Archive pour grèce société contre l’état

Simple réflexion sur la Grèce…

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Combien cela prendra t’il de temps pour le gouvernement grec à baisser son froc ?… Les referendum sont faits pour être trahis par les politiques… Le peuple s’est exprimé: 61% et plus de gens ont voté « NON » aux diktats de la troïka. Dont acte.

Syriza , en tant que parti politique, ira t’il au bout du bout du banc ? La seule solution aujourd’hui est la dissolution des institutions et l’autogestion. Le peuple grec possède dès aujourd’hui l’immense potentiel de faire l’Histoire. C’est la Société contre l’État et les institutions, littéralement.

Faites vos jeux… rien ne va plus au Casino Royal…

— Résistance 71 —

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Nouvel Ordre Mondial et lobby financier: Le FMI arme de destruction massive de l’oligarchie contre la Grèce…

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… Peut-on encore donner un crédit à Syriza et Tsipras ?… Voyons voir jusqu’où cela ira t’il ?… Nous ne sommes pas aussi optimiste que Lamrani, à suivre donc… Les Grecs doivent faire totale sécession de l’UE et du système étatique, Syriza doit redonner le pouvoir au peuple, qui autogèrera le pays sans intermédiaire. La Grèce n’a plus rien à perdre, elle a une occasion unique de faire l’histoire en devenant une nation sans État, sans institutions, où le peuple gère de, par et pour lui-même…

— Résistance 71 —

 

Les 25 vérités d’Alexis Tsipras sur le chantage du lobby financier international

 

Salim Lamrani

 

 30 Juin 2015

 

 url de l’article original:

http://www.michelcollon.info/25-verites-d-Alexis-Tsipras-sur-le.html?lang=fr

 

Fidèle au mandat que lui a donné le peuple, le Premier Ministre grec a décidé de soumettre l’ultimatum du Fonds monétaire international, de l’Union européenne et de la Commission européenne à un référendum le 5 juillet 2015 (1).

 

 

  1. Depuis l’arrivée de Syriza au pouvoir en janvier 2015, la Grèce subit une « asphyxie économique sans précédents » de la part de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, dans le but de faire plier le gouvernement progressiste et de l’empêcher de « mettre fin à l’austérité et de restaurer la prospérité et la justice sociale ».
  2. Le but des négociations était d’arriver à un accord viable « qui respecterait à la fois la démocratie et les normes européennes » afin de sortir définitivement de la crise.
  3. La Troïka a exigé de la Grèce le respect des accords pris par les gouvernements précédents, dont les politiques économiquement inefficaces et socialement désastreuses ont été majoritairement rejetées par le peuple grec qui a décidé de porter Syriza au pouvoir.
  4. A aucun moment, le gouvernement grec n’a cédé aux menaces des institutions européennes et du FMI.
  5. Après près de six mois de négociations, l’Euro-groupe a présenté « un ultimatum à la République hellénique et au peuple grec ». Cet ultimatum « contrevient aux principes fondateurs et aux valeurs de l’Europe ».
  6. L’Europe a présenté « une proposition qui inclut des nouvelles charges insupportables pour le peuple grec et qui nuit au redressement de la société grecque et de son économie, non seulement en maintenant l’incertitude, mais en accroissant davantage les déséquilibres sociaux ».
  7. Ces mesures imposent « une fragmentation du marché du travail » avec une précarisation accrue des contrats, « une diminution des retraites, de nouvelles réductions de salaires dans le secteur public et une augmentation de la TVA sur les produits alimentaires, les restaurants et le tourisme, avec la suppression des réductions fiscales dans les îles ».
  8. « Ces propositions violent clairement les normes sociales européennes et le droit fondamental au travail, à l’égalité et à la dignité ».
  9. Le but de la troïka et de certains membres de l’Euro-groupe n’est pas « de trouver un accord viable et bénéfique pour les deux parties, mais d’humilier tout le peuple grec ».

10. Le but est de « punir une voix différente en l’Europe ».

  1. Le Fonds monétaire international est obsédé par l’austérité et les mesures punitives.
  2. La crise grecque affecte toute l’Europe et menace l’unité continentale.
  3. Yanis Varoufakis, ministre grec des Finances, a été arbitrairement exclu de la réunion de l’Euro-groupe, en violation de la légalité européenne.
  4. « La responsabilité historique en faveur des luttes du peuple hellénique et de la protection de la démocratie et de notre souveraineté nationale. […] nous oblige à répondre à cet ultimatum avec la volonté du peuple grec ».
  5. Un référendum aura donc lieu le 5 juillet 2015 afin que « le peuple grec décide de façon souveraine ». « Face à cet ultimatum et ce chantage, je vous convoque afin que vous décidiez de façon souveraine et avec fierté, comme le dicte l’histoire de la Grèce, au sujet de cette austérité stricte et humiliante, qui n’offre aucune solution ni option qui permette un redressement social et économique ».
  6. « Dans le berceau de la démocratie, nous ne demanderons pas l’autorisation à Monsieur Dijsselbloem [Président de l’Euro-groupe] ni à Monsieur Schaüble [Ministre allemand des finances] » pour célébrer un référendum.
  7. Ce référendum « n’est pas une tentative de scission avec l’Europe mais de scission avec les pratiques qui sont un affront pour l’Europe ».
  8. « Face à cette dure austérité autocratique, nous devons répondre avec démocratie, sérénité et détermination ».
  9. « La Grèce, creuset de la démocratie, doit envoyer un message démocratique claire à l’Europe et à la communauté internationale ».
  10. « Le peuple grec dira un grand non à l’ultimatum mais en même temps un grand oui à l’Europe de la solidarité ».
  11. Au lendemain de ce « non », « la force de négociation du pays sera renforcée ».
  12. Quelle que soit l’issue de la consultation, la volonté du peuple grec sera respectée.
  13. Cette consultation « enverra un message de dignité au monde ».
  14. L’Europe est la maison commune de tous ses peuples. « Il n’a pas de propriétaires et des invités en Europe ».
  15. « La Grèce est et sera une partie intégrante de l’Europe, et l’Europe sera une partie intégrante de la Grèce. Mais une Grèce sans démocratie impliquerait une Europe sans identité et sans boussole ».

 

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013 et comporte une préface d’Eduardo Galeano. Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr

Économie et impérialisme: Syriza, tragédie grecque en deux actes…

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Autogestion et association volontaire des communes libres, telle est la voie… Passer par les urnes et penser aux « réformes » n’est plus une utopie mais un délire !

Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !…

— Résistance 71 —

 

Le cheval de Troie de la Troïka :
 Syriza va-t-il capituler en Grèce ?

 

Pepe Escobar

 

6 Février 2015

 

url de l’article:

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article5591

 

La tragédie grecque de 2015 est une mauvaise version (financière) remixée de la Guerre de Troie. Sauf qu’aujourd’hui, la nouvelle troïka, formée de la Banque centrale européenne (BCE), de la Commission européenne (CE) et du Fonds monétaire international (FMI), tient le rôle de la Grèce, tandis que celle-ci est la nouvelle Troie.

Il est clair que la BCE ne va pas y aller de main morte pour faire de la Grèce un État européen en déliquescence. Sa logique étant qu’il faut en empêcher d’autres, comme l’Espagne, et même la France dans un avenir pas si lointain, de fomenter de drôles d’idées. Ou tu rentres dans le rang de l’austérité, ou on j’t’la joue à la flamme moyenâgeuse.[L’affrontement est déjà entré dans la légende. Après que Varoufakis est resté ferme dans son refus de discuter avec la troïka …le président de l’eurogroupe Dijsselbloem lui a glissé quelques mots à l’oreille… comme une réplique à la Pulp Fiction, genre : Je vais t’la jouer à la flamme bien moyenâgeuse, NdT]

C’était tellement prévisible que la destinée d’Athènes, de l’Euro en fait, aboutirait entre les mains du président de la BCE, Mario Maître de l’Univers Draghi, pourvoyeur de la nouvelle estimation trimestrielle qui, en théorie, prévoit de donner un peu plus de temps aux pays européens ravagés par l’austérité pour poursuivre leurs réformes.

Un bref historique est nécessaire. La troïka a imposé à la Grèce un racket économique, mais c’est la population grecque qui en paie le prix. Essentiellement, la dette publique grecque est passée du privé au public lorsque la BCE et le FMI ont sauvé les banques privées (allemandes, françaises, espagnoles). La dette est évidemment montée en flèche. La troïka est intervenue, pas pour sauver la Grèce, mais pour sauver le système bancaire privé.

La BCE a acheté la dette publique des banques privées à prix fort, parce qu’elle ne peut pas acheter la dette publique directement de l’État grec. La cerise sur ce mille-feuilles, c’est que les banques privées ont trouvé les liquidités pour acheter la dette publique de la Grèce, et auprès de qui ? De la BCE, bien sûr, et ce, à des taux d’intérêt ultralégers. C’est purement et simplement du vol et ce sont les voleurs qui ont établi les règles du jeu d’un bout à l’autre.

Mais où est notre argent ?

Le résultat, c’est qu’Athènes est maintenant en faillite. Le ministre des Finances de la Grèce, Yanis Varoufakis, a au moins entrepris sa tournée européenne avec une proposition louable : la BCE pourrait transférer à la Grèce 1,9 milliard d’euros adossés à des obligations grecques ; relever de 10 milliards d’euros le plafond du montant des obligations d’État à court terme ; et ouvrir une ligne de crédit d’urgence avec les banques. Dès le départ, l’élément clé pour Varoufakis c’était d’ouvrir la voie à une renégociation du plan de sauvetage de 240 milliards d’euros de la troïka.

Les faucons de la BCE, comme le Finlandais Errki Liikanen, ont rejeté cette proposition d’un revers de main, en insistant sur le fait qu’en l’absence d’une entente globale, qui équivaudrait à une reddition de la Grèce, pas le moindre euro ne sera donné à Athènes.

Quelle corvée pour Varoufakis et le premier ministre Tsipras, que cette tournée européenne dans le rôle de mendiants suppliants faisant face à une étincelante collection de mafieux doucereux, dont le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, et le président du Conseil européen, le va-t-en-guerre Donald Tusk.

La semaine prochaine se tiendra une réunion extraordinaire de l’Eurogroupe, qui précédera un sommet européen le 12 février à Bruxelles, qui ne manquera pas de faire des étincelles.

Bref, c’est mal parti !

Varoufakis a essayé de garder sa contenance, en continuant de dire qu’une sortie de la zone euro serait extrêmement préjudiciable à la Grèce. Ce serait encore plus préjudiciable si Syriza abdiquait totalement en faveur des Maîtres de l’Univers néolibéraux. Cela ne ferait que prolonger indéfiniment la crise économique en Grèce et pourrait finir par amener les fascistes du parti Aube Dorée au pouvoir.

Varoufakis, lors d’une conférence de presse avec le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble à Berlin, n’a pas manqué de souligner que même en se disant d’accord avec 67% du plan en cours, il ne règle en rien le problème de la corruption et de la fraude fiscale en Grèce, qu’il n’est question que du remboursement et non de la remise sur les rails de l’économie grecque.

Pour sa part, Schaüble, c’était prévisible, a proféré une menace à peine voilée d’un avenir incertain sans programme de sauvetage. Le dorénavant célèbre nous ne sommes même pas tombés d’accord sur le désaccord de Schaüble cachait en fait une main de fer dans un gant de velours.

Rien ne laisse croire que des négociations complexes pendant au moins quelques mois suivront, au moment où Athènes tente de revoir sa façon de transiger avec la troïka. La BCE fait comme si la Grèce était condamnée. Elle laisse tomber Syriza en soutenant du même coup les fascistes d’Aube Dorée. Un exemple éloquent de la manière dont la banque centrale voit la démocratie.

Y a quelqu’un pour bombarder Francfort ?

Finalement, nous en arrivons à ceci : sans les liquidités de la BCE (sans au moins un peu de liquide d’ici la fin du mois), la Grèce risque de revenir aux drachmes en n’ayant même pas tiré un seul coup. Ils sont pourtant des légions partout en Europe à le souhaiter. En parallèle, de Lisbonne à Rome, on murmure que si la BCE avait agi de la sorte auprès d’un pays relativement bien armé, les chars d’assaut seraient dans les rues (Mais pour faire quoi ? Bombarder Francfort ?).

Varoufakis insiste : Nous ne capitulerons pas. Ce qui se traduit essentiellement par un défaut de paiement de la Grèce. Nous n’en sommes pas encore là pour l’instant. À très court terme, Draghi sait aussi que si la Grèce obtient une partie des liquidités qu’il lui faut à court terme, ce serait la guerre contre la Bundesbank. Mais cela n’arrivera pas, car la BCE et la Bundesbank sont des complices dans le crime.

La BCE et la Bundesbank sont arrivées de nouveau à la conclusion qu’il n’y a pas de risque de contagion, même si la Grèce quitte la zone euro. La stratégie ne vacillera pas. On écrasera la Grèce et tout ira pour le mieux, l’économie à la terminator de la troïka pourra continuer à fouler au pied des pays en entier.

Méfiez-vous des Maîtres de l’Univers qui sont tout sourire. Draghi et les brutes de la BCE tout de Zegna vêtus [marque de fringues de luxe pour hommes, NdT] auront beau nous faire leurs plus beaux sourires, ce qu’ils démontrent à nouveau de façon sans équivoque, c’est jusqu’à quel point le système des banques centrales est l’ennemi mortel de la démocratie.

Source RT

Traduit par Daniel, relu par jj pour Le Saker francophone

 

 

 

 

 

Syriza en Grèce ou quand le train « électoraliste » en cache un autre…

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Que signifie la victoire de Syriza ?

 

Fred du groupe Proudhon de Besançon (Fédération Anarchiste)

 

7 Février 2015

 

url de l’article original:

http://groupe.proudhon-fa.over-blog.com/2015/02/que-signifie-la-victoire-de-syriza.html

 

Une situation économique et sociale catastrophique

Depuis la « crise » de 2008, la Grèce vit sous des politiques d’austérité à grande échelle : impôts et taxes supplémentaires, réduction des retraites, réduction du salaires des fonctionnaires, réduction des subventions publiques à la Santé par exemple, non remplacement des départs en retraite, licenciement des contractuels, privatisations des biens publics, vente des infrastructures, etc.

La population s’est révoltée et a manifesté en nombre, dans tout le pays, tout au long de ces années mais les mobilisations n’ont pas suffi à inverser la tendance. Malgré les milliers de personnes dans les rues, les gouvernements, retranchés derrière les barrages policiers, votaient toutes les lois de casse sociale.

Les émeutes, les affrontements, les grèves n’ont pas été victorieuses. Il y a eu une valse des différents partis politiques et, comme dans chaque crise, les partis d’extrême-droite (Aube dorée) ont essayé de canaliser et détourner la colère populaire contre les étrangers. Des attaques ont eu lieu faisant de nombreuses victimes. Des antifascistes ont été tués. Heureusement, la contre-attaque a été à la hauteur et a permis de limiter, voire détruire, la menace fasciste. Il faut dire que la Grèce a une histoire marquée par la dictature des colonels, jusque dans les années 70. La tradition antifasciste est donc encore fortement présente. Le gouvernement avait même pris, tardivement, des mesures condamnant des leaders de ces partis d’extrême-droite.

Victoire de la « gauche radicale »

Aujourd’hui, c’est « Syriza » qui tient le haut du pavé avec des nuances et des accents populistes, souverainistes inquiétants. Le discours anti-européen, contre les politiques d’austérité, peut plaire. Reste à voir quelles seront leurs marges de manœuvres et leurs choix politiques. « Syriza » a donc recueilli 36 % des voix (exprimées) en Grèce. Si ces résultats conduisaient à redonner de l’espoir et de la dignité à celles et ceux parmi les prolétaires et les incitait surtout à investir les luttes sociales en cours, nous ne bouderions pas notre joie. Tant mieux si Syriza parvient à améliorer un peu le sort des millions de Grecs en galère, plongés dans la misère que leur imposent cyniquement les capitalistes et les dirigeants politiques de Grèce et d’Europe.

Or hélas, nous doutons que cet événement donne un meilleur environnement aux luttes sociales et aux conditions de vie sinistrées des prolétaires de Grèce et d’ailleurs. L’arrivée au pouvoir de Syriza risque d’entraîner des illusions mortelles pour une bonne partie du prolétariat, en le détournant des luttes.

Contrairement aux idées reçues, « Syriza » ne se réclame pas de l’anti-capitalisme. « Syriza » n’est qu’une coalition hétéroclite de gauche. Une fois élu, Syriza a fait une alliance avec un parti de droite souverainiste ! Certaines personnes, pleines d’espoir et d’illusions, voient déjà un réveil des peuples européens et attendent la victoire de « Podemos » en Espagne. Notons que dans ces deux pays, la résistance aux politiques d’austérité s’est faite, avant tout, par la société civile, par des mouvements sociaux comme les Indignés, par des récupérations, des occupations, des collectifs citoyens, des assemblées générales de quartier, etc. Il y a donc une vraie base militante qui lutte quotidiennement contre les effets des politiques de casse sociale en Grèce, en Espagne et ailleurs.

C’est cette force qui constitue notre espoir et qui ne doit pas se laisser berner par les illusions électoralistes. N’oublions pas qu’en France, la victoire du Front populaire, en 1936, a été suivie de grèves et d’occupations qui ont permis d’obtenir des avantages sociaux réels. Cela est vrai partout et en tous temps. Dans le meilleur des cas, les gouvernements ont besoin d’une pression populaire pour prendre des mesures d’intérêt public, collectif. Mais le plus souvent, ils ont besoin que le peuple les rappelle à l’ordre et les contraigne à faire ce pour quoi ils ont été élus.

Quelles suites ?

En France, comme ailleurs, tout le monde essaie de s’attribuer la victoire de « Syriza » (même le PS qui y voit une victoire de Hollande dans sa soi-disant remise en cause de la politique d’austérité européenne. Quand on voit la politique anti-sociale du gouvernement, on a de quoi rire.. ou pleurer). Or la gauche institutionnelle du « Pasok » (PS), qui gouvernait jusque là, obtient moins de 5 % des suffrages exprimés. Une claque sans précédent ! La gestion politique du capitalisme, par essence inégalitaire et autoritaire, quels que soient les atours de “gauche” dont il se pare, ne peut conduire qu’aux désillusions. Avec la victoire de « Syriza », la bourgeoisie prévoit déjà l’étape prochaine. Partout en Europe, elle s’oriente vers une gestion autoritariste de la société, en forme d’occupation policière renforcée de l’espace social, de nouveaux dispositifs législatifs liberticides au nom de la “lutte antiterroriste”, de mise au pas des espaces de lutte dans et hors le monde du travail.

Pour en revenir à la Grèce, contrairement à ce que le spectacle médiatique prétend, la victoire de « Syriza » ne fait pas l’unanimité chez les militants, bien loin de là. Les anarchistes, très présents en Grèce dans les mouvements sociaux, ont appelé à une grève du vote. Force est de constater que, dans un pays où l’abstention est interdite, conduisant à des difficultés pour l’obtention de papiers (passeport, permis de conduire), l’abstention reste impressionnante pour ces élections grecques pourtant surmédiatisées, s’élevant à 36 %. Soit bien plus d’abstentionnistes que de personnes votant « Syriza »… c’est étrange, les médias en parlent peu.

En tous cas, la population n’a pas attendue la victoire éventuelle d’une nouvelle clique de politiciens. Face aux effets dévastateurs de la crise, des alternatives se sont mises en place afin d’assurer les besoins vitaux des habitants et des habitantes. Ce sont des squats, des cuisines autogérées, des dispensaires, etc. Dernièrement, la Fédération anarchiste a fait le choix de soutenir un dispensaire dans le « quartier anarchiste », d’Athènes, Exarcheia.

Soutien aux alternatives concrètes

En Grèce, la sécurité sociale, qu’on appelle IKA, profondément remaniée, est supprimée au bout d’un an de chômage, alors que plus de 60 % des jeunes sont sans emploi et qu’il n’y a pas de RSA. Sauver des vies, diminuer la souffrance et s’organiser autrement, tel sont les enjeux des dispensaires sociaux et sanitaires autogérés, face au drame d’innombrables demandes de soins. Le nombre d’hôpitaux diminue, mois après mois. Les pharmacies se vident, ayant du mal à se procurer des médicaments, faute de garantie de paiement.

Exarcheia, célèbre quartier d’Athènes, est le cœur de la résistance en Grèce depuis plus d’un siècle. Une structure médicale gratuite autogérée a été créée à l’initiative de l’assemblée générale des habitants du quartier. Elle est située dans le grand sous-sol de l’espace social libre K-VOX, sur la place centrale d’Exarcheia.

Elle propose gratuitement l’accès à un médecin généraliste, un psychologue, un gynécologue, un pédiatre, ainsi qu’un cabinet de radiologie et d’échographie. Et cela, pour toutes et tous, quelles que soient la couleur de peau, la religion, l’orientation sexuelle et l’origine.

D’autres alternatives de vie et de luttes existent déjà en nombre à travers toute la Grèce, mais aussi en France, en Europe, dans le monde.

Ce sont elles qui changent le rapport de force, loin du spectacle médiatique et politicien.