Archive pour gilets jaunes 3ème round décembre 2018

Résistance politique: France… Espoir, le jaune est mis…

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En France, l’espoir s’habille de jaune

 

Jo Busta Lally

 

2 décembre 2018

 

url de l’article original:

https://jbl1960blog.wordpress.com/2018/12/02/en-france-lespoir-shabille-en-gilet-jaune-in-france-when-hope-dresses-in-yellow/

 

Énormément d’épreuves nous attendent. Nous ne pourrons revenir du jour au lendemain à l’équilibre des forces. Mais puisque nos décideurs procèdent par étapes, allons de même progressivement, chacun selon ses possibilités, vers une solidarité seule à-même de nous éviter le funeste sort qu’ils nous réservent… Nous disposons de l’opportunité d’inverser le cours des choses. Pour nous et pour le salut des générations futures, nous devons agir non plus idéologiquement, mais de façon concrète à réaliser le désir des 99% contre celui des 1%… Certes, nous sommes encore de grands enfants, et tout nous restera à apprendre une fois redevenus maîtres de nos destins. Mais qu’est donc notre peur de la liberté comparée à cette ineffable joie d’être en vie ?… Nous avons tous été portés durant neuf mois. Nourris et pour les plus chanceux aidés à devenir ce que nous sommes. Ne valons-nous pas mieux qu’un rouage de machine ou de la chair à canons ? La route n’existe que par notre marche. Elle n’attend plus que d’être empruntée.

Zénon dans « Burn-out » Ou la fin annoncée de la lutte des classes

Les Chroniques de Zénon

Le sang paysan coule toujours dans les veines de bien des citadins prolétaires ; Ils devraient réapprendre à écouter leurs origines. Le but, le but très lointain est ce qui  est appelé aujourd’hui la grève générale, mais bien sûr bien différente de celle passive en se croisant les bras qui n’est qu’un duel face à face de qui pourra tenir le plus longtemps entre les ouvriers et les capitalistes. Une grève générale oui… Mais active !

[…] L’objectif est le peuple, la société, la communauté, la liberté, la beauté, la joie de vivre. »

Gustav Landaeur (1911) Appel au socialisme – Pour la société des sociétés, 2nde réédition 1919 (bientôt 100 ans) en version PDF

(*)Ce texte en version anglaise, traduit par Résistance 71, à l’attention de Mohawk Nation News et ntk.com  et du lectorat anglophone, en réponse à leur questionnement sur la situation en France et du fait que je relaie, amplifie et traduit même parfois, ces voix autochtones anticoloniales ici de l’île de la Grande Tortue, mais également de tous les continents…

Jo Busta Lally le 1er décembre 2018

En France, une prise de conscience politique, collective, s’est mise en marche et en s’habillant d’un Gilet Jaune. Comme on allume sa propre petite flamme, sa petite lumière intérieure, comme le témoin lumineux d’un petit déclic.

L’évènement déclencheur de cette prise de conscience politique, en France, a, sans nul doute, été l’imposition par la force, par la taxation à outrance et totalement injustifiée, de la Transition Énergétique qui prend appui sur la seule Théorie du Réchauffement Climatique Anthropique et promue uniquement par les « scientifiques » du GIEC qui ne supportent aucune contestation possible, ni n’envisagent d’autre piste, comme la Théorie russo-ukrainienne de l’origine abiotique profonde du pétrole.

Dénonçant  depuis fort longtemps, de manière argumentée et documentée, l’arnaque de la Transition Énergétique au N.O.M. du Réchauffement Climatique Anthropique comme une véritable pompe à fric climatique, ce fut, pour beaucoup, la goutte d’essence qui fit déborder le réservoir…

Dès ce moment, un mouvement profond, puissant, large est remonté des entrailles de la Terre nourricière ; des campagnes, des petites villes et villages, de ces lieux-dits, de ces territoires oubliés une prise de conscience politique a jailli et nous espérons, qu’à terme, elle sera en capacité de faire triompher l’humanité pour son émancipation réalisée dans la fin du rapport dominant / dominé ; La fin de la division politique factice de la société qui nous a été imposée depuis des millénaires mais que nous pensons tout à fait réversible.

Salariés et ouvriers, agriculteurs, étudiants, chômeurs, laissés-pour-compte ; Tous unis, consciemment ou non, devant l’expression la plus aboutie, la plus dangereuse, de cette oligarchie qui a un N.O.M. et des visages, représentée par Emmanuel Macron directement pucé par Rothschild et son Premier Ministre, Édouard Philippe, Bilderberger2016 ; Se sont alors levés pour résister.

Car, comme Trump ou Trudeau, Macron est un outil de Rothschild = La City de Londres = Au cœur de l’Empire.

Alors ce n’est qu’un pion, mis en place pour réactiver le Plan que le Nouvel Ordre Mondial a fait graver dans les pierres du « Georgia Guidestones » en 1980 ; Et le 1er de ces 10 « commandements » stipule que la population mondiale ne devra jamais dépasser les 500 millions d’individus, ce qui représente une projection de réduction de la population mondiale de l’ordre de 95% !

C’est pourquoi M. Macron a été désigné Champion de la Terre, et a affirmé, aux côtés de Mme Merkel, autre marionnette de l’Oligarchie, qu’il faudrait envisager de réduire la population mondiale pour « sauver la Planète ». Or, c’est devenu leur nouveau mantra ; Nous devons sauver la planète, et la seule solution, pour nous, les français, c’est de payer !

  • Taxe carbone ;
  • Taxes sur le carburant ; (enfin pas pour tous)
  • Taxes sur l’énergie…
  • Nous avons recensé ainsi plus de 252 taxes que nous sommes contraints de payer.

Au N.O.M. de la Transition Énergétique !

Car ce qu’exige, par-dessus tout cette oligarchie, c’est d’obtenir notre consentement à l’impôt et notre totale soumission à l’État et ses institutions comme seule solution viable et à en dehors de laquelle rien ne serait possible.

Alors que, clairement, beaucoup ont compris que nous avions le pouvoir de dire NON !

Que nous pouvions, en masse, leur retirer notre consentement et que leur pouvoir de domination s’effondrerait immédiatement de ce fait.

D’ailleurs, c’est toute la classe dominante qui s’inquiète de nous voir appeler à une grève générale, illimitée et expropriatrice et sans armes, ni haine, ni violence.

Et qui défile dans tous les Merdias aux ordres, (pressetituée), affolée de constater que la majorité de ceux qui arborent un Gilet Jaune, et ceux qui les soutiennent, conseillent de demeurer horizontaux, et de se méfier de la verticalité. Prévenant que plus on monte, plus on tombe de haut.

Dès lors, s’installe dans l’opinion cette idée d’une chefferie, de leaders sans pouvoir, où c’est le peuple qui dirige et le (bon) gouvernement qui obéit.

C’est pourquoi j’ai soutenu la proposition de l’EZLN POUR appeler à la formation d’un RÉSEAU DE RÉSISTANCE & DE RÉBELLION INTERNATIONAL {3RI} ; CONTRE la société marchande, soit le système capitaliste ; Car un autre monde est possible et cet appel n’est pas seulement adressé aux peuples originaires, mais à toutes celles, à tous ceux et à toutes celleux qui se rebellent et résistent dans tous les recoins du monde. À ceux qui défient les schémas tout faits, les règles, les lois, les préceptes, les chiffres et les pourcentages.

L’EZLN reconnait, à raison, qu’ils ne sont probablement pas plus de 300, précisant que ;

Nous continuons à marcher avec deux pieds : la rébellion et la résistance, le non et le oui ; non au système et oui à notre autonomie, ce qui signifie que nous avons à construire notre propre chemin vers la vie. Il se fonde sur certaines des racines des communautés originaires (ou indigènes) : le collectif, l’entraide mutuelle et solidaire, l’attachement à la terre, le fait de cultiver les arts et les sciences, la vigilance constante contre l’accumulation de richesses. Cela, ainsi que les sciences et les arts, c’est notre guide. C’est notre « façon », mais nous pensons que dans d’autres histoires et identités, c’est différent. C’est pourquoi nous disons que le zapatisme ne peut pas être exporté, pas même sur le territoire du Chiapas, mais que chaque calendrier et chaque géographie doit suivre sa propre logique.

Et ce n’est pas non plus un exercice très encourageant : nos possibilités sont minimes.

On n’approche même pas, il s’en faut de beaucoup, les 30 millions.

On n’est peut-être que 300.

Et si jusqu’à présent, en France, je ne nous pensais pas plus de 300 non plus.

Je dois dire, qu’aujourd’hui, se profile l’espoir que nous soyons près de 300 000 mille individus conscients, convaincus, opiniâtre et peut-être même bien 3 millions demain.

Et la malfaisance régnante, que représente M. Macron et son orchestre, le sait bien qu’un (seul) individu conscient et debout est plus dangereux pour le pouvoir que dix mille individus endormis et soumis (Mahatma Gandhi).

Avec cette prise de conscience politique, collective, nous organisons, de fait, une stratégie afin de remplacer l’antagonisme à l’œuvre depuis des millénaires et dans lequel on veut à toute force nous enfermer, qui, appliqué à différents niveaux de la société empêche l’humanité d’embrasser sa tendance naturelle à la complémentarité, facteur d’unification de la diversité dans un grand Tout socio-politique organique : La société des sociétés.

 


Carte Jacquerie 2018

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Petit bilan (provisoire) de la journée Gilet Jaunes du 1er décembre 2018

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Résistance 71

 

2 décembre 2018

 

Bravo et soutien à tous les compagnon(e)s en lutte contre le système inepte, obsolète et criminel et qui ne s’en laissent pas compter de ses turpitudes.
Sur Paris, il est évident que l’oligarchie a décidé de passer au travail de sape du mouvement en utilisant les outils habituels de la (tentative) de coopter certains maillons faibles du mouvement pour le diviser de l’intérieur en en faisant des « portes-parole » bidons non mandatés par le mouvement et donc en cela non représentatifs. De provoquer des violences soit par des flics infiltrés en « casseurs » (comme vu plusieurs fois en direct), soit par l’envoi de groupuscules politiques infiltrés et sous contrôle, afin de discréditer le mouvement aux yeux de la population.
Ceci dit, les compagnons de route ne se laissent pas berner, éjectent les membres de la pressetituée mandatée pour salir le mouvement, luttent pied à pied face à des forces de l’ordre totalitaire étatique qui se demandent sans aucun doute de plus en plus ce qu’elles font là et qu’elle est leur véritable fonction. Il n’est sans doute plus bien loin le moment des crosses en l’air ! De plus, les compagnons doivent aussi faire front à une violence exogène, celle venue de l’extérieur et essentiellement commanditée par l’oligarchie en place au moyen de groupes de « casseurs », essentiellement mercenaires du système.
Ci-dessous une vidéo de terrain enregistrée le 1er décembre dans la journée place de l’étoile à Paris où un gilet jaune est interviewé et donne un aperçu de ce qu’est le mouvement.
Le seul commentaire que nous ferons sur sa bonne intervention spontanée est le suivant: Compagnon(e)s, ne pensez pas que l’oligarchie va lâcher quoi que ce soit ! Elle le fera peut-être temporairement et de manière cosmétique pour apaiser la colère sociale, comme en lançant un os au chien, mais à terme la destruction en marche que génère inéluctablement le système étatico-capitaliste ne cessera pas pour la simple et bonne raison qu’elle ne le peut pas !
Ne faites pas l’erreur de demander à ce que le système devienne plus « vertueux », c’est peine perdu: Il ne le peut pas, même s’il le voulait vraiment, la logique de phagocytose capitaliste est implacable et irrémédiable…
Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu, ne saurait y en avoir !
L’avenir de l’humanité passe par la mise à bas de ce système inique pour que l’humain s’humanise réellement et retrouve le chemin  d’un développement social organique hors institutions en rendant impossible la division politique de la société, source de tout le malheur dans la gestion humaine de notre monde. Nous devons retourner le pouvoir là où il n’aurait jamais dû sortir, dans le peuple, au moyen de la confédération des associations libres dans une société horizontale où personne ne décide plus qu’un/une autre, où personne n’a plus qu’un(e) autre. Il faut que le véritable changement commence quelque part, la France serait un véritable symbole pour le monde !

Pour mieux comprendre d’où nous venons, où nous sommes et où nous DEVONS aller, voici quelques fragments utiles à connaître, à lire et diffuser sans aucune modération:

Manifeste pour la Société des Sociétés

Solidarité ! Union ! Réflexion ! Action !
Dans notre complémentarité naturelle

Entretien avec un GJ, Paris 1er décembre 2018:

 


N’oublions jamais !…

1er décembre 2018 Gilets Jaunes à Paris.. Direct avec RT France

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Rassemblement Gilets Jaunes

RT France en direct de Paris…

 

 

 

 

Résistance politique: Gilets Jaunes 3ème édition, vigilance à la manipulation de rigueur

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Nous avions gardé cette lettre de JC Michéa sous le coude, un peu comme une relance avec mise en garde. 3ème round aujourd’hui… Le danger de manipulation est de tous les instants !
Attention à celle qui verrait des « portes-parole » soit auto-désignés, soit désignés par les merdias à la botte du politique, faire des annonces qui discréditeraient le mouvement.
Aucune « revendications » ne peut se faire sans discussion préalable en assemblées coordonnées. Le mouvement des GJ est en danger de récupération politique à terme, visant à le faire sombrer dans le classique marasme du réformisme béat.
Disons NON ! Ensemble ! Union, coopération, communication !
Pour l’avènement de la société des sociétés…

~ Résistance 71 ~

Résistance 71 sur le mouvement des Gilets Jaunes ici et ici

 


1er décembre 2018: 3ème round…

 

Jean-Claude Michéa :

Une lettre à propos du mouvement des Gilets jaunes

 

24 novembre 2018

 

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article10640

 

Chers Amis,

Juste ces quelques mots très brefs et donc très lapidaires – car ici, on est un peu débordés par la préparation de l’hiver (bois à couper, plantes et arbres à pailler  etc.). Je suis évidemment d’accord avec l’ensemble de vos remarques, ainsi qu’avec la plupart des thèses de Lieux communs (seule la dernière phrase me paraît un peu faible en raison de son «  occidentalisme  »  : il existe aussi, bien entendu, une véritable culture de l’émancipation populaire en Asie, en Afrique ou en Amérique latine  !).

Le mouvement des «  gilets jaunes  » (bel exemple, au passage, de cette inventivité populaire que j’annonçais dans Les Mystères de la gauche) est, d’une certaine manière, l’exact contraire de «  Nuit Debout  ». Ce dernier mouvement, en simplifiant, était en effet d’abord une tentative – d’ailleurs encouragée par une grande partie de la presse bourgeoise – des «  10 %  » (autrement dit, ceux qui sont préposés – ou se préparent à l’être – à l’encadrement technique, politique et «  culturel  » du capitalisme moderne), pour désamorcer la critique radicale du Système, en dirigeant toute l’attention politique sur le seul pouvoir (certes décisif) de Wall Street et des fameux «  1 %  ». Une révolte, par conséquent, de ces urbains hypermobiles et surdiplômés (même si une fraction minoritaire de ces nouvelles classes moyennes commence à connaître, ici ou là, une certaine «  précarisation  ») et qui constituent, depuis l’ère Mitterrand, le principal vivier dans lequel se recrutent les cadres de la gauche et de l’extrême gauche libérales (et, notamment, de ses secteurs les plus ouvertement contre-révolutionnaires et antipopulaires  : Regards, Politis, NP“A”, Université Paris VIII etc.). Ici, au contraire, ce sont bien ceux d’en bas (tels que les analysait Christophe Guilluy – d’ailleurs curieusement absent, jusqu’ici, de tous les talk-shows télévisés, au profit, entre autres comiques, du réformiste sous-keynésien Besancenot), qui se révoltent, avec déjà suffisamment de conscience révolutionnaire pour refuser d’avoir encore à choisir entre exploiteurs de gauche et exploiteurs de droite (c’est d’ailleurs ainsi que Podemos avait commencé en 2011, avant que les Clémentine Autain et les Benoît Hamon du cru ne réussissent à enterrer ce mouvement prometteur en le coupant progressivement de ses bases populaires).

Quant à l’argument des «  écologistes  » de cour – ceux qui préparent cette «  transition énergétique  » qui consiste avant tout, comme Guillaume Pitron l’a bien montré dans La Guerre des métaux rares, à délocaliser la pollution des pays occidentaux dans les pays du Sud, selon lequel ce mouvement spontané ne serait porté que par «  une idéologie de la bagnole  » et par «  des gars qui fument des clopes et roulent en diesel  », il est aussi absurde qu’immonde  : il est clair, en effet, que la plupart des Gilets jaunes n’éprouvent aucun plaisir à devoir prendre leur voiture pour aller travailler chaque jour à 50 km de chez eux, à aller faire leurs courses au seul centre commercial existant dans leur région et généralement situé en pleine nature à 20 km, ou encore à se rendre chez le seul médecin qui n’a pas encore pris sa retraite et dont le cabinet se trouve à 10 km de leur lieu d’habitation. (J’emprunte tous ces exemples à mon expérience landaise  ! J’ai même un voisin, qui vit avec 600 € par mois et qui doit calculer le jour du mois où il peut encore aller faire ses courses à Mont-de-Marsan, sans tomber en panne, en fonction de la quantité de diesel – cette essence des pauvres – qu’il a encore les moyens de s’acheter  !) Gageons qu’ils sont au contraire les premiers à avoir compris que le vrai problème, c’était justement que la mise en œuvre systématique, depuis maintenant 40 ans, du programme libéral par les successifs gouvernements de gauche et de droite, a progressivement transformé leur village ou leur quartier en désert médical, dépourvu du moindre commerce de première nécessité, et où la première entreprise encore capable de leur offrir un vague emploi mal rémunéré se trouve désormais à des dizaines de kilomètres (s’il existe des «  plans banlieues  » – et c’est tant mieux – il n’y a évidemment jamais eu rien de tel pour ces villages et ces communes – où vit pourtant la majorité de la population française – officiellement promis à l’extinction par le «  sens de l’histoire  » et la «  construction européenne  »  !).

Ce n’est donc évidemment pas la voiture en tant que telle – comme «  signe  » de leur prétendue intégration dans le monde de la consommation (ce ne sont pas des Lyonnais ou des Parisiens  !) – que les Gilets jaunes défendent aujourd’hui. C’est simplement que leur voiture diesel achetée d’occasion (et que la Commission européenne essaye déjà de leur enlever en inventant sans cesse de nouvelles normes de «  contrôle technique  ») représente leur ultime possibilité de survivre, c’est-à-dire d’avoir encore un toit, un emploi et de quoi se nourrir, eux et leur famille, dans le système capitaliste tel qu’il est devenu, et tel qu’il profite de plus en plus aux gagnants de la mondialisation. Et dire que c’est d’abord cette gauche kérosène – celle qui navigue d’aéroport en aéroport pour porter dans les universités du monde entier (et dans tous les «  Festival de Cannes  ») la bonne parole «  écologique  » et «  associative  » qui ose leur faire la leçon sur ce point  ! Décidément, ceux qui ne connaissent rien d’autre que leurs pauvres palais métropolitains n’auront jamais le centième de la décence qu’on peut encore rencontrer dans les chaumières (et là encore, c’est mon expérience landaise qui parle  !).

La seule question que je me pose est donc de savoir jusqu’où un tel mouvement révolutionnaire (mouvement qui n’est pas sans rapport, dans sa naissance, son programme rassembleur et son mode de développement, avec la grande révolte du Midi de 1907) peut aller dans les tristes conditions politiques qui sont les nôtres. Car n’oublions pas qu’il a devant lui un gouvernement thatchérien de gauche (le principal conseiller de Macron est d’ailleurs Mathieu Laine – un homme d’affaires de la City de Londres et qui est, en France, le préfacier des œuvres de la sorcière Maggie), c’est-à-dire un gouvernement cynique et impavide, qui est clairement prêt – c’est sa grande différence avec tous ses prédécesseurs – à aller jusqu’aux pires extrémités pinochetistes (comme Maggie avec les mineurs gallois ou les grévistes de la faim irlandais) pour imposer sa «  société de croissance  » et ce pouvoir antidémocratique des juges, aujourd’hui triomphant, qui en est le corollaire obligé. Et, bien sûr, sans avoir quoi que ce soit à craindre, sur ce plan, du servile personnel médiatique français. Faut-il rappeler, en effet, qu’on compte déjà 3 morts, des centaines de blessés, dont certains dans un état très critique. Or, si ma mémoire est bonne, c’est bien à Mai 68 qu’il faut remonter pour retrouver un bilan humain comparable lors de manifestations populaires, du moins sur le sol métropolitain. Et pour autant, l’écho médiatique donné à ce fait effarant est-il, du moins pour l’instant, à la hauteur d’un tel drame  ? Et qu’auraient d’ailleurs dit les chiens de garde de France Info si ce bilan (provisoire) avait été l’œuvre, par exemple, d’un Vladimir Poutine ou d’un Donald Trump  ?

Enfin, last but not the least, on ne doit surtout pas oublier que si le mouvement des Gilets jaunes gagnait encore de l’ampleur (ou s’il conservait, comme c’est toujours le cas, le soutien de la grande majorité de la population), l’État benallo-macronien n’hésitera pas un seul instant à envoyer partout son Black Bloc et ses «  antifas  » (telle la fameuse «  brigade rouge  » de la grande époque) pour le discréditer par tous les moyens, où l’orienter vers des impasses politiques suicidaires (on a déjà vu, par exemple, comment l’État macronien avait procédé pour couper en très peu de temps l’expérience zadiste de Notre-Dame-des-Landes de ses soutiens populaires originels). Mais même si ce courageux mouvement se voyait provisoirement brisé par le PMA – le Parti des médias et de l’argent (PMA pour tous, telle est, en somme, la devise de nos M. Thiers d’aujourd’hui  !)  ; cela voudra dire, au pire, qu’il n’est qu’une répétition générale et le début d’un long combat à venir. Car la colère de ceux d’en bas (soutenus, je dois à nouveau le marteler, par 75 % de la population – et donc logiquement stigmatisé, à ce titre, par 95 % des chiens de garde médiatiques) ne retombera plus, tout simplement parce que ceux d’en bas n’en peuvent plus et ne veulent plus. Le peuple est donc définitivement en marche  ! Et à moins d’en élire un autre (selon le vœu d’Éric Fassin, cet agent d’influence particulièrement actif de la trop célèbre French American Fondation), il n’est pas près de rentrer dans le rang. Que les Versaillais de gauche et de droite (pour reprendre la formule des proscrits de la Commune réfugiés à Londres) se le tiennent pour dit  !

Très amicalement,

Le 21 novembre 2018 

JC


Liste non exhaustive… 😉