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Crime colonialiste: Assassinat de Berta Cáceres, leader indigène au Honduras… (suite)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 6 mars 2016 by Résistance 71

Le jour où Berta Caceres fut assassinée

 

Grahame Russell

 

4 Mars 2016

 

url de l’article:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/03/04/day-berta-caceres-was-assassinated

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Berta Caceres, une grande femme de la nation Lenca à l’Ouest du Honduras, a été assassinée aux petites heures du 3 Mars 2016, dans son lit.

Elle a été assassinée à cause de qui elle est, à cause de ce qu’elle vivait, de ce pour quoi elle se souleva et combattit sa vie durant.

Pour prendre sa vie, des sicarios (tueurs à gage) sont entrés par effraction dans sa maison de La Esperanza, Intibuca au Honduras et l’ont abattu dans l’obscurité du petit matin en ce 3 Mars 2016.

Elle était mère de quatre enfants, grand-miere, sœur et fille.

Et, pour tous ceux qui la connaissaient, apprirent d’elle, puisèrent de la force en elle, du courage et de la sagesse, la suivirent dans ses luttes, elle fut une compañera.

Qui l’a tué ?

Elle a été assassiné par tous ces gens et ces institutions politiques, économiques dont la veulerie et les intérêts furent l’objet de ses combats. Berta a vécu contre toutes les injustices, toutes les inégalités, toutes les discriminations, toutes les destructions de la Terre-Mère.

Elle a été assassinée …

par 500 ans d’impérialisme européen raciste, violent, dépossédant.

par 200 ans d’interventions militaires américaines, d’exploitation, de corruption et de totale impunité,

par des générations de gouvernement hondurien violent et exploiteur, raciste, sexiste, tous mis en place tout le temps par la “communauté internationale”, c’est à dire les Etats-Unis, le Canada, les corporations mondialistes, le FMI, la Banque Mondiale, l’IDB…

Berta fut assassinée …

par les sbires du patriarcat,

par des siècles de racisme contre les peuples indigènes et afro-descendants du Honduras et des Amériques,

par les accords de “libre-échange” des Amériques conçus pour la veulerie et imposés par la violence,

par l’avarice inhérente et sans fin des corporations mondialistes et de ses investisseurs, soutenus en permanence par la richesse et la puissance de nations riches et “démocratiques” (bon nombre membres du club exclusif et détesté du G8), qui exploitent, répriment et dénigrent le “tiers monde”, qui créent, développent et se moquent des “républiques bananières”,

par le FMI, la Banque Mondiale et les institutions créées et dominées par ces mêmes nations riches, puissantes et si “démocratiques”.

Berta a été assassinée …

par des entreprises et des investisseurs transnationaux qui conçoivent le monde, ses forêts et la terre, ses ressources naturelles, ses rivières, ses eaux et son air, ses peuples et toutes ses formes de vie, comme des objets exploitables, jetables et volent, tuent et détruisent puissamment dans le seul but d’engranger leurs centaines de millions et leurs milliards,

Par les tristement célèbres monopoles des bananes (United Fruits Company, etc..) et des barons des chemins de fer des XIXème et XXème siècles ; par les producteurs d’African Palm (l’entreprise Dinant financée par la Banque Mondiale) et la cane à sucre pour les consommateurs du monde des “énergies vertes” (ethanol et bio-carburants) ; par les exploitants de maquiladora sweatshop et du travail à très, très bon marché (Gildan Inc. etc..). par les entreprises hydro-électriques (DESA Aqua Zarca etc…) profitant honteusement des rivières et sources d’eau privatisées, par les enclaves touristiques exclusives (de luxe) opérées par le Canadien Randy “roi du porno” Jorgensen, expulsant violemment les peuples indigènes Garifuna de leurs terres ancestrales et communales de la côte nord hondurienne, par les compagnies minières comme GoldCorp Inc., etc… qui éventrent la terre pour les profiteurs de l’or, empoisonnant les eaux de la vallée Siria et les sang des résidents locaux.

Berta a été assassinée …

Par la “guerre contre la drogue”, créée, financée et armée par les Etats-Unis et qui a amené des situations violentes, injustes, corrompues au Honduras (et aussi au Guatemala, au Mexique etc..) et les a empiré, tout en consolidant la consommation de drogues aux Etats-Unis, tout en augmentant les profits des marchants d’armes et en transférant toujours plus de l’argent des contribuables vers le complexe militaro-industriel et de la sécurité.

Plus récement, Berta a été assassiné …

Par le coup d’état militaire de Juin 2009 au Honduras, fomenté par les Etats-Unis et le Canada, qui renversa un gouvernement élu et ramena au pouvoir les mêmes élites qui ont dominé et abusé pendant si longtemps du Honduras ; qui une fois de retour au pouvoir, prirent tout ce qui est cité ci-dessus en en empirant les effets, qui ont utilisé la répression comme outil de terrorisme sociétal et de contrôle, embauchant des tueurs à gage (sicarios) pour cibler et tuer des centaines de personnes après le coup d’état, des gens comme Berta.

Les Etats-Unis et le Canada ont aidé dans l’assassinat de Berta. Sept ans après le coup, le Honduras possède le plus grand ratio au monde de meurtre per capita et parmi les plus hauts taux de répression, de meurtres de femmes, de journalistes, de corruption et d’impunité dans les Amériques. Ignorant tout ceci, les Etats-Unis et le Canada signent des accords de “libres-échanges” et promeuvent l’expansion des extractions minières, du tourisme, des sweatships, des monopoles bananiers, des entreprises et des investissements.

Berta a été assassinée par tous ces gens, institutions et intérêts, parce que, comme tout le monde pourra vous le dire, de tous ceux qui l’ont connu, appris d’elle, reçu de la force, du courage et de la sagesse, la suivirent, tout ceci représente ce pour quoi elle a combattu toute sa vie.

Pour quoi a t’elle vécu, s’est-elle battue ?

Pour vous, pour moi, pour tout le monde.

Pour vos droits et les miens.

Pour tous les droits humains, collectifs et individuels, de tous le monde, de tous les peuples, de tous les pays.

Pour toutes les formes de vie et pour la Terre-Mère, la terre, ses champs et ses forêts, l’air et l’eau et toutes les formes de vie sur cette planète précieuse et solitaire.

Berta a vécu, s’est dressée et s’est battue parce qu’un autre monde est nécessaire et possible.

Que faire ?

Je suis désespérément désolé pour les enfants de Berta, sa mère, ses frères et sœurs, sa famille et ses amis à La Esperanza et pour le Honduras et les Amériques. Mon cœur aujourd’hui est une nouvelle fois brisé par cet ordre mondial humain dans lequel nous vivons.

Autant une partie de moi-même meurt avec Berta, autant une énorme part de cette femme continue de vivre.

Que faire ? Faire ce que Berta ferait, ce qu’elle a toujours fait. Vivre, se dresser et lutter ensemble. Se tenir la main. Se faire des acolades (abrazos). Communiquer et connecter avec les nombreuses victimes de l’ordre mondial. Et toujours vivre, se dresser et lutter contre toutes les injustices et les inégalités, toutes les discriminations, toutes les activités de destruction industrielles de la planète, de notre Terre-Mère, parce qu’un autre monde est nécessaire et tout à fait possible.

Merci Berta. Tu nous manquera grandement. Tu es aussi si aimée et respectée.

(J’ai rencontré Berta en 1998. Rights Action a soutenu COPINH et le travail de Berta et sa lutte depuis ce temps là. Berta et sa famille son devenus des amis proches au fil du temps. Grahame Russell)

Crime colonialiste: Assassinat de Berta Cáceres, leader indigène au Honduras…

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Les escadrons de la mort de la CIA, bras armé de Wall Street, sont-ils dans le coup ? Il y a fort à parier que oui…

— Résistance 71 —

 

Assassinat de Berta Cáceres au Honduras

 

La Voie du Jaguar

 

3 Mars 2016

 

url de l’article:

http://www.lavoiedujaguar.net/Honduras-assassinat-de-Berta

 

Berta Cáceres, coordinatrice du Consejo Cívico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras (Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras, Copinh), a été assassinée cette nuit dans sa propre maison à La Esperanza, Intibucá (Honduras). En raison des nombreuses menaces dont elle était l’objet, la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) avait recommandé qu’elle bénéficie de mesures de protection, recommandations que le gouvernement hondurien a systématiquement ignorées.

Berta Cáceres était une figure emblématique des luttes populaires et des peuples indigènes du Honduras, contre la spoliation de leurs droits et de leurs territoires. Comme mouvement populaire, le Copinh avait mobilisé toutes ses forces pour dénoncer le coup d’État de 2009 et avait joué un rôle particulièrement important dans la résistance contre les grands projets d’infrastructures qui menacent les territoires et les ressources des peuples indigènes et paysans du Honduras. À ce titre, Berta a joué un rôle de premier plan, au niveau national et dans de nombreux forums internationaux pour dénoncer les programmes internationaux qui sous couvert de la défense de l’environnement organisent la marchandisation des ressources naturelles et de la nature.

Ces dernières années, Berta et le Copinh avaient mené une lutte infatigable contre la construction du barrage d’Agua Zarca qui représentait une menace pour les rivières et menaçait de spolier plusieurs communautés indigènes lenca. Au prix d’une occupation, pendant de longs mois, du lieu prévu pour la construction qui avait coûté plusieurs morts parmi les membres du Copinh, les entreprises avaient dû reculer… mais c’était pour mieux sauter. Depuis peu, les bulldozers prétendaient reprendre leur danse infernale et mener le projet à terme en amont de la rivière. Berta et le Copinh avaient immédiatement annoncé la reprise de la mobilisation.

Le mouvement social hondurien et mésoaméricain mais aussi les féministes, anticapitalistes, écologistes et tou•te•s les défenseur•e•s de la justice sociale ont perdu en cette nuit obscure, une de leur meilleure porte-parole.

Pour la mort de Berta, ni pardon ni oubli !

Pour sa mémoire, pour la justice,
joignons notre douleur et notre rage à celle du Copinh
et du mouvement populaire hondurien.

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