Archive pour grève générale 5 décembre 2019

L’après 5 décembre… Où va t’on ? Y a t’il une vie avant la mort ?…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, gilets jaunes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 6 décembre 2019 by Résistance 71


Plus que jamais… Tout le pouvoir aux ronds-points !

 

A lire: « 5 décembre 2019… Retour la vie, tout simplement »

Collectif Guerre de Classe:
tract-GDC-A_bas_les_greves_des_impostures_marchandes

 

Retraite : Y a t’il une vie avant la mort ?

 

Résistance 71

 

6 décembre 2019

 

Que dire après ce 5 décembre qui fut un succès populaire ?… Bien sûr que le plan de “réforme” des retraites de la Macronie est inique et destructeur, mais objectivement, il n’est qu’un plan parmi d’autres et après celui-là, retoqué ou pas, il y en aura un autre car le capitalisme dans sa phase terminale n’a plus d’autre choix que de tout vampiriser pour se maintenir toujours un peu plus en vie.

La véritable question à notre sens et au sens d’un nombre croissant de personnes semble t’il, est celle de notre vie, pas celle de notre fin de vie…

Les “acquis sociaux” sur lesquels s’arc-boutent la lutte syndicale bouffant au râtelier du système, ont déjà été bien malmenés et ils le seront encore et toujours dans une marchandisation de tout et de chacun ; n’allons pas très loin : il suffit de regarder le comportement des zombies de la marchandise lors de ces opérations de la dégénérescence appelées “Black Friday” ou “Vendredi Noir”, pour voir la lobotomie marchande à l’œuvre. Penser aujourd’hui qu’on puisse restaurer les “acquis” issus du CNR et des trente glorieuses de l’après guerre n’est que pure utopie dans cette folie débridée de la dictature du fétichisme marchand. Une telle période ne pourrait renaître que sous une seule condition: un après 3ème guerre mondiale non thermonucléaire. C’est du reste la seule recette qu’a le système pour remettre en quelque sorte les compteurs économiques à zéro et repartir pour un tour de manège d’exploitation après chaque crise profonde, deux guerres mondiales faisant des centaines de millions de morts sont là pour en témoigner. 

Aussi loin que l’oligarchie est concernée dans le système de privilèges qu’elle défend, le temps d’une guerre majeure est venu, à moins qu’elle ne parvienne à mettre en place plus rapidement son projet de Nouvel Ordre Mondial fasciste supranational (fusion des états avec les entreprises des cartels techno-industrio-financiers) et sa grille de contrôle technotronique de dictature globale. Nous allons soit vers l’un, soit vers l’autre de ces plans oligarchiques.

Le problème fondamental ici ne réside pas dans la “réforme des retraites”, qui ne devient à l’analyse, qu’un épiphénomène d’une réalité bien plus malsaine, celle de notre mode de vie que nous n’avons en rien choisi mais qui nous a été imposé par la force de la division, du chantage au travail, au chantage marchand. Devons-nous passer l’essentiel de nos meilleures années de vie à travailler de manière aliénée dans cette course effrénée de l’annihilation et du contrôle marchand ? Il ne serait même pas question de “retraite” dans une société naturellement équilibrée au travail émancipé de la valeur marchande, parce que oui, il est parfaitement possible de sortir toute valeur marchande de l’équation pour ne produire qu’en rapport des besoins réels des sociétés et non plus en suivant le diktat du profit et de l’esclavage de la valeur et de la plus-value. La retraite en elle-même est une ineptie et fait partie du processus induit de ce chantage continuellement exercé sur le prolétaire, c’est à dire celui / celle qui n’a que sa force de travail à vendre pour (sur)vivre. Le monde du travail aliéné est une gigantesque fabrique et service de maintien d’une prostitution planétaire du labeur au profit du plus petit nombre dominant une société humaine préalablement divisée pour que ceci puisse non seulement se produire mais aussi perdurer depuis quelques 5000 ans sur les 1,8 millions d’années d’existence de L’Homo erectus.

Il nous suffit de remettre les choses à l’endroit et il n’y aura plus besoin pour personne de se préoccuper de la “retraite”, qui de fil en aiguille en est arrivée à être attribuée au travailleur arrivant en limite de vie en bonne santé. La “retraite” est devenu ce mouroir physique et mental où l’ex-travailleur-euse vivote en attendant la mort que le système désire au plus tôt pour cesser d’alimenter ces vies exengue de toute “productivité” et donc des poids morts économiques pour un système à bout de souffle. Le capital et ses valets veulent passer au stade de l’euthanasie sociale (puis physique) pour toutes celles et ceux qui ont dépassé le sacro-saint seuil de rendement, le seuil de vie en bonne santé, passée à trimer et à se faire traire jusqu’à la moëlle. Cessons de perdre notre temps et nos vies ! Renversons les rôles !

Euthanasions ce système parasite et retrouvons le chemin de la vraie vie, arrêtons de survivre et clamons, reprenons, notre pouvoir sur nos vies et notre société, recréons les communes libres organiques émancipées de la dictature marchande et œuvrons ensemble pour que chacun fasse selon ses capacités et reçoivent selon ses besoins. Devenons qui nous sommes: des humains à part entière et non pas des zombies de la marchandise en mouvement.

Il est là l’enjeu de ce mouvement social. L’idée n’est pas d’empêcher une énième réforme des retraites qui viendra de toute façon tôt ou tard dans la logique irrémédiable de la déchéance capitaliste, mais de SORTIR à tout jamais de ce cercle vicieux de l’abrutissement et de l’aliénation sociale dont le travail n’est qu’un des éléments de cette misère sociale et intellectuelle créée de toute pièce. 

Il ne s’agit pas ici de révolution mais bel et bien d’évolution… 

Cessons de nous laisser dicter notre façon de vivre du berceau au caveau en veaux soumis à ce veau d’or des plus factices. Il y a une alternative, la plus belle: celle de la Vie, incarnée dans une société des sociétés ne se concernant que pour le bien commun et le bonheur de toutes et tous, dans une relation naturelle à l’organisation de la société humaine faisant de notre complémentarité le lien organique entre les sociétés libérées par-delà tous les antagonismes et conflits de la politique marchande.

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir.

Pour l’avenir de la société et la reprise en main de nos vies : a bas l’État, à bas la marchandise, à bas l’argent, à bas le salariat !

Tout le reste n’est que pisser dans un violon !

 

 

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Vers une autre réalité…

En amont du 5 décembre… A bas l’État, à bas la marchandise, à bas l’argent, à bas le salariat ! Seul chemin de l’émancipation politique et sociale….

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 3 décembre 2019 by Résistance 71


A bas l’État, à bas la marchandise, à bas le salariat !
Manifeste contre le travail

 

On se crève au travail, que crève le travail !

 

Paris-Luttes Info

 

27 novembre 2019

 

url de l’article orignal:

https://paris-luttes.info/on-se-creve-au-travail-que-creve-12952?lang=fr

 

S’il est essentiel de lutter à partir du 5 décembre contre la réforme annoncée des retraites, notre réplique ne saurait s’en tenir à des luttes conjoncturelles visant simplement à sauvegarder l’existant. Puisqu’il est vain de mal vivre aujourd’hui pour survivre à peine demain, réaffirmons que le cœur de la lutte doit bel et bien viser le travail qui, sous ses formes actuelles, ne peut être autre chose qu’une violence et un renoncement.

Pourquoi lutter à nouveau ?

Si nous serons dans la rue le 5 décembre, ce ne sera pas par plaisir de taquiner le pavé, par goût des promenades de santé sous la flotte de décembre, par atavisme militant ou habitude grégaire, par amour du folklore ou par pulsion de sacrifier une journée de salaire.

Pourquoi donc lutter à nouveau ? Parce que ce vieux monde est puant et va l’être encore davantage. Parce que nous refusons déjà cette piteuse retraite à 62 ans et que leurs 64 ans sont toujours le plafond de l’espérance de vie en bonne santé. Parce que cette réforme permettrait à nos chefaillons à venir de trafiquer la valeur des points au gré de leurs lubies budgétaires. Parce qu’en substituant au décompte actuel un système fondé sur l’ensemble de la carrière, on flinguera les plus précaires, les carrières hachurées, les temps partiels, les salaires de rien du tout – et, bien sûr, ce sont encore les femmes qui trinqueront les premières. Parce que les bouffeurs de homard pourront toujours placer leur épargne-retraite et — comme s’ils n’y avaient pas pensé tout seuls comme des grands — y seront même invités par d’appétissants avantages fiscaux. Parce que les massacreurs de la police et de l’armée, dont l’État compte bien se servir pour continuer à nous éborgner et exhiber leurs fusils d’assaut, snipers et autres joujoux d’apparat, sont les seuls exemptés de cette réforme de misère. Parce qu’une triste raison comptable d’État nous condamne à baigner dans le régime du moins-disant social au nom d’une « crise » qui n’est même pas la nôtre, mais celle des possédants, de leurs abus, de leur luxe, de leur sale besogne de privatisation des profits et de mutualisation des risques et des pertes. Enfin, parce que cette réforme révèle dans sa naïve splendeur la vanité et l’hypocrisie de cette clique de lambins, aussi prompts à se gargariser du nom de « République » qu’à piétiner à coups de gros rangers et de mocassins à glands les principes mêmes dont ils se prétendent les héritiers, ceux qui inspirèrent en 1944 à quelques résistants un système de « retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ».

La grande abdication

Toute une clique de clowns éditocrates pour laquelle l’idée de « pénibilité » se réduit à faire chaque matin en SUV le trajet du 16e arrondissement de Paris à un studio du 15e, se faire maquiller et passer sa journée le cul sur une chaise à lire des notes préparées par d’autres, nous placera du mauvais côté de l’histoire. On dégobille déjà, sur ces plateaux criards, contre le « conservatisme » des « gens » (« les gens », ça veut toujours dire « les autres ») qui « vivent dans le passé », refusent de « s’adapter », de se « moderniser », d’aller dans le sens du « progrès », de la « flexibilité », d’adouber sans jacter les « réformes » aussi « nécessaires » qu’« urgentes ». Interdisons-leur l’emploi de ces mots creux : il ne leur restera plus grand-chose à bavasser.

Comme d’habitude, ils y entravent walou. Nous ne sommes pas conservateurs, nous ne vivons pas dans le fantasme d’années passées et dépassées. Si nous ne voulons pas du 2020 qu’ils veulent nous refourguer, ce n’est pas que nous nous idolâtrons 2019, 1944 ou 1936. Mais ces marchands de rien arrivent à faire passer leur soupe. Les partis de gouvernement et syndicats de service se mettent à leur traîne : abandonnant tout espoir, englués dans leur défaitisme, ils meurent au crédit de leurs renoncements. Ceux qui animent ces grosses machines résignées sont incapables de voir que s’ils échouent même à sauvegarder l’existant, à arracher le status quo, c’est parce qu’ils ont renoncé à envisager du progrès. Leurs slogans en carton ne veulent que le maintien du même, parce qu’ils ont oublié d’exiger du mieux ; ils ont déjà perdu, parce qu’ils partent toujours perdants. Et, mollement, s’alignent les défilés sclérosés avec option ballons et mots d’ordre sans gouaille, comme pour dire au pouvoir qu’on ne fait que passer et qu’on ne veut surtout pas avoir l’air de déranger. Quelle morne abdication, quelle raison tronquée que celle qui refuse d’imaginer du changement pour autre chose que pour le pire. Pour notre part, nous ne voulons pas vivre « comme avant », nous voulons vivre toujours mieux, vivre d’une vie pleine : et la vraie question ici reste celle du travail.

La valeur du travail

Enfumés par l’illusion de travailler pour notre salaire, c’est bel et bien pour eux que nous travaillons, que nous produisons de la valeur. Pas besoin de lire de gros livres pour savoir que c’est notre sueur qui paye leurs yachts, leurs vacances, l’école privée de leurs chiards et la clinique de leurs croulants. Que ce sont nos troubles musculo-squelettiques (et notre business postcolonial) qui font augmenter le patrimoine de Bernaud Arnault de 792 euros chaque seconde et offrent à Lafarge le loisir de se faire du biff avec Daesh. Que ce sont nos angoisses et notre impuissance qui permettent aux banques de se faire chaque année 7 milliards d’euros sur nos seuls incidents bancaires — les sans-dents, ça rapporte — et aux groupes du CAC 40 de redistribuer les deux tiers de leurs bénéfices aux actionnaires contre 5% à nos gueules. Que ce sont les efforts de « ceux qui ne sont rien » qui autorisent les capitalistes à penser qu’ils sont tout. Qu’on claque un « pognon de dingue » pour traquer 60 millions de fraudes au RSA et qu’on colle de la ferme aux affamés pour un vol de sandwich en supermarché, sans se remuer pour les 3 milliards de fraudes fiscales de ceux qui ont eu la bonne idée de « traverser la rue » pour se payer un costard. Le tout avec son cortège d’humiliations, de harcèlements, de douleurs : celle de la caissière qui trimballe l’équivalent d’un éléphant chaque jour, celle du livreur à vélo qui se bouffe une portière par semaine, celle de la fille d’un suicidé de France Télécom à laquelle un patron avarié n’a rien su répondre d’autre que « c’est la faute de la dette » quand elle lui balançait, sévère et digne, dans la salle d’audience : « Vous avez tué mon père ».

Mais c’est aussi notre travail qui engraisse l’État, les policiers qui nous tabassent, les huissiers qui viennent nous soutirer notre télé ou notre baraque, les juges qui nous collent en zonzon, les profs qui nous hiérarchisent, les députés qui chouinent de devoir manger des pâtes parce qu’ils ne touchent que 5 000 euros par mois, les militaires qui vont bombarder des gens dont nous ignorons tout, sans qu’on nous demande notre avis, jusqu’au jour où on les retourne contre nous. Tous ceux-là vivent de nos misères, et pourtant ils sont nos maîtres. Encore et toujours, tout est à nous, rien n’est à eux.

La valeur-travail

Mais le fond de l’arnaque, le truc par excellence, c’est qu’ils veulent nous faire travailler — sans quoi ils n’existeraient pas, et leur indécence non plus. Nous avons une productivité telle qu’il n’y a pas 500 000 offres de travail pour dix fois plus d’inscrits chez Pôlot. Il y a bien longtemps que nous n’avons plus besoin de trimer autant pour produire à la hauteur de nos « besoins », même délirants. Si nous continuons à nous éreinter, c’est parce le travail a été érigé en vertu, en valeur, en obligation morale. Parce que le travail est la meilleure école de discipline et d’obéissance, d’ordre et de hiérarchie. Le labeur salarié est un labeur de serf ; un homme qui travaille est un homme dompté ; une femme au turbin est une femme acquise. Leur monde rafistolé ne tiendrait pas un quart de seconde si chaque personne ne travaillait plus que trois ou quatre heures par jour et occupait le reste de son temps libre à l’être réellement – et les mots ont un sens : c’est que le temps de travail est un temps d’esclave. Imaginez l’insubordination généralisée, si tous et toutes avaient les moyens de vivre une vie vraie, une vie d’humain. Voilà pourquoi ils nous ont imposé le travail comme unique modalité de réalisation de soi : c’est désormais en bossant qu’on doit devenir soi-même. D’où leurs team-building et afterworks avec des collègues qu’on ne peut pas piffer, leurs voyages de cohésion d’équipe et tous les petits dispositifs minables par lesquels ils essayent de nous faire croire que « le travail, c’est sympa ». Mais si l’on doit se réaliser par le turbin, c’est aussi par lui et en lui (amen) qu’on doit se définir : que l’on ose se présenter en soirée à des inconnus autrement que par son travail ; que l’on essaye donc de répondre par autre chose que par son travail à la question : « Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? ». Profession, piège à cons.

Tout cela n’est que magouille et pitrerie, puisqu’ils n’ont plus rien à proposer que des boulots de merde qui n’ont aucun sens, qui ne servent plus jamais à produire des choses vraies, qui nous aliènent même la fierté du beau geste ouvrier. Même ce qui produit du palpable perd son sens, dès lors qu’on élève des poulets ou fait pousser des tomates qui finiront dans une poubelle de supermarché (avec de la javel, pour ne pas casser les lois du marché), dès lors qu’on met la main à la pâte pour produire l’acier ou le plastique d’une trottinette électrique destinée à partir dans la Garonne avec son lithium pourri, après avoir trimballé la crème des imbéciles, prêts à payer 20 centimes la minute. Mais tout ça, désormais, il paraît que ce ne sont plus de vrais métiers : faut s’imaginer aussi, les types ils marchent dans la terre (alors que la terre c’est sale), ils bossent dans des usines (alors que les usines c’est sale), sans se rendre compte qu’ils pourraient comme tout le monde bosser en chaussettes dans un open space avec du top fun gazon artificiel et un patron-super-copain. Tout ça, c’est déjà un peu du passé, parce qu’on nous condamne à bosser au service d’entreprises elles-mêmes au service d’entreprises au service d’entreprises au service d’entreprises. Et ce néant n’est même pas le monopole du populo : on se demande toujours à quoi ça peut bien servir, un chief executive, un community manager, un chargé de projet en digital marketing ou un consultant en productique – et on espère qu’ils se le demandent aussi.

Mais au fond, le sens du travail est surtout un jeu truqué parce que nous n’avons qu’un seul travail, parce que tout est divisé, atomisé, spécialisé, et qu’il ne nous est pas donné de cultiver le matin, de fraiser l’après-midi et de chanter le soir sans jamais devenir cultivateur, fraiseur ou chanteur. C’est aussi un jeu truqué parce que nous avons le choix entre un surtravail débile qui nous arrache la vie, et un sous-travail stérilisant. Va donc te « réaliser au travail » en dormant quatre heures par nuit ou en jouant au Free Cell sept heures par jour. Et surtout, va t’y réaliser quand tu as sur le dos une clique de pseudo-experts sortis tout droit de leurs petites écoles de contremaîtres, qui viennent sous couvert de déconnades en franglish nous apprendre comment faire notre boulot.

Que crève le vieux monde !

Le 5 décembre et pour le reste de nos vies, on ne luttera pas pour la retraite « tout pareil qu’hier », parce qu’on ne marche pas dans la combine. On ne veut pas d’un « progrès » qui signifierait bûcher « un peu moins » comme un dératé, décaniller en faisant un cadavre « un peu moins » amoché, balancé entre quatre planches « un peu moins » cheap. On ne veut pas mal vivre aujourd’hui pour survivre à peine demain. On ne veut pas se sacrifier pour que nos enfants aient le droit de se sacrifier – de toute façon, ils ne viendront pas nous voir à l’EHPAD ces petits ingrats, ils auront trop à faire à payer leurs dettes, chercher une crèche, nourrir leurs mouflets, engraisser leur proprio et enterrer leurs rêves. À la lanterne donc, leur travail d’esclave qui, tel qu’il existe, ne peut être autre chose qu’une violence, un ennui, une dépendance, un sacrifice, à 64, à 44 et déjà à 24 ans. Nous voulons du travail qui ait du sens, qui ne sente ni la dèche ni la charogne, du travail par volonté et pas pour l’artiche, du travail qui ne soit plus la face visible de la lune alors que notre vraie vie végète dans l’ombre, du travail riche et pas du travail de riches, du travail qui nous fasse respirer, imaginer, labourer, gamberger, usiner, discuter, clouer, aimer, et tout ça dans la même journée : vingt-quatre heures, c’est long si on ne les use pas à larbiner. Ivres de rage et d’indignation, nos rangs seront serrés tant que n’aura pas crevé le vieux monde, tant qu’il y aura besoin de clamer, encore et encore, les beaux mots qu’Albert Libertad jetait déjà à la gueule des résignés de 1905 :

« Ô je hais la résignation !

J’aime la vie.

Je veux vivre, non mesquinement comme ceux qui ne satisfont qu’une part de leurs muscles, de leurs nerfs, mais largement en satisfaisant les muscles des faciaux tout aussi bien que ceux des mollets, la masse de mes reins comme celle de mon cerveau.

Je ne veux pas troquer une part de maintenant pour une part fictive de demain, je ne veux rien céder du présent pour le vent de l’avenir.

Je me moque des retraites, des paradis, sous l’espoir desquels tiennent résignés, religions et capital.

Je ris, de ceux qui accumulant pour leur vieillesse se privent en leur jeunesse ; de ceux qui pour manger à soixante jeûnent à vingt ans.

Je veux la joie pour moi, pour la compagne choisie, pour les enfants, pour les amis. Je veux un home où se puissent reposer agréablement mes yeux après le labeur fini.

Car je veux la joie du labeur aussi, cette joie saine, cette joie forte.

Je veux être utile, je veux que nous soyons utiles. Je veux être utile à mon voisin, et je veux que mon voisin me soit utile. Je désire que nous œuvrions beaucoup, car je suis insatiable de jouissance. Et c’est parce que je veux jouir que je ne suis pas résigné.

Il n’y a pas de Paradis futur, il n’y a pas d’avenir, il n’y a que le présent.

Vivons-nous !

Vivons ! La Résignation, c’est la mort.

La Révolte, c’est la vie ».

= = =

Lectures complémentaires:

Alexandre_Skirda_Organisation_anarchiste_de_Proudhon_a_nos_jours

Voline_La_synthese_anarchiste

Murray_Bookchin_Ecoute_Camarade

Murray_Bookchin_Le_municipalisme_libertaire

Guy_Debord_La_societe_du_spectacle

Charles_Mcdonald_Anthropologie_Conferences-Causerie-et-Analyses

Charles-Macdonald_Anthropologie_de_l’anarchie

Friedrich_Nietzsche_La_morale_ou_la_contre_nature

L’essentiel-et-l’indispensable-de-Raoul_Vaneigem

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

Faire passer le proletariat pour fascisant_Francis_Cousin

Pierre_Kropotkine_La_Commune_de_Paris_PDF

Manifeste contre le travail

Un monde sans argent: le communisme

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie