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Impérialisme au Moyen-Orient: Empire, maison des Saoud, Qatar, danse du sabre et diversion… (Pepe Escobar)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 8 juin 2017 by Résistance 71

… pour lever un coin du voile (sacrilège !?!…) sur ce qui se trame au Moyen-Orient. Inutile de dire que nous sommes plus proche de la version du Pepe Escobar ci-dessous de celle avancée par Meyssan, Quoi qu’il en soit, affaire à suivre.
Deux questions néanmoins: se pourrait-il que la maison Al-Thani se révolte contre ses maîtres d’Exxon-Mobil ? Nous ne le pensons pas mais la question se doit d’être posée. La seconde: verrions-nous une trame organisée par Exxon-Mobil pour se débarrasser des Al-Thani et réintégrer le Qatar dans l’Arabie Saoudite après la réalisation du gazoduc irano-qatari mentionné ci-dessous par le Pepe ?

~ Résistance 71 ~

 

La danse du sabre de Trump a déclenché la guerre des Wahhabites

 

Pepe Escobar

 

7 juin 2017

 

Source: http://www.informationclearinghouse.info/47202.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le président américain Donald Trump ne pouvait pas pas prédire les effets de changement résultant de sa danse du sabre triomphale de Ryad. Ou le pouvait-il ? Le fait est que la maison des Saoud a pété les plombs, en un éclair, poursuivant le Qatar et torpillant de l’intérieur ce glorieux projet arabo-OTANesque, appelons-le  OTANCCG, qui fut célébré en grande pompe.

Un Trump tout excité a tweeté 3 fois son accord pour que Ryad poursuive Doha. Trump et l’OTANCCG avaient identifié Daesh et l’Iran comme “terroristes”. La maison des Saoud en a remis une couche et a dénoncé le Qatar pour être un des top sponsors du terrorisme, ce qui reviendrait à ce que Don Corleone accuse Tony Soprano d’être un mafieux…

C’est alors, que dans un renversement inattendu, Daesh, de manière bien utile, et graphiquement, souligna la stupidité cosmique de toute la farce, mettant en scène, ou du moins affirmant mettre en scène une attaque contre le parlement iranien et le mausolée de l’imam Khomeini à Téhéran.

L’émir du Qatar actuel, Tamim bin Hamad al Thani, maintenant “coupable” de ne pas avoir blâmer l’Iran comme étant la racine de tous les maux dans la péninsule arabe, va peut-être même suivre les pas de son propre père, Hamad, qui inventa le Qatar moderne et se renversa lui-même, sous pression saoudienne, en faveur de son fils donc en 2013.

Nous ne pouvons pas oublier que le prince saoudien Bandar bin Sultan, alias Bandar Bush, notoirement  ex-top façonneur, maître d’armes des djihadistes et “libérateur frustré de la Syrie”, avait fameusement décrit le Qatar comme une entité de “300 personnes et une chaîne de télé” [Al Jazeera].

Que se passe t’il donc dans ce marécage toxique des pétrodollars ?

La connexion Israël-Emirats Arabes Unis

Allons droit au but et établissons que la cannibalisation féroce intra-CCG n’a absolument rien à voir avec la guerre globale contre le terrorisme (GGCT).

Parmi un feu croisé massif de désinformation, une piste d’évidences pointe vers une stratégie concertée élaborée par le lobby israélien (au travers de la Fondation pour la Défense de la Démocratie. fondée, entre autres, par le très néfaste roi du casino (NdT: et financier de la campagne de Donald Trump) Sheldon Adelson, personnalité sulfureuse très proche de Bibi Netanyahou); des éléments nouveaux cons / sio-cons / neoliberal-cons et l’ambassadeur des Emitats Arabes Unis à Washington, Youssef al-Otaiba.

Des courriels fuités ont démontré comment Otaiba, largement idolâtré dans le milieu grâce à ses “largesses” et la très néoconservatrice Fondation pour la Défense de la Démocratie ont discuté des moyens de donner une leçon au Qatar pour son soutien au Hamas (NdT: pourtant une création originale du Mossad israélien, dont la branche militaire lui a manifestement échappée, quant à la branche politique, Khaled Mechaal après être parti de Syrie dans des conditions pour le moins controversées, s’est réfugié à… Doha, à quelques encablures de la plus grande base yankee du MO, vous avez dit bizarre ?…) et de ses politiques de manière générale non-agressives envers l’Iran. Otaiba est aussi proche de Jared Kushner (NdT: le beau-fils ulta-sioniste de Trump), ce qui expliquerait la réaction de Trump au Blitzkrieg anti-Qatar.

A l’encontre du Qatar, la maison des Saoud et les EAU sont à deux doigts d’établir des relations diplomatiques avec Israël, la condition sine qua non imposée par Washington pour insérér Israël dans un OTAN arabe anti-Iran guidée par Ryad.

Un précédent de 2014 offre une toile de fond additionnelle. Des agents du renseignement régional confirment à cette époque qu’il y avait des manœuvres militaire des Emirats par très loin de la frontière avec le Qatar, Londres et Paris par exemple, le savaient parfaitement.

Mais la tête de la maison des Saoud en charge à cette époque était feu le roi Abdullah, qui était en fait un apaiseur. Le coupeur de têtes en chef est maintenant le prince “guerrier” Mohamed bin Salman, alias MBS, chatte arrogante (NdT: le Pepe emploie ici le terme “twat” en anglais qui en argot, est une représentation des parties génitales féminines… notre traduction se rapproche au mieux de ce que veut dire Escobar et n’est pas de notre cru…), qui est déjà en train de misérablement perdre la guerre au Yémen, guerre menée au moyen de milliards de dollars d’armement britannique et américain et qui a provoqué une horrible crise humanitaire dans ce qui est la nation la plus pauvre de toute la région. C’est MBS qui a ordonné la diabolisation saoudienne du Qatar.

Laissez-moi descendre du train terroriste

L’abréviation “terra, terra. terra”, pour la maison des Saoud, s’applique essentiellement à l’accusation du Qatar supportant les mouvements de contestation chii’te dans l’Est de l’Arabie Saoudite. C’est ridicule, Doha n’a rien à voir là-dedans.

Puis, il y a l’accusation du Qatar soutenant les islamistes. Ce qui est exactement ce que de puissants mécènes saoudiens, bon nombre liés à la monarchie, font.

Doha soutient et pas qu’un peu, la confrérie des Frères Musulmans (NdT: récupérée et utilisée par les services britanniques depuis les années 1920…), ce qui n’a pas grand chose à voir avec al-Qaïda et / ou Daesh, et est détesté au plus haut point par Ryad et sa marionnette al-Sisi du Caire, qui ne survit que par les subsides saoudiens. Ce que de puissants mécènes qataris ont fait (jusqu’à 3 milliards de dollars) fut de soutenir Al Qaïda en Syrie, alias le Jabhat al-Nosra, que de très vastes secteurs nouveaux cons américains ont étiqueté comme “rebelles modérés”.

Dans le même temps, les Saoudiens soutenaient leurs propres djihadistes en Syrie et ailleurs. Wikileaks a prouvé sans équivoque comment “les donneurs en Arabie Saoudite constituent la source la plus signifiante du financement des groupes terroristes sunnites dans le monde”.

A part les problèmes et affaires complexes de rivalité tribale, le facteur religieux clef est que le Qatar, à l’encontre de l’Arabie Saoudite, est tolérant envers les non-salafistes, ou les salafistes “révolutionnaires” comme les Frères Musulmans, et n’essaie pas d’exporter mondialement sa version du Wahhabisme. A toute fin utile, les imams fondamentalistes hard-core saoudiens considèrent les Qataris comme des hérétiques (NdT: alors que de longue date, c’est le Wahhabisme qui a été déclaré hérétique par les “quatre écoles fondamentales de jurisprudence du sunnisme” – http://www.geopolitis.net/CONTRE-POUVOIRS/HERESIE%20WAHHABITE.pdf ~ ) ; comme s’ils étaient presque aussi mauvais que les “apostats” chi’ites…

Le schisme dans la pratique s’est transféré en une guerre par procuration en Libye par exemple. Doha soutient les milices islamiques de Misrata ainsi que celles fidèles au “Moufti du Qatar” Sadiq al-Ghariani Les EAU et l’Egypte soutiennent le général Khalifa Haftar, le chef de l’auto-proclamée Armée Nationale Libyenne (ANL).

C’est le gaz, le gaz, le gaz

Les agents de la désinformation des services saoudiens diffusent que “la Turquie et le Qatar sont les deux derniers états menés par les Frères Musulmans. Plus que probablement, le Qatar va faire l’expérience d’un changement de régime et arrêter d’être les financiers de toute sorte de chaos dans la région au service du Royaume-Uni et ceci inclut de jouer derrière la scène avec Téhéran.

Tout ceci n’est qu’un non-sens total de diversion. La réalité brute est que la maison des Saoud est absolument désespérée. Le prix du pétrole demeure bas à environ 50 US$ le baril. La monstrueuse OPA sur la compagnie saoudiene ARAMCO n’est plus que dans 12 mois. La maison des Saoud a besoin de bouger les marchés vers une hausse du prix du pétrole et ce par quelque moyen que ce soit, ultimatums et menaces de guerre inclus.

Une source du renseignement américain non-idéologique va plus loin, insistant sur le comment “La Turquie, l’Iran et la Russie se rapprochent de plus en plus. La question demeure de qui va contrôler les états du Golfe et le prix du pétrole, qui a été jusqu’ici manipulé afin de détruire la Russie. L’accord entre la Russie et l’Arabie Saoudite est juste une amélioration mineure.

Donc, rien d’étonnant à ce que l’opacité demeure la norme, avec certains narratifs faisant diversion de la maison des Saoud et plaçant l’attention et les feux de la rampe sur l’Iran et maintenant aussi le Qatar.

Et puis il y a l’angle clef du pipelinistan, un mélange du comment le Qatar en tant que grosses puissance du gaz naturel emmerde immensément les membres de l’OPEP comme l’Arabie Saoudite et les Emitats Arabes Unis. Le Qatar est le plus gros exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL). C’est ce qui lui a permis de façonner sa politique étrangère de manière complètement indépendante de la maison des Saoud. Ajoutez à cela que la fabuleuse richesse en gaz du Qatar provient de l’énorme champ gazier offshore du nord, qu’il partage avec l’Iran (qui contrôle ce qu’il appelle South Pars).

Il y a eu des spéculations, évidemment non confirmées par Téhéran et Doha, que l’Iran et le Qatar auraient atteint un accord sur le partage des droits d’un gazoduc allant du North Dome/South Pars vers la mer Méditerranée orientale en Syrie, aussi loin que Doha arrête de soutenir le front al-Nosra.

Si cela devait se produire, ceci signalerait la fermeture spectaculaire d’un des motifs clefs de la tragédie syrienne. (NdT: le Pepe se réfère à l’origine de la guerre par procuration en Syrie: le refus en 2009 par Bachar al-Assad de laisser passer un gazoduc qatari, donc d’Exxon-Mobil, à travers la Syrie… moins de 2 ans plus tard, l’attaque par proxy se produisait en Syrie pour procéder à un changement de régime et y mettre un régime marionnette de l’empire… C’est un échec cuisant jusqu’ici) l’administration Obama avait complètement approuvé un gazoduc allant du Qatar à la Turquie via l’Arabie Saoudite et la Syrie, ceci comme moyen d’essayer d’endommager les profits de Gazprom la russe. Cela a coûté bien des morts et une horrible destruction pour que Doha comprenne que Moscou ne le permettrait pas.

Ainsi, le pivot stratégique du Qatar vers la Russie, matérialisé par exemple par le fond d’investissement souverain du Qatar investissant 2,7 milliards de dollars dans Rosneft ; ceci pourrait bien être à moyen terme, une méthode bien plus tranquilos d’entrée du Qatar dans la connexion Russie-Iran-Syrie. Considérant que le Qatar héberge CENTCOM et est la QG d’Al-Udaïd, la plus grande base militaire américaine au Moyen-Orient, ceci ne passe sans doute pas très bien au Pentagone (NdT: à moins, comme nous l’avons avancé, que tout ceci ne soit qu’une mascarade pour pièger l’Iran et la Russie par la bande, puisque le choc frontal ne marche pas…)

Aussi loin que soit concerné le jeu des Etats-Unis, il est terminalement naïf de croire que Washington n’aurait pas donné le feu vert à ses satrapes saoudiens de bousculer Doha.

Ajoutez à cela le Qatar qui ouvre le premier centre d’échange du Yuan chinois au MO, voilà quelque chose qui ne doit pas bien passer dans le gosier des maîtres de l’univers (NdT: encore une fois, à moins que tout cela ne soit bien planifié comme tel…). En parallèle, l’accord d’armement tant vanté de 100 milliards de dollars de Trump, annoncé par Ryad, a bien pu être mis en place en échange pour la maison des Saoud de retarder le plus longtemps possible les paiements des Chinois en Yuan pour leur pétrole, ce qui court-cicuiterait le pétrodollar.

Tisser des théories de la conspiration est une entreprise de l’ombre. Le “T. Rex” Tillerson connaît très bien le leadership qatari depuis ses beaux jours en tant que CEO d’Exxon-Mobil (NdT: nous avons dit et le répétons que le Qatar tel qu’il est, est une création d’Exxon-Mobil / intérêts Rockefeller et que rien ne se passe au Qatar sans l’aval d’Exxon-Mobil, de fait Exxon-Mobil possède le Qatar…) ; tout comme le général “chien fou” Mattis, ancien patron du CENTCOM. Observez-les bien, comment ils vont agir dans la suite des évènements dévoilera au moins quelques couches du théâtre d’ombre qui se déroule actuellement et voyons voir si la complète supercherie a plus de punch qu’un simple désespoir de la maison des Saoud.

Guerre impérialiste en Syrie: T-rex édenté rencontre l’ours russe… (Paul Craig Roberts)

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Roberts parle ici à un moment donné de la visite de Tillerson-rex, ministre des AE de Trump, mais surtout ex-CEO d’Exxon-Mobil ne l’oublions pas, en Russie. On lui a d’abord dit qu’il ne rencontrerait pas Poutine, puis finalement, si. Tillerson est un employé des Rockefeller, tout comme Kissinger. Poutine a des relations « privilégiées » avec Kissinger depuis plus de 20 ans. L’ours russe est énervé, refuse de rencontre le T-rex, mais finalement va le faire, peut-être après un coup de fil de l’ami Henry ? Qui sait ?Vont-ils se taper sur le ventre en privé ? Est-on dans le scenario Meyssan ou doit-on prendre PCR au pied de la lettre ? Dans toutes ces histoires, il y a toujours l’officiel et l’officieux… La guerre par procuration de Syrie est une guerre en fait du gaz entre le Qatar (Exxon-Mobil, tiens donc…) dont le gazoduc refusé par Assad en 2009 perturberait les ventes de gaz russes à l’Europe. Nous parlons donc pour simplifier d’une guerre par procuration entre Exxon-Mobil et Gazprom (Russie et Poutine) par Syrie et Iran interposés.

à suivre donc encore et toujours…

Voir notre dossier: « Syrie et guerre du gaz »

~ Résistance 71 ~

 

Est-ce l’armaguédon que l’on voit poindre à l’horizon ?

 

Paul Craig Roberts

 

12 avril 2017

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2017/04/12/is-that-armageddon-over-the-horizon/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’insouciance du monde occidental est absolument extraordinaire. Ce ne sont pas seulement les Américains qui permettent que s’opère sur eux un lavage de cerveau en règle par les merdias tels que CNN, MSNBC, NPR, le New York Times, Washington Post et consorts, mais aussi leurs contre-parties en Europe, au Canada, en Australie et au Japon, qui dépendent pour leur information de la machine de propagande de guerre que sont les médias de ces pays respectifs.

Les “leaders” occidentaux, c’est à dire les marionnettes qui pendouillent au bout des ficelles animées par des groupes d’intérêt privés très puissants et l’état profond (NdT: que ces groupes ont acheté/créé) sont tout aussi insouciants. Trump et ses contre-parties dans l’empire américain ne doivent pas être au courant qu’ils sont en train de provoquer la guerre avec la Russie et la Chine, ou alors ce sont des psychopathes accomplis.

Un nouveau Bozo à la Maison Blanche a remplacé l’ancien. Le nouveau a envoyé son ministre des affaires étrangères en Russie. Pour quoi faire ? Pour y délivrer un ultimatum ? Pour y faire toujours plus de fausses accusations ? Pour s’excuser de tous les mensonges proférés ?

Considérez un peu l’audacité du ministre Tillerson. Il a passé la semaine avant de se rendre à Moscou à soutenir des mensonges tous plus incroyables les uns que les autres, à faire des accusations sans preuve qu’Assad et la Syrie ont utilisé des armes chimiques avec la permission de la Russie, ce qui justifia le crime de guerre flagrant de Washington d’une attaque militaire sur un pays auquel les Etats-Unis n’ont pas déclaré la guerre. Moins de 100 jours dans le burlingue ovale et Trump est déjà un criminel de guerre aux côtés du reste des gugusses de son gouvernement de va t’en guerre.

Le monde entier le sait, mais personne ne le dit. Et Tillerson, qui a lourdement menti et menacé, a la confiance en lui d’aller à Moscou pour dire aux Russes qu’ils doivent remettre Assad à la puissance unipolaire américaine.

La mission de Tillerson démontre le manque total de réalisme du monde dans lequel vit Washington. Essayez de mesurer l’arrogance de Tillerson. Si vous aviez insulté et menacé des gens importants et puissants, seriez-vous confiant d’aller chez eux pour souper ? Tillerson pense t’il que maintenant que la Russie a largement libéré la Syrie de l’EIIL/Daesh soutenu par les Etats-Unis, elle va lui donner la Syrie comme çà, et la laisser à Washington ?

Va t’il dire à Lavrov qu’il ne pensait pas vraiment toutes les saloperies qu’il a débitées au sujet de la Russie, mais que ce sont les nouveaux cons sionistes qui l’ont forcé à les dire ? Qu’il n’est pas vraiment en contrôle, mais juste un pion de l’empire anglo-américano-sioniste ?

Est-ce que Tillerson va s’excuser des paroles du secrétaire de presse de la Maison Blanche Sean Spicer qui a déclaré qu’Assad, l’allié de la Russie, était pire qu’Hitler ? Peut-être que Tillerson va demander l’asile politique à la Russie pour se retrouver du bon côté…

Stephen Cohen, un des derniers américains ayant une vaste et très bonne connaissance de la Russie, a dit aux deux putes pressetituées de CNN et au va t’en guerre de colonel Leighton, un des “experts” que les journalopes exhibent pour vomir leur propagande contre la Russie, que la Russie se préparait pour une guerre chaude. C’est passé carrément au-dessus des têtes des gusses de la pressetituée et du colon. Qui les paient ?…

Les leaders russes, qui, à l’encontre des menteurs de l’occident, disent la vérité, ont clairement dit et établi que la Russie ne combattrait plus jamais de guerre sur son propre sol. (NdT: plus de 20 millions de morts entre 1941 et 1945 en Russie, soviétique à l’époque certes, mais au demeurant le plus lourd tribut à la folie guerrière capitaliste qui est toujours à l’œuvre aujourd’hui…). Les Russes ne pouvaient pas être plus clairs. Provoquez une guerre et nous vous détruirons chez vous, sur votre propre territoire (NdT: qui pour l’empire américano-sioniste est, ne l’oublions jamais, un territoire VOLÉ aux peuples autochtones indiens ou palestinien…)

Lorsque vous observez le président et son gouvernement à Washington, les gouvernements européens, spécifiquement les abrutis de Londres, des gouvernements du Canada et de l’Australie, vous ne pouvez que vous émerveiller de la totale stupidité du “leadership occidental”. Ils ne font que demander, mendier pour la fin du monde.

Et les zouaves de la pressetituée sont à l’œuvre poussant vers la fin de toute vie sur terre. Une énorme quantité d’occidentaux sont préparés pour leur fin et ils ne voient pas ce qui se trâme grâce (à cause de) à leur insouciance programmée.

Washington est tellement arrogante et perdue dans sa faconde qu’elle ne comprend pas que des années de mensonges transparents au sujet de la Russie et des intentions russes ont convaincu cette même Russie que Washington prépare les populations des Etats-Unis et des peuples captifs en Europe de l’ouest et de l’est, du Canada, de l’Australie (et NZ) et du Japon à une frappe nucléaire préemptive contre la Russie. Des plans de guerre américains contre la Chine publiés ont convaincu celle-ci de la même chose.

Si ce n’est pas pour la guerre, à quoi peuvent donc bien servir les changements opérés dans la doctrine guerrière américaine ? Deubeuliou Bush a abandonné le rôle stabilisateur des armes nucléaires en changeant leur fonction de riposte à une fonction de première frappe nucléaire. Puis il a retiré le pays du traité anti-missiles balistiques qui avait été conclu sous Nixon. Maintenant, nous avons des sites de lancement de missiles aux frontières russes. Nous mentons aux Russes en leur disant que ces missiles existent pour prévenir une frappe de missile balistique nucléaire iranien contre l’Europe. Ce mensonge est vomit ad nauseam et cru par les marionnettes d’Europe et ce malgré le fait connu et indisputable que l’Iran n’a ni armes nucléaires, ni missiles balistiques inter-continentaux. Mais les Russes eux, ne l’acceptent pas ; ils savent très bien que c’est encore un des nombreux mensonges de Washington.

Quand la Russie entend ces mensonges éhontés et flagrants, elle comprend que Washington a l’intention d’utiliser une frappe nucléaire préemptive contre elle.

La Chine est parvenue à la même conclusion.

Donc, voici la situation. Deux pays ayant des forces nucléaires conséquentes s’attendent à ce que les grands barjots qui gèrent l’occident les attaquent avec des armes nucléaires. Que vont donc faire la Russie et la Chine ? Vont-elles demander grâce ?

Non. Elles se préparent à détruire l’occident malfaisant, un ramassis de menteurs et de criminels de guerre, d’un niveau encore jamais vu dans l’histoire.

Ce sont les Etats-Unis, les plaisantins “unipolaires”, qui après 16 ans de guerre sont toujours incapables de battre quelques milliers de Talibans légèrement armés en Afghanistan, qui ont besoin de demander grâce.

Les palabres de guerre irresponsables du gouvernement américain et des journalopes de la pressetituée et aussi parmi les vassaux de l’OTAN de Washington doivent cesser immédiatement. La vie sur terre est en jeu.

Poutine a fait montre d’une incroyable patience avec les mensonges et provocations répétés de Washington, mais il ne peut pas risquer la Russie en faisant confiance à l’empire, que personne de fait ne peut croire. Pas le peuple américain, ni le peuple russe, ni quelque peuple que ce soit. (NdT: demandez une fois encore aux populations et nations autochtones originelles de l’endroit, s’il faut croire la parole du gouvernement yankee. Plus de 400 traités signés, plus de 400 traités bafoués par Washington…)

En sautant dans le wagon propagandiste de l’état profond, la gauche libérale “progressiste” est en fait complice de la marche en avant vers l’armaguédon.

Guerre par procuration en Syrie… Le pourquoi de l’échec du cessez-le-feu…

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Pourquoi le cessez-le-feu a échoué en Syrie

 

Thierry Meyssan

 

26 septembre 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article193427.html

 

Le public occidental s’est enthousiasmé pour le cessez-le-feu russo-états-unien en Syrie et a cru qu’il pouvait ramener la paix. C’est n’avoir aucune mémoire du début de la guerre et ne rien comprendre aux enjeux qu’elle poursuit. Explications…

Le cessez-le-feu en Syrie n’a tenu que la semaine de l’Aïd. C’était le énième depuis la signature de la paix entre les États-Unis et la Russie. Il n’a pas plus duré que cette paix et que les précédents.

Rappelons les faits : le 12 décembre 2003, le président George W. Bush signait une déclaration de guerre à la Syrie, le Syrian Accountability Act. Après une série de tentatives pour ouvrir les hostilités (sommet de la Ligue arabe de 2004, assassinat de Rafic Hariri en 2005, guerre contre le Liban en 2006, création du Front du salut en 2007, etc.), les Forces spéciales US passaient à l’offensive au début 2011 tout en se livrant à une mise en scène visant à faire accroire à une « révolution » intérieure. Après deux vétos au Conseil de sécurité de la Russie et de la Chine, les États-Unis acceptaient une paix à Genève qu’ils signaient en l’absence des parties syriennes, le 30 juin 2012.

Première remarque : 
Ceux qui prétendent que le conflit actuel n’est pas une agression extérieure, mais une « guerre civile », ne peuvent pas expliquer les conséquences de la déclaration de guerre à la Syrie par le président Bush en 2003, ni pourquoi la paix de 2012 a été signée par les grandes puissances en l’absence de tout Syrien.

Depuis la signature de la paix, il y a quatre ans, la guerre a repris, malgré les multiples tentatives de règlement négociées, seul à seul, par le secrétaire d’État John Kerry et son homologue russe Sergey Lavrov.

Tout au long de ces quatre années, j’ai détaillé au fur et à mesure les conflits au sein de l’appareil d’État US (les manœuvres de Jeffrey Feltman et des généraux David Petraeus et John Allen contre le président Obama, ainsi que les problèmes au sein du CentCom). Aujourd’hui, selon la presse états-unienne, les hommes de la CIA et ceux du Pentagone se livrent une bataille féroce en Syrie ; tandis que le secrétaire à la Défense Ashton Carter a dit publiquement qu’il ne pensait pas que ses hommes appliqueraient l’accord signé par son collègue John Kerry ; lequel s’est déclaré sceptique sur sa propre capacité à faire respecter sa signature par son pays.

Deuxième remarque : 
Non seulement le président Barack Obama n’est pas en mesure d’imposer sa volonté aux différentes branches de son administration, mais il ne parvient pas non plus à arbitrer entre elles. Chaque branche poursuit sa propre politique, à la fois contre les autres branches et contre des ennemis extérieurs.

Les États-Unis ont changé plusieurs fois de but de guerre, ce qui rend leur politique peu lisible.

En 2001, Washington cherchait à contrôler toutes les ressources pétrolières et gazières disponibles dans le monde, persuadé qu’il était que nous nous dirigions vers une période de pénurie. C’est sur cette base qu’il a réuni des alliés contre la Syrie. Pourtant, à la fin des années 2010, il avait abandonné la théorie du « pic pétrolier » et se dirigeait au contraire vers l’indépendance énergétique.

En 2011, Washington a organisé les émeutes de Deraa en pensant provoquer un soulèvement populaire et changer le gouvernement laïque syrien par les Frères musulmans. C’était le modèle du « Printemps arabe ». Pourtant, en 2013, après le renversement de Mohamed Morsi en Égypte, il tire les conclusions de l’échec de cette expérience et abandonne l’idée de confier le pouvoir dans les pays arabes à la Confrérie islamiste.

En 2014, puisque la guerre se poursuivait, Washington décide de l’utiliser pour couper le projet du président Xi Jinping de restauration de la « route de la soie », ce qui l’oblige à transformer l’« Émirat islamique en Irak » en Daesh.

En 2015, après l’intervention militaire russe, sans abandonner l’objectif anti-chinois qu’il s’est fixé, Washington en ajoute un second : empêcher Moscou de contester son hégémonie et l’organisation unipolaire des relations internationales.

Troisième remarque : 
Les changements d’objectif ont forcément été refusés par les puissances qui en ont fait les frais : le Qatar pour ce qui est des questions énergétiques et les Frères musulmans pour le renversement de régime. Or, ces acteurs sont soutenus par de puissants lobbies aux USA : Exxon-Mobil —la plus importante multinationale mondiale— et la famille Rockfeller pour le Qatar, la CIA et le Pentagone pour les Frères musulmans.

Sur le champ de bataille, les moyens déployés par la Russie attestent sans équivoque de la supériorité de ses armes nouvelles sur celles de l’Otan.

Quatrième remarque : 
Pour les chefs d’état-major et les commandants interarmées de combat des États-Unis (CentCom, EuCom, PaCom, etc.), la fin de leur domination en matière conventionnelle ne doit pas permettre de contester leur statut de première puissance militaire au monde. Ce qui les amène à se désolidariser de la CIA sur l’usage des Frères musulmans, tout en restant leurs alliés à propos de la prévention du déploiement chinois et donc du soutien à Daesh.

L’accord russo-états-unien du 9 septembre prévoyait clairement de séparer quelques groupes —dont les leaders avaient été jugés fréquentables par les deux parties— des autres jihadistes [1]. Puis d’établir une coordination militaire pour écraser les jihadistes avec l’aide des « modérés ». Et enfin de former un gouvernement d’union nationale incluant des leaders des groupes que l’on avait séparés ; sur le modèle des gouvernements locaux imposés par les Empires européens au XIXè siècle à l’Empire ottoman.

Le Pentagone a accepté cet accord sous deux conditions : d’abord couper la route de la soie. Ce qui l’a conduit à bombarder l’Armée arabe syrienne à Deir ez-Zor pour empêcher que l’on puisse à terme contourner Daesh par la vallée de l’Euphrate. Puis, travailler avec les Russes, mais pas sur un pied d’égalité.

La première condition est un acte de guerre contre la Syrie, en plein cessez-le-feu, qui offense l’ensemble de la communauté internationale. La seconde est évidemment inacceptable pour la Russie.

Pour masquer le crime commis par le Pentagone et le Royaume-Uni à Deir ez-Zor, le MI6 britannique a organisé l’affaire du « bombardement » d’un convoi humanitaire.

En réalité, ce convoi avait été fouillé par l’Armée arabe syrienne. Il ne contenait pas d’armes (ou plus d’armes) et avait été autorisé à passer après la fin du cessez-le-feu. Il était affrété par le Croissant rouge syrien, une ONG liée au gouvernement de Damas, et était destiné à des populations syriennes occupées par les jihadistes. Contrairement aux déclarations occidentales, il n’a jamais été bombardé ainsi que le montrent les images diffusées par le MI6 sous l’étiquette des « Casques blancs ». Nulle part, on ne voit de cratère, ni d’enfoncement des structures. Le convoi a été attaqué au sol et a brûlé. Les images d’un drone de l’Armée russe montrent la présence de jihadistes au moment de l’attaque alors que la zone était censée être démilitarisée.

Peu importent les faits et les menaces du « Conseil d’Alep[-Est] », les États-Unis ont accusé la Russie d’avoir violé le cessez-le-feu, ce qu’elle n’a pas fait, et alors qu’ils venaient de le violer eux-mêmes en bombardant l’Armée arabe syrienne à Deir ez-Zor. La propagande anglo-saxonne a été répétée, le 21 septembre, avec aplomb par les ministres et présidents du camp occidental, John Kerry (USA), Petro Porochenko (Ukraine), Jean-Marc Ayrault (France) et Boris Johnson (Royaume-Uni).

Dernière remarque : 
Les négociations entre John Kerry et Sergey Lavrov ont repris. Elles n’ont pas pour objectif de réécrire une nouvelle fois un accord de paix sur lequel tout a déjà été dit. Mais d’aider le département d’État à vaincre les résistances qu’il rencontre dans son propre pays.

1] “Russian-US Agreement on Syria”, Associated Press (USA) , Voltaire Network, 9 September 2016.

Guerre impérialiste en Syrie: Pourquoi la Turquie pète-t’elle les plombs ?…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 9 décembre 2015 by Résistance 71

Pourquoi Erdogan a poignardé la Russie dans le dos

 

Sahar TV

 

8 décembre 2015

 

url de l’article original:

http://francophone.sahartv.ir/infos/chronique-i11874-pourquoi_erdogan_a_poignardé_la_russie_dans_le_dos

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les objectifs de la Russie et de la Turquie, dans la lutte contre le groupe État islamique, sont, diamétralement, opposés.

Il est, absolument, impossible de comprendre pourquoi le gouvernement turc s’est engagé dans la stratégie suicidaire d’abattre le chasseur russe, « Su-24 », sur le territoire syrien – techniquement, une déclaration de guerre de l’OTAN à la Russie – sans mettre en contexte le jeu de la puissance turque, dans le Nord de la Syrie. Le Président Vladimir Poutine a déclaré, après la chute de l’avion de chasse russe, qu’il s’agissait d’un «coup de poignard dans le dos». Donc, nous allons voir comment les faits, sur le terrain, ont permis que cela se produise. Ankara utilise, finance et arme le cas désespéré des extrémistes, au Nord de la Syrie, et doit garder, par tous les moyens, le corridor des lignes d’approvisionnement, ouvertes pour eux, au Sud de la Turquie ; après tout, ils ont besoin de conquérir Alep, ce qui ouvrirait la voie au Saint-Graal d’Ankara : un changement de régime, à Damas. Dans le même temps, Ankara est terrifié par l’YPG – les unités de protection du peuple kurde syrien – une organisation, sœur du parti de gauche PKK (Note de R71: toujours présenté comme “marxiste-léniniste” par l’ensemble des médias, parce que çà les arrange, mais le PKK est devenu adepte et pratiquant du “communalisme démocratique” anarchiste depuis qu’Abdullah Ocalan, leader du PKK a endorsé les idées de Murray Bookchin et de Janet Biehl ily a une dizaine d’années. Le virage politique a été amorcé tant idéologiquement que dans la pratique avec les communes autonomes du Rojava syrien…). Ceux-ci doivent être contenus, à tout prix. Donc, le groupe État islamique – contre lequel les Nations Unies ont déclaré la guerre – est un simple détail, dans la stratégie globale d’Ankara, qui est, essentiellement, de combattre, contenir ou même bombarder les Kurdes ; soutenir toutes sortes de Takfiris et Salafistes-jihadistes, dont le groupe État islamique ; et obtenir un changement de régime, à Damas.

Sans surprise, les Kurdes syriens du YPG sont, largement, diabolisés, en Turquie, accusés de rien moins que vouloir nettoyer, ethniquement, les villages arabes et turkmènes, dans le Nord de la Syrie. Pourtant, ce que les Kurdes syriens tentent – soutenus par les États-Unis, au grand dam d’Ankara – est de relier trois parcelles de terre, dans le Nord de la Syrie kurde, actuellement, isolées. Un regard, sur une carte turque, (de mauvaise qualité), révèle comment deux de ces parcelles de terre, (en jaune), sont, déjà, liées, au Nord-Est.

Pour accomplir cela, les Kurdes syriens, aidés par le PKK, ont défait le groupe État islamique, dans Kobani et ses environs. Pour atteindre le troisième lopin de terre, ils ont besoin d’arriver à Afryn. Pourtant, sur le chemin, (en bleu), il y a une collection de villages turkmènes, au Nord d’Alep. L’importance stratégique de ces terres turkmènes ne peut pas être assez soulignée. C’est, exactement, dans cette zone, s’étendant jusqu’à 35 km, à l’intérieur de la Syrie, que Ankara veut installer sa prétendue zone de sécurité, qui serait, en fait, une zone d’exclusion aérienne, sur le territoire syrien, apparemment, pour accueillir les réfugiés syriens avec l’argent de l’UE, qui a, déjà, débloqué 3 milliards d’euros, à compter du 1er janvier 2016, par l’intermédiaire de la Commission européenne, (CE).

Pour la Turquie, l’obstacle insurmontable à la mise en place de cette zone d’exclusion aérienne est, maintenant, évidemment, la Russie. Utilisation des Turkmènes. Qui sont les Turkmènes ? Ici, nous devons replonger dans l’histoire ancienne de la Route de la Soie. Environ, 200.000 Turkmènes vivent, dans le Nord de la Syrie. Ils sont les descendants des tribus turkmènes, qui se sont installées, en Anatolie, au XIe siècle. Les villages turkmènes sont nés, également, au Nord de la province d’Idlib, à l’Ouest d’Alep, ainsi que de la province de Lattaquié, au Nord, à l’Ouest d’Idlib. Et c’est là que l’on trouve des gens, dont on ne parle jamais : une tripotée de milices turkmènes. Le mythe de civils innocents turkmènes, abattus par le régime Assad, est, donc,… un mythe.

A Washington, ces milices sont considérées comme des rebelles « modérés », dans la mesure où elles ont fusionné avec toutes sortes de bandes jihadistes, qui les ont avalées, de la peu regardante « Armée syrienne libre » à Jabhat Al-Nusra, alias Al-Qaïda, en Syrie, (que Vienne a, finalement, défini comme un groupe terroriste). On pouvait s’y attendre, les médias turcs saluent tous ces Turkmènes, comme des combattants de la liberté, à la Ronald Reagan, dans les années 1980, à propos du Jihad afghan. Les médias turcs racontent que l’ensemble de ce territoire est contrôlé par une innocente opposition turkmène, et non, par le groupe État islamique. Effectivement, pas le groupe État islamique, mais, surtout, Al-Nusra, ce qui est, pratiquement, la même chose. Pour la Russie, il n’y a aucune distinction, en particulier, parce qu’un ramassis de Tchétchènes, Ouzbeks et Ouïghours, (les Chinois les surveillent), ont cherché refuge chez ces « modérés ».

Pour la Russie, ce qui importe est de briser toute possibilité d’une future autoroute jihadiste de 900 km entre Alep et Grozny. Et cela explique le bombardement russe du Nord de la province de Lattaquié. Ankara, comme prévu, a grimpé au rideau. Le ministère des Affaires étrangères avait même menacé la Russie, il y a, seulement, quelques jours : «Les actions collatérales de la Russie ne sont pas une lutte contre le terrorisme, ils ont bombardé des villages turkmènes civils, ce qui pourrait entraîner de graves conséquences».

Ankara soutient, directement, les milices turkmènes avec l’aide humanitaire, mais ce qui compte, vraiment, ce sont les armes ; les livraisons de camions, contrôlés par le MIT – le Service de renseignement turc. Tout cela s’inscrit, dans la mythologie de l’AKP, le Parti d’Erdogan, de défendre même les populations pré-ottomanes ; après tout, ils ont, toujours, rendu de bons services à l’Islam. Les Turkmène syriens sont aussi pieux que la direction de l’AKP, à Ankara. L’affaire se corse.

Pour la Russie, la zone connue comme Montagne turkmène, ou les hauteurs que les Turcs appellent Bayirbucak, au Nord de la province de Lattaquié, est une cible majeure. Parce que c’est là que passe l’Autoroute des armes, par laquelle Ankara, côte à côte avec la CIA, approvisionne ces milices. Pour la Russie, toute possibilité que les milices alliées avec les Salafistes et les Salafistes-jihadistes tentent de conquérir, massivement, la province alaouite de Lattaquié, est une ligne rouge, parce que cela menacerait la base aérienne de la Russie, à Khmeimim, et, finalement, même le port de Tartous. Donc, pour l’essentiel, nous avons la CIA, qui fournit les armes – ces fameux missiles anti-char TOW – en utilisant une route de contrebande, à travers le territoire turkmène, qui se trouve être une base d’Al-Qaïda, en Syrie, aux ordres d’Ankara. C’est un territoire de choix, pour les États-Unis, la Turquie et l’Arabie saoudite, qui sapent le pouvoir de Damas, et, surtout, le territoire principal de la guerre, par procuration : l’OTAN (US-Turquie) contre la Russie.

Les racontars de la CIA prétendent que les missiles anti-char TOW vont à 45 groupes sélectionnés, donc, rebelles « modérés ». Une ânerie, les armes ont été saisies par les Jihadistes les plus expérimentés d’Al-Qaïda, en Syrie, ainsi qu’aux nébuleuses, connues sous le nom de l’Armée de la conquête, soutenues par l’Arabie saoudite. Donc, pour briser Jabhat Al-Nusra et l’Armée de la conquête, pour de bon, la Russie a commencé à bombarder les contrebandiers turkmènes, qui ne sont guère modérés, ils sont infiltrés, partout, par les islamo-fascistes turcs – tels que ceux qui ont mitraillé le pilote russe, le lieutenant-colonel Oleg Pershin, lorsqu’il s’est éjecté de son avion, un crime de guerre, selon les Conventions de Genève. Les enjeux, pour la Russie, ne pouvaient pas être plus lourds, car, en utilisant des tribus turkmènes, la Turquie est, déjà, implantée, profondément, au Nord de la Syrie. Donc, attendons nous à ce que la Russie augmente, sensiblement, ses bombardements des zones turkmènes – bien au-delà d’une simple mesure de représaille, pour le meurtre du pilote russe.

D’ailleurs, la Russie a beaucoup d’autres options, comme militariser le YGP, les Kurdes syriens ; ce qui leur permettrait de prendre, enfin, le contrôle du tronçon de la frontière entre Afryn et Jarablus, qui est, toujours, occupé par le groupe État islamique. Ankara sera apoplectique, si les Kurdes syriens arrivent à unir leur territoire, en ce qu’ils appellent le Kurdistan syrien, jusqu’à présent, séparé. Le fond de la question est que la Turquie et la Russie ne peuvent, tout simplement, pas appartenir à une même coalition luttant contre le groupe État islamique, parce que leurs objectifs sont, diamétralement, opposés.

L’historien Cam Erimtan, basé à Istanbul, décrit le panorama : «Le nouveau gouvernement de la Turquie a pris les rênes, le jour où le jet russe a été abattu. Et maintenant, le rusé Premier ministre Davutoglu et le maladroit Président Erdogan sont engagés, dans le contrôle des dommages, et la mobilisation nationale, abandonnant même, pour l’instant, leur rhétorique favorite, sur la solidarité islamique, et jouant à fond la carte nationaliste. Même si l’action militaire conduira, sans doute, à des gains énormes, en popularité nationale, les conséquences économiques ont, déjà, commencé à se faire sentir, avec la Russie, freinant l’importation de marchandises turques. Cela peut indiquer que le gouvernement de l’AKP n’a agi que, comme laquais de l’OTAN, en ignorant les réalités, sur le terrain, et en se complaisant, dans une démagogie bruyante».

La démagogie ne durera pas longtemps, parce que la Russie va réagir, de manière calculée, froide et rapide, par des moyens multiples et inattendus  à la chute du « Su-24 ». Le croiseur lance-missiles russe, « Moskva » – bourré de systèmes de défense aérienne – couvre, désormais, l’ensemble de la région. Deux systèmes S-400 couvriront tout le Nord-Ouest de la Syrie et la frontière turque, au Sud. La Russie est en mesure de brouiller, électroniquement, l’ensemble du Sud de la Turquie. Il n’y a aucun moyen, pour Erdogan, d’obtenir sa zone de sécurité, à l’intérieur de la Syrie, payée par l’UE, à moins d’entrer en guerre contre la Russie. La certitude est que la priorité numéro un de la Russie, à partir de maintenant, sera de briser, pour de bon, la stratégie extrémiste de la Turquie, dans le Nord de la Syrie.