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Guerre impérialiste en Syrie… Fin de la guerre propagandiste vendue par l’occident ?

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 30 décembre 2018 by Résistance 71

La guerre en Syrie telle qu’elle nous à été vendue par les médias est terminée

 

Stratégika 51

 

28 décembre 2018

 

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article10754

 

Le rétablissement des relations diplomatiques entre les Émirats Arabes Unis et la Syrie a coïncidé avec un remaniement ministériel en Arabie Saoudite où Adel Al-Jubayr, ministre des Affaires étrangères a été relégué au rang de Secrétaire d’État. Al-Jubayr fut le responsable saoudien ayant multiplié le plus grand nombre de déclarations hostiles à la Syrie.

Le retour de la Syrie au sein de la Ligue Arabe de laquelle elle a été exclue au début de la guerre en Syrie n’est plus qu’une question de formes.

La Ligue Arabe est entièrement sous l’influence de Ryad depuis le début de ce que certains ont baptisé le Printemps Arabe.

Cela veut dire qu’il y a eu des contacts entre les pays du Golfe et Damas et qu’ils ont trouvé moins un terrain d’entente qu’une preoccupation commune : la Turquie.

Damas est en train d’envoyer des renforts vers Manbij tout en appelant les populations kurdes à se retourner contre les forces étrangères et à contrer l’envahisseur turc. Cette tentative de récupération vise avant tout à saper la politique de Paris et de Londres.

En parallèle, Ankara renforce ses unités militaires et le président turc Tayep Recep Erdogan jure que l’Armée turque ira mettre un pied sur la rive orientale de l’Euphrate et que les jours de la kermesse autonomiste kurde sont comptés.

Ankara est en brouille avec Ryad et ses alliés du Golfe, maintient des troupes au Qatar, émirat en conflit avec Ryad sur fond de rivalité régionale. Du coup, l’hostilité avec Damas en est atténuée d’autant plus que les syriens crient à qui veut les entendre que leur pays a subi l’ingérence du Qatar, pays pour qui sous-traitent la France et le Royaume-Uni.

Si vous croyez que c’est compliqué, patientez un peu. Ce n’est que le début : le retrait et la diminution de l’organisation Daech ont débuté avec le déclenchement du conflit ouvert entre Ryad et Doha. Cette brouille qui a failli se transformer en conflit armé a également impacté Al-Qaïda en Syrie mais également sa branche soeur au Yémen.

Remarquez aussi que le Royaume-Uni a lancé l’organisation des casques blancs, la Turquie parraine une douzaine de puissants groupes politiques armés dont un se prévalant représenter le gouvernement de la province rebelle d’Idleb tandis que la France louvoie entre les groupuscules kurdes et le Front Ennosra (un ultime avatar de la franchise Al-Qaïda).

En termes moins châtiés, ces pays, tous de vénérables membres de l’Alliance Atlantique et se prévalant d’appartenir au monde faussement libéral soutiennent tous le terrorisme en Syrie.

Le président américain Donald Trump a débarqué sur une base militaire US en Irak pour débusquer ses adversaires internes. Les réactions des politiques irakiens ne trompent personnes. Le clientélisme de la classe politique irakienne, l’une des plus corrompues au monde, fait partie des rouages de la corruption de la faune de parasites tournant autour du complexe militaro-industriel US et donc l’État profond américain dans ce qu’il a de plus caricatural.

Personne n’avait trouvé à redire lorsque Obama, Hillary Clinton ou Cameron mettaient les pieds en Irak et pour cause. Le régime fantôche irakien est une création des néoconservateurs les plus rétrogrades. Trump n’est pas du tout le type avec qui ils peuvent faire des affaires.

Trump a affirmé que les forces US stationnés en Irak allaient continuer à intervenir en Syrie. Une façon de dégonfler les rumeurs d’une fronde organisée par les soutiens de Jim Mattis et ses partisans. L’information est confirmée par des fuites savamment distillés par les grands titres de la presse néocon (devenue subitement démocrate ! )

La déclaration du retrait des forces US de l’est de l’Euphrate mais pas d’Al-Tanf ou du moins pas encore aurait du inciter les israéliens à moins de retenue car cela signifie que Washington se désengage partiellement de la Syrie sans les conditions requises, à savoir un retrait des forces pro-iraniennes de Syrie. De ce fait, Israël aurait pu se sentir libéré des entraves US et aurait pu agir. Ce qu’il a tenté de faire, en envoyant une vingtaine de bombes et de missiles sur des sites militaires syriens situés au Sud-Ouest de Damas et qui recevaient la nuit du raid manqué, la visite d’une délégation de haut rang du Hezbollah libanais. Les israéliens ont tente d’utiliser deux avions de ligne à la fois comme bouclier et comme leurre. Une tactique fort reprehensible et contraire aux principes de la guerre. Les israéliens espéraient que la Syrie abatte un avion de ligne chinois pour crier à l’État paria et en même temps brouiller Damas avec Beijing.

Pari manqué. Les syriens n’ont pas été autorisés par les russes à utiliser leur batteries de missiles S-300 car ils avaient flairé le piège. La DCA syrienne a intercepté 12 des 19 GBU et les missiles Air-Sol israéliens lancés à partir de l’espace aérien libanais. Une batterie de S-200 syrienne positionnée au Golan a détecter l’évasion des dizaines de F-16 israéliens et leur a tiré dessus : des missiles S-200 ont pénétré dans l’espace aérien israélien.

Le dôme ABM s’est déclenché et cela a été le prétexte de crier à l’agression.

Dans cet imbroglio fort complexe et que personne n’arrive vraiment à analyser sans parti pris, quelle est l’utilité pour la France de se ruiner et d’aller s’embourber dans un conflit où personne n’est près à en sortir indemne ? 

Réponse claire : les lobbies pro-Israël en France. Ces derniers considèrent désormais la France comme leur dernière chance et une alternative. Ce qui est en soi un aveu d’échec.

Il n’y a aucune chance qu’une solution militaire s’impose en Syrie.

Le pari sur un État kurde indépendant à cheval entre la Turquie et la Syrie et l’Irak est perdu d’avance. Non seulement aucun pays de la région n’accepte cette éventualité mais cela risque de fédérer des États rivaux en guerre autour d’une menace existentielle commune.

Les deux pays qui en sortent déjà perdants sur tous les plans sont les deux pions que sont la France et le Royaume-Uni. D’abord vis à vis de leur propres populations, lesquelles découvrent effarées que leurs gouvernements sont devenus dignes de la dernière république bananière.

Les vieux démons de la Turquie se sont réveillés et Ankara poursuit, décomplexé, une politique étrangère néo-ottomane spécifique aggressive, résolue et répondant par dessus tout à ses propres intérêts stratégiques. Sa présence au sein de l’OTAN n’est plus que symbolique pour les turcs : Washington a besoin de l’importance stratégique de la Turquie comme un État pivot aux confluences de l’Occident et de l’Orient, à la jonction de l’Europe et l’Asie et du Nord et du Sud.

La guerre en Syrie telle qu’elle nous été vendue par les médias est terminée.

Ironie du sort, la Syrie est désignée comme un pays « frère » par les Émirats Arabes Unis. Lorsqu’on sait ce qu’ont dépensé les Émirats Arabes Unis pour abattre le régime syrien il y a de quoi suspecter la présence d’un couteau derrière le sourire.

La Syrie est détruite mais son régime politique et son idéologie sont toujours debout. Son retour dans la ligue arabe signifie la fin de la guerre. Le président Bashar Al-Assad cherche maintenant à retablir l’autorité de l’État sur Idleb et au Nord-Est tout en revendiquant le Golan. Il lui faudra aussi faire preuve de pragmatisme politique et débloquer le système syrien, afin de neutraliser toute nouvelle contestation interne susceptible d’être exploitée par ses ennemis. La nécessité d’une nouvelle constitution garantissant une plus grande ouverture politique, un dialogue politique inclusif ainsi que les principes d’un État de droit garantissant les libertés individuelles et politiques. C’est le seul gage de sortie de crise.

Les États-Unis s’en sortent plutôt bien cette fois mais en se retrouvant dans une situation de guerre civile jusqu’ici circonscrite au sein de l’État profond. Les USA abandonnent les guerres asymétriques et reviennent au modèle de confrontation symétrique en s’opposant à la Russie et à la Chine, deux puissances qualifiées officiellement aux États-Unis de « puissances révisionnistes » car contestant le leadership US ou le concept du nouveau siècle américain.

La Russie a réussi ce que l’ex-Union Soviétique a toujours rêvé. Elle est est revenue de très loin. Moscou joue désormais un rôle de premier plan au Moyen-Orient mais se heurte à la résurrection de la rivalité symétrique US dans ses marches occidentales, septentrionales (Arctique) et méridionales. Moscou le sait et perçoit la menace directe pesant sur son existence en tant que puissance militaire de premier ordre. D’où son rapprochement stratégique et assez spectaculaire dans tous les domaines avec la Chine de Xi Jinping. Une propagande outrancière pourrait considérer cette super alliance entre le pays disposant du plus grand arsenal nucléaire avec le pays le plus peuplé et en même temps la fabrique du monde comme un autre avatar plus puissant de l’empire Mongol eurasien. En fait nous avons assisté en 2018 à l’émergence d’une très grande concentration de puissance militaire et économique entre la mer de Chine et les grandes plaines européennes à l’ouest de la Russie. Cela préfigure l’état du rapport de forces d’ici 2039.

Israël est en crise. Sa stratégie régionale et extra-régionale a aggravé sa posture stratégique. Son obsession à anéantir les régimes qui lui sont hostiles par des puissances tierces s’est retourné à son détriment. En 1995, Israël n’était entouré par aucune puissance susceptible de lui tenir tête ou le menacer. En 2018, il est parvenu à se créer de formidables adversaires à deux pas de Tibériade et à quelques encablures de l’emplacement antique d’Armageddon. En dépit de l’immense soutien qu’il reçoit des pays occidentaux et de son arsenal fort impressionnant, L’avenir d’Israël n’a jamais paru aussi sombre et sans perspectives.

Au final, c’est la Chine qui va rafler la mise : La reconstruction de la Syrie. Un marché faramineux de 500 milliards de dollars !

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Guerres impérialistes en Syrie et au Yémen: le point de vue iranien sur l’agression yankee en Syrie…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 8 avril 2017 by Résistance 71

A lire aussi sur le sujet:

« La guerre en Syrie après un nouveau faux-drapeau ? »

« Après Trump, Poutine se rendra t’il à l’empire ? »

 

D’après le ministre des affaires étrangères iranien les Etats Unis combattent du côté d’Al Qaïda et de Daesh au Yémen et en Syrie

 

Press TV

 

7 avril 2017

 

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/Detail/2017/04/07/517088/Iran-US-Syria-Mohammad-Javad-Zarif-Daesh-alQaeda-Twitter

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le ministre iranien des affaires étrangères Mohamed Javad Zarif a fustigé la récente attaque américaine en Syrie, disant que les Etats-Unis combattent en fait du même côté qu’Al Qaïda et Daesh au Yémen et en Syrie.

En tant que seule récente victime d’attaques massives par armes chimiques [aux mains de l’ex-dictateur irakien Saddam Hussein] dans les années 1980, l’Iran condamne l’utilisation d’armes de destruction massive par quiconque contre quiconque.” a dit Zarif sur son compte twitter vendredi. Il a insisté sur le fait que Washington avait aidé Saddam Hussein dans ses attaques chimiques contre l’iran, et que les Etats-Unis avaient par deux fois utilisé dans le courant millénaire des accusations bidons d’utilisation d’armes chimiques comme prétexte afin de pouvoir utiliser leur force militaire, incluant l’invasion militaire de l’Irak en 2003 et les frappes qui viennent d’avoir lieu en Syrie.

Le chef de la diplomatie iranienne a ajouté qu’il était grand temps de mettre un terme aux “exagérations et aux maquillages”…

Quelques douzaines de personnes ont été tuées dans une “attaque” chimique dans la ville syrienne de Khan Shaykhun dans la province du nord-ouest d’Idlib mardi dernier.

Les Etats-Unis et leurs alliés furent prompts à accuser les forces du gouvernement syrien d’avoir perpétré cette attaque. L’armée syrienne a quant à elle déclaré “qu’elle n’avait jamais utilisé d’armes chimiques, où que ce soit, ni à quelque moment que ce soit et qu’elle ne le ferait pas dans le futur.” (NdT: de plus n‘oublions pas non plus que suite à l’attaque chimique de La Ghouta en 2013, prouvée avoir été perpétrée par les terroristes islamistes, que la Syrie avait accepté en 2014 de rendre tout son stock d’armes chimiques qui fut détruit sous les yeux des inspecteurs de l’ONU et des experts américains… Comme Saddam Hussein en 2003, la Syrie ne possède pas/plus d’ADM…)

Les navires de guerre américains déployés en méditerranée ont procédé à des tirs de missiles sur une base aérienne syrienne près de la ville de Homs en tirant quelques 60 missiles Tomahawk sur la base de Shayrat au sud-est de Homs vendredi 7 avril.

L’attaque américaine est une couverture pour soutenir les terroristes. Dans le même temps, pendant la prière du vendredi à Téhéran, un membre haut placé du clergé a dit que les attaques menées en Syrie par les Etats-Unis l’étaient à des fins de protection et de couverture des terroristes.

S’adressant aux puissance occidentales, spécifiquement aux Etats-Unis, l’ayatollah Mohamed Emami Kashani a dit: “Vous avez créé et chéri des terroristes avec Israël et vous affirmez faussement maintenant qe le gouvernement syrien a utilisé des armes chimiques.

 

Un député iranien rappelle que la Syrie n’a plus d’armes chimiques

De plus, un député iranien a dit que le gouvernement syrien avait rendu pour destruction toutes ses armes chimiques et ne possède plus de telles armes, insistant que l’Iran et la Russie ne resteraient pas silencieux sur ces frappes “irrationnelles” sur la Syrie.

Un coup si irrationnel de la part des Etats-Unis aura sans nul doute de sérieuses conséquences parce que des pays comme la Russie et l’Iran ne resteront pas siencieux face à de telles mesures qui sont en porte-à-faux avec les intérêts régionaux.” a dit vendredi le président du comité parlementaire iranien pour la sécurité nationale et la politique étrangère Aledin Boroujerdi.

Il a aussi fait remarquer la “position supérieure” de l’armée syrienne dans le combat contre le terrorisme et sa libération de la ville du nord-ouest d’Alep et de quelques autres zones du pays en disant: “Un pays qui est en train de gagner la guerre ne va pas commettre un tel acte.” Le législateur iranien a ajouté que les Etats-Unis et leurs alliés régionaux et européens affirment l’utilisation par le gouverneent syrien des armes chimiques et que ceci n’est qu’un prétexte pour couvrir leurs propres échecs en Syrie au cours des six dernières années.

Les frappes américaines en Syrie visent à renforcer le terrorisme dit Shamkhani

Également, le secrétaire du Conseil National Suprême de la Sécurité de l’Iran (CNSS) a dit que l’attaque “criminelle” des Etats-Unis contre la Syrie était une violation des règlements et lois internationaux et est une claire indication de la politique de Washington d’utiliser le terrorisme comme moyen de parvenir à ses objectifs (geo)politiques dans le pays arabe touché par cette profonde crise (NdT: qui est de fait une guerre d’invasion par procuration)

Il ne fait pas de doute que de telles mesures vont compliquer plus avant les équations politiques et de sécurité en Syrie menant à la création d’un précédent dangereux et imprévisible,” a dit Ali Shamkhani

Ces actions quoi qu’il en soit “n’auront pas d’impact sur la motivation du gouvernement syrien et de la nation dans leur combat résolu contre le terrorisme soutenu par le front occidentalo-arabo-sioniste,” a t’il ajouté.

Il a insisté sur le fait que l’Iran suit attentivement et de près les développements en Syrie et continuera fortement et résolument sur le chemin du combat contre le terrorisme au travers de consultations rapprochées avec ses partenaires nonobstant la conduite suspicieuse de certains pays occidentaux et de leurs alliés régionaux.”

Le secrétaire du CNSS iranien a aussi dit que la Rrépublique Islamique a insisté répétitivement sur l’importance des efforts collectifs et internationaux afin d’arrêter le flot d’armes de destruction massive vers les terroristes.

Shamkhani a dit qu’il n’y avait aucune raison ni justification pour que le gouvernement syrien utilise des armes chimiques (NdT: qu’il n’a plus de surcroit) et a appelé à la formation d’un groupe de vérification indépendant pour déterminer les motifs et les raisons pour qu’ait eu lieu une attaque chimique dans la ville de Khan Sheikhun dans la province d’Idlib plus tôt cette semaine.

Guerre impérialiste en Syrie: Pourquoi la Turquie pète-t’elle les plombs ?…

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Pourquoi Erdogan a poignardé la Russie dans le dos

 

Sahar TV

 

8 décembre 2015

 

url de l’article original:

http://francophone.sahartv.ir/infos/chronique-i11874-pourquoi_erdogan_a_poignardé_la_russie_dans_le_dos

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les objectifs de la Russie et de la Turquie, dans la lutte contre le groupe État islamique, sont, diamétralement, opposés.

Il est, absolument, impossible de comprendre pourquoi le gouvernement turc s’est engagé dans la stratégie suicidaire d’abattre le chasseur russe, « Su-24 », sur le territoire syrien – techniquement, une déclaration de guerre de l’OTAN à la Russie – sans mettre en contexte le jeu de la puissance turque, dans le Nord de la Syrie. Le Président Vladimir Poutine a déclaré, après la chute de l’avion de chasse russe, qu’il s’agissait d’un «coup de poignard dans le dos». Donc, nous allons voir comment les faits, sur le terrain, ont permis que cela se produise. Ankara utilise, finance et arme le cas désespéré des extrémistes, au Nord de la Syrie, et doit garder, par tous les moyens, le corridor des lignes d’approvisionnement, ouvertes pour eux, au Sud de la Turquie ; après tout, ils ont besoin de conquérir Alep, ce qui ouvrirait la voie au Saint-Graal d’Ankara : un changement de régime, à Damas. Dans le même temps, Ankara est terrifié par l’YPG – les unités de protection du peuple kurde syrien – une organisation, sœur du parti de gauche PKK (Note de R71: toujours présenté comme “marxiste-léniniste” par l’ensemble des médias, parce que çà les arrange, mais le PKK est devenu adepte et pratiquant du “communalisme démocratique” anarchiste depuis qu’Abdullah Ocalan, leader du PKK a endorsé les idées de Murray Bookchin et de Janet Biehl ily a une dizaine d’années. Le virage politique a été amorcé tant idéologiquement que dans la pratique avec les communes autonomes du Rojava syrien…). Ceux-ci doivent être contenus, à tout prix. Donc, le groupe État islamique – contre lequel les Nations Unies ont déclaré la guerre – est un simple détail, dans la stratégie globale d’Ankara, qui est, essentiellement, de combattre, contenir ou même bombarder les Kurdes ; soutenir toutes sortes de Takfiris et Salafistes-jihadistes, dont le groupe État islamique ; et obtenir un changement de régime, à Damas.

Sans surprise, les Kurdes syriens du YPG sont, largement, diabolisés, en Turquie, accusés de rien moins que vouloir nettoyer, ethniquement, les villages arabes et turkmènes, dans le Nord de la Syrie. Pourtant, ce que les Kurdes syriens tentent – soutenus par les États-Unis, au grand dam d’Ankara – est de relier trois parcelles de terre, dans le Nord de la Syrie kurde, actuellement, isolées. Un regard, sur une carte turque, (de mauvaise qualité), révèle comment deux de ces parcelles de terre, (en jaune), sont, déjà, liées, au Nord-Est.

Pour accomplir cela, les Kurdes syriens, aidés par le PKK, ont défait le groupe État islamique, dans Kobani et ses environs. Pour atteindre le troisième lopin de terre, ils ont besoin d’arriver à Afryn. Pourtant, sur le chemin, (en bleu), il y a une collection de villages turkmènes, au Nord d’Alep. L’importance stratégique de ces terres turkmènes ne peut pas être assez soulignée. C’est, exactement, dans cette zone, s’étendant jusqu’à 35 km, à l’intérieur de la Syrie, que Ankara veut installer sa prétendue zone de sécurité, qui serait, en fait, une zone d’exclusion aérienne, sur le territoire syrien, apparemment, pour accueillir les réfugiés syriens avec l’argent de l’UE, qui a, déjà, débloqué 3 milliards d’euros, à compter du 1er janvier 2016, par l’intermédiaire de la Commission européenne, (CE).

Pour la Turquie, l’obstacle insurmontable à la mise en place de cette zone d’exclusion aérienne est, maintenant, évidemment, la Russie. Utilisation des Turkmènes. Qui sont les Turkmènes ? Ici, nous devons replonger dans l’histoire ancienne de la Route de la Soie. Environ, 200.000 Turkmènes vivent, dans le Nord de la Syrie. Ils sont les descendants des tribus turkmènes, qui se sont installées, en Anatolie, au XIe siècle. Les villages turkmènes sont nés, également, au Nord de la province d’Idlib, à l’Ouest d’Alep, ainsi que de la province de Lattaquié, au Nord, à l’Ouest d’Idlib. Et c’est là que l’on trouve des gens, dont on ne parle jamais : une tripotée de milices turkmènes. Le mythe de civils innocents turkmènes, abattus par le régime Assad, est, donc,… un mythe.

A Washington, ces milices sont considérées comme des rebelles « modérés », dans la mesure où elles ont fusionné avec toutes sortes de bandes jihadistes, qui les ont avalées, de la peu regardante « Armée syrienne libre » à Jabhat Al-Nusra, alias Al-Qaïda, en Syrie, (que Vienne a, finalement, défini comme un groupe terroriste). On pouvait s’y attendre, les médias turcs saluent tous ces Turkmènes, comme des combattants de la liberté, à la Ronald Reagan, dans les années 1980, à propos du Jihad afghan. Les médias turcs racontent que l’ensemble de ce territoire est contrôlé par une innocente opposition turkmène, et non, par le groupe État islamique. Effectivement, pas le groupe État islamique, mais, surtout, Al-Nusra, ce qui est, pratiquement, la même chose. Pour la Russie, il n’y a aucune distinction, en particulier, parce qu’un ramassis de Tchétchènes, Ouzbeks et Ouïghours, (les Chinois les surveillent), ont cherché refuge chez ces « modérés ».

Pour la Russie, ce qui importe est de briser toute possibilité d’une future autoroute jihadiste de 900 km entre Alep et Grozny. Et cela explique le bombardement russe du Nord de la province de Lattaquié. Ankara, comme prévu, a grimpé au rideau. Le ministère des Affaires étrangères avait même menacé la Russie, il y a, seulement, quelques jours : «Les actions collatérales de la Russie ne sont pas une lutte contre le terrorisme, ils ont bombardé des villages turkmènes civils, ce qui pourrait entraîner de graves conséquences».

Ankara soutient, directement, les milices turkmènes avec l’aide humanitaire, mais ce qui compte, vraiment, ce sont les armes ; les livraisons de camions, contrôlés par le MIT – le Service de renseignement turc. Tout cela s’inscrit, dans la mythologie de l’AKP, le Parti d’Erdogan, de défendre même les populations pré-ottomanes ; après tout, ils ont, toujours, rendu de bons services à l’Islam. Les Turkmène syriens sont aussi pieux que la direction de l’AKP, à Ankara. L’affaire se corse.

Pour la Russie, la zone connue comme Montagne turkmène, ou les hauteurs que les Turcs appellent Bayirbucak, au Nord de la province de Lattaquié, est une cible majeure. Parce que c’est là que passe l’Autoroute des armes, par laquelle Ankara, côte à côte avec la CIA, approvisionne ces milices. Pour la Russie, toute possibilité que les milices alliées avec les Salafistes et les Salafistes-jihadistes tentent de conquérir, massivement, la province alaouite de Lattaquié, est une ligne rouge, parce que cela menacerait la base aérienne de la Russie, à Khmeimim, et, finalement, même le port de Tartous. Donc, pour l’essentiel, nous avons la CIA, qui fournit les armes – ces fameux missiles anti-char TOW – en utilisant une route de contrebande, à travers le territoire turkmène, qui se trouve être une base d’Al-Qaïda, en Syrie, aux ordres d’Ankara. C’est un territoire de choix, pour les États-Unis, la Turquie et l’Arabie saoudite, qui sapent le pouvoir de Damas, et, surtout, le territoire principal de la guerre, par procuration : l’OTAN (US-Turquie) contre la Russie.

Les racontars de la CIA prétendent que les missiles anti-char TOW vont à 45 groupes sélectionnés, donc, rebelles « modérés ». Une ânerie, les armes ont été saisies par les Jihadistes les plus expérimentés d’Al-Qaïda, en Syrie, ainsi qu’aux nébuleuses, connues sous le nom de l’Armée de la conquête, soutenues par l’Arabie saoudite. Donc, pour briser Jabhat Al-Nusra et l’Armée de la conquête, pour de bon, la Russie a commencé à bombarder les contrebandiers turkmènes, qui ne sont guère modérés, ils sont infiltrés, partout, par les islamo-fascistes turcs – tels que ceux qui ont mitraillé le pilote russe, le lieutenant-colonel Oleg Pershin, lorsqu’il s’est éjecté de son avion, un crime de guerre, selon les Conventions de Genève. Les enjeux, pour la Russie, ne pouvaient pas être plus lourds, car, en utilisant des tribus turkmènes, la Turquie est, déjà, implantée, profondément, au Nord de la Syrie. Donc, attendons nous à ce que la Russie augmente, sensiblement, ses bombardements des zones turkmènes – bien au-delà d’une simple mesure de représaille, pour le meurtre du pilote russe.

D’ailleurs, la Russie a beaucoup d’autres options, comme militariser le YGP, les Kurdes syriens ; ce qui leur permettrait de prendre, enfin, le contrôle du tronçon de la frontière entre Afryn et Jarablus, qui est, toujours, occupé par le groupe État islamique. Ankara sera apoplectique, si les Kurdes syriens arrivent à unir leur territoire, en ce qu’ils appellent le Kurdistan syrien, jusqu’à présent, séparé. Le fond de la question est que la Turquie et la Russie ne peuvent, tout simplement, pas appartenir à une même coalition luttant contre le groupe État islamique, parce que leurs objectifs sont, diamétralement, opposés.

L’historien Cam Erimtan, basé à Istanbul, décrit le panorama : «Le nouveau gouvernement de la Turquie a pris les rênes, le jour où le jet russe a été abattu. Et maintenant, le rusé Premier ministre Davutoglu et le maladroit Président Erdogan sont engagés, dans le contrôle des dommages, et la mobilisation nationale, abandonnant même, pour l’instant, leur rhétorique favorite, sur la solidarité islamique, et jouant à fond la carte nationaliste. Même si l’action militaire conduira, sans doute, à des gains énormes, en popularité nationale, les conséquences économiques ont, déjà, commencé à se faire sentir, avec la Russie, freinant l’importation de marchandises turques. Cela peut indiquer que le gouvernement de l’AKP n’a agi que, comme laquais de l’OTAN, en ignorant les réalités, sur le terrain, et en se complaisant, dans une démagogie bruyante».

La démagogie ne durera pas longtemps, parce que la Russie va réagir, de manière calculée, froide et rapide, par des moyens multiples et inattendus  à la chute du « Su-24 ». Le croiseur lance-missiles russe, « Moskva » – bourré de systèmes de défense aérienne – couvre, désormais, l’ensemble de la région. Deux systèmes S-400 couvriront tout le Nord-Ouest de la Syrie et la frontière turque, au Sud. La Russie est en mesure de brouiller, électroniquement, l’ensemble du Sud de la Turquie. Il n’y a aucun moyen, pour Erdogan, d’obtenir sa zone de sécurité, à l’intérieur de la Syrie, payée par l’UE, à moins d’entrer en guerre contre la Russie. La certitude est que la priorité numéro un de la Russie, à partir de maintenant, sera de briser, pour de bon, la stratégie extrémiste de la Turquie, dans le Nord de la Syrie.

Guerre impérialiste de l’occident en Syrie: « Pas de paix tant que l’occident soutiendra les terroristes » (Assad)

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La paix reviendra quand l’occident cessera de soutenir les terroristes (Assad à la télévision tchèque)

Al Manar

2 décembre 2015

url de l’article original:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=270983

 

Le président syrien Bachar al-Assad a affirmé que la paix reviendrait dans son pays quand l’Occident et l’Arabie saoudite auront cessé de « soutenir les terroristes » et s’est félicité de l’intervention armée de la Russie, lors d’une interview diffusée mardi par la télévision tchèque.

Pour ramener la paix, a-t-il affirmé, il faut que plusieurs pays, « la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l’Arabie saoudite, le Qatar et quelques autres arrêtent de soutenir les terroristes. Le lendemain, la situation sera déjà meilleure et en quelques mois nous aurons la paix complète en Syrie ».

Dans son interview, accordée à la télévision publique tchèque le 29 novembre à Damas, M. Assad se dit sceptique sur la possibilité de mettre en place une large coalition contre le terrorisme.

« Pourquoi n’ont-ils rien appris de Charlie-Hebdo ? (…) Vous ne pouvez pas combattre le terrorisme alors que vous soutenez directement les terroristes avec des armes et avez une alliance avec ce plus grand soutien du terrorisme dans le monde qu’est la monarchie saoudite », assène-t-il.

La France ne fait « rien de sérieux, tandis que les Russes sont très sérieux dans le combat contre le terrorisme et il y a une coopération entre eux et l’armée syrienne », a-t-il affirmé par ailleurs, selon l’AFP.

Prié de commenter la destruction d’un avion russe par l’aviation turque, M. Assad a estimé que (le président turc Recep Tayyip) Erdogan « avait perdu son sang-froid parce que l’intervention russe avait changé le rapport des forces sur le terrain ».

« L’échec d’Erdogan en Syrie, l’échec de son groupe terroriste, marque sa fin politique », a-t-il ajouté.

Le président syrien a en outre estimé que l’Europe a échoué à intégrer des immigrants venant d’horizons culturels différents, tandis que des « institutions wahhabites » ont financé des activités pour « fausser l’interprétation de l’islam ».

« En fait, cette région (le Proche-Orient, ndlr) avait exporté un certain extrémisme vers l’Europe, dans notre crise c’est l’Europe qui exporte l’extrémisme vers chez nous ».

Quant à son image en Occident, il a dit qu’elle s’améliorait timidement.

« En 2005, j’étais le tueur. En 2008 et après, j’étais le faiseur de paix, puis, en 2011, je suis devenu le vautour. Maintenant, il y a un changement positif, du genre timide, pas explicite », a-t-il dit.

Enfin, le président syrien, qui a été réélu en 2014, a affirmé qu’il n’allait pas démissionner « au milieu de la guerre ». Mais un jour, « quand il y aura une élection, les Syriens décideront s’ils veulent de moi. S’ils veulent de moi, je serai heureux d’être président. S’ils ne veulent pas, je serai heureux de partir. Je n’ai aucun problème », a-t-il conclu.