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Novembre 2018 ~ Novembre 2019… Le bouleversement des Gilets Jaunes

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 8 novembre 2019 by Résistance 71

Très bonne analyse de ce compagnon Gilet Jaune qui doit être lue et diffusée sans modération. En ce qui nous concerne, nous rajouterons que le Mouvement des Gilets Jaunes deviendra irrésistible quand la compréhension collective s’articulera sur le fait qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir et qu’il est donc vain, futile et inepte que de vouloir le réformer, le rendre plus « vertueux » pour une énième fois qui ne sera qu’un échec supplémentaire.
Dans cette optique de notre réalité objective, cessons de perdre notre temps en vains projets rêveurs, la lutte se doit de converger suivant la ligne directrice de:
A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! A bas le salariat !
Pour que naisse et fleurisse la société des sociétés de la diversité complémentaire ayant lâché prise de tous les antagonismes.

~ Résistance 71 ~

 

 

Le bouleversement des Gilets Jaunes

 

Manif-Est Info et Rébellyon

 

7 novembre 2019

 

Source:

https://manif-est.info/Le-bouleversement-des-Gilets-Jaunes-1198.html

 

Il y a presque un an jour pour jour surgissait le mouvement des gilets jaunes. Un an de manifestations chaque samedi, d’assemblées générales, de ronds-points habités et de maisons du peuple occupées. Un an d’élaboration politique et d’expérimentation sociale. Une année d’existence qui sera dignement fêtée à n’en pas douter le 17 novembre prochain, date anniversaire du mouvement.

A bien des égards ce mouvement a pris une ampleur historique, par sa longévité, par sa cadence maintenue actes après actes, par son hétérogénéité, par sa conflictualité, par la violence de la répression à laquelle il a été confronté, aussi bien dans la rue que dans les tribunaux…

Et c’est sans doute cette ampleur historique qui a fait tant couler d’encre à son sujet.

(Article initialement paru sur Rebellyon en juin dernier, augmenté de quelques mises à jour.)

Indéniablement, le mouvement des Gilets jaunes est venu bousculer, voire bouleverser l’ordre politique des choses. Et ce à tous les niveaux, aussi bien dans les hautes sphères institutionnelles que dans les marges révolutionnaires.

Au sein de la gauche radicale, extraparlementaire, nombreux furent ceux qui au début regardèrent avec beaucoup de scepticisme voire une franche hostilité ce mouvement indéfinissable né des réseaux sociaux et en dehors de toute sphère militante. Puis, le mouvement avançant, s’épaississant, gagnant en intensité, nombreux furent ceux qui s’y plongèrent. Car demeurer indifférent à ce qui prenait corps sous nos yeux devenait impossible.

Cela a été dit et répété, le mouvement des Gilets Jaunes surprend d’abord par son hétérogénéité politique et sociale et par les contradictions qui le traversent. Des critiques, souvent salutaires, sont venues pointer du doigt les plus néfastes de ces contradictions. La pénétration du confusionnisme et du complotisme dans le mouvement, les tentatives de récupération politique, la croyance en des mesures salvatrices telles que le mirage du RIC [1], les mauvais relents patriotiques… D’autres contradictions ont été résolues par le mouvement lui-même, dans la manière dont il chemine. Le piège de la représentation politique a par exemple été admirablement évité. Aucun parti n’incarne encore aujourd’hui le mouvement, aucun dialogue selon les règles du jeu politique institutionnel n’est envisagé et, chaque fois qu’une personne a cherché à se positionner en intermédiaire entre le pouvoir et le mouvement, elle s’est immédiatement attirée les foudres des Gilets Jaunes. La preuve si il en est, les quelques listes estampillées Gilets Jaunes pour les élections européennes ont rencontré un succès quasi inexistant. Bien sûr il existe des figures du mouvement, plus ou moins pertinentes, mais elles ne font offices à la rigueur que de baromètre de certaines tendances du mouvement n’ayant aucun pouvoir décisionnel sur lui. Car une autre des caractéristiques fortes de ce mouvement tient dans son horizontalité et dans son caractère diffus et rhizomatique [2] .

Nous considérons que ce bouleversement politique opéré par les Gilets Jaunes est puissant et bénéfique à bien des égards. Et nous aimerions verser ici quelques éléments d’analyses de ce bouleversement.

Se penser en sujet politique

Ce qui est d’abord frappant dans le mouvement des Gilets Jaunes, c’est l’irruption dans le champ politique d’individus s’y étant toujours tenus à l’écart d’une manière ou d’une autre. Sociologiquement et géographiquement, c’est un mouvement qui est né des zones périphériques. Zones périurbaines voire complètement rurales aussi bien que périphéries des grandes villes. Ce sont ces zones géographiques qui ont fait l’objet de nombreuses analyses ces dernières années, en proies à la désindustrialisation, au déclassement social ou à la peur qu’il suscite, et dont les habitants sont parmi les premiers tributaires de la disparition des services public. Ce n’est pas pour rien que des régions comme le Nord-Est, le Nord ou le Sud-Ouest sont devenues des bastions du mouvement. De la même manière, des collectifs forts de Gilets Jaunes se sont structurés dans les zones périphériques des grandes villes, on pense notamment au collectif Gilet Jaune Rungis ile-de-France qui a multiplié les actions de blocage des zones industrielles et logistiques franciliennes ou encore à la popularité du mouvement dans les quartiers Nord de Marseille.

Nombreux sont les Gilets Jaunes issus de ces régions qui se positionnent sans doute pour la première fois en tant que sujet politique à travers ce mouvement. Celui-ci marque l’irruption dans le champ politique d’une somme d’individus à qui l’on a dit, répété et fait comprendre depuis un certain temps déjà que la politique n’était pas leur affaire, qu’ils n’avaient pas à se prononcer sur le devenir du bien commun, qu’ils n’avaient pas à revendiquer quoique ce soit, que ce qui régie leur existence n’était pas leur histoire. Qu’ils n’avaient à la rigueur qu’à élire de temps en temps et que finalement la politique était une affaire sérieuse réservée à des professionnels.

Le mouvement des Gilets Jaunes c’est donc l’irruption dans le champ politique d’individus qui, en se réunissant, se donnent la possibilité d’aspirer à un peu plus que ce qu’on leur octroi habituellement, par la manifestation, l’occupation, le blocage et le sabotage. C’est finalement l’histoire assez classique et récurrente d’une partie du peuple qui décide qu’elle mérite mieux que les miettes que le pouvoir consent à lui laisser, qui considère que la précarité, l’humiliation et la galère ne sont décidément pas des situations acceptables. C’est en somme à une réactualisation de la lutte des classes que nous avons affaire ici.

La question révolutionnaire

Ce qui est assez remarquable dans le mouvement des Gilets Jaunes c’est le retour ou plutôt la centralité de la question économique comme moteur de la révolte. Un certain nombre de personnes se sont révoltées en estimant que leurs conditions matérielles d’existence n’étaient pas acceptables ni vivables. Elles ont aussi estimé que ces conditions de vie n’avaient rien de naturelles et légitimes car produites par un système économique capitaliste s’étant développé au cours de l’histoire contre une partie conséquente de la population et aujourd’hui organisé par un système politique que l’on pourrait, à l’instar de Grégoire Chamayou [3], qualifier de libéralisme autoritaire.

Bien sûr les derniers mouvements sociaux, au premier rangs desquels le mouvement contre la loi travail, se sont structurés autour de la contestation du système économique et politique. Mais ce qui change avec les Gilets Jaunes, c’est que la critique porte sur l’ensemble du système, dans ses dimensions écologiques, sociales, économiques et politiques. C’est une révolte offensive contrairement aux mouvements sociaux qui, même s’ils portent en eux les conditions de leur dépassement c’est-à-dire la critique générale du système, visent d’abord à se défendre d’une réforme en particulier.

D’emblée le mouvement porte la question révolutionnaire, non pas en la formulant précisément ou de manière programmatique, même si on a pu entendre à de nombreuses la foule en jaune scander le mot « Révolution », mais plutôt dans le rapport de force établi avec le pouvoir politique directement dans la rue, en dehors du champs politique institutionnel, à travers cette volonté manifeste de rompre avec les institutions. Cette aspiration révolutionnaire à voir la chute d’un régime politique n’étant pas programmatique elle contient en elle la peur de l’inconnu. Elle n’exclut pas non plus d’emblée l’apparition des « monstres » qui peuvent aussi émerger de ces temps « clairs-obscurs » que Gramsci dépeignait avec tant de lucidité et qui ont hanté le siècle dernier. C’est sans doute ce qui a poussé un certain nombre de militants de la gauche radicale à plonger dans le mouvement des Gilets Jaunes, cette aspiration révolutionnaire et cette nécessité d’en chasser les franges les plus conservatrices et réactionnaires.

Et alors, doit-on craindre la Révolution ? La différer ? La repousser ? La draper de pureté ? Attendre la réunion des conditions objectives ?

Les Gilets Jaunes auront finalement rappelé que la question révolutionnaire n’est pas l’apanage de la gauche radicale, c’est-à-dire qu’elle n’est pas l’apanage de spécialistes, mais bien l’affaire de tous. Ils auront aussi contribué à produire, par leurs actes, une réactualisation de la question révolutionnaire. En d’autres termes, comment penser aujourd’hui une rupture radicale avec l’existant qui serait l’affaire du plus grand nombre et plus seulement celle d’une minorité éclairée.

Le mouvement a su également élargir le champ de ses revendications à mesure qu’il durait. C’est ainsi qu’on a pu voir émerger des manifestations de femmes gilets jaunes organisées en parallèle des manifestations hebdomadaires, des mobilisations en soutien aux gilets jaunes blessés ou frappés par la répression ou encore la création d’un village de gilet jaune au contre-sommet du G7 dans le sud-ouest.

Autonomie du mouvement

Une autre caractéristique observable du mouvement des Gilets Jaunes est cet effet de ruissellement du mouvement autonome sur le mouvement des Gilets Jaunes. Ce ruissellement s’observe d’abord dans la pratique. Le mouvement des Gilets Jaunes est par définition autonome. C’est-à-dire qu’il s’organise et se déploie en dehors de toute médiation institutionnelle, qu’il n’est pas représenté par un quelconque parti ou syndicat. Cela ne signifie pas qu’il ne contient pas en son sein des membres de partis ou de syndicats, mais son devenir ou plutôt ses multiples devenirs ne sont régies par aucune organisation officielle. Ce à quoi les Gilets Jaunes aspirent, de meilleurs conditions de vie, voire même une autre vie, ils ne pensent pouvoir l’obtenir que par le rapport de force conflictuel et non par la médiation.

La preuve en est chaque samedi, acte après acte. La manifestation sauvage, avec l’occupation du rond-point, a été l’incarnation la plus symbolique du mouvement des Gilets Jaunes. Rien n’est prévu à l’avance ou très peu, aucun service d’ordre, aucune négociation avec les pouvoirs publics.

Le cortège de tête a sans doute créé un précédent aux manifestations sauvages des Gilets Jaunes. Et les images d’émeutes, de casses et de barricades sans cesse ressassées par les chaînes d’info en continu ont très probablement contribué à imprégner l’imaginaire collectif d’un certains nombres de réflexes que l’on retrouve aujourd’hui dans la rue. Jamais le Black Bloc n’a été une tactique aussi à la mode qu’aujourd’hui, avec le risque aussi de la fétichisation par laquelle cette tactique deviendrait une fin en soi, la marque d’une appartenance identitaire et perdrait de son sens pratique.

Le mouvement des Gilets Jaunes est constitué d’un archipel de groupe Gilets Jaunes. Ces derniers se réunissent sur des bases affinitaires, géographiques, professionnelles voir au gré du hasard. Ce qui prévaut, c’est l’autonomie et la singularité de chaque groupe et le rapport d’horizontalité qui structure les groupes entre eux. La vie commune qui s’est développée sur les ronds-points est une tentative de vivre autrement, en communautés autogérées prenant en charge leurs conditions matérielles d’existences. Un essai d’autonomie appliqué à la vie quotidienne. Les Gilets Jaunes comme contre-société.

Enfin n’oublions pas la proposition des Gilets Jaunes de Commercy de fonctionner en assemblées organisées autour de maisons du peuple selon des principes égalitaires, inspirées du municipalisme libertaire. Proposition qui fut reprise par les Gilets Jaunes de Saint-Nazaire puis ceux de Caen avec notamment l’ouverture d’une maison du peuple dans ces deux villes. Dans une certaine mesure, les maisons du peuple constituent le prolongement urbain de ces vies communes esquissées sur les ronds-points occupés et créent des bases d’organisation pour le mouvement. Et cette Assemblée des assemblées née dans le Nord Est de la France a essaimé, pour preuve la 4ème édition de cette grande assemblée a été organisé à Montpellier le week-end dernier et a réuni plus de 600 personnes venues de tous le pays. Parmi toutes les discussions, propositions, décisions qui ont émaillé ces journées, une déclaration à retenue particulièrement l’attention : les gilets jaunes ont exprimé leur intention de prendre part à la grande grève contre la réforme des retraites qui va débuter le 5 décembre prochain.

Ce ruissellement, il s’opère également des Gilets jaunes vers d’autres mouvements sociaux. On voit de plus en plus de Gilets Jaunes colorer des mouvements sociaux, conflits, luttes ou grèves telles que par exemple les dernières manifestations intersyndicales ou les marches pour le climat. Et même si ces rencontres sont encore assez timides, gageons qu’à l’avenir elles soient de plus en plus fréquentes, surtout si les Gilets Jaunes investissent ces mouvements de toutes leurs expériences et pratiques politiques décrites ci-dessus. C’est en cela aussi, que le mouvement des Gilets jaunes est venu bouleverser le champ politique classique. En témoigne le dernier congrès national de la CGT tenu à Dijon le printemps dernier et où le mouvement des Gilets Jaunes était au centre des débats. De nombreux militants de base se revendiquant également Gilet Jaune, l’un n’empêchant pas l’autre bien au contraire, ont notamment reproché à la tête de l’organisation son manque de soutien affiché au mouvement [4].

On voit désormais des gilets jaunes colorer nombre de mobilisations aussi bien nationalement qu’internationalement. De la même manière certain-es retirent ou vêtissent le gilets fluorescents au gré des mobilisations, démontrant par la même que si le gilet jaune en tant que symbole fait communauté il n’en reste pas moins un signifiant politique dépassable.

Il paraît complexe et hasardeux de présager la manière dont tout cela va évoluer. Mais, à n’en pas douter, le mouvement des Gilets Jaunes laisse des traces dont on a pas fini de voir les effets. Toute cette expérience collective vécue et accumulée, ces réflexes partagés, cette répression subie ensemble, cette vie commune éprouvée, cette intelligence collective développée samedi après samedi, tout cela façonne une mémoire et une manière de se penser dans le monde. Il ne reste plus qu’à espérer que les luttes futures soient irriguées de cette énergie nouvelle déployée par les Gilets Jaunes. Et que ces contre-sociétés aperçues ici et là s’approfondissent.

Un Gilet Jaune parmi d’autres (pour la première version de cet article).

Notes

[1] https://larotative.info/le-piege-du-referendum-d-3095.html

[2] La théorie du Rhizome — développée par Gilles Deleuze et Félix Guattari — est l’un des éléments de la « French Theory ». Il s’agit d’une structure évoluant en permanence, dans toutes les directions horizontales, et dénuée de niveaux. Elle vise notamment à s’opposer à la hiérarchie en pyramide (ou « arborescence »). Wikipédia.

[3] Chamayou Grégoire, La société ingouvernable — Une généalogie du libéralisme autoritaire, la Fabrique, 2018, 362 pages

[4] https://www.liberation.fr/france/2019/05/16/au-congres-de-la-cgt-la-crise-des-gilets-jaunes-entre-les-lignes_1727522

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

4ème Assemblée des Assemblées des Gilets Jaunes 1-3 Novembre 2019: Appel à rejoindre la grève générale reconductible du 5 décembre !

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Tout le pouvoir aux ronds-points !

 

Nous dirons même plus: 

Grève générale illimitée et EXPROPRIATRICE, pour une véritable reprise en main de l’affaire politico-économique et en fin de compte, de nos vies !

~ Résistance 71 ~

 

Grève reconductible du 5 décembre: Les Gilets Jaunes se joignent à l’appel !

 

Paris-Luttes Info

 

4 novembre 2019

 

Source:

https://paris-luttes.info/greve-reconductible-du-5-decembre-12831?lang=fr

 

La quatrième Assemblée des Assemblées GJ s’est tenue ce week-end à Montpellier, rassemblant environ 600 personnes mandatées par 200 assemblées locales de ronds-points. L’Assemblée appelle notamment les Gilets Jaunes à participer au mouvement de grève reconductible à partir du 5 décembre.

Communiqué de l’Assemblée des Assemblées (ADA) GJ réunie à Montpellier les 1, 2 et 3 novembre 2019 :

“L’ADA réunie à Montpellier ce jour estime, après une année de mobilisation acharnée, que la situation est à un tournant.

L’heure est à la convergence avec le monde du travail et son maillage de milliers de syndicalistes qui comme nous, n’acceptent pas.

Il faut un rassemblement du peuple français dans toutes ses composantes : paysans, retraités, jeunes, artistes, personnes en situation de handicap, petits artisans, ouvriers, chômeurs, précaires, travailleurs du public comme du privé….

Nous avons cette occasion à saisir, à partir du 5 décembre, date à laquelle des centaines de milliers de travailleurs seront en grève et en assemblées générales pour la reconduire jusqu’à la satisfaction de nos revendications.

L’ADA de Montpellier appelle les Gilets Jaunes à être au cœur de ce mouvement, avec leurs propres revendications et aspirations, sur leurs lieux de travail ou sur leurs ronds-points, avec leurs Gilets bien visibles !

La défaite du gouvernement sur sa réforme des retraites ouvrirait la voie à d’autres victoires pour notre camp.

Tous dans la rue à partir du 5 décembre, en grève ou sur le rond-point ou en action de blocage !

Tous ensemble, tous unis et cette fois, en même temps !”

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4 textes modernes pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


GJ contre l’État = Société contre l’État

Gilets Jaunes: Le mouvement est-il anarchiste ? (Charles MacDonald, anthropologue CNRS)

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Tout le pouvoir aux Ronds-Points !…

 

Les Gilets Jaunes sont-ils des anarchistes ?

 

Charles MacDonald

Anthropologue / ethnologue, CNRS

 

2 février 2019

 

url de l’article:

http://serpent-libertaire.over-blog.com/2019/01/les-gilets-jaunes-sont-ils-des-anarchistes-par-charles-macdonald.html

 

Un grand nombre d’opinions ont été émises par les politologues, sociologues, historiens et autres sur la nature du mouvement des Gilets Jaunes (GJ). Ce mouvement déconcerte. On ne trouve pas le modèle qui le définirait le mieux. Jacquerie, Mai 68, résurgence des grandes grèves du passé, Nuits Debout, Prise de la Bastille ? Les -ismes (poujadisme, nationalisme, extrémisme de droite ou de gauche, réformisme, fascisme, antifascisme) ne conviennent pas vraiment. Il y a un déficit de vocabulaire. Les intellectuels s’affairent. Mais, dans cette fébrilité conceptuelle, un mot n’est presque jamais prononcé, celui d’anarchisme. Pourquoi ?

A-t-on oublié que le terme « anarchie » signifie simplement « sans chef » ? Les GJ sont-ils sans chefs ? Incontestablement. Des représentants ou porte-parole plus ou moins auto-désignés sont apparus, pour disparaître aussitôt. Les GJ sont-ils encadrés par des partis ou des syndicats ? Evidemment non. Reçoivent-ils des ordres d’une autorité supérieure ? Aucunement. Ils sont donc anarchistes au sens étymologique, simple, primaire du terme. Pourquoi ne pas prononcer ce mot ? Pour des raisons évidentes. Les anarchistes, dans la pensée politique et académique ambiante signifie « casseurs », « voyous » « nihilistes ». Anarchisme signifie, pour la quasi totalité de nos intellectuels dument formatés, chaos et destruction. Ce sens n’est pas le bon.

Et pourtant l’anarchie et l’anarchisme sont des constantes de l’histoire et de l’évolution humaine. Elle peut apparaître sous différentes formes, spontanée, non idéologique (anarchie) ou idéologique, doctrinaire, organisée (anarchisme) mais elle a toujours deux aspects fondamentaux. Le premier, déjà indiqué par son nom, est le refus du pouvoir et de l’institution qui l’incarne suprêmement, l’Etat. L’autre est celui de la création de communautés fondées sur l’entraide, la coopération, l’équivalence radicale de sujets concrets. Or n’est-ce pas exactement ce que l’on observe chez une partie au moins des GJ ? Ces ronds-points qui voient se dresser des cabanes, où l’on se parle, où des individus qui ne connaissaient pas se trouvent et s’accordent, où des commerçants apportent du pain et des croissants, où l’on boit du café dans une ambiance de camaraderie, autour de feux, dans le froid, où finalement l’on retrouve ce grand festin de l’humanité qui est de se retrouver dans la convivialité heureuse. Après, il faut s’organiser, et alors commence un long processus qui transforme l’anarchisme spontané et viscéral en un combat pour le pouvoir où il risque de se perdre.

Les GJ ont surgi de l’indifférenciation, de leur condition d’inférieurs, de leur statut de sujets abstraits et invisibles du tout social. Ils sont devenus des sujets concrets, vivants, et non plus des numéros, des catégories statistiques. Ils ne proposent pas d’abord de slogan politique, de dispositif économique, de mesure administrative. Ils disent : je suis pauvre, je suis humilié. Ils racontent leur histoire. Ils sont devant les caméras des personnes à part entière. Ils parlent à la première personne et disent au grand chef : dégage ! Ils protestent contre l’aliénation dont ils sont victimes. Celle du pouvoir, celle de l’existence. Ils sont, en tout cela, sinon anarchistes, en tout cas « anarches », même s’ils sont aussi beaucoup d’autres choses.

En tout état de cause les GJ veulent plus d’égalité, produisent de la fraternité et rejettent les hiérarchies. Même s’ils sont loin pour une grande part des idées libertaires ou des programmes anarchistes, même s’ils ne se réclament pas de Bakounine, de Proudhon ou de Bookchin, ils appartiennent à la grande mouvance humaine pour laquelle les termes d’anarchie et d’anarchisme doivent être utilisés.

Charles Macdonald est directeur de recherche honoraire en anthropologie au CNRS et auteur notamment de L’ordre contre l’Harmonie. Anthropologie de l’anarchie (Paris, Editions Petra, 2018, https://www.editionspetra.fr/livres/lordre-contre-lharmonie-anthropologie-de-lanarchie).

Le blog de Charles MacDonald

Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Francis_Cousin Ce n’est qu’un début…

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

Pierre_Clastres_De l’ethnocide

Pierre_Clastres_Echange-et-pouvoir-philosophie-de-la-chefferie-indienne

Appel au Socialisme Gustav Landauer

 

 

Mouvement des Gilets Jaunes en préfiguration de l’incendie social qui mettra à bas l’imposture « démocratique »…

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« Il n’y a pas d’autre voie pour la société: oppresseur ou opprimé ou bien homme libre, librement associé aux autres. »
~ Errico Malatesta ~

« Là où cesse l’État, c’est là que commence l’Homme, celui qui n’est pas superflu, là commence le chant de ce qui est nécessaire, la mélodie unique et irremplaçable. Là où cesse l’État, regardez donc mes frères ! Ne les voyez-vous pas, l’arc-en-ciel et les ponts du surhumain ? »
~ Friedrich Nietzsche ~

 

 

De l’imposture démocratique

 

Guerre de Classe

 

11 juin 2019

 

Source: http://guerredeclasse.fr/2019/06/11/de-limposture-democratique/

 

« Quoi qu’il en soit, le jour de la crise et le lendemain, notre seul adversaire, ce sera la masse réactionnaire regroupée autour de la démocratie pure – et c’est ce qu’il ne faut pas, à mon avis, perdre de vue. »
~ Engels à A. Bebel, décembre 1884 ~

Le système dans lequel l’argent se manifeste dans son despotisme le plus abouti, c’est la démocratie.

Née de la déstructuration des communautés grecques archaïques ignorant l’argent, l’État et le salariat, la démocratie se présente d’emblée comme le système social de l’égalité de tous devant la tyrannie du marché. Qu’elle soit plus directe, plus juste ou plus représentative ne nous intéresse donc pas : la démocratie reste et restera la dictature de l’argent en toutes circonstances.

Derrière son apparence de gestion équitable du peuple par le peuple, la démocratie est l’outil de domination d’une classe ne possédant rien au monde par une classe possédant le monde entier. L’exploitation – dynamique d’appropriation toujours plus perfectionnée de la force de travail du prolétariat par la classe capitaliste – nécessite le perfectionnement toujours plus abouti de son déguisement démocratique. L’entretien de ce mensonge central condamne cependant la démocratie à la production constante de mensonges annexes toujours plus nombreux et délirants, à propos de tout et n’importe quoi, car à mesure que grandit l’exploitation grandissent également tous ses effets désastreux : stress, maladies, suicides, pollution… De l’immigration à l’écologie en passant par les incendies de cathédrales, tout est donc nécessairement faux ou caché, par n’importe quel moyen, à n’importe quel prix et ce afin que la problématique centrale de cette société – l’exploitation – ne soit jamais vue et encore moins débattue par quiconque.

Antérieur à la démocratie, le fascisme n’est qu’une phase transitoire du marché vers sa perfection fragile. Ainsi, lorsque nous disons « À bas la démocratie ! », nous ne célébrons aucunement son antériorité fasciste mais indiquons simplement qu’elle est son rejeton le plus abouti puisqu’elle réussit l’exploit de massacrer, de bousiller et de cancériser tout le monde en faisant croire à ce tout le monde qu’il serait non-seulement d’accord mais également heureux de cet état des choses. Dans ce cadre, plus un état parle de démocratie, plus il est policier, la liberté qu’il proclame partout ne se révèle être, en dernière instance, que celle de son commerce, et le rééquilibrage régulier de ce dernier nécessite dorénavant une ingénierie électorale, terroriste et médiatique toujours plus perfectionnée.

Cependant, la fameuse loi de mort du capitalisme – la baisse tendancielle du taux de profit – a d’ores et déjà condamné le marché mondial à son explosion terminale. Les rafistolages de crédits et les magouilles bancaires n’y changeront rien et la crise des subprimes de 2008 n’en était qu’un signe avant-coureur.

Prolétariat, tiens bon ! Le mouvement des Gilets Jaunes préfigure le retour d’un gigantesque incendie social que les grandes mises en scènes théâtrales du terrorisme d’état et des restructurations démocratiques ne sauront divertir. La lutte des classes revient pour mettre un terme définitif non pas à tel ou tel mode d’exploitation, mais à l’exploitation tout court, et ceci au niveau mondial compte tenu de la crise d’un marché dorénavant mondialisé. Bien creusé, vieille taupe !

« Nous devons être persuadés qu’il est de la nature du vrai de percer quand son temps est venu, et qu’il n’apparaît jamais que si ce temps est venu. C’est pourquoi il n’apparaît jamais trop tôt et ne trouve pas un public sans maturité pour l’accueillir. »~
~ Hegel  Préface à la phénoménologie de l’esprit ~

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Lectures complémentaires:

Avec-ou-sans-gilet-jaune-pour-la-societe-des-societes

Paulo_Freire_Extension ou Communication

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

AssDesAss-2-Appel-pour-des-assemblées-citoyennes

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Tract_Gilets_Jaunes

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

Francis_Cousin Ce n’est qu’un début…

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

 

Gilets Jaunes 29ème round: Toujours Debout !…

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 1 juin 2019 by Résistance 71

 

 

17 novembre 2018 – 1er juin 2019

 

3ème Assemblée des Assemblées
Montceau-les-Mines 28-30 juin 2019

 


Tout le pouvoir aux Ronds-Points !…

 

 

Communiqué Gilets Jaunes: Inscription pour la 3ème Assemblée des Assemblées à Montceau-les-Mines du 28 au 30 juin 2019

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 29 mai 2019 by Résistance 71

 

 

Inscription à l’Assemblée des Assemblées III – 28, 29 et 30 juin 2019

à Montceau-les-Mines

 

29 mai 2019

 

Bonjour à tous,

Le formulaire d’inscription est disponible ici :

https://framaforms.org/inscription-a-lassemblee-des-assemblees-iii-les-28-29-et-30-juin-a-montceau-les-mines-1558474283

Vous y retrouverez toutes les informations utiles pour participer.

On compte sur vous et on se fait une joie de vous recevoir. 

Bien fraternellement, 

Fatch et Rosa

Le Pôle inscription

Les Gilets Jaunes « Le Magny » de Montceau-les-Mines.

 

 

La préparation de la 3e Assemblée des Assemblées qui se tiendra à

Montceau-les-Mines les 29 et 30 juin a franchi une importante étape les

20 et 21 mai avec l’élaboration conjointe de cette proposition d’axes de

travail par les représentants de Commercy, de Saint-Nazaire et de

Montceau-les-Mines (Le Magny).

Cette proposition a été adoptée à l’unanimité lors de L’AG des GJ du

Magny le 21 mai.

Nous vous invitons à en prendre connaissance et à nous faire parvenir

vos contributions à cette adresse (programmeassemblee@riseup.net) pour

faciliter la gestion.

Aussi, une proposition de Marche jaune. Tous les détails en pièce jointe!

A nous tous de nous engager résolument pour la réussite de ces projets

enthousiasmants !

A bientôt,

La commission Axes du Magny

PDF joints:

AdA_Montceau_les_mines_Proposition_axes_travail

AdA_Marche_Jaune

 


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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Communiqué et compte-rendu de la seconde Assemblée des Assemblée des Gilets Jaunes, St Nazaire, avril 2019 (PDF)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 15 mai 2019 by Résistance 71

 

Communiqué de la Maison du Peuple de St Nazaire

 

15 mai 2019

 

Voici en version PDF le CR de la 2ème AdA qui s’est tenue à la Maison du Peuple de St Nazaire du 5 au 7 avril 2019. A lire et diffuser très largement:

compte-rendu-complet-2e-ada-stnazaire
(format PDF)

Agenda Mouvement des Gilets Jaunes

mai 2019

Source:

https://saint-nazaire.assembleesdesgiletsjaunes.fr/agenda/ 

Ensemble d’actions proposées par différents groupes lors de la 2e Assemblée des assemblées. Si des dates ou des informations manquent ou seraient erronées, merci d’écrire à inscriptionassemblee@riseup.net

Actions à venir

>18 mai / Acte 27 : « Nous exigeons l’annulation des peines de prisonniers et condamnés du mouvement ! », appel proposé lors de la 2e Assemblée des assemblées à se retrouver partout pour manifester et nous rassembler devant les tribunaux et les prisons ! Retrouvons-nous pour exprimer toute notre solidarité avec nos blessés, nos condamnés et leur famille.

> 26 mai : appel à l’action et à la mobilisation pour la période des élections européennes, proposé lors de la 2e Assemblée des assemblées. Un rassemblement à Bruxelles, en lien avec les Gilets jaunes belges a été lancé. Les groupes locaux sont également encouragés à se mobiliser à la manière de leur choix pendant cette période électorale.

> Mois de juin, à partir du 3 : mobilisations pour défendre les droits sociaux, la santé, le pôle emploi, les EHPAD, les MDPH (Maison départementale des personnes handicapées, la CAF.

> Mois de juillet, à partir du 1er : actions visant les stations-service, les raffineries, le secteur des transports routiers, les aéroports, etc. Actions pendant le Tour de France.

> Mois d’août, à partir du 5 : actions visant les hypermarchés, les GAFA (géants du web : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), le secteur logistique, les KHOL (entreprises représentant presque la moitié du CAC40 : Kering, Hermès, L’Oréal et LVMH).

> 24-26 août : actions visant le G7 qui a lieu à Biarritz.

Plus d’infos ici :

htps://www.facebook.com/G7-NON-CEST-NON-341188540081017/

> Mois de septembre, à partir du 2 : actions visant les médias, instituts de sondage, les élites (privées et publiques), etc.

Mois d’octobre :actions visant les prisons et tribunaux.

 

 


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