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Leçon argentino-américaine de la nécessité d’apprendre la véritable histoire…

Posted in actualité, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, résistance politique with tags , , , , , , , , , , , , on 13 octobre 2014 by Résistance 71

… et non pas l’histoire souvent édulcorée, parfois volontairement erronée, apprise  au sein du système éducatif , qui ne l’oublions jamais, est au service de la pensée colonialiste toujours dominante en Occident. Pour comprendre l’empire anglo-américain aujourd’hui, il faut comprendre que le peuple américain est victime depuis le départ d’un lavage de cerveau en règle pour se donner bonne conscience sur les méfaits commis pour établir la « nation indispensable » que sont supposés être à leurs yeux les Etats-Unis, devenus le pays du goulag levant depuis le XVIIème siècle en fait. Il faut comprendre que tout est basé sur un mythe celui de « Colomb navigant le grand océan bleu ». Rétablir le vérité historique sur Colomb incite à bouloir rétablir la vérité historique sur tout, car l’histoire n’est-elle pas toujours écrite par les vainqueurs des guerres et les colonialistes dominants ? Il est grand temps de faire table rase sur toutes les tromperies, car en rendant justice à l’Histoire… On rend justice aux peuples !

Le 14 octobre est célébré le « jour de Christophe Colomb » ou « Colombus Day » dans l’empire colonilaiste dominant. La vérité historique sur Colomb est une litanie de carnages et de mise en esclavage. Il fut un génocidaire à grande échelle avec le soutien et les encouragements du Vatican et de ses pathétiques roitelets à la botte. Fêter le « jour de colomb » c’est fêter le génocide !

— Résistance 71 —

 

Apprendre la véritable histoire et non pas l’histoire scolaire

 

Jessica Carro

 

11 Septembre 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/09/11/learning-real-history-not-school-history

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Si vous êtes un Américain qui est né et a grandi aux Etats-Unis et que vous lisez cet article, alors on vous a presque sûrement raconté enfant, le même conte de fée concernant la fête “de remerciements” (Thanksgiving) qu’à moi. Nous avons donc connu de manière présumée un difficile réveil à la réalité plus tard dans nos vies lorsqu’on nous a dit la véritable histoire derrière cette fête nationale et non pas cette imbécilité de version américanisée.

Je me rappelle lorsque j’étais en seconde année de primaire, les enseignants concoctaient ces concours d’art. Une année, on nous donna à dessiner ce que nous imaginions que fut le premier dîner de Thanksgiving. Ma première pensée fut de demander à mon père de m’aider pour ce projet ; car voyez-vous, à chaque fois qu’il y avait un concours artistique, il y avait un prix à gagner et certains enfants venaient avec ce genre d’œuvre d’art compliquée qui avait clairement été faite soit par leurs parents ou leurs grand-frère / grande-sœur. Je me suis dit “pas cette fois-ci”, sauf que de retour à la maison, j’ai demandé à mon père qui refusa.

Il me dit alors dans son Argentin Castellano: “No tiene sentido si yo lo hago,” ce qui veut dire: “Cela n’a aucun sens si je le fais pour toi”. Son argument était que je n’avais pas besoin de son aide et que j’étais parfaitement capable de le faire par moi-même. “Así es como vas a aprender.” Ce qui veut dire “Comment apprendrai-je alors ?” me dit-il. Ensuite, il me fit assoir et me raconta ce qui s’est vraiment passé, la véritable histoire de Thanksgiving. “Maintenant pense à la façon dont tu vas rendre ton projet artistique”, a t’il dit.

“Donc, ce que tu es en train de me dire est que vous en Argentine, ne célébrez pas la fête du remerciement”, demandais-je.

“Bien sûr que non” me répondit mon père.

“Et le jour de Christophe Colomb (Colombus Day aux Etats-Unis et au Canada)

“Non plus. Nos célébrons “el dia de San Martin”, la personne la plus importante qui a libéré l’Argentine, le Pérou et le Chili du contrôle espagnol. Ceci est un tout autre sujet que nous discuterons un autre jour.”

Être Américaine de première génération m’a permis de mettre pas mal de choses en perspective, spécialement en ayant un père comme le mien sur qui je pouvais toujours compter pour m’apprendre la dure vérité des choses. J’ai toujours vu le monde de la perspective d’un étranger, on m’a enseigné comme si j’étais quelqu’un d’un autre pays vivant ici, ce qui en fait est le plus beau cadeau que mes parents aient pu me faire.

Je fus abassourdie et ne pouvait pas comprendre pourquoi on nous enseignait quelque chose de si différent à l’école. Comment ceci pouvait-il même être permis ? Peut-on changer l’histoire de cette façon ? La minimiser ? Vous savez comment c’est quand on est enfant, vous pensez que toutes les règles sont suivies à la lettre et que rien n’est laissé en dehors des histoires qu’on vous raconte. Ah l’ignorance de la jeunesse, si courte, mais pour d’autres, cette ignorance dure toute la vie, pour le meilleur ou pour le pire. Mais revenons à notre concours artistique…

Je pensais donc dessiner les pèlerins avec leurs longs fusils et les indigènes avec des arcs et des flèches se battant pour leur survie, le sang giclant partout, sur la dinde et les patates douces. Je ne gagnerai pas le grand prix avec ce dessin pensais-je.

Je choisîs alors de ne pas le faire, de ne pas entrer dans trop de controverse comme je le faisais souvent en classe d’histoire et je décidais de les dessiner tous assis autour de la table joyeusement. Je pense que je voulais vraiment gagner le prix, j’y mis beaucoup de temps et de cœur, j’y collais même de vrais plumes sur la tête du chef Indien pour donner un effet 3D, soignant l’écriture avant de me coucher, excitée de l’évènement du lendemain.

Bien sûr un petit con est arrivé avec une bande dessinée de style chef-d’œuvre, les Indiens y étaient dessinés avec des corps musclés, scultés, mâchoires viriles, style statues grecques. Bien sûr il emporta le prix à la maison ce jour-là et je demeurais avec le regret de penser que j’aurai dû me dire “Rien à foutre” et dépeindre la vérité. J’ai appris une bonne leçon ce jour là. Bien que Thanksgiving ne soit pas célébré en Amérique du Sud, les peuples indigènes ont enduré le même résultat au travers de l’histoire.

***

A chaque fois qu’on me demandait d’où je venais lorsque j’ai voyagé à travers l’Amérique du Sud, on me rappelait constamment que les gens y étaient aussi des “Américains”. Les gens de là-bas appelle ceci les “Etats-Unis” laissant de côté le “d’Amérique” et ils nous considèrent commes des estadounidenses, c’est à dire des états-uniens et non pas des “Américains”.

Peut-être à cause de mes parents ou peut-être à cause de ma fascination personnelle qui explique ma proximité avec ma culture sud-américaine et le peuple, je me considère plus sud-américaine que quoi que ce soit d’autre. J’ai donc une tendance à voir leur point de vue plus facilement et plus clairement.

Ceci m’a aidé à en venir à la conclusion que ce n’est pas tant notre utilisation égoïste du mot “américain” qui les dérange que le manque d’attention que nous leur accordons. La perspective tiers-mondialiste que nous avons d’eux les fait vraiment grimper aux rideaux, ainsi savoir que peu de choses sont écrites au sujet des peuples indigènes sud-américains vient sans surprise. En tout cas en anglais.

Alors que j’écris ceci, je me souviens de ces enfants adorables, bronzés, à la bouille ronde et aux petits yeux, qui tendaient les mains pour offrir de petits cadeaux faits de laine d’Alpaca en échange pour de la nourriture ou un peu d’argent alors que je marchais dans les rues de Humahuaca Jujuy en Argentine. Tout comme les Indiens natifs de l’Amérique du Nord, les peuples indigènes d’Argentine furent les premières nations de la terre, et pourtant ils sont constament ignorés par leur gouvernement et sont soumis à la violence, à la faim, à la discrimination et à l’extorsion. Ils souffrent d’un manque de ressources, d’éducation, souffrent de la pauvreté, de problèmes de santé et d’un manque de logement parmi d’autres disparités.

La théorie du Détroit de Béring tendrait à suggérer que les premiers peuples du continent nord-américain se soient dispersés sur la nouvelle terre et se soient diversifiés en centaines de nations et tribus culturellement distinctes. Ainsi, ces premiers occupants se seraient ensuite déplacés vers le sud, vers l’Amérique centrale et du sud. Que vous soyez d’accord avec cette théorie est votre choix. Quoi qu’il en soit, les Européens sont arrivés sur le continent bien des siècles (millénaires) plus tard, pour s’approprier la terre depuis, comme si elle était la leur. Pour eux, les peuples indigènes n’étaient que des barbares païens, des sauvages, sans aucune forme légale d’ancrage à leur terre ancestrale. (NdT: bon résumé de la vision et de l’imposition ethno/euro-centrique de l’affaire…)

Les populations indigènes de l’Amérique centrale et du sud ont fait face à la même destinée que leurs frères autchtones des Etats-Unis et du Canada il y a bien longtemps et ils continuent de souffrir dans des circonstances similaires aujourd’hui, comme la discrimination et la négligence des gouvernements (coloniaux) en place. Pourtant, nous ne semblons pas insister suffisamment sur la population sud-américaine ici aux Etats-Unis.

J’ai vécu en Argentine pendant plus de 3 ans et pendant que j’y étais, j’ai été témoin de beaucoup de manifestations indigènes au sujet de leur terre ancestrale et de leurs droits humains. Leur drapeau arc-en-ciel carré flottait au vent tandis qu’une personne harranguait la foule des manifestants en parlant dans un mégaphone orné de beaucoup d’autocollants. Des pancartes et banderoles foisonnaient où on pouvait lire de puissants slogans et les noms mal orthographiés des politiciens et des officiels du gouvernement, qui passent leur temps à ignorer leurs nombreuses requêtes.

Une réforme s’est produite en 1994, garantissant tous les titres légaux sur la terre aux peuples aborigènes. Ceci est en fait inscrit dans la constitution argentine. Et pourtant, ces gens continuent de faire face au manque de mise en application de ces lois et de l’inattention généralisée des gouvernements. Malgré ce que stipule la loi, les peuples indigènes sont complètement ignorés, traités comme des étrangers sur leur propres terres.

Une des premières choses que j’ai apprise en Argentine a été qu’en fait personne ne semble suivre les règles et les lois. Ceci vaut pour la très vaste majorité des pays d’Amérique du Sud. La corruption et un manque total de contrôle, font que les gens au pouvoir font exactement ce qu’ils veulent et ils créent leurs propres règles et règlementations au fur et à mesure. De plus, si vous vous faites prendre à faire quelque chose d’illégal, vous pouvez juste payer, acheter qui de droit. Pas de problème, c’est comme ça ici.

Au quotidien, le laxisme peut sembler parfait pour bien s’amuser, pour ceux qui voudrait par exemple tenir une bière à la main sur un trottoir aux Etats-Unis en fumant une cigarette, mais à plus grande échelle, ceci peut avoir de très sérieuses conséquences.

Après la conquête espagnole, le système de propriété foncière qui fut établi ne tint absolument pas compte des peuples indigènes, ce qui les laissa sans aucune protection légale et leurs territoires tombèrent dans les mains des expropriateurs locaux et des autorités. La destruction de leurs terres traditionnelles et de leur source de nourriture étaient une façon de les pousser hors de leurs terres dans des endroits de plus en plus isolés ou dans les villes (pour en faire un sous-prolétariat à exploiter)

C’est assez compliqué lorsque deux systèmes légaux existent dans un seul pays. Tandis que la société pré-existante croit en un système de tradition informelle oral fondé sur la culture et les pratiques coutumières depuis des temps historiques immémoriaux, les conquérants eux, pratiquent un processus bien plus formel et écrit, renforcé par des gouvernements bureaucratiques. Cela vous rappelle t’il quelque chose ?…

Les peuples indigènes croient que la terre est destinée à leur développement par une profonde relation spirituelle et que ceci est absolument non-transférable. Les Européens en revanche, voient la propriété foncière comme une richesse et un profit à faire dans le marché immobilier et de l’occupation commerciale des sols, et la propriété est parfaitement transférable.

Même si le pays a reconnu de manière supposée la présence d’une loi coutumière indigène dans la réforme qui vit le jour en 1994, le pays ne reconnaitra jamais sa multi-ethnicité car il n’y a pas de place pour ce concept dans la psychologie occidentale.

Ainsi, il a été dit 20 ans après la réforme que la loi constitutionnelle n’a pas dérivé de garanties légales claires. Afin de mettre fin aux expulsions en rapport aux droits territoriaux, la loi fut étendue jusqu’à 2013. Une étude fut menée par les Territorial Survey of Indigenous Communities, incluant la reconnaissance de terre, l’enregistrement de la propriété immobilière et foncière pour le titre des territoires ancestraux et de la surveillance des sols.

Malheureusement, ceci n’a causé que plus d’agitation à cause d’un manque de participation indigène et de conflits d’intérêts, ainsi la chambre a décidé d’étendre de nouveau la loi jusqu’à 2017. En fait le gouvernement passe son temps à la prolonger. Combien de temps encore va t’il continuer à ignorer ce problème ?

Que ce soit en Amérique du Sud ou du Nord, les peuples indigènes luttent pour gagner l’attention des masses et spécifiquement celle des entités gouvernementales sur des problèmes qui, pour certains, ont leurs racines dans des siècles d’histoire, peu de temps après l’invasion des territoires indigènes…

Jessica Carro a un Master in Arts et de journalisme d’enquête de l’université del Salvador de Buenos Aires en Argentine. Elle travaille comme journaliste indépendante et se spécialise principalemet sur l’Amérique du Sud. Elle vit à Jersey City dans le New jersey.

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Au sujet de la fête traditionnelle de “Thanksgiving” aux Etats-Unis ‘toujours célébrée le 4ème Jeudi du mois de Novembre) et de la fête de la “Journée d’action de grâce” au Canada” (célébrée le second Lundi du mois d’Octobre). La tradition coloniale nous dit que cette fête se célèbre en remerciement pour la dernière moisson et le partage avec les peuples autochtones. L’origine américaine remontant à 1621 en Nouvelle-Angleterre et ses pèlerins puritains.

La vérité mentionnée ici par l’auteure Jessica Caro est que la fête de Thanksgiving eut lieu durant une guerre entre les colons et les Indiens locaux (Pécots et Wampanoags) et que la célébration concernait en fait tout autant des réjouissances après des massacres que les colons perpétraient sur les Indiens.

A ce sujet voici un des récits succint de la vérité historique sur la fête de “Thanksgiving” décrite par Russell Means dans son autobiography “Where White Man Fears to Tread” (1995, page 176):

“La plupart des Américains savent que Massasoit, chef des Wampanoag, avait accueilli les pères pèlerins , et les très rarement mentionnées mères pèlerines, sur les côtes où lui et son peuple vivaient depuis des millénaires. Les Wampanoag ont appris aux colons européens comment faire mieux que survivre sur ce continent en leur montrant qu’on pouvait élever les animaux sauvages, le comment, où et pourquoi des cultures à planter et comment faire récoltes et moissons,comment faire sécher et préserver la nourriture recueuillie… A la mort de Massasoit, celui-ci fut remplacé par son fils Metacomet, que les colons appelèrent “le roi Philippe”. En 1675-76, pour montrer leur “gratitude” envers ce que le peuple de Massasoit avait fait pour leurs pères et leurs grand-pères, les puritains fabriquèrent un incident comme prétexte pour désarmer les Wampanoag. Les colons attaquèrent les indigènes avec des mousquets, des épées, des canons et des torches. La plupart des natifs incluant Matacomet furent massacrés. Sa femme et son fils furent vendus comme esclave vers les îles Caraïbes. Son corps fut écartelé, démembré et pendant 25 ans après le massacre, le crâne de Metacomet fut exposé sur une pique au dessus du village des colons blancs. Le véritable héritage des puritains de la Nouvelle-Angleterre est la trahison.
La plupart des Américains croient aujourd’hui que la fête de Thanksgiving célèbre une bonne récolte, mais cela n’est pas le cas. En 1970, les Wampanoag ont retourné une copie de la proclamation de Thanksgiving faite par le gouverneur de cette colonie. Le texte révéla l’horrible vérité: Après qu’une milice des colons s’en revint d’un raid de carnage et de meurtres d’hommes, de femmes et d’enfants dans un village indien, le gouverneur proclama un jour de congé et de festivités pour remercier d’avoir pu massacrer les Indiens. Il encouragea également les autres colonies à faire de même, en d’autres termes, chaque automne, après la rentrée de la moisson, allez tuer des Indiens et célébrez vos actions meurtrières par un festin.”

Reconquérons l’Histoire, arme absolue contre toute tyrannie…

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« Un homme vivant seul entend qu’on frappe à la porte, il ouvre. Là devant lui se tient Mme Tyrannie, armée et toute puissante qui lui demande: ‘te soumettras-tu ?’ L’homme ne répond pas, fait un pas de côté et la laisse entrer. Tyrannie règne en maîtresse. L’homme la sert pendant des années. Puis, Mme Tyrannie devient malade du poison qu’elle a ingurgité dans sa nourriture. Elle finit par mourir. L’homme ouvre alors la porte, traîne le corps encore chaud et le jette dehors. Il referme la porte et dit fermement: ‘Non ! » (Fable de Bertold Brecht)

« Qu’ai-je appris ? Que de petits actes de résistance à l’autorité, commis avec persistance, peuvent souvent mener à de grands changements sociaux. Que les gens ordinaires sont capables d’un immense courage… Peut-être la chose la plus importante que j’ai apprise, est que la démocratie n’est pas le gouvernement, elle n’est pas la constitution, ou la structure légale. Ceux-ci sont le plus souvent des ennemis de la démocratie. » — Howard Zinn

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L’Histoire science sociale, science primordiale

 

 

Résistance 71

 

10 Avril 2013

 

 

George Orwell disait: “Qui contrôle le passé contrôle le futur et qui contrôle le présent, contrôle le passé”. Le narratif historique ou historiographie a toujours été sujet à des pressions extrêmes. Pourquoi ? Parce qui contrôle l’historiographie des évènements contrôle l’histoire officielle, celle que les élites auto-proclamées désirent que les peuples sachent, se souviennent et s’imprègnent, car de là découle le contrôle de la vaste majorité par la minorité oligarchique. Pour que le système de contrôle oligarchique perdure, il faut que la masse ne se pose pas de questions. Il est ainsi vital pour la caste dominante depuis quelques siècles, de contrôler les secteurs qui influent sur le comportement des gens: les sciences en général, l’information (dont l’histoire fait partie), l’éducation et le développement technologique.

Qu’est-ce que l’Histoire ? Comment influe t’elle sur le monde d’aujourd’hui ? Peut-on anticiper le monde de demain par son analyse ? Toutes ces questions sont d’une importance capitale pour qui veut comprendre la course folle des évènements qui amène une fois de plus le monde au chaos depuis la fin du XXème siècle et ce tout début du XXIème.

Peut-on réduire l’histoire à ce que Kissinger en dit dans un de ses ouvrages, à savoir: “L’histoire c’est la mémoire des états” ? Quid du monde pré-étatique donc ? Il n’existe pas ? Il sombre dans l’oubli ? Il n’est pas “historique” Quid des sociétés sans états qualifiées de “primitives” (cf Pierre Clastres), elle n’appartiennent donc pas à l’histoire ?

Ethymologiquement, le mot “histoire” vient du grec ancient “historia” qui est la relation verbale ou écrite de ce que l’on a appris. Une des définitions les plus communes de l’Histoire est qu’elle est la conscience du passé. Avoir conscience du passé est donc le conceptualiser. Ainsi nous pouvons distinguer trois grands concepts analysant l’Histoire: le concept idéaliste, le concept nihiliste et le concept marxiste.

  • Le concept idéaliste de l’Histoire a été essentiellement élaboré par les pensées des philosophes allemands Emmanuel Kant et Friedrich Hegel. Pour ces deux penseurs classiques, l’histoire universelle tend vers un absolu. Pour Kant il s’agit de la réalisation de l’unité politique en vue de faire cesser les guerres, tandis que pour Hegel, l’Histoire est la réalisation de la Raison dans l’humanité. Pour Hegel, tout tend vers la liberté achevée avec la révolution française de 1789, la réalisation de l’État de droit et de ses institutions dont l’état prussien représentait, pour lui, l’épitôme et donc concrétisait la fin de l’Histoire.
  • Le concept nihiliste de l’Histoire a pour chef de file un autre philosophe allemand Arthur Schopenhauer, pour qui l’histoire n’a pas de but défini, car elle dépend des actions ératiques et égoïstes des humains. Elle ne saurait avoir de sens.
  • Le concept marxiste relève de la théorie du matérialisme historique élaborée par Karl Marx, autre philosophe allemand. Pour Marx, l’histoire est le résultat de l’interaction des forces productives. En transformant la Nature, l’Homme subit le progrès et induit la continuité de la lutte des classes. Le travail humain à la fois manuel et intellectuel, donc la production humaine est la somme du développement historique et aussi la source de l’aliénation de l’Homme. Pour Marx, la fin de l’Histoire viendra avec la fin de la lutte des classes (au cours de la période dite transitoire de la “dictature du prolétariat”).

Il semblerait qu’aucun de ces trois concepts ne soit juste en lui-même, mais que la réalité tendrait certainement à ce que le concept historique emprunte de fait aux trois à des degrés différents selons les époques traversées. La philosophie hégélienne nous enseigne la dialectique de la thèse, de l’anti-thèse et de la synthèse, dialectique qui, pour Hégel régit toute chaîne causale d’évènements. Nous avons déjà élaboré dans un article précédent, que nous nous trompions peut-être de dialectique et que nous pourrions voir en l’occurence, le concept idéaliste comme étant la thèse historique, le concept marxiste son anti-thèse et la synthèse historique résidant dans un concept anarchiste (pas nihiliste… anarchiste…) de l’Histoire où la fin de celle-ci serait la résultante de la continuité causale historique de la réalisation de la Liberté dans l’humanité passant par la suppression de la causalité de l’exploitation et de l’oppression politico-économique du vaste nombre par une minorité oligarchique, oppression politico-économique qui ne peut se réaliser que par la concentration de la propriété des moyens de productions, de distribution et de services dans le moins de mains privées ou étatiques possible. Ainsi la fin de l’Histoire serait l’émancipation totale de l’humain du joug de l’inégalité politique et sociale.

Dans cette chaîne causale, où se situe l’historien ? L’évidence se fait chaque jour plus forte, que l’histoire “officielle” est fondée sur une historiographie sinon falsifiée (elle l’est parfois…), du moins sévèrement biaisée. Depuis toujours le narratif historique se fait sous l‘angle des vainqueurs des guerres, des généraux, des hommes politiques, des banquiers et des industriels. L’historien(ne), lui-même exploité par un système qui ne peut agir que pour assurer sa survie, est le plus souvent assujetti à une certaine hégémonie culturelle de la classe dominante, qu’elle soit capitaliste privée (libérale, néolibérale) ou capitaliste d’état (marxiste), ce qui revient au même puisque tous et toutes répondent et obéissent aux mêmes payeurs. La suprématie de l’État et de l’oligarchie économico-financière dont il dépend est telle, que l’historien(ne) ne ressent le plus souvent plus de dilemne déontologique tant la servitude volontaire est de norme, institutionalisée.

Cependant, il est des historien(ne)s constituant certes  une minorité dans leur profession, qui questionnent les historiographies officielles et fouillent les archives et les écrits pour présenter l’histoire sous un angle différent, sous celui des victimes, des démunis, des laissers pour compte ou aussi plus simplement au travers de documents officiels existant mais totalement ignorés à dessein par le dogme prévalent pour qui les États se posent  en cerbères.

Ainsi, nous avons déjà traduit et présenté ici-même quelques travaux de l’historien américain Howard Zinn, professeur à l’université de Boston, dont l’ouvrage titanesque de recherche compilé dans son livre: “Une histoire populaire de l’Amérique de 1492 à nos jours”, demeure une référence en la matière ; de l’historien anglo-américain Antony C. Sutton, professeur à l’université de Stanford, Californie, dont nous avons traduit de larges portions de ses ouvrages: “Wall Street et la montée d’Hitler”, “Wall Street et la révolution bolchévique”, ainsi que son essai “Le meilleur ennemi que l’argent puisse acheter”.

Suite à cet article, nous introduirons des textes de réflexion émanant de différents historien(ne)s tels Sonia Combe, Annie Lacrox-Riz pour la France et Michael Pinto-Duschinsky pour la Grande-Bretagne.

Ces textes nous démontrerons que la partialité est une réalité de tous les jours dans le domaine historique et que le contrôle de l’information, renforcé d’une ligne propagandiste établie, dirigent l’histoire (et bien d’autres sciences) vers un vérouillage complet de l’information afin de priver le public de toute référence historique autre que le narratif choisi par l’oligarchie en place, pour qui la préservation des mythes et des dogmes est plus une question de survie que de désir profond de falsifier l’histoire. C’est devenu une obligation, une condition sine qua non de la pérennité d’un système dont la corruption n’est plus à démontrer, un système qui est fondé sur l’abus, le mensonge, l’usurpation et la falsification à tous les étages de l’édifice.

Ainsi l’objectivité historique ne peut se faire que par la pensée et la pédagogie critiques, détachées des contingences des intérêts particuliers représentés et protégés par l’État qui n’agit que comme le chien de garde des dogmes les plus inavouables et pour lesquels des horreurs  et des injustices ont été commises hier, sont commises aujourd’hui et seront commises demain. C’est par un accès à une Histoire libérée de toutes contraintes politico-financières, nous permettant de voir et de comprendre les turpitudes d’hier et d’aujourd’hui que nous pourrons anticiper demain et éviter enfin, le désastre qui se répète sans cesse au profit du petit nombre et aux dépends du bien grand nombre.

Nous vous invitons donc à lire très bientôt sur ce blog, les quelques écrits de ces historiens qui osent défier l’omerta et le muselage historique.

L’Histoire est une arme contre l’oligarchie. Nous devons nous en servir pour regagner notre autonomie. De plus, des centaines de milliers, des millions de personnes sont mortes au cours des siècles, personnes du commun, comme nous, à qui nous devons de rétablir la vérité historique sur bien des points. Merci à ces historien(ne)s d’œuvrer en ce sens au prix parfois, souvent, de leur carrière.