Archives de guerres imperialistes

Guerres impérialistes au Moyen-Orient: Israël-Arabie Saoudite… de la fausse rivalité à la complicité avérée

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 14 février 2017 by Résistance 71

“Israël n’est pas le projet, c’est un outil exécutif dans le projet de l’hégémonie américano-occidentale dans notre région, il assume un rôle exécutif au service de ce projet.  C’est pour cela qu’ils le défendent partout dans toutes les instances, – dont le Conseil de sécurité, où le veto est interdit-, en lui fournissant l’aide financière, militaire et économique et sont prêts à combattre à ses côtés le cas échéant.”
~ S. Hassan Nasrallah (2015) ~

A lire notre dossier sur les falsifications de l’histoire biblique et les origines judaïques de la culture takfirie (Dr. Ashraf Ezzat)

~ Résistance 71 ~

 

L’imposition d’états artificiels au Moyen-Orient le cas de l’Arabie Saoudite et d’Israël

 

Alexander Azadgan

 

10 février 2017

 

Source:

http://arretsurinfo.ch/limposition-detats-artificiels-au-moyen-orient-le-cas-de-larabie-saoudite-et-disrael/

 

Les idéologies décrépites du wahhabisme saoudien et du sionisme israélien sont d’une importance immense, sinon centrale, pour analyser le fiasco actuel du Moyen-Orient et le climat international général maléfique. Comme prévu, ces deux idéologies corrosives sont largement ignorées dans les grands médias occidentaux, puisque ces deux nations artificiellement créées sont considérées comme des alliées de Washington.

Il s’agit d’une histoire passionnante, quoique assez sinistre, qui s’étend de la Première Guerre mondiale, la création des États d’Israël, de Jordanie, d’Irak, de Libye, de Syrie, d’Arabie saoudite (et de tous les émirats du Golfe) sans parler de Lawrence d’Arabie, jusqu’à la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, à la guerre par procuration imposée en Syrie (qui a également commencé en 2011) et la montée des sauvages d’ISIS, entre autres régressions géopolitiques. C’est une histoire de manipulation à long terme, d’endoctrinement insidieux, et de travaux mythiques de littérature diaboliquement secrets.

Ces deux idéologies – le wahhabisme dans l’islam et le sionisme dans le judaïsme – peuvent se présenter comme des entités non apparentées en surface. Mais elles ne le sont pas, comme je vais l’explorer dans cet article. Ces deux doctrines malveillantes pourraient être considérées comme étant en grande partie responsables de l’essentiel des malheurs au Moyen-Orient aujourd’hui, situation qui ne concerne pas seulement le Moyen-Orient, mais comme nous l’avons vu depuis le 11 septembre 2001 et à un rythme accéléré depuis 2011, qui affecte les États-Unis, l’Europe, l’Eurasie, et très probablement le monde entier !
Ces deux philosophies religieuses / politiques sont responsables de décennies de violences, de guerres, de souffrances et de manipulations. On peut démontrer qu’elles sont les deux faces d’une même pièce. Elles peuvent toutes deux remonter à la même époque approximative – il y a environ cent ans, pendant les événements de la Première Guerre mondiale.

Quel est l’héritage du sionisme et du wahhabisme dans le monde ? Et quelle est la vérité sur leurs origines ? Pour commencer, voici une histoire abrégée des origines d’abord du sionisme, puis du wahhabisme pour ceux d’entre vous qui n’en seraient pas familiers.

La Déclaration Balfour et les origines du sionisme

 
« Sionisme » est un terme compliqué à définir d’une certaine manière, d’autant plus à cause de l’ampleur exagérée de la désinformation. Il y a le sionisme politique, qui vise à servir les intérêts de l’État d’Israël. Il y a le sionisme religieux, qui se réfère à l’intérêt juif [ou chrétien] en Israël en termes d’accomplissement de la « prophétie biblique » ou « volonté divine ». Ces deux écoles du sionisme pourraient dans certains cas être entièrement séparées. Les gens peuvent être des sionistes politiques sans être des sionistes religieux ou vice-versa. Un exemple de ceci serait les organisations évangéliques américaines de droite qui sont en fait des sionistes endurcis pour l’accomplissement des textes bibliques – tels qu’ils les interprètent.
 Le sionisme est tout aussi évangélique chrétien que juif. Mais c’est un fait que le but du sionisme à l’origine était la restauration d’une patrie juive dans ce qui a été la Palestine pendant deux mille ans ; un objectif qui a été accompli de manière globale en 1948 à l’ombre de l’Holocauste, bien qu’il ait ses racines comme mouvement international à partir de la Première Guerre mondiale. Depuis, le sionisme peut être considéré comme un mouvement politique visant à promouvoir les intérêts [nationaux et internationaux] de cette nation artificiellement créée et à assurer la sécurité et la protection de ce soi-disant État d’Israël.

De nombreux commentateurs anti-sionistes lient aussi le sionisme – tant religieux que politique – avec le concept d’un agenda juif mondial secret pour contrôler le monde. On pense que le sionisme, sous sa forme dominante, est originaire de Theodor Herzl en 1896, journaliste juif austro-hongrois, dramaturge et militant politique. À partir de la fin de 1895, Herzl écrivait Der Judenstaat ou État des Juifs. Il a soutenu que la seule solution à la « question  juive » en Europe était la création d’un État pour le peuple juif. Les sentiments anti-juifs étaient si répandus à travers l’Europe que Herzl vit la création d’un sanctuaire national pour les juifs comme la seule solution à long terme. Et c’est ainsi que le sionisme est né, ou du moins c’est la version dominante des événements. D’autres chercheurs contestent cette notion et proposent des arguments d’une origine beaucoup plus ancienne. Bien sûr, si nous parlons du sionisme religieux par opposition au sionisme politique, alors l’origine est beaucoup plus ancienne et beaucoup plus mystérieuse. L’idée que la terre d’Israël (hébreu : אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל Erets Israël) avait toujours appartenu aux Juifs ou qu’elle avait été promise aux « Enfants d’Israël » par leur Dieu biblique, un mythe ancien et faux, au mieux. Bien sûr, cette folie profonde n’a pas de base solide pour la construction des nations du XXe siècle, que nous le pensions et que nous l’espérions.

Ce sont les puissances coloniales de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, en particulier la Grande-Bretagne, qui ont activement poursuivi l’agenda sioniste sous la direction de puissants et riches juifs britanniques tels que Lord Rothschild, aboutissant à la célèbre Déclaration Balfour. Les Britanniques ont fait des promesses grandioses en temps de guerre (pendant la Première Guerre mondiale) pour créer une « patrie juive » en Palestine. Bien que l’immigration juive massive en Palestine ait commencé après la Première Guerre mondiale, ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale et l’Holocauste que l’ordre du jour a été pleinement respecté.

Une autre pierre angulaire du folklore sioniste est le livre fabuleux [un faux, NdT], Les Protocoles des Sages de Sion, dans lequel beaucoup voyaient avec crainte un plan d’ensemble pour une prise de contrôle sioniste mondiale. Nous reviendrons sur ce point plus loin dans cet article.

Malgré les actions officielles de la Grande-Bretagne, ni l’opinion publique ni l’opinion du gouvernement n’ont été unanimes dans leur soutien à l’engagement excessif de la Grande-Bretagne dans la promotion de l’agenda sioniste. Winston Churchill, dans un télégraphe de 1922, est supposé avoir écrit « un mouvement croissant d’hostilité contre la politique sioniste en Palestine », ajoutant : « Il est de plus en plus difficile de répondre à l’argument selon lequel il est injuste de demander au contribuable britannique, déjà submergé par la fiscalité, de supporter le coût de l’imposition à la Palestine d’une politique impopulaire. » Cette désapprobation du sionisme politique a continué pendant toutes les décennies suivantes et est encore plus répandue et véhémente aujourd’hui qu’il y a un siècle !

Mahatma Gandhi a écrit en 1938 : « La Palestine appartient aux Arabes dans le même sens que l’Angleterre appartient aux Anglais ou la France aux Français. Il est injuste et inhumain d’imposer les Juifs aux Arabes […] La Palestine de la conception biblique n’est pas un domaine géographique. »

Et contrairement à l’opinion propagée par certains que l’antisionisme est de l’« anti-sémitisme », des orateurs juifs ont, à diverses reprises, également parlé ouvertement contre l’agenda sioniste. Parmi eux, Rabbi Elmer Berger a publié le livre “Le dilemme juif”, dans lequel il soutenait que l’assimilation juive était encore la meilleure solution pour les juifs dans le monde moderne, plutôt que la ségrégation et la mentalité de siège de l’État sioniste. Dans l’analyse de Rabbi Berger, le sionisme lui-même se complaisait simplement dans les croyances raciales dominantes sur les juifs et même en jouait.

En 1975, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution qui qualifiait le sionisme de « forme de racisme et de discrimination raciale ». Plus contemporainement, en 2010, l’ancien journaliste de la BBC et de ITN, Alan Hart, a publié le livre “Sionisme : Le vrai ennemi des juifs” alors que le célèbre athée en chef Richard Dawkins a déclaré dans une interview (parlant du sionisme et du lobby juif aux États-Unis) : « Si les athées pouvaient atteindre une petite fraction de cette influence, le monde serait un meilleur endroit. »
 Ce n’est qu’une fraction de l’opposition déclarée au sionisme par des gens respectables et de bonne réputation. Je m’y réfère ici pour illustrer le fait que l’anti-sionisme n’est pas seulement une excuse des soi-disant « anti-sémites » et que nous devrions garder à l’esprit le nombre considérable de juifs qui s’opposent également sévèrement au sionisme.

Même les plus ardents partisans sionistes ne peuvent pas nier l’influence du sionisme politique, de même que les nombreuses actions et politiques assumées de leur État sioniste, qui outre l’oppression du peuple palestinien à long terme, a contribué massivement à la polarisation du Moyen-Orient et à la croissance du radicalisme djihadiste.

Outre l’effet destructeur et toxique que la création du régime sioniste a eu au départ (en Palestine elle-même, mais aussi vis-à-vis de ses effets de juxtaposition sur le Liban, la Syrie et d’autres voisins), un effet de division et destructeur a également continué jusqu’à aujourd’hui à l’extérieur des frontières du Moyen-Orient. Il est tout à fait démonstratif, par exemple, qu’un plan américano-israélien de longue date pour le réaménagement de la carte du Moyen-Orient ait été mené ces dernières années, renversant des gouvernements indépendants et des nations stables et recherchant finalement la balkanisation et l’asservissement de l’Irak, de la Syrie, de la Libye, etc., avec comme but ultime maléfique de soumettre l’Iran, qui est leur principale cible.

Le prétendu Plan sioniste pour le Moyen-Orient, aussi connu sous le nom de Plan Yinon, était la vaste stratégie conçue pour assurer la supériorité régionale sioniste via la reconfiguration radicale de l’environnement géopolitique d’Israël par la balkanisation des nations arabes [et non-arabes] en États plus petits et plus faibles. La stratégie Clean Break revient également à la même chose. Ce que nous avons vu jusqu’ici en Irak, en Syrie, en Libye, et même au Yémen peut être clairement compris comme le jeu de cette stratégie sioniste soutenue par les États-Unis. Il est particulièrement pertinent de noter que l’Irak, la Syrie et la Libye étaient trois des États nationalistes arabes les plus stables, modernes, laïques, indépendants et non sectaires, mais sont maintenant tous trois effondrés, géo-sectaires, des friches attendant d’être sculptées en petits morceaux.

En explorant le projet du Grand Israël, il est peu question du sionisme comme étant une imposition toxique et problématique sur la région et peut-être sur le monde plus vaste, d’autant plus que le régime sioniste a été soutenu, armé et défendu agressivement par ses mécènes occidentaux, en particulier Washington. Ces jours-ci, nous sommes tous choqués par l’engagement de l’administration Obama de $ 38 milliards envers ce régime maléfique et monstrueux.

On peut dire quelque chose de semblable de l’influence du wahhabisme dans la région. Le wahhabisme, à l’instar du sionisme, n’est pas une secte religieuse ancienne de plusieurs siècles, mais une idéologie relativement nouvelle, politiquement opportuniste mais barbare.

Les origines modernes du wahhabisme peuvent être tracées dans Najd (la région centrale géographique de l’Arabie saoudite d’aujourd’hui) et au prédicateur du XVIIIe siècle Muhammad Ibn Abd Al-Wahhab (1703-1792) qui prétendait « purifier » l’islam en le rendant à ce qu’il croyait être les principes originaux de cette religion. Loin d’être considéré comme une interprétation légitime de l’Islam, Al-Wahhab s’était même opposé à son propre père et son frère pour ses croyances fondamentalistes et fanatiques. Mais le mouvement a gagné une préséance incontestée dans la plus grande partie de la péninsule arabique à travers une alliance entre Muhammad Ibn Abd Al-Wahhab et la maison de Muhammad Ibn Saud, qui a fourni le pouvoir politique et financier aux idéologies d’Al-Wahhab pour leur donner la proéminence.

Finalement, cette alliance a donné naissance au Royaume d’Arabie Saoudite. Après l’effondrement de l’Empire ottoman turc après la Première Guerre mondiale, les Saouds ont pris le contrôle du Hijaz et de la péninsule arabique et une nation a été fondée sur les principes fanatiques d’Al-Wahhab – devenant la forme dominante de l’Islam sur le lieu de naissance de cette religion.

Mon premier intérêt pour ce domaine de l’histoire arabe a commencé il y a 20 ans par le film épique de David Lean, Lawrence d’Arabie, avec Peter O’Toole. Par amour pour ce film de 1963, j’ai lu pour la première fois le livre de TE Lawrence, Les Sept Piliers de la Sagesse, et j’ai lu plusieurs livres sur les exploits de TE Lawrence et la Révolte arabe pendant la Première Guerre mondiale, ainsi que sur les Accords Sykes-Picot (référencés par l’ISIS d’aujourd’hui dans son « manifeste ») et les actions des gouvernements coloniaux britannique et français en ce qui concerne l’après-guerre du Moyen-Orient.

La mise en place de la Maison des Saoud en tant que « famille royale » et l’établissement du Royaume d’Arabie saoudite se sont produits malgré le fait que des accords avaient été conclus pendant la guerre pour endosser et soutenir non pas les Saoudiens, mais les Hachémites. Ce sont les Arabes hachémites, non les Saoudiens, qui ont lancé la révolte arabe contre les Turcs ottomans et qui ont été les plus impliqués dans la campagne. Pourtant, c’est la faction saoudienne fanatique (et certains disent hérétique) inspirée par le wahhabisme qui a gagné le pouvoir réel après la guerre.

La raison pour laquelle je fais référence à cette histoire est de souligner que le Royaume saoudien d’inspiration wahhabite n’était pas le seul, ni même le plus légitime, à revendiquer cette position immensément privilégiée et extrêmement puissante dans la région. En fait, ce pouvoir a été usurpé comme les sionistes ont usurpé le leur en Palestine.

Et quel a été l’héritage de cette Arabie saoudite inspirée par le wahhabisme et son influence ? Eh bien, l’influence sur l’Arabie elle-même et une grande partie de la région environnante est incontestable, mis à part le fait que les doctrines wahhabites ont exercé une influence majeure sur l’extrémisme, le djihadisme et le terrorisme jusqu’à l’ISIS d’aujourd’hui – l’incarnation même du wahhabisme en dehors de la péninsule arabique. Oussama Ben Laden lui-même était un wahhabite. Presque tous les extrémistes du djihadisme, y compris d’autres groupes takfiristes (comme les salafistes), suivent une idéologie essentiellement wahhabite.
 Un takfiri, soit-dit en passant, est un musulman sunnite qui accuse un autre musulman (ou un adepte d’une autre foi d’Abraham) d’apostasie. L’accusation elle-même est appelée « takfir » (en arabe), dérivée du mot « kafir », qui signifie non-croyant en arabe, et est décrite comme « celui qui est, ou prétend être un ».

Quoi qu’il en soit, ce dogme pseudo-islamique malfaisant a été disséminé méthodiquement dans le monde islamique pendant des décennies, grâce aux fonds souverains saoudiens, le financement de l’éducation et de la littérature religieuse fanatique dans les universités et les mosquées partout en Égypte et en Irak, au Pakistan et en Indonésie. Ce qui est pire, c’est que cette diffusion de propagande inspirée par le wahhabisme, financée par l’Arabie saoudite, s’est étendue depuis longtemps au-delà du Moyen-Orient et dans les sociétés occidentales, en particulier les communautés musulmanes au Royaume-Uni, en France et aux Pays-Bas.

Une étude récente menée sur deux ans par le Dr Denis MacEoin, professeur d’études islamiques à l’Université de Fès, a découvert un magot de littérature maligne dans plus d’un quart des mosquées britanniques.

Tout cela avait été publié et distribué par des organismes liés au gouvernement du Royaume d’Arabie saoudite.

Les dépliants, les DVD, les sites web et les revues sont pleins d’énoncés archaïques et extrémistes disant, par exemple, que les homosexuels devraient être brûlés, lapidés ou jetés des montagnes ou de grands édifices, ainsi que les adultères et les apostats (ceux qui essaient de changer leur religion). Les femmes sont représentées comme étant inférieures intellectuellement et ont besoin d’« être battues quand elles transgressent », tandis que les enfants de plus de 10 ans doivent être battus s’ils ne prient pas. La moitié de la littérature est écrite en anglais, suggérant qu’elle s’adresse aux jeunes musulmans britanniques qui ne parlent pas nécessairement l’arabe ou l’ourdou. Le matériel, ouvertement disponible dans de nombreuses mosquées, conseille vivement aux musulmans britanniques de se séparer des non-musulmans qui sont considérés comme inférieurs.

Ce ne sont pas des informations nouvelles, bien sûr. Les journalistes d’investigation ont découvert des documents similaires à de nombreuses reprises, alors que les gens qui ont grandi au sein des communautés musulmanes susmentionnées sont conscients de ces idées et de cette littérature depuis longtemps. La littérature wahhabite financée par l’Arabie saoudite peut être citée comme une influence majeure (mais non la seule influence) sur l’endoctrinement de jeunes hommes britanniques aliénés de la société dominante et pour la séduction de jeunes hommes dans des organisations extrémistes comme al-Qaïda et ISIS / Daesh dans le monde entier. Pire encore, dans des endroits comme le Pakistan où, contrairement au Royaume-Uni, la plupart des jeunes hommes n’ont pas le privilège d’avoir accès à un haut niveau d’éducation ou à des sources fiables d’information publique, mais ont beaucoup accès aux écoles religieuses (madrasa) et aux mosquées, qui enseignent en utilisant ces références fanatiques financées par l’Arabie saoudite.

Il s’agit en effet d’un point clé : la littérature financée par l’Arabie saoudite a toujours ciblé les régions les plus pauvres du monde musulman, comme le Pakistan, la Somalie, l’Afghanistan, le Bangladesh, le Nigeria, l’Indonésie, etc., où il n’y a pratiquement aucune infrastructure éducative formelle. Dans ces cas, la richesse saoudienne est en mesure de payer pour la construction ou l’entretien des écoles ou des mosquées – mais à condition que leur interprétation de l’islam soit centrée sur le wahhabisme et qu’elle soit enseignée et distribuée. Grâce à ce processus qui a eu lieu pendant de nombreuses années, des milliers de jeunes influençables ont grandi sur cette interprétation extrémiste de l’islam, car ils y sont forcés, faute d’accès à une éducation ou à des informations plus sophistiquées. Globalement, ils n’ont rien de mieux.

Il est intéressant de constater que cette sorte d’endoctrinement centré sur le wahhabisme était traditionnellement moins répandu dans des pays arabes plus développés ou sophistiqués comme la Libye d’avant-guerre, la Syrie d’avant-guerre, les parties wahhabites du Liban, ou l’Irak d’avant-guerre. Cela s’explique en partie par le caractère fort, laïque et indépendant des sociétés qui, au moins au niveau de l’État, étaient plus investies dans le sentiment de fierté nationale et d’identité culturelle qu’elles ne l’étaient dans le fondamentalisme religieux. En effet, dans des pays comme la Syrie et la Libye, l’État a entrepris une longue campagne pour réprimer l’extrémisme religieux, de toute sorte.

Cela a toutefois changé de façon spectaculaire depuis l’invasion et l’occupation illégale de l’Irak en 2003, le complot de l’OTAN en Libye et la guerre sanglante qui a été imposée à la Syrie depuis 2011. Par conséquent, tous ces pays sont maintenant infestés d’extrémismes religieux aux mœurs barbares. Le soi-disant « État islamique », alias ISIS ou ISIL ou Daesh qui a été infiltré en Syrie et en Irak, est essentiellement un mouvement a 100% idéologiquement coulé dans la doctrine wahhabite de l’Arabie saoudite. ISIS par essence est une Arabie saoudite sans ambassade ! Ce lien est encore aggravé par le fait que les armes et le financement saoudiens et qataris sont en grande partie derrière ces sauvages wahhabites et salafistes, que les guerres en Syrie et en Libye sont largement financées par les Saoudiens et les Qataris et que l’émergence d’ISIS est en grande partie une conséquence de cela. Il a été rapporté, par exemple, que les prédicateurs wahhabites d’Arabie saoudite étaient fréquemment à Alep, en Syrie, prêchant aux djihadistes sauvages armés de mener une « guerre sainte » contre l’État syrien à tout prix.

Pourtant, alors que des pays comme l’Afghanistan et l’Irak étaient soumis à une invasion (et le second à une déstabilisation presque totale) et que le renversement des gouvernements de Syrie et de Libye (deux pays qui avaient peu ou pas d’influence sur la croissance de la mondialisation du djihadisme) ont été ouvertement encouragés et aidés par les grands gouvernements occidentaux et de l’Arabie saoudite – sans doute en partie à cause de leur richesse et de leur valeur pour Washington et ses alliés –, ces derniers n’ont jamais été soumis à une quelconque menace ou vu leurs activités cyniques de dissémination méthodique des doctrines extrémistes à travers le monde musulman examinées minutieusement.

Première Guerre mondiale, wahhabites, hachémites et Lawrence d’Arabie 

Pour en revenir à la Première Guerre mondiale, il est bon de rappeler que les Saouds n’étaient pas nécessairement censés être les dirigeants de l’Arabie. Le Hachémite, Hussein bin Ali, était le chérif et l’émir de la Mecque de 1908 à 1917. La révolte arabe de la Première Guerre mondiale comprenait des tribus trans-jordaniennes, ainsi que d’autres tribus des régions de Hijaz et du Levant, se battant contre l’Empire turc au côté de la Grande-Bretagne et de ses alliés. La révolte a été lancée par les Hachémites et dirigée par le chérif Hussein de La Mecque, pas par les Saouds ou les wahhabites. Elle a été soutenue par la Grande-Bretagne et ses autres alliés de la Première Guerre mondiale, qui ont utilisé l’élan des nationalistes arabes qui voulaient l’indépendance pour poursuivre un effort de guerre plus large contre l’Allemagne et ses alliés.
La chronique définitive de la révolte a été écrite par T. E. Lawrence qui, en tant que jeune officier de l’armée britannique, a joué un rôle clé d’agent de liaison pendant la révolte. Il a publié sa chronique en 1922 sous le titre, Les Sept Piliers de la Sagesse. Lawrence lui-même est bien sûr l’une des figures les plus fascinantes et emblématiques du XXe siècle. Alors que Les sept piliers de la sagesse peuvent être questionnés pour leur précision à certains égards, même ses détracteurs et ses ennemis n’ont pas pu réfuter le rôle vital joué par les Hachémites dans la révolte. C’est un fait historique que le gouvernement britannique de l’époque a promis aux Arabes hachémites beaucoup plus qu’il ne lui a livré après la guerre.

En septembre 1918, les partisans de la révolte arabe à Damas ont déclaré un gouvernement fidèle au « Chérif de La Mecque ». Hussein avait été déclaré « Roi des Arabes » par une poignée de chefs religieux et d’autres notables à La Mecque. Après l’abolition du califat turc, Hussein se déclara calife, roi des Hejaz, et roi de tous les Arabes, Malik bilad-al-Arab, en arabe.

Cependant, Hussein a été évincé et chassé de l’Arabie par les Saouds, un clan rival avec lequel les Hachémites avaient déjà une mauvaise histoire, ayant précédemment combattu contre eux en raison de différences religieuses radicales, principalement sur les doctrines fanatiques d’Al-Wahhab. Bien que les Britanniques aient soutenu [et utilisé] Hussein dès le début de la révolte arabe, ils ont décidé de ne pas aider Hussein à repousser les attaques des Saouds, qui ont finalement saisi les principales villes de La Mecque, Médine et Djeddah. Ainsi a disparu l’espoir d’une Arabie gouvernée par les Hachémites, bien que Hussein ait continué à employer le titre de « Calife » même dans son exil.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, les Arabes se sont retrouvés libérés de siècles de domination ottomane, mais ont été soumis à la domination coloniale de la France et de la Grande-Bretagne, malgré les promesses des Britanniques pendant la guerre. Lorsque les mandats coloniaux furent terminés, les fils de Hussein furent faits rois de la Trans-Jordanie, plus tard simplement appelé Jordanie, ainsi que de la Syrie et de l’Irak. Cependant, la monarchie en Syrie a été de courte durée, et par la suite Faisal, fils de Hussein, a présidé l’État nouvellement établi en Irak. Mais ce n’étaient que des offrandes conciliantes par rapport à ce qui avait été initialement prévu et désiré par les Hachémites. Ce sont les Saouds qui ont été les vrais gagnants, installés dans un royaume puissant qui a duré jusqu’à ce jour et qui ne montre pas le moindre signe d’affaiblissement.

Les Mémoires de M. Hempher et Les Protocoles des Sages de Sion 

Il n’est pas exagéré de prétendre que le sionisme et le wahhabisme ont été des forces dévotes et destructrices dans la région du Moyen-Orient et au-delà. Le sionisme a mené à la situation interminable et à l’humiliation du peuple palestinien, tout en veillant à ce que l’État moderne d’Israël soit perçu de manière entièrement négative. En fait, tous les sondages indiquent qu’Israël est la nation la moins populaire sur terre ! Pendant ce temps, le wahhabisme a inspiré une quantité incommensurable d’extrémisme, un terrorisme de la pire forme, l’endoctrinement et la polarisation toxique de nombreuses sociétés arabes.

Nous pouvons regarder l’évolution de l’influence du wahhabisme dans le monde, jusqu’au stade actuel, et légitimement l’appeler un cancer. Mais qu’en est-il de ses racines ? Étant donné la vision répandue de la conspiration sioniste derrière la Déclaration de Balfour et tout de ce qui s’est passé depuis, est-il possible que le wahhabisme, qui a commencé à prendre de l’ampleur à peu près à la même époque, ait été quelque chose de beaucoup plus important que ce qu’il a semblé être – même à l’époque ?

Est-il possible que le wahhabisme ne soit pas seulement le produit d’un prédicateur rustique sorti du désert de la péninsule arabe, mais quelque chose de beaucoup plus cynique ?

Le livre, Les mémoires de M. Hempher, un espion britannique au Moyen-Orient ou Les confessions d’un espion britannique, a été considéré par certains comme un document fabriqué ; un document censé être l’histoire d’un agent britannique du XVIIIe siècle, Hempher, et de son rôle instrumental dans la création du wahhabisme dans le cadre d’une conspiration pour corrompre et finalement détruire l’islam. Ce livre est apparu en 1888 en turc. Il a été décrit comme une variation anglophobe du livre, Les Protocoles des Sages de Sion.

La plupart des chercheurs au sujet des conspirations connaissent le livre infâme Les protocoles des Sages de Sion, qui a été considéré comme le modèle de la conspiration juive mondiale. Les protocoles des Sages de Sion, comme Les confessions d’un espion britannique, ont longtemps été rejetés par certaines sources traditionnelles comme une contrefaçon ou un canular. Mais est-ce vraiment le cas ?
 Les Protocoles ont été largement traduits et diffusés et sont toujours considérés comme factuels et historiques dans une grande partie du monde musulman, informant sur l’essentiel de la vision prédominante au Moyen-Orient des juifs et des sionistes. Ceux qui réfutent la validité du livre le citent comme une cause contribuant massivement à la haine des juifs dans presque toutes les sociétés musulmanes et au-delà. Malheureusement, les nazis, comme beaucoup dans les sociétés musulmanes d’aujourd’hui, étaient intempérants, incapables de séparer le sionisme, en tant que force politique globaliste corrosive, des juifs en tant que peuple.

La réalité est que si Les Protocoles des Sages de Sion devaient se révéler être un élément historique légitime, le sionisme qu’il représente n’est pas plus représentatif des juifs en tant que peuple que le wahhabisme ne l’est de la communauté musulmane globale – c’est-à-dire que seul un pourcentage relativement faible des musulmans dans le monde sont des wahhabites, et de même pour la communauté juive et le sionisme. Mais les conspirations du genre dont nous parlons fonctionnent à un niveau insidieux, souvent inaperçu. C’est-à-dire que le nombre de musulmans et le nombre de juifs inconsciemment soumis au wahhabisme et au sionisme sont respectivement beaucoup plus élevés.

Mais qu’en est-il des Confessions d’un espion britannique ? Est-ce une simple coïncidence que ces deux idéologies politiques, toutes deux de la même époque, qui ont toutes deux assuré la toxicité à long terme du Moyen-Orient, ont aussi produit des livres qui révèlent leurs véritables origines et leurs ordres du jour – mais qui ont été plus tard rejetés par les commentateurs des médias traditionnels comme des faux ?

Les Confessions d’un espion britannique disent-elles la vérité ? Le wahhabisme a-t-il été fondé par des organismes extérieurs comme un plan à long terme pour corrompre l’islam ? Est-ce juste une coïncidence que ce soit exactement ce que le wahhabisme semble avoir fait au cours d’un siècle – corrompre la grande religion islamique au point où elle est maintenant largement considérée par beaucoup de non-musulmans [ainsi que de musulmans non pratiquants] comme une source de mal dans le monde ?

Et Les Protocoles des Sages de Sion ? Est-ce une simple coïncidence que les protocoles qui sont décrits dans ce document se situent parfaitement dans les réalités observées du sionisme mondial actuel sur stéroïdes ?

Retour à l’islam, rappelons-nous que cette religion n’a pas toujours été considérée avec le genre de stigmate qu’elle a maintenant, mais plutôt l’inverse. Les sociétés islamiques ont été historiquement perçues comme ayant été intellectuellement et même scientifiquement éclairées à une époque où le christianisme occidental était caractérisé par une arrière-pensée superstitieuse, les inquisitions, la torture, les persécutions de masse, les bûchers d’exécution et des doctrines et proclamations absolument ridicules. Les récits historiques racontent la brutalité des croisés chrétiens occidentaux et la noblesse comparée de Saladin et des armées musulmanes. Le monde islamique a eu son illumination longtemps avant l’Occident chrétien en dépit d’avoir été une religion plus jeune. À une époque où les Européens brûlaient des « sorcières », les villes islamiques classiques d’Ispahan, de Damas, de Bagdad et du Caire étaient des centres d’apprentissage et de philosophie.

La lente dégradation et la polarisation des sociétés islamiques est un phénomène qui ne s’est produit que depuis une centaine d’années, car la croissance du wahhabisme semble avoir agi comme un virus à action lente avec une longue période d’incubation. Et ce n’est que dans les 10 à 15 dernières années que l’influence des doctrines wahhabites est devenue une question internationale de premier plan.

En ce qui concerne le livre, Les Confessions d’un espion britannique, est-il un canular ? Peut-être que oui, peut-être que non. Mais on pourrait se demander pourquoi un tel faux document – pour calomnier une secte religieuse alors mineure qui ne devait avoir une grande pertinence qu’un siècle plus tard – aurait être créé ? Il en va de même pour Les Protocoles des Sages de Sion.

9/11, une tentative pour détruire le véritable islam 

Pourquoi les alliés occidentaux du roi Hussein n’ont-ils pas aidé les Hachémites lorsqu’ils ont été chassés d’Arabie par les Saouds après la Première Guerre mondiale ? Et pourquoi, depuis des décennies, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et les autres puissances mondiales n’ont-elles pas vu de problème dans le financement par les Saoudiens de la littérature et des idéologies extrémistes ? Et pourtant, nous semblons plus que désireux de nous précipiter quand il y a une chance de renverser un leader séculier comme Kadhafi en Libye ou Assad en Syrie, deux dictatures non démocratiques, peut-être, mais deux sociétés relativement idylliques par rapport à l’Arabie saoudite – mais plus maintenant, malheureusement – et qui n’étaient pas un facteur important dans l’endoctrinement des esprits jeunes, frustrés, en colère et impressionnables à travers le monde musulman. Quelle est la source de cette politique étrangère si profondément incohérente ?

Pourquoi les Saoudiens n’ont-ils pas été mis en cause lorsque 15 des 19 prétendus pirates de l’air du 11 septembre ont été identifiés comme originaires d’Arabie saoudite et non d’Irak ? Ou étaient-ils censés être 15 patsies, une ressource précieuse que Washington pourrait faire fructifier en tant qu’atout, par exemple avec « les 28 pages manquantes de rapport sur le 9/11 », dont nous avons tous entendu beaucoup parler ces derniers temps, afin d’obtenir un avantage géopolitique sur les Saoudiens, et figurativement tirer le tapis sous leurs pieds comme ils l’ont fait avec l’Égypte de Moubarak en 2011 ? La liste des questions curieuses va croissant sans cesse. Sans trop divaguer et pour ne pas compliquer une question déjà très complexe, il faut garder à l’esprit qu’une des théories du complot les plus en vue du 9/11 est celle de Phillip Marshall, qui conclut que les attaques du WTC étaient un complot américano-israélo-saoudien, pas une simple opération d’al-Qaïda. Deux caractéristiques centrales et récurrentes de la plupart des recherches sur le complot du 11 septembre sont la participation possible d’agences saoudiennes et l’implication éventuelle du Mossad israélien en collusion avec un large éventail d’agences américaines.

Cela dit, quand on regarde l’histoire du Moyen-Orient, il devient de plus en plus difficile de ne pas se demander si les divisions, la toxicité générale, les guerres et les scénarios apocalyptiques qui atteignent ici leur apogée au début du XXIe siècle ont été orchestrés depuis bien longtemps dans une histoire qui a toujours été destinée à atteindre le point où nous sommes. C’est le point de vue de beaucoup sur Les Protocoles des Sages de Sion – à savoir que le soi-disant « faux » document a effectivement rendu cela beaucoup plus clair.

Plus on étudie l’histoire, plus on se demande si la vérité sur le wahhabisme et ses origines pourrait ne pas être seulement un récit similaire, mais une opération concordante, avec ces deux idéologies – wahhabisme et sionisme – qui travaillent main dans la main pour créer l’environnement toxique que nous avons aujourd’hui dans la région.

Il est également intéressant de noter que la conspiration qui perle des Confessions d’un espion britannique – à juste titre ou à tort – jouit d’un haut niveau de crédibilité dans certaines parties du Moyen-Orient, en particulier en Irak, où ce livre est considéré par beaucoup comme aussi légitime que Les Protocoles des Sages de Sion.

Il est également intéressant de noter que tant que Washington est considéré comme un soutien d’Israël, il est également perçu comme soutenant durablement le régime saoudien, au grand déplaisir d’autres nations et de leurs dirigeants dans la région comme Kadhafi, Assad et le chef suprême iranien l’Ayatollah Khamenei, etc. L’État sioniste d’Israël et le Royaume wahhabite d’Arabie saoudite pourraient être considérés – et sont considérés par beaucoup au Moyen-Orient – comme des États artificiels imposés à la région et maintenus en place par les puissances occidentales – principalement Washington – à des fins à long terme que Dieu-seul-connait. Tout comme Israël est armé jusqu’aux dents par ses patrons occidentaux, il en est de même du régime saoudien, qui est actuellement en train de décimer la petite nation du Yémen dans une guerre illégale et en utilisant presque entièrement de l’armement britannique ou américain – sans un mot de condamnation des gouvernements occidentaux.

La perception est souvent inéluctable que les principaux gouvernements occidentaux marchent au rythme de l’État saoudien, tout autant qu’avec Israël. Et tout ceci malgré le rôle de longue date de l’Arabie saoudite comme source principale du terrorisme djihadiste.

Il est de plus en plus évident que les États wahhabite et sioniste ont des intérêts communs et travaillent main dans la main à bien des égards. Cela peut être vu par exemple dans leur politique anti-iranienne partagée et leur implication commune dans le soutien à la guerre extrémiste d’ISIS contre le gouvernement syrien.
 Dans le numéro du 14 septembre 2016 du magazine Politico, le néocon Zalmay Khalilzad (ancien ambassadeur des États-Unis en Afghanistan, en Irak, aux Nations Unies et maintenant l’homme de paille du lobby saoudien à Washington) a déclaré : « Israël et l’Arabie saoudite partagent une perception similaire de la menace à l’égard de l’Iran, et cette vieille hostilité ne doit pas empêcher une plus grande coopération entre les deux États à l’avenir. Les Saoudiens ont déclaré avec une franchise inhabituelle qu’ils ne considèrent pas Israël comme un ennemi et que le royaume ne fait aucun plan de contingence militaire dirigé contre Israël… »

Le XXe siècle et la malveillance du wahhabisme dans le monde islamique 

L’influence destructrice et hégémonique du sionisme a été décrite et commentée dans tous les sens pendant de nombreuses décennies. Mais les doctrines wahhabites peuvent maintenant clairement être considérées comme étant derrière la plupart des mouvements extrémistes et fous du djihadisme, y compris al-Qaïda et maintenant ISIS. Il serait impossible de calculer combien d’esprits et combien de jeunes hommes, à travers le monde, ont été endoctrinés par les influences wahhabites.

Encore une fois, pour citer l’ancien ambassadeur Khalilzad (du numéro du 14 septembre 2016 du magazine Politico) :

« Une fois, au cours de réunions avec le roi Salman, le prince héritier Nayef, le sous-ministre Mohammad Bin Salman et plusieurs ministres, un haut fonctionnaire saoudien a admis : « Nous vous avons trompés » . Il m’a expliqué que les Saoudiens ont soutenu l’extrémisme islamique depuis le début des années 1960, comme un contre-pied au nassérisme – l’idéologie politique socialiste issue de la pensée égyptienne de Gamal Abdel Nasser – qui menaçait l’Arabie saoudite et allait mener à la guerre entre les deux pays le long de la frontière du Yémen. Cette tactique leur a permis de contenir avec succès le nassérisme, et les Saoudiens ont conclu que l’islamisme pouvait être un outil puissant dans un cadre plus large. »

Le wahhabisme saoudien n’est pas seulement une mauvaise interprétation intolérante et barbare de l’islam. C’est un culte de la mort en soi avec une méthodologie politique très judicieuse et expéditive. Le sionisme, qui est souvent utilisé pour endoctriner les jeunes juifs [et beaucoup de stupides évangélistes américains dits « chrétiens »], a un point de vue essentiellement extrémiste, délirant, intransigeant, qui traite de la supériorité raciale et du « droit divin » sur une terre qui n’est PAS à eux, sur un pays qu’ils n’ont JAMAIS eu en garde, si ce n’est pour une courte période, tâche dont ils se sont montrés complètement indignes, à la suite de laquelle a commencé leur expulsion et la diaspora.

L’influence du wahhabisme, tout comme celle du sionisme, sont largement invisibles à ceux qui observent superficiellement les événements de l’extérieur et peuvent presque être considérées comme un endoctrinement furtif. Bien que personne n’ait jamais nié l’existence du wahhabisme ou sa prévalence en Arabie saoudite, ce n’est que depuis quelques années que l’étendue du matériel wahhabite circulant autour du monde musulman a commencé à être compris. Alors que l’influence religieuse saoudienne ne peut être citée comme la seule force derrière la montée du fanatisme et de l’extrémisme au Moyen-Orient et au-delà dans une grande partie du monde islamique, elle en est un facteur central, avec la politique étrangère américaine et l’État sioniste d’Israël. Et si tous ces facteurs devaient être considérés comme opérant de concert les uns avec les autres et considérés comme un seul, alors il serait évidemment le principal moteur des événements terribles dans cette partie du monde.

Même si vous vouliez citer d’autres facteurs de causalité – par exemple, les populations opprimées par diverses dictatures – on pourrait affirmer que ces dictatures ont été historiquement soutenues par l’influence saoudienne ou américaine (ou les deux) à un moment ou à un autre – sauf celle de Kadhafi – et regardez comment cela s’est fini pour lui. Si l’on regarde les événements historiques du soi-disant « printemps arabe » ou mieux le chaos arabe, certains ont tendance à oublier que Bahreïn, par exemple, a eu ses propres protestations populaires avec des civils demandant des droits et des libertés fondamentaux. Ces protestations ont été écrasées et n’ont reçu aucun appui ni aucune action de solidarité de Washington ou d’autres puissances occidentales. Pourtant, les puissances se sont empressées de contribuer au renversement violent et brutal de Kadhafi en Libye et sont maintenant en passe d’essayer de faire de même en Syrie, en faisant payer le prix fort au peuple syrien pauvre et sans défense.

Sans surprise, la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Assad étaient deux dictatures sans sympathie ni amour pour les wahhabites saoudiens. Et la même chose peut être dite pour l’Irak de Saddam Hussein, alors que la direction de Bahreïn avait le plein soutien saoudien. Encore plus ridicule, les Saoudiens étaient eux-mêmes « consultés » par les puissances occidentales sur ce qu’il fallait faire à propos du « problème Kadhafi », tout comme ils étaient principalement « consultés » sur ce qu’ils devaient faire à propos d’Assad et de la Syrie, ou concernant la campagne pour virer Saddam Hussein d’Irak.

Il est curieux qu’avec tous ces régimes qui se sont effondrés ou qui ont été attaqués ailleurs dans la région (même le régime de Moubarak en Égypte), le régime saoudien n’a jamais semblé être le moins du monde en difficulté, en dépit d’être détesté par tant de ses propres citoyens aussi bien que par ses voisins et en dépit d’être encore plus oppressifs que les autres régimes accusés d’être « anti-démocratiques ».

Selon le sociologue Quintan Wiktorowicz, même le terme « wahhabisme » est souvent utilisé par ses adversaires pour désigner l’influence étrangère, en particulier dans les pays où il y a une petite communauté musulmane minoritaire, mais qui ont subi des incursions récentes pour convertir la population locale à cette idéologie. Grâce à cette méthode d’infiltration à long terme, les nations étrangères peuvent être perturbées, les mouvements agités et les régimes endommagés ou même renversés. Mouammar Kadhafi connaissait certainement les wahhabites – et les haïssait avec force. Il a également commis l’erreur d’affronter ouvertement la famille royale saoudienne aux sommets arabes. Encore une fois, notons que ni l’Iran ni la Syrie, ni la Libye de Kadhafi, ni l’Irak de Saddam Hussein n’ont jamais contribué à l’exportation ou à la propagation de l’extrémisme ou du terrorisme contre l’Occident. Mais le wahhabisme saoudien l’a clairement fait et le fait toujours.

Il est toujours difficile pour les chercheurs indépendants de se pencher sur la conspiration internationale qui a été menée contre Kadhafi et le peuple de Libye sans se demander quelle alliance de forces et d’intérêts était vraiment derrière elle et pourquoi. Ce sujet justifie tout un essai en lui-même, mais il devient également difficile de regarder la crise qui a déchiré la Syrie autrefois paisible et ne pas se poser la même question, sans parler de l’Irak et de la montée d’ISIS.

C’est un fait établi que les Saoudiens et leurs États clients satellites ont financé et orchestré les terroristes ultra-violents d’ISIS en Syrie depuis le début de ce conflit. Et il est évident qu’Israël a également été impliqué dans l’aide aux rebelles syriens. Il est donc tout à fait raisonnable de se demander si un programme sioniste / wahhabiste est joué à l’unisson avec, évidemment, le soutien des néocons à Washington.
 Ce n’est pas, en passant, une tentative de vilipender l’Arabie saoudite ou l’État saoudien – qui peut être confronté au grand danger de l’extrémisme djihadiste – mais plus spécifiquement ses clercs religieux et ses réseaux religieux. On ignore dans quelle mesure ces réseaux sont liés à l’État lui-même. Mais il y a presque certainement un certain degré de collusion impliquant les personnes hautement placées dans l’état.

En conclusion, il est évidemment hors de la portée de cet article de commenter de façon décisive si les Protocoles des Sages de Sion ou les Mémoires de M. Hempher sont des faux du XIXe siècle ou de véritables éléments historiques qui exposent les véritables origines de deux idéologies les plus destructrices et toxiques des XXe et XXIe siècles.

Ce qui peut être observé avec une objectivité absolue, cependant, c’est le rôle substantiel que les deux idéologies ont joué dans la création des conditions dures, quasi-apocalyptiques que nous avons maintenant au Moyen-Orient et ailleurs dans le monde. Une fois que vous vous êtes familiarisé avec l’histoire, vous ne pouvez pas vous empêcher de voir l’amer sectarisme, les guerres, les divisions et le sang d’aujourd’hui sans percevoir les grandes ombres du sionisme et du wahhabisme qui se dressent derrière eux. Et cela avant même de prendre en compte la question de l’islam chiite. Cela est également particulièrement intéressant compte tenu du fait que la politique des États-Unis au cours des dernières années a consisté à aggraver le plus possible un conflit faux et artificiel sunnite-chiite dans la région. L’intelligentsia israélienne est aussi très impliquée dans l’avènement de ce conflit géo-sectaire.

Le sombre tableau est celui d’un cancer social et politique semé à l’aube du XXsiècle et atteignant son niveau le plus mortel au début du XXI: un ordre du jour qui date d’avant la Première Guerre mondiale et qui pourrait provoquer la Troisième guerre mondiale.

Résistance au colonialisme: Population amérindienne… décidément pas une population « immigrante »…

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 13 février 2017 by Résistance 71

« Pour la plus grande partie du XXème siècle, les archéologues croyaient que les Indiens sont arrivés sur le continent des Amériques à travers une ‘connexion terrestre’ établie dans le détroit de Béring, il y a environ 13 000 ans, à la fin du dernier âge glaciaire… En 1997, cette théorie s’est effondrée. certains de ses plus ardents partisans, comme Haynes, concédèrent publiquement que de nouvelles trouvailles archéologiques dans le sud du Chili ont montré des preuves irréfutables d’habitations humaines bien plus anciennes que 12 000 ans. Parce que ces gens vivaient à quelques 10 000km au sud du détroit de Béring, une trop grande distance pour être parcourue à cette époque, ces gens arrivèrent avant que le couloir du détroit ne soit libéré des glaces. Quoi qu’il en soit, de nouvelles recherches ont également jeté un grand doute sur l’existence même de ce couloir de Béring. Ainsi certains archéologues suggèrent que les premiers habitants des Amériques sont arrivés il y a plus de 20 000 ans… »
~ Charles C. Mann, « 1491 », 2005, p.17-18 ~

 

Nous ne sommes pas une nation d’immigrants

La discussion au sujet de l’immigration est de fait très opportune pour réfléchir de nouveau sur les nations premières et cette terre du continent

 

Spotted Crow Mann (Nation Nipmuc, Massachussetts)

 

11 février 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/not-nation-immigrants/

 

Comme nous avons cette conversation au sujet des immigrants (NdT: à Yankland…): qui est d’ici et qui ne l’est pas, ceci serait une excellente opportunité pour l’Amérique de réfléchir sur le peuple premier de cette terre.

Mais le silence à ce sujet est assourdissant. Alors qu’une multitude de protestations secouent le pays afin de laisser entrer des gens immigrants, les griefs et les requêtes du peuple indigène de l’Amérique semblent ne jamais sortir au grand jour. Si seulement la même vitalité pouvait-être soutenue en faveur des peuples premiers des USA et de Canada, la souffrance humaine disproportionnée au sein de ces communautés pourrait enfin entrevoir des solutions.

L’exégèse de ce narratif apathique remonte à l’église, puis aux médias, politiciens et au malaise général de la société (coloniale) concernant l’agencement indigène.
De manière ironique, si le chef Massasoit des Pokanoket avait été un peu moins altruiste envers les quelques 102 “pèlerins” à moitié affamés en 1620, nous n’aurions sans doute pas aujourd’hui cette conversation.

Nous ne l’aurions pas non plus si les Nipmucs (NdT: la nation originaire de l’auteur de ces lignes) n’avaient pas marché plus de 110km jusqu’à Boston avec des sacs de maïs sur leurs dos pour nourrir les Anglais affamés.

Les peuples originels avaient de manière générale une “politique de porte ouverte” envers tous nouveaux immigrants. Si vous désiriez prendre part dans la relation de réciprocité avec la terre, vous étiez les bienvenus.

Mais les Anglais n’en avaient jamais assez. En tout, ils voulaient toujours plus et ce plus mena à la guerre.

Ces nouveaux immigrants avaient très peu, voire aucun respect pour la terre ou l’agencement indigène.

Ainsi la lutte pour le sous-continent érupta à travers la Nouvelle-Angleterre en 1675, la guerre est connue sous le nom de “Guerre du roi Philippe

Il y eu énormément de pertes en vie humaines de part et d’autre et la communauté Nipmuc fut dévastée.

Des cessez-le-feu et des traités furent éventuellement “pondus”, mais pas avant que certains leaders de la nation ne fussent pendus, des familles réduites en esclavage et les Indiens christianisés internés sur Deer Island où des centaines d’entre eux moururent de faim et de froid.

Ainsi, des gens du peuple indigène comme mon arrière grand-père à la 5ème génération, combattirent aux côtés des jeunes colonisateurs pendant la guerre révolutionnaire dans la croyance que quelque chose de bon puisse sortir de cette calamité.

Ces juvéniles “Américains” martelèrent leur marteau hégémonique sur le dos de l’Île de la Grande Tortue et ainsi naquirent les Etats-Unis d’Amérique.

Lorsque l’Amérique fut au bord de l’effondrement 85 ans plus tard, des Américains natifs des peuples autochtones comme mon arrière grtand-père de la 3ème génération, Samuel Vickers, ses frères et ses cousins combattirent, et certains moururent, dans la guerre de sécession. Leurs dures et complexes histoires sont relatées dans un livre de David Nuamec.

Quelques colons de la première heure trouvèrent que la vie était insoutennable dans cette nouvelle région. Ils se tournèrent vers des remèdes indigènes pour survivre. Des gens comme mon second arrière grand-oncle, Samuel Hazard, étaient connus comme des guérisseurs traditionnels, des “Docteurs Indiens”. On lui demanda de soigner une jeunes blanche qui vivait près de Hatchet Pond sur la réserve Nipmuc. Il est écrit qu’il utilisa des plantes et des cœurs de crotales pour lui sauver la vie.

De telles histoires sont inbriquées dans chaque communauté tribale de la terre. Dire de nous que nous sommes des nations d’immigrants ne fait que nier notre existence, nos contributions et nos requêtes et griefs non résolus.

Pourquoi cela demeure t’il la supputation favorie est au-delà de toute compréhension ?

Les nations natives originelles des USA et du Canada (NdT: et du Mexique et de toute l’Amérique du Sud) ont donné et sacrifié bien plus qu’il ne pourra jamais être mentionné, avant et après l’établissement de ces dits pays. Le peuple natif de ce continent mérite d’être le point de focale de cette conversation.

Mais au lieu de cela, nos paroles sont ignorées, nos enfants enlevés de leurs maisons, “pour être physiquement, mentalement et moralement entraînés et ajustés pour des positions d’auto-suffisance honorable, d’utilité et de respectabilité.” C’est ce qui est arrivé à ma grande-tante: Anna Vickers, qui fut enlevée de son foyer à l’âge de 11 ans, ainsi que d’autres membres de la famille et fut envoyée à la Connecticut Industrial School for Girls en 1901.

Nous ne sommes en aucun cas de vulgaires badauds dans ce narratif historique de l’Amérique. Nous avons survécu à un traumatisme inter-générationnel, à une violence latérale et aux vicissitudes d’élever nos familles dans une soi-disante “nation d’immigrants”, où sa définition même, est l’affront final à nos vies, aux sacrifices endurés et à l’Être, l’existence même de ce continent.

C’est le summum de la dissonance cognitive et de l’amnésie historique (NdT: artificiellement induite…), bercé d’une sorte de schizophrénie patriotique. Il engendre les caricatures natives, les mascottes ainsi que l’échappatoire colonialiste, jusqu’à aujourd’hui.

Nous devrions dire: Oui, nous sommes une nation d’immigrants, descendants du cheptel d’esclaves des peuples premiers de cette terre. Ceci forcerait tous les Américains à se familiariser avec la véritable histoire de leur pays et de cette terre, histoire qui a forgé les opportunités dont ils jouissent à présent.

 

Solutions anti-coloniales pour une décolonisation de l’empire (version PDF Taiaiake Alfred)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 11 février 2017 by Résistance 71

Introduction à “la grande loi du changement” et des solutions anti-coloniales pour une décolonisation de l’empire

 

Résistance 71

 

11 février 2017

 

Version PDF en français de la partie correspondante du livre “Wasase” du professeur de science politique Taiaiake Alfred de l’universite de Victoria en Colombie Britannique, Canada ; traduit de l’anglais par Résistance 71 et mise en page pdf par Jo de JBL1960.

Nous devons nous émanciper de l’idéologie coloniale qui a rendu et rend toujours possible les empires passés et l’empire actuel anglo-américain sur fond de mondialisme et de destruction des peuples et de la planète. Nous pensons que l’avenir de l’humanité passe par l’émancipation des peuples occidentaux de l’idéologie coloniale dominante et leur tenue côte à côte, main dans la main avec les peuples opprimés et colonisés du monde parce qu’en définitive, nous sommes tous des colonisés, ce n’est qu’une question de degré dans une matrice de la domination oligarchique.

Ce texte que nous avions publié en plusieurs parties en août et septembre 2014, traduit du livre du pr. Alfred “Wasase” (2005, 2009) est toujours d’une actualité brûlante pour la simple et bonne raison que rien ou pas grand chose n’a été fait pour sortir de ce marasme qui nous mène droit à l’abyme.

Nous pensons que ce texte fait partie de l’arsenal des outils de compréhension menant inévitablement à une solution de changement radical de la société, au besoin pour l’humanité de marcher enfin sur le chemin de l’harmonie une fois réalisé la fausse route que nous avons empruntée en suivant le modèle étatico-capitaliste de gestion de la société humaine. Place nette doit être faite dans les esprits et les attitudes, individuellement et collectivement, pour que surgisse et s’épanouisse la société des sociétés, la société humaine naturellement contre l’État et toute forme d’institution coercitive de domination.

Ainsi…

“Un guerrier confronte le colonialisme avec la vérité afin de régénérer l’authenticité et de recréer une vie digne d’être vécue et des principes pour lesquels on peut mourir. La lutte est de restaurer les liens qui ont été coupés par la machine coloniale… Traduire ce sens éthique en une philosophie politique concise est difficile. Je suggérerais en point de départ, de conceptualiser le terme d’ANARCHO-INDIGÉNISME. Pour prendre racine dans l’esprit des gens, la nouvelle éthique va devoir capturer l’esprit du guerrier en lutte et l’amener en politique. Il y a deux éléments fondamentaux: “indigène” qui évoque les racines culturelles et spirituelles de cette terre et de la lutte d’Onkwehonwe pour la justice et la liberté et la philosophie politique et le mouvement qui est fondamentalement anti-institutionnel, radicalement démocratique et totalement impliqué dans l’action pour amener un changement: l’anarchisme.”

“Le colon et le colonisé ont tous deux été forcés d’accepter de vivre dans un état de captivité. Ceci correspond au sens plus profond de la tournure qu’a pris le colonialisme moderne. Bien sûr tout ceci est possible parce que le grand mensonge a été incorporé dans tous les aspects de nos vies aussi loin que l’on puisse se rappeler comme étant la mémoire, l’identité et les relations politiques et économiques de domination et d’exploitation. Quelle type de culture a été produite par ce déni de vérité et en érodant l’authenticité des façons de vivre enracinée, saines et intelligentes, pour être au service du pouvoir politique et économique ? Cette question doit être posée non seulement aux assujettis mais également aux dominants.
Le colonialisme est une relation totale au pouvoir et il a façonné l’existence non seulement de ceux qui ont tout perdu mais aussi de ceux qui en ont profité.”

~ Taiaiake Alfred ~

 

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

VERSION FRANCAISE EN PDF

 

 

Guerres impérialistes: Irak, Libye, Syrie de G.I Joe à Daesh dans la logique criminelle de la société du spectacle…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 11 février 2017 by Résistance 71

Une chose à garder toujours présent à l’esprit quand on lit un article comme celui traduit ci-dessous ou toute autre information au sujet de l’armée mercenaire djihadiste des services de l’empire: pour un nouvel ordre mondial surgissant du chaos (Ordo ab Chao), rien de tel que la guerre perpétuelle savamment entretenue.

~ Résistance 71 ~

 

La politique de Trump continue d’alimenter à dessein le terrorisme

 

Tony Cartalucci

 

8 février 2017

 

url de l’article original:

http://landdestroyer.blogspot.jp/2017/02/trump-policy-continues-purposefully.html#more

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans le dessin animé télévisé de G.I Joe, il importe peu comment et combien les héros ont torché les méchants de l’organisation Cobra la semaine précédente, ils reviendront avec toujours plus d’hommes, d’armes et de véhicules. Aucune explication n’est jamais donnée sur le comment Cobra possède ces vastes ressources ni d’où tout cela provient et en fait aucune explication n’est nécessaire… parce que c’est un dessin animé pour enfants.

Pourtant, un scenario très similiare se déroule dans la réalité et un narratif tout aussi puéril est donné au public à gober afin de cacher d’où les méchants tirent leurs vaste ressources. Aussi, à l’encontre d’un dessin animé pour enfants, ici, une explication véritable est demandée et nécessaire.

La menace du “terrorisme” ou des “islamistes radicaux” comme les politiciens américains et les médias s’en réfèrent, sont devenus dans la vraie vie, tout aussi “dessin animé” que n’est l’organisation Cobra dans la fiction.

Des organisations comme Al Qaïda (AQ) et l’auto-proclamé “État Islamique” (EI) semblent avoir des réserves absolument inépuisables d’argent, d’hommes, de matériel, d’armes et même de véhicules. Ils semblent être capables de transiter au travers des frontières nationales, des mers avec ses combattants, son soutien logistique lourd et ses ressources financières qu’elles ont en quantité industrielle et qui confondraenit d’envie les forces militaires mondiales les plus compétentes.

Ces organisations terroristes, épousant l’idéologie wahabbite émanant des états du Golfe Persique que sont l’Arabie Saoudite, le Qatar et les Emirats Arabes Unis, mènent la guerre simultanément en Irak, en Syrie, au Yémen, en Libye, tout en menant des opérations terroristes mondialement de l’Amérique du Nord à l’Europe en passant par l’Eurasie et l’Extrême-orient.

Ils combattent les forces collectives de la Syrie, de l’Irak, de l’Iran, de la Russie et du Hezbollah libanais.

Très peu de nations sur terre possèdent les ressources politiques, militaires et financières requises pour créer et maintenir une telle force combattante, et encore moins possèdent la motivation de le faire.

Une interdiction de voyager qui ne s’adresse même pas aux symptômes de l’affaire

Le décret du président américain Donald Trump interdisant l’entrée sur le territoire des Etats-Unis aux ressortissants des pays comme la Syrie, le Soudan, l’Iran, l’Irak, le Yémen, la Libye et la Somalie fut proclamé afin de protéger le peuple américain de ce que le décret affirme être “des attaques terroristes par des citoyens étrangers admis sur le territoire des Etats-Unis.”

Le décret fait spécifiquement référence à l’attaque terroriste du 11 septembre 2001 à New York et à Washington qui tua près de 3000 personnes.

Quoi qu’il en soit, l’interdiction omet en fait toutes les nations d’où sont venus les supposés pirates de l’air en ce 11 septembre 2001: 15 des 19 pirates venaient d’Arabie Saoudite, 2 des Emirats Arabes Unis, 1 d’Egypte et 1 du Liban.

L’attaque du Louvre en France expose l’impotence de l’interdiction de voyager aux Etats-Unis

Des détails récents concernant l’attaque du Louvre en France ont montré que le suspect maintenant identifié comme Abdallah Reda Refai El Hamahmy, est né en Egypte, pas sur la liste du président Trump, qu’il a voyagé par les EAU pour aller en France, pas sur la liste de Trump, et où il a travaillé deux ans comme avocat. Il avait aussi voyagé précédemment en Arabie Saoudite, pas non plus sur la liste, où sa femme et son enfant résident toujours (NdT: tiens, tiens… comme si le mec avait été “radicalisé” en Arabie, par les services saoudiens, commandité sans avoir eu peut-être trop le choix, sa famille demeurant en “otage”… une hypothèse comme une autre…)

Malgré qu’aucun des pays où a voyagé ou résidé le suspect de l’attaque du Louvre ne soit sur la liste du président Trump, celui-ci s’exclamait dans un message posté sur la plateforme Twitter:

Un nouveau terroriste radical musulman a attaqué le Louvre à Paris. Les touristes ont été coincés. France est encore sur le fil du rasoir. AIE DU BON SENS AMERIQUE.

Pourtant, par son “du bon sens” on assume que le président Trump veut dire que les Etats-Unis devraient acquiescer à son décret d’interdiction de voyager vers les USA. Pourtant cette interdiction n’aurait aucunement empêché Abdallah Reda Refai El Hamahmy d’entrer sur le territoire national, d’y trouver un couteau et d’y attaquer toute cible de son choix.

Il doit aussi être noté que les pirates de l’air du 11 septembre en provenance d’Egypte et du Liban, ainsi que le suspect de l’attaque du Louvre, sont tous membres ou furent inspirés par des organisations terroristes financées et politiquement soutenues par l’Arabie Saoudite et ses voisins wahhabites.

En fait, les groupes d’où sont tirés ces terroristes incluent les Frères Musulmans, organisation qui donna naissance à Al Qaïda et un groupe défendu par des intériets politiques américains et européens d’états tentant de démanteler leurs réseaux sous des excuses variées de “liberté d’expression” et de “démocratie”.

En ce sens, les Etats-Unis et l’Europe ne font pas qu’échouer à combattre le terrorisme, mais ils l’entretiennent, l’aident et l’encouragent.

Pourtant, les supporteurs du président Trump maintiennent que la liste incluse dans le décret provient originellement de l’administration Obama et que l’Arabie Saoudite y sera “peut-être” ajoutée plus tard. Des évènements récents suggèrent le contraire.

Des actions valent mieux que des mots

En plus d’avoir omis l’Arabie Saoudite de la liste des nations incluses dans son décret d’interdiction de territoire, le président Trump enverrait le navire de guerre USS Cole au larges des côtes du Yémen afin de fournir une sécurité aux navires saoudiens dans la zone.

Les bateaux de guerre saoudiens ont été ciblés dans la guerre totale que Ryadh mène contre son voisin du Yémen. Le USS Cole est bien sûr le vaisseau qui fut attaqué par AQ en 2000 alors qu’il mouillait à Aden au Yémen. Dix-sept marins américains furent tués. Il est improbable qu’un seul vaisseau américain puisse “protéger” les navires saoudiens, mais cela pourrait bien augmenter la possibilité que les forces yéménites touchent par inadvertance la navire américain dans une tentative de se défendre contre les attaques saoudiennes.

La progression logique des évènements après un tel fait sur un navire américain par les Yéménites serait une implication plus grande des forces américaines dans le conflit au Yémen, du côté de l’Arabie Saoudite, la nation qui “pourrait être ajoutée” à l’interdiction de territoire US “plus tard”…

D’où le terrorisme provient vraiment

Il est très clair que les organisations terroristes, incluant Al Qaïda et l’EIIL/Daesh, citées par Trump comme prétexte de son récent décret, sont des créations et des perpétuations d’une collusion américano-saoudienne. Ils ont créé conjointement une force globale mercenaire qui peut combattre là où leurs forces régulières ne le peuvent pas, utilisant des tactiques et des méthodes à une échelle que même leurs forces commandos secrètes ne pourraient pas ni jamais réaliser.

Et tandis qu’il ne pourrait pas être plus clair que ces organisations terroristes tirent de l’Arabie Saoudite, du Qatar et des Emirats Arabes Unis, la somme de leurs ressources politiques, militaires et financières, le président Trump, malgré sa promesse de lutter contre ce terrorisme et de le battre s’est assuré de protéger cette même source de leur pouvoir.

Ce faisant, Trump assure qu’Al Qaïda et l’EIIL/Daesh, à l’instar de la fictive organisation Cobra, réapparaissent chaque semaine qui passe avec toujours plus d’hommes, d’armes et de véhicules et ce nonobstant la branlée qu’ils ont pris la semaine d’avant.

Comprendre le colonialisme: Le « droit de domination » chrétien tire sa pseudo-légitimité de la bible, empire américain = théocratie (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 10 février 2017 by Résistance 71

De cette conclusion de Newcomb nous pouvons en tirer et dire que la nation impérialiste des Etats-Unis d’Amérique est non seulement une fausse nation établie sur des terres volées et usurpées, mais qu’elle est aussi de fait une véritable théocratie avançant masquée, fondée comme telle et établie sur le génocide et le vol au nom du “droit du peuple chrétien élu sur une terre promise” qu’il a fallu voler.

~ Résistance 71 ~

 

Nos ancêtres Lenape furent massacrés durant l’évènement du Bowling Green Massacre

Kellyanne Conway s’est trompée de Bowling Green

 

Steven Newcomb

 

6 février 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/lenape-ancestors-bowling-green-massacre-manhattan-island/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans un entretien avec Chris Matthews, hôte de l’émission de télévision “Hardball” sur la chaîne MSNBC, Kellyanne Conway, une conseillère du président Donald Trump a mentionné la chose suivante: “Deux Irakiens sont venus dans ce pays, y ont été radicalisés et furent les cerveaux derrière le massacre de Green Bowling. La plupart des gens ne savent rien de cela parce qu’il n’y a eu aucune couverture médiatique de l’affaire.” Comme elle s’en est rendue compte plus tard, la plupart des gens ne savent rien de cela… parce qu’aucun massacre de la sorte n’a été commis par deux Irakiens. Elle a plus tard reconnu son erreur et s’est corrigée sur Twitter.

Ironiquement, la phrase de Mme Conway “Bowling Green massacre” nous donne l’opportunité de mentionner le massacre de notre peuple Lenape dans le district de Bowling Green dans le bas de l’île de Manhattan par les colons hollandais pendant la guerre de Kieft (1643-45). Pendant cette période, les Hollandais ont massacré des centaines de personnes de notre peuple Lenape. Un de ces incidents génocidaires notoires se produisit dans le bas de Manhattan, près de ce qui est aujourd’hui l’American Indian Museum et pas loin du site ou se tint Fort Amsterdam. Cet épisode fut narré par un Hollandais du nom de David Pietersz de Vries.

Au début des années 1640, le gouverneur hollandais William Kieft essaya d’imposer un impôt sur nos ancêtres Lenape. Ils refusaient de payer les étrangers pour avoir le “privilège” de vivre sur leur propre territoire. D’après de Vries, le gouverneur Kieft jugea les “relativement non belligérents Hackensack de Pavonia être en position de faiblesse.” Kieft promit de les faire se soumettre (Herbert C. Kraft, The Lenape: Archaeology, History, and Ethnography, Newark, 1986, p. 223).

De Vries n’eut aucun succès dans ses tentatives de faire renoncer le gouverneur Kieft à massacrer nos ancêtres Lenape. Le gouverneur refusait d’en être dissuadé. De Vries rapporta l’atrocité qui se produisit le 25 février 1643. L’évènement sanglant est difficile à lire et pour cause:

Je suis resté cette nuit là chez le gouverneur, ne pouvant dormir, j’allais m’assoir près du feu de la cuisine, lorsque vers minuit, j’ai entendu un grand hurlement ; je me suis précipité sur les ramparts du fort et y ai observé Pavonia. Je ne n’entendis rien que des coups de feu, entendis les hurlements des sauvages assassinés dans leur sommeil… Au petit jour, les soldats retournèrent au fort, après avoir massacrés 80 Indiens tout en considérant avoir rempli leur mission de valeur guerrière romaine en les assassinant pour la plupart dans leur sommeil. Des enfants furent arrachés du sein de leurs mères et taillés en pièces devant leurs parents. Les morceaux des enfants furent jetés au feu ou dans l’eau. D’autres bébés furent attachés sur des planches et furent découpés, percés et misérablement massacrés d’une manière à émouvoir même le plus dur des cœurs de pierre.

Certains furent jetés dans la rivière et lorsque les pères et les mères se précipitèrent pour les sauver, les soldats ne les laissaient pas revenir sur la terre ferme et ils les laissèrent tous se noyer, des enfants de 5 ou 6 ans ainsi que des vieillards. Ceux qui s’enfuirent du massacre et se cachèrent, revinrent le matin mendier un bout de pain et pour être autorisés à venir se réchauffer. Ils furent assassinés de sang froid et jetés au feu ou dans la rivière. Certains arrivèrent chez nous dans la campagne avec des mains ou des jambes amputées, certains tenaient leurs entrailles dans leurs mains, d’autres avaient de telles coupures et plaies béantes qu’il n’était pas possible que ce soit pire.” (Kraft, pp. 223-224)

Une trentaine ou plus de nos ancêtres Lenape furent aussi massacrés cette même nuit sur Corlaer Hook, ailleurs sur l’île de Manhattan. Les assaillants hollandais “retournèrent à fort Amsterdam avec 30 prisonniers et les têtes de plusieurs Indiens.” (Ibid. p 224)

Sheldon Wolfchild (Lakota) et moi-même avons inclus ceci et autres horribles incidents dans notre film documentaire The Doctrine of Discovery: Unmasking the Domination Code (2016). Ces incidents ne sont que quelques uns des inombrables exemples de la domination et de la déshumanisation qui furent utilisées contre nos nations autochtones et nos peuples par les envahisseurs coloniaux de la chrétienté, puis éventuellement par le gouvernement et les colonisateurs des Etats-Unis d’Amérique.

Peut-être devons-nous remercier Mme Conway d’avoir employé de manière erronée le terme de “Bowling Green massacre”. Elle nous a ainsi aidé à faire plus de publicité pour notre documentaire. Celui-ci documente les méthodes utilisées par le gouvernement des Etats-Unis contre nos nations et peuples autochtones, méthodes perpétuées par la loi et politique fédérales indiennes, basées sur la bible et le christianisme.

Un des exemples les plus récents d’utilisation par les Etats-Unis de l’affirmation chrétienne d’un droit de domination contre nos nations indigènes, est l’utilisation par le gouvernement Trump d’un décret d’approuvement du Dakota Access Pipeline. Des efforts sont entrepris pour finaliser la construction de cet oléoduc sur le territoire sioux de l’Oceti Sakowin (la Grande Nation Sioux), territoire du conseil des sept feux. Ceci est fait sans le consentement de la nation Oceti Sakowin et en violation directe du traité de Fort Laramie de 1851.

La doctrine de la domination chrétienne, comme elle est utilisée par les Etats-Unis, au nom de la “loi américaine”, argumente que nos nations sont de droit sujettes aux idées et aux règles développées par “les premiers chrétiens” (dixit la cour suprême des Etats-Unis) pour “découvrir” les terres non-chrétiennes des “natifs, qui étaient des païens” (des mots mêmes de la Cour Suprême). En accord avec le dictionnaire anglais d’Oxford, “païen” est “un mot d’origine chrétienne” ce qui veut dire que c’est un mot d’origine biblique, mot utilisé par la Cour Suprême des Etats-Unis.

Comment les Etats-Unis ont-ils pu échapper à l’accusation d’officiellement utiliser des doctrines de fondamentalisme chrétien et de la bible pour affirmer un droit de propriété sur nos terres et territoires ?

Réponse: Ils affirment “un droit de domination” sur nos peuples et nations fondé sur le modèle de l’Ancien Testament du “peuple élu et de la terre promise”. En d’autres termes, parce que la bible leur a dit de le faire.

Guerre impérialiste en Syrie: Nouvelle opération de propagande médiatique de la machine occidentale de la guerre perpétuelle…

Posted in actualité, colonialisme, France et colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 9 février 2017 by Résistance 71

Les neocons battus à Alep veulent toujours la peau du Hezbollah

 

Jacques-Marie Bourget

 

7 février 2017

 

source: https://www.legrandsoir.info/les-neocons-battus-a-alep-veulent-toujours-la-peau-du-hezbollah.html

 

Alors que la coalition des nouveaux impérialistes se réjouissait par avance d’un coup double à jouer en Syrie, éliminer Bachar et le Hezbollah tout en écorniflant l’Iran, voilà que l’organisation de résistance libanaise sort renforcée de la victoire d’Alep. Il faut donc abattre Nasrallah et ses troupes par un autre moyen, le vieille arme de la CPI et des « crimes de guerre ». La machine est en route.

Ce qui est pénalisant dans le vieillissement ce n’est pas seulement la difficulté que l’on éprouve à lacer ses chaussures, c’est que l’on parle de moments d’histoire que personne n’a connus. Outre les amis bancals qui vous accompagnent sur le chemin du cimetière. Ainsi Geneviève Tabouis, une journaliste qui a déclamé pendant trente ans ses chroniques sur « Radio Luxembourg », ça ne vous dit rien ! Cette amie d’Eleonor Roosevelt et de Joseph Staline avait coutume de démarrer son couplet par un sonore « Attendez-vous à savoir… ».

N’étant ni l’ami de Melania Trump ni le cousin de Vladimir Poutine, je m’autorise quand même à vous lancer mon personnel « Attendez-vous à savoir… ». Attendez-vous à savoir que dans les ateliers de Washington, là où l’on forge si bien le mensonge, une grande campagne est en cours de montage. Une entreprise de première grandeur qui mobilise aussi les orfèvres israéliens, toutes les petites mains du lobby néoconservateur et les forces pures et vives de ces organisations non gouvernementales (sic) qui, par chance et goût de la démocratie, embrassent toujours les vœux de la CIA ou ceux de George Soros. C’est-à-dire la même chose.

Attendez-vous donc à savoir que le Hezbollah, pour le comportement supposé de ses soldats en Syrie, va être livré à l’accusation publique. Certains combattants de cette juste cause rêvent même de l’édification d’une CPI « spéciale », comparable à celle chargée de désigner qui a envoyé Rafic Hariri au ciel.

Lecteurs de combat, donc penseurs de l’autrement, vous avez tout de suite compris l’ambition des manipulateurs et leur enjeu : continuer par d’autres moyens, par l’arme médiatique, leur guerre perdue à Alep. Un ami sincère, un frère pourtant habitué à la magie des montreurs de lune, m’a informé de l’offensive. J’ai été surpris et même meurtri que ce combattant des toutes les libertés tombe dans le panneau : « Si, si, à Alep les miliciens du Hezbollah ont multiplié les atrocités »… Me voilà donc, une fois encore, alors que pour les connaitre je déteste les guerres, obligé de présenter le massacre comme une bagatelle. Et il l’est, si j’ose dire. La certitude est la suivante, si les disciples de Nasralla ont commis des crimes de guerre, il en va tout autant des soldats de la République Arabe de Syrie et de ces humanistes islamistes décrits sous l’alléchante banderole de « Rebelles modérés ». Sans parler des tueurs d’Al Nosra, amis de Fabius, et des barbares de Daech. La guerre est toujours un crime et l’attelage des deux mots est une tautologie.

Attendez-vous donc à ce que nos journaux, qui n’ont rien vu à redire de l’impeccable comportement des criminels de masse agissant – du bon côté – en Afghanistan, en Irak, au Kosovo, en Libye, au Yémen, vous clouent les combattants chiites libanais au pilori planétaire. Alors que Trump ressort son bâton de Guignol contre l’Iran, il est bon que ces admirateurs de l’imam Hussein ne sortent pas trop puissants de ces ruines d’Alep qui ont été aussi un tombeau pour les espoirs de l’OTAN. Comme chacun sait, et comme vous le confirmera une lecture ordinaire du Monde, en dépit de ses dizaines de têtes nucléaires, « Israël est menacé dans sa survie par les criminels du Hezbollah ». D’urgence pendons donc ces soldats chiites si cruels et dangereux. Urgence… urgence… pas si sûr puisque, dans leur soif de justice, les experts du trébuchet mondialisé seront –forcément- occupés à punir dans un tour de rôle d’autres « crimes de guerre », ceux de Kissinger, Bush, Olmert, Clinton, Netanyahou, Sarkozy, du droneur Obama et autres étalons de la démocratie. Rappelons l’incontournable doctrine du vieux maître Vergès : « Vous ne pouvez condamner Barbie sans juger Massu ».

Ayons confiance en l’instinct suicidaire de la presse qui, d’un mensonge l’autre, roule sa toile de cirque pour s’en faire un linceul. Depuis sa chaire du Collège de France, Pierre Bourdieu a fini sa vie en combattant le système des « médias-mensonges ». En chirurgien des idées il évoquait la raison d’agir des journaux, surtout ceux du gratin, vrais chiens de garde de « l’opinion », forts de leur « monopole de la violence symbolique ». Sans être un digne exégète, en parlant aujourd’hui de ces journalistes, je vais extrapoler la pensée du grand sociologue. Faut dire qu’il y a « urgences », comme on l’écrit aux portes des hôpitaux, et mon néo concept post bourdieusien est de dire maintenant que nos nouveaux journalistes détiennent le missile parfait : le « monopole de la diffamation légitime ».

Après qu’aucune star du journalisme vrai, genre Florence Aubenas, n’a été expédiée à Alep pour nous écrire le bilan de six années de guerre, soyons sûrs que les ateliers de la contrefaçon vont nous abreuver d’horribles nouvelles tirées de ce noir et récent passé. En 1999 suite à la guerre du Kosovo qui, même à « zéro mort » du côté des bons ne font pas en dentelles mais en mensonges, l’admirable Edwy Plenel – qui veut être à la presse ce que Marx fut au capital – nous a régalé d’un scoop : « sans l’intervention de l’OTAN des dizaines de milliers de kosovars auraient été exterminés dans un « génocide » ». Eh oui ! La preuve ? Plenel s’était procuré le plan « Fer à cheval », celui qui programmait, planifiait les massacres. Hélas le document d’Edwy était un faux écrit par les services secrets allemands. Zut.

Résumons. Entre des journalistes qui publient des documents façonnés et d’autres qui découvrent du gaz sarin où l’ONU n’en a pas remarqué, l’horizon médiatique est favorablement ouvert aux guerriers de l’info. Eux qui ne passent pas leur temps dans la boue ou les abris de béton mais dans les fauteuils Eames des officines « occidentales ». Celles où l’on invente les « unes » de demain.

Jacques-Marie BOURGET

Chronique publiée dans le mensuel Afrique Asie du mois de février.

Résistance politique: Hommage à un militant anarchiste kabyle, Mohammed Saïl…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 8 février 2017 by Résistance 71

Hommage à Mohamed Saïl

 

mardi 7 février 2017

 

Article paru dans Le Libertaire, n° 390, 20 mai 1954

Voici un an disparaissait notre camarade Mohamed Saïl, militant exemplaire

Quelques semaines avant sa mort, il collait encore le Lib à Aulnay. Nous lui disions de se reposer, nous le sentions faible. Il n’y avait rien à faire. Il voulait militer, il voulait se battre jusqu’au bout.

Sa vie a été un éternel combat. Il a vécu notre idéal, il a été de toutes les actions. Il a payé durement.

Pour notre idéal, il a passé onze années de son existence brève dans les prisons et les camps de la République. Même là il trouvait le moyen de convertir. Partout, à tout instant, il n’avait qu’un seul but : répandre autour de lui, les graines de la révolution.

Il incarnait l’anarchisme social, le communisme libertaire, pour lui les deux termes étaient synonymes. Son combat était prolétarien et révolutionnaire.

Il souffrait au plus profond de lui-même la vie injuste, la vie mauvaise imposée par les puissants de l’heure. Il souffrait surtout pour ses frères algériens, pour ses frères colonisés du monde.

Voici ce qu’il leur disait (Lib n° 273) :

« Toutes les plaines fertiles sont enlevées aux travailleurs, et en récompense, le colon bourgeois “élu” octroie généreusement un salaire de famine et des journées de labeur de dix à quatorze heures. Gare aux fortes têtes ! Oser déclencher une grève revendicatrice avec occupation d’usine est puni non de prison, mais de la balle salutaire d’un CRS… au nom d’une civilisation bienfaisante ! De plus, en l’absence du présumé coupable, l’arrestation d’otage est coutumière. Voilà les exploits courants des colonialistes assassins, avides de carnage…

Que tous reconnaissent que les travailleurs originaires des pays d’outre-mer, venant chercher en France un peu plus de bien-être et de liberté, sont vraiment des hommes braves qui méritent bien des égards.

Malheureusement, au contact de leurs frères de misère de la métropole, qu’ils distinguent nettement des tueurs d’outre-mer, ils se heurtent souvent à l’incompréhension ou au dédain. D’où leur méfiance vis-à-vis des “roumis” (sans toutefois généraliser).

Cependant, les travailleurs nord-africains fuient les partis politiques de France, car ils se souviennent de l’exploitation. Les syndicats, de même, ne les intéressent guère. Et pourtant, ces travailleurs savent être, au cours des grèves, à l’avant-garde du combat de classe. Ils combattent avec acharnement aux côtés des travailleurs contre l’État et le patronat, et aussi contre les bourriques républicaines. Le 1er mai l’a montré !

La révolte gronde dans ces hommes ulcérés. Les anarchistes, qui, seuls, ont le droit d’affirmer qu’ils mènent le bon combat, ne manqueront pas de faire connaître aux travailleurs d’outre-mer qu’en tout état de cause ils sont à leurs côtés face aux hyènes déchaînées.

Camarades nord-africains, il existe une catégorie de “roumis”, totalement désintéressés, qui luttent, sans merci pour le bien-être et la justice sociale contre les discriminations raciales. Oui ! sachez, camarades, que les anarchistes sont vos réels amis qui ne vous demandent rien d’autre que d’être à leurs côtés, pour mener la lutte contre le Capital, l’État, et le Colon, qui ne sont qu’un seul monstre, sous un même bonnet. »

La perte de Mohamed Saïl a causé vraiment un grand vide. Il savait entraîner les jeunes. Il savait faire d’eux de vrais militants révolutionnaires. Sa présence se fait encore sentir parmi nous.

Sa vie a été un complet abandon de sa personne en faveur de l’idée qu’il défendait.

En 1914, très jeune, il était réfractaire à la guerre qu’on lui imposait et il passait des moments très difficiles (internement).

En 1934 il était à l’avant-garde de la lutte contre le fascisme, il était interné et la CGT promenait de larges panneaux : « Libérez Saïl ! »

En 1936 il partait en Espagne et se révélait un combattant infatigable dans la colonne Durruti. Il jouait un grand rôle au Groupe international. Blessé il revenait en France et communiquait à tous les camarades son enthousiasme pour les magnifiques réalisations communistes libertaires espagnoles.

En 1939, après une distribution de tracts contre la guerre, il était encore interné et commençait sa dixième année de prison. On perquisitionnait chez lui et on volait une partie de sa bibliothèque qu’il affectionnait particulièrement.

C’est un autre aspect de Mohamed Saïl : le désir de connaissances. Toute sa vie, il a travaillé pour se cultiver. Il avait été très peu à l’école mais en remontrait sur bien des points à ceux qui se piquent d’avoir de l’instruction.

Pendant l’occupation nazie, il fabriquait de fausses cartes d’identité pour permettre aux camarades en danger de fuir.

Il y a un an Mohamed Saïl entrait à l’hôpital Franco-Musulman de Bobigny et Georges Fontenis devait lui dire bientôt un dernier adieu après quelques incidents dus à la persistance de sa famille à lui faire des obsèques religieuses.

Nous tenons ici, à rendre hommage à sa compagne courageuse qui continue, depuis sa disparition, à diffuser notre cher Lib.

Le Groupe Mohamed Saïl d’Aulnay-sous-Bois

 

Nous empruntons cet article
au site de Nedjib Sidi Moussa [سي نجيب]
 qui vient de publier aux éditions Libertalia 
La Fabrique du musulman.

« L’œuvre du militant anarchiste
Mohand Ameziane Saïl revisitée »
 Liberté (Algérie)

« Tawrirt n Divan se prépare
à ressusciter Mohand Ameziane Saïl »

Béjaïa news

Mohand Ameziane Saïl
 sur R.A. Forum