Archive pour gilets jaunes 12ème round

Gilets Jaunes: Commercy… Le pouvoir au peuple !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , on 2 février 2019 by Résistance 71


Tout le pouvoir aux Ronds-Points

 

Commercy le pouvoir au peuple

 

Stéphane Burlot

 

30 janvier 2019

 

url de l’article:

https://www.revue-ballast.fr/commercy-le-pouvoir-au-peuple-portfolio/

 

« On s’est vraiment cru à la veille du 10 août 1792 », vient de confier un collaborateur de Macron au JDD. « Eh bien ! que veulent-ils ? » demandait en ce temps un garde des sceaux ; « La déchéance [du roi] », répondait un officier1 : les insurgés s’apprêtaient à prendre les Tuileries puis à emprisonner la famille royale dans une forteresse du Marais. La question, de nos jours, ne se pose même plus ; les rues, unies sous un même gilet, scandent la réponse semaine après semaine : « Macron, démission ! » Quand un régime crève les yeux de citoyens soucieux de justice sociale, c’est là une demande bien raisonnable. Si celle-ci est reprise à Commercy, commune meusienne de moins de 6 000 habitants, ses gilets jaunes voient plus loin que le seul départ du monarque républicain : une Assemblée des assemblées s’est tenue ce week-end et 75 délégations de gilets jaunes, venues de toute la France, ont rédigé un appel afin de structurer le mouvement par la base. « Vive le pouvoir au peuple, pour le peuple et par le peuple ! » Nous y avons passé deux jours, et donnons ici la parole à une dizaine d’entre eux.

Sabrina (professeure des écoles, Paris) : « Je suis là pour porter la parole qu’on m’a autorisée à porter. Et je suis contente des débats qu’il y a ici, sur l’horizontalité, la légitimité et la démocratie. Ce sont des rendez-vous utiles. Certains parlent même d’un moment historique : quand on voit le mot de soutien de la Commune du Rojava, ça a de la valeur pour beaucoup de gens. J’ai jamais été dans un parti, j’ai jamais lutté politiquement. Je regardais les manifestants avec un esprit un peu moqueur… Les gilets jaunes ont extrêmement peur de la centralisation : c’est pour ça que c’est très important pour moi de respecter le mandat qu’on m’a confié, et de tenir la ligne morale qu’on a fixée. Je crois qu’il va y avoir des scissions au sein du mouvement. Entre ceux qui considèrent qu’être “apolitique”, c’est mélanger les gens en patchwork, en fourre-tout, et les autres. Et entre ceux qui veulent à tout prix garder l’horizontalité — comme ici — et les autres, comme Éric Drouet, qui considèrent que la démocratie, c’est aussi déléguer son pouvoir et avoir des porte-parole. »

Renz (Saint-Nazaire) : « Ce week-end, c’est une étape importante du processus révolutionnaire dans lequel on est. Le plus important, c’est de pérenniser le mouvement et de passer l’hiver. On doit au moins faire 100 actes ! On va pas gagner en un jour, je crois pas au Grand soir. On a fait un gros travail d’éducation populaire au sein du mouvement : au début, on en avait “gros”, c’est tout, c’est ça qui a lancé le mouvement. Là, on affine. On se demande dans quelle société on veut vivre. Et ce qui ressort de presque tout le mouvement, c’est le pouvoir au peuple. Qu’on arrête de prendre des décisions à notre place. »

Stéphanie (assistante vétérinaire, Saint-Nazaire) : « On se plaint depuis des années de notre système, mais personne ne bouge. La justice sociale, économique, environnementale et judiciaire, c’est ce qu’on veut. On apprend maintenant à s’écouter, et pas parce qu’une personne va gueuler plus fort que les autres ; ça, on n’avait plus l’habitude. On se sentait seuls, démunis, exploités. On était isolés. »

Renz : « Ce mouvement, ce qu’il a créé, c’est un sentiment familial, une fraternité. En venant ici, on réalise que la famille s’est agrandie. À Saint-Nazaire, on a fait la première Maison du peuple du mouvement ! Comme la préfecture voulait pas qu’on fasse une assemblée dans ses murs, on a pris l’ancienne sous-préfecture : aussi simple, magique ! La BAC est là en permanence et on est tous sur écoute. La pression est permanente, on a les amendes qui pleuvent. On passe bientôt au tribunal. On a même un camarade qui est interdit de Saint-Nazaire. »

Chantal (retraitée technicienne de laboratoire, Ariège) : « Ça fait longtemps que ce système, je ne le supporte pas ! J’ai participé à plein de luttes, mais l’originalité du mouvement des gilets jaunes c’est de faire participer des gens qui, justement, n’étaient pas en lutte avant. Et qui pourraient être désarçonnés si on leur donne des menus et des cartes pré-écrits. C’est aux gens d’écrire eux-mêmes les façons dont ils veulent fonctionner. On peut s’inspirer des choses qui ont été proposées, par le passé, mais surtout pas de projet tout fait de société ! Il y a eu la Commune de Paris, il y a le Chiapas, les gens ne sont pas cons : ils ont su le faire, ils sauront le refaire — même sans avoir lu les livres de Bookchin ! »

Rico (Ariège) : « Ces assemblées, ça me regonfle à bloc. C’est rassurant de voir que, partout en France, on butte tous sur les mêmes problématiques. Mais en discutant on fait avancer le schmilblick. Ça va pas se faire en deux jours, mais ça va se faire. »

Chantal : « Je suis presque venue à Commercy à reculons. J’avais peur qu’ils disent qu’ils sont les plus beaux, les plus forts et qu’ils ont raison. Qu’ils centralisent. Mais, au final, je suis très contente : il s’agit bien d’une coordination, de rencontres. C’est très humain, très chaleureux, ici. Il n’y a pas de diktats, de bureau politique, toutes ces conneries. Il faut se faire confiance, il faut accepter de faire des erreurs. Depuis toutes ces années où, nous, les militants, on a fait tout ce qu’il fallait et qu’on n’a rien gagné, à part rester entre nous ! Eh bien, il faut être ensemble. Je me méfie des avant-gardes : on ne doit pas dire aux gens ce qu’ils doivent faire, on doit être avec eux. Gauche et droite, c’est une place à l’Assemblée nationale, ça ne veut rien dire : les gilets jaunes, c’est les exploités, les humiliés, les gens à qui on vide les poches et pas ceux qui se les remplissent. »

Rico : « Il faut que le mouvement dure, qu’on se démoralise pas. Qu’on continue à secouer toutes les branches de l’arbre, qu’on se renforce, qu’on s’ouvre sur l’extérieur, sur tous les Français. On n’est pas “le peuple”, on est une partie du peuple. Faut ouvrir à fond. »

Chantal : « On est les plus nombreux, donc si on freine, ça fera quelque chose. On doit être contre les institutions. Les syndicats, c’est devenu du carriérisme, c’est des professionnels, mais le syndiqué qui fait grève, c’est important. La “grève générale”, c’est un grand mot, mais c’est comme la “lutte des classes”, il ne faut pas les abandonner. »

Victor (cheminot, Poitiers) : « Je salue l’initiative de Commercy : on doit se rencontrer, se coordonner, se structurer. Je regrette seulement qu’on n’ait pas discuté, d’entrée, la situation sociale et économique, donc de la crise du capitalisme. Il fallait faire un point analytique général : quel est le cadre dans lequel s’inscrit le mouvement des gilets jaunes ? »

Magali (au chômage, Poitiers) : « On a pris de l’information. Mais j’ai l’impression que les syndicats phagocytent, et on ne peut pas parler avec eux. Les gens ne veulent plus faire grève, il y a une défiance généralisée. Les syndicalistes sont très habitués à parler en public, mais pas moi : plein de gens n’ont pas osé prendre la parole donc personne ne les a entendus. C’est impressionnant de voir des gens qui savent parler. Le mouvement est parti des invisibles, des gens qui ne parlaient jamais, alors c’est dommage de voir qu’ils ne peuvent pas toujours s’exprimer dans ce type d’assemblée. Je me dis que la révolution n’est pas pour demain si, déjà, on n’arrive pas à s’écouter. »

Victor : « Il ne faut pas se cacher que, depuis le 17 novembre, la participation, à l’échelle du pays, s’est rétrécie. Il faut une nouvelle vague, un nouveau soulèvement pour apporter un second souffle au mouvement. Mais tout ne dépend pas de nous : l’économie mondiale est proche du lock-out généralisé, et cela produira sans doute bien plus de choses que toutes nos actions et nos appels. »

Magali : « Les petits patrons qui se sont mobilisés en novembre sur le prix de l’essence, ils sont partis depuis que le mouvement a évolué vers l’augmentation du SMIC. Les petits commerçants, qui étaient avec nous au départ, nous reprochent maintenant d’avoir foutu en l’air leur chiffre d’affaires à Noël… Ils ne sont plus avec les gilets jaunes. »

Victor : « Mais on peut converger avec eux en revendiquant l’abolition de la TVA, qui est aussi avantageuse pour eux que pour nous. Un agriculteur est pressuré par les banques au même titre que nous… Quoi qu’il en soit, l’État pourra tordre le cou au municipalisme. Les coopératives, ça montre qu’on peut se passer de patron, sauf qu’une coopérative, même dans un cadre municipaliste libertaire, si on ne touche pas au fondement — à savoir la propriété privée —, ça ne changera pas fondamentalement les choses. »

Adel (agent Transkeo, Île-de-France) : « Il y a ici beaucoup de bonnes choses à prendre pour la suite, en termes d’organisation et de structuration. Nous, en Île-de-France, on est en retard par rapport à la province. On est un peu plus infiltrés que les autres en termes d’extrême droite. Mais on fait le ménage. Ce qu’on voit à Commercy devrait nous aider à faire des actions plus fortes et plus concrètes. »

Torya (agente SNCF, Île-de-France) : « Le vrai souci des gens, c’est l’assemblée générale démocratique, horizontale et transparente. Pas de leader, pas de tête d’affiche. Que tout le monde puisse s’exprimer, qu’on soit d’accord ou pas — l’extrême droite, ce n’est pas une “opinion”, on doit les bannir. On aimerait créer une Maison du peuple pour accueillir les gilets jaunes qui viennent de toute la France sur Paris. Pour les aider, les soigner. Ça nous manque. »

Adel : « L’essentiel, c’est de remettre le peuple au centre des débats. On est dans la rue pour ça depuis plus de deux mois. La grève générale illimitée, à laquelle on appelle, va permettre de toucher des gens plus largement. »

Torya : « Le mouvement des gilets jaunes a mis un coup de pied dans les marches République-Nation, avec le camion de merguez devant. Et dans les appels des syndicats pour les grèves “perlées”. Les gilets jaunes ont dit “Nous, on prend le terrain, on manifeste quand on veut”. Les syndicats vont devoir tous se remettre en question et arrêter d’être des organisations pyramidales. Tant qu’on n’aura pas rasé la moustache de Martinez, on n’arrivera pas à le faire descendre ! »

Christophe (agriculteur, Rennes) : « On adhère parfaitement à la vision de la commune de Saillans : une redéfinition des décisions municipales par la base, un maire révocable et tournant, une concertation permanente de la population et une parfaite lisibilité des engagements pris. Ce qu’il faut, c’est l’abolition de la loi NOTRe : encore une usurpation de démocratie signée par Macron. Aujourd’hui, les communes sont privées de leur autonomie financière, via le renvoi de leurs budgets territoriaux par Bercy, qui les dispatchent à des préfets non élus. Les maires sont dépendants du bras armé de Macron, à savoir ces mêmes préfets. L’autonomie doit être à la base. Le pouvoir n’a pas d’attaches réelles au territoire, et c’est le contraire de ce qu’on veut. »

Steven (éducateur spécialisé, Commercy) : « Sur 15 groupes, en assemblée, 12 ont dit que c’était peut-être prématuré de parler de “municipalisme libertaire”. Sur le papier, c’est une très belle idée, mais comme les communes ont de moins en moins de pouvoir, faut y réfléchir. Des gens ont demandé comment c’était organisable sur une agglomération d’un million d’habitants. Mais il y a un consensus sur le fait qu’on doit réfléchir à cette idée. Le défi qu’on doit relever, c’est que la démocratie elle est pas simple : ça passe par le débat, mais on a une bonne base. Il faut continuer. On doit pas centraliser à Commercy, donc il faut que ça tourne maintenant… Mais comme j’ai peur que ça se perde, qu’on retourne dans notre quotidien, j’aimerais qu’on refasse direct une Assemblée des assemblées ici ! »

Frédérique (mère au foyer, Commercy) : « Il y a encore du taf ! Et ça se fera par la base. »

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

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Gilets Jaunes: Pourquoi la grève générale illimitée doit se faire hors des centrales syndicales foies jaunes !… (Organisation Socialiste Révolutionnaire)

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Les syndicats tout comme les partis politiques font partis des problèmes et non pas des solutions au marasme ambiant. Tous les syndicats sont réformistes, tous bouffent au râtelier de l’État et du patronat. N’oublions jamais que c’est avec la manne étatico-capitaliste que les syndicats (et les partis politiques) existent et peuvent subsister, surtout leurs hiérarchies corrompues.
Si la base demeure sans doute sincère, elle est trahie systématiquement par sa hiérarchie qui n’est qu’une courroie de transmission de la domestication de la contestation au profit de l’oligarchie et de ses rouages oppresseurs et exploiteurs.
Gilets Jaunes ! Non aux syndicats foies jaunes ! Confiance Zéro !
Reprenons le contrôle de nos destinées sur les lieux de travail, dans les voisinages. 
Tout le pouvoir aux Ronds-Points et aux assemblées populaires…

Vive les Assemblées des Assemblées ! Vive la Commune libre ! Pour que vienne la Société des Sociétés !

~ Résistance 71 ~

 


« Notre problème n’est pas la désobéissance
civile… C’est l’obéissance civile. »
~ Howard Zinn ~

 

Les syndicats face aux Gilets Jaunes

 

Louis Alexandre

 

18 janvier 201

 

Source: http://rebellion-sre.fr/les-syndicats-face-aux-gilets-jaunes/

 

Depuis les années 1990, nous vivons une transformation sociale sans précédente. Le glissement progressif vers le modèle libéral mondialisé a transformé les structures de l’économie et les équilibres sociaux. Cela a eu une répercutions directe sur l’environnement syndical ; la baisse régulière des effectifs des grandes centrales et de la participation aux élections professionnelles donne une idée du naufrage. Avec un des taux de syndicalisation les plus bas d’Europe (à peine 11% des employés sont syndiqués selon les sources officielles), les syndicats ne représentent plus une large majorité de travailleurs précaires et en voie « d’uberisation ». A peine 1% des intérimaires et 2% des CDD sont syndiqués, alors que 20 % des fonctionnaires le sont (cette forte représentativité est largement due aux enseignants qui utilisent les syndicats de manière très pratique dans leur évolution de carrière). Le gros des bataillons se regroupant dans le public ou les grandes entreprises, on ne les retrouve pas forcément sur les terrains sociaux chauds.

Les directions syndicales ont compris cette faiblesse et cherchent désormais à maintenir leur rôle de « partenaires sociaux représentatifs ». Le repli sur la cogestion des organismes de la protection sociale garantie par le système paritaire (État, patronats et syndicats étant représentés dans la direction des principales administrations de l’aide sociale) est pour eux le moyen de conserver cette armada de « permanents » et de « détachés » qui offrent des troupes mobilisables alors que les effectifs décroissent. Ce rôle de partenaire s’incarne dans le renforcement des négociations collectives au niveau de l’entreprise voulu dans le cadre de la réforme du Code du Travail. On demande d’avantage l’avis des syndicats, même si on a bien l’intention de ne surtout pas le suivre. Cette démocratie dans l’entreprise est clairement aux mains du patronat qui s’en sert juste pour valider au niveau de la forme ses pires plans sociaux.

La « base » des principaux syndicats doit faire face à une situation paradoxale dans la plupart des récents conflits. Alors que la combativité des travailleurs est forte, elle doit convaincre les directions de la suivre et de la soutenir. Jamais la rupture n’a été aussi profonde entre le sommet des syndicats et la masse des syndicalistes du quotidien. On constate même que les conflits se durcissent quand la présence syndicale est la moins forte. Les syndicats bureaucratiques mettent l’accent sur le maintien des acquis sociaux et non pas sur la conquête de nouveaux droits mais surtout ne proposent pas de sortir du système économique actuel. Ils ont eu d’ailleurs des positions défaitistes voire ont totalement capitulé dans de nombreuses conflits. ArcelorMittal ou Whirlpool à Amiens sont des cas d’école : leurs incapacité à résister a conduit à leur échec dans la mobilisation.

« Touchez pas au grisbi » !

Cela est triste à dire, mais les directions des principaux syndicats sont devenues des partenaire de la restructuration capitaliste dans sa phase mondialiste. Quand le mouvement des Gilets Jaunes apparaît, il est tout immédiatement considéré comme un trouble-fête dans le subtil jeu de donnant-donnant entre les partenaires du « gâteau social ». Même ceux qui ne ramassent que les miettes veulent les garder à tous prix. « Touchez pas au grisbi » est le cri du cœur des dirigeants syndicaux aux gilets jaunes !

Alors que de nombreux syndiqués de « base » se retrouvaient naturellement sur les ronds-points sans afficher leurs couleurs, les directions se sont acharnées à faire passer le mouvement naissant pour une émanation fasciste de l’extrême droite. Les appels à la vigilance de SUD ou de la direction de la CGT étaient d’une bêtise inégalée. Alors que la CFDT, ralliée depuis longtemps au gouvernement, proposait ses services et se voyer congédiée, le monde syndical voyait le monopole de l’expression populaire lui échapper.

La CGT a beaucoup perdu dans cette affaire en crédibilité. Les Gilets Jaunes « inorganisés » ont réussi là où une centrale centenaire à totalement échoué. Ils incarnent l’opposition extra-parlementaire et populaire à un gouvernement la plus forte de l’histoire contemporaine française, alors que la mobilisation contre la Loi Travail ou la réforme du code du travail avaient été des échecs.

La défiance des travailleurs est naturelle envers les syndicats et le refus des « gilets jaunes » de trouver un terrain d’action commun est sans appel pour beaucoup. Les gens ont la mémoire longue dans de nombreux endroits. Après avoir participé à la désintégration de l’économie française (fin des mines, des chantiers navals et de la sidérurgie « made in France »), les syndicats refusent de s’engager dans la vraie lutte pour la dignité du travail représentée par la France des Gilets Jaunes. Toutes les tentatives de récupération du mouvement par les directions syndicales doivent être combattues !

Quel rôle pour les syndicats maintenant ?

Que faire des syndicats dans le contexte actuel ? Peuvent-ils nous être utiles dans l’extension du mouvement radical né des Gilets Jaunes ? Devons-nous reprendre en main les syndicats par la base ? Organiser des coordinations ou des conseils en dehors ? Imposer l’autonomie des luttes ?

Désolé, nous n’avons pas de réponse miracle ou dogmatique pour vous. Mais nous pensons qu’une forme combinée des différents modes d’action va naturellement s’imposer sur le terrain. Que les bases syndicales vont rejoindre naturellement les combats des Gilets Jaunes.

Nous refusons toutes formes d’entrisme à Rébellion depuis l’origine, mais nous constatons que des voix « radicales » s’affirment à la base des grandes centrales pour contester l’étatisme des directions. Certaines sont orientées par des tendances très politiques ( les lambertistes du POI ou la France Insoumise par exemple), mais elles permettent à d’authentiques tenants d’un syndicalisme de combat de s’exprimer. La bureaucratie syndicale étant bien faite, elles auront du mal à se faire entendre dans les appareils verrouillés, mais risquent d’être entendues à leur niveau professionnel. Si elles savent s’adresser aussi aux éléments extérieurs à leur milieu, l’impact de ces voix sera surement un des éléments d’appui des Gilets Jaunes. Amis syndiqués (et vous êtes nombreux parmi nos lecteurs), soutenez-les pour faire bouger les lignes.

Les coordinations et les conseils ouvriers, impliquent un cadre précis qui a relativement disparu (les grands bassins industriels du XXème siècle) mais ce principe de démocratie populaire directe est bon. Il trouve son sens s’il converge en dehors de l’entreprise et touche tous les aspects de la vie.

A l’échelle de la France Périphérique, les conflits sociaux doivent devenir horizontaux. Il n’y a rien à attendre des directions syndicales, mais tout de ses voisins ou collègues d’autres secteurs. Les Gilets Jaunes sont la preuve de la réussite d’une action de solidarité et d’entraide enracinée dans un « terroir ». Les zones ravagées par les plans sociaux doivent s’unir et résister. C’est la convergence des luttes au niveau du peuple qui doit entrainer une sécession de vastes territoires du cadre du système. L’auto-organisation et l’union des luttes est le scénario que craint le plus le gouvernement. Faisons en sorte qu’il se réalise partout !

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Gilets jaunes: Appel de la première assemblée des assemblées de Commercy le 27 janvier 2019

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Pour la Société des sociétés

 

27 janvier 2019

 

 

Nous, Gilets Jaunes des ronds-points, des parkings, des places, des assemblées, des manifs, nous sommes réunis ces 26 et 27 janvier 2019 en « Assemblée des assemblées », réunissant une centaine de délégations, répondant à l’appel des Gilets Jaunes de Commercy

Depuis le 17 novembre, du plus petit village, du monde rural à la plus grande ville, nous nous sommes soulevés contre cette société profondément violente, injuste et insupportable.

Nous ne nous laisserons plus faire ! Nous nous révoltons contre la vie chère, la précarité et la misère. Nous voulons, pour nos proches, nos familles et nos enfants, vivre dans la dignité. 26 milliardaires possèdent autant que la moitié de l’humanité, c’est inacceptable.

Partageons la richesse et pas la misère ! Finissons-en avec les inégalités sociales ! Nous exigeons l’augmentation immédiate des salaires, des minimas sociaux, des allocations et des pensions, le droit inconditionnel au logement et à la santé, à l’éducation, des services publics gratuits et pour tous.

C’est pour tous ces droits que nous occupons quotidiennement des ronds-points, que nous organisons des actions, des manifestations et que nous débattons partout. Avec nos gilets jaunes, nous reprenons la parole, nous qui ne l’avons jamais.

Et quelle est la réponse du gouvernement ? La répression, le mépris, le dénigrement. Des morts et des milliers de blessés, l’utilisation massive d’armes par tirs tendus qui mutilent, éborgnent, blessent et traumatisent. Plus de 1000 personnes ont été arbitrairement condamnées et emprisonnées. Et maintenant la nouvelle loi dite « anti-casseur » vise tout simplement à nous empêcher de manifester. Nous condamnons toutes les violences contre les manifestants qu’elles viennent des forces de l’ordre ou des groupuscules violents. Rien de tout cela ne nous arrêtera ! Manifester est un droit fondamental. Fin de l’impunité pour les forces de l’ordre ! Amnistie pour toutes les victimes de la répression !

Et quelle entourloupe que ce grand débat national qui est en fait une campagne de communication du gouvernement, qui instrumentalise nos volontés de débattre et décider !

La vraie démocratie, nous la pratiquons dans nos assemblées, sur nos ronds-points, elle n’est ni sur les plateaux télé ni dans les pseudos tables rondes organisées par Macron.

Après nous avoir insultés et traités de moins que rien, voilà maintenant qu’il nous présente comme une foule haineuse fascisante et xénophobe. Mais nous, nous sommes tout le contraire : ni raciste, ni sexiste, ni homophobe, nous sommes fiers d’être ensemble avec nos différences pour construire une société solidaire.

Nous sommes forts de la diversité de nos discussions, en ce moment même des centaines d’assemblées élaborent et proposent leurs propres revendications. Elles touchent à la démocratie réelle, à la justice sociale et fiscale, aux conditions de travail, à la justice écologique et climatique, à la fin des discriminations. Parmi les revendications et propositions stratégiques les plus débattues, nous trouvons : l’éradication de la misère sous toutes ses formes, la transformation des institutions (RIC, constituante, fin des privilèges

des élus…), la transition écologique (précarité énergétique, pollutions industrielles…), l’égalité et la prise en compte de toutes et tous quelle que soit sa nationalité (personnes en situation de handicap, égalité hommes-femmes, fin de l’abandon des quartiers populaires,

du monde rural et des outres-mers…).

Nous, Gilets Jaunes, invitons chacun avec ses moyens, à sa mesure, à nous rejoindre. Nous appelons à poursuivre les actes (acte 12 contre les violences policières devant les commissariats, actes 13, 14…), à continuer les occupations des ronds-points et le blocage de l’économie, à construire une grève massive et reconductible à partir du 5 février. Nous appelons à former des comités sur les lieux de travail, d’études et partout ailleurs pour que cette grève puisse être construite à la base par les grévistes eux-mêmes.

Prenons nos affaires en main ! Ne restez pas seuls, rejoignez-nous !

Organisons-nous de façon démocratique, autonome et indépendante ! Cette assemblée des assemblées est une étape importante qui nous permet de discuter de nos revendications et de nos moyens d’actions. Fédérons-nous pour transformer la société !

Nous proposons à l’ensemble des Gilets Jaunes de faire circuler cet appel. Si, en tant que groupe gilets jaunes, il vous convient, envoyez votre signature à Commercy (assembleedesassemblees@gmail.com). N’hésitez pas à discuter et formuler des propositions pour les prochaines « Assemblées des assemblées », que nous préparons d’ores et déjà.

Macron Démission ! Vive le pouvoir au peuple, pour le peuple et par le peuple.

Appel proposé par l’Assemblée des assemblées à Commercy.

Il sera ensuite proposé pour adoption dans chacune des assemblées locales.

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Commentaire de Résistance 71:

Le point de détail sur lequel nous ne sommes pas d’accord est cette foutaise de RIC, mais nous soutenons le reste et donc dans l’optique de la solidarité et de l’union nous adhérons avec cet appel de l’assemblée des assemblées de Commercy, surtout celle-ci montre le chemin de ce qui doit et devra se faire PARTOUT SUR LE TERRITOIRE !
De plus il va falloir sérieusement envisager la mise en place de la grève générale illimitée et expropriatrice comme moyen de pression et d’action directe vraiment efficaces. A un moment donné, il suffit de déambuler dans les rues si rien ne bouge ni ne change.

Solidarité et Union par les Assemblées Populaires. Tout le pouvoir aux Ronds-Points !

A bas l’État, à bas la société marchande, à bas l’argent, à bas le salariat

Pour que vienne une société des sociétés fondée sur les Communes Libres !

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English translation of this text

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


Text in English