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Guerres impérialistes au Moyen-Orient: Analyse d’Hassan Nasrallah (Press TV + Al Manar)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, France et colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 24 juin 2017 by Résistance 71

« Par sa présence et l’exercice de son autorité, la Syrie a mis un terme à la guerre civile au Liban, a soutenu l’armée libanaise et a résolument soutenu la résistance… La présence syrienne au Liban a donc été une source de protection contre l’influence et le contrôle exercés par Israël et ne fut pas seulement un pivot dans le conflit opposant la Syrie à Israël. Il n’est que naturel que les vues du Hezbollah concourent avec celles de la Syrie, car personne n’est à l’abri des ambitions israéliennes, celles qui s’étendent bien au-delà de la Palestine et englobent toute la région. […] Le Hezbollah n’a jamais caché que sa relation avec la Syrie est fondée sur le calcul des intérêts de la résistance, la Syrie étant le seul pays arabe qui ait soutenu la résistance sans sourciller et a permis la grande libération du Liban. »
~ Naïm Qassem, SG adjoint du Hezbollah, 2005 ~

 

Les crises régionales servent les intérêts d’Israël (Hassan Nasrallah)

 

Press TV

 

23 juin 2017

 

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/Detail/2017/06/23/526282/Hezbollah-chief-Quds-Day

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le SG du Hezbollah Hassan Nasrallah dit que les crises au Moyen-Orient et en Afrique du Nord servent les intérêts du régime israélien.

Nasrallah a fait ces remarques dans un discours marquant l’occasion du jour international Quds qui tombe le dernier vendredi du mois du Ramadan.

Il a noté que le jour de la commémoration internationale de Quds s’étend dans le monde, disant que de plus en plus de pays observent l’évènement depuis qu’il fut annoncer par le fondateur de la république islamique d’iran, l’imam Khomeini.

Nasrallah a dit que l’objectif principal des derniers développements et des guerres dévastant la région était de faire accepter par les pays régionaux les conditions de Tel Aviv. Il a ajouté que le régime d’Israël prenait avantage du statu quo dans la région afin de marginaliser ce qu’il se passe en Palestine.

“Les terroristes takfiris sont nés, ont été créés pour renverser le gouvernement syrien”.

Il a aussi avancé dans ses remarques que les groupes terroristes takfiris de Daesh et d’al-Nosra (NdT: ou Al-Qaïda en Syrie, ceux qui d’après Fabius alors ministre des AE de la France, “font du bon boulot sur le terrain”…) furent formés par les Etats-Unis et d’autres pays pour renverser le gouvernement syrien, ce qu’il a décrit comme un obstacle à tout compromis visant à résoudre le problème de la Palestine.

Il a ajouté que Daesh a été envoyé en Irak, après que le gouvernemnt de Bagdad ait exprimé son soutien indéfectible aux groupes de la résistance.

Il a aussi dit que la guerre saoudienne au Yémen a été lancée parce que les Yéménites se tiennent aux côtés du peuple palestinien. Nasrallah ajoutant que le régime de Ryad a lancé la guerre alors qu’il y avait des mouvements anti-Israël se manifestant au Yémen.

Le SG du Hezbollah a félicité le rôle de l’Iran en tant que supporteur principal e la Palestine et des groupes de résistance. Il a dit que l’Arabie Saoudite essayait d’isoler l’Iran dans la région et de faire passer la guerre en territoire iranien. Mais il a en revanche expliqué que Ryad était bien trop faible et apeuré pour lancer une guerre ouverte contre l’Iran.

Il a ajouté que la puissance et l’influence de l’Iran sur les problèmes régionaux ne faisaient que croître et que la présence de l’iran en Syrie sera plus affirmée, se référant à la récente attaque de l’Iran contre des cibles de Daesh avec des missiles dans l’Est de la Syrie, attaque qui a tué beaucoup de terroristes et a détruit entièrement leurs positions. Nasralla a confirmé l’implication de la Syrie dans l’axe de la résistance.

“Israël n’est aucunement en position de lancer une nouvelle guerre”

Nasrallah a déclaré qu’Israël participait à la guerre au Yémen, ajoutant que son armée de l’air avait effectué des raids contre ce pauvre pays.

Il a dit que le régime israélien cherchait à remplir son objectif en lançant des guerres par procuration dans toute la région.

Le chef du Hezbollah a avancé qu’Israël évite une nouvelle guerre contre le Liban ou la bande de Gaza car il sait que cela aura un coût très élevé.

Il a autrement réaffirmé que les régimes qui conspirent contre l’axe de la résistance doivent savoir qu’ils échoueront dans leur entreprise.

Note de Résistance 71: A ce sujet nos voulons ici rappeler une chose importante, à savoir que le but ultime de l’action impérialiste au MO est le chaos, la déstabilisation, la division, la destruction, afin de mieux diviser et de régner par la peur. En cela l’objectif se réalise, il convient néanmoins d’empêcher la mise sous tutelle totale de la région au chaos impérialiste, dont l’oligarchie rire les marrons du feu… Quelques détails supplémentaires important ci-dessous.

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La guerre au Moyen-Orient

Les points principaux du dernier discours d’Hassan Nasrallah, SG du Hezbollah

 

Al Manar

 

24 juin 2017

 

Article original: http://french.almanar.com.lb/464356 

 

Rédaction du site

Le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a mis en garde « l’entité sioniste de ne pas provoquer une guerre contre la Syrie ou le Liban. Car ce ne sera pas une guerre  israélo-syrienne ou israélo-libanaise comme en 2006. Et ce parce que des milliers de moudjahidines viendront de l’Irak, du Yémen, du Liban, de l’Afghanistan, pour défendre les terres arabes de l’agression israélienne ».

S’exprimant à l’occasion de la Journée mondiale d’alQods, le SG du Hezbollah , Sayyed Hassan Nasrallah  a expliqué l’objectif principal des guerres au Yémen, en Syrie, en Irak, mais aussi contre l’Iran, contre les mouvements de résistance dans la région, sans perdre de  vue les intérêts des Etats-Unis et de ces alliés dans la région.

Reprenant les propos de M.Liebermann et du chef d’état-major israélien à la conférence de Hertzelia, sayyed Hassan Nasrallah a affirmé que « l’entité sioniste ne veut pas une guerre contre nous car elle sait que cette guerre ne lui permettra pas de réaliser ses objectifs (..) Liebermann sait qu’une guerre contre le Liban ou contre Gaza ne provoquera que des morts, des destructions , des blessés mais pas la victoire décisive ».

Il a souligné que  » le jeu de l’hypocrisie est terminé et que les visages des régimes arabes se sont dévoilés, ce qui est un indice positif pour la région car enfin les hypocrites se révèlent » ajoutant que « celui qui complote jour et nuit contre l’axe de la résistance, qui ouvre les portes du monde arabe à l’ennemi israélien c’est le régime saoudien ».

Il a conclu que la lutte contre le terrorisme doit commencer par la lutte contre la pensée wahhabite et ce « en exhortant le régime saoudien de cesser de diffuser la pensée wahhabite , de cesser de vendre des armes aux courants takfiris ».

Principaux points du discours:

L’occasion impose une introduction. Après la victoire de la révolution  islamique en Iran et l’avénement de la république islamique de l’Iran,  l’Imam Khomeini a déclaré que le dernier Vendredi du mois de Ramadan est dédié à la journée mondiale d’alQods.

Le Vendredi est le meilleur des jours de la semaine et les jours du Ramadan sont les meilleurs jours de l’année et les derniers jours du mois de Ramadan sont les meilleurs jours de ce mois béni et donc le choix de l’Imam Khomeini  pour ce jour afin de célébrer la cause palestinienne indique la valeur de cette cause humaine et l’importance de cette journée qui porte un message au monde..

Après la mort de l’Imam Khomeini , le guide suprême  de la Révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei a lui aussi insisté sur cette commémoration et grâce à Dieu elle s’est  renforcée et s’est répandue  à travers les quatre continents . .

Or, cette commémoration intervient avec la 50ème commémoration de la Nakba  quand les sionistes ont occupé la Palestine…

Ce qui se passe aujourd’hui dans notre région est très grave et très important car la région connait  une nouvelle période sans précédent jonchée de dangers , de défis,  de menaces , de guerres et aussi de victoires et d’espoir..

Nous pensons que le mouvement populaire qui a éclaté dans divers pays arabes était  vrai  et non comme certains le prétendent qu’il est  le fruit d’un complot.

Mais, faute d’un encadrement politique efficace, faute d’une bonne direction, faute de la présence de leaders et aussi à cause de la puissance des Etats-Unis , ce mouvement a été volé et on a entrainé la région vers une autre direction  pour réaliser des objectifs ..

Certes, parmi ces objectifs : voler nos ressources, notre pétrole et imposer leur hégémonie ..

Mais l’objectif principal de tout ce qui se passe dans la région, les guerres en Syrie, en Libye, en Irak , au Yémen .. Daech .. les répressions à Bahrein .. tout cela a pour but d’enterrer la cause palestinienne  et de créé une atmosphère  politique , médiatique et affectif favorable pour former une entente avec l’ennemi israélien au détriment du peuple palestinien..cet ennemi qui travaille jour et nuit pour enterrer la cause palestinienne , depuis sa création, sauf que les méthodes et les outils diffèrent d’une époque à  une autre , mais l’objectif reste le même pour l’entité sioniste..

1-le peuple palestinien

Ce peuple souffre l’embargo, la famine, les  arrestations,  les détentions, les assassinats, les poursuites, les harcèlements, les démolitions des maisons, des usines, des marches, la colonisation sauvage,  mais en plus ce peuple doit endurer les circonstances difficiles qui traversent la région car elles forment une pression sur le peuple palestinien .. à travers les crises que connait notre région, l’ennemi espère d’entrainer le peuple palestinien dans le désespoir, de se sentir seul et abandonné au point de le force r en fin de compte de n’accepter que les miettes dans tout futur pourparler de paix..

2-Iran

La république islamique de l’Iran est un soutien essentiel pour le peuple palestinien et pour les mouvements de résistance dans la région. Or, l’Iran lui aussi subit des sanctions, il a souffert d’embargo, il  affronte une campagne de diffamation et d’isolation, il est victime d’assassinats et d’attentats, et on cherche à le provoquer pour l’entrainer dans des guerres dans la région..

C’est du moins ce que le prince héritier a promis quand il a menacé de transférer la bataille à l’intérieur de l’Iran.. mais je vous dis que ce régime saoudien est trop lâche pour provoquer une guerre contre l’Iran..

3-Syrie

La Syrie est un Etat important dans l’axe de la résistance, car c’est un Etat sur le premier front face à Israel. De plus, une partie de son territoire est occupée par Israël.. Et donc, la Syrie représente un sérieux handicap à tout processus de paix avec l’entité sioniste..  c’est pourquoi, ils ont tenté de renverser son gouvernement, de détruire son armée et diviser son peuple..  ils ont fait venir des terroristes comme Daech et alNosra pour détruire l’Etat syrien et ensuite ils comptaient les éradiquer afin de faire venir des gens de l’opposition syrienne dite modérée, celle des hôtels de luxe, pour régner à leur place..

4-les mouvements  de résistance au Liban  

La résistance islamique au Liban et les mouvements de résistance dans la région doivent faire face aux menaces de guerre perpetuelle, aux diffamations, aux accusations de terrorisme, aux assassinats, aux tentatives de cibler l’environnement  qui soutient ces résistances, aux mesures de sanctions économiques en coupant leurs ressources..

Tous ces faits ont un seul objectif : enterrer la cause palestinienne et donc nos martyrs qui sont tombés en Syrie ou ailleurs ou les blessés ou les prisonniers de guerre ou les détenus.. tous se sont sacrifiés pour la cause palestinienne..

5-L’Irak

L’Irak a fait preuve d’une volonté politique d’opposition au projet américano-arabo-sioniste, il a exprimé clairement qu’il ne souhaite pas faire partie de l’axe qui veut enterrer la cause palestinienne.  A cause de cette volonté,  à cause de sa détermination à défendre la cause palestinienne , ils ont envoyé Daech en Irak.. N’oubliez pas Daech a été créé par les USA, avec l’argent saoudien  .. et la Turquie a offert des facilités..  ils ont planifié pour que Daech  renverse  le gouvernement irakien et détruire sa volonté et la détermination de son peuple …. l’Irak est une cible car il a refusé  de joindre leur axe..

6-Le Yémen

Au Yémen, la guerre américano-saoudienne a  divers objectifs : son pétrole, ses ressources, sa position..  La crise politique aura pu se résoudre par une table ronde de négociations.. Sauf que l’Arabie ne peut pas accepter la présence dans ce pays de courants qui défendent la cause palestinienne et qui condamnent l’occupation israélienne..mieux encore, des courants qui appelent à la résistance contre l’occupation israélienne..   Ce Yémen est sur la mer Rouge, ce Yémen se situe à Bab el-Mandeb, ce Yémen partage la frontière avec l’Arabie.. Et donc pas question de laisser dans ce Yémen des courants anti-israéliens ou anti-américains…

7-les pays arabes

Tous les pays connaissent des crises, en Libye, au Bahrein, même en Arabie  à Awwamya, partout les violences font rage, les peuples sont maltraités, opprimées, tyraninsés, ils vivent en-dessous du seuil de pauvreté …

Ces conditions poussent les gens au désespoir, à ne se préoccuper que de leur quotidien pour survivre, des conditions qui font oublier la cause palestinienne ..

Finalement, c’est  le peuple palestinien qui est visé. Ce peuple sera poussé à signer des accords humiliants, car il sera désesperé et se contentera des miettes, et si ce peuple abandonne sa cause , la cause palestinienne meurt..

A la conférence d’Hertzilia  , ils ont refusé toute discussion sur la question palestinienne , ils ont affirmé que le fait d’avoir abandoner Gaza est suffisant, et qu’alQods est leur capitale, ils ont même refusé le retour d’un seul réfugié ..

Reste que le plus dangereux et le plus menacant qui est survenu pour la première fois à cette conférence..

Guerre coloniale au Moyen-Orient: La Syrie se bat pour sa survie… Le Hezbollah est le rempart anti-colonial dans la région…

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“La résistance a émergé en tant que réaction à l’occupation israélienne, qui a commencée en Palestine et s’est étendue aux autres régions arabes. C’est pourquoi aussi longtemps qu’existera l’occupation israélienne, la résistance persistera, car la résistance émane d’une croyance fondamentale d’éliminer cette occupation et ne représente en rien une condition temporaire ou sauvage. […] N’oublions jamais notre responsabilité de soutien au peuple palestinien, l’association entre la cause palestinienne et nos propres réalités quotidiennes et comment la question palestinienne impacte sur le Liban et de fait sur la région toute entière.”

~ Naïm Qassem, secrétaire adjoint du Hezbollah, 2005 ~

 

Excellente analyse de René Naba sur un des sujets tabous de l’occident concernant le Moyen-Orient: Le Hezbollah libanais et sa résistance héroïque sans fanfare, mais si efficace qu’elle a forcée une redistribution des cartes au Moyen-Orient à plusieurs reprises en bottant le cul des sionistes et des coloniaux de tout poil.

Hassan Nasrallah entre dans la légende de la résistance au colonialisme, l’histoire le placera aux côtés du grand résistant et libérateur vietnamien Vô N’Guyen Giap (1912-2013). La citation ci-dessus est tirée du livre écrit par Naïm Qassem le no2 du Hezbollah en 2005: « Hizbullah, the Story from Within », qui a été traduit en français. Ce livre doit être lu par quiconque veut comprendre les fondements des multiples guerres au Moyen-Orient dans l’après seconde guerre mondiale.

~ Résistance 71 ~

 

Le Hezbollah et Hassan Nasrallah la sentinelle de l’indépendance libanaise

 

René Naba

 

9 août 2016

 

url de l’article:

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/hezbollah-hassan-nasrallah-la-sentinelle-de-lindependance-libanaise/

L’article original sur Madaniya

 

L’auteur dédie ce papier à Imad Moughniyeh (Hajj Radwane), le fondateur de la branche militaire du Hezbollah, à son fils Jihad, ainsi qu’à Moustapha Badreddine (Zoulficar), le successeur d’Imad Moughnieh à la tête de la branche militaire du Hezbollah, enfin Samir Kintar, l’ancien doyen des prisonniers politiques en Israël, tous quatre tués sur le champ de bataille en Syrie afin que se maintienne vivace l’esprit de résistance dans la conscience arabe, pour la sauvegarde de l’Indépendance et de l’intégrité du Liban.

Le vainqueur face à Israël et en Syrie: Yabroud, Qalmoun, Palmyre

Le Hezbollah, au palmarès militaire infiniment plus prestigieux que son bourreau saoudien, à faire pâlir d’ailleurs bon nombre des protagonistes des conflits du Moyen-Orient, se distinguera par une série de magistrales et époustouflantes victoires, tant contre Israël qu’en Syrie, suscitant l’admiration de bon nombre de spécialistes militaires occidentaux.

Sur ces divers théâtres d’opérations, le Hezbollah a affiné sa stratégie, optant pour une «méthode complexe» de combat, un combiné d’opérations de guérilla et de guerres frontales, couplant les méthodes de guerre d’une armée régulière aux méthodes de la guerre de guérilla.

Au Liban, sur son propre terrain au sein d’un environnement favorable, le sud Liban à majorité chiite, il livrera une guerre défensive au moyen de la guérilla face à Israël. En Syrie, en terrain hostile face à des djihadistes, il mènera des guerres frontales en rase campagne.

En Syrie, il opérera en tandem avec son alter ego iranien, le général Qassem Souleimany, chef de la prestigieuse «Brigade de Jérusalem» des Pasdarans, -dont la transcription en arabe claque comme baïonnettes aux vents, «Faylaq Al Qods Lil harath As Saouri Al Irani»-: Faylaq Al Qods, «Jerusalem brigade» comme pour rappeler la permanence de la revendication iranienne et chiite dans le combat pour la libération de la Palestine.

Le cours de la guerre de Syrie a conduit le Hezbollah a mené des combats de chars et de blindés alors que son point fort était l’infanterie. Il s’offrira le luxe, cas unique dans les annales militaires, de faire sauter le verrou de Damas, Yabroud, le 15 mars 2014, le jour même du référendum de rattachement de la Crimée à la Russie, à la date commémorative du 3eme anniversaire du soulèvement populaire en Syrie.

«Le Hezbollah a réussi à assumer un rôle distinctif croissant dans la direction des opérations de l’armée syrienne lors d’offensives majeures des forces gouvernementales». A Qoussayr (Juin 2013), le Hezbollah a pris directement en main la conduite des opérations, assumant, parallèlement, la surveillance aérienne permanente du champ de bataille, via des drones», relèvera «The Brookings Doha Center Report», dans sa livraison de Mai 2014 signée de Charles Lister.

En deux ans (2012-2014), le Hezbollah mettra ainsi en échec six offensives majeures des djihadistes de Syrie visant à percer les lignes de défense du parti chiite, à coups de vagues humaines, dans la zone frontalière syro libanaise, dans le secteur Ersal-Brital, décimant les unités d’élite des assaillants takfiristes, constituées de troupes conjointes de Daech et de Jabhat An Nosra avec le soutien d’Israël.

Par quatre fois en Syrie (Al-Qoussayr, Yabroud, et dans le périmètre de la base militaire de Minbej, dans la région d’Alep, assiégée de nombreux mois par le géorgien Tarkhan Batirashvili – Abou Omar al-Shishani), ainsi qu’à Palmyre, dans le désert syrien (Mars 2016), Hassan Nasrallah, à la tête de ses hommes, fera la preuve de sa science militaire et de la maîtrise du commandement.

Se posant en égal des mythiques «barbudos» cubains, il assumera un rôle comparable au légendaire Camilo Gorriarán Cienfuegos, l’adjoint opérationnel de Fidel Castro et d’Ernesto Che Guevara de La Serna, le voltigeur de pointe de l’armée révolutionnaire cubaine, le commandant de l’avant, celui qui opéra, à la tête de la Colonne n°2 «Antonio Maceo», la percée décisive vers La Havane, dont il s’emparera le 2 janvier 1959, à 27 ans.

Rompues à la guerre de guérilla, ses troupes d’élite réussiront l’exploit non seulement de renverser le cours de la guerre, mais de modifier radicalement les règles d’engagement des combats dans la zone de confrontation israélo-libanaise, il tiendra t en respect Israël, la principale puissance militaire du Moyen-Orient, la terreur absolue des Arabes, qu’il narguera avec un drone de sa fabrication, le drone «Ayoub», tandis que son complice iranien détournait, à son profit, un drone américain, faisant tous les deux la preuve de la maîtrise technologique de la surveillance aérienne.

Le lancement le 2 octobre 2012 d’un avion sans pilote du Hezbollah en direction d’Israël a constitué la première incursion aérienne réussie de l’aviation arabe depuis la guerre d’octobre 1973, il y a 40 ans.

Son survol du site nucléaire de Dimona, dans le Néguev, a démontré l’absence d’étanchéité du «dôme d’acier» israélien, édifié avec de coûteux moyens avec l’aide américaine en vue d’immuniser le ciel israélien de toute attaque hostile. Cet exploit militaire du Hezbollah, et par voie de conséquence de l’Iran, est apparu comme une spectaculaire démonstration de leur capacité technologique à forte portée psychologique tant à l’égard d’Israël que des États-Unis, qu’à l’encontre du groupement des pays sunnites gravitant dans l’orbite atlantiste.

Une percée technologique attestée deux ans plus tard par le Hamas dans son combat à Gaza, en juillet 2014, infligeant un camouflet majeur à Israël en apportant la preuve manifeste de l’absence total d’étanchéité de son «dôme d’acier», qui s’est révélé en fin de compte un parapluie troué.

Sur la liste des organisations terroristes de la Ligue arabe, mais ultime digue de retenue face à une démission généralisée arabe au Diktat israélien

Le Hezbollah est certes inscrit sur les «liste des organisations terroristes» tant de l’Union européenne, à tout le moins sa branche militaire, que de la Ligue arabe à la demande pressante de l’Arabie saoudite, au même titre d’ailleurs que les anciens pupilles de l’Occident, les Frères Musulmans, Jobhat An Nosra et Da’ech.

Mais par rapport aux organisations sunnites, le Hezbollah dispose d’un avantage comparatif incontestable en termes de crédibilité dissuasive concrétisée par sa présence, solitaire, sur l’ultime champ de bataille contre Israël, en tant qu’ultime barrage de retenue à une reddition générale arabe face au diktat israélo américain.

Une crédibilité concrétisée par le fait que de tous les protagonistes du conflit, Hassan Nasrallah ne désertera jamais le champ de bataille, contrairement à ses contestataires sunnites: Saad Hariri, le chef du camp saoudo américain au Liban, planqué en Arabie saoudite, le chef politique du Hamas Palestinien, Khaled Mecha’al, planqué à Doha, à une trentaine de kms de la plus importante base militaire américaine du tiers-monde et le prédicateur Ahmad Al-Assir, la dague salafiste du Qatar sur le flanc du Hezbollah, intercepté à l’aéroport de Beyrouth, alors qu’il tentait de suivre l’exemple de son chef sunnite Saad Hariri, en voulant s’enfuir du Liban, pour échapper à ses forfaitures.

Une crédibilité dissuasive concrétisée enfin par le fait que la formation chiite est la seule instance arabe à proclamer son attachement effectif au combat pour la libération de la Palestine, matérialisé par ses combats contre Israël et son attachement à la célébration de la journée mondiale d’«Al Qods», commémorée chaque année le dernier vendredi du mois de Ramadan, en l’absence de la moindre participation sunnite, alors que la Palestine est dans sa très grande majorité peuplée de sunnites et d’une minorité chrétienne arabe, dont la population ne comporte aucun chiite; et que la responsabilité de la défense des Lieux Saints Musulmans incombe aux vingt pays arabes qui se réclament du sunnisme, la branche majoritaire de l’Islam.

Alors qu’Israël parachève la phagocytose de la Palestine, démarche ultime avant l’estocade finale, la reconnaissance d’Israël comme «État Juif», verrouillant ainsi toute revendication future des Palestiniens à un hypothétique «Droit au retour» sur la terre de leurs ancêtres, le Hamas, de même que les autres déclinaisons de la nébuleuse islamiste sunnite se sont curieusement engagés dans le combat anti Assad, plutôt que de se lancer à la reconquête de leur terre natale, la Palestine, en un tragique dévoiement de sa stratégie.

Nasrallah versus Bandar : KO Debout

Fruit d’une copulation ancillaire du Prince Sultan Ben Abdel Aziz avec une roturière d’extraction modeste, l’ancien «Great Gatsby» de la vie diplomatique américaine s’est imposé comme l’homme fort du Royaume du fait de la maladie d’une large fraction de l’équipe dirigeante frappée de pathologie handicapante.

Intronisé par le général David Petraeus, l’ancien chef du renseignement américain, Bandar passait pour être le nouvel homme providentiel de la stratégie saoudo américaine. Par cinq fois, toutefois, Bandar a mordu la poussière face Hassan Nasrallah, le contraignant à prendre le chemin de l’exil, entraînant dans sa chute l’ensemble de sa fratrie, son aîné, Khaled Ben Sultan, vice-ministre de la défense et propriétaire du journal «Al Hayat» et son cadet, Salman Ben Sultan, le chef opérationnel du PC conjoint islamo atlantiste à Amman.

Voir à ce propos les déclarations du général Welsley Clark, ancien commandant en chef de l’Otan (1997-2000): «Nos alliés et nous avons crée Daech pour combattre le Hezbollah». voir la vidéo sous-titrée en français :

En 2006, la riposte balistique victorieuse du Hezbollah libanais face à l’aviation israélienne, de même que la destruction du navire amiral de la flotte israélienne, ont semé la consternation dans le camp saoudo américain, fragilisant l’héritier politique du clan Hariri.

En 2007, la neutralisation du camp palestinien de Nahr el Bared, (Nord du Liban), en mettant hors circuit le chef de file des djihadistes Chaker Absi, à la solde de l’Arabie saoudite, a mis en échec le projet djihadiste d’en faire voulait une zone de non droit, en vue de parasiter le Hezbollah sur son arrière garde.

En 2008, l’affaire du réseau des transmissions stratégiques du Hezbollah s’est soldée par une capitulation en rase campagne de ses adversaires, particulièrement le chef druze Walid Joumblatt, à l’époque le fer de lance du clan Hariri.

Enfin en 2013-2014, les revers de Syrie se sont acccumulés en complément de la perte considérable représentée par l’assassinat de sa dague sécuritaire, le capitaine Wissam Hassan, chef de la section des renseignements des forces de sécurité intérieure libanaise, dynamité trois mois après la décapitation de la hiérarchie militaire syrienne.

Ce bilan ne tient pas compte de l’éradication de l’excroissance salafiste du Qatar, Ahmad al Assir, le 25 juin 2013, le jour même de la destitution déguisée de son commanditaire l’émir du Qatar, Cheikh Khalifa Ben Hamad Al Thani, à la date anniversaire du 13 me anniversaire du dégagement militaire israélien, sous l’effet des coups de butoir du Hezbollah.

Dernier intervenant sur le champ de bataille syrien, après les escouades de djihadistes de Tchétchénie à la Tunisie en passant par la Belgique, le Kosovo et la France, de même que les Moudjahidines Khalq, formation de l’opposition iranienne islamo marxiste, et le clan Hariri, le Hezbollah a brisé net la stratégie islamo-atlantiste, il écrabouillera au passage ses anciens compagnon d’armes, les soldats perdus du Hamas, dans la mémorable bataille des tunnels de Qoussyar: «Par ses brillantes performances non seulement à Qoussayr, à Lattaquieh et Homs, mais aussi dans sa contribution à la défense de la base aérienne de Menagh, (Nord Syrie), Hassan Nasrallah a bien mérité le titre de «Seigneur de la résistance», admettra le site nassérien du Caire.

Invincible à ce jour, artisan de deux dégagements militaires israéliens du Liban sans négociation ni traité de paix, ferme soutien du Hamas face aux offensive israéliennes, le Hezbollah demeure, n’en déplaise aux esprits chagrins, le phénomène politico-militaire majeure de l’histoire arabe contemporaine; l’ultime digue de retenue face au grand naufrage arabe, glanant au passage le titre envié de «sentinelle de l’indépendance libanaise»

Ni palace, ni limousine, le doigt sur la gâchette avec Israël en point de mire

Ni Palace, ni limousine, incorruptible dans un monde ruisselant de pétrodollars, cette figure marquante du monde arabo musulman force le respect de ses interlocuteurs par la retenue de son comportement, son sens de l’humour et une crédibilité à tout crin, sa marque de fabrique, son viatique pour l’éternité. «Al Wahd al Sadeq», la «promesse sincère» sera une promesse tenue.

Elle apportera, en 2007, la démonstration la plus éclatante de sa fiabilité en obtenant la libération du doyen des prisonniers arabes en Israël, le druze libanais Samir Kintar, au cours de la plus importante opération d’échange de prisonniers qui aboutit en outre à la restitution de la dépouille de Dalal Moughrabi, une résistante palestinienne tuée au cours d’une opération commando à l’intérieur du territoire israélien.

Ni port, ni aéroport, aucune route ni autoroute, pas la moindre ruelle, ni venelle ne rend hommage à celui qui porte en lui une part du destin du Liban et du monde arabe, un prescripteur essentiel de l’ordre régional. Aucun monument, aucune œuvre humaine pour immortaliser le passage sur terre de cet homme. Aucune trace, aucune autre trace que celle que l’histoire réservera à cet homme dont le passage réussi des Thermopyles, l’été 2006, au sud Liban sur le champ d’honneur de la résistance, a réanimé le souffle du monde arabe dans la reconquête de sa dignité.

Huit cent des siens ont péri cet été-là, l’arme à la main, pour que vive le Liban dans son intégrité territoriale et sa souveraineté nationale et que se maintienne vivante la revendication nationale palestinienne à un état indépendant.

Bulleurs occidentaux, ne vous égarez pas trop une fois de plus en de vaines recherches: «L’Islam des Lumières», c’est lui et non la cohorte des gérontocratiques pétro monarchies obscurantistes du Golfe.

Bulleurs occidentaux, ne vous méprenez pas, non plus: «L’Islam moderne», c’est lui et non cette cohorte de dictateurs bureaucratiques libidineux à propension dynastique.

Lui, le nouveau chef de file d’un nationalisme arabe revigoré, que vous avez tenté de démanteler depuis un demi-siècle, lui ce chiite minoritaire d’un monde arabe majoritairement sunnite, le digne héritier du sunnite Nasser, lui la sentinelle de l’indépendance libanaise.

Lui, et non ce véritable dindon de la farce de l’affaire afghane, Oussama Ben Laden, célébré par vous toute une décennie en tant que «combattant de la liberté» pour avoir détourné 50.000 combattants et vingt milliards de dollars pour faire le coup de feu contre les Russes en Afghanistan à des milliers de km du principal champ de bataille, la Palestine.

Lui, l’idole des jeunes et des moins jeunes, lui, le théologien de la libération sans successeur prédestiné, lui, Hassan Nasrallah, l’indomptable, l’homme qui n’a jamais pactisé avec ses ennemis, ni avec les ennemis de ses ennemis.

Lui, dont l’unique point de mire est Israël, dont il n’en détachera ni le regard ni la gâchette pour d’autres de vos mirages incertains, pour d’autres de vos cibles incertaines, pour aucune autre cible, aucun autre objectif que la libération du sol national et la sécurisation de l’espace national arabe.

Pour aller plus loin

Du Grand Moyen Orient au Nouveau Proche-Orient ou le conte d’une folie ordinaire. Par Roger Naba’a, Universitaire et philosophe libanais in «Liban: chroniques d’un pays en sursis» ouvrage co-écrit par Roger Naba’a et René Naba, Éditions du Cygne, 2007.

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