Archive pour herbert spencer darwinisme social

Coronavirus, falsification et détournement de la science, revue « Nature » et le fléau du darwinisme-social toujours à la manœuvre…

Posted in actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, documentaire, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 22 mai 2020 by Résistance 71

 


Darwin + Malthus + Huxley = X Club (1865)

 

Un certain regard sur la pseudo-science et fadaise quasi généralisée qui sévit depuis la toute fin du XVIIIème siècle et « le principe des populations » du pasteur Malthus en 1798… Depuis lors, tout a été fait pour faire coïncider de pseudo-faits naturels (en tous les cas, de moindre importance comme cette soi-disante « sélection naturelle » de la « survie du plus apte ») pour justifier toutes les turpitudes et crimes de l’oligarchie au pouvoir, justifier le pouvoir coercitif et l’idéologie de classes en soi.
Il est plus que grand temps de faire tomber les masques et de reprendre la barre du bateau ivre…

~ Résistance 71 ~

 

Comment le X-Club de Thomas Huxley créa le magazine “Nature” et sabota la science pour 150 ans (larges extraits)

 

Mathew J.L Ehret

 

13 mai 2020

 

Source:

https://www.veteranstoday.com/2020/05/13/how-huxleys-x-club-created-nature-magazine-and-sabotaged-science-for-150-years/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Au milieu de la tempête de la controverse qui s’est levée suite à la théorie de la création du CoV19 en laboratoire, soutenue par des figures scientifiques emblématiques comme le professeur Montagnier, prix Nobel de médecine 2008 et virologue ainsi que la Dr Judy Mikovits, l’expert en armes biologiques comme Francis Boyle, le cardinal sri lankais Malcolm Ranjith et le chef du corps des gardiens de la révolution iranien, un projet élaboré de réfutation de la théorie fut mis en place et emmené par l’emblématique revue scientifique anglo-saxonne “Nature”. Le but étant de réfuter une fois pour toute, toute annonce de fabrication chimérique du virus au moyen du rapport publié “L’origine proximale du SRAS-CoV-2” ( ‘The proximal origin of SARS-CoV-2’.)

Ce projet fut mené par une équipe de virologues évolutionnistes utilisant une ligne de pensée disant que “la mutation aléatoire peut être source de tout”, ceci fut répété comme un perroquet par Fauci, les officiels de l’OMS et Bill Gates afin de verrouiller toute discussion inconfortable sur une possible origine en laboratoire du CoV19, tout en poussant à fond pour une campagne de vaccination planétaire. Le 18 avril, le Dr Fauci (dont les liens très proches avec Bill Gates et Big Pharma ont beaucoup à voir avec son contrôle sur des centaines de milliards de dollars d’argent alloué à la recherche), a déclaré :

“Il y a eu récemment une étude que nous pouvons vous fournir, qui a vu un groupe de virologues évolutionnistes hautement qualifiés observer les séquences là et les séquences chez la chauve-souris alors qu’elles évoluent. Les mutations que cela a pris pour en arriver au point actuel sont tout à fait consistante avec un saut viral d’une espèce à une autre, de l’animal à l’humain.”

Je pense qu’à ce moment précis, rempli d’arguments spéculatifs, de confusion et de données sous-spécifiées, il est utile de se sortir du présent et d’observer depuis des points de référence supérieurs depuis lesquels nous puissions ré-évaluer les évènements qui se déroulent maintenant à l’échelle mondiale. Afin d’y parvenir, commençons par poser une nouvelle série de questions :

Qu’est exactement le magazine “Nature” ? Est-ce véritablement une plateforme objective de pure recherche scientifique non entachée par la fange des agendas politiques ? Est-ce ce que cette référence de la “bonne méthode”, qui peut faire ou défaire une carrière scientifique, est véritablement ce journal scientifique qu’il affirme être, ou y a t’il quelque chose de bien plus sombre à y découvrir ?..

Comme je l’ai présenté précédemment dans cette série d’articles : The Rise of Optical Biophysics and Clash of the Two Sciences, une vieille bataille a été menée autour des systèmes politiques mais aussi pour quelle sorte de paradigmes scientifiques va façonner notre futur.

Un peu de contexte historique

En 1865, un groupe de 12 scientifiques sous la houlette de Thomas Huxley, Matthew Arnold, Joseph Hooker et Herbert Spencer (NdT : Fondateur du darwinisme-social, qui en 1850 soient 15 ans avant la création du X-Club, publiait un texte sur « Le droit à ignorer l’État », son retournement n’invalide en rien ce texte…), fut créé sous le nom du “X-Club” avec pour mandat de réformer la stratégie mondiale impériale britannique. Au moment de la formation de ce groupe, les états du Nord des Etats-Unis menés par A. Lincoln, étaient très proches d’écraser la rébellion sécessionniste du sud que les services britanniques avaient chouchoutée depuis des décennies, guidée par des agents anglo-américains en Amérique ainsi qu’avec des opérations menées depuis le Canada britannique.

L’empire britannique s’étant épuisé avec la seconde guerre de l’opium (1856-1861), la guerre de Crimée (1853-1856), à mater la révolte en Inde (1857-58) et à financer la confédération sudiste lors de la guerre de sécession (1861-65), il savait qu’il était au bord de l’effondrement. Le monde se réveillait rapidement à sa nature malfaisante et un nouveau paradigme où tout le monde y gagne s’exportait depuis l’Amérique de Lincoln vers les nations du monde (l’Amérique était alors autre chose que cette pourriture géante abrutie anglo-saxonne que le monde connaît depuis l’assassinat de JFK en 1963…) Le système Lincoln est connu sous le vocable de ‘American System of National Economy’, terme créé par le père de l’Allemagne moderne Zollverein, Friedrich List, quelques années plus tôt. A l’encontre du libre échange britannique, ce système américain était basé sur le protectionnisme, une banque nationale, une infrastructure à long terme et plus important encore, plaçait la source de la valeur sur la capacité de l’esprit et de l’intelligence humains d’inventer et de découvrir comme explicité dans le discours éponyme de Lincoln en 1858.

NdR71 : L’auteur ne comprend pas que quel que soit le système en place, rien ne change fondamentalement, ce n’est qu’une question de degré… La seule solution viable pour l’humanité est de sortir définitivement du système étatico-capitaliste. Tout ce qui maintient le système en place n’est que futile réformisme voué immanquablement à l’échec puisque fondé fondamentalement sur le rapport dominant / dominé.

Dans ce système, le concept constitutionnel de bien commun n’était pas juste des mots sur un bout de papier mais le principe gouvernant de la valeur monétaire et de la politique nationale.

Le conseiller économique en chef de Lincoln et coordinateur de l’exportation du système américain internationalement après la guerre de sécession fut Henry C. Carey. Dès 1851, Carey écrivit ses “intérêts d’harmonie” qui disaient :

“Le monde a deux systèmes devant lui, un qui assure qu’augmente la proportion de personnes et de capital engagés dans le commerce et le transport et donc diminuant la proportion engagée à produire des commodités avec lesquelles faire du commerce, avec nécessairement un retour diminué sur le travail de tout le monde ; alors que l’autre assure l’augmentation de la proportion engagée dans le travail de production, diminuant celle engagée dans le commerce et le transport, avec de plus importants retours pour tous, donnant aux travailleurs de bons salaires et aux propriétaires du capital de bons profits…

L’un contemple la paupérisation, l’ignorance, la dépopulation et la barbarie ; l’autre une augmentation de la richesse, du confort, de l’intelligence, de l’action combinée et de la civilisation. L’un contemple la guerre universelle, l’autre la paix universelle. L’un est le système anglais, l’autre est celui que nous devrions être fiers d’appeler le système américain, car il est le seul qui jamais envisagea l’élévation tout en équilibrant la condition de l’Homme dans le monde.”

NdR71: Point de vue totalement illusoire. Les deux systèmes arrivent au même résultat. Il est impossible de sortir de la relation dominant / dominé en maintenant État, marchandise, argent et salariat. L’un est sans doute pire que l’autre, mais n’est en rien une solution, encore moins LA solution pour l’humanité. La seule solution viable est celle des associations libres au sein d’une société des sociétés finalisant notre humanité profonde faite d’entraide et de coopération sans pouvoir coercitif et sans relation dominant / dominé induite et factice.

En Allemagne, le système américain inspira le Zollverein (l’union douanière) qui non seulement unifia une nation divisée, mais l’éleva à un niveau de puissance productive et de souveraineté qui a dépassé le pouvoir monopoliste de la Compagnie des Indes britannique. Au Japon, les ingénieurs américains aidèrent à assembler les trains et les chemins de fer financés par une banque nationale ainsi que des tarifs protecteurs durant l’ère de la restauration Meiji (à partir de 1868). En Russie, un suiveur du système américain Sergei Witte, révolutionna l’économie russe avec des trains américains qui roulèrent sur la voie trans-sibérienne. Pas même l’empire Ottoman demeura intact à cette inspiration du progrès, alors que la voie de chemin de fer Berlin-Baghdad fut commencée avec l’intention de produire un énorme programme de modernisation en Asie du sud-ouest.

[…]

Se réorganiser ou périr

L’empire britannique savait que l’émergence de ce nouveau paradigme allait rendre à la fois son contrôle maritime du commerce international et son programme international d’usure et de financiarisation obsolètes. Il devenait clair que quelque chose devait changer de manière dramatique, que si l’empire ne pouvait pas s’adapter en réponse à ce nouveau paradigme, alors bientôt, il périrait. La tache de reformater la politique impériale d’une approche “de force matérielle” vers une force de contrôle plus “mentale”, fut donnée à Thomas Huxley et le X Club.

Ce groupe a établi les principes scientifiques guides de l’empire qui seraient bientôt mis en pratique par deux nouveaux think tanks connus sous les noms de Fabian Society (NdT: qui contrôlera et contrôle toujours la gauche et l’extrême gauche du capital) et le Rhodes Scholar Trust (NdT qui contrôlera et contrôle toujours la droite et l’extrême droite du capital), sociétés que j’ai explicitées dans mon étude en 3 parties ‘Origins of the Deep State in North America’.

Huxley, qui est tristement connu pour avoir été le “bulldog de Darwin” (NdT: et accessoirement le grand-père des deux frères Julian and Aldous Huxley, le premier eugéniste et fondateur de l’UNESCO et du WWF, le second écrivain célèbre, auteur du célèbre roman de science-fiction, quoi que… “Le meilleur des mondes”…) pour avoir promu sans relâche la théorie de Darwin sur la sélection naturelle (une théorie aux mérites scientifiques auxquels Huxley ne croyait même pas…), décida rapidement que le groupe devait établir un magazine périodique pour promouvoir leur propagande

Fondé en 1869, la magazine en question fut appelé “Nature” et le premier numéro contenait des articles écrits par Huxley et quelques autres membres du X Club. Le but profond du Club et du magazine fut expliqué dans un rapport de 2013 intitulé : “‘Hideous Revolution: The X Club’s Malthusian Revolution in Science’, et expliquait que le but ultime était la redéfinition de toutes les branches de la science autour d’une interprétation statistico-empiriste de l’univers qui niait l’existence d’une raison créatrice dans l’humanité ou dans la nature. La science fut dès lors convertie de l’étude sans limite et de la perfectibilité de la vérité en une “science des limites” mathématiquement scellée.

La science des “limites” devint la fondation même d’une science économique oligarchique pour l’élite et devait bien entendu être maintenue cachée des esprits de la population car elle suivait le principe mathématique de Thomas Malthus de croissance de la population. Ce “principe” de Malthus concernant la population supposait que des êtres humains décérébrés et idiots se reproduisaient géométriquement alors que les mannes de la nature elles croissaient arithmétiquement et donc que les effondrements périodiques des populations étaient une loi inévitable de la nature qui pouvaient au mieux être gérée par un ordre religieux de grands prêtres oligarchiques, qui devaient de temps en temps éliminer  certains segments du troupeau de la population en y faisant des coupes franches.

Malthus et les leaders du X Club croyaient que la nature penchaient et soutenaient la classe dirigeante et lui donnait certains outils pour accomplir cette tache importante (nommément la guerre, la famine et la maladie) et Malthus déclara de sang-froid dans son “Essai sur le principe de la population” de 1798 :

“Nous devrions faciliter les opérations de la nature en produisant cette mortalité au lieu d’essayer de stupidement l’enrayer. Si nous avons peur de la trop fréquente visite de la famine, nous devons alors encourager les autres formes de destruction que nous demandons à la nature d’utiliser. Dans nos villes nous devrions faire des rues plus étroites, mettre plus de monde dans les maisons et faire la cour à la peste pour son retour…”

Le soutien du X Club à la théorie darwinienne de la sélection naturelle fut moins une décision scientifique en cela et bien plus une décision politique, comme Darwin l’admît plus tard dans son autobiographie, sa propre théorie provenait directement de l’étude de Malthus.

“En octobre 1838, 15 mois après que j’eus commencé mon investigation systématique, Je me suis amusé à lire l’essai de Malthus sur la population et en étant préparé à apprécier la lutte pour l’existence qui se passe partout, d’une longue et continue observation des habitudes des animaux et des plantes, cela me toucha d’un seul coup que sous ces circonstances  des variations favorables tendraient à être préservées et les défavorables seraient détruites. Le résultat serait la formation d’une nouvelle espèce. Finalement, j’avais une théorie sur laquelle travailler.”

En universalisant Malthus à toute la vie sur terre, Le X Club obscurcît alors la différence qualitative entre les humains et les singes, ce qui était un avantage pour un empire que ne pouvait que contrôler des humains lorsqu’ils adoptent la loi de la jungle comme standards de pratique morale et identifier la formation plutôt que quoi que ce soit d’autre de fait moral.

Ce ne fut donc pas un accident si Henry C. Carey cibla le darwinisme, Malthus et le X Club sans relâche dans son  Unity of Law: An Exhibition on the Relations of Physical, Social, Mental and Moral Science (1872). Dans ce livre important, Carey attaqua tous les systèmes fondés sur la relation maître/esclave disant :

“Donc, c’est ça qui a fait monter la doctrine de la surpopulation, qui est simplement celle de l’esclavage, chaos et ruine sociétaire, comme condition ultime de l’humanité ; ce qui arrive aussi en conséquence des lois émanant d’une être tout puissant et sage qui instituerait, s’il le voulait, des lois de vertu qui auraient vu la liberté, l’ordre, la paix et le bonheur, être le lot de l’Homme. […]”

Les approches anti-darwiniennes de l’évolution

Bien qu’on nous dise très souvent de nos jours qu’aucun système alternatif n’existait en dehors de la théorie de l’évolution de Darwin, il s’avère que cela n’est pas vrai lorsqu’on regarde d’un peu plus près l’histoire de la science au XIXème siècle.

Pendant cette période, une révolution scientifique anti-darwinienne bourgeonnait dans les sciences de la vie sous la houlette de figures comme James Dwight Dana, Jean-Baptiste Lamarck, Alexander von Humbolt, Georges Cuvier, Karl-Ernst von Baer et Benjamin Silliman (NdT: nous rajouterions bien évidemment ici Pierre Kropotkine dont les écrits qui devinrent “L’entraide, facteur de l’évolution”, furent initialement publiés en réponse directe aux élucubrations sociales-darwinistes de Thomas Huxley. De fait, Kropotkine fut la némésis d’Huxley et les deux hommes se livrèrent une féroce bataille dans le champ des sciences de la vie…). Ces scientifiques commencèrent non seulement à questionner la théorie statique de la nature telle que dérivée de la bible, mais firent de grands pas en comprenant les plus hauts mécanismes causaux définissant le flot de l’évolution.

[…]

Le grand naturaliste et embryologiste Karl Ernst von Baer écrivit dans son “Du but de la Nature” (1876) : (NdR71 : Notez l’insistance sur les mots “harmonie” et “régulation mutuelle” et le sentiment général de complémentarité qui se dégage de cette citation… Nous ne disons pas autre chose : l’union dans la complémentarité de notre diversité, ce qui sera la base de la société des sociétés à venir, la réalisation de notre humanité pleine et ontologique ayant lâché prise de la futilité marchande et du rapport coercitif au pouvoir…)

“Les interconnections réciproques des organismes les uns avec les autres et leur relation aux matériaux universels qui leur offrent les moyens de maintenir la vie, est ce qui a été appelé l’harmonie de la nature, elle est une relation de régulation mutuelle. De la même manière que les tons s’allient pour donner une harmonie lorsqu’ils sont rattachés ensemble en accord avec certaines règles, ainsi peuvent seulement exister dans la nature dans son entité, les processus individuels de cette même entité et ils ne perdureront que s’ils se tiennent en une certaine relation les uns avec les autres. La chance, le hasard est incapable de créer quelque chose de durable, mais est plutôt seulement capable de destruction.”

De l’autre côté, Huxley et les darwinistes firent la promotion de l’opposé, de l’interprétation de l’évolution dans un système pyramidal en commençant avec les imaginaires “mutations aléatoires” dans l’infiniment petit qui supposément s7additionnèrent à la somme collective de toutes les espèces et de la biosphère. Cette biosphère fut donc définie comme étant un peu plus que la somme de ses parties.

L’école impérialiste du X Club de Huxley (NdT: qui trouva son contradicteur le plus efficace en Kropotkine qui rappelons-le écrivit ses essais contradictoires d’Huxley sur l’entraide, facteur de l’évolution, comme antidote ultime à la fange sociale-darwiniste…) niait non seulement l’existence de la créativité depuis cette position métaphysique “plus haute”, mais aussi niait le fait que l’humanité puisse transcrire de manière unique les fruits de ces découvertes créatives en de nouvelles formes de progrès scientifique et technologique qui avait pour effet l’augmentation de la capacité de notre espèce de transcender nos “limites de croissance” (ou comme les néo-malthusiens modernes l’ont étiqueté notre “capacité de portage”)

Le magazine “Nature” perpétue son sombre héritage

Durant tout e XXème siècle, le magazine “Nature” a gagné une sale réputation en tant que défenseur et promoteur des modèles déductifs/inductifs de pensée qui ont détruit les carrières et les vies de beaucoup de scientifiques créatifs.

[NdT : s’ensuit ici l’exemple de l’immunologue Jacques Benveniste (1935-2004) qui fut victime d’une véritable chasse aux sorcières de la part du magazine pendant plus de 15 ans, à lire sur l’article original…]

Le combat d’aujourd’hui pour une science des causes

Que le CoV19 soit d’origine naturelle comme en atteste le magazine “Nature” ou qu’il soit né dans des laboratoires comme le pense le professeur Luc Montagnier, ce qui est certain est que la science peut être retardée momentanément, mais son flot évolutif ne peut pas être retenu pour toujours.

[…]

Décrivant les révolutions scientifiques à venir notemment en biologie, Montagnier a dit:

“Le jour où nous admettrons que les signaux peuvent avoir des effets tangibles, nous les utiliserons. a partir de ce moment là, nous seront capables de traiter les patients avec des ondes. Ceci est un nouveau domaine de médecine dont bien entendu les gens ont peur, tout spécialement l’industrie pharmaceutique… un jour nous serons capables de traiter les cancers en utilisant des fréquences ondulatoires.”

[…]

= = =

Lectures complémentaires:

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

=*=

Charles-Macdonald_Anthropologie_de_l’anarchie

lindispensable-de-pierre-kropotkine

Pierre_Kropotkine_L’anarchie-dans-l’evolution-socialiste-2eme-edition-1892

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

 

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Pierre Kropotkine ou l’antidote
… au fléau du darwinisme-social !

Résistance politique: Le droit d’ignorer l’État

Posted in actualité, démocratie participative, documentaire, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 14 septembre 2017 by Résistance 71

Il est très intéressant de noter que l’auteur de ce texte, Herbert Spencer,  allait devenir moins de 20 ans plus tard un des piliers du darwinisme-social, théorie de la justification oligarchique et fut à l’origine de l’expression de la « survie du plus fort » dans son ouvrage publié en 1864: « Principes de biologie ». En 1850, sa vision était pur le moins anarchisante. Renier ce qu’on a dit n’est pas le réfuter ni l’invalider… C’est pourquoi ce texte résonne toujours juste aujourd’hui.

~ Résistance 71 ~

 

Le droit d’ignorer l’État

 

Herbert Spencer (1850)

 

Publié en francais dans la “Brochure Mensuelle”, Octobre 1923

I

Comme corollaire à la proposition que toutes les institutions doivent être subordonnées à la loi d’égale liberté, nous devons nécessairement admettre le droit du citoyen d’adopter volontairement la condition de hors-la-loi. Si tout homme a la liberté de faire tout ce qu’il veut, pourvu qu’il n’enfreigne pas la liberté égale de quelque autre homme, alors il est libre de rompre tout rapport avec l’État, — de renoncer à sa protection et de refuser de payer pour son soutien. Il est évident qu’en agissant ainsi il n’empiète en aucune manière sur la liberté des autres, car son attitude est passive, et tant qu’elle reste telle il ne peut devenir un agresseur. Il est également évident qu’il ne peut être contraint de continuer à faire partie d’une communauté politique sans une violation de la loi morale, puisque la qualité de citoyen entraîne le paiement de taxes et que la saisie des biens d’un homme contre sa volonté est une infraction à ses droits. Le gouvernement étant simplement un agent employé en commun par un certain nombre d’individus pour leur assurer des avantages déterminés, la nature même du rapport implique qu’il appartient à chacun de dire s’il veut ou non employer un tel agent. Si l’un d’entre eux décide d’ignorer cette confédération de sûreté mutuelle, il n’y a rien à dire, excepté qu’il perd tout droit à ses bons offices et s’expose au danger de mauvais traitements, — une chose qui lui est tout à fait loisible de faire s’il s’en accommode. Il ne peut être maintenu de force dans une combinaison politique sans une violation de la loi d’égale liberté ; il peut s’en retirer sans commettre aucune violation de ce genre ; et il a, par conséquent, de droit de se retirer ainsi.

II

« Nulle loi humaine n’est d’aucune validité si elle est contraire à la loi de la nature, et telles d’entre les lois humaines qui sont valides tirent toute leur force et toute leur autorité, médiatement et immédiatement, de cet original. » Ainsi écrit Blackstone[1], dont c’est l’honneur d’avoir à ce point dépassé les idées de son temps, — et, vraiment, nous pouvons dire de notre temps. Un bon antidote, cela, contre ces superstitions politiques qui prévalent si largement. Un bon frein au sentiment d’adoration du pouvoir qui nous égare encore en nous conduisant à exagérer les prérogatives des gouvernements constitutionnels, comme jadis celles des monarques. Que les hommes sachent qu’une puissance législative n’est pas « notre Dieu sur la terre », quoique, par l’autorité qu’ils lui attribuent et par les choses qu’ils attendent d’elle, il semblerait qu’il l’imaginassent ainsi. Mieux, qu’ils sachent que c’est une institution servant à des fins purement temporaires, et dont le pouvoir, quand il n’est pas volé, est, tout au moins, emprunté.

Qui plus est, en vérité, n’avons-nous pas vu que le gouvernement est essentiellement immoral ? N’est-il pas la postérité du mal, portant autour d’elle toutes les marques de son origine ? N’existe-t-il pas parce que le crime existe ? N’est-il pas fort, ou, comme nous disons, despotique, quand le crime est grand ? N’y a-t-il pas plus de liberté — c’est-à-dire moins de gouvernement — à mesure que le crime diminue ? Et le gouvernement ne doit-il pas cesser quand le crime cesse, par le manque même d’objets sur lesquels accomplir sa fonction ? Non seulement le pouvoir des maîtres existe à cause du mal, mais il existe parle mal. La violence est employée pour le maintenir et toute violence entraîne criminalité. Soldats, policiers et geôliers, épée, bâtons et chaînes sont des instruments pour infliger de la peine, et toute infliction de peine est, par essence, injuste. L’État emploie les armes du mal pour subjuguer le mal et est contaminé également par les objets sur lesquels il agit et par les moyens à l’aide desquels il opère. La moralité ne peut le reconnaître, car la moralité, étant simplement une expression de la loi parfaite, ne peut donner nul appui à aucune chose croissant hors de cette loi et ne subsistant que par les violations qu’elle en fait. C’est pourquoi l’autorité législative ne peut jamais être morale, — doit toujours être seulement conventionnelle.

Il y a, pour cette raison, une certaine inconséquence dans l’essai de déterminer la position, la structure et la conduite justes d’un gouvernement par appel aux premiers principes de l’équité. Car, comme il vient d’être démontré, les actes d’une institution qui est imparfaite, à la fois par nature et par origine, ne peuvent être faits pour s’accorder avec la loi parfaite. Tout ce que nous pouvons faire est d’établir : premièrement, dans quelle attitude une puissance législative doit demeurer à l’égard de la communauté pour éviter d’être, par sa seule existence, l’injustice personnifiée ; deuxièmement, de quelle manière elle doit être constituée afin de se montrer le moins possible en opposition avec la loi morale ; et, troisièmement, à quelle sphère ses actions doivent être limitées pour l’empêcher de multiplier ces violations de l’équité pour la prévention desquelles elle est instituée.

La première condition à laquelle on doit se conformer avant qu’une puissance législative puisse être établie sans violer la loi d’égale liberté est la reconnaissance du droit maintenant en discussion, — le droit d’ignorer l’État.

III

Les partisans du pur despotisme peuvent parfaitement s’imaginer que le contrôle de l’État doit être illimité et inconditionnel. Ceux qui affirment que les hommes sont faits pour les gouvernements sont qualifiés pour soutenir logiquement que nul ne peut se placer au delà des bornes de l’organisation politique. Mais ceux qui soutiennent que le peuple est la seule source légitime de pouvoir, — que l’autorité législative n’est pas originale, mais déléguée, — ceux-là ne sauraient nier le droit d’ignorer l’État sans s’enfermer dans une absurdité.

Car, si l’autorité législative est déléguée, il s’ensuit que ceux de qui elle procède sont les maîtres de ceux à qui elle est conférée ; il s’ensuit, en outre, que comme maîtres ils confèrent ladite autorité volontairement ; et cela implique qu’ils peuvent la donner ou la retenir comme il leur plaît. Qualifier de délégué ce qui est arraché aux hommes, qu’ils le veuillent ou non, est une absurdité. Mais ce qui est vrai ici de tous collectivement est également vrai de chacun en particulier. De même qu’un gouvernement ne peut justement agir pour le peuple que lorsqu’il y est autorisé par lui, de même il ne peut justement agir pour l’individu que lorsqu’il y est autorisé par lui. Si A, B et C délibèrent, s’ils doivent employer un agent à l’effet d’accomplir pour eux un certain service, et si, tandis que A et B conviennent de la faire, C est d’un avis contraire, C ne peut être équitablement considéré comme partie à la convention en dépit de lui-même. Et cela doit être également vrai de trente comme de trois ; et si de trente, pourquoi pas de trois cents, ou trois mille, ou trois millions ?

IV

Des superstitions politiques auxquelles il a été fait allusion précédemment, aucune n’est aussi universellement répandue que l’idée selon laquelle les majorités seraient toutes-puissantes. Sous l’impression que le maintien de l’ordre exigera toujours que le pouvoir soit dans la main de quelque parti, le sens moral de notre temps juge qu’un tel pouvoir ne peut être convenablement conféré à personne sinon à la plus grande moitié de la société. Il interprète littéralement le diction : « La voix du peuple est la voix de Dieu », et transférant à l’un la sainteté attachée à l’autre, il conclut que la volonté du peuple — c’est-à-dire de la majorité — est sans appel. Cependant, cette croyance est entièrement fausse.

Supposez un instant que, frappée de quelque panique malthusienne, une puissance législative représentant dûment l’opinion publique projetât d’ordonner que tous le enfants à naître durant les dix années futures soient noyés. Personne pense-t-il qu’un tel acte législatif serait défendable ? Sinon, il y a évidemment une limite au pouvoir d’une majorité. Supposez encore que deux races vivant ensemble — Celtes et Saxons, par exemple, — le plus nombreuse décidât de faire des individus de l’autre race ses esclaves. L’autorité du plus grand nombre, en un tel cas, serait-elle valide ? sinon, il y a quelque chose à quoi son autorité doit être subordonnée. Supposez, une fois encore, que tous les hommes ayant un revenu annuel de mois de 50 livres sterling résolussent de réduire à ce chiffre tous les revenus que le dépassent et d’affecter l’excédent à des usages publics. Leur résolution pourrait-elle être justifiée ? Sinon, il doit être une troisième fois reconnu qu’il est une loi à laquelle la voix populaire doit déférer. Qu’est-ce donc que cette loi, sinon la loi de la pure équité, — la loi d’égale liberté ? Ces limitations, que tous voudraient mettre à la volonté de la majorité, sont exactement le droit d’une majorité d’assassiner, d’asservir et de voler, simplement parce que l’assassinat, l’asservissement et le vol sont des violations de cette loi, — violations trop flagrantes pour être négligées. Mais si de grandes violations de cette loi sont iniques, de plus petites le sont aussi. Si la volonté du grand nombre ne peut annuler le premier principe de moralité en ces cas-là, non plus elle ne le peut en aucun autre. De sorte que, quelque insignifiante que soit la minorité et minime la transgression de ses droits qu’on se propose d’accomplir, aucune transgression de ce genre ne peut être permise.

Quand nous aurons rendu notre constitution purement démocratique, pense en lui-même l’ardent réformateur, nous aurons mis le gouvernement en harmonie avec la justice absolue. Une telle foi, quoique peut-être nécessaire pour l’époque, est très erronée. En aucune manière, la coercition ne peut être rendue équitable. La forme de gouvernement la plus libre n’est que celle qui soulève le moins d’objections. La domination du grand nombre par le petit nombre, nous l’appelons tyrannie : la domination du petit nombre par le grand nombre est tyrannie aussi, mais d’une nature moins intense. « Vous ferez comme nous voulons, et non comme vous voulez » est la déclaration faite dans l’un et l’autre cas ; et si cent individus la font à quatre-vingt-dix-neuf, au lieu de quatre-vingt-dix-neuf aux cent, c’est seulement d’une fraction moins immoral. De deux semblables partis, celui, quel qu’il soit, qui fait cette déclaration et en impose l’accomplissement, viole nécessairement la loi d’égale liberté, la seule différence étant que par l’un elle est violée dans la personne que quatre-vint-dix-neuf individus, tandis que par l’autre elle est violée dans la personne de cent. Et le mérite de la forme démocratique du gouvernement consiste uniquement en ceci, — qu’elle offense le plus petit nombre.

L’existence même de majorités et de minorités est l’indice d’un état immoral. Nous avons vu que l’homme dont le caractère s’harmonise avec la loi morale peut obtenir le bonheur complet sans amoindrir le bonheur de ses semblables. Mais l’établissement d’arrangements publics par le vote implique une société composée d’hommes autrement constitués, — implique que les désirs de certains ne peuvent être satisfaits sans sacrifier les désirs des autres, — implique que dans la poursuite de son bonheur la majorité inflige une certaine somme de malheurà la minorité, — implique, par conséquent, l’immoralité organique. Ainsi, à un autre point de vue, nous découvrons de nouveau que même dans sa forme la plus équitable il est impossible au gouvernement de se dissocier du mal ; et, en outre, que, à moins que le droit d’ignorer l’État ne soit reconnu, ses actes doivent être essentiellement criminels.

V

Qu’un homme est libre de renoncer aux bénéfices de la qualité de citoyen et d’en rejeter les charges peut, en vérité, être inféré des admissions d’autorités existantes et de l’opinion actuelle. Quoique probablement non préparés à une doctrine aussi avancée que celle ici soutenue, les radicaux d’aujourd’hui, encore qu’à leur insu, professent leur foi en une maxime qui donne manifestement un corps à cette doctrine. Ne les entendons-nous pas continuellement citer l’assertion de Blackstone selon laquelle « Nul sujet anglais ne peut être contraint à payer des aides et des taxes, même pour la défense du royaume ou le soutien du gouvernement, sauf celles qui lui sont imposées par son propre consentement ou par celui de son représentant au Parlement » ? Et qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie, disent-ils, que tout homme devrait posséder le droit de vote. Sans aucun doute ; mais cela signifie bien davantage. S’il y a quelque sens dans les mots, c’est une énonciation précise du droit même pour lequel nous combattons à présent. En affirmant qu’un homme ne peut être taxé à moins qu’il n’ait, directement ou indirectement, donné son consentement, on affirme aussi qu’il peut refuser d’être ainsi taxé ; et refuser d’être taxé, c’est rompre toute connexion avec l’État. On dira peut-être que ce consentement n’est pas spécifique, mais général, et que le citoyen est sous-entendu avoir acquiescé à toute chose que son représentant puisse faire, quand il vota pour lui. Mais supposez qu’il n’ait pas voté pour lui et qu’au contraire il ait fait tout en son pouvoir pour élire quelqu’un soutenant des idées opposées — quoi alors ? La réplique sera probablement qu’en prenant part à une semblable élection, il convenait tacitement de s’en tenir à la décision de la majorité. Et comment s’il n’a pas voté du tout ? Mais alors il ne peut à bon droit se plaindre d’aucune taxe, puisqu’il n’éleva aucune protestation contre son imposition ! Ainsi, assez curieusement, il paraît qu’il donnait son consentement de quelque manière qu’il agît, — soit qu’il dît : « Oui », qu’il dît : « Non » ou qu’il restât neutre ! Une doctrine plutôt embarrassante, celle-là ! Voilà un infortuné citoyen à qui il est demandé s’il veut payer pour un certain avantage proposé ; et, qu’il emploie le seul moyen d’exprimer son refus ou qu’il ne l’emploie pas, il nous est fait savoir que pratiquement il y consent, si seulement le nombre des autres qui y consentent est plus grand que le nombre de ceux qui s’y refusent. Et ainsi nous sommes amenés à l’étrange principe que le consentement de A à une chose n’est pas déterminé par ce que A dit, mais par ce que B peut arriver à dire !

C’est à ceux qui citent Blackstone de choisir entre cette absurdité et la doctrine exposée plus haut. Ou sa maxime implique de droit d’ignorer l’État ou elle est pure sottise.

VI

Il y a une singulière hétérogénéité dans nos fois politiques. Des systèmes qui furent à la mode et çà et là commencèrent à laisser passer le jour sont rapiécés de fond en comble avec des idées modernes dissemblables en qualité et en couleur ; et les hommes, gravement, déploient ces systèmes, s’en revêtent et se promènent en paradant à la ronde, tout à fait inconscients de leur grotesque. Notre présent état de transition, participant comme il le fait, également du passé et du futur, donne naissance à des théories hybrides où se manifeste l’assemblage le plus disparate du despotisme passé et de la liberté future. Voici des types de l’ancienne organisation curieusement déguisés sous les germes de la nouvelle — des particularités montrant l’adaptation à un état antécédent modifié par des rudiments qui prophétisent quelque chose à venir — faisant tous ensemble un mélange si chaotique de parentés que rien n’indique à quelle classe ces enfants du siècle devraient être rattachés.

Comme les idées doivent nécessairement porter l’empreinte du temps, il est inutile de déplorer le consentement avec lequel ces absurdes croyances sont soutenues. D’ailleurs, il semblerait regrettable que les hommes ne continuassent pas jusqu’à la fin les enchaînements de raisonnements qui ont mené à ces modifications partielles. Dans le cas présent, par exemple, la logique les forcerait à admettre que, sur d’autres points à côté de celui qui vient d’être examiné, ils soutiennent des opinions et emploient des arguments dans lesquels le droit d’ignorer l’État est contenu.

Car, quelle est la signification du non-conformisme ? Il fut un temps où la foi religieuse d’un homme et son mode de culte étaient déterminables par la loi à l’égal de ses actes séculiers ; et, conformément à certaines dispositions existant dans nos lois, il en est encore ainsi. Cependant, grâce à la croissance d’un esprit protestant, nous sommes parvenus à ignorer l’État en cette matière, — entièrement en théorie et partiellement en pratique. Mais de quelle manière ? En adoptant une attitude qui, pourvu qu’elle soit maintenue en conformité avec son principe, implique un droit d’ignorer l’État entièrement. Observez l’attitude des deux partis. « Ceci est votre credo », dit le législateur, « vous devez croire et professer ouvertement ce qui est fixé ici pour vous. » — « Je ne ferai rien de la sorte », répond le non-conformiste, « j’irai plutôt en prison ».

— « Vos actes religieux », poursuit le législateur, « seront tels que nous les avons prescrits. Vous irez aux églises que nous avons fondées et vous adopterez les cérémonies qui y seront célébrées ». — « Rien ne m’induira à faire ainsi », est la réplique ; « je nie absolument votre pouvoir de me dicter quoi que ce soit en pareille matière et me propose de résister jusqu’à la dernière extrémité ». — « Enfin », ajoute le législateur, « nous vous requerrons de payer telles sommes d’argent que nous pourrons juger à propos de demander pour le soutien de ces institutions religieuses ». — « Vous ne tirerez pas un liard de moi », se récrie notre obstiné indépendant ; « même si je croyais dans les dogmes de votre Église (ce que je ne fais pas), je me rebellerais encore contre votre intervention, et si vous prenez ce que je possède, ce sera par la force et malgré ma protestation ».

Or, à quoi se réduit cette manière d’agir quand elle est considérée dans l’abstrait ? Elle se réduit à une affirmation par l’individu du droit d’exercer une de ses facultés — le sentiment religieux — en toute liberté et sans aucune limite autre que celle assignée par le droit égal d’autrui. Et que signifie l’expression : « Ignorer l’État » ? Simplement une affirmation du droit d’exercer de la même manière toutes les facultés. L’un est exactement une continuation de l’autre, — repose sur le même fondement que l’autre, — doit tenir ou tomber avec l’autre. De bonne foi, les hommes parlent de la liberté civile et de la liberté religieuse comme de choses différentes ; mais la distinction est tout à fait arbitraire. Elles sont parties d’un même tout et philosophiquement ne peuvent être séparées.

« Si, elles le peuvent », interpose un objecteur, « l’affirmation de l’une est impérative comme étant un devoir religieux. La liberté d’honorer Dieu de la manière qui lui semble convenable est une liberté sans laquelle un homme ne peut accomplir ce qu’il croit être des commandements divins, et, en conséquence sa conscience exige de lui qu’il la défende. » Fort bien ; mais comment si la même chose peut être affirmée de toute autre liberté ? Comment si la défense de celle-ci se transforme aussi en une matière de conscience ? N’avons-nous pas vu que le bonheur humain est la volonté divine, — que ce bonheur ne peut être obtenu que par l’exercice de nos facultés — et qu’il est impossible de les exercer sans la liberté ? Et si cette liberté pour l’exercice des facultés est une condition sans laquelle la volonté divine ne peut être accomplie, sa défense est, suivant la propre démonstration de notre objecteur, un devoir. En d’autres termes, il est manifeste, non seulement que la défense de la liberté d’action peut être un point de conscience, mais encore qu’elle doit en être un. Et ainsi nous voyons clairement que le droit d’ignorer l’État en matière religieuse et le droit d’ignorer l’État en matière séculière sont par essence identiques.

L’autre raison communément assignée à la non-conformité admet un traitement similaire. Outre qu’il résiste à la prescription de l’État par principe, le dissident y résiste par désapprobation de la doctrine enseignée. Aucune injonction législative ne lui fera adopter ce qu’il considère comme une croyance fausse ; et, se souvenant de son devoir envers ses semblables, il refuse d’aider, au moyen de sa bourse, à disséminer cette croyance fausse. L’attitude est parfaitement compréhensible. Mais c’est une attitude qui, ou conduit aussi ses adhérents à la non-conformité civile, ou les laisse dans un dilemme. Car pourquoi refusent-ils de contribuer à propager l’erreur ? Parce que l’erreur est contraire au bonheur humain. Et pour quel motif désapprouve-t-on une partie quelconque de la législation civile ? Pour la même raison, — parce qu’on la juge contraire au bonheur humain. Comment alors pourrait-il être démontré qu’on doit résister à l’État dans un cas et non dans l’autre ? Personne affirmera-t-il délibérément que, si un gouvernement nous demande de l’argent pour aider à enseigner ce que nous pensons devoir produire le mal, nous devons le lui refuser, mais que, si l’argent est destiné à faire ce que nous pensons devoir produire le mal, nous ne devons pas le lui refuser ? Telle est, cependant, l’encourageante proposition qu’ont à soutenir ceux qui reconnaissent le droit d’ignorer l’État en matière religieuse, mais le nient en matière civile.

VII

La substance de ce chapitre nous rappelle une fois de plus l’incompatibilité existant entre une loi parfaite et un État imparfait. La praticabilité du principe ici posé varie en raison directe avec la moralité sociale. Dans une communauté entièrement vicieuse, son admission engendrerait le désordre. Dans une communauté complètement vertueuse, son admission sera à la fois inoffensive et inévitable. Le progrès vers une condition de santé sociale — c’est-à-dire une condition où il n’y aura plus besoin des mesures curatives de la législation — est le progrès vers une condition où ces mesures curatives seront rejetées et où l’autorité qui les prescrit sera méprisée. Les deux changements seront nécessairement coordonnés. Ce sens moral sont la suprématie rendra la société harmonieuse et le gouvernement inutile est le même sens moral qui alors portera chaque homme à affirmer sa liberté, même au point d’ignorer l’État, — est le même sens moral qui, en détournant la majorité de contraire la minorité, rendra finalement le gouvernement impossible. Et comme les manifestations simplement différentes d’un même sentiment doivent montrer un rapport constant de l’une à l’autre, la tendance à répudier les gouvernements augmentera seulement dans la même mesure où les gouvernements deviendront inutiles.

Que personne ne soit donc alarmé à la divulgation de la doctrine qui précède. De nombreux changements se succéderont encore avant qu’elle puisse commencer à exercer beaucoup d’influence. Un grand laps de temps s’écoulera probablement avant que le droit d’ignorer l’État soit généralement admis, même en théorie. Plus de temps encore se passera avant qu’il reçoive la reconnaissance législative. Et même alors, il y aura abondance de freins à son exercice prématuré. Une âpre épreuve instruira suffisamment ceux qui seraient susceptibles d’abandonner trop tôt la protection légale. Cependant, il y a dans la majorité des hommes un tel amour des arrangements établis et une si grande terreur des expériences que, vraisemblablement, ils s’abstiendront d’user de ce droit jusqu’à longtemps après qu’il sera sans danger de le faire.