

En 2008, le premier ministre d’alors Kevin Rudd s’excusa de manière formelle auprès des Aborigènes séparés de force de leurs familles alors qu’ils étaient enfants, sous une politique inspirée des théories eugénistes crypto-fascistes. L’Australie blanche était supposée être venue a bout de son passé et de son présent prédateurs. Vraiment ? Le gouvernement Rudd, nota un éditorial du Sydney Morning Herald, “a agit promptement pour éliminer un morceau de grave échec politique d’une façon qui répond aux besoins émotionnels d’une partie de ses supporteurs, mais cela ne change rien. Ce n’est qu’une manœuvre habile.”

La décision de la ville de Sydney est bien différente et admirable, car elle n’est pas une “campagne d’excuses” libérale et limitée, cherchant une réconciliation arrondissant les angles plus qu’une justice, mais elle contrecarre un mouvement historique lâche de révision dans lequel un groupe de politiciens d’extrême-droite, de journalistes et d’intellectuels mineurs ont proclamé qu’il n’y a pas eu d’invasion, ni de génocide, ni de racisme, ni de génération perdue.

La plateforme de soutien pour ces négationnistes est la presse de Murdoch, qui a menée depuis longtemps une campagne insidieuse contre la population indigène, les présentant comme des victimes d’eux-mêmes ou comme de nobles sauvages demandant à être fermement dirigés: la vision eugéniste des choses. Les leaders noirs qui ont les faveurs sont ceux qui disent à l’élite blanche ce qu’elle veut entendre tout en blamant leur propre peuple pour leur pauvreté et donne une couverture de relation publique pour un racisme qui a souvent choqué les visiteurs étrangers. Aujourd’hui, les natifs australiens ont une des espérances de vie les plus courtes au monde (NdT: avec les natifs nord américains (Sioux et autres tribus des réserves) comme nous l’avons déjà relaté sur ce blog; est-ce une coïncidence ?…) et sont incarcérés à un ratio cinq fois supérieur de celui des noirs lors de l’apartheid en Afrique du Sud. Allez faire un tour dans l’arrière pays australien et voir les enfants aveuglés par la trachoma, maladie biblique, qui peut-être prévenue à 100%, qui a été éradiquée des pays du tiers monde, mais pas de l’Australie riche. La population aborigène est à la fois le secret de l’Australie, et en même temps la marque la plus distinguée de cette société: la plus ancienne société au monde.

Dans son rejet remarquable de la propagande historique, Sydney, la plus vieille et plus grande ville du pays, reconnait “l’endurance culturelle” de l’Australie noire et, sans la nommer directement, une résistance grandissante à un scandale connu sous le nom de “l’intervention”. En 2007, John Howard envoya l’armée dans l’Australie aborigène pour “protéger les enfants”, qui disait alors le ministre des affaires aborigènes, étaient abusés en “nombre incroyable”. Il est effarant de voir comment l’élite incestueuse politique et des médias se rabat souvent sur la petite communauté noire avec toute la ferveur des coupables, inconscients sans doute que la psyché et la mythologie nationales restent endommagées à juste titre pendant qu’une nation, une fois volée, n’est pas retournée à ses habitants originels.

Les journalistes ont accepté la raison du gouvernment d’Howard pour intervenir et s’empressèrent de chasser les détails croquants, Un programme de télévision nationale utilisa “un travailleur social anonyme” pour supputer de l’existence de réseaux “d’esclavage sexuel” parmi le peuple Mutitjulu. Il fut plus tard identifié comme un membre officiel du gouvernement fédéral et ses dires/preuves furent discrédités. Sur les 7433 enfants aborigènes auscultés par les docteurs, quatre furent indentifiés comme des cas d’abus possibles. Il n’y avait pas de “nombre incalculable”. Le ratio était le même que celui des enfants blancs abusés. La seule différence fut qu’aucuns soldats n’envahirent les plages de la banlieue, aucuns parents blancs ne furent discriminés, leurs salaires diminués et leurs droits sociaux “mis en quarantaine”. Tout ceci n’était qu’une farce, mais avec un but très sérieux.

Les gouvernements travaillistes (NdT: comme au Royaume-Uni, le parti travailliste australien est l’équivalent du PS français) qui ont succédés à celui d’Howard ont renforcé les nouvelles puissances de contrôle sur les terres indigènes; spécifiquement la stricte Julia Gillard, une femme premier ministre qui donne des leçons à ses compatriotes sur les vertus des guerres coloniales qui “ont fait ce que nous sommes aujourd’hui” et met en prison indéfiniment des réfugiés de ces même guerres, y compris des enfants, sur une île au large supposée ne pas être l’Australie mais qui l’est pourtant bel et bien (NdT: Pilger fait ici référence à Chritsmas Island au large de l’Australie de l’Ouest qui abrite un centre de détention pour réfugiés politiques illégaux. Il y a un projet d’extradition de ces réfugiés politiques vers une prison malaise, qui suscite une grosse controverse en Australie car cela s’applique à des enfants).

Dans les Territoires du Nord, le gouvernement Gillard parque les communautés aborigènes dans des zones d’apartheid où ils seront “économiquement viables”. La raison non déclarée de tout ceci est que les Territoires du Nord sont la seule partie de l’Australie où les Aborigènes ont des droits territoriaux tangibles et que là réside une des plus grosses réserve d’uranium au monde ainsi que d’autres minéraux. La force politique la plus importante en Australie est celle represésentée par l’industrie des mines, une industrie multi-milliardaires. Canberra veut exploiter et vendre et ces maudits noirs sont encore en travers du chemin. Mais cette fois-ci, ils sont conscients, organisés, militants et forment une résistance de conscience et de culture.

Ils savent que cela représente une seconde invasion. Ayant finalement articulé le mot interdit, l’Australie blanche devrait se tenir debout avec eux.