Archive pour henry kissinger criminel de guerre

Résistance politique: la pourriture néo-conservatrice continue de gangréner les relations internationales (Paul Craig Roberts)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, économie, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 29 décembre 2016 by Résistance 71

Que fait Kissinger ?

 

Paul Craig Roberts

 

28 décembre 2016

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2016/12/28/what-is-henry-kissinger-up-to-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’agence de presse russe de langue anglaise Sputnik rapporte que l’ancien ministre des AE américain Henry Kissinger est en train de conseiller le président élu Donald Trump sur le comment “ramener les Etats-Unis et la Russie proche l’un de l’autre afin de contre-balancer la monté en puissance militaire de la Chine.

https://sputniknews.com/politics/201612271049024500-kissinger-trump-russia/

Si on prend ce rapport comme du bon pain, cela nous dit que Kissinger, un vieux guerrier de la guerre froide (NdT: et ami de Poutine qu’il côtoie depuis la fin des années 90), travaille en ce moment pour utiliser la bonne volonté de Trump à établir de meilleures relations avec la Russie afin de séparer celle-ci de son aliance stratégique avec la Chine.

Note de R71: N’oublions pas que Kissinger est le protégé de toujours de David Rockefeller, l’héritier de l’empire Rockefeller, fondé sur la Standard Oil devenue depuis… Exxon-Mobil. Kissinger est l’homme de l’ombre de la « normalisation » des relations entre la Chine et les USA sous l’ère Nixon. La Chine est partie prenante du NOM, il faut maintenant récupérer la Russie. C’est la fonction de Trump ! Tout le reste n’est que blablabla et poudre aux yeux…

Le développement militaire de la Chine est une réponse directe aux provocations américaines contre celle-ci et l’affirmation des Etats-Unis sur un droit dans la Mer de Chine méridionale car étant une zone d’intériet national pour l’empire. La Chine n’a certainement aucune intention d’attaquer les Etats-Unis et encore moins la Russie.

Kissinger, qui fut mon collègue au Centre d’Études Internationales Stratégiques (CSIS) pendant une douzaine d’années, est parfaitement au courant de l’existence d’une élite pro-américaine en Russie et il travaille à créer pour elle une “menace chinoise” qu’ils pourront utiliser dans leur effort de mener la Russie dans les bras de l’occident. Si cet effort est couronné de succès, la souveraineté de la Russie sera érodée, exactement comme toute souveraineté des autres pays alliés des Etats-Unis.

A la dernière conférence de presse du président Poutine ( http://www.informationclearinghouse.info/46100.htm ), le journaliste Marat Sagadatov a demandé si la Russie n’était pas déjà sujette à une forme de semie-domination étrangère: “notre économie, industrie, nos ministères et agences suivent souvent les règles mises en place par des organisations internationales et sont gérés par des entreprises consultatives. Même nos entreprises de défense ont des firmes consultatives étrangères qui les auditent et les évaluent.” Le jourmaliste demanda “s’il n’était pas un peu temps d’importer quelques substitutions dans ce domaine également ?

Chaque Russe a besoin de comprendre que faire partie de l’occident veut dire vivre sous les règles et les diktats de Washington. Le seul pays de l’alliance occidentale qui a une politique économique et étrangère indépendante, ce sont les Etats-Unis.

Nous devons vraiment tous comprendre que bien que Trump ait été élu président, les nouveaux cons(ervateurs) demeurent dominant dans la politique étrangère américaine et leur motivation et dédication envers l’hégémonie américaine comme seule super-puissance sont aussi fortes qu’elles ne l’ont jamais été. L’idéologie néo-conservatrice a été institutionnalisée dans de grands segments de la CIA, du ministère des AE et du Pentagone (ministère de la défense). Les nouveaux cons maintiennent leur influence dans les médias, les think tanks, les facultés universitaires, les fondations de tout poil et bien sûr au Council on Foreign Relations (CFR).

Nous devons aussi comprendre que Trump a une grande gueule dans le rôle du “dur à cuire” et dira certaines choses qui pourront être mal interprêtées, comme mon ami Finian Cunningham dont je lis toujours les colonnes en général avec délectation, a bien pu faire récemment. ( http://www.informationclearinghouse.info/46103.htm ).

Je ne sais pas si Trump va prévaloir sur la vaste conspiration néo-con ; mais il semble assez clair néanmoins qu’il soit sérieux au sujet de réduire les tensions avec la Russie, tensions qui se sont accumulées depuis que le président Bill Clinton a violé la promesse du gouvernement Bush (père) à savoir que les Etats-Unis n’étendraient pas leur influence d’un centimètre vers l’Est (après la chute de l’URSS et du bloc de l’Est). A moins que Trump ne soit sérieux à ce sujet il n’y a aucune raison pour lui de nommer comme ministre des AE Rex Tillerson le PDG d’Exxon-Mobil. En 2015, Tillerson a reçu l’Ordre de l’Amitié russe. (NdT: Notons encore que depuis 2011 et l’attaque par procuration de la Syrie à cause du refus du gazoduc qatari-Exxon, il a été dit a plusieurs reprise que c’est toujours “business as usual” entre Exxon-Mobil et les géants russes des hydrocarbures Rosneft et GazProm… Nous avions dit à l’époque qu’il était de fait permis de douter des gesticulations de la Russie au Moyen-Orient…)

Comme l’a fait remarquer le professeur Michel Chossudovsky, une transnationale comme Exxon-Mobil a des intérêts différents de ceux du complexe militaro-industriel. (NdT: ceci n’est que partiellement vrai, car le complexe militaro-industriel protège les intérêts vitaux d’Exxon-Mobil et des autres transnationales gravitant dans la sphère yankee ; de plus, Exxon-Mobil a de gros investissements dans le complexe militaro-industriel, dont certains composants ont des intérêts avec Exxon et d’autres… Il y a malgré tout une grande convergence d’intérêt.). Ce complexe a besoin d’une puissante menace comme l’ex-“grosse menace soviétique”, qui a été transformée en “menace russe”, afin de justifier le maintien d’un budget militaire annuel de l’ordre des 1000 milliards de dollars. Par contraste, Exxon veut faire partie de la sphère d’affaire énergétique russe. Donc, en tant que ministre des AE, Tillerson est motivé pour parvenir à de meilleures et bonnes relations entre les Etats-Unis et la Russie, tandis que pour le complexe militaro-industriel, de bonnes relations minimisent la peur orchestrée sur laquelle le complexe survit (NdT: une “menace” de perdue… 10 de retrouvées…)

Clairement, le complexe MI et les nouveaux cons voient Trump et Tillerson comme des menaces, c’est pourquoi les magnats nouveaux cons et de l’armement se sont si véhémentement opposés à Trump et pourquoi le directeur de la CIA John Brennan a proféré des accusations sauvages et sans aucun support sur la soi-disant interférence russe dans le processus électoral des élections présidentielles américaines.

Les lignes sont tracées. Le prochain test sera celui de voir si Trump peut obtenir une confirmation du Sénat de son choix de Tillerson comme ministre des AE.

Il y a un grand mythe qui veut que Reagan ait gagné la guerre froide en brisant financièrement l’URSS avec une course à l’armement. Étant un de ceux qui furent impliqués dans les efforts de Reagan pour mettre fin à la guerre froide, je me retrouve une fois de plus dans la position de corriger ce qui est dit.

Reagan n’a jamais parlé de gagner la guerre froide. Il a parlé d’y mettre fin. D’autres officiels de son gouvernement ont dit la même chose et Pat Buchanan peut en témoigner.

Reagan voulait mettre un terme à la guerre froide et non pas la gagner. Il parla de ces “maudites” armes nucléaires. Il pensait que l’économie soviétique éprouvait trop de difficultés pour pouvoir être compétitive dans une course à l’armement. Il pensait qu’il pourrait le premier vaincre la stagflation qui affligeait l’économie américaine et qu’il pourrait forcer les soviétiques à venir à la table des négociations en lançant la course à l’armement. “Sa “guerre des étoiles” n’était essentiellement qu’une fantaisie. Les soviétiques ont-ils cru ou pas à cette menace de la course à l’armement on ne le sait pas mais la gauche américaine elle, y a cru et n’en ai jamais sorti…

Reagan n’avait aucune intention de faire s’effondrer l’URSS ou de la dominer. A l’inverse de Clinton, de Bush et d’Obama, il n’était pas contrôlé par des nouveaux cons. Reagan a viré et a fait traduire en justice les nouveaux cons de son administration lorsque ceux-ci menaient des opérations derrière son dos et bafouaient la loi.

L’URSS ne s’est pas effondrée à cause de la détermination de Reagan à mettre fin à la guerre froide. L’effondrement de l’URSS fut le résultat du travail de la ligne dure communiste qui croyait que Gorbatchev était en train de relâcher la prise du PC de manière trop rapide et que Gorbatchev était une menace à l’existence de l’URSS ; ils le placèrent en assignation à résidence. Ce fut ce coup de la ligne dure du PCUS contre Gorbatchev qui mena Eltsin au pouvoir. Personne ne s’attendait à l’effondrement de l’URSS.

Le complexe MI américain ne voulait pas que Reagan mette un terme à la guerre froide, car la guerre froide était la fondation même des profits et du pouvoir de ce complexe. La CIA dit alors à Reagan que s’il renouvelait la course à l’armement, les Soviétiques gagneraient, parce qu’ils contrôlaient l’investissement et pouvaient alouer une plus grande part de leur économie à l’armée que Reagan ne pouvait le faire.

Reagan ne croyait aucunement l’affirmation de la CIA que l’URSS pouvait prévaloir dans une course à l’armement. Il forma un comité secret et donna à ce comité le pouvoir d’enquêter sur cette affirmation de la CIA. Le comité en vint à la conclusion que la CIA protégeait ses prérogatives. Je sais tout cela parce que je fus moi-même membre de ce comité.

Le capitalisme américain et la sécurité sociale fonctionneraient bien mieux sans ce boulet sur le budget qu’est le complexe MI. Il est plus correct de dire que le complexe MI veut une menace majeure et non pas une course à l’armement. Des terroristes musulmans sans base réelle ne sont pas une menace suffisante pour une telle puissance militaire américaine et le problème avec une course à l’armement au lieu d’une menace est que les corporations américaines de l’armement devraient produire du matériel qui fonctionne plutôt que des dépassements de budget tentaculaires qui boostent les bénéfices…

Le tout dernier navire lance-missile US est tombé deux fois en panne et a dû être remorqué au port. L’avion F-35 est un gouffre à fric sans aucune fin en vue, il a d’énormes problèmes (NdT: même les pilotes d’essais refusent de voler dedans..) ( http://www.stopthef35.com/pentagon-f-35-wont-have-a-chance-in-real-combat/ ) et de toute façon il est déjà quasiment obsolète avant même d’être opérationnel à 100%. Les missiles russes sont hypersoniques. Les chars russes sont supérieurs en tout. La puissance explosive nucléaire des missiles de croisières inter-continentaux russes Satan II (classification OTAN) est terrifiante. Le moral des troupes russes est au plus haut. Elles ne sont pas épuisées par plus de 15 ans de guerres inutiles et sans fin contre des femmes et des enfants.

Etant donné la nature foncièrement corrompue du complexe MI américain, Washington peut se lancer à qui mieux mieux dans une nouvelle course à l’armement, il ne sera pas un danger ni pour la Russie, ni pour la Chine et encore moins contre l’alliance stratégique des deux puissances.

Les nouveaux cons sont discrédités mais ils sont toujours de forte influence sur la politique étrangère américaine. Jusqu’à ce que Trump ne les relègue au fin fond des turpitudes idéologiques, la Russie et la Chine ont tout intérêt à maintenir leur alliance stratégique. Quiconque tente de briser cette alliance est une menace pour la Russie et la Chine et pour les Etats-Unis ainsi que pour toute vie sur terre.

Henry Kissinger porte-parole du Nouvel Ordre Mondial et la « bonne conscience » impérialiste…

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Protégé du départ de David Rockefeller, co-fondateur avec son maitre de la commission trilatérale, conseiller à la sécurité de Nixon et Ford, rédacteur du memorandum sur la sécurité nationale 200 pour le contrôle des populations, grand eugéniste et criminel de guerre, envoyé spécial de préparation de terrain pour la normalisation des relations sino-américaines, protecteur et instigateur des juntes militaires sud-américaines des années 1970, présenté comme le plus grand criminel de guerre encore en vie, Henry Kissinger ou une vie au service de l’élitisme et de l’impérialisme forcenés. Une des plus superbes ordures que la terre ait porté, détesté, craint ou encensé, il est l’incarnation de la pourriture occidentale dans toute sa splendeur. Toujours plus inquiétant ? C’est un ami de longue date de Vladimir Poutine, alors amitié rééelle, feinte, de circonstance ou manœuvre de grand maître des échecs ?… bien malin qui pourrait le dire… c’est bien pour cela que c’est inquiétant…

~ Résistance 71 ~

 

Henry Kissinger a t il une conscience ?

Jon Lee Anderson

12 octobre 2016

url de l’article en français:

http://www.legrandsoir.info/henry-kissinger-a-t-il-une-conscience-new-yorker.html

Le mois de mai dernier, alors que le président Obama se rendait en Argentine pour se réunir avec le nouveau président, Mauricio Macri, ses apparitions publiques ont été tourmentées par des manifestants qui ont bruyamment demandé des explications, ainsi que des excuses, au sujet des pratiques étasuniennes, passées et actuelles. Il existe peu de pays en Occident où l’antiaméricanisme s’exprime aussi vigoureusement qu’en Argentine, où une culture très politisée de la plainte a évolué vers une situation dans laquelle de nombreux problèmes du pays sont reprochés aux Etats-Unis. Il existe à gauche, tout particulièrement, une rancune persistante à cause du soutien octroyé par le gouvernement des Etats-Unis à l’aile droite militaire Argentine, qui a pris le pouvoir en mars 1976 et a instauré une « Guerre sale » contre la gauche, causant la mort de milliers de vies durant les sept années qui suivirent.

La visite d’Obama a coïncidé avec le quarantième anniversaire du coup d’État. Il a précisément rendu hommage aux victimes de la Guerre sale en visitant un sanctuaire construit en leur honneur dans la périphérie de Buenos Aires. Lors d’un discours prononcé à cet endroit, Obama a reconnu ce qu’il a appelé le « péché par omission américain« , mais sans aller jusqu’à présenter de véritables excuses. « Les démocraties doivent avoir le courage de reconnaître lorsqu’elles ne sont pas à la hauteur des principes qu’elles proclament, (…) et nous avons été trop lents à parler franchement de la question des droits de l’homme, et ce fut le cas ici. »

Durant la période préparatoire du voyage d’Obama, Susan Rice, la conseillère pour la sécurité nationale du président, avait annoncé l’intention du gouvernement de déclassifier des milliers de documents de l’armée étasunienne et des services secrets appartenant à cette période tumultueuse de l’histoire Argentine. Un geste de bonne volonté dans le but de souligner les efforts en cours mis en place par Obama pour changer la dynamique des relations entre les Etats-Unis et l’Amérique latine – « pour enterrer les derniers vestiges de la Guerre Froide« , comme il l’avait signalé à La Havane lors de ce même voyage.

La semaine dernière, une première tranche de ces documents déclassifiés a été publiée. Les documents révèlent que des fonctionnaires de la Maison Blanche et du Département d’Etat étaient très au fait du caractère sanguinaire de l’armée argentine, et que certains de ces fonctionnaires étaient horrifiés par ce qu’ils savaient. D’autres, tout particulièrement Henry Kissinger, ne l’étaient pas du tout. Dans un câble de 1978, l’ambassadeur étasunien, Raul Castro, écrit à propos d’une visite de Kissinger à Buenos Aires, où il était reçu en tant qu’invité du dictateur, Jorge Rafael Videla, alors que le pays recevait la Coupe du Monde : « Mon unique préoccupation est que le concert intarissable d’éloges de Kissinger au sujet des mesures prises par l’Argentine pour éradiquer le terrorisme ne soit trop monté à la tête de ses hôtes« , écrivit Castro. L’ambassadeur poursuivit anxieusement : « Nous courons le risque que l’Argentine utilise les éloges de Kissinger comme justification pour durcir sa position vis-à-vis des droits de l’homme. »

Les dernières révélations dévoilent le portrait d’un Kissinger qui a agi comme l’incitateur impitoyable, pour ne pas dire co-conspirateur actif, des régimes militaires latino-américains impliqués dans des crimes de guerre. Des documents déclassifiés antérieurement, sous l’administration Clinton, avaient déjà prouvé que Kissinger, non seulement était au courant des agissements des militaires, mais aussi qu’il les avait activement encouragés. Deux jours après le coup d’Etat en Argentine, Kissinger est briefé par son Secrétaire d’Etat assistant pour les affaires Inter-Américaines, William Rogers, qui le prévient : « Je pense qu’il faut s’attendre à pas mal de répression, probablement à une bonne dose de sang, d’ici peu en Argentine. Je pense qu’ils vont devoir s’en prendre très durement non seulement aux terroristes mais aussi aux dissidents des syndicats et des partis opposants. » Ce à quoi Kissinger répond, « Quelles que soient les risques qu’ils encourent, ils auront besoin d’un peu d’encouragement… et je veux vraiment les encourager. Je ne veux pas leur donner l’impression qu’ils ont les Etats-Unis sur le dos. »

Sous la direction de Kissinger, il est certain que [les militaires] n’étaient pas tourmentés. Juste après le coup d’Etat, Kissinger a envoyé son soutien aux généraux et a renforcé ce message en approuvant un ensemble de mesures d’assistance sécuritaire américaine. Durant une réunion avec le Ministre argentin des Affaires étrangères, deux mois plus tard, Kissinger lui conseilla en clignant de l’œil, d’après le mémo de la conversation archivé, « Nous sommes conscients de la période difficile que vous traversez. Ce sont des temps étranges, où les activités politiques, criminelles et terroristes tendent à se rejoindre sans séparation claire. Nous comprenons que vous deviez rétablir votre autorité. .. S’il y a des choses à faire, vous devriez les faire rapidement. »

Les forces militaires argentines ont fait un coup d’Etat afin d’étendre et d’institutionnaliser une guerre qui était déjà en cours contre les guérillas de gauche et leurs sympathisants. Ils appelèrent cette campagne le Processus de Réorganisation Nationale, ou plus simplement « le processus ». Durant la Sale guerre, nous le savons bien aujourd’hui, jusqu’à 30 000 personnes ont été enlevées, torturées et exécutées par les forces de sécurité. Des centaines de suspects ont été enterrés anonymement dans des fosses communes, des milliers d’autres furent déshabillés, drogués, embarqués dans des avions militaire et lancés en plein vol à la mer, vivants. Le terme « los desaparecidos  » – « les disparus » – est depuis devenu un apport de l’Argentine au vocabulaire de l’humanité.

Pendant la période du coup d’Etat, Gerald Ford était le président intérimaire des Etats-Unis et Henry Kissinger avait la double fonction de Secrétaire d’Etat et conseiller pour la Sécurité nationale, postes qu’il avait déjà occupé pendant l’administration de Nixon. Immédiatement après les événements en Argentine, suite aux recommandations de Kissinger, le Congrès des États-Unis a approuvé la demande d’assistance en matière de sécurité de la junte pour un montant de 50 millions de dollars, auxquels se sont ajoutés 30 millions de dollars avant la fin de cette même année. Des programmes d’entraînement militaires et des ventes d’avion pour une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars ont aussi été autorisés. En 1978, après un an de présidence de Jimmy Carter, les inquiétudes en matière de violations des droits de l’homme ont mis fin à l’aide étasunienne. Plus tard, la nouvelle administration a cherché à écarter la junte militaire de toute assistance financière internationale. Néanmoins, ces restrictions ont été annulées avec l’arrivée de Reagan à la Maison-Blanche, début 1981.

Dans les faits, Kissinger n’a jamais été inquiété pour ses actions au Chili, où des milliers de personnes ont été assassinées par les hommes de main de Pinochet, ou pour le Vietnam ou le Cambodge, où il a ordonné des bombardements aériens à grande échelle qui ont couté la vie d’innombrables civils. L’un de ces principaux critiques, feu Christopher Hitchens, a publié en 2001 un pavé accusateur – »Le Procès de Henri Kissinger » – dans lequel il réclamait que Kissinger soit poursuivi « pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité, et pour infractions contre le droit coutumier ou international, incluant la conspiration pour commettre des meurtres, des enlèvements, et la torture« .

En pleine Guerre Sale, bien entendu, les généraux argentins nièrent tout simplement tout événement malencontreux. Interrogés au sujet des « disparus« , le leader du coup d’Etat, le Général Videla, expliqua avec une froide ambiguïté, « Les disparus sont simplement cela : des disparus. Ils ne sont ni vivants ni morts. Ils sont disparus« . D’autres officiers suggéraient que les disparus étaient probablement en train de se cacher, préparant des actions terroristes contre la patrie. En réalité, la grande majorité d’entre eux était brutalisée par des agents gouvernementaux dans des prisons secrètes, pour être ensuite – ans la plupart des cas – exécutés. Comme en Allemagne durant l’holocauste, une grande partie de la population argentine comprenait ce qu’il se passait, mais gardait le silence dans un esprit de complicité, ou de peur. Signe d’une époque durant laquelle il était plus simple de se voiler la face, les Argentins qui assistaient à l’enlèvement de leurs voisins par des policiers en civil pour ne jamais revenir adoptèrent une expression qui devint populaire dans le pays : « Algo habrán hecho » – « Ils ont sûrement fait quelque chose« .

De nombreuses preuves sont là pour confirmer l’insensibilité totale de Kissinger, pour certaines aussi inexplicables que choquantes. Il y a aussi une attitude machiste dans certaines de ses remarques. Cela pourrait se comprendre, peut-être, s’il n’avait jamais vraiment exercé de pouvoir, comme c’est le cas jusqu’à maintenant du candidat à la présidence Donald Trump et ses offenses gratuites. Et puis l’on se rend compte que Kissinger, la plus ancienne et emblématique figure de paria de l’histoire moderne des États-Unis, n’est qu’un individu parmi toute une série de personnages à la fois craints et méprisés à cause de l’immoralité des services qu’ils ont rendu mais toujours protégés par l’establishment politique en reconnaissance de ces mêmes services. Les noms de William Tecumseh Sherman, Curtis LeMay, Robert McNamara, et, plus récemment, Donald Rumsfeld, nous viennent à l’esprit.

Dans le remarquable documentaire d’Errol Morris The Fog War (2003), nous voyions que Mc Namara, qui était un octogénaire à l’époque, était un homme tourmenté qui affrontait ses vieux démons, sans y parvenir, à cause du fardeau moral dû à ses actions en tant que Secrétaire de la Défense américain pendant la Guerre du Vietnam. Il a récemment publié un mémoire dans lequel il tente de faire face à son héritage. A cette période, un journaliste nommé Stephen Talbot l’a interviewé, et a ensuite obtenu une interview avec Kissinger. Il écrivit plus tard sur sa première rencontre avec Kissinger : « Je lui ai dit que je venais d’interviewer Robert McNamara à Washington. Ça a retenu son attention, tout d’un coup il est devenu sérieux et puis il a fait quelque chose d’extraordinaire. Il a commencé à pleurer. Mais non, pas avec de vraies larmes… Tout juste devant moi, Henri Kissinger était en train de faire du théâtre. « Boohoo, boohoo, » fit-il, en imitant un bébé qui pleure en frottant ses yeux. « Il s’autoflagelle encore n’est-ce pas ? Il se sent encore coupable. » Il dit cela d’une voix chanteuse et d’un ton moqueur, en se tapotant le cœur. »

McNamara est mort en 2009,à l’âge que Kissinger a aujourd’hui – 93 ans – mais les problèmes de conscience qu’il a publiquement exprimés vers la fin de sa vie ont aidé à adoucir sa sombre réputation. Maintenant qu’il approche la fin de sa vie, Kissinger doit se demander quel sera son propre héritage. Il peut être sûr que, au moins, son inébranlable soutien au projet de la superpuissance américaine, peu importe ce qu’il aura coûté en vies, représentera une grande part de cet héritage. Néanmoins, contrairement à McNamara qui aura tenté d’exprimer une certaine repentance tant méprisée par Kissinger, celui-ci n’a fait que démontrer qu’il ne possédait pas de conscience. Et c’est pour cela qu’il paraît fort probable que l’histoire ne l’acquittera pas si facilement.

Jon Lee Anderson, est un journaliste, contributeur du New Yorker depuis 1998.

The New Yorker est un magazine hebdomadaire étasunien fondé en 1935 qui publie des reportages mais aussi de la critique, des essais, des bandes dessinées, de la poésie et des fictions. Depuis 2004, il a soutenu les candidats démocrates à la Maison Blanche. Il est catalogué comme étant de tendance libérale.

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Kissinger sur Résistance 71

Nouvel Ordre Mondial: Énième rencontre Poutine Kissinger… Pas de deux pour une danse macabre ?

Posted in actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 5 février 2016 by Résistance 71

S’ensuit ici un article assez lapidaire de RT en anglais, qui n’a pas été repris par RT France a notre connaissance et que nous traduisons ici. Cet article “entrefilet”, lancé entre le fromage et le dessert, fait état de la énième rencontre entre Poutine et son ami de longue date Kissinger.

Il suffit de lire l’auto-portrait de Poutine fait en 2000 sous forme de long entretien par trois journalistes russes: “First Person”, publié en anglais aux éditions Public Affairs(*voir notre commentaire sous l’article), pour savoir les circonstances de la première rencontre entre Poutine et Kissinger (p. 80-81): Dans les années 1990, après la chute de l’URSS, sous Boris Eltsine, Poutine était alors adjoint au maire de Léningrad, redevenue St Pétersbourg. Il fut envoyé à l’aéroport accueillir Henry Kissinger (**voir note sous l’article), qui était en mission en Russie pour la Commission Kissinger-Sobchak, dévouée au “développement” de St Pétersbourg. Les deux hommes sont dans la voiture en chemin vers la ville:

“Nous roulâmes vers la résidence. En chemin, il me demanda d’où je venais et ce que je faisais. C’était un vieux monsieur assez inquisiteur. Il a toujours l’air de s’endormir, mais en fait est très alerte à tout ce qui se passe et se dit autour de lui. Nous communicâmes au travers d’un interprète. Il me demanda: ‘avez-vous travaillé ici depuis longtemps ?’ Je lui répondis environ un an. ‘Où travailliez-vous avant cela ?’ demanda Kissinger. “’A la mairie de Léninegrad’ répondis-je ‘et avant cela ?’ ‘j’étais à l’université”. ‘Et avant l’université ?’ Avant cela j’´étais dans l’armée. ‘Ah bon ? Dans quelle arme ?’ me demanda t’il. Et bien me dis-je je vais vous décevoir Mr Kissinger. J’ai travaillé dans le renseignement dis-je. ‘Avez-vous travaillé à l’étranger ?’ me demanda t’il calmement. Oui lui dis-je en Allemagne. ‘Est ou Ouest ?’ Est répondis-je. “Toutes les presonnes décentes on commencé dans le renseignement ; moi aussi’ me dit Kissinger…”

Depuis, Poutine et Kissinger se voient régulièreemnt et entretiennent des relations jugées amicales. On peut légitimement se poser les questions: Quelle est la nature des entretiens privés poutine/Kissinger? Poutine prend-il sa feuille de route de Kissinger/Rockefeller ? Poutine a t’il été mis en place par l’oligarchie anglo-américaine ? Ou Kissinger, homme de main de Rockefeller, a t’il gardé contact pour pouvoir peut-être influer un jour, fidèle à sa pensée du “Nous n’avons d’amis ou d’ennemis permanents, nous n’avons que des intérêts permanents ?” Par extrapolation: connaissant le pédigré de Kissinger, qu’attend Poutine d’une telle relation ?…

Nous n’avons pas de réponses à ces questions. Mais elles doivent être posées ? Plus de commentaires sous l’article de RT…

~ Résistance 71 ~

 

Poutine rencontre son “vieil ami” Kissinger qui visitait la Russie

 

RT

 

3 Février 2016

 

url de l’article original:

https://www.rt.com/news/331194-putin-meets-friend-kissinger/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le président russe Vladimir Poutine a rencontré l’ancien secrétaire d’état américain Henry Kissinger sans sa résidence en dehors de Moscou. Le Kremlin a dit que les deux hommes ont une “relation amicale de longue durée” et qu’ils ont utilisé cette opportunité pour parler.”

La réunion est la continuation d’un “dialogue amical entre le président Poutine et Henry Kissinger, qui sont liés par une longue amité”, a dit le porte-parole du Kremlin Dimitri Peskov.

“Ils communiquent tout le temps, utilisent toute opportunité pour discuter”, a t’il ajouté. Poutine “aprrécie” cette opportunité de discuter des problèmes internationaux aussi bien que d’échanger des opinions sur les perspectives mondiales, a dit Peskov.

Poutine et Kissinger ont eu plus de 10 tête-à-tête ces années écoulées d’après des rapports des médias. Quand Kissinger a visité la Russie en 2013, Poutine a dit que Moscou fait toujours attention à ses opinions et a appelé l’ancien secrétaire d’état “un homme politique de haute volée mondiale”.

Kissinger est un ancien conseiller à la sécurité national (NSA) et patron de la politique étrangère US, il fut un pionnier de la politique de la détente en 1969 menant les relations américano-soviétiques à un relâchement général. Pour sa participation à la négociation d’un cesser le feu au vietnam dans un effort infructueux de mettre fin à la guerre du Vietnam (1955-1975), il reçut le prix Nobel de la paix en 1973.

Dans un interview en décembre dernier au quotidien allemand Handelsblatt, Kissinger a dit qu’il croit que l’occident devrait comprendre qu’il ne pourrait pas y avoir de résolution et d’unité dans la crise syrienne sans la participation de la Russie. Il a aussi dit qu’on ne peut pas battre l’EI/Daesh et ses militants au Moyen-Orient par des moyens diplomatiques.

= = =

Notes:

(*) “First Person, an astonishing frank self-portrait by Russia’s president Vladimir Putin”, fut publié en anglais chez Public Affairs en 2000. Trois journalistes réalisèrent l’entretien avec Poutine, originellement en russe: Nataliya Gervorkian, Natalya Timakova et Andreï Kolesnikov.

Quand on recherche un peu, on trouve que la maison d’éditions “Public Affairs” fut créée en 1997 par un ancien chef de bureau du Washington Post pour l’Indochine et correspondant à Moscou: Peter Osnos. Ancien de la maison Ramdom House Times Book, qui travailla de près avec trois présidents des Etats-Unis: Carter, Clinton et Obama ainsi qu’avec Robert McNamara (ministre de la défense sous Kennedy et Johnson, responsable de l’escalade militaire au Vietnam à partir de 1962) et Boris Eltsine, celui qui fut commandité pour le démantèlement de la Russie et qui demanda à Poutine de “sauver la Russie”, qu’il avait contribué à annihiler..

Peter Osnos est un collaborateur de la revue “Foreign Affairs” du CFR (Rockefeller) et a siégé au comité directeur de Human Rights Watch, l’ONG de la Fondation George Soros (protégé et agent des Rockefeller), responsable de bien des “révolutions colorées” organisées depuis Washington.

Public Affairs est sous la houlette de la Century Foundation, de la famille banquière Oppenheimer (connexion Rothschild).

Voilà donc présentée un peu plus précisément la maison d’édition de la biographie de Poutine en anglais. Intéressant pour le moins…

(**) “Henry” Kissinger, de son vrai nom Heinz Alfred Kissinger, né en Allemagne en 1923 (93 ans).

Émigre aux Etats-Unis avec sa famille en 1938, appelé sous les drapeaux et obtient la citoyeneté américaine ce faisant en 1943. Il est affecté au 970ème détachement du contre-espionnage militaire (d’où sa réflexion dans son premier entretien avec Poutine…).

Après la guerre, entre à Harvard. Obtient une bourse de la fondation Rockefeller pour son Masters et son Ph.D (doctorat) qu’il obtient en 1954. Il est le président du Harvard International Seminar, entité directement affilié à la CIA.

Rockefeller le protège et le fait envoyer au CFR.

Kissinger est un agent des Rockefeller. Il épouse Nancy Maginnes qui travaille pour la Rockefeller Foundation.

Suit une carrière de conseiller politique et devient le Conseiller National à la Sécurité de Nixon. Il est l’instigateur en 1973 du coup d’état au Chili qui élimine le président socialiste élu Salvadore Allende et installe une junte militaire dirigée par le fasciste tortionnaire Augusto Pinochet, qui déchaîne une répression sanglante et instaure le “libéralisme économique”, sous le contrôle des “Chicago Boys” de Milton Friedman. Entre 1969 et 1973 avec Nixon, pilote les guerres secrètes américaines au Cambodge et au Laos durant la guerre du Vietnam. Il instaure les bombardements massifs par tapis de bombes et pour les bombardements de la piste Ho Chi Minh passant par le Cambodge et les bombardements du Laos il déclara: “Balancez-moi tout ce qui vole sur tout ce qui bouge !” Le résultat sera la campagne de bombardement la plus intensive de l’histoire de l’humanité, qui vit les B-52 américains en provenance des bases aériennes US de Thaïlande (U-Tapao, Don Muang, Korat, Udon Thani, Nakhon Phanom) déverser 2,7 millions de tonnes de bombes sur le seul Cambodge en 4 ans, plus que sur tout le Japon réunit pendant la guerre Hiroshima et Nagasaki inclus !… 500 000 civils y trouvèrent la mort.

Kissinger donna aussi le feu vert pour l’utilisation du tristement célèbre défoliant “Agent Orange” (produit par Monsanto et Dow Chemicals) bourré de dioxine et qui fut et est toujours responsable de la mort et de la déformité de milliers de personnes en Asie du Sud-Est. Les derniers stocks de cette saloperie polluent aujourd’hui quelques plages et criques de l’archipel d’Okinawa au sud du Japon où ils ont été (mal) enterrés et fuitent dans l’environnement…

Sous le régime du président Gerald Ford en 1975 (après la démission de Nixon suite au Watergate, qui fut piloté par Kissinger et le général Alexander Haig), Kissinger donne le feu vert pour la répression sanglante et la colonisation du Timor Oriental par le régime indonésien de Suharto.

Depuis son “retrait” de la politique, Kissinger est toujours actif au travers de son entreprise de consultation Kissinger Associates et appuie directement ou indirectement tous les projets foireux pour établir le Nouvel Ordre Mondial.

Avec un ami comme çà… qui a besoin d’ennemis ?…

Poutine/Kissinger… Kissinger/Poutine… Deux pas en avant, deux pas en arrière… Qui fait danser qui ? Nous savons à quoi joue Kissinger depuis plus de 50 ans… Il est aujourd’hui, le plus vieux criminel de guerre toujours vivant et en activité !

Savons-nous à quoi joue Poutine ?…

 

~ Résistance 71 ~