Archive pour gilets jaunes contre l’état

Progrès technotronique et marche programmée vers notre destruction : faits et solutions (Résistance 71) 2/2

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GJVH

I. Les faits

II. Les solutions :

La marche vers notre rédemption…
Si nous ne les laissons pas faire

Résistance 71

20 novembre 2022

Le texte complet en PDF dans une superbe réalisation de Jo en un temps record :

Marche_programmee_vers_notre_destruction_faits-et-solutions (PDF)

Nous l’avons dit en dernière instance dans notre analyse précédente : tout est une question d’attitude, de relation, de rapport, entretenus avec le système et ses institutions. Celui-ci perdure parce que nous l’acceptons, nous avons été persuadés individuellement et collectivement dans les grandes largeurs, sur une longue durée, par une puissante propagande ne servant qu’une caste élitiste qui a perduré au fil des siècles car si l’Homme crée le système, le système finit par créer les humains qui le perpétuent, Cette propagande nous explique dans les grandes largeurs que “l’humain est mauvais”, que nous “sommes incapables de nous gérer convenablement” et que la “seule gouvernance possible est celle de l’État, de ses institutions et de la production en mode capitaliste, seul chemin progressiste de l’humanité”, que la gouvernance de “quelques personnes meilleures, qui ‘savent’ mieux que nous ce qui est bon pour nous” et le mieux qu’on puisse faire… Nous avons été endoctrinés dans ce paradigme de la falsification à grand renfort  de déclarations péremptoires, d’abus d’autorité voire de mensonges tant politiques que scientifiques. L’ensemble institutionnel a brossé et maintient sous le paillasson tant que faire se peut, la réalité de l’histoire de l’humanité commencée il y a quelques 2 millions d’années et qui n’a vu les prémices du développement étatique institutionnel centralisé qu’il n’y a que quelques 5000 ans et encore, sporadiquement et dans des sociétés qui passèrent alternativement au cours de siècles, d’un mode de fonctionnement non coercitif à un mode de fonctionnement coercitif selon des circonstances le plus vraisemblablement géo-économico-politiques, ces faits ont été établis par les archéologues et anthropologues dans leurs recherches de ces dernières décennies. La “nature humaine” est complexe et ne se résume en rien au dicton hobbésien de “l’homme est un loup pour l’homme”, constat erroné si utile à la doxa oligarchique dominante en place en renfort des élucubrations darwinistes sociales qui cimentent jusqu’ici les murs de la tyrannie étatico-marchande, qu’on pourrait aisément penser qu’il fut créé sur mesure comme outil propagandiste idoine.

Pour en savoir plus sur ce sujet, nous vous invitons à (re)lire la compilation de nos deux essais de 2017 et 2019 : “Du chemin de la société vers son humanité réalisée”, qui résume et analyse les dernières conclusions archéologiques et anthropologiques sur 2 millions d’années de l’histoire de l’humanité et montre le chemin potentiel de notre (r)évolution sur un véritable chemin progressiste et non pas sur celui proposé par la fange sectaire qui perpétue le système en place de domination et de mise en esclavage final.

Volontairement ou involontairement, nous nous engageons quotidiennement dans une relation avec les institutions et le système en place. Le simple fait de nous rendre à notre travail, que souvent nous détestons, nous fait remplir la base du contrat social que nous avons avec la société telle qu’elle est agencée aujourd’hui. Nous passons notre vie à acquiescer à des choses que nous n’approuvons pas forcément, mais que nous faisons par mimétisme social et par souci de conformité de groupe. La “peur du gendarme” a créé des réflexes pavlovien du style, je vois un gyrophare, je lève le pied, même si je suis dans la limite… Toute notre vie sociale est construite de petites et plus grandes interactions sociales faisant de nous les maillons d’une chaîne sociale faisant fonctionner une société assimilée aux concepts modernes d’état-nations et leur réforme en cours d’avènement, qui verra leur fusion avec la grande entreprise et finance transnationales (concept du Nouvel Ordre Mondial aujourd’hui rebaptisé Grande Réinitialisation ou Great Reset, sous les auspices mercantiles tyranniques d’un scientisme débridé incarné par le Forum Economique Mondial / FEM / Davos de Klaus Schwab et consorts et leur idéologie totalitaire technocrate, qui ne font qu’exécuter au grand jour ce qui a été décidé en catimini parfois des années auparavant dans des réunions de type Bilderberg et autre). Ce système à géométrie variable allant de la social démocratie douce aux pires dictatures de “droite” comme de “gauche”, les deux systèmes financés et entretenus par les mêmes pouvoirs visant un contrôle absolu, ne perdure que par notre aveuglement et notre obéissance volontaire ou forcée, l’épisode de l’injection ARNm étant là pour nous faire comprendre cette réalité : j’obéis à l’injonction d’inoculation ou je me vois contraint de le faire sous de multiples pressions (perte d’emploi, refus d’accès, discrimination, ostracisation etc…). Là réside une croisée des chemins individuelle : obéissance ou désobéissance avec les conséquences que chaque choix implique.

Cela nous amène au point clef suivant : tout choix est avant tout INDIVIDUEL. Une personne décide de faire ou non quelque chose de son propre chef, forcée ou non est aléatoire, le choix (éclairé ou non) est individuel. Tout part de l’individu pour ensuite rayonner vers un groupe de pairs. Obéir ou désobéir est une décision personnelle, la prise de décision l’est, comment on en arrive à faire un choix peut être manipulé certes, mais le choix en lui-même est individuel.

Tout part de la décision individuelle et doit rayonner vers un groupe ayant un but commun, pour se faire, il faut se chercher, se trouver, communiquer. Obéir aux injonctions nous voit rejoindre une majorité où il est facile de se reconnaître, désobéir aux diktats dominants nous met derechef dans la minorité, il faut donc nous trouver et nous assembler, réfléchir et créer ensemble des zones de pensée et d’action libérées. Tout part de là et cela implique une recherche et une action locale, un épanouissement dans l’entraide, la coopération, à l’image de ce qu’il s’est produit sur les ronds-point Gilets Jaunes de 2018 à 2020, c’est cet esprit organique qu’il nous faut construire plus avant et faire rayonner à grande échelle dans les communautés / communes se développant horizontalement de manière interconnectées et gérant nos vies selon des critères altruistes et coopératifs. 

La solution à la pourriture étatico-marchande en phase terminale de dégénérescence tyrannique n’est pas unique, il y a une myriade de solutions locales mais toutes ont un point commun : la compréhension de l’obsolescence et de la toxicité finale de la société telle qu’actuellement agencée et la volonté individuelle et collective de mettre en place non pas une “réforme” du système qui est depuis bien longtemps au-delà de toute rédemption possible, mais un nouveau type de société fondée sur nos racines humaines profondes de solidarité, d’entraide, d’amour, d’action de bien commun pour un intérêt général bien compris de tous, hors caste, hors marchandise, hors valeur d’échange, hors argent et hors salariat. Une société organique de la complémentarité et non plus de l’antagonisme, une société dont l’esprit, l’âme, sera le bien-être de toutes et tous dans le respect mutuel des uns et des autres et de l’environnement de la Terre-Mère. Une société qui ne pensera plus “conquête”, “gains”, “profit”, “pouvoir”, “division”, “tromperie”, “mensonge” et “guerre de castes/classes”, mais qui pensera “bien-être”, “harmonie”, “entraide”, complémentarité”, “coopération”, “partage”, “commune”, “amour”, “sincérité” et “égalité”. Ce type de société a existé et existe toujours dans des conditions souvent plus précaires. Pensons à ce que nous pourrions réaliser, ce que la créativité humaine, non bridée par des dogmes de caste pourrait faire, avec les moyens technologiques que nous avons aujourd’hui. Car ne nous leurrons pas : la technologie per se est amorale, ni bonne, ni mauvaise, ce qui l’est, c’est l’usage qu’on en fait. Le monde de gestion technotronique actuel, cette dictature scientiste du privilège exacerbé, cette société de la réification absolue de tout et tout le monde, nous mène via un usage malfaisant et toxique de la technologie à la perte totale de notre humanité au profit d’une oligarchie hors sol possédant tous les leviers d’action pour mettre en place une dictature planétaire technotronique.

Ce système toxique et destructeur, eugéniste et génocidaire balancé par dessus-bord verra la société humaine retrouver ses racines profondes communes d’entraide et de solidarité, ces racines dormantes mais toujours bien présentes. L’homme n’est pas un loup pour l’homme, la guerre n’est pas dans la nature humaine. La violence est une construction sociale, elle perdure dans un environnement toxique créant des rapports et relations tout aussi toxiques et n’est en rien inéluctable. Dépasser les rapports antagonistes est une des clefs de la réussite. L’antagonisme est apparent, parfois factice, créé de toute pièce, parfois réel en apparence, mais de fait partie d’une complémentarité. Rien ne s’oppose, tout se compose… Voilà la base…

Ainsi, tout part de l’individu et à ce titre, chacun doit :

  • Réfléchir, remettre au goût du jour la pensée critique qui mène à l’action critique
  • Remettre en cause tout ce qui semble être acquis de notre connaissance institutionnalisée
  • Rechercher l’information depuis des sources alternatives ou officielles jetées aux oubliettes (il y en a plus qu’on le croit, des historiens comme Howard Zinn et Anthony Sutton firent leurs recherches et publièrent alors qu’ils étaient dans le système avant de devenir des “figures” de l’alternatif et de la dissidence…)
  • Comprendre que nous sommes dans une guerre de l’information contre un ennemi tout puissant parce qu’on le laisse manœuvrer à sa guise. Chacun doit se documenter et diffuser l’information autour de soi, même si on a l’impression parfois de prêcher dans un désert, notre expérience de plus d’une décennie nous a enseigné une chose certaine : personne ne peut savoir qui il touche en diffusant de l’info vitale pour la compréhension et le changement de notre réalité… Nous avons ouvert bien des esprits dans des endroits insoupçonnés, nous sommes loin d’être les seuls…
  • Ne jamais sous-estimer (ni sur-estimer bien sûr…) le pouvoir de l’individu. Tout part d’une personne ou de plusieurs personnes qui, concertées ou non, dit/disent NON ! Et ne recule plus sur tel ou tel sujet, tel Rosa Parks dans son bus qui le 1er décembre 1955, déclencha le mouvement des droits civiques afro-américain sans le savoir, parce qu’elle décida de son propre chef que la ségrégation au quotidien devait finir. Une personne, une décision, une action, un NON ! qui résonna dans le monde entier. Question : pourquoi croyez-vous que l’oligarchie dépense des milliards pour garder l’individu dans l’ignorance de tout ? Parce qu’elle est terrifiée à l’idée qu’un individu éveillé et conscient puisse s’associer librement à ses semblables pour changer à jamais la réalité sociale imposée et maintenue par la force par le plus petit nombre.
  • Ignorer le vieux monde, le vieux système et se consacrer à la création du nouveau.

De là s’ensuit :

  • La nécessité d’une action de recherche d’association libre. Chacun cherche et s’assemble avec ses semblables, quels semblables ? Seul critère : la recherche active et critique de la réalité vécue localement et la volonté individuelle et maintenant collective de la changer hors système, en association libre d’action politique et sociale horizontale avec pour seul objectif le bien commun…
  • Ceci peut se passer dans chaque village, ville, quartier, lieu de travail, lieu de loisir, université, centre de formation, trouver sans cesse l’opportunité de communiquer PHYSIQUEMENT avec l’autre et rechercher similarité et complémentarité…
  • Commencer collectivement des actions de changement en quelque domaine que ce soit, d’abord en restant dans les clous en s’appropriant les zones de flou, puis pas à pas en sortant du système sachant qu’à un moment donné, la désobéissance civile deviendra inévitable et qu’il faudra l’assumer et toujours refuser d’obéir et de plier aux diktats oligarchiques et ses forces de répression.
  • Un des buts devrait être la création de zones autonomes qu’elles soient temporaires ou définitives, fixes ou mobiles, zones accueillant toutes celles et ceux désirant fonctionner en association libre toujours en recherchant la connexion avec les zones autonomes créées ailleurs.
  • Créer un réseau horizontal, acéphale, impossible à infiltrer clandestinement en pensant sans cesse que le système ne peut pas décapiter un mouvement qui n’a pas de tête. En ce sens, le mouvement des Gilets Jaunes tenaient le bout bout => TOUT LE POUVOIR AUX RONDS-POINTS !
  • Rechercher à étendre les zones autonomes pour qu’elles deviennent des communes actives, productives, horizontales, associées librement à d’autres et produisant biens et services uniquement pour le bien commun sans passer par la case “marchandise et fric”, court-circuitant ainsi les rouages du système.
  • Comprendre et admettre qu’il n’y a pas de “solution unique”, de “balle d’argent” qui va tuer d’un coup le loup-garou étatico-marchand et que nous devons œuvrer pour des solutions à géométrie variable selon les besoins et les capacités locales tout en étendant le réseau de fonctionnement organique de manière exponentielle au fur et à mesure que l’effet boule de neige fait basculer toujours plus de gens dans la nouvelle réalité de la société des sociétés…
  • Communiquer, écrire, diffuser les expériences individuelles et collectives. Partager le savoir, le savoir-faire, l’expérience avec autant de personnes possibles. Utiliser les espaces communs gagnés sur la pourriture dégénérée pour produire de l’utile pour tous, en quelque domaine que ce soit.
  • Enseigner par l’exemple : c’est en voyant le succès que les cœurs et les esprits se gagnent, qu’un plus grand nombre se joint à l’effort collectif dans une prise de décision individuelle, comme cela se produisit dans les collectifs aragonais en 36.
  • Là encore, collectivement ignorer le vieux monde et se consacrer à développer notre nouvelle réalité. Œuvrer à faire sauter les verrous institutionnels qui empêchent la redilution du pouvoir dans le corps social, là où il est particulièrement soluble et efficace ; court-circuiter le système en le rendant définitivement obsolète par la superposition des associations libres sur les structures effritées de l’état-marchand.

En définitive, la croisée des chemins se présente et l’oligarchie est sans équivoque à ce sujet, leur choix est la destruction de l’humanité telle que nous la connaissons pour mener le monde dans une dictature religieuse scientiste technotronique transhumaniste. La crise COVID et la manipulation génétique à ARNm n’est qu’un outil de contrôle supplémentaire. 

L’autre chemin est celui de notre humanité enfin réalisée dans une société horizontale faite d’amour et  de coopération au sein d’un réseau planétaire d’associations et d’entraide libres et altruistes ayant vaincu les mirages de la pathologie étatico-marchande. Ce chemin est tout aussi réel, il convient de le débroussailler. Notre génération est la génération éclaireuse, pionnière de cette nouvelle réalité qui bourgeonne. Tournons le dos à l’abomination de la déchéance transhumaniste totalitaire et avançons sur le chemin de notre humanité enfin réalisée. Rejetons le laid, la perversion et la haine et embrassons la beauté, l’amour et l’harmonie naturelle qui nous tendent les bras depuis toujours. Retournons dans le sein de notre nature profonde véritable et rappelons-nous de ces sublimes paroles du grand Jacques qui nous disait juste avant de mourir : “Toi, toi si t’’étais le bon dieu, mais toi tu es beaucoup mieux… tu es un Homme !”

La croisée des chemins qui arrive nous propose deux directions très simples : d’un côté la mort… de l’autre la Vie ! C’est toujours une question de CHOIX  individuel d’abord et avant tout, collectif quasi simultanément ! Puisse t’il enfin être éclairé !

Résistance 71
19 novembre 2022

Lectures complémentaires :

“Du chemin de la société vers notre humanité réalisée” Résistance 71, 2019, PDF)

“Que faire ?” (Résistance 71, 2010, PDF)

« Petit précis sur la société et l’État », Résistance 71, PDF

“L’essentiel de Résistance 71 2010-2021”, PDF

Notre page “Coronavirus, guerre contre l’humanité” (mise à jour depuis 2019)

« Stopper la dictature technotronique », JBL1960, PDF

“L’art de ne pas être gouverné”, James C. Scott, PDF

« Appel à la vie contre la tyrannie étatique et marchande », Raoul Vaneigem, 2019, PDF

Et aussi

Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Résistance politique : le séisme Gilets Jaunes (David Graeber)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 24 septembre 2022 by Résistance 71

DG1

Les Gilets Jaunes montrent à quel point le terrain bouge sous nos pieds

David Graeber*

Décembre 2018

(*) David Graeber (1961-2021) anthropologue politique anarchiste, fut professeur à la London School of Economics après avoir été viré de Yale pour raisons politiques. Il est l’auteur d’un grand nombre d’ouvrages de recherche tels : “Fragments d’anthropologie anarchiste”, “Dette : les 5000 premières années”, “Bullshit jobs”, “Possibilités” et son dernier ouvrage avant son décès, conjointement avec l’archéologue David Wengrow “L’Aube de tout, une nouvelle histoire de l’humanité” dont nous traduirons et publierons de larges extraits avant la fin de l’année. Il fut un des activistes proéminents du mouvement Occupy Wall Street et une figure de la gauche académique anglo-saxonne.

=> Lire David Graeber sur Résistance 71 et sur notre page “anthropologie politique”.

Cela me frappe que la profonde confusion, voire même l’incrédulité, démontrées par les commentateurs français, plus même, par les commentateurs mondiaux, devant chaque acte successif du drame des Gilets Jaunes, approchant maintenant rapidement un climax insurrectionnel (NdT: Graeber avait raison en décembre 2018, ce fut très très chaud jusqu’en février 2019, l’Élysée fut bien près de tomber…), soit le résultat d’une presque totale incapacité de prendre en compte que les manières dont le pouvoir, le travail et les mouvements alignés contre le pouvoir, ont changé ces 50 dernières années et particulièrement depuis 2008. Les intellectuels [de gauche] ont pour l’essentiel fait un pathétique travail de compréhension de ces changements.

Laissez-moi commencer par offrir deux suggestions en ce qui concerne la source d’une partie de cette confusion :

1. Dans une économie totalement financiarisée, seuls ceux très proches des moyens de création monétaire (essentiellement, les investisseurs et les classes professionnelles de la gestion), sont en position d’employer le langage de l’universalisme. En résultat, toutes demandes politiques étant basées sur des intérêts et des besoins particuliers, ont eu tendance à être traitées comme des manifestations de l’identité politique et dans le cas de la base sociale des Gilets Jaunes, ceci ne peut donc pas être imaginé comme autre chose que proto-fasciste.

2. Depuis 2011, il y a eu une transformation mondiale des assomptions de sens commun sur ce que devrait vouloir dire de participer à un mouvement de masse démocratique, du moins au sein de ceux ayant le plus de chances d’y participer. Les vieux modèles “verticaux” avant-gardistes d’organisation ont rapidement laissé la place à un ethos d’horizontalité où la pratique démocratique égalitaire et l’idéologie sont ultimement deux aspects de la même chose. L’incapacité de comprendre cela donne la fausse impression que des mouvements comme celui des Gilets Jaunes sont anti-idéologiques, voire même nihilistes.

Laissez-moi vous présenter quelques données de fond au sujet de ces assertions.

Depuis que les Etats-Unis ont largué en rase campagne l’étalon or en 1971, nous avons été les témoins d’un profond glissement de la nature du capitalisme. La vaste majorité des profits entrepreneuriaux maintenant ne dérivent plus de la production ni même du marketing de quoi que ce soit, mais de la manipulation du crédit, de la dette et des “loyers régulés”. Alors que les gouvernements et les bureaucraties financières deviennent de plus en plus imbriqués, il devient de plus en plus difficile de les distinguer l’un de l’autre, la richesse et le pouvoir tout particulièrement, le pouvoir de créer l’argent (c’est à dire le crédit), devient aussi la même chose. C’est ce sur quoi nous attirions l’attention lors du mouvement Occupy Wall Street lorsque nous avons parlé des fameux “1%”, ceux qui ont la capacité de tourner leur richesse vers l’influence politique et cette influence politique, en retour, vers plus de richesse…

Malgré cela, les politiciens et les commentateurs des médias refusent systématiquement de reconnaître les nouvelles réalités, par exemple, dans le discours public, il est toujours de bon ton de parler de la politique fiscale comme étant le moyen principal du gouvernement de lever des revenus pour financer ses opérations, alors que c’est en fait devenu de plus en plus le moyen de 1) s’assurer que le moyen de la création de crédit ne puisse jamais être démocratisé (car seul un crédit officiellement approuvé est acceptable en paiement d’impôts) et 2) de redistribuer le pouvoir économique d’un secteur social à un autre.

Depuis 2008, les gouvernements ont injecté du nouvel argent dans le système, qui, en accord avec le célèbre effet de Cantillon, a eu tendance à augmenter de manière disproportionnée la richesse de ceux qui détiennent les biens financiers et les alliés technocrates des classes professionnelles gestionnaires. En France, bien évidemment, ceux-ci sont exactement les macronistes. Les membres de ces castes ressentent qu’ils sont la personnification de tout possible universalisme, leurs conceptions de l’universalisme étant fermement enracinées dans le marché, ou de manière de plus en plus importante, cette atroce fusion entre le marché et la bureaucratie qui constitue l’idéologie régnante de ce qui est appelé le “centre politique”. Les travailleurs, dans cette nouvelle réalité centrée se voient de plus en plus refuser toute possibilité à l’universalisme, car ils ne peuvent pas se le permettre financièrement. [celui-ci étant devenu une commodité]

La capacité d’agir pour la planète par exemple, plutôt que par les exigences de la survie, est maintenant un effet secondaire direct des formes de création monétaire et de la distribution gestionnaire des loyers ; quiconque est forcé de ne penser qu’à soi ou aux besoins immédiats de sa famille est perçu comme affirmant et démontrant une certaine identité ; et alors que certaines identités pourraient être être pardonnées de manière bien condescendante, celle de la “classe travailleuse blanche” ne peut prendre que la forme de racisme. On a vu la même chose aux Etats-Unis, où des commentateurs libéraux, gauchisant, ont réussi à argumenter que les mineurs de charbon des Appalaches avaient voté pour Bernie Sanders, un juif socialiste, et que ceci ne pouvait être quelque part que l’expression d’un racisme ; tout comme il en va de même avec cette étrange insistance que les Gilets Jaunes doivent être des fascistes, même s’ils ne l’ont pas encore compris.

Ceci représente des instincts profondément anti-démocratiques.

Pour bien comprendre l’appel du mouvement [des Gilets Jaunes], c’est à dire, l’émergence soudaine et la propagation comme une traînée de poudre, d’une politique véritablement démocratique, voire même insurrectionnelle, je pense qu’il y a ici deux facteurs très largement ignorés à prendre en considération.

Le premier est que le capitalisme financier implique un nouvel alignement des forces de classe, surtout la caste techno-manageuriale qui emploie de plus en plus de personnes dans une foule de “bullshit jobs” en tant que redistribution systémique néolibérale, contre une classe du travail qui est maintenant mieux vue comme la “classe de l’attention”, comme ceux qui bichonnent, s’occupent, entretiennent des “producteurs” plus que démodés. Un effet paradoxal de la numérisation est qu’alors que cela a rendu la production industrielle infiniment plus efficace, cela a rendu aussi la santé, l’éducation et autre secteur social de plus en plus sans travail, donc ceci combiné avec la diversion des ressources vers la caste administrative sous un régime néolibéral (en attente de coupes sévères dans les budgets sociaux, ce qui est en marche…), cela veut dire que pratiquement partout, ce sont les enseignants, les infirmières, les personnels sociaux et para-médicaux et autres membres de la caste des services qui se sont retrouvés au front pour la contestation et la militance du travail… [où sont les ouvriers de plus en plus remplacés par une technologie IA ?…]

Les clashes entre les ambulanciers et les forces de police à Paris la semaine dernière peuvent être pris comme un symbole vivant des nouvelles forces en présence. Une fois de plus, le discours public n’a pas encore compris les nouvelles réalités qui se font jour, mais avec le temps, nous allons devoir nous poser de toutes nouvelles questions : non pas quelles formes de travail peuvent être automatisées par exemple, mais lesquelles désirerions-nous qu’elles le soient et lesquelles ne le désirerions-nous pas ; pendant combien de temps allons-nous encore continuer de maintenir en place un système dans lequel plus vous travaillez à aider les autres et moins vous êtes payés pour le faire ?

Secondo, les évènements de 2011, à commencer avec les “printemps arabes” et avec les places des mouvements Occupy, paraissent avoir marqué une cassure fondamentale dans le sens commun politique. Une manière de savoir qu’à un moment donné une révolution mondiale a eu lieu est que les idées qui étaient considérées comme folie peu de temps auparavant deviennent les assomptions de base de la vie politique. La structure horizontale, sans leader et de démocratie directe adoptée par le mouvement Occupy Wall Street par exemple, était presque universellement considéré comme idiotique de manière caricaturale et non pratique à l’emploi et dès que le mouvement fut supprimé, fut prononcé comme la raison de son “échec”. Cela était sans doute exotique de tirer non seulement sur l’ambulance de la tradition anarchiste, mais aussi sur le féminisme radical et même sur certaines formes de spiritualité indigène.

Mais il est maintenant devenu clair que c’est devenu le mode par défaut d’organisation démocratique partout, de la Bosnie au Chili en passant par Hong Kong et le Kurdistan. Si un mouvement démocratique de masse émerge, c’est la forme qu’il peut maintenant prendre le plus souvent. En France, Nuit Debout fut peut-être le premier à embrasser l’horizontalité à grande échelle, mais le fait qu’un mouvement originellement de travailleurs ruraux et de petites villes de province et de travailleurs indépendants, ait spontanément adopté une variation de ce modèle, montre juste à quel point nous sommes immergés dans un nouveau sens commun de la véritable nature de la démocratie.

La seule caste de personnes qui ne semble pas être capable de saisir cette nouvelle réalité est celle des intellectuels. Tout comme durant Nuit Debout, beaucoup de ces “leaders” auto-proclamés ont semblé incapables ou sans intérêt à accepter l’idée que les formes horizontales d’organisation étaient en fait une forme d’organisation (ils ne pouvaient pas comprendre la différence essentielle entre le rejet pur et simple d’une hiérarchie d’organisation pyramidale et le chaos total), ainsi maintenant, les intellectuels de gauche comme de droite affirment que les Gilets Jaunes sont “anti-idéologiques”, incapables de comprendre que pour des mouvements sociaux horizontaux, l’unité de la théorie et de la pratique (ce qui pour les anciens mouvements sociaux radicaux tendaient plus à se produire en théorie qu’en pratique), existe de fait dans la pratique. Ces nouveaux mouvements n’ont besoin en rien d’une avant-garde intellectuelle pour leur fournir une idéologie parce qu’ils en ont déjà une : le rejet de l’avant-garde intellectuelle et l’adoption de la multiplicité et de la démocratie horizontale sans leadership.

Il y a un rôle pour les intellectuels dans ces mouvements, certainement, mais cela devra impliquer moins de parlotte et plus d’écoute.

Aucune de ces nouvelles réalités, que ce soit celle des relations argent-pouvoir ou la nouvelle compréhension de la démocratie, ne va cesser d’être dans un futur proche, quoi qu’il arrive dans le prochain acte du drame en cours. Le terrain a bougé sous nos pieds, et nous avons tout intérêt à penser où réside notre allégeance : avec la pourriture universaliste du pouvoir financier, ou avec ceux qui agissent au quotidien se préoccupant de rendre la société possible et meilleure.

= = =

Voir notre dossier « Gilets Jaunes »

4 textes modernes pour changer notre réalité

« Du chemin de la société vers son humanité réalisée » (Résistance 71, 2019)

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Tout le pouvoir aux ronds-points !…

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Dernière ligne droite de la mascarade électorale : BOYCOTT de cette infamie de l’illusion démocratique !

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18 avril 2022

Trente images et slogans pour une abstention politique massive suivie d’une action directe dans l’association libre anti-autoritaire pour l’avènement final  de la Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée. L’heure est venue de nous émanciper définitivement !
BOYCOTT de l’élection !
Voter c’est abdiquer !
Voter c’est se soumettre au diktat de contrôle et d’oppression !
Voter c’est participer à l’illusion démocratique !
Voter c’est acquiescer à la mascarade de l’oppression marchande !
Voter c’est valider le système !
A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! A bas le salariat !
Tout le pouvoir aux assemblées populaires !

Abstention Politique et Associations Volontaires

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Tout le pouvoir aux ronds-points !…

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FNcit1

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gauloispenseur

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Gouvdisparition

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GJ10

Résistance !…

JeanMoulin

PL

marcosA

VLC4

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GJ1
En chacun de nous sommeille un Communard universel…
Réveillons-le !

Devant la dictature de la peur et de l’angoisse organisées par le coronacircus, organisons la désobéissance civile et embrassons l’esprit communard universel (Collectif Guerre de Classe)

Posted in actualité, crise mondiale, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 23 avril 2021 by Résistance 71

stress

Une nouvelle convergence d’analyse et osmose de solution se réalise.
Le 30 janvier dernier nous publiions “État des lieux avant chambardement”, le 24 février dernier, nous publiions en complément “Ce qui nous est promis”, en rapport au Coronacircus, la mise en place de la dictature technotronique planétaire permettant une énième mutation du capitalisme vers son devenir aléatoire de précipitation dans les oubliettes de l’histoire et la solution collective que nous devrons y apporter.
Cette analyse du collectif Guerre de Classe que nous reproduisons ci-dessous vient parfaitement s’emboiter et compléter notre analyse et ne pouvons que nous réjouir de ce constat de convergence et de complémentarité.
Ce qui est notable est que malgré l’origine différente et à première vue antagoniste de nos analyses, il y a convergence de vue, de finalité et total accord sur la solution à venir. Ceci ne fait que nous conforter dans cette idée que nous promouvons depuis déjà un bon moment, à savoir que finalement l’idée commune (avec ou sans jeu de mot…) existe, l’analyse juste de notre réalité historique, quelques soient les outils utilisés, mène à un fond universel qui ne peut à terme qu’exploser à la vue et compréhension de toutes et tous. Le problème commence lorsqu’on laisse l’Idée s’habiller des oripeaux du dogme et donc de la division. Le défi est d’aller au-delà de l’antagonisme factice, fabriqué à dessein et savamment piloté pour un contrôle oligarchique de la dissidence et de rechercher la complémentarité symbiotique et donc unificatrice dans la radicalité des choses, c’est à dire à leur racine profonde.
Par delà les guéguerres de clochers, le “bien et le mal” arbitrairement posés, convergeons vers notre seul intérêt commun, celui du bonheur de chacun par le bonheur de tous dans une société des sociétés qui mettra en place la Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée.
Avec GDC clamons ensemble : A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent et A bas le salariat ! Ravivons la désobéissance civile et l’esprit communard réincarné récemment par l’esprit Gilet Jaune, ce seul esprit qui fait trembler le système et le déboulonnera à terme, qui fait chier dans son froc l’oligarchie, la faisant fantasmer sur la terreur thermidorienne et versaillaise, outil de la réaction de la bassesse étatico-capitaliste à l’élan insurrectionnel organique de cet esprit communard indomptable et indompté.

Tout le reste n’est que pisser dans un violon car il n’y a pas et ne saurait y avoir de solution au sein du système…

Qu’on se le dise !

Dans l’esprit de Cheval Fou

~ Résistance 71 ~

vive_la_commune!
Tout le pouvoir aux ronds-points !…

Le Coronamensonge étatique mondial qui nous gouverne depuis plus d’un an, tente pitoyablement de faire de la Peur et de l’Angoisse, le moteur permanent de l’Histoire afin d’essayer d’en faire disparaître la Lutte des Classes…
Mais il n’y parviendra pas…

Collectif Guerre de Classe

21 avril 2021

url de l’article original :
http://guerredeclasse.fr/2021/04/21/le-coronamensonge-etatique-mondial-qui-nous-gouverne-depuis-plus-dun-an-tente-pitoyablement-de-faire-de-la-peur-et-de-langoisse-le-moteur-permanent-de-lhistoire-afin-d/

La grande mondialisation financière de l’endettement infini qui avait pour fonction de s’ingénier à remédier à la saturation du marché mondial de la libre circulation aliénée des hommes et des marchandises a échoué et a donc enclenché la mystification du Covid-19 comme expérience de vaste déguisement orwellien à l’échelle totalitaire planétaire…

Il fallait en effet, une grande diversion sanitaire pour chercher à dissimuler la faillite du spectacle de la marchandise à bout de souffle… Ce fut donc l’énorme imposture des armes de la dévastation virale qui nous fit ainsi remake intense et surmultiplié de ce que l’on avait dû supporter durant plus d’une décennie de bobards journalistiques sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein… Après la fiole du pauvre clown Colin Powell, sont donc arrivés les mille flacons, prélèvements et ampoules de l’OMS, des saltimbanques Buzyn, Salomon, Véran et autres foultitudes flicardes de la grotesque médecine médiatique du Capital…

Au terme d’un gigantesque et permanent trucage statistique accompagné d’interdits délirants concernant les vraies thérapies efficaces propres aux traditionnelles épidémies saisonnières, le gouvernement du spectacle de la marchandise mondiale a fait – sur fond de démentiels confinements continus – des nouveaux variants incessants et du vaccin infini, la quintessence policière de la science du contrôle social du grand enfermement interminable

L’homme totalement chosifié est donc au bout du vaccin. Et au bout des vaccinations sans cesse reconduites, doit dès lors émerger le trans-humain de la domestication capitaliste totalement réalisée…

Le projet de la folie cybernétique de la tyrannie démocratique de la valeur d’échange est de démanteler le réel humain et de nous convertir en simples appendices commerciaux asservis du fétichisme de la marchandise pour faire de nous la triste foule disciplinée et abêtie de milliards de solitudes machiniques errantes

Le Capital n’a plus d’avenir et cette réalité lui explose au visage… Aussi pour fuir la crise catastrophique du taux de profit, tente-t-il désespérément d’abolir le réel lui-même… A l’heure où la démesure de l’argent universel ne peut plus rien contrôler de la réalité du monde, il s’essaye alors à lui substituer un assemblage fictif de réalités irréelles qu’il pense pouvoir aisément quadriller, un monde virtuel à son image schizophrénique, un monde de démence absolutiste dont il définit morbidement le contenu, l’espace et le temps, de telle sorte que toute perception ne soit plus que la duplication morne et monotone de l’auto-espionnage technologique généralisé de notre propre enfermement atomistique..

Puisque la mise en friche est la seule issue possible pour la sur-production pléthorique du Capital mondial, le spectacle de l’usine globale des hommes partout incarcérés ne peut plus évidemment fonctionner sur le mode du désir de la consommation aliénante… Il n’a plus d’autre choix pour survivre que d’opter pour l’horizon despotique de la crainte et de l’effroi partout industriellement diffusés dans l’infernale paralysie autiste de toute la sur-vie quotidienne …

La distanciation sociale généralisée comme séparation pathologiquement concentrationnaire entre des êtres masqués, terrorisés et dissociés tout à la fois des autres et d’eux-mêmes est ainsi la première obligation de l’inversion du réel et de l’apparition d’un univers fallacieux et chimérique, tout entier occupé et contrôlé par le chaos illimité de l’indistinction marchande… Toute la vie contemporaine dans laquelle règnent les conditions modernes de production du boniment Coronaviral s’annonce comme une immense accumulation de spectacles d’hébétude où le véridique doit être transmuté en fallacieux… Toute la vérité se voit directement défigurée dans la promotion de l’illusoire et du captieux de sorte que les relations humaines soient digitalisées et soumises à l’omnipotente censure des réseaux sociaux du chiffre de la valeur d’échange… La dictature numérique du faux sanitaire est là en charge de normaliser le devenir du monde à coup d’algorithmes totémiques choisissant pour nous les paroles et les pensées autorisées dans le dessein de nous engluer dans l’idolâtrie médicaliste du Capital, l’incompréhension superstitieuse de l’histoire et l’enclos narcissique de l’image qui anéantissent toute capacité séditieuse.

La grande épouvante de la domination pleinement réalisée de la marchandise autocratique, si forte et si faible à la fois, c’est ce retour incendiaire à l’organique récalcitrant qui fait spontanément communauté de lutte et dont les Gilets Jaunes ne furent qu’un préambule… On comprend dès lors que le gardiennage médical et la répression policière aient fusionné dans la surveillance de la surveillance aux fins de retarder au maximum le temps du prochain réveil des luttes de classes…

Issu de l’espace péri-urbain si méprisé par les mégapoles privilégiées de la mondialisation cosmopolite… A l’anti-thèse des syndicats et partis subventionnés du gouvernementalisme de la liberté dictatoriale de l’argent… Totalement aux antipodes des clientèles favorisées de l’immigrationnisme, du sans-papiérisme, du LGBTisme et de l’écolo-boboïsme, ce mouvement – né d’une colère prolétaire profonde – est, par sa nature instinctive, un bouillonnement incontrôlable réellement venu du cœur de l’insubordination humaine. La recherche de la rencontre chaleureuse et de la parole franche aux ronds-points et lors des manifestations, l’aspiration simple et saine de pouvoir vivre hors des diktats du solvable omniprésent démontrent – par la richesse de l’humus historique – que ce qui a émergé hier resurgira demain et dans des niveaux de turbulences incomparables…

Le prolétariat est l’ensemble des hommes dépossédés de leur vie et qui n’ayant plus aucun pouvoir sur celle-ci se trouvent contraints de fournir le travail vivant dont la domination par la grande usine automate globale du travail mort constitue le rapport de production appelé Capital. Aujourd’hui, dans la tyrannie totalement réalisée de la crise historique de la domination de la marchandise, des masses innombrables de paysans, artisans ou commerçants tombent dans le prolétariat lequel apparaît de plus en plus comme la classe universelle des exploités-producteurs de valeur…

De couvre-feux allongés en reconfinements prolongés, les Bistrots et Brasseries où la saveur du vieux goût gaulois réfractaire venait accompagner de cochonnailles, fromages et bons vins, la vieille pensée communarde qui refaisait le monde, sont dorénavant programmés comme devant disparaître puisque l’industrie des mille malbouffes exotiques, américaines, kebabisées et arc en ciel du hors-sol abêtissant doit remporter la mise…

Dès maintenant et face à l’immense dévastation industrielle, commerciale et bancaire qui se prépare, oeuvrons à préparer l’insoumission sociale… Rassemblons- nous et organisons-nous contre les fabulations épidémiques du Coronavirus étatique qui a artificiellement voilé le blocage de la machinerie capitaliste afin d’empêcher que l’on voit justement que le processus d’exploitation mondiale ne parvient plus à pouvoir reproduire sa production…

Pour commencer à préparer l’Avenir, anticipons aujourd’hui, la considérable explosion sociale qui approche !

Ouvrons Bars, Bistrots et Brasseries ! Faisons-en des lieux de joie, d’humour et d’humeur, des espaces critiques où les humains se retrouvent et dénoncent toutes les intox étatiques du capitalisme mondial, en sachant que la belle et sensuelle nutrition de la vie est ennemie de tous les obscurantismes scientifiques de l’ordre marchand…

À bas la tyrannie sanitaire des mensonges du spectacle étatique de la crise finale du Capital !

Vive la Guerre de Classe mondiale du Prolétariat contre tous les Partis et Syndicats de la planète-marchandise et pour un monde sans exploitation ni aliénation !

VIVE LA COMMUNE UNIVERSELLE POUR UN MONDE SANS ARGENT NI ÉTAT !

150ans_commune

desobeissance-civile

France des sections et révolution sociale avec « L’explosion » de Jean-François Varlet, texte d’actualité de… 1794

Posted in actualité, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 10 mars 2021 by Résistance 71

 

“On peut dire qu’il n’y a pas encore eu de révolution dans l’histoire. Il ne peut y en avoir qu’une qui sera la révolution définitive… Les anarchistes, Varlet en tête, ont bien vu que gouvernement et révolution sont incompatibles au sens direct.”
~ Albert Camus, 1951 ~

Une fois de plus, pourquoi ce texte datant de 1794 paraît-il tant d’actualité en 2021 ? Serait-ce parce qu’an fond rien n’a changé ? ou plutôt un changement cosmétique s’est opéré pour que… rien ne change vraiment ? Pourquoi prenons-nous la peine de le republier à 8 jours du cent-cinquantenaire de la Commune de 1871 ? Varlet disait en 1794 : « pour tout être qui raisonne, gouvernement et révolution sont incompatibles… » Varlet avait déjà compris qu’il n’y a pas et ne peut y avoir de solution au sein du système. Il va quand même falloir que ça rentre dans nos têtes de piaf et que nous agissions finalement en conséquence. Ce n’est pas l’échec temporaire de la Commune qui peut contredire ce fait… Que les Gilets Jaunes s’imprègnent de ce texte.
~ Résistance 71 ~

 

 

L’explosion

Périsse le gouvernement révolutionnaire, plutôt qu’un principe (1)

Jean-François Varlet

Du 10 vendémiaire an III de la République, une et indivisible

[1er octobre 1794]

Républicain[s],

Il y a mépris, violation des droits de l’homme, lorsqu’un habitant de la cité est plongé dans les cachots pour avoir défendu les principes de la souveraineté du peuple.
Il y a deuil pour la patrie, lorsque les tyrans qui l’oppriment, triomphent ; lorsque les bons citoyens qui la défendent gémissent.
Il y a patriotisme opprimé, lorsqu’une victime de Lafayette, de la commission des douze, de l’inquisition révolutionnaire, est laissé sous la griffe des ambitieux.
Républicains, le souffrirez-vous ? oubliez les individus, mais pensez aux principes dont ils ont été les propagateurs, et surtout lorsque dans leur zèle désintéressé ils ont fait le bien pour le bien lui-même.
N’en doutez pas, ce sont les vérités crues, dites à la tribune du club électoral qui m’ont valu ma nouvelle retraite au Plessis [prison]. Si du fond du cachot ma pensée peut encore parvenir au peuple, je me réjouis ; les tyrans m’auront en vain persécuté ; ils n’auront fait qu’accroître mon zèle, loin de le rendre impuissant.
Mouchards, recors (2), surveillants à gage, vite sur pieds : je donne le bal aux ambitieux. Ma franchise peut offrir un vaste champ aux délations. Vos témoignages ne seront pas douteux. Vous aurez en main des preuves écrites… Espèce vile ! je n’ai obéi à l’ordre injuste dont vous étiez porteurs, je ne vous ai laissé violer mes foyers, que dans l’espoir de traiter d’égal à égal avec les tyrans, vos maîtres, devant le tribunal du peuple.
On m’accuse de contre-révolution.Je devance ma traduction devant des juges : le fait est constant… Je me regarde comme convaincu, si par contre-révolutionnaire l’on entend l’opposition au gouvernement révolutionnaire. J’obéis provisoirement à sa tyrannie, sans oublier ma portion de souveraineté, par la censure que nous avons tous droit d’exercer sur les décrets rendus. Je me servirai de défenseur officieux ; je plaiderai contre un gouvernement nationicide en faveur de la déclaration des droits de l’homme ; je me porterai accusateur d’une poignée d’ambitieux, assez forts peut-être pour braver la vérité… Qu’importe ! je la dirai.
Je m’immole au bonheur de ma patrie ; là où est le péril, là est le dévouement.
L’Ami du peuple [surnom de Marat] ne se gênait pas ; il nommait les masques : imitons-le.
Le plus déhonté des mandataires du peuple, monsieur Billaud de Varennes, place un foyer de conspiration au club électoral, séant au ci-devant Évêché ; il parle en Barrère de Vieuzac, en baron de Montaut, avec lesquels il fait cause commune. Oui, monsieur Billaud de Varennes a raison ; il doit voir des conspirateurs dans les vrais insurgents du trente et un mai. Mais si, comme à cette époque, ils conspirent avec le peuple, l’audace de ses nouveaux ennemis ne leur garantira pas des succès. L’opprobre, l’ignominie les attendent. Un reste de terreur prolonge un instant leur puissance. Engoués du pouvoir qui les enivre, ils le vouent éternel en leurs mains, et vont dans leur aveuglement jusqu’à oublier que tous les plans d’oppression ont échoué avec leurs auteurs contre la force du peuple. Il n’est point d’heureux scélérats chez un peuple qui veut être libre, et qui le sera malgré tout le mouvement que se donnent Barrère, Billaud, Vadier, Collot, Amar, Voulland, Bourdon de l’Oise, Duhem, Ducos, Montaut, Carrier, etc. etc. Et pour atteindre les traîtres d’un seul coup de filet, tous les membres des comités de salut public, de sûreté générale, du tribunal révolutionnaire, coupables de complicité ou de lâcheté sous le règne de Robespierre, imperator et pontifex (3).
Républicains, ne cherchons pas ailleurs que dans le gouvernement révolutionnaire l’origine de l’oppression sous laquelle la république a gémi depuis les journées mémorables des trente et un mai, premier et deux juin. Votre confiance à cette époque m’appela au comité d’insurrection ; et comme on pourrait en induire que j’ai servi la plus odieuse des tyrannies, je dois au peuple, je me dois à moi-même une explication franche.
Parmi les citoyens élus pour sauver la patrie dans la révolution du trente et un mai, il y eut des patriotes francs du collier, élus par le peuple, insurgés avec lui pour le maintien des principes et l’établissement d’une constitution républicaine. Il y eut aussi des intrigants, émissaires de la plus destructive des factions. Cette ligue de Caligula ne vit dans la chute des brissotins qu’une plus vaste carrière ouverte à son ambition. Le comité d’insurrection recéla les germes du gouvernement révolutionnaire, conçu d’avance dans le secret. Les faux insurgents substituèrent à mon insu Robespierre à Brissot : au fédéralisme, une dictature révoltante, décorée du nom de salut public. Pour moi, j’étais trop franc pour être initié ; on me laissa de côté.
J’insurrectionnai, rien de plus. Quand je vis les députés, accusés par la voie [sic] publique, dans les liens de l’arrestation, je me retirai ; je me démis de toutes fonctions, et rentré dans le sein du peuple, je demeurai totalement étranger au gouvernement révolutionnaire, si ce n’est à certaines époques où je me fis un devoir de le combattre. Le gouvernement me crut peu capable de remplir ses vues ; il ne me fut proposé aucun million. Mon éloignement des comités, du tribunal révolutionnaire ; ma nullité absolue, mon séjour aux Madelonnettes (4) depuis le trente et un mai, prouvent assez, ce me semble, que j’ai voulu l’insurrection pure et simple. Ô mes concitoyens ! ne m’accusez pas d’avoir été l’artisan de vos malheurs ; je n’ai pas mérité un si dur reproche. L’horrible dictature de Robespierre ne justifie point la tyrannie de Brissot ; descendu au dedans de moi, je n’y trouve aucun remord, je suis tranquille avec moi-même… c’est quelque chose, je crois ?
Je viens de me défendre en accusé. Ai-je donc oublié que je me porte accusateur !
Républicains ; l’ennemi des brissotins abhorre, exècre les robespierrins [sic]. Leur chef n’est plus : On conspire… À qui s’en prendre ?… À Pitt ? À Cobourg ? Aux étrangers ? Pitt, Cobourg, les étrangers y sont bien pour quelque chose ; mais derrière eux, j’aperçois d’ambitieux députés se disputant sur les débris des factions la possession du trône. Le despotisme a passé du palais des rois dans l’enceinte d’un comité. Ce n’est ni le manteau royal, ni la couronne, ni le sceptre qui font haïr les rois ; mais bien l’ambition, la tyrannie. Elle n’a dans ma patrie que changé de costume. Nation légère et versatile ! jusqu’à quand les noms te tiendront-ils lieu des choses ?… Je crois voir clair : le respect dû à la convention nationale, je ne l’étendrai pas sur des mandataires infidèles, si par l’effet de leurs instigations, une autorité légitimement constituée rend des décrets subversibles de [qui subvertissent] toute harmonie sociale. Baisserai-je un front d’esclave devant un code révolutionnaire, palladium de la tyrannie ? céderai-je à des mouvements de crainte ? obéirai-je à cet ordre despotique : le silence ou la mort ? je n’aurai point cette lâcheté. Les principes consacrés dans la déclaration de nos droits sont supérieurs aux décrets ; ils me crient qu’il faut par dessus tout être libre, se placer entre le respect dû à la masse des délégués du peuple, et le respect dû plus légitimement encore à sa souveraineté.
Je me mets sous les yeux cette devise : Vivent les droits du peuple souverain ! respect à la convention nationale ! à bas les usurpateurs ! périsse le gouvernement révolutionnaire plutôt qu’un principe !
Et j’avance ferme, frappant à bras raccourci sur les dominateurs.
Quelle monstruosité sociale, quel chef-d’œuvre de machiavélisme, que ce gouvernement révolutionnaire ! Pour tout être qui raisonne, gouvernement et révolution sont incompatibles, à moins que le peuple ne veuille constituer ses fondés de pouvoirs en permanence d’insurrection contre lui-même, ce qu’il est absurde de croire.
Esclaves soumis au droit du plus fort ; vieux valets de cour attelés aux chars de toutes les tyrannies ; espèce bipède des égoïstes, des insouciants ; écrivassiers vénals [vénaux] dont le peuple paie chèrement les poisons journaliers ; fanatiques, idolâtres de l’erreur ; intolérants, qui voyez le crime là où n’est pas votre opinion, vous êtes les prôneurs ou les dupes du gouvernement révolutionnaire. Il faut à ses auteurs un prétexte pour légitimer le dictatoriat. Au nom du salut public ils créent une infinité de dictatures en sous-ordre, correspondantes au comité de salut public.
À l’ombre des nuits, dans le silence, sous le secret ; sans formalités, l’arbitraire, les haines individuelles embastillent les citoyens par milliers. Les rois révolutionnaires ne peuvent régner s’ils ne corrompent ; il faut faire de l’argent ; le glaive de Thémis devient un poignard ; des lois de sang ont un effet rétroactif ; les plus gros propriétaires, accusés de feintes conspirations, paraissent devant un tribunal homicide, accusateur impitoyable et sourds à tous moyens de défense ; la conscience criminelle des jurés est toujours convaincue ; les oreilles sont frappées d’un seul cri : la mort ! la mort ! le temple de la justice représente l’antre des cannibales, & ces monstres y parlent d’humanité.
Le dernier degré d’avilissement des droits du peuple est atteint. On voit dans l’état l’autorité opprimante et terrible de quelques ambitieux, au-dessus du pouvoir légitime : la convention nationale. On aperçoit des citoyens dépouillés de tous (5) leurs droits, malheureux, tremblants et muets devant leurs tyrans ; et à cette vue l’on se demande si la France est peuplée de sujets ou de républicains.
Citoyens, jaloux de connaître les lois qui vous gouvernent, n’allez pas demander une définition exacte du gouvernement révolutionnaire à ses partisans ; licencieux sans être libres, féroces sans énergie, c’est ainsi qu’ils expliquent cette belle invention.
« Deux tiers de citoyens sont des scélérats, ennemis de la liberté : il faut les exterminer. La terreur est la suprême loi ; l’instrument des supplices, un objet de vénération. Si la destruction n’est point constamment à l’ordre du jour, si la glaive cesse d’abattre ; si les bourreaux ne sont plus les pères de la patrie, la liberté court des risques. Elle veut régner sur des piles de cadavres, s’abreuver du sang de ses ennemis ».
Hommes sensibles ! Ô mes amis ! ne répliquez pas. Le voyageur se range pour faire place au torrent ; donnez raison aux furieux, car dans les mouvements exaspérés de leur haine, ils vous victimeraient (6). C’est à soi-même qu’il faut se dire : « S’agit-il d’exterminer des scélérats, ou de persuader & convaincre des hommes trompés ? les mille et une conspirations sont-elles bien certaines ? ne sont-ce pas plutôt les imaginations qui conspirent ? L’exécuteur des hautes-œuvres peut-il régénérer la nation, ou ce soin doit-il être confié à la bonne organisation des écoles primaires ? Le gouvernement révolutionnaire amènera-t-il une solution dans les affaires publiques ? Tend-il à exterminer les factions, ou n’est-ce pas au contrat social à nous acheminer vers un ordre de choses durables ? Ces réflexions sont douces et consolantes ; je m’y complais. Les révolutionnaires vont crier au modérantisme. J’aime beaucoup le modérantisme qui me rend humain, tolérant, réfléchi. Hé bien ! soit, je suis un modéré ; j’ai mérité la haine des grands patriotes du jour, et en cela j’ai recueilli selon mon vœu ; car s’ils m’estimaient, je m’estimerais moins.
Patriotes, restez invariablement attachés aux principes, soutenez un citoyen véridique contre l’or, l’usurpation, l’abus du pouvoir ; il se livre, il s’abandonne à la justice de votre cause. Mais quel calme ! quelle stupeur ! quelle léthargie ! Le silence, le néant planent sur vous. Républicains, vous dormez ! et la contre-révolution veille. De la tyrannie de Robespierre, il n’y a d’éteint que le tyran ; son affreux système lui survit ; depuis le décret atroce qui met hors de la loi innocents et coupables sans distinction, pour jeter un voile sur la plus profonde conspiration, les mandataires, continuateurs du tyran, hardis conjurés, méprisés et craints, déposant les masques, contre-révolutionnaires sous vos propres yeux. Vous dormez ! et, bien que les ambitieux paraissent sévir contre les prêtres, contre les nobles, les prêtres et les nobles tiennent en leurs mains le salut d’un état dont ils ont juré la ruine. Vous dormez ! et le poignard de Brutus n’a pas précipité de la tribune Bourdon de l’Oise, assez osé pour dire en plein sénat, Il ne faut point de dictateur, il faut la dictature. Et sur le poignard d’un assassin, réfute l’opinion de Tallien sur la liberté indéfinie de la presse. Vous dormez ! et sept mandataires inculpés sur des faits de notoriété publique, aussi évidents que l’acte énonciatif des délits de Capet, de Brissot, se défendent en coupables ; quelques-uns de leurs collègues leur servent de défenseurs officieux : si, disent-ils, les sept membres inculpés sont coupables, la convention entière a conspiré. C’est ainsi qu’on abuse du respect du peuple, pour le centre d’autorité légitime, seul point de ralliement des républicains ! Le manteau de l’inviolabilité enveloppe les conjurés. Lecointre, accusateur énergique, est traité de calomniateur, d’insensé ; on parle d’union, de paix, et l’ordre du jour est adopté ; le sept membres inculpés ne lavent point la tache infamante qui les couvre ; forts de la loi rendue contre les calomniateurs, il sont la lâcheté de ne point traduire Lecointre au tribunal révolutionnaire. Vous dormez ! et les prisons s’ouvrent aux esclaves, se ferment sur les hommes libres : on y laisse tranquille Fouquier de Tinvillle, exécuteur des massacres juridiques du tyran. Vous dormez ! et la misère vous poigne (7), et vous ne cherchez pas à connaître quel démon frappe de stérilité un sol comblé des dons de la nature. Vous dormez ! et l’aristocratie voit avec une joie secrète, le temple, recéler dans Paris la pierre d’attente du royalisme ; et Meudon, Château Fort forge mystérieusement les foudres conjuratrices (8). Le député populaire qui ose en concevoir quelque doute, est un Pitt, un Cobourg. Vous dormez ! et tous les murs de Paris, les ambitieux ont déjà leurs faisceaux, leurs licteurs, leur garde prétorienne. Vous dormez ! et ce Barrère de Vieuzac, noble et conspirateur né, vous berce de feintes victoires. Je crois à la valeur républicaine : je ne crois pas à Barrère. Ce fourbe, qui depuis dix mois crie fanfare à la tribune de la convention nationale, qu’il rendre compte à la nation des milliers de poudre, fabriqués et partis sur les frontières, à l’instant où Condé, Valenciennes se prennent presque sans coup férir ; qu’il dise si un seul fusil est entré dans le sein du peuple, malgré ce million consacré à l’armement de l’intérieur ; qu’il dise où vont ces armes, que forgent journellement de nombreuses manufactures. Si comme Barrère l’annonça tant de fois, nous avons des arsenaux, des magasins, des camps à l’ennemi ; si de nombreux vaisseaux pris aux anglais, sont rentrés dans nos ports chargés de vivres, les armées ont dû s’alimenter du butin du dehors, la consommation de l’intérieur être moindre. Le peuple des artisans, sur lequel pèse la misère publique, n’a pas senti ces heureux effets. Il demande à Barrère un état général des prises faites ; il veut qu’il indique les dépôts qui les contiennent. Barrère ! Ô Barrère ! vous n’êtes plus si victorieux. Républicains, vous dormez ! et la Vendée meurtrière, renaît plus formidable de ses débris ; ce coin de terre, imprégnée du sang le plus pur, menace encore d’engloutir de nouveaux défenseurs. Vous dormez ! et à la voix souveraine du peuple, l’on substitue des adresses mendiées, tissus [tissées] de basses flagorneries, signifiant toutes par ces mots : La guerre, la terreur, le gouvernement révolutionnaire, restez à votre poste. Vous dormez ! et la société des jacobins dénaturés par des meneurs, est à la merci des ambitieux, qui, de là dominent le peuple entier. Là, les sénateurs sont tribuns ; les surveillés, surveillants. Cette société sert de point d’appui au gouvernement conspirateur, d’aliment aux factions, de degré aux intrigants. Son vice inhérent est d’avoir deux peuples dans son assemblée : le peuple qui paie, parle dans l’intérieur de la salle ; et le peuple qui ne paie pas, le vrai peuple, le public, est muet dans les tribunes. Un vice non moins capital, est l’admission des députés dans cette société. Le peuple n’est plus livré à lui-même ; les mandataires prépondérants viennent aux jacobins se faire chefs de parti ; ils y viennent organiser un second (9) neuf thermidor, contre la convention nationale. Républicains, vous dormez ! et les quatre-vingt cinq départements, travaillés par la tyrannie révolutionnaire, disséminée sur tous les points, ignorent ce qui se passe ici, et ne vous font point part de l’oppression sous laquelle ils gémissent.
Vous dormez ! la république est dans les fers (10)… Citoyens ! citoyens ! sortez de votre assoupissement ! réveillez-vous ! la patrie éplorée vous appelle, patriotes échappés au feu du tribunal révolutionnaire, surnageant ça et là au milieu du vaste gouffre (11), de l’ÉNERGIE !… pour l’amour de la liberté, et à vos corps défendant. L’aristocratie poignarde, vos têtes sont mises à prix. Armes aux bras ! plumes à la main ! corps à corps ! audace contre audace ! c’est ici qu’il faut attaquer, harceler, presser vivement l’ennemi, ne lui point donner de cesse [de répit]. Frondons la tyrannie, publions ses forfaits, traversons ses sinistres desseins, n’attendons pas qu’elle nous surprenne offensivement, OSONS !… il n’est plus de danger, l’oubli de nous-mêmes peut sauver la patrie ; les périls, les obstacles, ils cèdent au courage, le dévouement les élude. Tremblez ! tyrans masqués de popularité, la pensée se fait jour après une longue compression, elle aura sur vous l’effet [explosif] du salpêtre bourré dans un tube. L’homme libre donne l’élan à sa haine contre les oppresseurs, la presse fait ses décharges… les chefs des conjurés, où sont-ils ?… pâles et défaits, ils se traînent dans la poussière, ils exhalent les derniers soupirs, …ils ne sont plus.
La nation française respire, ses phalanges nombreuses se rallient autour de l’autorité qu’elle a librement élue, elles forment un rempart impénétrable devant la convention nationale ; le reste impur de ses assassins marche au supplice. Les âmes s’épanchent, se dilatent. La joie, l’enthousiasme sont universels ; aux créneaux du temple des lois, flotte le drapeau tricolore, avec cette légende, que dix mille voix d’hommes libres, dans un concert unanime, portent dans les airs :

Vivent les droits du peuple souverain ! respect à la convention nationale ! À bas les usurpateurs, PÉRISSE LE GOUVERNEMENT RÉVOLUTIONNAIRE PLUTÔT QU’UN PRINCIPE.

Signé VARLET

Source :

https://unsansculotte.wordpress.com/2013/02/11/lexplosion-par-jean-francois-varlet-gouvernement-et-revolution-sont-incompatibles-1794/

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Lectures complémentaires :

Les amis du peuple de la véritable révolution (PDF)

Jean-Paul Marat « Les chaînes de l’esclavage », 1774, édition de 1792 (PDF)

Petit précis sur la société et l’État (Résistance 71, PDF)

 

Mars 1871 ~ Mars 2021, esprit communard de la Commune aux Gilets Jaunes (Tract PDF)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, coronavirus CoV19, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 8 mars 2021 by Résistance 71

Résistance 71

8 mars 2021

Tract PDF à diffuser sans aucune modération :

1871-2021-Esprit_communard_de_la_Commune_aux_Gilets_Jaunes


Tout le pouvoir aux ronds-points !…

Novembre 2020 : Gilets Jaunes An II sauce COVID… Non à la dictature sanitaire et autre

Posted in actualité, coronavirus CoV19, crise mondiale, gilets jaunes, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 6 novembre 2020 by Résistance 71

Le texte ci-dessous sous forme de tract, format PDF:
Tract_Gilets_Jaunes_AnII_sauce_CoV19

Réactualisation de notre harangue de 2019  (Résistance 71 )

Novembre 2020 – Gilets Jaunes An II !

Il y a maintenant plus de deux ans de lutte écoulés qui nous montrent on ne peut plus clairement qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a en fait jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir !

La crise sanitaire fabriquée de la “pandémie” du SARS-CoV-2 alias COVID19 mettant en place la grille de contrôle de la dictature technotronique à l’échelle planétaire, vient nous le rappeler sans coup férir.

Ceci se doit de devenir une évidence incontournable pour toutes et tous, membres de notre lutte organique pour une société enfin libre.

Ainsi, toute négociation avec l’État et les représentants de l’oligarchie est non seulement futile mais contre-productive. Ignorons-les !

Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action

Devenons S.U.P.R.A Gilets Jaunes !

Reprenons le pouvoir par les Assemblées Populaires et dans le même temps:

  • Boycottons les institutions
  • Boycottons la dictature sanitaire qui est tout sauf sanitaire
  • Boycottons la vaccination COVID obligatoire à venir
  • Boycottons la 5G, technologie de la dictature technotronique et de sa grille de contrôle
  • Boycottons l’élection et l’impôt absorbant l’intérêt de la dette odieuse
  • Boycottons les entreprises du CAC40 et des transnationales criminelles, banques inclues
  • Achetons et promouvons les produits locaux
  • Réaménageons nos campagnes et nos communautés agricoles
  • Rassemblons-nous en comités populaires de voisinage, de travail et décidons de tout pour et par nous-mêmes…
  • Promouvons la gratuité en tout
  • Restons incontrôlables et imprévisibles !

Tout le Pouvoir aux Ronds-Points !

Pour une société émancipée et donc libre !

Groupe Gilets Jaunes de _______________

Aussi…

Cinq textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

Le texte ci-dessus sous forme de tract, format PDF:
Tract_Gilets_Jaunes_AnII_sauce_CoV19

Dans l’esprit de Cheval Fou… Communiqué des Gilets Jaunes de Cannes, novembre 2020

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, coronavirus CoV19, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 5 novembre 2020 by Résistance 71

Nous finissions de dire à Jo en aparté qu’il était essentiel de remettre les Gilets Jaunes, leur esprit, au goût du jour dans cet environnement autant délétère que mortifère ; à cet effet, nous avons réactualisé notre harangue / tract Gilets Jaunes ! de 2019 à la sauce CoV19, que Jo nous a mis en un très joli PDF fonctionnel à imprimer comme tract ou a distribuer sans modération via les rézossossiaux et que nous publierons dans les heures à venir… et pan ! Voilà que tombe à point nommé ce communiqué des Gilets Jaunes de Cannes, ça pouvait pas mieux tomber en fait… Il est aussi à diffuser sans aucune modération.

Les Japonais ont une expression hautement culturelle pour ce genre de chose, ils disent : “I shin den shin”, ce qui peut se traduire par “de mon âme/esprit à ton âme/esprit”. La connexion spirituelle est au delà des mots. La communication, l’enseignement, se font comme par “télépathie”. C’est le cas ici une fois de plus.

~ Résistance 71 ~

Communiqué des Gilets Jaunes de Cannes

3 novembre 2020

Amis de France, Françaises, Français. Ce système républicain, ce gouvernement républicain, cette meute républicaine bancaire et de francs-maçons, cette médiocre élite corrompue politique et sanitaire nous veut du bien.

Oui, du bien, car pour cette caste inhumaine cela se traduit pour nous Humains EN MAL !

Ils mentent, ils volent, ils violent, ils tuent la France mais tout cela enrobé dans leur torchon de démocratie de Pinocchio. Valeurs de la république, démocratie, justice voilà ce que ces lâches éructent sur les médias des milliardaires, proxénètes du journalisme !

Nos votes sont le passeport de notre mise en esclavage et la hyène du haut, de l’ombre, utilise cet artifice pour mieux nous asservir et nous diviser.

Toi Véran le médecin de caniveau, toi Buzyn la perverse, toi Attali le marchand de la vie, toi Rothschild le marchand du temple et notre petite soumise de Macron alias le père de la Nation bancaire. Clique de vautours et d’assassins votre sort est désormais fixé. Le compte à rebours est enclenché ! Les patriotes se lèvent aux quatre coins du globe.

Votre combat contre la vie, contre la lumière, contre nos enfants, contre notre droit de vivre libre, contre nos anciens, contre notre France, tout simplement contre le Bien est dans sa phase de mort terminale.

Attali la France ne sera jamais un hôtel car d’ici comme tu le fus d’Algérie tu seras chassé et puni !

La France pays des Lumières, Fille aînée de Jésus, Peuple noble à l’intelligence universelle, jamais non JAMAIS nous ne laisserons une tribu de psychopathes arrogants la détruire. Nous mourrons debout pour nos anciens, pour nos enfants, pour notre dignité car jamais nous ne vivrons à genoux face à votre idéologie de mafieux dégénérés !

Peuple de France, ces minables, traîtres à la Nation, à la vie, à la Justice seront éradiqués à jamais pour qu’ENFIN l’Amour, la Paix, l’Unité naissent pour grandir dans le BIEN COMMUN universel !

Africains, Arabes, Maghrébins, Gaulois, Asiatiques nous ne sommes qu’un, nous ne sommes que l’Humanité et ensemble nous leur répondons NON A LA DIVISION.

A chaque coin de la terre ils volent, violent, tuent, escroquent. A chaque coin de la Terre nous partagerons telle est notre réponse définitive !

Banque de malheur, politiciens corrompus, médecins corrompus, l’humanité se passera de vous et avant tout nos enfants qui subissent la pédocriminalité organisée partout dans le monde. Pédophiles, tremblez, votre heure approche au galop !

Un grand vent de Vérité et de Liberté s’annonce sur notre planète. La vie et la nature reprendrons leurs droits, tous leurs droits. Le Peuple est Souverain et rien n’arrêtera sa victoire, RIEN !

Françaises, Français, amis de la Terre, amis de toutes confessions nos prières se réalisent, la Lumière a gagné.

VIVENT LES PEUPLES DU MONDE !

VIVE LA FRANCE LIBRE !

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Source :

Deux Saker d’un coup !

Gilets Jaunes, où en sommes-nous ? Où allons-nous ?…

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 15 février 2020 by Résistance 71

 

Sous cet article de Paris-Luttes Info, devenons S.U.P.R.A Gilets Jaunes par la Solidarité, l’Union, la Persévérance, la Réflexion et l’Action et les vrais chiffres du chômage par Jo.
Le mouvement des Gilets Jaunes se restructure pour la phase 2, celle qui aura éliminé toutes les illusions démocratiques de la dictature marchande et se concentrera sur LA véritable solution : la mise en place pas à pas de la résurgence du pouvoir réintégré au sein du corps social et menant à la société des sociétés
~ Résistance 71 ~

 

 

Ils nous détruisent, détruisons-les !

 

Paris-Luttes Info

 

12 février 2020

 

url de l’article :

https://paris-luttes.info/ils-nous-detruisent-detruisons-les-13476?lang=fr

 

Pour prolonger la réflexion sur les traumatismes que nous subissons, comment sommes-nous arrivé·e·s dans cette situation ? Comment en tirer une force ?

Je conserve aussi un souvenir vivace d’un 1er mai : 2018, le Macdo en flamme et le pont d’Austerlitz. Si je n’étais pas dans le bloc ce jour-là, j’étais quelques rangs plus loin, avec une amie. Alors que les CRS chargent devant, le cortège tente de reculer, mais se retrouve étranglé par le pont, et les flics empêchent de s’échapper par les côtés. Et soudain, c’est une pluie de grenades lacrymogènes qui s’abat sur la foule. Une foule pas préparée, pas équipée. Une foule compressée, qui tente de s’enfuir pendant que les flics continuent de leur tirer dessus, dans le dos. Dans le nuage épais de gaz, les personnes commencent à suffoquer, à se pousser et à se piétiner par pur instinct de survie. Un camion de pompier venu éteindre le Macdo compresse encore un peu plus la foule. Sur le pont, les flics continuent à tirer, certain·e·s s’imaginent déjà sauter pour fuir l’enfer. La préf’ avait prévu le coup, puisque des bateaux attendent aux abords.

Si j’avais déjà été gazé dans des manifs précédentes, c’est la première fois que je me suis véritablement senti en danger. Et en colère quand j’ai vu que les syndicats avaient déserté par un itinéraire bis probablement négocié à l’avance.

Mais ce qui a achevé le traumatisme, c’est la répression féroce qui s’est abattue sur les manifestations des Gilets jaunes. Samedi après samedi, tout l’arsenal de guerre est systématiquement déployé et massivement utilisé : grenades lacrymogènes, grenades assourdissantes, grenades de désencerclement, lanceurs de balles de défense, canons à eau. La vision du canon d’une arme pointé droit vers moi reste gravée dans ma mémoire. Si par chance je n’ai jamais été blessé, j’ai vu mon lot de visages en sang, de mutilé·e·s, soigné·e·s avec les moyens du bord en attendant que les flics daignent laisser passer les pompiers.

Depuis, je ne peux plus voir passer quelque chose dans le ciel du coin de l’œil sans immédiatement relever la tête pour vérifier si ce n’est pas une grenade. Depuis, à la moindre détonation, tout mon corps se tend, anticipant les mouvements de foule, préparant les gestes à adopter.

Surtout, depuis, je ne suis plus serein entouré de flics. Le mois dernier, à deux manifestations, j’ai fait une crise d’angoisse.

16 janvier, Montparnasse place d’Italie. Toutes les rues partant du parcours sont barrées par des camionnettes ou des grilles antiémeute, protégées par deux rangs de flics armurés, cagoulés, casqués, cachés derrière leurs boucliers, tonfa à la main. Tout l’avant du cortège est encadré par trois lignes du même style. Au bout du boulevard Saint-Michel, ils décident d’arrêter le cortège, sans raison. Ils resserrent leurs rangs et se rapprochent méchamment des manifestant·e·s. Une pure tentative d’intimidation. Et qui fonctionne : étant légèrement claustrophobe, me retrouver ainsi prisonnier, sans certitude quant à ce qui va se produire, fait naître en moi une profonde angoisse. Jusqu’à place d’Italie, ce sera des colonnes entières de centaines de ces nervis qui défileront. Je me sens tellement mal que je ne m’attarde pas.

29 janvier, place d’Italie Invalides. Dès le début du parcours, trois lignes de miliciens encadrent de chaque côté le cortège. Mais cette fois, ils ne sont pas sur le trottoir : ils sont sur la route, enserrant les manifestant·e·s. Immédiatement, l’angoisse arrive. Je me sens physiquement oppressé. Je me sens rabaissé au rang de bétail à canaliser, et je ne peux pas l’accepter. C’est ma dignité humaine qui est atteinte. À Port-Royal, je m’arrête, j’attends que le cortège me dépasse, et je m’en vais, ne pouvant pas le supporter plus longtemps.

Paradoxalement, si les dernières manifestations ont été tranquilles, symboliquement, elles sont d’une violence incroyable. Toute liberté d’expression et de manifestation a été anéantie par une présence policière massive, dans des quartiers transformés en déserts. Ils n’ont même plus besoin de matraquer et de gazer : ils nous rendent inoffensifs par la peur et la marginalisation.


Quand la rue est jaune de monde…

Qu’est-ce qui a changé ?

Comment en sommes-nous arrivé·e·s là, alors que nous avons connu avec les Gilets jaunes un pic historique de conflictualité et un rapport de force en notre faveur ? Souvenons-nous, on pouvait vraiment crier « Et la rue elle est à qui ? Elle est à nous ! », parce qu’elle était vraiment à nous. On pouvait aller où l’on voulait, c’était les flics qui nous courraient après.

Comparé aux manifestations contre la réforme des retraites des derniers mois, le parallèle est saisissant. La transformation du cortège de tête est significative : d’un assemblage hétéroclite de manifestant·e·s déters et uni·e·s, on arrive à la reproduction d’un cortège syndical classique : des groupes affinitaires et corporatistes plus intéressés par leur image et qui, parce qu’il faut faire de jolies photos pour Instagram ou le groupe Facebook, rompent la dynamique du cortège et mettent ainsi en danger les manifestant·e·s plus vénères parti·e·s devant. L’individualisme et le culte de la personnalité appliqués aux mouvements sociaux. On pourrait en rire tellement c’est ridicule, mais quand les flics profitent qu’un groupe s’est arrêté, parce que ça fait cinq minutes qu’il n’a pas posté sur Twitter, pour couper le cortège et réprimer et interpeller des camarades, et que ceux qui faisaient les gros bras pour les photos restent immobiles en regardant les copain·ine·s se faire tabasser et en attendant que la voie se dégage, c’est beaucoup moins drôle.

Plus déprimant encore, l’apathie des manifestant·e·s. Combien d’occasions manquées de s’extraire du parcours officiel par une rue qui n’était pas surveillée, à se retrouver à une dizaine pendant que dans le cortège, on nous regarde les yeux ronds, en nous criant « C’est pas par là ! » ? On sait que ce n’est pas par là. On sait qu’au bout du parcours officiel il n’y aura rien d’autre que de la lacrymo ou de la merguez. On sait que si on part « pas par là », on ne sait pas forcément où l’on va, mais au moins on sera libre de le choisir. Cette volonté inébranlable de la majorité des manifestant·e·s à vouloir absolument aller au bout du parcours pour pouvoir rentrer chez soi tranquillement est déconcertante est démotivante. Surtout quand elle est assortie du discours « oui, mais s’il y a de la casse on ne parlera pas de nos revendications ». Pourtant, l’actualité nous montre le contraire : alors que les médias se foutent totalement des manifestations maintenant qu’elles sont des promenades tranquilles, quand les pompiers ont attaqué frontalement la police, forçant les grilles antiémeute, on a parlé de leurs revendications, et mieux, le gouvernement a cédé.

Pour autant, nous ne devons pas nous enfermer dans une fascination morbide pour les affrontements avec les flics. Ça ne sert à rien d’avoir comme unique but de se battre contre eux, car à moins d’être équipé·e·s comme les pompiers, ils gagneront toujours, et nous aurons toujours plus de blessé·e·s. Il devrait être admis qu’il faut plutôt attaquer ceux qu’ils protègent, et pourtant ces affrontements stériles ont un pouvoir d’attraction (spectaculaire ou viriliste ?) qui anéantit les initiatives pour d’autres actions plus efficaces. Deux exemples : le 28 décembre, alors que le cortège est bloqué rue du Renard par des affrontements, le chemin est complètement libre jusqu’aux Halles toutes proches. Malgré de nombreux appels, ce n’est qu’à une vingtaine que nous nous y rendrons, et si nous avons réussi à faire fermer le centre commercial, ce qu’il aurait été possible de faire en étant plus suivi·e·s par ceux·elles qui ont préféré regarder les affrontements laisse songeur. De même, le 4 janvier, après avoir investi la gare du Nord, les flics débarquent pour évacuer les lieux. L’occasion était trop belle : reformer un cortège pour investir un autre lieu avant que les renforts n’arrivent. Malgré tous nos efforts, nous ne sommes qu’une dizaine à ne pas vouloir rester bloqués sur un affrontement qui tournera rapidement à notre désavantage : les voltigeurs et les régiments de flics sont tout près, la manifestation du jour ayant pris fin à la gare de l’Est. Et c’est effectivement ce qui s’est produit : tout le monde a fini par se disperser. Encore une occasion manquée.

Que peut-on faire ?

Faut-il admettre que les manifestations ne sont plus des espaces de lutte, mais ont uniquement un but performatif, faire de belles images ? Faut-il alors laisser tomber les grands rassemblements syndicaux, qu’ils ne redeviennent qu’un moyen pour les centrales de se compter ? La question se pose, surtout au regard de ce qu’ils ont obtenu ces derniers temps : malgré une participation exceptionnelle, absolument rien. Parce qu’ils ont perdu toute conflictualité, ils n’obtiendront plus jamais rien. On le voit, seuls les secteurs disposant de moyens de pression conséquents ou équipés pour la conflictualité voient leurs luttes aboutir.

Nous sommes nombreux·euses à avoir fait ce constat, et à ne pas vouloir nous y résoudre. Mais nous-mêmes sommes atomisés en groupes, ne dépassant parfois pas une ou deux personnes, et nous retrouvant physiquement ensemble à la faveur d’un événement publié sur Démosphère ou PLI. Moi-même, n’ayant pas grandi à Paris et ayant tardivement développé une conscience politique, sans parler de mon appréhension sociale, n’ai que très peu de contacts militants.

Malgré tout, nous devons nous nourrir de nos échecs collectifs récents et de nos traumatismes individuels pour imaginer des modes d’actions plus efficaces : nous ne pouvons pas faire semblant d’attendre le grand soir pour être des centaines de milliers de déters et mettre à bas ce système oppressant. Au contraire, nous devons profiter de notre éparpillement, de notre décentralisation pour nourrir des actions plus ciblées, ayant un réel but politique, et aussi étrange que cela puisse paraître, qui nous mettront moins en danger : si nous surgissons quand ils ne nous attendent pas, et que nous disparaissons sans les attendre, ils ne nous attraperont pas.

Et surtout, soyons bienveillant·e·s entre nous : on a tous des envies de modes d’action différentes, mais au lieu de nous battre pour savoir qui a raison, soutenons-nous, et coordonnons-nous ! Notre union dans l’objectif et nos différences dans les actions ne peuvent que nous renforcer.

Cessons de jouer selon leurs règles, ou nous serons toujours perdant·e·s.

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Gilets Jaunes An I !

Il y a maintenant plus d’un an de lutte écoulé qui nous montre on ne peut plus clairement qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a en fait jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir !

Ceci se doit de devenir une évidence incontournable pour toutes et tous, membres de notre lutte organique pour une société enfin libre.

Ainsi, toute négociation avec l’État et les représentants de l’oligarchie est non seulement futile mais contre-productive. Ignorons-les !

Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action

Devenons S.U.P.R.A Gilets Jaunes !

Reprenons le pouvoir par les Assemblées Populaires et dans le même temps:

  • Boycottons les institutions
  • Boycottons l’élection et l’impôt absorbant l’intérêt de la dette odieuse
  • Boycottons les entreprises du CAC40 et des transnationales criminelles
  • Achetons et promouvons les produits locaux
  • Réaménageons nos campagnes et nos communautés agricoles
  • Rassemblons-nous en comités populaires de voisinage, de travail…
  • Restons incontrôlables et imprévisibles !

Tout le Pouvoir aux Ronds-Points !

Pour une société émancipée et donc libre !

Groupe Gilets Jaunes de _______________

Aussi…

Cinq textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

 

Les véritables stats du chomage (JBL1960):

https://jbl1960blog.wordpress.com/2020/02/14/vrais-chiffres-du-chomage-et-donnees-corrigees-analyses-et-decryptage/

Lettre de contestation des amendes pour manif’ « non autorisée »:

Modele-contestation-AMENDE_135_EUR

 

Gilets Jaunes… à tout jamais !

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 31 janvier 2020 by Résistance 71

 

 

 

Gilets Jaunes An II !

 

Il y a maintenant plus de 14 mois de lutte écoulés qui nous montrent on ne peut plus clairement qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a en fait jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir !

Ceci se doit de devenir une évidence incontournable pour toutes et tous, membres de notre lutte organique pour une société enfin libre.

Ainsi, toute négociation avec l’État et les représentants de l’oligarchie est non seulement futile mais contre-productive. Ignorons-les !

Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action

Devenons S.U.P.R.A Gilets Jaunes !

Reprenons le pouvoir par les Assemblées Populaires et dans le même temps:

  • Boycottons les institutions
  • Boycottons l’élection et l’impôt absorbant l’intérêt de la dette odieuse
  • Boycottons les entreprises du CAC40 et des transnationales criminelles
  • Achetons et promouvons les produits locaux
  • Réaménageons nos campagnes et nos communautés agricoles
  • Rassemblons-nous en comités populaires de voisinage, de travail… Créons les Communes libres librement associées
  • Restons incontrôlables et imprévisibles !

Tout le Pouvoir aux Ronds-Points !

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Groupe Gilets Jaunes de _______________

Aussi…

Cinq textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


Gaulois penseur… et réfractaire !