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Résistance politique: Anarcho-indigénisme, entretiens avec Taiaiake Alfred et Gord Hall

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 12 avril 2017 by Résistance 71

A lire en complément:

“Nous sommes tous des colonisés” (Résistance 71, 2013)

“Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada” (TIDC, 2016)

“Wasase”, Taiaiake Alfred, longs extraits traduits par Résistance 71, 2011

“Paix, Pouvoir et Rectitude, un manifeste indigène”, Taiaiake Alfred, longs extraits traduits par Résistance 71, 2011

“Si vous avez oublié les noms des nuages, vous avez perdu votre chemin”, Russell Means, longs extraits traduits par Résistance 71, 2014

“Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”, Steven Newcomb, longs extraits traduits par Résistance 71, 2013

 

L’anarcho indigénisme: Entrevues avec Gerald Taiaiake Alfred et Gord Hill

 

23 mars 2016

 

Par Francis Dupuis-Déri et Benjamin Pillet

Voir l’article ici (en pdf)

 

Source:

http://redtac.org/possibles/2016/03/23/lanarcho-indigenisme/

(merci à Jo de JBL1960 d’avoir déniché cet entretien)

 

Au moins depuis la publication du livre L’Entraide de Pierre Kropotkine[1], au début du XXe siècle, les anarchistes s’intéressent aux sociétés autochtones qui offrent des exemples de sociétés plus égalitaires et moins autoritaires. En 2005, le Mohawk Gerald Taiaiake Alfred, originaire de Kahnawá:ke, a proposé le terme « anarcho-indigénisme » pour désigner cette dynamique de convergence entre les idées et les pratiques des autochtones traditionalistes et des anarchistes altermondialistes. Nous avons lancé, voici quelques mois, un projet de livre sur ce thème, dont chaque chapitre sera une entrevue avec un ou une autochtone qui livrera ses réflexions au sujet de la politique, du pouvoir, de l’égalité et de la liberté, en se référant à ses expériences et à celles de sa communauté. Nous vous présentons ici des extraits de deux des entrevues déjà réalisées. Le livre devrait paraître aux éditions Lux.

Francis Dupuis-Déri et Benjamin Pillet

GERALD TAIAIAKE ALFRED

Membre de la nation mohawk, Gerald Taiaiake Alfred est originaire de Kahnawá:ke, en banlieue de la ville de Montréal (Québec). Il est professeur au programme de gouvernance autochtone et au département de science politique de l’Université de Victoria, et il est l’auteur de trois livres, Heeding the Voices of Our Ancestors : Kahnawake Mohawk Politics, and the Rise of Native Nationalism (1995), Wasáse: Indigenous Pathways of Action and Freedom (2005) et Peace, Power, Righteousness (2008). En français, il a signé l’article « Sur le rétablissement du respect entre les peuples kanien’kehaka et québécois », dans la revue Argument, en 2000. En 2008, il organisait une rencontre avec des universitaires et des activistes anarchistes et autochtones, pour réfléchir à l’idée de l’« anarcho-indigénisme ».

++++++

Question. Vous semblez être le premier à avoir proposé l’expression « anarcho-indigénisme » ? 

Réponse. Je crois bien, en effet.

Question. Comment cette idée vous est-elle venue ?

Réponse. J’écrivais mon livre Wasáse: Indigenous Pathways of Action and Freeedom, vers 2005, et cette notion d’« anarcho-indigénisme » m’est apparue comme une façon évidente d’évoquer la collaboration qui se développait alors entre des activistes anarchistes et des gens comme Glen Coulthard, auteur de Red Skin, White Masks ; Richard Day, auteur de Gramsci Is Dead : Anarchist Currents in the Newest Social Movements ; et moi-même. C’était une manière d’attribuer un label à la pensée qui a émergé de cette rencontre. Cette expression a émergé dans un contexte où nous tentions de construire un mouvement. On nous posait alors plusieurs questions : « Quelle est votre relation à la philosophie autochtone traditionnelle ? » « Quelle est votre relation au progressisme ?» «Êtes-vous socialistes ? ». Il s’agissait donc d’offrir aux gens un label, une étiquette politique, pour les attirer dans nos discussions. J’ai pensé qu’« anarcho-indigénisme » représentait correctement ce que nous tentions de faire, soit de faire converger les principes philosophiques de l’anarchisme et de l’indigénisme. C’était aussi cohérent avec le vocabulaire disponible, puisqu’il y a toutes sortes d’anarchisme-à-trait-d’union : anarcho-féminisme, anarcho-syndicalisme, anarcho-communisme, etc.

Question. L’expression cherche à attirer l’attention des anarchistes, des autochtones, ou des deux à la fois ?

Réponse. Celle des philosophes politiques ! C’était surtout orienté vers les gens non autochtones, mais je n’irais pas jusqu’à dire que c’était uniquement pour les « anarchistes ». Il s’agissait aussi de nous différencier d’autres individus ou groupes qui privilégiaient surtout une approche politique fondée sur les « droits » et la « reconnaissance ».

Question. Comment définissez-vous l’ « anarcho-indigénisme » ?

Réponse. C’est difficile à définir, mais cela évoque clairement une approche à la politique qui n’est pas institutionnelle. L’anarchisme rejette fondamentalement tout projet de réformer l’État. Il s’agit plutôt d’être contestataire, de s’opposer à l’institutionnalisation de la vie des individus, et cela représente aussi ma conception de la philosophie indigène. Il s’agit surtout de l’aspiration d’un mouvement qui représente les principes de l’anarchisme et de la philosophie indigène. Tel est mon espoir.

Question. Dans la tradition anarchiste, il est courant d’écrire au sujet des modèles traditionnels des sociétés dites « sans État », en partant du livre L’Entraide de Pierre Kropotkine vers 1900 jusqu’aux travaux de James C. Scott et de David Graeber (ainsi que de Pierre Clastres, dans les années 1970). Ces auteurs avancent que ces peuples offrent des modèles intéressants dont peuvent s’inspirer les anarchistes.

Réponse. Il s’agit d’une sorte de primitivisme marqué par le respect à l’égard du passé, qu’on ne retrouve pas seulement chez les anthropologues, mais aussi chez les indigènes. Ces histoires offrent, en effet, des modèles pour réfléchir à la manière d’organiser la gouvernance, la société et les relations interindividuelles. Or je ne crois pas qu’on puisse retourner dans le passé. Le fondement de l’indigénisme, sans parler de l’anarcho-indigénisme, consiste à considérer que vos conceptions du monde et vos valeurs sont toutes inspirées de ce cadre philosophique qui prend racine dans les traditions indigènes. Voilà qui est fondamental pour fonder notre compréhension du monde et les traités, les cérémonies, les langues sont des incarnations de cette posture. Mais il s’agit d’un point de départ, et de là, il faut se dire : « Bon, je connais tout cela, je le comprends du mieux que je peux, mais je dois maintenant avancer et confronter le monde moderne, car je ne peux simplement respecter le passé en déclarant “Il faut que tout soit exactement comme avant”. Je dois avancer et respecter le passé et y référer en tant que fondement, mais je dois en même temps penser de manière créative tout en avançant. Je me réfère donc au passé comme source de motivation et d’inspiration, dans la mesure où c’est utile pour faire face aux défis d’aujourd’hui, par exemple la civilisation industrielle, le désastre écologique, le pouvoir et le contrôle qu’exerce l’État. Voilà les principaux défis d’aujourd’hui. Nous devons nous inspirer de la sagesse traditionnelle, mais nous devons y ajouter notre propre créativité.

Question. Cette réflexion fait écho au mythe du « bon sauvage ».

Réponse. Oui, et le « bon sauvage » n’a jamais été une représentation de la réalité des peuples autochtones. Il s’agit plutôt d’une création de pseudo-anthropologie venant d’Europe et de philosophes en Europe. Il est donc très dangereux de tenter de mimer le bon sauvage, surtout dans une perspective autochtone. Au mieux, vous tentez d’être le bon sauvage et donc, de correspondre à des standards impossibles à satisfaire. Au pire, ce bon sauvage a toujours eu la mort comme destin. Il était là pour être conquis, pour montrer que la personne qui le conquiert est puissante. En le conquérant, vous obtenez le droit à la terre de ce personnage exceptionnel.

Question. Pensez-vous que les anarchistes cherchent dans la tradition autochtone ce bon sauvage qui serait, en quelque sorte, un anarchiste ou un protoanarchiste ? Ce qui intéresserait donc les anarchistes dans l’anarcho-indigénisme est simplement de s’y retrouver à l’identique, plutôt que de s’intéresser aux autochtones pour ce qu’ils ou elles sont réellement.

Réponse. Pour le colon (settler person) qui reconnaît que sa propre position est illégitime et qui se sent coupable de cette situation, il y aura toujours la tentation d’évoquer la représentation du bon sauvage et de s’identifier à elle pour se sentir plus légitime. Cela a toujours été une tentation, même si je perçois moins souvent ce problème maintenant. Les anarchistes plus jeunes que je côtoie s’orientent surtout vers des actions transformatives. L’idée d’« anarcho-indigénisme » les attire en tant que potentiel de pouvoir transformateur.

Les plus jeunes anarchistes qui s’engagent aujourd’hui dans la discussion sont plus sensibles à l’égard de leur propre position dans le colonialisme, plus sincères dans leurs efforts de vouloir apprendre.

Question. Les anthropologues sympathiques à l’anarchisme et qui ont effectué des recherches sur l’histoire des « peuples sans État » présentent beaucoup d’informations au sujet de la chefferie non coercitive et de la politique délibérative ; les peuples autochtones étant dépeints comme très doués pour la délibération et les assemblées. Voilà des exemples concrets de ce qui peut être stimulant pour les anarchistes, à tout le moins pour expliquer aux gens : « Vous voyez, l’anarchie est quelque chose de possible, puisque c’est en quelque sorte la manière dont les peuples autochtones vivaient politiquement. »

Réponse. Il s’agit là du lien le plus fort entre la politique indigène et l’anarchisme. Dans le monde actuel, plusieurs personnes peuvent être à la recherche d’une alternative politique offrant le choix entre le régime actuel et une vraie démocratie. Les modèles politiques indigènes historiques offrent d’intéressants exemples dont on peut apprendre, qu’on peut vouloir reproduire ou adapter.

Question. Dans votre livre Wasáse, vous présentez le débat au sujet de la violence militante, et vous prenez position en faveur d’« un militantisme non violent, ce qui signifie de rester ferme face à la peur, de faire ce qui est nécessaire pour ce qui est juste, mais sans laisser des pensées et des émotions négatives vous contrôler. » [p. 55]. Il y a dans le milieu anarchiste un débat sans fin au sujet de la violence politique, et même au sujet de la définition de la violence. Pour certaines et certains, dont les Black Blocs et leurs proches, bloquer une route ou fracasser une vitrine n’est pas violent.

Réponse. Pour moi, il y a violence quand vous causez une blessure à une autre personne. Il ne s’agit pas seulement de violence physique, puisque la violence psychologique peut être blessante. Cela dit, je ne considère pas que bloquer une route soit violent. Fracasser une vitrine n’est pas violent. C’est de la destruction, mais pas de la violence. En conséquence, la non-violence signifie pour moi de ne pas chercher intentionnellement à causer une blessure à une autre personne, ou à d’autres êtres, car je ne veux pas limiter le débat aux êtres humains. Il existe aussi une violence envers les animaux et le monde naturel.

Cela dit, nous devons vivre avec un certain niveau de violence au quotidien. Ainsi en est-il de la condition humaine. Nous ne pourrions survivre et vivre sans violence. Nous violentons le monde naturel pour chauffer nos demeures, pour nous transporter, pour notre nourriture. La plupart d’entre nous mangeons des animaux. Même si vous ne mangez que des plantes, c’est encore de la violence envers le monde végétal.

Il faut réfléchir à cette question en contexte. Il s’agit de déterminer quel degré de violence nous sommes disposés à accepter et quelle forme de violence nous pouvons justifier dans nos vies, dans nos communautés. Pour moi, cette question ne devrait pas se réduire à savoir si ceci ou cela est violent ou non. C’est trop simpliste. Et cela renforce des positions conservatrices, alors que la société industrielle moderne est considérée comme non violente.

Question. La question de la violence n’est pas si centrale dans Wasáse, mais vous insistez sur l’importance du courage chez le guerrier que vous appelez de vos vœux. Pouvez-vous expliquer pourquoi le courage vous apparaît à ce point politiquement important en politique ?

Réponse. La psychologie des autochtones est fondée sur la peur, en raison de l’histoire de la colonisation, du racisme, des pensionnats, où tant d’enfants ont été placés après avoir été enlevés à leurs parents, etc. Nous avons peur des Blancs, mais nous avons aussi peur d’agir en accord avec ce que nous sommes réellement, d’agir de manière à faire ce qui est juste. Voilà d’où vient l’idée du courage. Il s’agit d’avoir le courage d’être sincère à l’égard de qui nous sommes réellement. Pour cela, nous devons dévoiler la vérité, nous tenir debout pour défendre la vérité et faire le nécessaire pour défendre cette vérité face à tous ces mensonges qui apparaissent comme la norme dans la société.

Parfois, comme en 1990, à Kanesatake et à Kahnawá:ke, le courage apparaît dans sa forme qui nous est très familière : « Ah ! Les gens vont affronter les militaires. » Voilà de la bravoure. Mais très souvent, ce n’est pas ainsi que s’exprime le courage. Sans doute ne reconnaîtrez-vous pas le courage de l’autochtone qui assiste à une cérémonie traditionnelle alors qu’elle a été élevée en bonne catholique et forcée de croire que la cérémonie était une affaire du diable, et qu’elle brûlerait en enfer si elle y participait. C’est vraiment courageux de mettre la peur de côté et d’avancer pour devenir à nouveau un membre participant de cette culture traditionnelle. Voilà un exemple que j’ai à l’esprit lorsque je parle de courage. Un autre exemple de courage ? Cette femme autochtone en Colombie-Britannique qui est allée pêcher et qui a pratiqué sa culture traditionnelle alors que tout le monde, en particulier le gouvernement, lui disait de ne pas le faire et la menaçait d’arrestation. Elle a subi les conséquences de son choix. C’est très courageux.

Note de Résistance 71: Nous sommes là dans la désobéissance civile, chose qui devra se généraliser si nous voulons, tout comme les autochtones, nous libérer du joug de l’État, du capitalisme et de leurs intitutions répressives obsolètes.

Être courageux, c’est donc avancer sur notre voie malgré les peurs qui nous contrôlent.

Question. Et cela donne de la puissance…

Réponse. Oui, réellement, et vous prenez conscience alors que d’autres gens sont sous le contrôle de cette peur qui vous contrôlait, et vous êtes plus à même de les aider et de devenir un leader ou un mentor qui leur explique le problème et qui les amène à leur tour à surmonter cette peur.

Question. Que pensez-vous de l’État ?

Réponse. J’avais l’habitude d’y penser souvent, et même tout le temps, en tant qu’étudiant puis professeur en science politique. De plus, l’État est central dans les politiques des Premières nations en ce qui concerne les revendications territoriales, l’autonomie gouvernementale, etc. Je n’avais jamais été capable de penser à la politique autrement qu’en référence à l’État et à ses diverses manifestations dans la vie de nos communautés. Mais cela a changé récemment, en grande partie grâce à ma rencontre avec l’anarchisme à travers des conversations et des lectures. J’ai alors compris que la politique va bien au-delà de l’État et qu’il est possible de vivre hors de l’État.

Du coup, j’essaie maintenant d’échapper à l’État ou de créer des occasions pour les peuples indigènes de vivre hors de l’État, ou à tout le moins, en réduisant au minimum leurs interactions avec l’État. Cela signifie donc de ne pas limiter nos luttes à vouloir réformer l’État, le transformer ou même le détruire. Même si l’État existe, ce n’est pas cette grande entité monolithique qui occupe tout l’espace de la vie sociale et politique. En fait, l’État est très fracturé et incomplet.

Voilà le projet que j’ai tenté de développer ces dernières années. J’étais alors en partie inspiré de l’anarchisme ainsi que de mon expérience avec les gens des communautés de Kahnawá:ke, d’Akwesasne et de la côte Ouest qui ont toujours fonctionné à partir de cette prémisse. Il y a beaucoup de gens dans nos communautés qui luttent contre l’État et qui ne se sont jamais réellement laissés intégrer dans l’État.

Question. De l’extérieur des communautés autochtones, la situation semble vraiment déprimante. On n’entend parler que de pauvreté, de violence… Que pensez-vous de votre propre communauté ? Êtes-vous optimiste ou pessimiste ?

Réponse. Est-ce possible d’être les deux à la fois ?

Question. Bien sûr !

Réponse. Je ne suis pas pessimiste, car je ne pense pas que notre peuple soit en voie d’extinction. Mais je ressens un pessimisme psychologique et spirituel. Je suis pessimiste, car je vois que les autochtones les plus éduqués et dotés de potentiel sont aspirés par l’assimilation.

Mais mon optimisme me vient du fait qu’il y a des occasions aujourd’hui pour les peuples autochtones qui n’existaient pas avant, y compris de vivre une vie qui n’est pas totalement minée par le racisme qui nous hanterait comme individu. Le « bon sauvage » ou « l’Indien alcoolique », ces représentations existent encore, mais elles ne nous définissent plus. Mes garçons sont plus libres de créer leur propre identité en tant qu’Autochtones.

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Entretien avec GORD HILL

Membre de la nation Kwakwaka’wakw, sur le territoire connu sous le nom de Colombie-Britannique, sur la côte pacifique du Canada, Gord Hill est un militant anticapitaliste et anticolonialiste, un artiste et un auteur de bandes dessinées, qui signe souvent des textes sous le pseudonyme Zig Zag. Il a publié deux bandes dessinées, 500 Years of Indigenous Resistance et The Anticapitalist Resistance Comic Book, dans lesquelles il rend hommage aux luttes de résistance des militants autochtones et anticapitalistes.

Question. Quelle fut ta première rencontre avec l’anarchisme et le militantisme autochtone ?

Réponse. Je me suis d’abord politisé à Vancouver dans les années 1980, en participant à un groupe de solidarité avec le mouvement guérilla Farabundo Marti, qui résistait au Salvador au régime en place, soutenu par les États-Unis. Je me suis ensuite intéressé de plus en plus à la pensée anarchiste et j’ai intégré le mouvement anarcho-punk. Je vivais à Vancouver à l’époque et la scène anarcho-punk y était encore plutôt dynamique. Je ne me suis pas réellement intéressé aux luttes anticoloniales avant 1990. Ce n’est qu’après la crise d’Oka que j’ai commencé à m’engager plus sérieusement dans les mouvements de résistance autochtone. Avec le temps, j’ai tâché que mon engagement politique soit lié à la fois à la résistance anticoloniale et à l’anticapitalisme.

Question. Si tu devais donner une définition simple de l’anarchisme et de l’indigénisme, comment présenterais-tu ces deux notions ?

Réponse. L’anarchisme, c’est la conviction que les gens n’ont besoin ni de dirigeants ni d’autorité qui les gouvernent en étant en quelque sorte au-dessus d’eux. C’est aussi une notion qui encourage l’auto-organisation décentralisée et autonome des mouvements et des communautés. Si je n’utilise pas moi-même l’expression « indigénisme », je dirais néanmoins qu’elle fait référence aux éléments issus des cultures autochtones telles qu’elles existaient avant la colonisation, et donc qu’elle inspire une approche populaire et traditionnelle de gestion et d’organisation.

Question. Tu as prononcé une conférence sur l’anarchisme et la résistance autochtone, en mai 2013 à La Déferle, un espace anarchiste dans Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal (Québec). Tu as alors expliqué qu’il y a eu plusieurs types d’organisations autochtones sociales et politiques en Amérique avant le début de la colonisation européenne, et que celles qu’on pourrait qualifier de plus anarchistes – car plus égalitaires et décentralisées – ont résisté plus longuement que les autres à la colonisation. Peux-tu préciser cette idée ?

Réponse. Il y avait différentes formes d’organisation, certaines plus centralisées que d’autres. Pensons aux Incas, ou encore aux Aztèques du Mexique, qui avaient développé une grande civilisation comptant des millions d’individus et nombre de guerriers, mais ils ont été très rapidement vaincus par quelques centaines de conquistadors espagnols qui s’étaient alliés à des milliers d’individus qui avaient subi la domination aztèque. Les dirigeants ont été capturés et l’empire s’est effondré, sans oublier une épidémie massive qui a décimé le Mexique. À l’inverse, il y avait des sociétés autonomes et décentralisées, entre autres dans les grandes plaines d’Amérique du Nord, dont les Lakota, les Cheyenne, etc. Elles ont mené une guérilla pendant de longues décennies contre l’armée des États-Unis. Pensons aussi aux Mapuches en Amérique du Sud, également autonomes et décentralisés et que les Espagnols n’ont jamais réussi à vaincre pendant 300 ans. On peut donc en tirer la leçon que les structures autoritaires et centralisées peuvent aisément être vaincues par une simple décapitation du pouvoir au sommet, alors que les mouvements autonomes de résistance sont bien plus difficiles à détruire parce qu’il n’est pas possible de simplement attaquer le sommet.

Question. Tu as participé activement au mouvement contre les Jeux Olympiques à Vancouver, en février 2010 (No Olympics On Stolen Land — Pas de Jeux olympiques sur des terres volées). On a alors beaucoup parlé de solidarité entre les activistes anarchistes et les guerriers autochtones. Quelle était la réalité sur le terrain ?

Réponse. Une campagne contre les Olympiques plus militante et radicale que d’ordinaire a été lancée au début de l’année 2007, regroupant à la fois des militants autochtones et des militants anti- pauvreté à Vancouver. Pendant ce temps, les anarchistes ont également commencé à mener des attaques contre des cibles gouvernementales et des entreprises privées, telles que des véhicules militaires, des banques, etc. C’est à peu près le modèle qu’a suivi la campagne lors des trois années qui ont suivi, avec d’un côté, l’organisation de la plupart des actions directes menées par les militants autochtones et anti-pauvreté, et en parallèle, des actions de sabotage et de vandalisme menées par les anarchistes.

L’exemple le plus marquant de coordination est survenu le jour des cérémonies d’ouverture. Le 12 février 2010, une manifestation d’environ 5 000 personnes contre les Olympiques a atteint le site des cérémonies, Place BC, et la police antiémeute a affronté les aînés-es autochtones qui ouvraient la marche et qui ont demandé aux anarchistes formant un Black Bloc de venir les soutenir à l’avant de la manifestation, ce qu’ont fait les anarchistes pendant plusieurs heures, en affrontant physiquement la police.

Le lendemain, soit le jour d’ouverture des Jeux, le « Rassemblement crise cardiaque » (Heart Attack Rally) a été l’occasion pour un Black Bloc anarchiste d’endommager plusieurs bâtiments du quartier des affaires, dont un grand magasin de détail de la Compagnie de la Baie d’Hudson dont les vitrines ont été fracassées. Cette compagnie a été prise pour cible non seulement parce qu’elle était une partenaire importante dans l’organisation des Jeux de 2010, mais aussi en tant qu’agent historique très influent dans la colonisation du Canada[2].

Question. En militant dans le mouvement anarchiste québécois, nous avons pu constater qu’il existe certains conflits entre les conceptions anarchistes et indigénistes, sur la question de la nation par exemple. Est-ce que c’est quelque chose que tu as également remarqué dans l’Ouest ?

Réponse. Il est possible de comparer d’une part l’idéal anarchiste d’auto-organisation autonome et décentralisée et de l’autre, les formes d’organisation sociale traditionnelles en vigueur chez la majeure partie des peuples autochtones, au sein desquels les dirigeants officiels et l’autorité centralisée brillaient surtout par leur absence. Pour ce qui est des anarchistes, je les ai également comparés aux guerriers autochtones puisque ces deux figures politiques font usage de l’action militante à la fois pour mener des attaques et pour défendre la population. Il existe évidemment des conflits ou des divergences entre ces mouvements en Colombie-Britannique comme au Québec, sans doute principalement du fait de différences culturelles et tactiques. Par exemple, lorsqu’arrivent des confrontations, les autochtones ont tendance à être beaucoup plus prudents, en premier lieu parce que les actions menées peuvent avoir des conséquences démesurées sur leur communauté, leurs familles, etc.

Question. Quelles sont les causes du rejet de l’anarchisme par beaucoup de communautés autochtones, et même par des activistes autochtones ?

Réponse. Il existe d’importantes différences culturelles entre les anarchistes et les peuples autochtones. Les anarchistes ont tendance à se montrer beaucoup plus individualistes et adhèrent souvent à des modes de vie qui sont étranges ou « bizarres » aux yeux de plusieurs Autochtones, comme le dumpster-diving (récupérer des aliments dans les poubelles), ou un certain rejet de l’hygiène corporelle. Évidemment, l’ensemble des anarchistes ne se reconnaît pas nécessairement dans ces pratiques, mais il s’agit néanmoins d’une réalité chez les anarchistes, avec pour conséquence que cela apparaît comme l’identité culturelle la plus visible et stéréotypée pour les observateurs extérieurs. Conséquemment, beaucoup de militants autochtones considèrent les anarchistes comme une variation des « hippies » et des punks. Un Aîné a dit un jour que lorsque l’on commence le processus de décolonisation, on se différencie de son groupe d’appartenance, de son peuple, et c’est une très bonne chose. Mais si notre décolonisation personnelle va trop loin, on risque également d’apparaître étranger aux yeux de notre propre communauté et de se l’aliéner. Voilà qui risque de limiter de manière draconienne notre capacité à s’y engager et à participer à ses luttes. C’est un peu le problème de beaucoup d’anarchistes qui transgressent d’une manière radicale différentes normes de leurs propres communautés, ce qui a pour conséquence de transformer l’anarchisme en un mouvement isolé qui finit par se replier sur lui-même, sur ses modes de vie et sur ses propres activités… Ce problème est d’autant plus important que le mouvement anarchiste nord-américain est en quelque sorte « antisocial », puisque beaucoup d’anarchistes détestent et rejettent leur société. À l’inverse, les militants autochtones ont plutôt tendance à se concentrer sur le travail à effectuer au sein de leur communauté, à établir des liens de solidarité avec d’autres mouvements, sans partager une telle perspective antisociale.

Question. Qu’en est-il par exemple du végétalisme, présent dans beaucoup de milieux et communautés anarchistes ?

Réponse. Le végétalisme fait partie de ces différences culturelles, bien que personnellement, je ne connaisse pas beaucoup de vegans au sein du mouvement anarchiste en Colombie-Britannique. C’est de toute manière un concept assez étranger aux peuples autochtones qui, traditionnellement, pêchaient et chassaient et qui, en plus, continuent à pratiquer ces activités de manière régulière.

Question. Comment réagis-tu au fait que les anarchistes euroaméricains sont eux-mêmes des colons, qui plus est, blancs, la plupart du temps ?

Réponse. C’est un résultat inévitable de la colonisation européenne des Amériques. Je m’en accommode en essayant de comprendre l’histoire de cette colonisation et les dynamiques qu’elle engendre au sein des mouvements de résistance ; mais je le fais tout en reconnaissant la nécessité d’une résistance plurinationale et d’une solidarité entre mouvements sociaux, tout particulièrement en Amérique du Nord.

Question. On peut constater que dans les communautés autochtones, beaucoup acceptent et jouent le jeu capitaliste de l’État colonial. C’est le cas notamment de beaucoup de conseils de bande, ainsi que des chefs d’entreprises autochtones, qui tirent souvent une certaine fierté de leur « succès » politique ou financier. En extrapolant un peu, peut-on dire que même les anarchistes et les militants autochtones traditionalistes ont assimilé les idéaux capitalistes ? Et dans ce cas, que faire ?

Réponse. C’est effectivement le cas, parce que toute personne qui vit dans une société capitaliste assimile l’idéologie capitaliste, à tout le moins partiellement. Un des problèmes auquel j’ai fait face est la promotion, par des militants autochtones, d’une décolonisation capitaliste, suivant la logique « il faut que nous ayons nos propres entreprises, il faut que nous soyons financièrement autonomes… », ce qui, au final, ne fait que donner lieu à un peu plus de merde capitaliste. Un processus de décolonisation imprégné d’une conscience anticapitaliste me semble être la meilleure façon de contrer l’idéologie capitaliste, sachant que la culture et les modes d’organisation traditionnels font généralement la promotion de modes de vie et d’organisation collectifs ou communaux, durables, horizontaux, autonomes, etc.

Question. Quel avenir envisages-tu en ce qui concerne les anarchistes, les guerriers autochtones, et les possibles solidarités entre les deux groupes ?

Réponse. De manière générale, je défends l’idée d’un mouvement plurinational de résistance qui serait à la fois anticolonial et anticapitaliste et je rappelle que la solidarité entre un grand nombre de secteurs de la société est globalement nécessaire. Je crois aussi que plus les conditions socio-économiques vont se détériorer, plus les gens vont devenir conscients et déterminés, et plus nous aurons un potentiel pouvant permettre l’expansion des mouvements de résistance.

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Francis Dupuis-Déri est professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), auteur de plusieurs ouvrages, dont «Les Black Blocs» (Lux, 5e édition en 2016) et «L’anarchie expliquée à mon père» (Lux, 2013), co-rédigé avec Thomas Déri.

Benjamin Pillet est chargé de cours et candidat au doctorat de science politique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Il est également attaché à la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes dirigée par Alain-G. Gagnon. Ses recherches portent sur les résistances autochtones à la poursuite du colonialisme canadien au XXIe siècle.

 

Notes de fin

[1] NDLR. Après son voyage au Canada en 1897, dans ses livres « Journal canadien » et « Le Canada et les Canadiens », Kropotkine s’inspire de l’organisation de petites exploitations rurales autonomes de l’Ouest canadien comme modèle pour l’organisation de la ruralité sibérienne sans autorité centrale. Ces petites fermes de l’Ouest, compte tenu de l’époque de ce voyage et du lieu géographique, étaient vraisemblablement occupées notamment par des Métis francophones, des Autochtones vivant en commune et des Doukhobores. Les Doukhobores sont une secte de chrétiens russes, fondée au XVIIIe siècle, dont un grand nombre ont émigré au Canada dans les années 1897-1899, pour échapper à des persécutions par les autorités. Environ le tiers des fermes Doukhobores étaient vraiment communistes (aucune propriété privée, partage total des biens). Ces Sibériens radicalement pacifistes se sont établis initialement en Saskatchewan (comme fermiers) puis, à la suite des conflits avec le gouvernement canadien, en Colombie-Britannique.

Dans ses études canadiennes, Kropotkine s’intéresse particulièrement aux questions de l’auto-détermination locale (« self-government »), de l’agriculture, du régionalisme et du fédéralisme décentralisé, des autochtones et des doukhobores. Il prône, notamment comme modèle pour la Sibérie, une fédération libre d’associations agricoles et artisanales/industrielles, fonctionnant sur la base de l’entraide et de la solidarité.

[2] La Compagnie de la Baie d’Hudson a été fondée à Londres en 1670 pour pratiquer la traite des fourrures au Canada.

Quand l’agression yankee de la Syrie fait tomber les masques de Trump… et de certains médias alternatifs (Kevin Barrett)

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Dénoncer InfoWars et Israël

 

Kevin Barrett

 

7 avril 2017

 

url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2017/04/07/infowhores/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Maintenant que Trump “tient tête à Poutine” et nous mène vers la troisième guerre mondiale, les merdias l’adorent: “Trump a finalement pris de la maturité et est devenu un vrai président”: voilà le message des merdias qui est injecté profond dans le cortex frontal de l’Amérique.

Mais la pressetituée n’a pas fait élire Trump. Ce furent les supposés médias alternatifs qui le firent, emmenés par les Breibart et Infowars, ce sont eux qui ont poussé le Don au sommet de la pyramide.

Le New York Times est maintenant en train de diaboliser quiconque dit que “l’attaque au gaz sarin” en Syrie était un faux-drapeau. D’après le Times, seuls des “extrêmistes de droite” (anciens supporteurs de Trump) disent une telle chose. Le Times cite la pute de l’info alter et islamophobe génocidaire Paul Joseph Watson:

“Paul Joseph Watson, un éditeur et théoricien du complot du site Infowars, a dit sur Twitter que ‘Trump était une autre marionnette de l’état profond et des nouveaux cons’… Je suis officiellement débarqué du train Trump.” a t’il ajouté.”

Mais Watson et Alex Jones ne dénoncent pas ouvertement et sans équivoque l’évident faux-drapeau de “l’attaque au gaz sarin”. Ils n’exposent pas au public les grands mensonges obscènes de Trump.

Watson et son acolyte A. Jones ont fait élire Trump. Ils ont abandonné leur vieille tradition de diseur de vérité sur le 11 septembre, célébrant le lynchage verbal des musulmans prôné par Trump, ont ignoré le fait que la guerre contre l’Islam est une fraude sioniste et ont engrangé un gros paquet de pognon pour rejoindre l’équipe criminelle du 11 septembre.

J’ai échangé des courriels avec deux véritables géants des médias alternatifs, Kurt Nimmo (NdT: dont nous avions dit il y a quelques mois dans un commentaire qu’il avait quitté Infowars pour rejoindre Newsbud, ce qui était assez significatif de l’état de déliquescence de ce média…) et Jack Blood. Tous les deux sont franchement écœurés des putes d’Infowars (l’ancien employeur de Nimmo) et avec toutes les marionnettes et idiots utiles qui sont jusqu’ici montés dans le train Trump.

Si la déclaration de guerre de Trump contre la Syrie (et l’implication d’une déclaration de guerre contre la Russie et l’Iran) est un tournant géopolitique, c’est aussi un tournant dans l’histoire des médias alternatifs. Il est maintenant évident qui est un média alternatif et qui ne l’est pas.

Les vrais médias alternatifs ont été de manière constante au cours des années des médias combattant pour la vérité sur le 11 septembre, ils ont été anti-islamophobe (ce qui était l’objectif du 11 septembre: monter la fadaise du “choc des civilisations” néo-conservatrice…) et anti-Trump. Quiconque posant comme “média alternatif” et ne rapportant pas sur la vérité pour le 11 septembre et sur la multitude de faux-drapeaux qui ont suivi, des gens et médias comme Amy Goodman (Democracy Now !), The Nation, Counterpunch etc, sont des fraudes et bouffent au ratelier des va t’en guerre d’une manière ou d’une autre. De la même façon, quiconque cache la vérité au sujet de la guerre contre l’islam fomenté par les sionistes et mise en place par les attentats du 11 septembre 2001 et qui au lieu de cela soutiennent une folle islamophobie et la psychopathie générale de Trump (NdT: et des blaireaux avant lui, élus ou non comme la Harpie de Clinton…), est de même sur la feuille d’émargement des salauds.

Alors qui sont les vrais médias alternatifs ? Des gens comme Richie Allen, Kurt Nimmo, Jack Blood, Bonnie Faulkner, Vinnie Eastwood, l’équipe de VT et plein d’autres bien entendu.

Tout larbin de la Maison Blanche contre l’État Profond: Un combat truqué…

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… puisque seul(e) quelqu’un de contrôlé ou de contrôlable peut accéder à la l’illusion « démocratique » suprême: celle de se croire le grand vizir de la « nation indispensable », de la « nation exceptionnelle » rayonnant sur le monde du haut de sa colline ; chef suprême du « rêve américain », dont George Carlin disait: « parce qu’il faut être sérieusement endormi pour y croire »…

~ Résistance 71 ~

 

Trump ou l‘allégeance au Deep State

  

Georges Stanéchy

  

8 avril 2017

 

url de l’article original:

http://stanechy.over-blog.com/2017/04/trump-l-allegeance-au-deep-state.html

 

 » Dans les assemblées du gouvernement, nous devons donc nous garder de toute influence injustifiée, qu’elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel.

   Le risque potentiel d’une désastreuse ascension d’un pouvoir illégitime existe et persistera.

   Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés et nos processus démocratiques.

  Nous ne devrions jamais rien prendre pour argent comptant.

  Seule une communauté de citoyens prompts à la réaction et bien informés pourra imposer un véritable entrelacement de l’énorme machinerie industrielle et militaire de la défense avec nos méthodes et nos buts pacifiques, de telle sorte que sécurité et liberté puissent prospérer ensemble. »

Dwight D. Eisenhower  (1)
Président des Etats-Unis (1953 – 1961)

L’aveu

Le bombardement d’une base aérienne de la Syrie par une soixantaine de missiles tirés dans la nuit du jeudi au vendredi 7 avril 2017 à partir de navires américains en méditerranée, suite à une décision unilatérale du gouvernement des Etats-Unis, représente, avant toute analyse, un sinistre aveu…

Les doutes, accumulés au cours des dernières semaines, laissent la place à l’évidence : Trump a tourné sa veste et prêté allégeance au « Deep State ».

Cet « Etat Profond » que le président Eisenhower, ancien général, dénonçait dans son discours de fin de mandat du 17 janvier 1961, le qualifiant de « complexe militaro-industriel », évoluant progressivement en « complexe militaro-pétro-financier »… Qui gouverne de fait, non seulement les USA mais tous les pays qui leur sont vassalisés.

Désavouant les déclarations et renonçant aux promesses de sa campagne électorale au cours de laquelle, en opposition aux harangues guerrières de sa concurrente Hillary Clinton, il ne cessait de souhaiter mettre un terme à l’inflation permanente et aberrante du budget des dépenses militaires. Afin d’en affecter les montants à la rénovation des infrastructures du pays…

Affirmant, la main sur le cœur, vouloir renoncer aux dizaines d’expédition annuelles des forces armées dans des pays lointains au prétexte d’en changer les gouvernements pour y imposer « la démocratie »…

Pas par pacifisme angélique, mais tout simplement pour « raison garder »… Choix dictés par le sens des responsabilités selon des arbitrages prioritaire, économiques et sociaux, en faveur de la population américaine…

Au lieu de quoi… Lentement et inexorablement, s’enfonçant dans les sables mouvants du marécage washingtonien qu’il se promettait d’assécher (to drain the swamp…)… Pris au piège, Trump explosait, fusait dans tous les sens… Pour sauver sa propre peau, son « empire immobilier » et son clan, en multipliant témoignages et démonstrations de soumission au « Deep State »…

Contrairement à ses « engagements de campagne », il décidait d’augmenter le budget des dépenses militaires de 55 milliards de dollars ; l’équivalent du total annuel des dépenses militaires « officielles » de la Grande-Bretagne, ou de la France.

Nommant ministre des affaires étrangères le parrain international du milieu pétrolier, le Texan Rex Tillerson ; PDG en exercice de la première entreprise mondiale de gaz et de pétrole ExxonMobil.

S’entourant des généraux les plus bellicistes du pays, connus pour vouloir asservir le reste de l’humanité à coups de bombes, nucléaires ou pas. Jusqu’à nommer ministre de la défense le général James Mattis qui s’était illustré par ses atrocités en Irak, notamment à l’encontre des habitants de la ville de Falloujah. Coupables de résister héroïquement, non pas pour défendre le dictateur déchu, mais tout simplement l’indépendance et la souveraineté de leur Nation face aux envahisseurs.

Les enfants de Falloujah témoignent aujourd’hui, par les stigmates dont ils sont affligés, des sauvageries commises sous les ordres de cet authentique criminel de guerre, surnommé par ses propres hommes « Mad Dog » (chien enragé …): bombes au phosphore, à l’uranium appauvri, bombardements de cérémonies de mariage, etc. ; la boîte à outils complète du « déjanté » galonné assumant sa folie meurtrière…

Mike Whitney rappelle dans un article les nombreux « tweets » de harcèlement de Trump à l’encontre d’Obama, en 2013 déjà, critiquant vigoureusement l’intervention américaine en Syrie. Ainsi que ses belles paroles prononcées en décembre 2016, dans un discours qui en avait ému plus d’un (2) :

« Nous poursuivrons une nouvelle politique étrangère qui prendra en compte les erreurs du passé…

Nous arrêterons nos opérations secrètes de changement de régimes ou de renversements de gouvernements…

Notre but est la stabilité et non pas le chaos, parce que nous voulons reconstruire  notre pays…

Dans nos échanges avec les autres pays, nous rechercherons le partage des intérêts chaque fois que cela sera possible et poursuivrons une nouvelle ère de paix, d’entente et de bonne volonté… »

Le premier ministre russe, Medmedev, a parfaitement résumé la mutation de Trump dans son récent commentaire. Dès l’intronisation de Trump en tant que président, il s’était demandé combien de temps allait-il tenir face au « Deep State« , avant d’être « brisé« … Pour conclure : « Cela a pris seulement deux mois et demi ».

Fake News

Trump, qui ne cessait de condamner les grands médias (la chaîne CNN étant la plus visée…) et leurs Fakes News, les « infos trafiquées », lance à présent des opérations militaires sur fondement de ce qu’il méprisait avec véhémence : les Fake News !…

Tout le monde sait que l’armée syrienne ne possède pas d’armes chimiques, son stock ayant été intégralement détruit sous contrôle de l’ONU, conjointement avec des spécialistes américains et russes, en 2014.

Le bombardement d’une base syrienne pour sanctionner une soi-disant attaque chimique, sans aucune enquête internationale et indépendante préalable, n’est donc qu’un prétexte. « False Flag« , fourberie destinée à légitimer, dans l’hystérie de la propagande auprès des opinions publiques occidentales, cet acte de guerre  contre un  pays souverain qui n’en attaque aucun autre ; tout particulièrement, les USA…

Cette opération planifiée depuis plusieurs semaines avait pour finalité, éloignée du contexte syrien, une « démonstration  de force » face à la Russie et à la Chine. La doctrine actuelle des bellicistes américains ayant pour fondement que toute négociation, avec adversaires ou concurrents, ne peut avoir pour démarche initiale qu’une : « position de force »

La pluie de missiles de croisière a été déclenchée le jour de l’arrivée du président chinois aux USA… Maîtrisant l’art de « laisser le Temps au Temps », les Chinois sont restés de marbre. Du temps de Mao, alors que la Chine poursuivait son redressement au prix de mille difficultés et embargos depuis la fin de la deuxième guerre mondiale et la fin de la guerre civile contre les milices de Tchang Kaï-Chek soutenues par l’Occident, les Chinois considéraient déjà les USA en « tigre de papier »…

Quant à vouloir impressionner la Russie… Rions… Comme l’ont fait les dirigeants russes, en premier les militaires. Car cette opération de bombardement a eu un considérable « effet boomerang » sur le moral du Pentagone…

Non seulement, les avions en état de voler avaient été préalablement évacués avec leur personnel, y compris celui chargé de leur maintenance. Les nombreux vols de reconnaissance au-dessus de la base, avec leurs gros sabots, avaient laissé présager l’opération. Seuls six avions ont été détruits, en réparation ou hors d’usage au moment de l’attaque.

Mais encore, aucune piste de la base n’a été détruite. Ni les pistes d’envol principales, ni les pistes de circulation annexes. Intactes. Ce qui a permis la reprise immédiate des vols dès le surlendemain.

En fait, sur les 59 missiles tirés contre la base, seuls 23 sont arrivés à bon port, autour des pistes … Les 36 autres ont été neutralisés électroniquement par l’armée russe ; autrement dit, tous ceux destinés à démolir méthodiquement les pistes, l’infrastructure essentielle d’une base aérienne.

Ce coup de poing psychologique va être dur à encaisser pour les traîneurs de sabre du Pentagone. Leurs missiles de croisière Tomahawk de conception ancienne, datant des années 70, sont peut-être précis mais actuellement trop lents pour ce type d’opération. Subsoniques, leur vitesse de pointe ne dépasse pas les 880 km/h maximum, avec une électronique de pilotage rudimentaire.

Les spécialistes du combat électronique russes les ont fait plonger dans les eaux claires de la méditerranée, pour amuser les dauphins. Si les va-t-en-guerre américains peuvent provoquer des ravages sur des pays sans défense avec ce type d’armement obsolète, comme le Yémen en ce moment, il s’agit d’une autre histoire pour frapper des adversaires au top de la guerre électronique : Russie, Chine, Iran

Trump, son entourage, son gouvernement, son Congrès ?… Des imbéciles. Irresponsables. Extrêmement dangereux, toutefois, par leur mégalomanie, leur arrogance, leur mythomanie, et leur mortifère volonté de puissance de dominer la planète pour mieux la piller ; imbibés de leur croyance, ou de leur fanatisme, en l’Etre Supérieur qu’ils pensent incarner.

Imposant « leur Loi » au reste de l’Humanité. Incapables d’imaginer, ou d’accepter l’inéluctable mutation des relations internationales vers un monde multipolaire, dans le respect mutuel des croyances, des cultures et des intérêts des « Autres »…

Je voyais sur une TV, Hollande et Merkel affirmer que s’il y avait eu bombardement « c’était la faute à Bachar »… Monstrueuses têtes à claques, aussi stupides qu’inconscientes des immenses  massacres, ravages et souffrances qu’elles provoquent, organisent et entretiennent…

Analphabètes de l’évolution de l’Histoire…

Nos sociétés occidentales sont malades de leurs oligarchies. Porteuses de pulsion de mort.

Et, cela ne date pas d’hier…

Quand je regarde ce ramassis d’oligarques aussi corrompus que criminels, je vois le tableau exposé au Musée du Prado à Madrid de Pieter Brueghel l’Ancien :

Le Triomphe de la Mort…

 

  1. Discours de fin de mandat du Président des Etats-Unis, Dwight D. Eisenhower – 17 Janvier 1961 – 
https://fr.wikipedia.org/wiki/Discours_de_fin_de_mandat_de_Dwight_D._Eisenhower
  2. Cité par Mike Whitney, Trump’s War Whoop : a Gulf of Tonkin Moment ?, CounterPunch, 6 avril 2017, http://www.counterpunch.org/2017/04/06/trumps-war-whoop-a-gulf-of-tonkin-moment/

Résistance politique à l’empire et à tout colonialisme: Un manifeste indigène (Taiaiake Alfred)

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Résistance 71

 

10 avril 2017

 

Nous avions traduit de larges extraits du livre du professeur de science politique à l’université de Victoria (CB, Canada), Taiaiake Alfred: « Paix, Pouvoir et Rectitude: un manifeste indigène » et Jo de JBL1960 nous en a fait un de ces PDF dont elle a le secret.

Le voici, vous pourrez également le trouver sur notre page spéciale PDF (plus de 20 à télécharger dans trois rubriques: histoire, politique et science)

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

De la Syrie à Standing Rock… L’empire et les armes chimiques… (Mohawk Nation News)

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A lire sous l’article, le point de vue éclairant de Russell Means sur le patriarcat, l’illusion du pouvoir et le féminisme impérialiste, que nous avons rajouté en précision du dernier point mentionné par MNN.

~ Résistance 71 ~

 

Attaques chimiques en Syrie et à Standing Rock

 

Mohawk Nation News

 

7 avril 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/04/07/chem-attacks-on-syria-standing-rock/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les Etats-Unis savaient que les Lakota, nos supporteurs et nos alliés étaient désarmés à Standing Rock. L’armée américaine a attaqué ses propres citoyens aux armes chimiques. C’est une violation du droit international et un crime contre l’humanité. Voyez le compte-rendu / vidéo:

“After Using Chemical Weapons at Standing Rock, U.S. Slams Syrian Attack” dans le lien ci-dessous:

http://theantimedia.org/chemical-weapons-us-syrian/

La “révolution américaine” ne s’est jamais produite ! Ce fut en fait le premier faux-drapeau contre les Aie-ra-kwa (iroquois). Le but véritable était d’abattre l’arbre de la paix et d’éliminer la Grande Loi de la Paix (kaianerekowa) à tout jamais afin de pouvoir créer la République de la Guerre (NdT: Les Yanks sont en guerre depuis plus de 200 ans depuis la création de leur pays factice en 1776…). Ils ont massacré plus de 100 millions d’entre nous sur le continent des Amériques. Rien ne leur est jamais arrivé parce qu’aux yeux de leurs tribunaux, nous ne sommes pas humains.

L’exceptionnalisme (bidon) américain se résume à ceci:Nous avons les canonnières. On peut attaquer qui on veut quand on veut dans le monde. Personne ne peut y faire quoi que ce soit et s’y opposer. Alors … fermez vos gueules !” La grande tragédie est que les Américains croient ces sales mensonges proférés en permanence. Ils ne sont pratiquement réduits qu’au fric !…

Les Etats-Unis pensent qu’ils peuvent commettre le génocide à volonté et que personne ne va les arrêter ni les accuser ou les trainer devant les tribunaux pour quelque crme que ce soit.
Les généraux qui pilotent Washington DC aurorisent toutes ces attaques faux-drapeaux. Les anciens combattants qui sont venus nous aider à Standing Rock ont vu la vérité de leurs propres yeux.
Le peuple sioux et la Russie se sont dresser devant l’empire.

Seul le peuple a le pouvoir de mettre un terme définitif aux ravages causés. Nous ne permettrons personne de notre communauté de travailler pour la corporation de la guerre.

Lorsque les femmes gèreront la communauté, alors nous aurons la paix mondiale.

(NdT: pas les harpies du style Clinton, Rice, Pelosi, Le Pen etc… issues de l’escroquerie du “féminisme” qui ne fait que créer et changer les femmes à l’image des patriarques. MNN ne parle pas ici des femmes en costard éructant la haine et la promotion de la domination et de la guerre dans les parlements, les entreprises coloniales ou autres entités aliénatoires iniques, criminelles et obsolètes…).

L’affaire des femmes est de s’occuper des générations futures et de la terre sur laquelle ces nouvelles générations viennent au monde. Le rôle des hommes est de protéger le peuple et la terre.

= = =

Au sujet de ce dernier point abordé par MNN, voici ce que nous dit le grand activiste et résistant Lakota Russell Means, dont nous avons traduit de larges extraits de son livre testament: Si vous avez oublié les noms des nuages, vous avez perdu votre chemin, une introduction à la pensée et philosophie amérindienne (2013)

“Le patriarcat est fondé sur une structure pyramidale. Le patriarche est inconfortable partout où il va. Il a peur parce qu’il vit sa vie en tremblottant en haut de la pyramide d’où les autres sont constamment en train d’essayer de le déloger… La structure féodale, où personne n’est libre et l’homme d’en haut a peur de tout, est le produit naturel du patriarcat. [..] Même l’homme en haut de la pyramide est un esclave, il est l’esclave de sa propre terreur d’être viré de sa place.

Dans notre système matriarcal, tout le monde est libre et personne n’a peur de quoi que ce soit. Nous savons qui nous sommes et à quoi nous appartenons. Ceci ne peut jamais nous être enlevé. C’est pourquoi les patriarques ont lutté si longtemps et si dur pour nous détruire, nous et nos cultures dans le monde entier. Nous sommes une terrible menace à cette illusion de pouvoir pour la simple raison que nous sommes immunisés contre elle.

[…]

C’est également un aspect absolument étonnant du mouvement féministe, que dans leur désir ardent d’être juste comme les hommes, des féministes qui veulent devenir des figures de proue puissantes dans le système socio-économique, mènent avidement la charge pour tuer et violer la femme ultime, notre grand-mère la Terre.

Regardez simplement les Jeux Olympiques, y voyez-vous une simple compétition de bonne manière ou d’activités féminines de quelque sorte que ce soit ? Tous les évènements sportifs pour femmes sont justes des évènements pour hommes ayant des femmes en compétition les unes contre les autres pour être de meilleurs hommes. Où sont les jeux olympiques de l’attention maternelle ? Ceux sur le comment développer un 6ème sens, une intuition ? Où sont les jeux olympiques du miracle de créer la vie ?

Pourquoi le mouvement féministe est-il tant contre les femmes ?”

 

Le point sur l’agression américaine en Syrie…

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Résistance 71

 

8 avril 2017

 

Depuis ces dernières 36 heures nous avons pas mal traduit de choses pour mieux comprendre toute cette affaire de faux-drapeau chimique suivi d’une attaque américaine sur une base aérienne syrienne, véritable déclaration de guerre qui pourrait bien nous mener à cette 3ème guerre mondiale tant désirée par les psychopathes aux manettes de l’empire.

Alors bien entendu, tout le monde connaît la version officielle de l’empire, reprise en cœur comme à l’accoutumé par tous les médias pressetitués de connivence. On n’y reviendra pas ici.

L’info alternative elle, tend à être assez divisée sur ce qui se serait véritablement passé, notre tour d’horizon nous amène à reproduire ici un résumé de ce que nous avons trouvé de pertinent sur l’affaire à lire ou à relire pour pouvoir y voir plus clair quand tout çà se sera décanté… A moins que nous ne soyons tous atomisés d’ici là…

Agression américaine en Syrie: Pour la Russie, on est à un poil de la guerre nucléaire…

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Pour la Russie l’attaque américaine en Syrie a presque déclenché l’holocauste nucléaire

 

VT de source russe

 

7 avril 2017

 

Url de l’article:

http://www.veteranstoday.com/2017/04/07/americas-syria-strike-on-verge-of-military-clash-with-russia-pm-medvedev/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Source: Mil.ru

Après l’attaque des Etats-Unis avec ses missiles sur la base aérienne militaire syrienne de Shayrat près de Homs, beaucoup se sont posés la question de savoir pourquoi les systèmes de défense anti-aériens sophistiqués commes les Pantsir, S-300, S-400, Buk-M2 et Tor, n’ont pas protégé la Syrie des 59 missiles Tomahawk qui furent lancés des deux destroyers américains les USS Ross et Porter, déployés en Méditerrannée.

De manière prévisible, les libéraux russes et les activistes ukrainiens se sont réjouis de l’attaque de missiles américains en affirmant que les Etats-Unis avaient ainsi démontré leur supériorité sur la Russie.

Mais les experts militaires ont expliqué que les défenses anti-aériennes russes étaient déployés en Syrie en accord avec le gouvernement légitime syrien pour protéger les facilités russes, notamment les bases navale, aériennes, les troupes et les infrastructures impliqués en provenance des forces armées russes.

Dans le passé, la Russie a fourni certains éléments de défense anti-aérienne à la Syrie, mais ces complexes sont maintenant entretenus, et maintenus par les forces armées syriennes, qui n’ont pas répondu de la manière supposée. La Russie aurait manifestement pu intercepter les cibles américaines volant à basse altitude en utilisant le système de défense Pantsir. Pourtant la Russie a été notifiée bien en avance de la frappe de missiles américains afin d’être capable d’écacuer son personnel militaire et civil de la base de Shayraat et tout citoyens russes si besoin était.

Le représentant officiel du ministère dfe la défense russe, le général Igor Konatchenkov a dit que seulement 23 des 59 missiles tirés ont atteint la base syrienne.

Si la Syrie avait utilisé les systèmes de défense anti-aériens russes en réponse à l’attaque des missiles américains, ceci aurait déclenché un conflit nucléaire. Pourtant, ce ne fut que le calme du commandant en chef russe qui a rendu possible d’empêcher que ceci ne dégénère en conflit nucléaire,” a dit Sergueï Soudakov, membre de l’académie des sciences militaires russe.

La question la plus importante que tout le monde pose aujourd’hui est celle de savoir pourquoi la Russie n’a pas utilisé ses systèmes de défense anti-aérienne en Syrie pour abattre les missiles américains. La plupart des gens croient que la Russie aurait dû le faire afin de stopper l’agression de la Syrie par les Etats-Unis. Le fait est, que si la Russie avait commencé à abattre ces missiles, nous ne nous serions probablement par réveillés ce matin. Si la Russie avait répondu aux Etats-Unis, ceci aurait déclenché un conflit nucléaire, un clash de deux puissances nucléaires dans un pays tiers…”, a ajouté l’expert.

“Donald Trump est arrivé maintenant au point de ce qui est connu sous le nom de ‘guerre chaude’ “, a conclu l’expert.

“Les systèmes de défense russes ne sont subordonnés qu’à la Russie. Ils protègent les facilités militaires russes en Syrie. Tout le reste n’est que relation publique qui n’a rien à voir avec la réalité. Ceci dit, on a vu Israël et la Turquie qui bombardent la Syrie de temps en temps, tandis que la Russie ne protège que sa propre infrastructure militaire en Syrie. Je n’excluerai pas le fait que l’administration russe ait pris la décision politique de ne pas intercepter les missiles, parce que cela aurait pu résulter en un conflit entre la russie et les Etats-Unis au niveau de l’interception des missiles par les systèmes de défense”, a expliqué l’expert militaire Vladislav Chourigin.

Les Etats-Unis ont prévenu la Russie de l’attaque de missiles à venir et à son tour la Russie a prévenu la Syrie. Celle-ci a fait retirer ses personnels de la base avant que les missiles ne frappent. La Russie a pris une sage décision de repousser sa réponse et restez certains que la Russie répondra en proportion,” a t’il conclu.

Cela vaut la peine de noter que le minitère de la défense russe a fortement décliné les rumeurs qui disaient que la Russie avait intercepté les missiles américains qui n’avaient pas touché leur cible.

L’attaque américaine sur une base aérienne syrienne a été faite “à la limite d’un conflit militaire avec la Russie”, a dit le premier ministre russe Dimitri Medvedev, ajoutant que le président Trump a été “brisé par la machine du pouvoir américain” en juste deux mois et demi.

“Au lieu d’une déclaration surtravaillée au sujet d’un combat conjoint contre le plus grand ennemi, l’EIIL/Daesh, le gouvernement Trump a prouvé qu’il combattrait farouchement le gouvernement syrien légitime,” a écrit Medvedev sur sa page facebook. Le premier ministre a insisté que pour poursuivre ce but, les Etats-Unis ne peuvent plus attendre d’agir “en une dure contradiction avec la loi internationale et sans l7accord de l’ONU, en violation de ses propres procédures stipulant que le congrès doit d’abord être notifié de toute action militaire n’ayant aucune relation avec une agression contre les Etats-Unis.”

La frappe des missiles en Syrie a révélé que la courante administration américaine manque d’indépendance et est suspendue à l’establishment de Washington que Trump avait pour habitude de sévèrement critiquer pendant sa campagne électorale et aussi durant son discours d’inauguration a ajouté Medvedev.

“Peu de temps après sa victoire aux élections, j’ai noté que tout dépendrait du comment les promesses électorales de Trump seraient bafouées par la machine du pouvoir existante. Cela n’aura pris que deux mois et demi,” a écrit Medvedev.

“Personne ne surestime la valeur des promesses électorales, mais il doit y avoir des limites à l’indécence. Au-delà, nous sommes dans l’abus de confiance complet, ce qui est déjà mal en soi pour nos relations qui sont maintenant en ruine. Ceci est une bonne nouvelle pour les terroristes néanmoins,” a conclu le premier ministre russe.