Archive pour gilets jaunes fédération communes libres

Gilets Jaunes: Compte Rendu de l’assemblée des assemblées de St Nazaire du 6 avril 2019

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 6 avril 2019 by Résistance 71


2ème Assemblée des Assemblées St Nazaire

 

Résistance 71

 

6 avril 2019

 

Nous avons suivi ce second jour de l’AdA se tenant à la Maison du Peuple de St Nazaire du 5 au 7 avril courant sur le direct retransmis depuis l’assemblée, dont nous saluons l’excellente initiative.

Nous ne ferons ici que mentionner les thèmes qui furent synthétisés par les portes paroles des groupes de travail et ne commenterons pas sur ce qui fut dit, ce n’est pas ici notre fonction.

Les représentants des groupes de travail ont synthétisé et parfois soumis à l’évaluation collective, le travail effectué sur les thèmes suivants:

  • Coordination et communication: interne et externe (régionale, nationale et internationale). Note faite sur le besoin de traductions
  • Refus de l’implication pour les élections européennes: le consensus étant non à l’UE, oui à l’union des peuples…
  • Nécessité d’un développement généralisé des Maisons du Peuple
  • Les revendications du mouvement: pas de consensus
  • Le municipalisme / communalisme populaire ou citoyen: choix de terminologie politique. Les assemblées sont les communes. Doit-on coopérer avec les maires ou entrer en désobéissance civile ?
  • Assemblées constituantes: une proposition (peu claire) fut déboutée en première évaluation
  • L’écologie
  • La session s’est terminée avec la présentation des synthèses de groupes sur les stratégies et actions pour le mouvement: à juste titre, ces synthèses de travail furent faites hors caméras et micros lors de cette phase initiale…

Demain dimanche 7 avril, d’autres synthèses déboucheront sur des votes des délégués et un communiqué officiel de cette Assemblée des Assemblées qui repartira dans les assemblées locales pour débat et vote de validation.

Nous l’avons dit et le répétons alors que Commercy dans un 1er temps et maintenant St Nazaire nous montrent la voie. Nous invitons le plus de personnes possibles à suivre ces débats en direct, pour ceux qui ne connaissant pas le principe et le fonctionnement d’une AG, c’est l’occasion de le découvrir de l’intérieur, ces retransmissions ont une fonction parfaitement éducative en plus de garantir la transparence du processus démocratique réellement en marche, RDV demain à partir de 09h00:

http://giletjaune44.livehost.fr/category/assemblee-des-assemblees/

 


Tout le pouvoir aux Ronds-Points !…

Assemblées Populaires partout, tyrannie nulle part…

Gilets Jaunes: Contre les lois scélérates…le nombre… le nombre… le nombre….

Posted in actualité, altermondialisme, gilets jaunes, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 21 mars 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

21 mars 2019

 

L’État fasciste qu’est la république

Nous l’avons dit il y a bien des années déjà: il n’y a aucune différence entre la république française et les régimes nazi, staliniste, maoïste etc, ce n’est qu’une question de degré. Pourquoi ? Parce que l’État n’existe que par la division politique et l’imposition par la force de la domination du plus petit nombre et ce depuis sa création. L’oligarchie joue avec le thermostat de la répression au gré de ses besoins. N’oublions pas que ce sont les même personnes et entités économico-financières qui ont asservis le politique, qui ont financé et aidé Lénine, Mussolini, Hitler, Staline, Chang Kaï Chek et Mao. Ce sont les mêmes entités industrielles et financières qui actionnent les marionnettes du pouvoir aujourd’hui.


Gilets Jaunes contre dictature: l’escalade

…Devant la mesure scélérate et dictatoriale des responsables de cette république prise ce 19 mars dernier et celles à venir, il n’y a qu’une seule solution pour le Peuple de France: LE NOMBRE

La clownerie en charge a bien du mal à gérer 250 000 ou 300 000 personnes dans les rues de France, au million, les pitres se barricaderont dans leurs palais, priant pour leurs privilèges.

Gilets Jaunes ! L’heure est à l’Union et à la Solidarité !
Il n’y a qu’une seule classe opprimée, celle du 99,999% de la population qui vend sa force de travail pour subsister (à des degrés divers une fois de plus, mais identique dans le fond)

La seule chance du mouvement est dans le NOMBRE !!

Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action

Devenons des S.U.P.R.A Gilets Jaunes

Nous n’avons pas à obéir à des instances oligarchiques scélérates!
Ce sont ces instances qui doivent obéir au peuple, il est plus que grand temps pour le Peuple de remettre les pendules à l’heure ! Reprenons le pouvoir pour le rediluer là où il est le plus soluble: dans le peuple lui-même !

VIVE LA COMMUNE !

 

 

Le jour d’après le 18ème round des Gilets Jaunes, quelle suite logique pour le peuple ?…

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 17 mars 2019 by Résistance 71

… La Commune et la Commune des communes, analysées ici par Pierre Kropotkine.
Dans un texte ultérieur, Kropotkine fera un compte-rendu analytique de la Commune de Paris, ce texte publié dans les pages de son journal “Le révolté” ,
dix ans après la Commune de Paris, ne parle pas de celle-ci per se, mais du principe de la “Commune” en tant qu’entité politico-sociale émancipée. Il pose là certaines bases objectives sur la méthode organisationnelle des individus dans une société redevenue organique et émancipée des obstacles oligarchiques et répressifs par essence que sont l’État, ses institutions et toute la mécanique artificielle de la société marchande imposant son diktat du privilège et de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Un texte vieux de 138 ans que tout Gilet Jaune et sympathisant devrait lire, relire et diffuser sans aucune modération, texte qui résonne du son de la fraîcheur et de l’évidence.

Nous joindrons et publierons bientôt ce texte avec celui sur la Commune de Paris dans un PDF commun.

Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! Ceci devient une évidence incontournable. 

Qu’on se le dise !…

~ Résistance 71 ~
17 mars 2019

 

 

La Commune

 

Pierre Kropotkine (“Le révolté”, 1881)

I

Quand nous disons que la révolution sociale doit se faire par l’affranchissement des Communes, et que ce sont les Communes, absolument indépendantes, affranchies de la tutelle de l’État, qui pourront seules nous donner le milieu nécessaire à la révolution et le moyen de l’accomplir, on nous reproche de vouloir rappeler à la vie une forme de la société qui s’est déjà survécue, qui a fait son temps. « Mais, la Commune – nous dit-on – est un fait d’autrefois ! En cherchant à détruire l’État et à mettre à sa place les Communes libres, vous tournez vos regards vers le passé : vous voulez nous ramener en plein moyen-âge, rallumer les guerres antiques entre elles, et détruire les unités nationales, si péniblement conquises dans le cours de l’histoire ! »

Eh bien, examinons cette critique,

Constatons d’abord que cette comparaison avec le passé n’a qu’une valeur relative. Si, en effet, la Commune voulue par nous n’était réellement qu’un retour vers la Commune du moyen-âge, ne faudrait-il pas reconnaître que la Commune, aujourd’hui, ne peut revêtir les formes qu’elle prenait il y a sept siècles ? Or, n’est-il pas évident que, s’établissant de nos jours, dans notre siècle de chemins de fer et de télégraphes, de science cosmopolite et de recherche de la vérité pure, la Commune aurait eu une organisation si différente de celle qu’elle a eue au douzième siècle, que nous serions en présence d’un fait absolument nouveau, placé dans des conditions nouvelles et qui nécessairement amènerait des conséquences absolument différentes ?

En outre, nos adversaires, les défenseurs de l’État, sous des formes diverses, devraient bien se souvenir que nous pouvons leur faire une objection absolument semblable à la leur.

Nous aussi, nous pouvons leur dire, et à plus forte raison, que ce sont eux qui ont leur regard tourné vers le passé, puisque l’État est une forme tout aussi ancienne que la Commune. Seulement il y a cette différence : tandis que l’État nous représente dans l’histoire la négation de toute liberté, l’absolutisme et l’arbitraire, la ruine de ses sujets, l’échafaud et la torture, c’est précisément dans l’affranchissement des Communes contre les États que nous retrouvons les plus belles pages de l’histoire. Certes, en nous transportant vers le passé, ce ne sera pas vers un Louis XI, vers un Louis XV, ou vers Catherine II que nous porterons nos regards : ce sera plutôt sur les communes ou républiques d’Amalfi et de Florence, vers celles de Toulouse et de Laon, vers Liège et Courtray, Augsbourg et Nuremberg, vers Pskov et Novgorod.

Il ne s’agit donc pas de se payer de mots et de sophisme : il importe d’étudier, d’analyser de près et de ne pas imiter M. de Laveleye et ses élèves zélés qui se bornent à nous dire : « Mais la commune, c’est le moyen âge ! En conséquence elle est condamnée. » – « L’État, c’est tout un passé de méfaits, répondrions-nous ; donc, il est condamné à plus forte raison ! »

Entre la commune du moyen âge et celle qui peut s’établir aujourd’hui, et probablement s’établira bientôt, il y aura des différences essentielles : tout un abîme creusé par cinq ou six siècles de développement de l’humanité et de rudes expériences. Examinons les principales.

Quel est le but capital de cette « conjuration » ou « communion » que font au douzième siècle les bourgeois de telle cité ? – Certes, il est bien restreint. Le but est de s’affranchir du seigneur. Les habitants, marchands et artisans, se réunissent et jurent de ne pas permettre à « qui que ce soit de faire tort à l’un d’entre eux et de le traiter désormais en serf. » ; c’est contre ses anciens maîtres que la Commune se lève en armes. – « Commune, – dit un auteur du douzième siècle, cité par Aug. Thierry, – est un mot nouveau et détestable, et voici ce qu’on entend par ce mot : les gens taillables ne payent plus qu’une fois par an à leur seigneur la rente qu’ils lui doivent. S’ils commettent quelque délit, ils en sont quittes pour une amende légalement fixée ; et quant aux levées d’argent qu’on a coutume d’infliger aux serfs, ils en sont entièrement exempts. »

C’est donc bien réellement contre le seigneur que se soulève la Commune du moyen-âge. C’est de l’État que la Commune d’aujourd’hui cherchera à s’affranchir. Différence essentielle, puisque souvenons-nous en – ce fut bien l’État, représenté par le roi, qui, plus tard, s’apercevant que les Communes voulaient faire acte d’indépendance vis-à-vis du seigneur, envoya ses armées pour « châtier », comme dit la chronique, « la forsennerie de ces musards qui, pour la raison de la Commune, faisaient mine de rebeller et dresser contre la couronne. »

La Commune de demain saura qu’elle ne peut admettre de supérieur ; qu’au-dessus d’elle il ne peut y avoir que les intérêts de la Fédération, librement consentie par elle-même avec d’autres Communes. Elle sait qu’il ne peut y avoir de terme moyen : ou bien la Commune sera absolument libre de se donner toutes les institutions qu’elle voudra et de faire toutes les réformes et révolutions qu’elle trouvera nécessaires, ou bien elle restera ce qu’elle a été jusqu’aujourd’hui une simple succursale de l’État, enchaînée dans tous ses mouvements, toujours sur le point d’entrer en conflit avec l’État, et sûre de succomber dans la lutte qui s’en suivrait. Elle sait qu’elle doit briser l’État et le remplacer par la Fédération, et elle agira en conséquence. Plus que cela, – elle en aura les moyens. Aujourd’hui ce ne sont plus de petites villes seulement qui lèvent le drapeau de l’insurrection communale. C’est Paris, c’est Lyon, c’est Marseille, c’est Carthagène, et bientôt ce seront toutes les grandes cités qui arboreront le même drapeau. Différence essentielle, s’il en fût.

En s’affranchissant du seigneur, la Commune du moyen âge ne s’affranchissait-elle aussi de ces riches bourgeois, qui, par la vente des marchandises et des capitaux, s’étaient conquis des richesses privées au sein de la cité ? – Point du tout ! Après avoir démoli les tours de son seigneur, l’habitant de la ville vit bientôt se dresser, dans la Commune même, des citadelles de riches marchands cherchant à le subjuguer, et l’histoire intérieure des Communes du moyen âge est celle d’une lutte acharnée entre les riches et les pauvres, lutte qui nécessairement finit par l’intervention du roi. L’aristocratie se développant de plus en plus au sein même de la Commune, le peuple, retombé vis-à-vis du riche seigneur de la ville haute dans la servitude qu’il subissait déjà de la part du seigneur du dehors, comprit qu’il n’avait plus rien à défendre dans la Commune ; il déserta les remparts qu’il avait dressés, et qui, par l’effet du régime individualiste, étaient devenus les boulevards d’un nouveau servage. N’ayant rien à perdre, il laissa les riches marchands se défendre eux-mêmes, et ceux-ci furent vaincus : efféminés par le luxe et les vices, sans soutien dans le peuple, ils durent bientôt céder aux sommations des hérauts du roi et leur remirent les clefs de leurs cités. En d’autres communes, ce furent les riches eux-mêmes qui ouvrirent les portes de leurs villes aux armées impériales, royales ou ducales, pour fuir la vengeance populaire, prête à tomber sur eux.

Mais la première préoccupation de la Commune du dix-neuvième siècle ne sera-t-elle pas de mettre fin à ces inégalités sociales ? de s’emparer de tout le capital social accumulé dans son sein et de le mettre à la disposition de ceux qui veulent s’en servir pour produire et pour augmenter le bien-être général ? Son premier soin ne sera-t-il pas de briser la force du capital et de rendre à jamais impossible la création de l’aristocratie qui causa la chute des Communes du moyen âge ? Ira-t-elle prendre pour alliés l’évêque et le moine ? Enfin, imitera-t-elle des ancêtres qui ne cherchaient dans la Commune que la création d’un État dans l’État ? qui, abolissant le pouvoir du seigneur et du roi, ne savaient faire mieux que de reconstituer, jusque dans ses minimes détails, toujours le même pouvoir, oubliant que ce pouvoir, pour être limité par les murs de la ville, n’en conserverait pas moins tous les vices de son modèle ? Les prolétaires de notre siècle imiteront-ils ces Florentins qui, tout en abolissant les titres de noblesse ou en les faisant porter comme une flétrissure, laissaient naître une nouvelle aristocratie, celle de la grosse bourse ? Feront-ils enfin comme ces artisans qui, arrivés à l’Hôtel-de-ville, imitaient dévotement leurs devanciers, et reconstituaient toute cette échelle de pouvoirs qu’ils venaient de renverser ? Changeront-ils seulement les hommes, sans toucher aux institutions ?

Certainement non. La Commune du dix-neuvième siècle, forte de son expérience, fera mieux. Elle sera commune autrement que par le nom. Elle ne sera pas uniquement communaliste, elle sera communiste, révolutionnaire en politique, elle le sera aussi dans les questions de production et d’échange. Elle ne supprimera pas l’État pour le reconstituer, et bien des communes sauront prêcher d’exemple, en abolissant le gouvernement de procuration, en se gardant de confier leur souveraineté aux hasards du scrutin.

II

La commune du moyen âge, après avoir secoué le joug de son seigneur, chercha-t-elle à le frapper dans ce qui faisait sa force ? chercha-t-elle à venir en aide à la population agricole qui l’entourait et, pourvue d’armes que le serf des campagnes n’avait pas, mit-elle ces armes au service des malheureux qu’elle regardait orgueilleuse du haut de ses murs ? – Loin de là ! Guidée par un sentiment purement égoïste, la Commune du moyen âge s’enferma dans ses remparts. Que de fois n’a-t-elle pas jalousement fermé ses portes et levé ses ponts devant les esclaves qui venaient lui demander refuge, et ne les a-t-elle pas laissé massacrer par le seigneur, sous ses yeux, à la portée de ses arquebuses ? Fière de ses libertés, elle ne cherchait pas à les étendre sur ceux qui gémissaient au dehors. C’est à ce prix même, au prix de la conservation du servage chez ses voisins, que mainte commune a reçu son indépendance. Et puis, n’était-il pas aussi de l’intérêts des gros bourgeois communiers, de voir les serfs de la plaine rester toujours attachés à la glèbe, sans connaître ni l’industrie, ni le commerce, toujours forcés de recourir à la ville pour s’approvisionner de fer, de métaux et de produits industriels ? Et lorsque l’artisan voulait tendre la main par-dessus la muraille qui le séparait du serf, que pouvait-il faire contre la volonté du bourgeois qui tenait le haut du pavé, qui seul connaissait l’art de la guerre et qui payait les mercenaires aguerris ?

Maintenant, quelle différence ! La Commune de Paris victorieuse se serait-elle bornée à donner des institutions municipales plus ou moins libres ? Le prolétariat parisien brisant ses chaînes, c’eut été la révolution sociale dans Paris d’abord, puis dans les communes rurales. La Commune de Paris, lors-même qu’elle soutenait la lutte à son corps défendant, a néanmoins dit au paysan : Prends ta terre, toute la terre ! Elle ne se serait pas bornée à des paroles, et l’eût-il fallu, ses vaillants fils seraient allés en armes dans les villages lointains aider le paysan à faire sa révolution : chasser les accapareurs du sol, et s’en emparer pour la rendre à tous ceux qui veulent et qui savent en tirer les moissons.

La Commune du moyen âge cherchait à se circonscrire dans ses murs ; celle du dix-neuvième siècle* cherche à s’étendre, à s’universaliser. A la place des privilèges communaux, elle a mis la solidarité humaine.

Note de R71 (*): et a fortiori la Commune du XXIème siècle !

La Commune du moyen âge pouvait se parquer dans ses murs et, jusqu’à un certain point, s’isoler de ses voisins. Lorsqu’elle entrait en relations avec d’autres communes, ces relations se bornaient le plus souvent à un traité pour la défense des droits urbains contre les seigneurs, ou bien à un pacte de solidarité pour la protection mutuelle des ressortissants des communes dans leurs voyages lointains. Et quand de véritables ligues se formaient entre les villes, comme en Lombardie, en Espagne, en Belgique, ces ligues, trop peu homogènes, trop fragiles à cause de la diversité des privilèges, se scindaient bientôt en groupes isolés ou succombaient sous les attaques des États voisins.

Quelle différence avec les groupes qui se formeraient aujourd’hui ! Une petite Commune ne pourrait vivre huit jours sans être obligée par la force des choses de se mettre en relations suivies avec les centres industriels, commerciaux, artistiques, et ces centres, à leur tour, sentiraient le besoin d’ouvrir leurs portes toute grandes aux habitants des villages voisins, des communes environnantes et des cités lointaines.

Que telle grande ville proclame demain « la Commune », qu’elle abolisse dans son sein la propriété individuelle, qu’elle introduise chez soi le communisme complet, c’est-à-dire la jouissance collective du capital social, des instruments de travail et des produits du travail accompli, et, pourvu que la ville ne soit pas cernée par des armées ennemies, au bout de quelques jours déjà, les convois de chars arriveront aux Halles, les fournisseurs lui expédieront des ports lointains leurs cargaisons de matières premières ; les produits de l’industrie de la cité, après avoir satisfait aux besoins de la population, iront chercher des acheteurs aux quatre coins du monde ; les étrangers viendront en foule, et tous, paysans, citoyens, des villes voisines, étrangers, iront conter à leurs foyers la vie merveilleuse de la libre cité où tous travaillent, où il n’y a plus ni pauvres ni opprimés, où tous jouissent des fruits de leur labeur, sans que personne mette la main sur la part du lion. L’isolement n’est pas à craindre : si les communes des États-Unis ont à se plaindre dans leurs communautés, ce n’est pas de l’isolement, c’est plutôt de l’intrusion du monde bourgeois des alentours dans leurs affaires communales.

C’est qu’aujourd’hui le commerce et l’échange, renversant les bornes des frontières, ont détruit les murailles des anciennes cités. Ils ont déjà établi la cohésion qui manquait au moyen âge. Tous les points habités de l’Europe occidentale sont si intimement liés entre eux que l’isolement est devenu impossible pour aucun d’eux ; il n’y a pas de village si haut perché qu’il soit sur la corniche d’une montagne, qui n’ait son centre industriel et commercial vers lequel il gravite, avec lequel il ne peut plus rompre.

Le développement de grands centres industriels a fait plus.

De nos jours, l’esprit de clocher pourrait exciter bien des jalousies entre deux communes voisines, empêcher leur alliance directe, et même allumer des luttes fratricides. Mais si ces jalousies peuvent empêcher effectivement la fédération directe de ces deux communes, c’est par l’intermédiaire des grands centres que cette fédération s’établira. aujourd’hui, deux petits municipes voisins n’ont souvent rien qui les relie directement : le peu de relations qu’ils entretiennent serviraient plutôt à faire naître des conflits qu’à nouer des liens de solidarité. Mais tous deux ont déjà un centre commun avec lequel ils sont en relations fréquentes, sans lequel ils ne peuvent subsister ; et quelles que soient les jalousies de clocher, ils se verront obligés de s’unir par l’intermédiaire de la grande ville où ils s’approvisionnent, où ils portent leurs produits ; chacun d’eux devra faire partie de la même fédération, pour maintenir leurs relations avec ce foyer d’appel et se grouper autour de lui.

Et pourtant ce centre ne pourrait pas lui-même prendre une prépondérance fâcheuse sur les Communes qui l’environnent. Grâce à la variété infinie des besoins de l’industrie, du commerce, tous les lieux habités ont déjà plusieurs centres auxquels ils se rattachent, et à mesure que leurs besoins se développeront, ils se rattacheront à de nouveaux centres qui pourront subvenir à des nécessités nouvelles. Nos besoins sont si variés, ils naissent avec une telle rapidité, que bientôt une seule fédération ne suffira plus à les satisfaire tous. La Commune se sentira donc la nécessité de contracter d’autres alliances, d’entrer dans une autre fédération. Membre d’un groupe pour l’acquisition de ses denrées alimentaires, la Commune devra se faire membre d’un deuxième groupe pour obtenir d’autres objets qui lui sont nécessaires, les métaux, par exemple, et puis encore d’un troisième et d’un quatrième groupe pour les étoffes et les œuvres d’art. Prenez un atlas économique de n’importe quel pays, et vous verrez qu’il n’existe pas de frontières économiques : les zones de production et d’échange de divers produits se pénètrent mutuellement, s’enchevêtrent, se superposent. De même les fédérations de Communes, si elles suivaient leur libre développement, viendraient bientôt s’enchevêtrer, se croiser, se superposer et former ainsi un réseau bien autrement compact, « un et indivisible » que ces groupements étatistes qui ne sont que juxtaposés, comme les verges en faisceau autour de la hache du licteur.

Ainsi, répétons-le, ceux qui viennent nous dire que les Communes, une fois débarrassées de la tutelle de l’État, vont se heurter et s’entre-détruire en guerres intestines, oublient une chose : c’est la liaison intime qui existe déjà entre les diverses localités, grâce aux centres de gravitation industrielle et commerciale, grâce à la multitude de ces centres, grâce aux incessantes relations. Ils ne se rendent pas compte de ce qu’était le moyen âge avec ses cités closes et ses caravanes se traînant lentement sur des routes difficiles, surveillées par des seigneurs-brigands ; ils oublient ces courants d’hommes, de marchandises, de lettres, de télégrammes, d’idées et d’affections, qui circulent entre nos cités comme les eaux d’un fleuve qui ne tarissent jamais : ils n’ont pas l’idée nette de la différence entre deux époques qu’ils cherchent à comparer.

D’ailleurs, l’histoire n’est-elle pas là pour nous prouver que l’instinct de fédération est déjà devenu un des besoins les plus pressants de l’humanité ? Il suffit qu’un jour l’État se trouve désorganisé pour une raison ou pour une autre ; que la machine oppressive faiblisse dans ses fonctions, pour que les alliances libres naissent d’elles-mêmes. Souvenons-nous des fédérations spontanées de la bourgeoisie armée pendant la grande révolution. Souvenons-nous de ces fédérations qui surgirent spontanément en Espagne et sauvèrent l’indépendance du pays, lorsque l’État était ébranlé jusque dans ses fondements par les armées conquérantes de Napoléon. Dès que l’État n’est plus à même d’imposer l’union forcée, l’union surgit d’elle-même, selon les besoins naturels. Renversez l’État, la société fédérée surgira de ses ruines, vraiment une, vraiment indivisible, mais libre et grandissant en solidarité par sa liberté même.

Mais il y a encore autre chose. Pour le bourgeois du moyen âge la Commune était un État isolé, nettement séparé des autres par ses frontières. Pour nous, « Commune » n’est plus une agglomération territoriale ; c’est plutôt un nom générique, un synonyme de groupements d’égaux, ne connaissant ni frontières ni murailles. La Commune sociale cessera bien vite d’être un tout nettement défini. Chaque groupe de la Commune sera nécessairement attiré vers d’autres groupes similaires des autres Communes ; il se groupera, se fédérera avec eux par des liens tout au moins aussi solides que ceux qui le rattachent à ses concitadins, constituera une Commune d’intérêts dont les membres sont disséminés dans mille cités et villages. Tel individu ne trouvera la satisfaction de ses besoins qu’en se groupant avec d’autres individus ayant les mêmes goûts et habitant cent autres communes.

Aujourd’hui déjà les Sociétés libres commencent à couvrir tout l’immense champ de l’activité humaine. Ce n’est plus seulement pour satisfaire ses goûts scientifiques, littéraires ou artistiques, que l’homme ayant des loisirs constitue des sociétés. Ce n’est plus seulement pour une lutte de classe que l’on se ligue.

On trouverait difficilement une seule des manifestations multiples et variées de l’activité humaine, qui ne soit déjà représentée par des sociétés librement constituées et leur nombre augmente sans cesse, envahissant chaque jour de nouveaux champs d’action, jusqu’à ceux même qui jadis étaient considérés comme une attribution spéciale de l’État. Littérature, arts, sciences, enseignement, commerce, industrie ; trafic ; amusements, hygiène, musées, entreprises lointaines ; expéditions polaires, voire même défense du territoire, secours aux blessés, défense contre les agresseurs et les tribunaux eux-mêmes…, partout nous voyons l’initiative privée se faire jour et revêtir la forme de sociétés libres. C’est la tendance, le trait distinctif de la deuxième moitié du dix-neuvième siècle.

Cette tendance prenant son libre essor, et trouvant un nouveau champ immense d’application, servira de base à la société future. C’est par libres groupements que s’organisera la Commune sociale et ces groupements mêmes bouleverseront les murailles, les frontières. Ce seront des millions de communes non plus territoriales, mais se tendant la main à travers les fleuves, les chaînes de montagnes, les océans, unissant les individus disséminés aux quatre coins du globe et les peuples en une seule et même famille d’égaux.

= = =

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Gilets Jaunes 14ème round: Portrait et destin…

Posted in actualité, altermondialisme, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 17 février 2019 by Résistance 71

 

Portrait et destin des gilets jaunes

 

Theophraste R.

 

12 février 2019

 

url de l’article:

https://www.legrandsoir.info/portrait-et-destin-des-gilets-jaunes-6079.html

 

Les gilets jaunes (qui s’appellent tous Jojo) sont d’extrême gauche, d’extrême droite, récupérés par La France Insoumise, antisémites, anti-migrants, homophobes, misogynes, violents, fumeurs de clopes, manifestants sans autorisation, incendiaires, casseurs, liquidateurs de petits commerces, consommateurs de diésel, énergivores, complotistes, manipulés par les Russes et chiatiques.

Les médias vous ont servi ce désastreux portrait, pas vrai ?

Or, en vérité, les gilets jaunes sont intercepteurs de balles de flash-ball avec leurs yeux ou leurs mâchoires, bloqueurs de grenades avec leurs mains ou leurs pieds, réceptionnistes des matraques avec leur tête, leurs jambes, leurs épaules, leur dos, enfileurs de menottes, gros consommateurs de colliers serflex, amateurs de gaz qui pique aux yeux et aux poumons, peinturlureurs de pavés à l’hémoglobine, voyageurs sans billet dans des fourgons à gyrophare, dormeurs oisifs dans des cellules gratuites, futurs pensionnaires de Fleury-Mérogis où ils ne croiseront ni Benalla, ni les Balkany, ni Guéant.

L’histoire mondiale retiendra cependant qu’ils ont affronté jusqu’à 90 000 policiers (dotés d’armes quasiment létales) pour dire la haine des pauvres envers un président-roitelet, ivre d’orgueil, trop petit pour son palais de l’Elysée d’où il commande qu’on le sauve en frappant, gazant, amputant, condamnant, emprisonnant.

La question est de savoir si les policiers désormais armés de fusils d’assaut tireront sur les manifestants en croyant défendre la République ou bien s’ils mettront crosse en l’air pour ne plus servir un president devenu l’ennemi de son peuple.

Théophraste R. Corédacteur du mémoire (à paraître)  : « Condamnations des policiers de terrain après la chute de Macron.

= = =

« Rendez le pouvoir » est la dernière injonction de l’image d’illustration, c’est devenu LA nécessité au-delà de toute les revendications.
De fait, aucune revendication ne pourra être satisfaite si nous, le peuple, ne récupérons pas le pouvoir pour le rediluer en nous-mêmes au moyen des assemblées populaires et de la mise en place de la Commune des communes, mode de fonctionnement égalitaire de la société des sociétés à venir…
Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et ne sautait y en avoir !
Qu’on se le dise !
~ Résistance 71 ~

Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

Francis_Cousin Ce n’est qu’un début…

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

Manifeste pour la Société des Sociétés

Abdullah-Ocalan-Confederalisme-democratique

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

6ème_déclaration_forêt.lacandon

Appel au Socialisme Gustav Landauer

 

3RI: Message de soutien de l’Assemblée des assemblées des Gilets Jaunes à la Commune Internationaliste du Rojava (Vidéo)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 14 février 2019 by Résistance 71

 

Réseau de Résistance et de Rébellion International (3RI)

 

TOUT LE POUVOIR AUX RONDS-POINTS !

 

Commune Internationaliste du Rojava

 

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Gilets Jaunes: Au sein de l’Assemblée des assemblées de Commercy (revue Ballast)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 13 février 2019 by Résistance 71

 


Tout le pouvoir aux Ronds-Points !

 

Contre le mal-vivre… Quand la Meuse se soulève

 

☰ Par Djibril Maïga et Elias Boisjean

 

11 février 2019

 

Source:

https://www.revue-ballast.fr/contre-le-mal-vivre-quand-la-meuse-se-souleve/

 

C’est l’une des deux sous-préfectures de la Meuse : Commercy, moins de 6 000 habitants. Un territoire de la « diagonale des faibles densités » frappé par l’effondrement industriel ; un taux de chômage à 24,5 %. En deux mois à peine, la petite commune lorraine s’est imposée comme un point incontournable du soulèvement national des gilets jaunes : forts d’une assemblée quotidienne, les Lorrains boudent le « grand débat » macronien pour mieux louer la démocratie directe, sans représentants ni leaders. Des messages de soutien leur arrivent sans tarder du Chiapas et du Rojava. Une Assemblée des assemblées (ou « Commune des communes ») s’est tenue les 26 et 27 janvier derniers, à leur appel, rassemblant 75 délégations de toute la France. L’horizon ? Abolir les inégalités, partager les richesses et donner le pouvoir au peuple. Nous sommes allés à leur rencontre. 

La brume encombre les plaines que les fenêtres du car déroulent. L’horloge indique 9 h 30. Un des passagers, un certain Victor, se jette dans la discussion qui va s’improvisant : « La plupart des organisations de gauche ont repris toutes les calomnies sur les gilets jaunes, justifiant quasiment la répression, ou bien ont dit qu’elles n’avaient rien à voir avec ça, que ce n’était pas une lutte de la classe ouvrière… Des puristes ! » Brun, trapu, volubile, la trentaine ; il se présente à nous comme sympathisant trotskyste. Un autre passager rebondit : « C’est une faillite intellectuelle de l’extrême gauche. Parce que ce mouvement est de l’ordre du white trash1, et les militants d’extrême gauche en sont socialement très loin. Il y a beaucoup de mépris. Il y a une déconnexion totale avec la réalité sociale. » Le véhicule stationne aux abords de la gare de Commercy ; le froid nous saisit, la neige n’a tenu que sur les toits. Les gilets jaunes, venus des quatre coins du pays — Sète, Lorient, Nice, apercevons-nous ici et là sur les chasubles fluorescentes —, convergent en direction de la navette qui nous conduira à Sorcy-Saint-Martin : c’est là, à moins de huit kilomètres de la sous-préfecture, que se déroulera l’Assemblée des assemblées. Les autochtones s’affairent, visiblement surpris par l’afflux. Il faut dire que personne, ou presque, ne connaissait le nom de Commercy il y a deux mois de cela…

« Il y a beaucoup de mépris. Il y a une déconnexion totale avec la réalité sociale. »

Nous nous dirigeons vers le centre de la commune et interpellons quelques habitants au hasard du bitume : ils ignorent que se tient en ce jour ladite Assemblée. Si la plupart soutiennent le mouvement des gilets jaunes, bien que de loin, certains se montrent indifférents, pour ne pas dire sceptiques. Nous entrons dans le premier bar venu, à deux pas d’un vieux château édifié par quelque comte friand d’opéra. Un client, le tenancier ; nous prenons des cafés. Tous deux ne savent pas bien de quoi il retourne mais s’y seraient volontiers rendus s’ils ne travaillaient pas — « Qui va tenir le comptoir ? », lance l’homme debout derrière ce dernier.

Une cabane contre « le mal-vivre »

« Aujourd’hui, les zadistes, ils ne sont plus à Notre-Dame-des-Landes mais ils sont sur les ronds-points : ce sont les gilets jaunes », nous disait un prénommé Michel lors de notre passage à la ferme de la ZAD dite des « 100 noms ». L’église de Commercy poinçonne un nuage blême. Ruelles, pierres grises, volets de bois, un snack, un fleuriste, quelques panneaux « À vendre » ou « À louer ». La cabane des gilets jaunes colore tout soudain la place Charles-de-Gaulle. « Taxes », « Retraites », « ISF », « Écologie », lit-on au trait noir sur des morceaux de bois cloutés ; un drapeau tend ses trois couleurs au petit vent. De ce modeste « Chalet de la solidarité », tout de bric et de broc bâti, Commercy devint un centre d’intérêt national puis international : des messages de soutien affluèrent d’Allemagne, du Mexique, de Syrie ou de la République dominicaine. L’emplacement ne doit rien au hasard : sa centralité a valeur d’invitation à la rencontre ordinaire, et l’occupation du domaine public tient lieu de lutte, rendant en sus visibles « les invisibles » que sont, c’est là leur mot, les gilets jaunes.

Huit d’entre eux — quatre hommes et autant de femmes — apparaissent le 30 novembre 2018 sur nos écrans, cinq minutes durant, lisant à tour de rôle un communiqué imprimé sur une feuille A4 : « Nous avons organisé des blocages de la ville, des stations-services, et des barrages filtrants. Dans la foulée, nous avons construit une cabane sur la place centrale. Nous nous y retrouvons tous les jours. » Balayant d’un revers de main toute tentative de médiation entre le mouvement et le gouvernement (garant du « système »), les Commerciens fustigent « les représentants » pour mieux louer la seule démocratie qui soit à leurs yeux : directe et populaire. Contre « tous ceux qui se gavent », contre « les puissances de l’argent », contre « les intérêts des ultra-riches », ils appellent à ériger, partout en France, des comités populaires et des assemblées générales afin de « reprendre le pouvoir ».

« Des autocollants à prix libre raillent le Premier ministre, exhortent Macron à “dégager” et dénoncent les paradis fiscaux. »

Des gilets jaunes nous prennent à bord de leur véhicule, direction l’Assemblée. L’hiver déplie la campagne de ses doigts maigres ; arbres, champs, un cygne rompt un instant la rudesse des lieux. Le parking de Sorcy-Saint-Martin, signalé par une planche posée sur une cagette, est bondé ; on entend râler. 200 personnes, à vue de nez, se trouvent déjà sur place — il n’est pas midi. Ça s’agite, se croise, se rencontre, se salue, se reconnaît, se découvre : les langues se délient sans le bois dont on fait la scène politique. Nous pénétrons dans la salle des fêtes. Une carte de France est affichée, conviant à marquer d’une punaise la commune d’où l’on vient — le pays se voit constellé de points, exception faite du Sud-Ouest. Des tracts, disposés sur une table, rappellent la « méthode pour une assemblée citoyenne et participative » : ce sont là les gestes en usage sur les occupations de place, de la Puerta del Sol à Nuit Debout. Des autocollants à prix libre raillent le Premier ministre, exhortent Macron à « dégager » et dénoncent les paradis fiscaux. Un ouvrage sur la révolution du Rojava est également proposé à la vente.

Steven, l’une des figures du Commercy réfractaire, nous dit : « Pour l’organisation de l’Assemblée des assemblées, aucune personne n’a pris de décision en disant “Moi je vais faire ça”. On a débattu et décidé au sein de notre assemblée. » Transport, accueil, point presse, cantine à prix libre (La Marmijotte), garderie : tout a été structuré en amont — plus de 250 gilets jaunes dormiront ce soir chez l’habitant. Nous apercevons des journalistes de l’AFP, de LCI, de Libération, de la chaîne RT ou du Monde. Des indépendants, aussi. Et l’« automédia » des gilets jaunes. Deux porte-parole font face, du mieux qu’ils peuvent, au roulement des questions.

Une famille en construction

Si la critique des leaders est largement partagée par les gilets jaunes réunis ce jour, il est un mot qui semble fédérer les citoyens mobilisés depuis le mois de novembre : « famille ». Celui-là même que Jérôme Rodrigues, mutilé à Paris par les troupes du gouvernement Macron lors de l’acte XI, ne cesse d’employer dans les messages qu’il adresse au mouvement. « On a fait Noël à la cabane. Moi je suis passé pour l’apéro, et après je suis rentré en famille, mais beaucoup sont restés ensemble. C’est des personnes qui n’avaient pas forcément de famille, ou qui voulaient simplement rester ensemble. C’est magnifique », nous raconte John, un boxeur amateur aux traits émaciés.

« Rompre l’isolement structurel ; apprendre à s’écouter, donc également apprendre à se taire. »

Rompre l’isolement structurel ; apprendre à s’écouter, donc également apprendre à se taire ; élaborer des espaces où la parole peut librement se déployer, sans jugements hâtifs ni railleries. Stéphanie est assistante vétérinaire en Bretagne ; leur lutte repose à ses yeux sur quatre piliers : la justice sociale, économique, environnementale et judiciaire. « On se sentait seuls, démunis, exploités. On était isolés. On est tous dans des mouvements chacun dans notre coin et, ici, cette réunion nous a permis de prendre une température nationale. On a vu que nous n’étions pas seuls à défendre ces valeurs, et qu’elles étaient communes à tout le monde. Et ça fait plaisir ! » Renz, qui affiche une barbe touffue et une chasuble poussiéreuse sur laquelle on peut lire « RIP capitalisme », complète entre deux éclats de rire : « Ce mouvement, ce qu’il a créé, c’est un sentiment familial, une fraternité. En venant ici, on réalise que la famille s’est agrandie. On a créé des liens qui sont forts et qui, j’espère, vont durer. »

Une politique des assemblées

L’autonomie, avançait en 1993 le philosophe Cornelius Castoriadis, « c’est le projet d’une société où tous les citoyens ont une égale possibilité de participer à la législation, au gouvernement, à la juridiction et finalement à l’institution de la société2 ». Nous y voilà. Une seconde vidéo — intitulée « Deuxième appel des gilets jaunes de Commercy » et postée un mois après la précédente — est à l’origine du présent rassemblement. Sous le toit de fortune de leur cabane, les habitants mobilisés défilent alors pour convier le mouvement tout entier à venir ici afin de « rassembler les cahiers de revendications et [de] les mettre en commun », de « débattre tous ensemble des suites [du] mouvement » et de « décider d’un mode d’organisation collectif des gilets jaunes, authentiquement démocratique, issu du peuple et respectant les étapes de la délégation ». L’appel s’achève ainsi : « Ensemble, créons l’Assemblée des assemblées, la Commune des communes. C’est le sens de l’Histoire, c’est notre proposition. »

Des madeleines — la spécialité locale — et des fruits sont à disposition près de la fontaine à café. Des pâtes sont au menu ; demain, du couscous. Nous discutons, en cassant la croûte, avec un gilet jaune venu de Saillans : depuis 2014, fort d’un mouvement d’opposition à la construction d’un supermarché, ce village de la Drôme est administré par un « pouvoir citoyen » — un conseil municipal collégial, des commissions participatives, un conseil des sages et le recours au tirage au sort. Il est 13 heures ; l’Assemblée, retransmise en direct sur Internet, débute dans la salle polyvalente aux murs rose et blanc. Claude, militant antinucléaire engagé à Bure, s’empare du micro, un symbole féministe tracé au dos de son gilet : « On représente une idée, un mode de fonctionnement qu’on va essayer d’expérimenter. Donc on va être humbles. […] Il s’agit de s’engager dans un processus, si tout le monde est d’accord, un processus par le bas. […] On va pouvoir attaquer, sans plus tarder ! » La délégation de Poitiers s’avance la première, sous les applaudissements.

« Un drapeau frappé des mots “municipalisme libertaire” ornait à la mi-novembre l’un des ronds-points de la sous-préfecture. »

Chaque délégation, mandatée par sa base locale — un binôme paritaire, le plus souvent —, se présente à tour de rôle ; elles sont au nombre de 75. Les porte-parole relatent, le temps d’une à cinq minutes, leur expérience, leurs difficultés, leurs avancées. Les luttes se ressemblent, se complètent. Blocage de routes, occupations, constructions, évacuations du mois de décembre, reconstructions. Ici, un discours, largement salué, contre le sexisme et le racisme ; là, un appel à articuler les communes aux régions, via l’intercommunale et le département. L’Isère invite à la démocratie directe à échelle nationale ; Paris tance « la caste des bobos » ; l’Ardèche rappelle, acclamée, que les gilets jaunes ne sont pas les « factieux » tant vomis mais les héritiers des idéaux républicains originels ; Belfort conte sa jonction à la frontière avec les gilets jaunes suisses et allemands ; Saint-Nazaire revient sur la création de leur Maison du peuple, la première du mouvement — les applaudissements sont nourris, un poing se lève, le cri de guerre des spartiates est entonné.

Bookchin en Lorraine ?

Un drapeau frappé des mots « municipalisme libertaire » ornait à la mi-novembre l’un des ronds-points de la sous-préfecture. « Commercy ouvre la voie du municipalisme », titre quelques semaines plus tard le mensuel CQFD ; « À Commercy, des Gilets jaunes pour le “communalisme libertaire” », entérine en janvier le site Arrêt sur images ; « La Meuse sera-t-elle le prochain Rojava ? », demande même Radio Parleur à la veille de l’Assemblée des assemblées. Qu’est-ce à dire ? Si la notion résonne de longue date au sein de la tradition anarchiste, c’est au penseur étatsunien Murray Bookchin, disparu en 2006, que l’on en doit la formulation la plus aboutie. « Un peuple dont la seule fonction “politique” est d’élire des délégués n’est pas en fait un peuple du tout, c’est une masse, une agglomération de monades3. La politique, contrairement au social et à l’étatique, entraîne la recorporalisation des masses en assemblées richement articulées, pour former un corps politique dans un lieu de discours, de rationalité partagée, de libre expression et de modes de prises de décision radicalement démocratiques4 », expliquait-il. Sous l’appellation « municipalisme libertaire » — ou « communalisme » —, ce militant écologiste de formation marxiste échafauda, à partir des années 1970, une « solution de rechange5 » au capitalisme : il s’agit, afin de dissoudre l’État et d’« enlever l’économie à la bourgeoisie », de créer des communes, structurées autour d’assemblées populaires et défendues par une garde civile, puis de les fédérer entre elles jusqu’à ériger « une Internationale dynamique, solidement enracinée dans une base locale ».

Si la proposition de Bookchin n’eut guère d’écho de son vivant, le Rojava — par le truchement d’Abdullah Öcalan, cofondateur du PKK — s’en inspira pour bâtir la révolution communaliste qu’il amorça en Syrie sur fond de guerre civile. Deux jours durant, nous questionnons les gilets jaunes que nous rencontrons : l’immense majorité d’entre eux ignore tout du municipalisme libertaire. Rico, originaire de l’Ariège, nous avoue : « J’ai découvert le terme hier soir, donc je vais aller me renseigner. » Adel, agent d’une filiale privée de la SNCF en Île-de-France, nous demande de répéter le mot : « Trop technique. Impossible à faire entendre dans les banlieues. » Chantal, technicienne de laboratoire retraitée dans l’Ariège, se méfie d’ailleurs de l’importation de théories extérieures au soulèvement : « C’est aux gens d’écrire eux-mêmes les façons dont ils veulent fonctionner. On peut s’inspirer des choses qui ont été proposées, par le passé, mais surtout pas de projet de société tout fait ! Il y a eu la Commune de Paris, il y a le Chiapas, les gens ne sont pas cons : ils ont su le faire, ils sauront le refaire — même sans avoir lu les livres de Bookchin ! »

« On s’en fiche des mots, on les met en pratique ! On s’en fiche que ça soit bookchinien ou non. »

Claude insiste, soucieux du respect de la parole collective : il ne nous répond qu’en son nom propre. « Le terme “municipalisme libertaire” n’est plus employé à Commercy, on préfère parler d’assemblées populaires — ce qui revient au même. On s’en fiche des mots, on les met en pratique ! On s’en fiche que ça soit bookchinien ou non, on ne veut pas plaquer des idéologies pré-existantes sur les pratiques qu’on expérimente. » Et Steven, éducateur spécialisé, d’ajouter que 12 groupes, sur 15, ont estimé qu’il était prématuré de promouvoir le modèle bookchinien dans la commune meusoise. « Sur le papier, c’est une très belle idée, mais comme les communes ont de moins en moins de pouvoir, faut y réfléchir. Mais ça pourrait être une des suites du mouvement : prendre le pouvoir au niveau local… »

Sabrina, professeure des écoles venue de Paris, a inscrit « Quartier populaire » sur le dos de son gilet ; elle nous dit : « Certains parlent d’un moment historique : quand on voit le mot de soutien de la Commune du Rojava, ça a de la valeur pour beaucoup de gens. » Au mois de décembre 2018, une jeune femme vêtue d’une chasuble jaune proclamait en effet, filmée : « Nous nous adressons à vous en tant que Commune internationaliste depuis le Rojava, le Kurdistan de l’ouest, au nord de la Syrie. Nous suivons avec attention depuis plus d’un mois la révolte populaire qui a lieu en France. Nous avons été impressionné·e·s, aussi bien par la détermination des manifestant·e·s que par le niveau de répression policière et étatique. Nous adressons notre solidarité à toutes celles et ceux qui en font les frais. Force à vous, votre résistance est populaire jusqu’ici. » Elle était entourée d’une dizaine de militants, masqués pour certains d’entre eux — dans leur dos, une banderole affichait le visage de la combattante internationaliste britannique Anna Campbell, tombée sous les tirs de l’armée fasciste turque le 15 mars 2018. Rares sont les habitants de Commercy à avoir entendu parler du Rojava, nous précise-t-on toutefois. « On va leur adresser un message de soutien en retour, qu’on a décidé collectivement en assemblée », poursuivra Claude.

Un appel à la dignité

John nous parle de René, un retraité de sa connaissance : c’est lui qui, toujours, rappelle au groupe « qu’il y a cette urgence sociale liée à la misère ». Parole nue et crue qui « ramène à la réalité ». Et de cela, John se félicite : le risque serait grand de se perdre « dans des réflexions sur la question de la démocratie, de la Constitution ». « Il y a des gens qui crèvent la dalle, qui n’ont pas de logement. C’est cette rage qui nourrit notre engagement. Il y a beaucoup de parents isolés, de personnes au RSA. Il y a peu de travail dans le coin, et pour en trouver un, il faut une voiture. Le cercle vicieux est que si tu as pas de travail, tu peux pas avoir de voiture… » Dans la salle, le micro part à droite, puis à gauche ; certains prennent des notes, d’autres invitent à plus de silence. Les quatre prochaines heures sont dévolues à l’élaboration des « suites et [des] perspectives du mouvement » ainsi qu’à l’« organisation démocratique à toutes les échelles ». Des mots se cherchent, d’autres se trouvent. Nanterre loue la multiplication des liens avec « les syndicalistes de base » ; Saint-Nazaire met sur la table l’impérieuse nécessité qu’il y a à organiser une défense collective contre les assauts de la police ; Poitiers propose de boycotter les banques. Les échanges se succèdent, dans les applaudissements et parfois les huées ; un homme grisonnant juge bon de renforcer « la jonction avec le mouvement ouvrier » ; une jeune femme exhorte l’assistance à se mobiliser contre l’infiltration de militants d’extrême droite au sein des manifestations. Le ton monte, l’écoute reprend.

« Une jeune femme exhorte l’assistance à se mobiliser contre l’infiltration de militants d’extrême droite au sein des manifestations. »

Nous parcourons la feuille de route du week-end (les rôles y sont définis — observateurs, modérateurs, délégués, animateurs, presse — et les horaires fixés) ainsi qu’un document local préparatoire intitulé « Synthèse des revendications » : démission de Macron, dissolution de l’Assemblée nationale, réduction des élus, abolition des privilèges, relaxe des gilets jaunes, sortie de l’état d’urgence, retraite à 60 ans, transition énergétique, agriculture biologique, qualité des services publics, suppression de Parcoursup, mutualisation des médias et définanciarisation de la presse — autant de thématiques mises au pot commun comme à l’ordre du jour. « Là, on encule les mouches ! », s’impatiente une déléguée ; « Faut arrêter de se prendre la tête », objecte un homme face à l’intransigeance démocratique et horizontaliste à l’œuvre : le strict respect des mandats et la légitimité des prises de décision hantent les échanges.

La journée du dimanche accouchera d’un appel collectif, ratifié par cette première Assemblée des assemblées, pour « vivre dans la dignité » : « Partageons la richesse et pas la misère ! Finissons-en avec les inégalités sociales ! Nous exigeons l’augmentation immédiate des salaires, des minimas sociaux, des allocations et des pensions, le droit inconditionnel au logement et à la santé, à l’éducation, des services publics gratuits et pour tous. » Le texte, lu face caméra et aussitôt diffusé sur Internet, invite tout un chacun à rejoindre le mouvement et, après avoir fait sien le mot d’ordre national du soulèvement (« Macron démission ! »), conclut : « Vive le pouvoir au peuple, pour le peuple et par le peuple ! »

Le retour du peuple

Les gilets jaunes de Commercy le martèlent : ils sont « apolitiques ». Entendre, en réalité, « apartisans » — l’ordure politicienne et représentative a souillé jusqu’à l’étymologie de ce grand mot, « politique », auprès du plus grand nombre : polis, la Cité. La crainte de la récupération, de la dépossession, est partout patente. Celle du phagocytage par les partis ou les syndicats, synonymes de bureaucratie ou d’arrangements avec le pouvoir, également. Aboutir à un mouvement de militants, assure ainsi Steven, impliquerait de facto son échec. Les ronds-points et les assemblées constituent dès lors autant de lieux d’apprentissage quotidien : les gilets jaunes s’informent, se forment, débattent, apprennent au contact des uns et des autres, rentrent chez eux grandis puis élèvent à leur tour. Renz, de Saint-Nazaire, nous raconte : « On a fait un gros travail d’éducation populaire au sein du mouvement : au début, on en avait gros, c’est tout, c’est ça qui a lancé le mouvement. Là, on affine. On se demande dans quelle société on veut vivre. Et ce qui ressort de presque tout le mouvement, c’est le pouvoir au peuple. » La plasticité du mouvement, originellement présenté comme une émanation de l’extrême droite et de la « peste brune6 », est telle qu’elle poussera Éric Zemmour à déplorer la mort dudit mouvement au motif que les gilets jaunes seraient finalement trop à gauche7…

« Un peuple, construit comme majorité sociale, en opposition à une oligarchie illégitime, déconnectée et spoliatrice. »

Nous croisons à Commercy un ancien électeur du Front national passé à la France insoumise, des syndicalistes engagés à SUD et quelques anarchistes percevant là une authentique dynamique autogestionnaire bien plus qu’un spectre « rouge-brun ». Un ouvrier d’usine à la retraite nous assure voter Nicolas Dupont-Aignan et l’habitant désigné pour nous héberger ne nous cache pas ses déconcertantes sympathies royalistes. Le municipalisme libertaire tel que façonné par Bookchin garantit « l’expression la plus complète de tous les points de vue8 » au sein des assemblées, par principe interclassistes. Et Commercy n’agit pas autrement : un skinhead est accepté aux réunions… Les gilets jaunes lorrains le répètent à l’envi : il importe de se rassembler sur ce qui fait commun en passant sous silence ce qui « clive » et « exclut » — d’où, notamment, l’absence manifeste des questions identitaires et migratoires. On sait pourtant que le refoulé ne manque jamais de resurgir, et ce savoir se fait urgence dans un monde en proie aux réveils nationalistes. Un prénommé Bertrand nous glisse : « Seuls les vœux pieux savent faire consensus… » Visiblement soucieux de clarifier, une fois pour toutes, les frontières éthiques et politiques de la mobilisation des gilets jaunes, l’appel des 75 délégations né de l’Assemblée des assemblées n’en tranche pas moins : « [Macron] nous présente comme une foule haineuse fascisante et xénophobe. Mais nous, nous sommes tout le contraire : ni racistes, ni sexistes, ni homophobes, nous sommes fiers d’être ensemble avec nos différences pour construire une société solidaire. »

Le découpage parlementaire dont nous usons depuis la Révolution française, entre une gauche défavorable au veto royal et une droite partisane du pouvoir monarchique, n’apparaît plus aux yeux des gilets jaunes de Commercy comme une grille de lecture efficiente. « Prenons la querelle entre la droite et la gauche. Elle a perdu son sens. Les uns et les autres disent la même chose9 », estimait Castoriadis dans les années 1990 : les deux espaces s’étreignent, la fin de l’Histoire actée et le Marché sanctuarisé, sur les ruines du communisme international. Chantal ne nous dit pas autre chose : « Gauche et droite, c’est une place à l’Assemblée nationale, ça ne veut rien dire. » C’est bien « le peuple » — et non plus « la classe ouvrière », « le prolétariat » ou « le camp anticapitaliste » — qui s’avance, dans tous les discours, comme sujet de l’émancipation. Ce peuple, qu’un des volumes de Pierre Larousse définit comme « ceux qui peinent, qui produisent, qui paient, qui souffrent et qui meurent pour les parasites », est ici construit comme une majorité sociale (« nous ») en butte à une oligarchie, illégitime, déconnectée et spoliatrice (« eux »). Chantal poursuit : « Les gilets jaunes, c’est les exploités, les humiliés, les gens à qui on vide les poches, et pas ceux qui se les remplissent. »

Le « grand débat » poursuit sa tournée, seul en scène ; la mairie de Commercy ordonne le retrait définitif de la cabane ; Saint-Nazaire annonce, le 10 février 2019, que la seconde Assemblée des assemblées se tiendra chez eux au début du mois d’avril. Les rues, comme chaque samedi, continuent de se remplir du jaune des protestataires et du sang des mutilés. « On est fiers, car avec nos petits moyens et nos petites idées Commercy a inspiré beaucoup de gens », nous confiera Claude d’une même voix modeste. « En même temps, ça nous fait peur. On incarne quelque chose qui nous dépasse. On doit garder la tête froide et continuer. On reçoit des sollicitations de partout, on nous demande des conseils ou de l’aide, mais on n’est pas détenteurs d’un savoir que les autres n’ont pas… On est en pleine expérience. La tâche devant nous est immense. Quoi qu’il arrive, même si le mouvement s’éteint, l’émotion qu’on a à vivre tout ça laissera des traces. »

1. Argot américain : population blanche pauvre.
2. Entretien paru dans le n° 10 de la revue Propos, mars 1993.
3. Conscience individuelle, individualité en tant qu’elle représente à la fois un point de vue unique sur le monde et une totalité close.
4. Murray Bookchin, Pour un municipalisme libertaire, Atelier de création libertaire, 2003-2018.
5. Janet Biehl, Le Municipalisme libertaire, Écosociété, 2013.
6. « C’est la peste brune qui a manifesté [sur les Champs-Élysées]. » Gérald Darmanin au Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI, 25 novembre 2018.
7. Émission Zemmour & Naulleau, 6 février 2019.
8. Janet Biehl, Le Municipalisme libertaire, op. cit.
9. Cornelius Castoriadis, Post-scriptum sur l’insignifiance, L’Aube, 1998.

= = =

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Gilets Jaunes 13ème round… Plus de déclaration de manifs !

Posted in actualité, altermondialisme, gilets jaunes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 8 février 2019 by Résistance 71


« Le problème n’est pas la désobéissance civile
… mais l’obéissance civile »
~ Howard Zinn ~

 

Pour les actes à venir, ne déclarons plus nos manifs

 

Paris-Luttes Info

 

5 février 2019

 

url de l’article:

https://paris-luttes.info/pour-les-actes-a-venir-ne-11605?lang=fr

 

Qu’on se le dise, le mouvement des Gilets Jaunes ne sortira pas vainqueur face au pouvoir s’il continue dans la direction actuelle. Nous ne doutons pas des bonnes intentions des personnes ayant décidé depuis quelques semaines de déclarer les manifestations, notamment sur Paris. Mais nous constatons que cela conduit à rendre le mouvement des Gilets Jaunes totalement inoffensif.

Et c’est ce que souhaitent le gouvernement et la préfecture. En effet, avec ces manifs déclarées, avec des interlocuteurs devant se porter « responsables », avec un trajet connu à l’avance (et une nasse géante préparée par les force de l’ordre), le pouvoir reprend la main sur le mouvement social et peut tranquillement le canaliser. Des manifs comme l’acte 12 à Paris, il pourrait y en avoir 50 encore sans que cela n’inquiète le pouvoir. Alors que les 5 premiers actes, bien plus spontanés et indisciplinés, ont fait trembler le gouvernement.

Enfin, nous ne pensons pas que ces manifs déclarées empêchent les violences (et donc les blessés). Samedi, le pouvoir a eu toute la violence qu’il espérait : celle contre la police. Celle qui leur permet de justifier la violence de la répression. A se demander s’ils ne l’ont pas cherché en envoyant des petits groupes de 15 policiers traverser la place de la République remplie de Gilets Jaunes. Ils ont ainsi eu des images de GJ envoyant des projectiles sur les forces de l’ordre. Mais dans les faits, la préfecture n’a jamais été inquiète puisque tous ces GJ étaient dans une nasse géante (la place de la République), avec tous les axes bouchés par des centaines de CRS.

Le pouvoir peut donc se targuer d’une journée sans débordements (en dehors des affrontements directs avec les forces de l’ordre) : pas de barricade, pas de bâtiment occupé, pas de route bloquée, pas de gare envahie…

La question n’est pas de savoir s’il faut être violent ou pas. De nombreux actes violents n’ont aucune utilité pour la suite du mouvement. Et de nombreux actes non violents sont profondément subversifs et utiles. En revanche, accepter les règles d’un pouvoir que l’on cherche à renverser n’a aucun sens stratégique.

Gardons la force de ce mouvement, soyons spontanés, sans leader, indisciplinés, joyeux, offensifs. N’ayons pas peur d’être hors-la-loi quand nous savons que celle-ci est injuste et ne sert que les puissants.

Pas de leader. Pas de représentants. Pas de déclarations. Juste des citoyens qui se retrouvent, qui se rencontrent, et qui décident collectivement de ce qu’ils vont réaliser l’espace de quelques heures (voir plus).

Les Gilets Jaunes ne doivent pas singer les syndicats en organisant des grandes manif Bastille/République où tout est écrit à l’avance, où les « leaders » discutent avec les autorités pour organiser « au mieux » la manif. Car il s’agit d’un « au mieux » pour le pouvoir, non pas pour le peuple.

Nous appelons donc tous les GJ à se rendre à l’avenir sur des rassemblements non déclarés. Dans les semaines à venir, nous essaierons de relayer un maximum d’initiatives et d’appels allant dans ce sens.

 

Gilets jaunes: Appel de la première assemblée des assemblées de Commercy le 27 janvier 2019

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 28 janvier 2019 by Résistance 71


Pour la Société des sociétés

 

27 janvier 2019

 

 

Nous, Gilets Jaunes des ronds-points, des parkings, des places, des assemblées, des manifs, nous sommes réunis ces 26 et 27 janvier 2019 en « Assemblée des assemblées », réunissant une centaine de délégations, répondant à l’appel des Gilets Jaunes de Commercy

Depuis le 17 novembre, du plus petit village, du monde rural à la plus grande ville, nous nous sommes soulevés contre cette société profondément violente, injuste et insupportable.

Nous ne nous laisserons plus faire ! Nous nous révoltons contre la vie chère, la précarité et la misère. Nous voulons, pour nos proches, nos familles et nos enfants, vivre dans la dignité. 26 milliardaires possèdent autant que la moitié de l’humanité, c’est inacceptable.

Partageons la richesse et pas la misère ! Finissons-en avec les inégalités sociales ! Nous exigeons l’augmentation immédiate des salaires, des minimas sociaux, des allocations et des pensions, le droit inconditionnel au logement et à la santé, à l’éducation, des services publics gratuits et pour tous.

C’est pour tous ces droits que nous occupons quotidiennement des ronds-points, que nous organisons des actions, des manifestations et que nous débattons partout. Avec nos gilets jaunes, nous reprenons la parole, nous qui ne l’avons jamais.

Et quelle est la réponse du gouvernement ? La répression, le mépris, le dénigrement. Des morts et des milliers de blessés, l’utilisation massive d’armes par tirs tendus qui mutilent, éborgnent, blessent et traumatisent. Plus de 1000 personnes ont été arbitrairement condamnées et emprisonnées. Et maintenant la nouvelle loi dite « anti-casseur » vise tout simplement à nous empêcher de manifester. Nous condamnons toutes les violences contre les manifestants qu’elles viennent des forces de l’ordre ou des groupuscules violents. Rien de tout cela ne nous arrêtera ! Manifester est un droit fondamental. Fin de l’impunité pour les forces de l’ordre ! Amnistie pour toutes les victimes de la répression !

Et quelle entourloupe que ce grand débat national qui est en fait une campagne de communication du gouvernement, qui instrumentalise nos volontés de débattre et décider !

La vraie démocratie, nous la pratiquons dans nos assemblées, sur nos ronds-points, elle n’est ni sur les plateaux télé ni dans les pseudos tables rondes organisées par Macron.

Après nous avoir insultés et traités de moins que rien, voilà maintenant qu’il nous présente comme une foule haineuse fascisante et xénophobe. Mais nous, nous sommes tout le contraire : ni raciste, ni sexiste, ni homophobe, nous sommes fiers d’être ensemble avec nos différences pour construire une société solidaire.

Nous sommes forts de la diversité de nos discussions, en ce moment même des centaines d’assemblées élaborent et proposent leurs propres revendications. Elles touchent à la démocratie réelle, à la justice sociale et fiscale, aux conditions de travail, à la justice écologique et climatique, à la fin des discriminations. Parmi les revendications et propositions stratégiques les plus débattues, nous trouvons : l’éradication de la misère sous toutes ses formes, la transformation des institutions (RIC, constituante, fin des privilèges

des élus…), la transition écologique (précarité énergétique, pollutions industrielles…), l’égalité et la prise en compte de toutes et tous quelle que soit sa nationalité (personnes en situation de handicap, égalité hommes-femmes, fin de l’abandon des quartiers populaires,

du monde rural et des outres-mers…).

Nous, Gilets Jaunes, invitons chacun avec ses moyens, à sa mesure, à nous rejoindre. Nous appelons à poursuivre les actes (acte 12 contre les violences policières devant les commissariats, actes 13, 14…), à continuer les occupations des ronds-points et le blocage de l’économie, à construire une grève massive et reconductible à partir du 5 février. Nous appelons à former des comités sur les lieux de travail, d’études et partout ailleurs pour que cette grève puisse être construite à la base par les grévistes eux-mêmes.

Prenons nos affaires en main ! Ne restez pas seuls, rejoignez-nous !

Organisons-nous de façon démocratique, autonome et indépendante ! Cette assemblée des assemblées est une étape importante qui nous permet de discuter de nos revendications et de nos moyens d’actions. Fédérons-nous pour transformer la société !

Nous proposons à l’ensemble des Gilets Jaunes de faire circuler cet appel. Si, en tant que groupe gilets jaunes, il vous convient, envoyez votre signature à Commercy (assembleedesassemblees@gmail.com). N’hésitez pas à discuter et formuler des propositions pour les prochaines « Assemblées des assemblées », que nous préparons d’ores et déjà.

Macron Démission ! Vive le pouvoir au peuple, pour le peuple et par le peuple.

Appel proposé par l’Assemblée des assemblées à Commercy.

Il sera ensuite proposé pour adoption dans chacune des assemblées locales.

= = =

Commentaire de Résistance 71:

Le point de détail sur lequel nous ne sommes pas d’accord est cette foutaise de RIC, mais nous soutenons le reste et donc dans l’optique de la solidarité et de l’union nous adhérons avec cet appel de l’assemblée des assemblées de Commercy, surtout celle-ci montre le chemin de ce qui doit et devra se faire PARTOUT SUR LE TERRITOIRE !
De plus il va falloir sérieusement envisager la mise en place de la grève générale illimitée et expropriatrice comme moyen de pression et d’action directe vraiment efficaces. A un moment donné, il suffit de déambuler dans les rues si rien ne bouge ni ne change.

Solidarité et Union par les Assemblées Populaires. Tout le pouvoir aux Ronds-Points !

A bas l’État, à bas la société marchande, à bas l’argent, à bas le salariat

Pour que vienne une société des sociétés fondée sur les Communes Libres !

= = =

English translation of this text

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


Text in English

Gilets Jaunes: Lettre ouverte au larbin de la finance, occupant temporaire de l’Élysée et aux autres larbins le soutenant ou voulant le remplacer…

Posted in actualité, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 15 janvier 2019 by Résistance 71

« Ni Macron, ni personne »
~ Bombage mural, janvier 2019 ~ 

 

 

Lettre ouverte au technicien de surface financier qui occupe temporairement l’Elysée et à tous les larbins de la marchandise qui voudraient le soutenir ou le remplacer…

 

Collectif humain sans étiquette (transmis par F. Cousin)

 

15 Janvier 2019

 

Un spectre hante l’Europe et d’abord la France: le spectre de la révolution d’une vraie vie humaine débarrassée de toutes les obligations de la tyrannie marchande. Toutes les puissances du vieux monde de l’oppression se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : les diverses cliques de toutes les gauches et de toutes les droites, les réformistes de tout acabit et les policiers de tous les services. Il en résulte un double enseignement. 

Déjà le mouvement des Gilets jaunes qui porte en lui la dynamique montante d’une colère in-subordonnable est reconnu comme une puissance terriblement dangereuse par tous les gangs gouvernementalistes qui entendent maintenir le règne de l’exploitation économique et du mensonge politique. 

Il est donc grand temps que des hommes d’intransigeance exposent à la face du monde entier, la véritable signification du séisme actuel; qu’ils opposent aux contes et boniments des politiciens, syndicalistes, journalistes, artistes, sociologues, flics, juges, publicitaires et autres parasites sociaux de toutes sortes une claire déclaration du mouvement lui-même. 

C’est à cette fin que nous, simple expression anonyme parmi d’autres du prolétariat universel en soulèvement d’histoire – c’est à dire des humains privés de tout pouvoir sur leur existence asservie par l’argent et venant de tous les territoires ouvriers, paysans ou artisanaux écrasés par la crise généralisée du capitalisme mondial – avons rédigé la Lettre ouverte suivante. Celle-ci vient signifier que la force spontanée des Gilets jaunes va continuer d’avancer afin de contrecarrer les nombreux pièges que ne cesse de lui tendre le pouvoir du spectacle de la marchandise lequel est d’ailleurs condamné à tomber à mesure que va s’effondrer l’ordre économique international de l’illusion qui le fonde. 

Alors que la crise totale de la mystification mercantile ne peut que partout se poursuivre, l’État intervient massivement pour toujours renforcer ses batteries de mesures sécuritaires et anesthésiantes …Une frénésie qui dénote la peur et l’impuissance d’une mafia aux abois et qui est ici couronnée par la tentative d’endormissement du baratin propagandiste et des causeries sous contrôle pour distraire et gagner du temps… 

Emmanuel Macron, affligeant représentant de commerce de l’OTAN et des diktats de l’Europe américaine de Bruxelles, petit commis inculte des privilégiés métropolisés du mondialisme de la marchandise vient aujourd’hui de nous pondre une pitoyable bafouille totalement creuse et affligeante supposée endiguer la désobéissance de la France périphérique du prolétariat infiniment méprisé. Le dérisoire ancien associé-gérant de la banque d’affaires Rothschild & Cie nous presse ainsi d’accepter un système social d’obéissance rénovée en nous implorant d’aller nous perdre en de multiples bavardages insipides et grotesques. Mais il a cependant raison sur un point ; La France n’est pas un pays comme les autres… En effet, elle est l’éclaireur de la lutte de classe internationale qui voit s’opposer depuis des lustres les insurgés de la vie aux gestionnaires de la fausseté généralisée. Et dès lors, cette France communarde de la longue histoire, avec un mépris total pour le « grand débat national » de la manipulation qui nous propose d’être esclaves autrement, va prouver à tous qu’elle sait faire la différence entre le chemin de la parole insoumise et celui du jacasser servile. C’est pourquoi la France réfractaire refusera de perdre son temps à discutailler avec les représentants de l’oppression… 

L’immense tremblement de terre historique que nous connaissons aujourd’hui et qui a déclenché la panique répressive du pouvoir qui s’affirme désormais publiquement comme le parti policier de l’ordre capitaliste en décomposition a démontré que l’offensive sociale ne doit pas se contenter de cibler les marionnettes mises aux commandes de l’État par les multinationales du rendement et du saccage. Tous les successeurs appliqueraient à quelques degrés près, les mêmes politiques d’escroquerie et de prédation. C’est le système de la liberté despotique du profit lui-même qu’il faut éradiquer en commençant par comprendre que toute négociation est un traquenard destiné à briser la lutte. 

Le mouvement social n’en est qu’à ses débuts mais il ira loin même si ce loin est encore éloigné car la crise de la dictature du marché mondial va prochainement tout faire exploser, industriellement, monétairement et bancairement… 

À bas les carriéristes, les donneurs de leçons et tous les récupérateurs qui posent leur candidature pour « structurer » le mouvement ! 

À bas les chefs et tous les falsificateurs qui entendent canaliser et chapeauter le combat pour l’assagir, le divertir et le faire mourir dans des cahiers de somnolence ! 

À bas les gadgets référendaires et l’arnaque des débats citoyens pour améliorer la misère et nous manipuler dans les parleries débiles de l’asservissement repeinturluré ! 

Non à toutes les foires électorales et d’abord celle de l’esbroufe européenne. Non à toutes les refondations du contrat social de la domestication… 

NOUS REFUSONS DE DEMEURER ASSIGNÉS DANS LE MONDE DU CHIFFRE D’AFFAIRES… 

NOUS N’ACCEPTERONS JAMAIS QUE NOTRE VIE SOIT UN ARTICLE DE COMMERCE ENFERMÉ DANS LES VOTATIONS MORTIFÈRES DU SUFFRAGE UNIVERSEL DE LA CITÉ DU CAPITAL … 

VIVE la grève générale sauvage et illimitée pour un monde anti-mercantile qui corresponde aux seuls besoins de l’humain ! 

VIVE LA COMMUNE !

Des humains sans étiquette qui entendent bien demeurer in-contrôlables… 

= = =

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

Le texte ci-dessus en version PDF:

lettre ouverte au technicien de surface financier…

 


Vive la Commune !

Club des Gilets Jaunes de Montreuil (93): Discussion sur la France des sections et des communes, clubs dans le révolution française…

Posted in actualité, altermondialisme, gilets jaunes, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 5 janvier 2019 by Résistance 71

En amuse-gueule pour celles et ceux qui pourront participer à cette assemblée et aussi pour tous ceux qui désirent en savoir plus sur le sujet, nous avons compilé et republié certains textes ayant trait à cette période de la révolution française (1791-1794), qui fut sans doute la seule période où le peuple organisé influa sur les destinées internes du pays avant d’être écrasé dans le sang par les jacobins et leur révolution bourgeoise capitaliste. La France des sections, auto-organisée depuis les communes a fait trembler le pouvoir bourgeois installé aux commandes depuis 1789. Cette France représentant le souffle révolutionnaire réel, qui fut étouffée par le pouvoir coercitif de l’argent personnifié dans l’état-nation bourgeois pour nous donner ce que nous vivons au quotidien, ne demande qu’à ressurgir aujourd’hui… Aidons-là!

A (re)lire et diffuser sans modération:

JP-Marat_Les_chaines_de_lesclavage_Ed_Fr_1792 (ce texte fut initialement publié par Marat en 1774 soit 15 ans avant la révolution, le texte présenté ici en PDF est la version de la réédition de 1792)

Les_amis_du_peuple_révolution_française

JP_Marat_625numéros_de_L’ami_du_peuple

~ Résistance 71 ~

 


La France des Sections

 

1ère séance du club des GJ de Montreuil (93), Sophie Wahnich sur la révolution française et la France des sections, des clubs et des communes

 

Paris-Luttes Info

 

3 janvier 2019

 

Source: 

https://paris-luttes.info/1ere-seance-du-club-gj-montreuil-11403?lang=fr

 

Pour entamer son cycle de rencontres, le Club des Gilets jaunes de Montreuil accueillera l’historienne de la Révolution française Sophie Wahnich qui reviendra sur l’histoire des sociétés populaires au cours de la Révolution française (sections, communes, clubs, etc).

« Société populaire, réinvention, acte I »

– RDV le vendredi 11 Janvier 2019 à la Parole errante 9, rue François Debergue M°Croix de chavaux

Pour entamer son cycle de rencontres, le Club des Gilets jaunes de Montreuil accueillera l’historienne de la Révolution française Sophie Wahnich qui reviendra sur l’histoire des sociétés populaires au cours de la Révolution française (sections, communes, clubs, etc).

Il s’agira par là d’arracher cette histoire insurrectionnelle à la contre-révolution libérale et nationaliste qui l’a tronquée, démoralisée et capturée en la mettant au service du grand récit de l’ordre. L’occasion de réveiller les imaginaires, de travailler les écarts avec la situation présente, et peut-être de concevoir des formes de traduction entre hier et aujourd’hui.

L’exposé de Sophie Wahnich devrait graviter autour des questions suivantes : quelles étaient les dynamiques et les tensions qui travaillaient ces sociétés populaires ? Comment le pouvoir en leur sein a-t-il été confisqué par quelques-uns ? De quelle manière les femmes ont-elles fait irruption sur la scène publique ? Que recouvrirent les termes d’« étranger » et de « français », au gré des évènements et des positionnements ? Quel rôle a joué la déclaration des droits dans l’action populaire ? Comment l’usage nécessaire de la violence a-t-elle été tout à la fois encouragée et limitée ?


En deçà du contenu des discussions, l’enjeu de ce club est de parvenir à tenir dans la durée une double exigence :

1° Affirmer et vérifier la capacité de n’importe qui à prendre part à la formulation des problèmes et à l’expérimentation des solutions.

2° Tenir ensemble, à distance de toute exercice scolaire, l’intelligence du moment politique présent, et les logiques d’organisation et d’action collectives.

Ce qui appelle tout un chacun.e à la plus grande attention pour que cette double exigence soit respectée et maintenue vivante.

En préparation de la venue de Sophie Wahnich, une séance d’arpentage se déroulera vendredi 4 Janvier, à 19h30 à la librairie Michèle Firk (9, rue François Debergue) à Montreuil.

Elle consistera à lire et échanger par petits groupes sur des extraits du livre « L’intelligence politique de la révolution française » de Sophie Wahnich (Éditions Textuel), puis à partager ce que les uns et les autres ont compris lors d’un échange en plénière.

Manière de mettre au travail en amont la pensée de Sophie Wahnich tout autant que de mettre chacun en situation de réfléchir, de s’exprimer et de construire un espace commun.

D’autres rendez-vous du club devraient être prochainement annoncés…