Archive pour Gilad Atzmon Israël sionisme

Mémoire fêlée et résistance : génération 2000 et rébellion contre la religion de l’holocauste (Gilad Atzmon)

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“Le chrétien est simplement un juif de la confession ‘réformée’…

L’Église chrétienne n’épargna nulle part sa corruption, elle a fait de toute valeur une non-valeur, de chaque vérité un mensonge, de chaque intégrité une bassesse d’âme. […]
Faire de l’humanitas une contradiction, un art de pollution, une aversion, un mépris de tous les instincts bons et droits ! Voilà les bienfaits du christianisme ! — Le parasitisme, seule pratique de l’Église, buvant, avec son idéal d’anémie et de sainteté, le sang, l’amour, l’espoir de la vie ;[…] J’appelle le christianisme l’unique grande calamité, l’unique grande perversion intérieure, l’unique grand instinct de haine qui ne trouve pas de moyen assez venimeux, assez souterrain, assez petit — je l’appelle l’unique et l’immortelle flétrissure de l’humanité…”
~ Friedrich Nietzsche, “L’antéchrist”, 1888 ~

 

La génération 2000 et l’holocauste

 

Gilad Atzmon

 

21 septembre 2020

 

url de l’article original:

https://gilad.online/writings/2020/9/21/millennials-and-the-holocaustnbsp

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Qu’est-ce qui fait que certaines personnes passent leur temps à constamment mesurer à quel point elles sont haïes ? Quel genre de personnes demandent à leur nation hôte d’être intimement familier avec leur passé ? Nous avons appris cette semaine, qu’une fois de plus, certains juifs sont frustrés par le fait qu’un segment considérable de la population américaine refuse de voir le passé exactement comme ils le voient eux-mêmes.

L’organe juif  Forward a rapporté le week-end dernier que “des résultats de sondages sur la connaissance de l’holocauste aux Etats-Unis sont parus et que ce qu’ils trouvent est terrifiant. Non seulement ces résultats montrent un grand niveau choquant d’ignorance, mais ils renforcent certains résultats au sujet de tous les adultes, ainsi que de tendances à travers l’Europe occidentale.” Ces Américains qui se soucient de l’ignorance unique des Américains devraient être bien soulagés. Les Américains sont juste tout aussi “ignorants” ou peut-être tout aussi “rebelles” que les Européens.

Il se trouve que malgré une massive endoctrination au sujet de l’holocauste et le fait que des musées le concernant ainsi que des monuments ont bourgeonné partout aux Etats-Unis, de moins en mois d’Américains sont intéressés en leurs voisins juifs et leur histoire de souffrance et la question est, que peut-on y faire ? Peut-être devront-ils ériger un musée de l’holocauste à chaque coin de rues aux Etats-Unis. Peut-être pourraient ils faire attacher une lourde étoile de David métallique dans le dos de chaque membre de la génération 2000, pour résoudre ce sévère problème éducatif…

Le magazine Forward rapporte que les deux tiers des jeunes Américains ne savaient pas combien de gens étaient morts durant l’holocauste. Pour une raison très péculière, il est très important pour la plupart des institutions juives que tout le monde répète comme un perroquet le sempiternel chiffre à six zéros. Ceci est intrigant car la notion d’un génocide réside dans la catégorisation plutôt que dans le chiffre. Mais si ces institutions insistent à réduire l’holocauste à un chiffre matériel quantifié. alors je suis enclin à demander combien de juifs savent le nombre d’Ukrainiens qui sont morts de faim durant l’Holodomor ?

Combien de juifs ont même déjà entendu parler de l’Holodomor ? Quel juif est au courant des Juifs de Staline comme les appellent le proéminent journaliste israélien Sever Phlocker. Est-ce que les juifs d’aujourd’hui connaissent l’impact de la brigade internationale parlant yiddish sur l’Espagne catholique en 1936 ? Combien d’Irakiens sont-ils morts durant la “guerre contre la terreur” des nouveaux cons(ervateurs) ? Je demande cela parce que l’écrivain du journal Haaretz Ari Shavit a écrit en 2003 que “la guerre en Irak a été conçue par 25 intellectuels neo-conservateurs, la plupart juifs.” Si les institutions juives veulent que tout le monde comprenne l’holocauste en termes de chiffres, alors peut-être serait-il raisonnable de s’attendre à ce que les juifs connaissent le chiffre des énormes crimes contre l’humanité perpétrés largement ou partiellement par des juifs.

Forward est énervé par le fait que près de la moitié des goyim de la génération 2000 ne pouvaient pas nommer un des camps de la mort. En retour, je demande combien de juifs de la génération 2000 sont au courant [du massacre] de Deir Yassin ou peuvent citer un massacre sioniste en Palestine en 1948 ou avant ? Comment de juifs de la génération 2000 savent au sujet du massacre du camp palestinien de Chabra et Chatila au Liban ? Sur le massacre de Kefar Qana ? Que savent-ils de la malnutrition induite de Gaza causée directement par des années d’embargo imposé par l’état juif ?

Apparemment “11% de ceux qui ont répondu au sondage arborent des vues “intensément” antisémites en étant d’accord avec 6 ou plus déclaration anti-juives. Cela représente 28 millions d’Américains”, écrit Forward. J’étais curieux de savoir ce qu’étaient ces vues “intensément” antisémites. (NdT: voir la reproduction d’un tableau sur l’article original) Apparemment, le sondage réfère à la liste produite par l’ADL en 2020 (produced by the ADL )

D’après L’Anti Defamation League (ADL), en janvier 2020 “44% des sondés étaient d’accord avec la déclaration disant que ‘les juifs restent entre eux bien plus que les autres Américains’, 25% étaient d’accord pour dire que ‘les juifs veulent toujours être en avant des choses’ et 24% croyaient que ‘les juifs sont plus loyaux envers Israël qu’envers les Etats-Unis’”. Les Américains devraient être aux anges de ces derniers résultats de l’ADL et de la récente étude sur l’attitude de la génération 2000 envers les juifs. Ces résultats suggèrent que malgré la tyrannie de la pensée du “politiquement correct”, les Américains et en particulier une large portion de la génération 2000, ne sont pas aveugles de la réalité dans laquelle ils vivent. Ils pensent toujours de manière authentique et indépendante. Pourtant, malgré le fait que près de la moitié des Américains admet être au courant de l’attitude exclusive clanique des juifs et de leur culture, l’Amérique est sympa avec ses juifs car la paix et l’harmonie sont imbriquées dans l’éthique chrétienne.

(NdT: là nous sommes en total désaccord avec Gilad Atzmon, qu’il aille demander aux peuple natifs si les chrétiens sont emplis de paix et d’harmonie, l’empire chrétien étant l’empire du génocide par excellence… 100 millions de natifs éliminés sur le continent des Amériques depuis 1492. Allons Gilad, ouvre bien grands les yeux !… Rien d’étonnant du reste que l’évangélisme yankee et le sionisme fassent si bon ménage, le catholicisme a eu son heure de gloire au panthéon de l’ignominie génocidaire… Voir aussi nos citations avant ce texte, pas là par hasard.)

Pourtant il faut poser une question. Si l’ADL et le récent sondage sur l’holocauste représentent les attitudes juives américaines envers leurs voisins “Gentils”, cela pourrait révéler que 2% de la population américaine désapprouve les vues légitimes de 44% des Américains comme étant “antisémites”. Près de la moitié des Américains sont classés comme “racistes” pour avoir remarqué la notion généralement acceptée que “les juifs restent entre eux”. Ce faisant, l’ADL & Co confirment que d’une perspective juive c’est “le petit nombre qui compte pas le grand”…

Il est admis que la situation est potentiellement volatile. Mais si lutter contre l’antisémitisme est si important pour les juifs américains, peut-être alors que des gens comme Alan Dershowitz qui lutte désespérément pour laver son nom des accusations de pédophilie, ne sont pas les meilleurs candidats pour prêcher aux Américains qui ils doivent lire et ce que sont l’histoire et l’éducation.

« De manière cruciale, l’holocauste affirme l’unicité de ses suiveurs. Il est totalement dévoué à la primauté de la souffrance juive, donnant aux juifs la couronne d’épine de la souffrance ultime. Il est aussi utilisé pour justifier toute action juive, du nettoyage ethnique au génocide. Tout psycho-analyste peut confirmer que très souvent, celui qui est abusé devient un abuseur. »
~ Gilad Atzmon, « Being in Time », 2017 ~

 


Gilad Atzmon
Israélien auto-exilé en GB, saxophoniste
et écrivain de renommée mondiale.
Né en Israël d’une famille de migrants et

dont une bonne partie de la famille est morte dans les camps
Auteur de 2 livres: « The Wandering Who? » et « Being in Time »

Résistance au colonialisme: La Fin de Sion (Gilad Atzmon)

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 17 septembre 2018 by Résistance 71

“La seule excuse de dieu, c’est qu’il n’existe pas.”
~ Stendhal ~

“ ‘La meilleure façon de contrôler l’opposition est de la mener nous-mêmes’ disait déjà Lénine dans sa vision politique subversive et ‘1984’ d’Orwell en a fourni un exemple fictif, celui d’un appareil politique dans lequel cette vision est mise en pratique… Dans ‘1984’, la tyrannie du politiquement correct restreint le discours et arrête net les gens de voir qu’Emmanuel Goldstein n’est pas vraiment un ‘ennemi de l’État’, mais que lui-même, n’est qu’un symptôme de la maladie. Et n’est-ce pas aussi le politiquement correct pur et simple, qui nous empêche de jamais mentionner le fait que le protagoniste, personnage de Goldstein, est lui-même, juif ?…”
~ Gilad Atzmon, “Being in Time”, 2017 ~

La fin de Sion

 

Gilad Atzmom

 

12 septembre 2018

 

url de l’article:

https://www.gilad.co.uk/writings/2018/9/12/the-end-of-zion

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Avant la nouvelle année juive, Rosh Hashana, les Hébreux sont ordonnés de faire une évaluation de leur position vis à vis du monde. Haaretz, le journal des soi-disants “Israéliens qui pensent”, a suivi cette Mitzvah, sondant les juifs israéliens sur leurs attitudes vis à vis du fait d’être juif, du judaïsme, de dieu et du “juif”.

Le dieu juif

Le dieu juif est, sans l’ombre d’un doute, une spectaculaire invention. Il ou elle a été inventé(e) par les juifs pour les aimer tout particulièrement. Le dieu juif est un personnage jaloux et vengeur. Il prend part à des projets génocidaires, utilisant des armes de destruction massive chimiques et biologiques comme pourrait en témoigner les anciens égyptiens. Il est évident que le dieu juif n’aurait aucune chance devant le TPI de La Haye, mais les juifs semblent aimer leur dieu et le plus sûrement ont peur de leur propre invention.

On pourrait bien entendu se demander pourquoi les juifs ont-ils inventé une déité si antipathique ; ne pouvaient-ils pas au contraire, contempler un père magnanime et sympathique ? Initialement, le sionisme était un mouvement nationaliste séculier juif qui essaya de séparer les juifs de leur méchant dieu, d’en faire un peuple sage. Ceci présent à l’esprit, il est fascinant d’examiner ce qui manquait à la “promesse” séculière sioniste.

Pas grand chose apparemment.

D’après le sondage de Haaretz “54% des juifs israéliens croient en dieu et un autre 21 % acceptent l’existence d’une puissance supérieure indéfinie autre que dieu”. Un sondage publié par Pew Research il y a quelques mois trouva que 56% des Américains croient au dieu original de la bible et 23% de plus croient en une force supérieure. Notons quand même qu’à l’encontre du dieu juif, le dieu américain est en majorité chrétien, gentil et miséricordieux.

Le sondage d’Haaretz révèle la relation très étroite entre la politique de droite et le judaïsme. 78% des Israéliens de droite croient en dieu. Seulement 15% des Israéliens de gauche croient en dieu. Ceci veut dire qu’alors qu’Israël devient de plus en plus religieuse, la destinée de la gauche israélienne est scellée. Ceci n’est pas du tout surprenant. La “gauche” est une attitude universelle. Le judaïsme est un concept tribal, le tribal et l’universel sont comme l’huile et l’eau, ils ne se mélangent pas. La gauche israélienne est destinée à mourir en assumant qu’elle n’est pas déjà morte.

L’exclusivité juive

Le sondage révèle qu’”un peu plus de la moitié des juifs israéliens croient que leur droit à la terre d’Israël provient de l’accord divin avec dieu dans la bible.” Je pense que ça ne laisse pas beaucoup d’espoir pour la paix. “56% croient que le peuple juif est le peuple élu de dieu.” Ce qui laisse encore moins d’espoir pour la paix. Et pour bien retirer tout espoir de paix et de possibilité d’une résolution paisible dans un futur proche, Haaretz révèle que “79% des israéliens de droite croient que dieu a choisi les juifs… 74% des gens de droite croient qu’Israël a reçu de dieu un titre de propriété sur la terre d’Israël.

La vaste majorité des Israéliens semblent adhérer à une notion judaïque très rigide du fait “d’être choisis” qui se traduit par la légitimité sur la terre de quelqu’un d’autre. (NdT: notons au passage ici que cette notion est très vivace chez les Yankees et qu’elle a aussi été gravée dans le marbre de la loi au moyen de la décision de la Cour Suprême des Etats-Unis dans l’affaire de Johnson c. McIntosh de 1823… L’exceptionnalisme et la destinée manifeste de son peule élu de dieu ne fait pas non plus de doute outre-Atlantique…)

Je me demande ce que les 13% d’Israéliens “de gauche” qui se voient également “choisis de dieu”, pensent ce qu’est réellement l’idéologie de gauche ?… La justice sociale est-elle “seulement pour les juifs et non pas pour le grand nombre” ?

La déité juive

Dans mon dernier livre “Being in Time”, j’argumente qu’une étude culturelle des juifs et de leurs nombreux préceptes religieux (judaï-sme, athé-isme, sion-isme, holocaust-isme, interventionn-isme moral, tout-isme etc…) révèle que les religions juives peuvent être caractérisées comme un ensemble d’idées facilitant la justification de la propriété sur la terre. L’holocauste, que quelques érudits et universitaires juifs pensent être la plus populaire des religions juives, est attachée à une liste de faits acquis d’ordre culturel, politique et bien entendu financier. Le sionisme, une autre religion très populaire juive, tient pour acquis que ce fut le “dieu d’Israël” qui a promis la Palestine au peuple choisi, élu.

Mais le droit juif à la terre n’est pas juste une attitude israélienne ou sioniste. Quand les juifs anti-sionistes font valoir leurs positions politiques, ils déclarent d’abord leur unique “droit de propriété” avec leurs croyances.

“En tant que juifs, nous sommes ici pour kosheriser le mouvement de solidarité aux Palestiniens.” Bon nombre des mêmes juifs qui ont “légitimé” la plaidoirie palestinienne, sont très occupés de nos jours à donner une validation kosher à Jeremy Corbyn (NdT: leader du parti travailliste/socialiste britannique). De manière générale, le droit de la gauche juive a été exercé en distribuant des “coups de tampon kosher” à ceux qui dépeignent les “juifs” sous une lumière humaine et positive.

Israël semble être divisée sur des affaires religieuses mais l’affaire est pourtant assez simple et directe. Avec 51% des personnes sondées croyant que le droit juif à la terre d’Israël a ses racines dans a promesse de dieu, la réconciliation régionale n’est probablement pas le prochain projet émergeant du “pipeline”.

Darwin n’a pas fait son Aliya

Le sondage suggère qu’Israël est séparée géographiquement et culturellement: “85% des Jérusalémites croient en dieu, comparé à seulement 44% à Tel Aviv et dans la région centrale. Seulement un quart des juifs israéliens observent le Shabbat, mais 66% le maintiennent à Jérusalem comparé à seulement 15% à Tel Aviv ou Haïfa. 37% ne croient pas que les humains et les primates ont un ancêtre commun, résultat troublant, mais à Jérusalem les anti-darwiniens jouissent d’une majorité absolue à 81% tandis qu’à Tel Aviv ils sont une minorité à “seulement” 27%.

Israel devient “plus juive”

Haaretz note que “les différences les plus notoires sont générationnelles. En Israël en 2018, les plus jeunes juifs auront tendance à être plus religieux, plus conservateurs et à vouloir imposer plus leurs croyances aux autres. 65% de la population laisseraient les supermarchés et commerces ouverts le jour du Shabbat, mais cette position n’est soutenue que par seulement 51% des gens entre 18 et 24 ans, en comparaison avec 84% pour les 65 ans et plus…

Haaretz fait remarquer que le glissement religieux vers les jeunes israéliens “se tient en contraste marqué avec ce qu’il se passe aux Etats-Unis et en Europe occidentale où les jeunes de ce millénaire larguent la religion en grand nombre.” En Israël, “les jeunes juifs vont à shul deux fois plus que leurs parents et grands-parents, tandis qu’aux Etats-Unis et en Europe c’est l’inverse qui est vrai.” En d’autres termes, “Israël devient plus juive, du moins à l’heure actuelle”.

Ces résultats indiquent qu’Israël s’écarte de la sagesse. Le sionisme a promis de moderniser et de civiliser les juifs au moyen du “retour à la terre promise”, mais l’état juif a réalisé exactement l’inverse. Alors qu’Israël s’est transformée en un ghetto obscurantiste et oppresseur entouré d’énormes murs de béton, c’est en fait les jeunes juifs de la diaspora qui creusent ce ghetto et le renforcent.

 

Démonter le mur du silence: La kosherisation du mouvement de la vérité sur le 11 septembre (Gilad Atzmon)

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“Qu’est-ce qu’un goy ? Une rapide tentative de se figurer cela révèlerait que le goy est en fait le reste de l’humanité, ou plus simplement, l’humanité. Ainsi, la politique identitaire juive crée une opposition binaire juxtaposant le juif et l’humanité. Ceci semble être un problème perpétuel pour le juif et explique le rôle historique de la politique identitaire juive d’évoquer les sentiments anti-juifs… La judéité peut-être définie comme les différentes formes de célébrer le fait d’avoir été choisi, élu, clairement une forme de privilège. Parmi celles-ci, le sionisme est le précepte politique juif contemporain le plus fort, le plus belliqueux et le plus réussi.”
~ Gilad Atzmon, “Being in Time”, 2017 ~

 

La kosherisation du mouvement de la vérité sur les attentats du 11 septembre

 

Gilad Atzmon

 

1er janvier 2018

 

url de l’article original: http://www.gilad.co.uk/writings/2018/1/2/kosherising-the-911-truth-movement

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

J’ai été accusé à juste titre de demeurer silencieux sur l’affaire des attentats du 11 septembre. Bien que je sois en contact et que je communique fréquemment avec des groupes militants pour la vérité sur le 11 septembre pour parler de sujet comme Israël, le sionisme, la judéité et la politique avenante, je ne contribue pas au discours impliquant les démolitions contrôlées des bâtiments et des avions s’écrasant dans ces mêmes bâtiments.. L’ingénierie, la construction et le pilotage des avions n’appartiennent pas à mon domaine de recherche. Bien que je sois au courant de bien des détails ayant trait au mouvement pour la vérité sur les attentats du 11 septembre, je ne peux faire aucune contributions originale experte dans ce domaine.

Quoi qu’il en soit, il y a quelques zones de ma recherche qui, je le pense, sont importantes en relation avec le mouvement pour la vérité sur le 11 septembre:

1.     Le slogan du Mossad est “par voie de mensonge et de tromperie” et les opérations faux-drapeau sont profondément enracinées dans le Mossad’s modus operandi.

2.   Le bénéficiaire majeur des attentats du 11 septembre fut sans conteste Israël. Ce furent les nouveaux cons(ervateurs) sionistes qui poussèrent pour cette soi-disants “guerre contre le terrorisme”. Au nom de la démocratie et de Coca Cola, l’empire jactant anglais a combattu les conflits sionistes depuis maintenant près de deux décennies.

3.   Plus important encore, toujours être conscient que le contrôle de l’opposition est au cœur même de la stratégie de survie sioniste…

Ce dernier point est une de mes conclusions les plus importantes tirée de mon dernier ouvrage “Being in Time, a Post Political Manifesto” (Being in Time – a Post Political Manifesto.)

Lorsque des juifs auto-identifiés remarquent que quelque chose au sujet de leur culture, idéologie ou politique devient un sujet problématique, quelques juifs forment souvent un “mouvement juif dissident”. Une fois que le conflit israélo-palestinien eut évolué en un “problème juif”, quelques juifs motivés éthiquement formèrent la JVP ou Jewish Voice of Peace, Mondoweiss et autres entités juives pro-palestiniennes. Très rapidement, ces groupes ont gagné une hégémonie complète au sein du mouvement de solidarité palestinienne. Dès qu’il est devenu très clair que l’école néo-conservatrice est essentiellement un rassemblement sioniste étendu et que les guerres néo-cons sont, dans la pratique, des conflits globalistes Siocons, alors le “débat nouveau con” fut réduit à une querelle interne juive entre des nouveaux-cons sionistes enragés comme Sam Harris et des anti-cons comme Noam Chomsky.

Qu’en est-il du 11 septembre ?

Dans mes conférences et mes écrits je suggère sarcastiquement à mon audience que si le réchauffement climatique en venait à devenir un “problème juif”, en quelques heures nous verrions la formation d’une nouvelle entité écologiquement responsable les “Juifs contre le Réchauffement Climatique” (JRC je suppose…). Cela prendrait sans doute une semaine de plus avant que cette nouvelle entité juive ait complètement récupéré le mouvement et commence à purger les soi-disants “antisémites” en son sein. Ce scenario s’applique au mouvement pour la vérité sur le 11 septembre. Dès que quelques uns ont remarqué que de ce mouvement pour la vérité a commencé à émerger un “problème juif”, on a pu voir un nombre croissant d’infiltrés tentant de diriger le mouvement hors de la zone Israël. Cette transition au sein du mouvement pour la vérité sur le 11 septembre a rendu ce mouvement très intéressant pour moi.

Ludwig Watzal, Elias Davidsson et le naratif kosher

Suivant la vicieuse campagne de diffamation me concernant et contre mon travail en Allemagne, campagne menée par Elias Davidsson et Ludwig Watzal, je suis tombé sur leur pirouette comique sur le 11 septembre. Leur publication sur Countercurrent de l’article Are 9/11 Truthers Anti-Semites?  Un entretien avec Elias Davidsson par Ludwig Watzal, constitue un cas d’école de tentative ouverte et sans scrupules de saboter un mouvement.

Watzal écrit: “Elias Davidsson est un de ces diseurs de vérité qui défient le narratif officiel des attentats du 11 septembre. Il est aussi préoccupé par l’affirmation venant de certains membres du mouvement qu’Israël serait derrière ces attaques…”

Puis nous apprenons qu’Elias Davidsson est énervé par ceux qui détestent les juifs se référant aux tristement célèbres “juifs dansant” et à cette affaire qui vit que “quelques 4000 juifs, prévenus à l’avance ne se sont pas rendus au travail au WTC en ce 11 septembre 2001.” Larry Silverstein est aussi sauvegardé par notre “diseur de vérité” parce qu’”il n’a fait aucun effort pour couvrir ses soi-disantes traces. Il loua le WTC juste 6 semaines avant les attentats, annonça ce leasing au monde, l’assura contre le terrorisme pour 3,2 milliards de dollars et ‘admit’ dans un film documentaire avoir donné son accord en ce jour néfaste pour ‘descendre’ le WTC7.”

D’après notre “détective kosher” Davidsson, tout ceci est en fait la “preuve” que Silverstein est innocent. Pourquoi ? Parce que “nous avons ici tous les éléments requis: un juif veule, un motif pour le crime. C’est précisément le fait que Silverstein soit le méchant d’évidence, qui me (Davidsson) rend hésitant à l’impliquer dans le crime. Sa soi-disante complicité est simplement trop évidente.”

Silverstein est peut-être innocent, bien qu’il fut proche du crime, ait eu un motif et y ait été très visible, ceci ne sont pas des éléments pour “l’innocenter”, bien au contraire cela justifierait des mesures d’enquête bien plus approfondie sur ses actions.

Si Davidsson et Watzal avaient passé plus de temps à lire la recherche de votre serviteur au lieu de fabriquer des déclarations et de me les attribuer, ils sauraient que j’explique tout ceci. Je maintiens que les juifs auto-identifiés ne conspirent pas, ils préfèrent agir à découvert. Que ce soit l’AIPAC, J-STRET, CFI, le CRIF, Soros, Kushner ou les crimes de guerre israéliens à Gaza, l’action juive n’est pas déguisée. Par contre le véritable pouvoir juif, est le pouvoir de supprimer la discussion sur le pouvoir juif.

Silverstein et Davidsson fournissent tous deux une preuve à mon hypothèse. Silverstein a agi au grand jour et Davidsson est évidemment impliqué à supprimer la discussion sur Israël et sur Silverstein au sein du mouvement sur la vérité du 11 septembre.

Mais “quels peuvent bien être les motifs pour relier Israël au 11 septembre ?” se demande Watzal.

Davidsson répond: “qui est mieux placé comme croquemitaine que les juifs ou Israël ? Les nazis ont utilisé cette méthode avec succès.”

Apparemment donc, le rôle de Davidsson dans le mouvement de la vérité est identique au rôle du JVP dans le mouvement de solidarité palestinienne. Les commissaires politiques auto-nommés sont là pour étiqueter de “nazis” tous ceux qui n’adhèrent pas au narratif “correct”.

A ce stade, je ne suis pas en position d’évaluer le rôle qu’a pu avoir Israël dans les attentats du 11 septembre 2001 ; mais je peux facilement évaluer l’action kosher de Davidsson et de Watzal. Tous deux essaient publiquement de diriger l’enquête hors de la zone de suspicion d’Israël ou de quoi que ce soit touchant au sionisme.

Finalement, Watzal demande à Davidsson qui a perpétré les attentats, ce à quoi Davidsson répond: “Je considère au-delà de toute discussion que l’armée américaine a planifié et exécuté l’assassinat de masse du 11 septembre pour le profit de l’élite états-unienne (qui évidemment inclut quelques personnes de descendance juive).

Watzal et Davidsson agisse sournoisement pour amener le mouvement de la vérité sur le 11 septembre dans le domaine de l’”au-delà de toute discussion”, un territoire dans lequel Israël est blanche comme neige et Silverstein est devenu une victime. Dans le pays du “au-delà de toute discussion” de Davidsson, une fois de plus, ce sont des goyim qui tuent des goyim. Est-il possible que Watzal et Davidsson soient tant effrayés que le mouvement de la vérité maintienne sa liberté d’explorer des narratifs alternatifs ? Dans son remarquable livre Heidegger and the Jews,, le philosophe français Jean-François Lyotard a suggéré que l’histoire affirme nous dire ce qui s’est passé, mais en pratique, elle agit pour cacher notre honte collective. Dans cet article ci-dessus, je m’arrête en chemin pour qualifier Watzal et Davidsson d’agents israéliens ou d’opposition contrôlée, mais il est clair “au-delà de toute discussion” qui et quoi ces deux personnages s’attèlent si durement à la tâche à balayer sous le tapis.

= = =

“Crucialement, l’holocauste affirme l’unicité de ses adorateurs. Il est dévoué à la primauté de la souffrance juive, octroyant au juif la couronne d’épines de l’ultime martyr. Il est aussi utilisé pur justifier toute action juive, du nettoyage ethnique au génocide. N’importe quel psycho-analyste peut confirmer que bien souvent l’abusé devient abuseur…”

~ Gilad Atzmon, “Being in Time”, 2017 ~

Impérialisme moderne: Guerre de religion israélo-palestinienne (Gilad Atzmon)

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Le conflit israélo-palestinien est maintenant une guerre de religion

 

Gilad Atzmon

 

12 Octobre 2015

 

url de l’article original:

http://www.gilad.co.uk/writings/2015/10/12/op7gcrtkwdxga74jyxrxm85o9kgeou

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il y a deux jours, j’ai écrit que le conflit israélo-palestinien était devenu une guerre de religion et que notre compréhension de cette bataille doit évoluer pour bien saisir cette nouvelle réalité. Mon observation a semblé être raisonnable pour beaucoup. Dès que j’eus publié mon article, la chaîne de télévision iranienne anglophone Press TV m’a appelé et m’a demandé de commenter sur le sujet dans un de leurs programmes. Beaucoup de Palestiniens m’ont contacté pour me remercier d’avoir dit cela et en fait ce qu’ils pensaient être une description juste de leur situation sur le terrain.

Quoi qu’il en soit, quelques uns de mes amis et supporteurs, incluant quelques Palestiniens de la diaspora, furent réellement offensés et perturbés en lisant mon article sur la situation. Leur argument était que la quête des Palestiniens pour leur terre n’a pas besoin d’une autorité religieuse pour la légitimiser. Un autre argument fut que voir le conflit comme une bataille religieuse n’est “pas bon pour le mouvement de solidarité”.

Bien entendu, je crois également que le droit palestinien à leur terre est enraciné éthiquement et universellement et n’a pas besoin de plus de justification, qu’elle soit religieuse ou séculière. La transformation du conflit en une guerre de religion ne fut pas causée par les Palestiniens cherchant une autorité pour approuver leur cause. Tandis que je ne me préoccuppe pas beaucoup du “mouvement de solidarité” et de ses “intérêts”, je suis profondément concerné par le sujet de la solidarité palestinienne, à savoir des Palestiniens et de leurs projets de vivre sur une terre qui soit la leur.

Un conflit religieux est un conflit dans lequel les actions et la rhétorique du conflit sont dominées par des idéologies religieuses, une argumentation et un symbolisme religieux. Ceci ne veut pas dire que tous les gens ou même la plupart des gens impliqués dans le conflit soient religieux ou religieusement motivés. Il est très possible qu’une majorité d’Israéliens s’opposent aux assauts sans relâche des colons messianiques sur la mosquée Al Aqsa, ce qui a mené aux escalades récentes. Pourtant, ces assauts perpétrés par ces activistes fanatiques religieux juifs ont maintenant moulé le conflit. Ceci ne s’applique pas seulement aux Israéliens. Il semble que la mosquée Al Aqsa soit devenue le symbole de l’unification des Palestiniens. Et cette unification a été un développemet positif pour ceux-ci. Tandis qu’il est apparu pendant un moment qu’Israël avait réussi à briser les Palestiniens et leur capacité de lutte en tant que peuple, l’assaut actuel juif sur Al Aqsa a unifié les Palestiniens et les Arabes et pas seulement les musulmans.

Qu’est-ce qui fait peur aux activistes du mouvement de solidarité dans ce développement ? Pourquoi nos marchants de gauche de la solidarité palestinienne ont ils peur de l’Islam et des religions en général ? Est-il si difficile de voir que le Shaïd qui crie “Allah u akhbar” tout en commettant son acte de martyr est religieusement motivé ? Une activiste très dévouée m’a écrit qu’il était impossible de défendre l’Islam dans l’amérique juive (sioniste) d’aujourd’hui. “Dur, dur” fut ma réponse; ceux qui soutiennent la Palestine doivent reconnaître les Palestiniens pour ce qu’ils sont plutôt que d’assayer de les faire correspondre aux ligne de l’ADL (NdT: Anti-Defamation League, l’équivalent yankee de la LICRA) ou de l’AIPAC (NdT: American Israeli Public Action Committee, le lobby sioniste américain dont le CRIF en France s’inspire grandement…). Mais je pense que le problème est bien plus grand et est bien plus profondément enraciné.

Si j’ai raison et que le conflit s’est maintenant transformé en guerre de religion (et j’ai toujours raison…), alors nous pouvons mettre à la poubelle toute la terminologie futile qui nous a été imposée par les activistes juifs progressistes. Les mots “colonialisme”, “colonialisme d’occupation”, “apartheid”, “un état/deux états”, “sionisme” etc, etc pourraient bien être obsolètes pour comprendre le conflit. Tout ce à quoi cette terminologie fait converger est la fausse image que le conflit est de nature politique et qu’une solution politique est dûe à un moment donné imaginaire du futur. Mais au contraire des disputes politiques, les conflits religieux ne sont jamais résolus par des solutions et moyens politiques, au mieux, ils disparaissent pour un moment.

Si le conflit israélo-palestinien est un conflit religieux, alors l’étude attentive de l’ancien testament, du talmud et des autres textes judaïques doit nous réveler ce qu’est l’état hébreu dans sa forme actuelle et quel est son objectif. L’Armaguédon est clairement une réponse valide. Ceci est la réponse offerte par les colons jiifs qui attaquent Al Aqsa. Un état de guerre totale est leur mission. Pas exactement une vision pacifique et œucuménique du monde, qui a tant besoin de tolérance universelle et de réconciliation. Pour les juifs fanatiques qui attaquent la montagne du temple, la coexistence n’est absolument pas une option. Pour eux, la célébration du choix est la véritable interpétation de l’appel judaïque. Je ne dirais pas que c’est la seule interprétation du judaïsme, mais c’est certainement l’interprétation judaïque qui façonne le conflit en ce moment.

Et si ce conflit israélo-palestinien est devenu de fait une guerre de religion, nous devons alors considérer de changer d’approche. Plutôt que de s’engager dans un activisme poli et cosmétique qui conforte quelques juifs, nous devons appeler ouvertement pour une dissolution pacifique de l’état juif. Cet élément cancéreux a déstabilisé la totalité du Moyen-Orient et est la plus grande menace à la paix mondiale. L’expérience impérialiste britannique (NdT: Israël…) doit prendre fin immédiatement.

Dissidence contrôlée… Chomsky et Dershowitz en accord politique !

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« Comme le dit si justement Schlomo Sand, l’histoire n’est pas particulièrement ‘une chose juive’. Comme dit précédemment, pendant près de deux mille ans, les juifs ne furent pas intéressés en leur propre histoire ni du reste de celle de quiconque d’autre, en tout cas, pas suffisamment pour la chroniquer. De fait, le rendu de Sand de la « nation juive » comme étant une fiction inventée, doit toujours être défié académiquement…
… Dans le monde intellectuel insulaire juif, on décide d’abord de la morale historique, puis on invente un ‘passé’ qui lui va comme un gant. »
~ Gilad Atzmon ~

 

Chomsky d’après Dershowitz

 

Gilad Atzmon

 

6 décembre 2014

 

url de l’article original :

http://www.gilad.co.uk/writings/2014/12/6/chomsky-according-to-dershowitz

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Un moment unique dans l’histoire du sionisme: Dershowitz pris à dire la vérité devant la caméra.

Vidéo: 1min29

http://www.youtube.com/watch?v=vMkx7MIOp7A

En écoutant Alan Dershowitz, il est clair que le “faucon” Dershowitz et “l’icône de la gauche américaine” Noam Chomsky sont d’accord sur pratiquement tout ce qui a trait à la question de l’état juif et de la Palestine. “Non” au droit au retour des Palestiniens, “oui” aux deux états, “oui” à un état juif sur la terre palestinienne, etc… Dershowitz ne ment pas, il représente vraiment la position de Chomsky. La raison en est simple: l’image d’une “division gauche/droite” au sein du monde juif n’est qu’un fade pirouettage. Les juifs sont d’accord entre eux sur pratiquement tout.

Vous pouvez écouter la totalité de ce débat d’un ennui extrême ici:  http://www.youtube.com/watch?v=3ux4JU_sbB0

Note: Alan Dershowitz est un avocat et juriste (Harvard) américain, ultra-sioniste, dont les arguments ont été sévèrement débattus et réfutés par notamment Norman Finkelstein.

Résistance au colonialisme: Crimes de guerre envers les Gazaouis contre déculottée militaire sur le terrain… çà sent le sapin pour Israël

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La fin d’Israël

 

Gilad Atzmon

 

21 juillet 2014

 

url de l’article original;

http://www.gilad.co.uk/writings/the-end-of-israel.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans son discours à la nation, le premier ministre Netanyahou a reconnu hier que la guerre de Gaza est une bataille pour l’existence même de l’état juif.

Netanyahou a raison et Israël ne peut pas gagner cette bataille ; il ne peut même pas définir ce qu’une victoire pourrait comprendre. Il est certain que cette bataille n’est pas au sujet des tunnels ou des militants et de leurs opérations sous-terraines. Les tunnels sont juste des armes, de la logistique de résistance et non pas la résistance elle-même. Le Hamas et les résistants de Gaza ont piégé Israël dans une zone de bataille dans laquelle Israël ne pourra jamais avoir de succès et le Hamas dicte ses conditions, choisit le terrain d’affrontement et a écrit les termes mêmes requis pour conclure ce cycle de violence.

Durant dix jours, Netanyahou a fait tout ce qu’il a pu pour empêcher une opération terrestre de la Force de Défense Israélienne (FDI). Il faisait face à la réalité du fait qu’Israël n’a pas la réponse militaire à la résistance palestinienne, Netanyahou savait qu’une défaite terrestre ferait disparaître le peu qui reste du pouvoir de dissuasion de la FDI.

Il y a cinq jours, Israël, du moins aux yeux de ses supporteurs, maintenait une position d’avantage. Il voyait ses citoyens soumis à un barrage sans fin de roquettes depuis Gaza, et il montra une retenue relative en ne tuant des civils palestiniens qu’à distance (aviation et drones), ce qui continua de servir une image totalement imaginaire de force. Mais ceci a changé rapidement depuis qu’Israël a lancé son opération terrestre. Israël est une fois de plus, impliqué dans des crimes de guerre colossaux contre la population civile de Gaza et pire encore, du moins stratégiquement, ses commandos d’élite d’infantrie se font mettre la fessée dans les combats de terrain face à face dans les rues de Gaza. Malgré un certain avantage israélien technologique et une puissance de feu bien supérieure, les militants palestiniens gagnent la bataille de terrain et ils sont même parvenus à porter la bataille en territoire israélien.

De plus, les barrages de roquettes sur Tel-Aviv ne semblent pas vouloir diminuer, encore moins s’arrêter. La défaite de la FDI à Gaza ne laisse aucun espoir à l’état juif. La morale est simple. Si vous insistez de vivre sur la terre de quelqu’un d’autre, la puissance militaire est un ingrédient indispensable pour décourager les dépossédés d’agir et de reconquérir leurs droits. Le niveau de perte de la FDI et le nombre de corps de soldats d’élite israéliens (NdT: dont le véritable chiffre des pertes est soigneusement dissimulé…) retournant à la maison dans des cercueils envoient un message très clair à la fois aux Israéliens et aussi aux Palestiniens. La supériotité militaire d’Israël est un fait du passé. Il n’y a aucun futur pour un état juif en Palestine, ils devront essayer ailleurs.

Génocide du ghetto de Gaza: La défaite sioniste fait de moins en moins de doute…

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« Les limites des tyrans sont prescrites par l’endurance de ceux qu’ils oppriment. »
~ Frederick Douglass ~

« A cause de notre conférence de Genève et de nos liens amicaux avec l’OLP de Yasser Arafat, l’American Indian Movement (AIM) avait quelque crédibilité dans cette partie du monde. Tout comme l’Organisation de Libération de la Palestine, nous étions vitalement intéressés de récupérer notre pays et notre souveraineté. »
~ Russell Means, AIM ~

 

Une fois de plus.. Israël est défait

 

Gilad Atzmon

 

15 Juillet 2014

 

url de l’article:

http://www.veteranstoday.com/2014/07/15/once-again-israel-is-defeated/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Comme le cabinet ministériel israélien l’a annoncé plus tôt aujourd’hui, il a accepté l’offre de cesser-le-feu égyptien, les combattants de la liberté palestiniens de Gaza continuent de tirer des roquettes sur Israël.

La situation est claire. Israël se désespère d’un répis de la violence. Malgré ses “bravades” incessantes et sa puissance militaire, Israël n’a pas la capacité militaire ni le courage de confronter la résistance palestienienne sur le terrain. L’élite israélienne reconnait que l’armée ne peut pas résoudre le problème, mais que son utilisation intensive diminuerait de fait la manœuvrabilité d’Israël sur le front international.

Le Hamas d’un autre côté, a gagné sa plus grande bataille militaire, politique et idéologique jusqu’à ce jour, il a réussi à envoyer quelques messages élémentaires à l’ensemble de la société israélienne:

Vous vivez sur notre terre palestinienne volée, notre droit au retour est élémentaire et n’est pas négociable. Vous, Israéliens, n’appartenez-pas à ce territoire, jamais vous ne l’avez et vous devriez reconsidérer vos options immédiatement.

Le Hamas a aussi réussi à démanteler la tentative déceptive de la gauche israélienne et de son mouvement BDS de présenter le conflit comme un problème provenant de “l’occupation de 1967”. La portée et les cibles des missiles palestiniens délivrent un message clair à la fois aux Israéliens et à leurs agents d’opposition sous contrôle de la gauche. La Palestine est une portion de territoire entre la rivière et la mer. En d’autres termes, plus de paroles creuses sur des “résolutions du conflit”. C’est soit la Palestine, soit Israël et aujourdhui il semble que ce sera la Palestine.

La stratégie du Hamas ces dernières semaines a démontré un rare génie dans la méthode utilisée pour capitaliser sur la supériorité technologique d’Israël et en particulier de son “dôme de fer”. Quoi de plus malin et de plus éthique que de soumettre Israël à un barrage constant de roquettes, délivrant votre message essentiel avec des missiles, tout en sachant que personne ne sera blessé ?

Cette semaine passée, le Hamas a réussi à utiliser la technologie israélienne et à intégrer l’ingénierie israélienne dans ses tactiques opérationnelles. Ceci est une réussite tactique signifiante qui prouve que le leadership palestinien à Gaza est plus sophistiqué que sa contrepartie à Jérusalem.

Ceci est la répétition d’une habitude historique et culturelle juive familière. Dès que l’élite juive est convaincue que sa domination est établie, un désastre est immanent. Alors qu’Israël pense s’être payé la réponse finale technologique et ultime à la résistance balistique palestinienne, il est dévasté de découvrir qu’il a perdu la guerre sur tous les fronts possibles: militaire, technologique, politique et éthique.

Résistance politique au sionisme: Entretien de Gilad Atzmon avec Algérie Patriotique…

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Après le Quotidien d’Oran c’est à Algérie Patriotique de donner des leçons de journalisme à nos pitres de l’hexagone. Aujourd’hui pour qu’un citoyen français soit informé tel qu’il se doit, il est hors de question de puiser l’info dans les merdias franchouillards. En dehors des médias alternatifs, c’est dans la presse francophone algérienne, marocaine, libanaise, ivoirienne, camerounaise, sénégalaise ainsi que la presse francophone iranienne et russe, qu’il faut aller chercher la contradiction qui se doit d’être portée aux dogmes de l’oligarchie qui s’étalent tels des vomissures dans notre pathétique monde médiatique phagocyté de longue date…

Nous essayons de scanner cette presse francophone de qualité et d’en reproduire à fin de diffusion, ce que nous pensons être pertinent pour la compréhension du marasme actuel.

C’est de là également que vient l’union des peuples contre un ennemi commun: L’oligarchie privée qui a créée l’État comme outil de contrôle des populations à des fins de pouvoir absolu.

Union, boycott (à commencer par le vote), désobéissance civile et contre-pouvoir autogestionnaire.

— Résistance 71 —

 

Entretien de Gilad Atzmon au quotidien Algérie Patriotique: “Dieudonné a montré qu’il pouvait résister à la terreur nationaliste juive”

 

Algérie Patriotique

 

18 Janvier 2014

 

url de l’article original:

 

http://www.algeriepatriotique.com/article/gilad-atzmon-algeriepatriotique-dieudonne-montre-qu-il-pouvait-resister-la-terreur-juive

 

 

Algeriepatriotique : Votre combat contre le sionisme vous vaut des levées de boucliers en Israël et en Occident. Vos détracteurs jouent sur l’amalgame entre «antisionisme» et «antisémitisme». Quelle est la différence entre ces deux concepts ?

 

Gilad Atzmon : L’antisémitisme est une notion qui peut prêter à confusion. Elle renvoie en général à une critique des juifs en tant que «peuple», «ethnie» ou «race». Cette critique, basée sur des considérations «biologiques», est en passe de disparaître. L’antisionisme, en revanche, relève d’un tout autre ordre. Il correspond à la critique de l’Etat juif, de ses politiques, de ses positions et de son idéologie. Or, il se trouve que je ne me reconnais dans aucune de ces catégories. Certes, je critique les Israéliens avec véhémence, mais ce qui m’intéresse le plus, c’est la signification véritable de l’identité, de la culture, de la politique et de l’idéologie juives. Ma conviction est que, aussi longtemps que l’action politique se place sous la bannière juive, nous avons le droit d’en interroger les mobiles, les positions et la philosophie. C’est parce qu’Israël se définit comme l’Etat juif que sa judéité doit être remise en cause. Je critique l’Etat juif mais je m’en prends aussi à la gauche juive, voire à ce qu’on l’on appelle communément l’«antisionisme». En somme, je dénonce tout ce qui relève du «pour-les-seuls-juifs», que cela vienne de la Gauche ou de la Droite. A l’instar du sionisme et d’Israël, l’antisionisme juif se fonde sur des considération raciales et est judéo-centrique. Sa raison d’être est la défense des intérêts tribaux juifs ; la cause palestinienne n’est qu’un faire-valoir. Dans mon essai The Wandering Who, j’ai fourni assez d’arguments et de preuves pour étayer cette thèse.

Vous considérez que les sionistes sont la cause principale de la crise financière mondiale. Comment ?

Non, pas exactement. Dans The Wandering Who, je dis qu’une bulle financière avait été créée de toute pièce aux Etats-Unis – par la Réserve fédérale – afin de détourner l’attention sur une bavure militaire, à savoir une guerre des sionistes et des néoconservateurs. Plutôt qu’une conspiration, la crise du crédit était accidentelle. Autrement dit, la bulle a explosé au moment où l’on s’y attendait le moins.

On a tendance à croire que le sionisme se limite à la colonisation de la Palestine pour y créer un Etat. Or, vous dites que celui-ci est «un mouvement mondial alimenté par une solidarité tribale sans équivalent». Qu’entendez-vous par «solidarité tribale» ?

Pour commencer, votre terminologie est légèrement incorrecte. Le sionisme n’est pas un mouvement colonial, même si beaucoup utilisent ce terme dans cette acception. Le colonialisme est un échange matériel et tangible entre l’Etat-mère (métropole) et l’Etablissement colonial. Dans le cas du sionisme, on peut, certes, identifier l’Etablissement colonial, mais pas l’Etat mère. En outre, l’établissement en Palestine concrétisait une quête spirituelle et idéologique, les considérations économiques n’en étaient pas le moteur. Sauf que, avec les lobbies juifs très actifs dans de nombreuses capitales occidentales (Aipac, Crif, CFI, etc.), qui y promeuvent les intérêts du sionisme mondial et incitent à des guerres contre l’Iran et la Syrie, il est aujourd’hui impossible de nier le fait que le sionisme est un mouvement mondial ayant des intérêts mondiaux. Ces éléments étant versés à la réflexion, il est facile de cerner la solidarité tribale qui renvoie à l’énorme soutien que les juifs du monde entier apportent à leur mouvement national et à leurs campagnes à fortes consonances tribales.

Pourquoi le sionisme doit-il sa survie à la génération de «conflits internationaux d’ampleur gigantesque», pour reprendre votre formule ? Autrement dit, pourquoi le sionisme ne croit-il pas à la paix ?

Car l’identité juive laïque est définie par négation. Le juif politique sans Dieu (par opposition au juif orthodoxe) se définit par l’animosité qu’il évoque chez les autres. Les juifs ont besoin d’ennemis et l’Etat juif au Moyen-Orient pourrait induire plusieurs autres conflits sectaires dans la région. Mais cela ne se résume pas uniquement à Israël ou à la politique sioniste. La judaïsation du mouvement de «solidarité» palestinienne a ouvert la voie à une chasse aux sorcières, typique de la culture juive du herem (excommunication). Ces dernières années, nous avons vu comment le PSC britannique expulsait les activistes – y compris des Palestiniens – de ses rangs. Manifestement, la politique juive se fonde sur la négation ; elle évoque l’animosité chez les autres.

Si Israël a été créé par les capitalistes britanniques pour contrôler le pétrole du Moyen-Orient au début du XXe siècle, comment se fait-il que le sionisme ait pris l’Occident en otage plusieurs décennies plus tard ? Qu’est-ce qui a conduit à cette inversion des rôles ?

Non, je ne partage pas cette lecture. Israël n’a pas été créé par l’empire britannique et le pétrole n’était pas au cœur du discours derrière la Déclaration de Balfour. Il s’agit là d’un fantasme matérialiste marxiste trivial qui ne repose sur rien et qui sert à induire en erreur. Les lobbies sionistes ont réussi à arracher la Déclaration de Balfour au summum de la Première Guerre mondiale, promettant de pousser les Etats-Unis a rejoindre la guerre en retour. La Grande-Bretagne avait besoin de l’appui des Américains pour sortir de l’impasse du front occidental. Ainsi, donner la Palestine aux juifs semblait un prix négligeable à payer. Vue sous cet angle, la Déclaration de Balfour semblait destinée à apaiser l’élite financière juive germano-américaine qui s’est empressée de changer d’allégeance, tournant le dos à l’Allemagne pour s’allier aux Anglais. Le message était clair : dès 1917 déjà, le lobby juif américain était parmi les entités les plus influentes aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

Les médias occidentaux sont réfractaires à toute critique vis-à-vis du sionisme. Vous êtes vous-même pris sous le feu nourri de plumes acerbes. Actuellement, en France, Dieudonné en est victime. Comment expliquez-vous cet acharnement du complexe politico-médiatique contre cet humoriste ? Dieudonné est-il à ce point un danger pour les sionistes ?

Dieudonné a montré qu’il pouvait résister à la terreur nationaliste juive. Toutes les tentatives visant à le détruire ont produit l’effet contraire, l’aidant à affiner son humour et sa critique du pouvoir juif. Mais Dieudonné a réussi à exposer le continuum mortel entre le lobby juif, le soi-disant mouvement de solidarité avec les Palestiniens et l’establishment de la «Gauche» française qui n’existe que dans l’imagination. Il est pour le moins surprenant que le gouvernement qui, il y a à peine quelques semaines, avait tenté – toute honte bue – de faire échec aux négociations avec l’Iran – dans une tentative désespérée d’apaiser le gouvernement israélien – s’en prenne à présent à un comédien noir qui refuse de se plier à la suprématie de la souffrance juive.

Contrairement aux sionistes soudés et organisés, les mouvements antisionistes semblent éparpillés. Pourquoi n’existe-t-il pas une organisation solide pour combattre ce groupe tentaculaire qui «tue au nom de la souffrance juive» ?

La sionisation du mouvement de solidarité avec les Palestiniens – que je suis depuis plus d’une décennie – est quasiment parachevée. Elle a permis de placer les intérêts tribaux juifs au cœur du combat palestinien. Au lieu de défendre les Palestiniens, les organisations de solidarité s’occupent plutôt de la lutte contre l’antisémitisme. Ce mouvement agit, actuellement, comme une opposition sous contrôle. Il est financé généreusement par des sionistes libéraux tels que George Soros qui finance également Jstreet. Soros finance la plupart des ONG palestiniennes, y compris le mouvement BDS. Nous assistons à l’émergence d’un petit «commerce» sous couvert de la solidarité avec la Palestine qui ne va aboutir à rien et dont le mérite, justement, réside dans son incapacité à réaliser quoi que ce soit. Mais, d’autre part, l’on ne peut ignorer quelques évolutions positives. En effet, de plus en plus de gens perçoivent la vraie réalité sur le terrain. Et je n’y ai pas peu contribué. De plus en plus de gens sont conscients de l’activisme des lobbies juifs et de l’instigation des conflits par le sionisme. Ils sont de plus en plus nombreux à mieux appréhender le rôle de la gauche politique. Ils voient bien la tentative du Guardian à faire de Sharon un abcès de fixation. En bref, ils sont de plus en plus nombreux à comprendre que la Palestine est ici, à Paris, Londres, Athènes et Detroit. Dans l’état actuel des choses, nous sommes tous des Palestiniens. L’immense soutien dont bénéficie Dieudonné est un message cinglant à l’Aipac, au CFI et au Crif, annonçant la fin de la partie. On en a assez. J’aimerais bien voir le lobby juif (tant les sionistes que les antisionistes) se résoudre à reconnaître les changements actuellement à l’œuvre. Mais j’en doute fort. Lecteur avide de l’histoire juive et des dysfonctionnements de la Gauche, je pense que le Lobby se montrera de plus en plus agressif et je crains fort les conséquences inévitables tant pour les juifs que pour nous tous.

 

Entretien réalisé par Mohamed El-Ghazi et M. Aït Amara

Résistance politique: Israël, judaïsme, sionisme et antisémitisme… Entretien avec Gilad Atzmon…

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Gilad Atzmon sur BBC / Perse

 

4 Août 2013

 

Gilad Atzmon

 

url de l’article original:

http://www.gilad.co.uk/writings/bbc-persia-gilad-atzmon-hardtalk-the-transcription.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Source:http://nppessaysarticles.blogspot.co.uk/2013/08/bbc-persia-gilad-atzmon-interview.html

 

http://www.youtube.com/watch?v=p1NEpExbtRk&feature=c4-overview&list=UUHZk9MrT3DGWmVqdsj5y0EA#t=57s28.00

 

BBC: Etes-vous antisémite ?

GA: Pas du tout, je suis intéressé dans la politique de l’identité juive. Comment définissez-vous l’antisémitisme ?

BBC: Je vous demande cela parce que vous êtes souvent accusé d’être antisémite.

GA: Ceci est une tactique classique utilisée par les sionistes et les anti-sionistes juifs pour réduire au silence l’opposition à Israël, au sionisme, à la politique juive, au pouvoir juif.

BBC: Dans la conclusion de votre livre “The Wandering Who”, il semble que vous critiquez nos seulement le gouvernement, l’état, mais le peuple à cause de leur religion.

GA: Non, je fais une distinction claire: (1) Ceux qui s’identifient eux-mêmes comme étant juifs parce qu’ils suivent la torah, (2) Ceux qui se prétendent tels à cause de leurs ascendance juive, (3) Ceux qui s’identifient avant tout comme juif par une identitité politique problématique. Chaim Weizmann, le premier président israélien, annonça qu’il n’y avait pas de juif français, de juif américain, de juif britannique ; qu’il n’y avait que des juifs vivant en France, en Amérique ou en Grande-Bretagne. Etre juif était une catégorie primordiale. Ceci représente le cœur même du sionisme. D’un autre côté nous avons les juifs anti-sionistes, qui au lieu de s’appeler des anti-sionistes étant juifs, se disent juifs anti-sionistes. pour eux également, être juif est d’importance capitale. Dans mon livre, j’essaie de me concentrer sur cette 3ème catégorie. J’essaie de demander qu’est-ce que cela veut dire ? La plupart ne sont pas du tout religieux. Le sionisme n’est pas un mouvemet religieux, c’est un mouvement politique séculier. D’après l’historien américain Youri Slezkine, le Bund (juif) opérant en Europe de l’Est en tant qu’appareil marxiste, n’était pas religieux, mais séculier, un mouvement athée et un catalyste dans la destruction du peuple ukrainien, les bourreaux volontaires de Staline, référés comme étant bolchévique, rien à voir avec le judaïsme.

BBC: Si vous critiquez la culture juive, la tradition, l’identité, vous êtes fondamentalement pour la complète annihilation du judaïsme dans son ensemble.

GA: Vous vous contredisez déjà vous-même. Je ne critique pas la tradition juive. Si les juifs veulent manger de la soupe de poulet, j’aime la soupe de poulet, mais la soupe de poulet n’est pas un concept politique. Lorsqu’on parle de culture, qu’est-ce que je critique ? Le concept de peuple élu, la suprémacie, l’idée même que nous sommes un peuple élu, choisi. Dans mon livre je suis clair à ce sujet, sur un plan religieux juif, être élu est une lourde charge; on demande aux juifs d’être un exemple moral exemplaire et à toute épreuve.

BBC: D’après les musulmans, les seuls personnes qui vont au paradis sont les musulmans.

GA: Vous ne comprenez pas. Dans le judaïsme, le peuple élu est une chose sublime, on demande aux juifs d’être des exemples de morale. Le problème commence avec le sécularisme. C’est la seconde, troisième fois que vous essayez de me faire parler du judaïsme. Mon livre ne se réfère pratiquement pas au judaïsme et même quand je parle de la bible, je montre que les textes bibliques furent mal interprétés par le mouvement sionisme séculier et je montre que cela peut-être interprêté comlètement différemment sur le plan judaïque. Nous parlons de sécularisme juif, l’éclaircissement peut-être vu comme une montée du mouvement séculier.

Dans le monde chrétien, l’occident et l’univers européen, il y a une tentative de recadrer la religion avec une philosophie anthropocentrique qui localiserait l’humain au centre d’une pensée éthique, nous pouvons regarder en nous et y trouver notre ethnicité dans notre notion de subjectivité. Ceci ne s’est pas produit dans le judaïsme. Nous avions des juifs orthodoxes et à un certain moment, des juifs décidèrent qu’ils n’avaient plus besoin de dieu, il y a eu une opportunité pour une assimilation et cette intensité éthique qui s’est produite dans le chrisrianisme, qui ne s’est jamais produite dans le judaïsme, à l’exception d’un cas:

Le sionisme de départ fut la seule tentative d’ériger un monde juif séculier civilisé. Ils dirent: “nous ne sommes pas contents quand nous regardons dans le miroir”, nous sommes des bourgeois, capitalistes, usuriers. Ils étaient antisémites ! Ils n’étaient pas contents de l’image du juif dans la société européenne, ils écrivirent à ce sujet. Lisez Hertzl, Nordau… Ils ont dit que ce n’était pas de notre faute, que nous avions été détachés de la Terre, nous pouvons changer cela. Une fois que nous retournerons sur notre terre, nous deviendrons un beau et bon peuple, un peuple civilisé. Les débuts du sionisme furent une promesse de rendre le peuple juif comme un noble et bon peuple civilisé. Cela a échoué, car il y avait déjà des gens qui vivaient sur la terre ; ainsi il est devenu un mouvement pillard. Si le sionisme fut un mouvement pour rendre les juifs comme tous les autres peuples, alors ce fut un paradoxe, car la plupart des gens ne veulent pas être comme les autres.

BBC: Quelle est votre mission ultime ?

GA Je n’ai pas de mission politique, je ne suis pas un politicien, je ne suis qu’un être humain curieux

BBC: Vous vous opposez en fait à l’existence d’Israël ?

GA: Je ne suis pas contre l’existence d’Israël. Je suis contre l’existence d’un expansionisme nationaliste racialement motivé aux dépends de personnes indigènes, les Palestiniens et qui menace la région entière incluant l’Iran.  Une fois par jour, nous entendons une manace proférée par Israël contre l’Iran, nous entendons le lobby juif en Grande-Bretagne et en Amérique, pousser à la guerre contre l’iran.

BBC: On vous accuse souvent de nier l’Holocauste, le niez-vous ?

AG: M’avez-vous déjà entendu nier l’holocauste ?

BBC: Pas par vous, mais vos accusateurs, c’est comme ça qu’ils le voient.

AG: C’est comme pour l’antisémitisme. L’évènement historique le plus important du XXème siècle, la seconde guerre mondiale et le génocide qui a pris place dans cet évènement, doit être traité comme un évènement historique. Je n’accepte pas le concept qui voudrait que certains évènements historiques soient exclus de la libre parole, de la libre pensée. Je n’accepte pas l’idée que le massacre des juifs durant la seconde guerre mondiale soit un évènement sacré. Je n’accepte pas la notion de primauté de la souffrance juive. Je n’accepte pas le fait que le gouvernement israélien ne nous autorise pas à parler de l’évènement historique qu’est la Nakba. L’histoire prend toute sa signification lorsqu’elle peut-être revisitée, quand nous regardons, étudions le passé et pouvons produire un jugement moral permettant d’améliorer le futur. Enfermer des milions de Palestiniens dans des prisons à ciel ouvert est mal. Comment est-il possible que 3 ans à peine après la libération d’Auschwitz, Israël a procédé à un nettoyage ethnique du peuple palestinien ? Israël a répété le crime nazi.

BBC: Vous suggérez que ce qui est arrivé aux juifs est de leur faute.

GA: Ceci n’est pas ce que je suggère, mais c’est ce que les sionistes de la première heure ont dit: “Nous avons un problème, les gentils ont raison”. Les Britanniques et les Américains ont détruit la ville de Dresde et n’ont jamais enquêté dessus et ils ont continué de la sorte avec les mêmes crimes en Adghanistan, en Irak et maintenant la menace en Iran, Syrie, Libye. Ce n’est pas que les juifs. Chaque personne, vous et moi, doit regarder dans le miroir. Si vous êtes “élus”, vous serez moins enclin à regarder dans le miroir, parce que vous vous considérez meilleur que quiconque. Ce n’est un secret pour personne que de dire que l’empire anglo-saxon est aussi exceptionaliste. C’est pourquoi le néo-conservatisme existe, c’est le lien entre l’identité politique juive et l’exceptionalisme américain, je suis celui qui en parle.

BBC: Vous êtes en faveur d’un état palestinien

GA: Je soutiens également la cause du peuple israélien de vivre en tant qu’égal avec des droits civiques égaux.

BBC: Vous soutenez l’option à un état plutôt quà deux. Donc en un sens vous nuisez aux Palestiniens parce que même les partisans de la ligne dure en Palestine sont devenus pragmatiques et acceptent la solution à deux états. La solution à un état est un rêve impossible.

GA: Israël et la Palestine sont en ce moment un état: frontières naturelles, la mer, le Jourdain, la Galilée, un système de tout-à-l’égoût, une grille de distribution énergétique, 972 est le code téléphonique… Tout ce dont il a besoin est de la notion d’accepter des droits égaux pour tous. Peut-être êtes-vous antisémite parce que vous croyez que les juifs ne peuvent pas accepter la notion d’égalité des droits. Vous avez peut-être raison. Je pense que cela peut se faire. Je soutiens la solution à un état sur un plan éthique. Je ne suis pas un  activiste, ni un politicien, je ne crois pas que cela arrivera par des résolutions. Cela se produira par les faits sur le terrain.

BBC: En fait vous dites que les Palestiniens après leur expulsion devraient revenir en Israël et vivre comme une nation aux côtés des juifs, des chrétiens, ou qui que ce soit et qu’ils élisent leur gouvernement. Est-ce cela que vous dites ?

GA: Ceci est exactement le rêve sioniste: être des gens comme les autres. Nous en GB, vivons dans une société multi-culturelle, multi-ethnique… Je suis venu dans ce pays et sept ans plus tard j’ai obtenu la nationalité, vous êtes citoyen je pense et vous savez que vos droits sont similaires à ceux qui sont nés dans ce pays. Pourquoi est-il donc si difficile pour vous d’accepter qu’Israël ou la Palestine puissent être transformés en une telle entité souveraine ? D’accepter la réalité de la démocratie libérale ? Vous avez raison parce que vous savez que ce sera très difficile pour les juifs d’accepter cela, c’est pourquoi j’en parle dans mon livre. J’ai été assez courageux, ou assez stupide, de prendre un tel risque pour vous expliquer à vous et aux autres pourquoi il est si difficile pour les juifs de la 3ème catégorie ci-dessus. Certaines des personnes qui soutiennent mon livre sont des leaders intellectuels juifs.

BBC: Pensez-vous que le peuple israélien acceptera jamais un jour votre argument ?

GA: Je n’essaie pas de mener un mouvement politique, Je suis un philosophe. Mon boulot est de poser des questions.

BBC: Quand vous parlez d’Israël, de l’AIPAC, du lobby juif… vous faites face à des difficultés et à l’auto-censure, mais votre livre, votre travail, disent l’inverse. Vous êtes-vous déjà auto-censuré ?

GA: Je prévaut malgré toutes les pressions et cela doit être un miracle ou quelque chose d’autre… Je survis parce que je n’enseigne pas dans une université de manière régulière. Je suis un musicien. La pression mise pour m’arrêter fut énorme. Si je ne faisais pas face à l’opposition, cela voudrait dire que je dis des conneries. Je suis déjà en train de me faire de nouveaux ennemis.

BBC Vous écrivez un nouveau livre…

GA: Oui. J’étend le champ de bataille.

BBC: En 1982, alors que vous visitiez les camps palestiniens, vous avez rencontré la musique de Charlie Parker, ce qui vous a inspiré à prendre le saxophone…

GA: Juste avant que je ne rejoigne l’armée israélienne, j’ai découvert le jazz.

BBC: Vous faites une musique remarquable… Essayez-vous de faire passer un message ?

GA: Je swingue sur ce sujet. La musique juive est au sujet de la souffrance et du retour sur “notre terre promise”. J’ai cru que si je la transformais en musique arabe, en musique palestinienne, je pourrai porter un message aux Israéliens, qu’il n’y a pas de primauté de la souffrance juive. Les autres gens aussi souffrent, spécifiquement les Palestiniens, à cause du projet nationaliste juif. Ceci m’a transformé en un musicien à succès. Je travaille avec des musiciens palestiniens, iraniens… Il n’y a pas de frontières. Je travaille aussi avec des Israéliens. Toute mesure possible pour stopper le barbarisme israélien est légitime, mais quand on parle du boycott de la liberté d’expression, de la liberté académique, de l’art… Je suis très troublé par tout cela. La liberté d’expression est notre droit le plus précieux. Je veux que les agents propagandistes d’Israël viennent ici et disent ce qu’ils ont à dire; c’est de cette façon que nous pouvons débattre et avancer. Je n’ai pas été en Israël pour près de 20 ans maintenant.

BBC: Vous considérez-vous juif ?

GA: Certainement pas non. Cela n’a rien à voir avec la religon

BBC: Votre grand-père était un vétéran charismatique et poétique terroriste sioniste et vous… vous n’êtes plus juif…

GA: J’ai compris que pour être juif, soit vous croyez en la Torah, soit vous devenez un être humain ordinaire. J’ai décidé d’être un humain ordinaire, je me suis dégradé et maintenant… Je suis comme vous.