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Résistance politique et illusion démocratique: L’État comme construction de l’oppression organisée

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 10 janvier 2019 by Résistance 71

Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !… Union dans notre complémentarité, halte à l’antagonisme fabriqué et à la division qui a mené au pouvoir coercitif ; halte à l’illusion démocratique.
A bas l’État, à bas la société marchande, à bas l’argent, à bas le salariat, pour que vive la Société des Sociétés…

~ Résistance 71 ~

 


Gilets Jaune, sortons de l‘illusion démocratique

 

L’État est une construction théorique

 

Le Monde Libertaire

 

0ctobre 2018

 

url de l’article:

https://www.monde-libertaire.fr/?article=LEtat_est_une_construction_theorique

Concrètement, l’État n’a aucune légitimité, ce n’est qu’une construction théorique pour les besoins politiques des différents régimes politiques qui ont détenu le pouvoir. En France, l’État est le résultat d’un assemblage de comtés qui, à l’origine, n’avaient aucun lien entre eux. Pour fabriquer la « France », il a fallu unifier le pays et lui donner des frontières. Cela s’est réalisé dans la douleur et à coup de guerres ou de trahisons de la part des potentats locaux. Une fois le but atteint, et pour préserver cette unité artificielle, les politicards aidés par les cléricafards, ont imposé leur autorité. Pour fonctionner, ils ont créé une administration, des services, des organismes divers et variés (police, justice, armée et Église…) qu’ils ont nommé État.

Cette escroquerie s’appelle la délégation perpétuelle

L’existence de ce pouvoir « politique » et de celui de l’Église joueront au fil des siècles un rôle important au nom de l’ordre social, militaire et religieux. Il s’agissait de créer de toute pièce un pays, un État et de lui donner des frontières, par l’unification des comtés (souvent forcée) et l’établissement d’une langue commune au détriment des langues comme le breton, le basque, le catalan, le corse, l’alsacien… L’État deviendra alors le siège de la puissance souveraine, ainsi, il usurpera la souveraineté du peuple. Les tenants du pouvoir, lui donneront un os à ronger en lui faisant croire que la démocratie c’est le vote, qui lui permet de choisir, de décider et d’être représenté ! Dans la réalité ce n’est qu’une vaste supercherie qui également au fil des siècles s’est ancrée dans les têtes. Cette escroquerie s’appelle la délégation ! D’autant qu’il n’est dit nulle part que par son vote le peuple délègue…

Au XVIIIe siècle, la constitution d’un État/Nation, d’un pays enchaîne le peuple et le prive de sa souveraineté et fait que c’est l’État qui détient la souveraineté. L’État et la Nation apparaissent dès lors comme deux réalités étroitement liées, au point qu’à partir du XIXe siècle la notion État/Nation s’impose pour justifier l’unité d’un pays et sa puissance… L’État se caractérise alors, par la superposition d’une entité politique souveraine, d’une administration qui lui sera toujours dévouée, quelle que soit sa couleur politique avec un ensemble culturel unifié du point de vue linguistique et religieux.

L’État un outil créé de toute pièce

Autrement dit, l’État n’est surtout pas le gouvernement, ni même la présidence de la République, pas plus qu’une nation. C’est un outil créé de toute pièce pour asseoir le pouvoir des représentants des partis politiques afin d’usurper aux peuples toutes possibilités de gérer eux-mêmes leur destin (économique, social et professionnel) et de s’approprier illégalement le droit de pondre des lois pour maintenir les peuples sous leur domination et de les punir s’ils enfreignent « leurs » lois ou s’ils remettent en cause « leur » pouvoir. Avec le développement du capitalisme industriel, commercial et financier, les représentants des partis politiques qui se succèdent au pouvoir ne sont là que pour gérer et protéger les affaires des capitalistes.

Un autre outil a été mis en place pour justifier ce hold-up, c’est le système électoral et, ce, au nom de la démocratie. Or, le système électoral qu’il soit censitaire, représentatif, majoritaire, uninominal à un tour ou deux tours, proportionnel, de liste à un ou deux tours… est une vaste escroquerie intellectuelle destinée à donner l’illusion que l’électeur décide et choisit… Or, une fois que cet acte inconscient est effectué, l’électeur se trouve pieds et poings liés. Il n’a plus aucune possibilité de réagir ni d’agir puisqu’il a donné quitus, souvent à un inconnu pour, qu’il croit, défendre ses intérêts. Rapidement, il se rend compte que ce ne sont pas ses intérêts que son représentant défend, mais bien les siens, ceux de son parti et du grand capital dont cet individu est le serviteur.

L’État est intimement lié et a évolué en fonction des besoins du système capitaliste et de son développement. Il va permettre et renforcer les rapports d’exploitation par le vote de lois scélérates et répressives, afin de maintenir les travailleurs sous la férule du patronat et sous la domination du pouvoir politique. L’État est donc avant tout un appareil de violence et d’oppression au service de la classe dominante et non comme les politicards voudraient nous faire avaler, au service du peuple.

Les faquins ont associé État/Nation, en sous-entendant que la Nation c’est le peuple. Il s’agit pour les politicards de taire l’existence des classes sociales. Il faut à tout prix masquer les conflits d’intérêts qui opposent les classes sociales, selon leur position dans le processus de production et nier la nécessaire lutte des classes. Ces luttes des classes sont un danger pour les dominants, elles peuvent à tout moment mettre en danger le système. Il faut donc que les tenants du pouvoir donnent l’illusion que nous sommes tous égaux en droits, alors que les inégalités existent de fait entre les prolétaires, les capitalistes et les bourgeois. Elles sont inhérentes au système qui les génère et les creuse.

Comme l’écrit si justement Victor Considerant, en 1851, dans Le Gouvernement direct du peuple :

« Ce que veulent les homme de la délégation, c’est-à-dire ces hommes qui, vaincus par la puissance de l’idée politique moderne, reconnaissant l’impossibilité de ressusciter le droit divin, de nier le dogme de la souveraineté du Peuple, s’y attachent et l’embrassent, mais à la manière des serpents, pour l’étouffer ; ce que veulent ces vaincus, c’est bien la Souveraineté du Peuple effectivement, seulement c’est la Souveraineté du Peuple mort sur le Peuple vivant. Écoutons-les : La nation, (vous remarquerez qu’ils disent la Souveraineté nationale et non la Souveraineté du peuple) ; d’abord ils n’aiment pas le mot Peuple ; et puis, le Peuple, c’est quelque chose de trop actuel, de trop vivant pour que le mot se prête avec quelque chance de succès à la jonglerie de leur argumentation), la nation, disent-ils donc, fait acte de souveraineté en se donnant un roi, en déléguant son pouvoir sur elle-même à un homme, à une famille, ou à des corps constitués. Cette famille ou ces corps deviennent les pouvoirs légaux. Si nous avons ainsi un roi, c’est un roi par délégation, un roi du vœu et consentement de la nation. Le principe de la souveraineté nationale est sauf et nous nous tenons notre monarchie. C’est toujours la même mystification que confond toujours la même réponse : « Ou la Souveraineté du Peuple subsiste, et votre prétendu roi n’est qu’un chef amovible du pouvoir national, un chef à chaque instant révocable par la volonté nationale ; ou bien la Souveraineté du Peuple ne subsiste plus , et alors n’en parlez pas.…

S’il était nécessaire d’éclairer la lumière pour qu’elle fût visible, j’ajouterais, à l’adresse de ces gens-là, ceci : je leur dirais : « Vous avez compris et revendiqué pour vous-mêmes la liberté civile. Il en est résulté que vous avez déclaré et dû, de toute nécessité, déclarer nul le contrat par lequel un homme se ferait, librement, volontairement, l’esclave d’un autre homme. Vous ne reconnaissez point l’aliénation, pour un motif quelconque, de la liberté, de la personnalité d’un homme. Cette imprescriptibilité de la personnalité, de l’autonomie humaine, elle est à la base de votre droit civil. Et vous voudriez faire, de l’aliénation de la liberté et de la personnalité d’un Peuple, de l’hétéronomie d’une nation, la base de son droit politique ? Bonnes gens, réveillez-vous, vous rêvez creux. » Non, les vivants ne sauraient aliéner leur liberté, fût-elle faite en bonne forme, elle est nulle de plein droit. »

Cette analyse de Victor Considerant a aujourd’hui 167 ans. Elle garde toute sa fraîcheur, sa pertinence. Il serait bien que les citoyens et les citoyennes les plus conscients(es) se l’approprient et que collectivement, ils mettent tout en œuvre pour mettre à bas ce système castrateur. En jetant les bases d’une société égalitaire et autogestionnaire, en remplaçant l’État et le gouvernement par le fédéralisme autogestionnaire et le système électoral par le mandatement (le mandat impératif). Sous le contrôle des diverses composantes de la société qui, en libre association, prendront possession de la gestion économique et sociale des entreprises et des communes et ce, sans intermédiaire, sans dirigeant, sans institution décisionnaire. Pour que personne ne décide à notre place.

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

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Résistance politique: La supercherie de la « démocratie » américaine…

Posted in actualité, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 5 avril 2016 by Résistance 71

Petite et bonne analyse utile du système électoral bison yankee par Thierry Meyssan, qui nous montre de l’intérieur l’illusion totale de la « démocratie » américaine. Les « pères fondateurs » de cette pseudo-nation (entreprise commerciale de la « couronne » c’est à dire de la City de Londres et de sa Banque d’Angleterre..) ne furent qu’une poignée de riches chrétiens blancs, propriétaires d’esclaves, n’œuvrant en aucun cas pour le bien commun mais pour museler toute rébellion possible de la plèbe qu’ils détestaient. Rien de démocratique là-dedans mais au contraire tout d’aristocratique, puis d’oligarchique. Le système politique yankee n’existe que pour maintenir le consensus du statu quo oligarchique, ce que nous disons ici depuis des années. Il en va de même de toutes les institutions politiques en charge du monde occidental. TOUTES, sans aucune exception. Qu’on arrête de nous bassiner avec la « démocratie » que nous exportons au monde sous les tapis de bombes fournis par les cartels des industries de la guerre et de l’énergie.

Tout ceci n’est qu’une vaste fumisterie ! Une illusion démocratique savamment entretenue.

Voter c’est acquiescer ! Voter c’est se choisir un maître ! Voter c’est abdiquer sa souveraineté ! Boycott de la fange étatique et œuvrons pour la confédération des associations libres !

— Résistance 71 —

 

Qui sera le prochain président des Etats-Unis

 

Thierry Meyssan

 

4 Avril 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article191070.html

 

Thierry Meyssan analyse ici le système politique et électoral des États-Unis. Selon lui, le seul enjeu véritable de l’élection présidentielle est le maintien au pouvoir des WASP, jamais contesté depuis la Déclaration d’indépendance. Alors que Ted Cruz et Hillary Clinton en seraient les garants, la candidature de Donald Trump annonce un chamboulement profond du système qui devrait n’intervenir qu’une fois les Anglo-Saxons devenus minoritaires dans la population.

Les primaires états-uniennes offrent un spectacle désolant au cours duquel les principaux candidats semblent ne pas avoir conscience que leurs jugements à l’emporte-pièces et leurs déclarations démagogiques auront des conséquences, intérieures et extérieures, s’ils sont élus président.

Malgré les apparences, la fonction présidentielle ne dispose que de pouvoirs limités. Ainsi, il était évident pour tous que le président George W. Bush n’avait pas la capacité de gouverner et que d’autres le faisaient pour lui. De même aujourd’hui, il est évident que le président Barack Obama ne parvient pas à se faire obéir par l’ensemble de son administration. Par exemple on voit, sur le terrain en Ukraine et en Syrie, les hommes du Pentagone livrer une guerre féroce à ceux de la CIA. En réalité, le principal pouvoir de la Maison-Blanche n’est pas de commander les armées, mais bien de nommer ou de confirmer 14 000 hauts fonctionnaires —dont 6 000 lors de l’entrée en fonction du président—. Au-delà des apparences, la présidence est donc le garant du maintien au pouvoir de la classe dirigeante ; raison pour laquelle c’est cette dernière et non pas le Peuple qui fait l’élection.

Rappelons que, selon la Constitution (article 2, section 1), le président des États-Unis n’est pas élu au suffrage universel au second degré comme le prétendent des médias ignorants, mais uniquement par les 538 représentants des gouverneurs. La Constitution ne fait pas obligation aux gouverneurs de désigner des électeurs correspondant au souhait exprimé par leurs administrés lors du scrutin consultatif qui précède. Ainsi en 2000, la Cour suprême des États-Unis a refusé d’invalider les électeurs désignés par le gouverneur de Floride alors même qu’il existait un doute sur le souhait exprimé par les électeurs de cet État.

Rappelons également que les « primaires » ne sont pas organisées par les partis politiques comme en Europe, mais par les États —sous la responsabilité des gouverneurs—, chacun selon son propre système. Les primaires sont conçues pour que, in fine, les grands partis présentent chacun un candidat à la fonction présidentielle qui soit compatible avec les intérêts des gouverneurs. Elles sont donc organisées sur le modèle du « centralisme démocratique » soviétique afin d’éliminer tout individu ayant une pensée originale ou simplement susceptible de remettre en question le système, au profit d’une personnalité « consensuelle ». Dans le cas où les citoyens participants ne parviendraient pas à désigner un candidat, ou surtout s’ils parvenaient à en désigner un mais que celui-ci soit incompatible avec le système, la Convention du parti qui suivra tranchera, au besoin en renversant le vote des citoyens.

Les primaires US ne sont donc pas un « moment démocratique », mais bien au contraire un processus qui, d’un côté permet aux citoyens de s’exprimer, et d’un autre leur enjoint de renoncer à leurs intérêts et à leurs idées pour se ranger derrière une candidature conforme au système.

En 2002, Robert A. Dahle, professeur de Droit constitutionnel à l’université de Yale, publiait une étude sur la manière dont la Constitution avait été écrite, en 1787, afin de s’assurer que jamais les États-Unis ne seraient une véritable démocratie [1]. Plus récemment, en 2014, deux professeurs de Sciences politiques, Martin Gilens à Princeton et Benjamin I. Page à Northwestern, ont montré que le système a évolué de sorte qu’aujourd’hui toutes les lois sont votées à la demande et sous le contrôle d’une élite économique sans que jamais on ne tienne en compte les opinions de la population [2].

La présidence de Barack Obama a été marquée par la crise financière, puis économique, en 2008, dont la principale conséquence est la fin du contrat social. Jusqu’ici, ce qui unissait les États-uniens, c’était le « rêve américain », l’idée que chacun pouvait s’extraire de la misère et devenir riche par le fruit de son travail. On pouvait admettre toutes sortes d’injustices pourvu que l’on ait l’espoir de « s’en sortir ». Désormais, à l’exception des « super-riches » qui n’en finissent pas de s’enrichir, le mieux que l’on puisse espérer, c’est de ne pas déchoir.

La fin du « rêve américain » a d’abord suscité la création de mouvements de colère, à droite le Tea Party en 2009 et à gauche Occupy Wall Street en 2011. L’idée générale, c’était que le système inégalitaire n’était plus acceptable, non pas parce qu’il s’était creusé, mais car il était devenu fixe et permanent. Les supporters du Tea Party affirmaient que pour que cela aille mieux, il faudrait diminuer les impôts et se débrouiller seuls plutôt que d’attendre une protection sociale ; tandis que ceux d’Occupy Wall Street pensaient qu’il faudrait au contraire imposer les super-riches et redistribuer ce qu’on leur aurait pris. Cependant, cette étape a été dépassée en 2015 avec Donald Trump, un milliardaire qui ne conteste pas le système, mais prétend avoir bénéficié du « rêve américain » et pouvoir le relancer. C’est ainsi en tous cas que les citoyens ont compris son slogan « America great again ! » (L’Amérique grande à nouveau !). Ses supporters n’entendent pas se serrer un peu plus la ceinture pour financer le complexe militaro-industriel et relancer l’impérialisme, mais espèrent qu’il pourra leur permettre, à leur tour, de s’enrichir comme l’ont fait plusieurs générations d’États-uniens avant eux.

Alors que le Tea Party et Occupy Wall Street ont légitimé respectivement les candidatures de Ted Cruz chez les Républicains et de Bernie Sanders chez les Démocrates, la candidature de Donald Trump met en péril les positions acquises de ceux qui se sont protégés lors de la crise financière de 2008 en bloquant le système. Il apparaît donc non pas opposé aux super-riches, mais aux hauts-fonctionnaires et aux professionnels de la politique, à tous les « nantis planqués », qui ont de gros revenus sans jamais prendre de risques personnels. Si l’on doit comparer Trump à des personnalités européennes, ce n’est ni à Jean-Marie Le Pen, ni à Jörg Haider, mais à Bernard Tapie et à Silvio Berlusconi.

Comment les gouverneurs vont-ils réagir ? 
Qui vont-ils faire élire président ?

Jusqu’ici l’« aristocratie » US —selon l’expression d’Alexander Hamilton— était composée exclusivement de WASP, c’est-à-dire des White Anglo-Saxons Protestants (Blanc anglo-saxons et protestants) [Au départ le « P » signifiait « puritains », mais avec le temps, le concept s’est élargi à tous les « protestants ».]. Cependant, une première exception eu lieu, en 1961, avec le catholique irlandais John Kennedy, qui permit de résoudre pacifiquement le problème de la ségrégation raciale. Et une seconde, en 2008, avec le noir kenyan Barack Obama, qui permit de donner l’illusion de l’intégration raciale. Quoi qu’il en soit, dans aucun de ces deux cas, l’élu n’a utilisé son pouvoir pour renouveler la caste dirigeante. Aucun non plus, malgré la promesse de désarmement général pour le premier et de désarmement nucléaire pour le second, n’a pu entreprendre quoi que ce soit contre le complexe militaro-industriel. Il est vrai que dans les deux cas, on leur avait imposé un de ses représentants comme vice-président, Lyndon B. Johnson et Joe Biden ; une mesure de remplacement qui fut activée dans le cas de Kennedy.

Donald Trump, quant à lui, incarne par son franc-parler un populisme à l’opposé des manières conventionnelles du « politiquement correct » cher aux WASP. À l’évidence, le rapprochement bancal entre le président de la National Governors Association (Association nationale des gouverneurs), le gouverneur de l’Utah Gary Herbert, et Donald Trump montre qu’un accord entre celui-ci et la caste dirigeante sera très difficile à trouver.

Restent deux autres options : Hillary Clinton et Ted Cruz. Ce dernier est un hispanique devenu intellectuellement WASP après sa « conversion » au protestantisme évangélique. Sa désignation permettrait de réaliser une opération comparable à celle de l’élection d’Obama, cette fois en manifestant une volonté d’intégrer les « Latinos » après avoir caressé les « noirs ». Malheureusement, bien qu’il ait été lancé par une société travaillant à la fois pour la CIA et le Pentagone, c’est un personnage totalement artificiel qui aurait du mal à endosser le costume. Reste l’avocate féministe Hillary Clinton, dont l’élection permettrait de manifester une volonté d’intégration des femmes. Or, son comportement irrationnel et ses crises de fureur hystérique ne peuvent qu’inquiéter. Toutefois, elle se trouve sous le coup d’une grave enquête judiciaire qui permet d’exercer sur elle un chantage et donc de la contrôler.

À aucun moment dans cette analyse je n’ai évoqué les programmes des candidats. C’est qu’en réalité, dans la philosophie politique locale, cela ne compte pas. Depuis le « Commonwealth » d’Oliver Cromwell, la pensée politique anglo-saxonne considère la notion d’intérêt général comme une imposture visant à masquer des intentions dictatoriales. Les candidats n’ont donc pas de programme pour leur pays, mais des « positions » sur des sujets donnés, qui leur permettent d’obtenir des « soutiens ». Les élus —le président, les parlementaires, les gouverneurs, les procureurs, les shérifs, etc.— ne prétendent pas servir le Bien commun, mais satisfaire la plus grande majorité possible de leurs électeurs. Lors d’un meeting électoral, un candidat ne présentera jamais sa « vision du monde », mais il livrera la liste des soutiens dont il dispose déjà pour inviter d’autres « communautés » à lui faire confiance pour les défendre. C’est la raison pour laquelle, la trahison politique aux États-Unis n’est pas de changer de parti, mais d’agir contre les intérêts supposés de sa communauté.

L’originalité de cette conception, c’est que les politiciens ne sont pas tenus d’avoir une cohérence dans leur discours, mais uniquement entre les intérêts qu’ils défendent. Par exemple, on peut affirmer que les fœtus sont des êtres humains et condamner l’avortement au nom de la protection de la vie humaine, puis dans la phrase suivante, prôner l’exemplarité de la peine de mort.

Il n’y aurait pas grande différence entre la politique que pourrait suivre l’évangéliste Ted Cruz, la féministe Hillary Clinton ou le marxiste Bernie Sanders. Tous trois devraient marcher dans les pas déjà tracés par George W. Bush et Barack Obama. Ted Cruz évoque la Bible —en fait les valeurs juives de l’Ancien Testament— et parle à un électorat religieux du retour aux valeurs fondamentales des « pères fondateurs ». Le déblocage du système serait donc affaire de morale personnelle, l’argent étant censé être « un don de Dieu à ceux qui le craignent ». De son côté, Hillary Clinton mène une campagne en direction des femmes et considère comme acquis le vote de ceux qui se sont enrichis sous la présidence de son mari. Pour eux, le déblocage du système serait donc une affaire de famille. Tandis que Bernie Sanders dénonce la captation des richesses par 1 % de la population et appelle à leur redistribution. Ses soutiens rêvent d’une révolution dont ils bénéficieraient sans avoir à la faire.

Seule l’élection de Donald Trump pourrait marquer un changement dans le système. Contrairement à ses déclarations, il est le seul candidat rationnel, car ce n’est pas un homme politique, mais un homme d’affaire, un dealmaker. Il ignore tout des sujets qu’il devrait aborder et n’a aucun a priori. Il se contenterait de prendre des décisions au fur et à mesure des alliances qu’il nouerait. Pour le meilleur ou pour le pire.

Étrangement, les États où Bernie Sanders a gagné sont à peu près les mêmes que ceux de Ted Cruz, tandis que ceux de Donald Trump comprennent presque tous ceux d’Hilllary Clinton. C’est que, inconsciemment, les citoyens appréhendent leur avenir soit à travers la morale qui permet la rédemption puis l’enrichissement (Sanders et Cruz), soit à travers le travail et la réussite matérielle qu’il devrait procurer (Trump et Clinton).

À ce stade, il est impossible de prédire quel sera le prochain président et si cela aura ou non une importance. Mais, pour d’inéluctables raisons démographiques, ce système s’effondrera de lui-même dans les prochaines années, les Anglo-Saxons devenant minoritaires.

 

1] How Democratic is the American Constitution ?, Robert A. Dahl, Yale University Press, 2002.

[2] « Testing Theories of American Politics : Elites, Interest Groups, and Average Citizens », Martin Gilens and Benjamin I. Page, Perspectives on Politics, Volume 12, Issue 03, September 2014, pp. 564-581.

Résistance politique: la pantalonnade du « nouveau » régime de France…

Posted in actualité, autogestion, économie, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société libertaire with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 17 juillet 2012 by Résistance 71

Le désenchantement c’est (déjà) maintenant !

 

CNT

Le 16 Juillet 2012

 

url de l’article original:

http://www.cnt-f.org/spip.php?article1992

 

Deux mois que le gouvernement Hollande est au pouvoir et on voit déjà qu’à la virgule près, il aura la même politique économique et sociale que la droite.

Après avoir annoncer une hausse du Smic honteusement faible, Hollande prépare le terrain à sa politique de rigueur qui ne sera rien d’autre que la politique d’austérité que Sarkozy nous promettait. En effet lorsqu’il parle des « efforts que chacun est prêt à consentir », on voit bien vers qui se tourne son regard, et comment les « efforts » pourront rapidement se transformer en reculs sociaux.

Dans le même temps le gouvernement ne sait pas quoi faire lorsque PSA annonce la disparition de milliers de postes alors même que l’entreprise a distribué plus de 250 millions de dividendes en 2011 après avoir largement profité des aides de l’Etat. Là encore, pendant qu’Hollande tergiverse le droit des actionnaires continue de passer devant le droit des populations à vivre dignement.

Du côté des fonctionnaires l’enfumage est total : déshabiller Paul pour habiller Jacques, le tout orchestré par des effets d’annonces basés sur des chiffres ridiculement faibles et dont la quantité sera sans effets perceptibles sur le terrain. D’ailleurs si certains secteurs sont annoncés comme protégés, d’autres comme la santé, se voient littéralement oubliés. Ici aussi la stratégie de division au sein de la fonction publique fonctionne à plein régime, non sans rappeler l’aire Sarkozy.

Pourtant contrairement à ce que veut nous faire croire le discours dominant nous ne sommes pas devant une fatalité mais devant un choix, celui de savoir qui on veut favoriser : les possédants ou l’humain. Hollande ayant choisi de sauvegarder les intérêts de la minorité des actionnaires, les travailleurs n’ont que leur propre volonté pour inverser le cours des choses par la mise en place d’un mouvement social massif, au sein duquel devra se poser avec acuité la question de la grève générale.